Histoire de la magie

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Broken Window  PV - W.Heltowni 

Reducio
Echoe est en Première Année dans ce RPG.



Echoe avait appris à voler très tôt. Son oncle, quand elle avait huit ans, avait offert son premier balai pour elle et pour sa sœur. « Vous êtes trop pâles, vous devez sortir. » Il leur avait expliqué.
La petite fille aux cheveux blonds qu’elle était avait sauté de joie et s’était empressée de sortir dans les jardins. Son oncle et son père avait suivi, ainsi que sa sœur. Elle n’avait pas attendu que quelqu’un lui dise comment elle devait s’y prendre, qu’elle avait enfourché le balai. Elle effrayait ses parents à l’idée d’être une Gryffondor quand elle était plus jeune. Elle avait fait confiance à ses instincts et ses pieds avaient décollé du sol pendant quelques secondes avant qu’elle ne bascule sur le côté.
Elle pouvait encore se souvenir du rire de sa sœur Athéna, qui n’avait que cinq ans à l’époque. Elle avait lâché la main de son père pour retrouver le réconfort de la maison et quelques minutes après, les notes de piano résonnaient déjà partout.
Echoe, têtue comme elle était, avait recommencé. Sous les conseils de son oncle, elle volait doucement avant de reposer les pieds au sol. Elle continua, encore et encore jusqu’à s’élever dans le ciel, jusqu’à s’élever au-dessus de la maison.

Avec ses cousins, elle jouait toujours la gardienne, « parce que t’es une fille » ils lui disaient. Elle n’était pas mauvaise, ou plutôt ses cousins l’étaient. Mais parfois, même souvent, elle aimait s’éloigner des anneaux et avec facilité, elle les dépassait. Sa mère était horrifiée de la voir revenir couverte de boue, mais elle ne pouvait s’empêcher de sourire. Son oncle le voyait bien, si bien qu’à ses neuf ans, il lui offrit un souafle ensorcelé pour qu’elle puisse s’entraîner toute seule. Elle adorait cette objet. Et l’avait amené à Poudlard, dans sa valise, en sécurité des mains de sa mère.


Elle n’y avait pas touché pendant cette première année à Poudlard. Ou du moins très peu. Parfois dans son lit, enfermé derrière les rideaux, elle s’amusait à le lancer en l’air et à le rattraper. Elle aurait aimé pouvoir sortir, prendre un balai et s’entraîner comme elle en avait l’habitude chez elle. Mais c’était différent ici. Elle ne faisait même pas parti de l’équipe des Frelons. Si elle sortait sur le terrain de Quidditch, tout le monde se demandrait ce qu’elle faisait là-bas ou encore on s’attendrait à ce qu’elle se présente aux sélections l’année suivante. Pas que cette idée lui paraissait saugrenue. Elle aimerait bien jouer réellement au Quidditch. Mais elle était un peu effrayée quand même.
Elle avait adoré assister aux matchs opposants les différentes écoles pendant le tournoi. Mais aux yeux de la Première Année, c’était tout de même angoissant. Etre à la vue de tous, exposée aux critiques de tout le monde. Elle ne se sentait pas particulièrement prête pour ça. Et si elle était mauvaise en plus ? Et si elle ne passait même pas le stade des sélections ? Elle n’avait pas envie de se ridiculiser devant sa Maison. C’était déjà assez compliqué comme ça de se faire des amis.


Mais cet après-midi-là, elle n’en pouvait plus. Il faisait beau, même chaud et Echoe en avait marre des révisions pour les examens de Fin d’Année. Elle s’était concentrée sur ses études tout au long de l’année pour que ses parents soient fiers d’elle et elle voulait juste faire pause pendant quelques instants. Elle demanda à une élève qu’elle connaissait bien en Deuxième Année si elle pouvait lui emprunter son balai pour faire un tour et elle échangea son uniforme contre une tenue un peu plus décontractée et attrapa son souafle. Elle essaya d’être la plus discrète possible alors qu’elle naviguait dans les couloirs mais il fallait admettre qu’un balai ne passait pas forcément inaperçu. Elle baissa la tête et accéléra jusqu’à être devant les Grandes Portes. Elle ne savait pas réellement la règlementation concernant l’usage de balai, peut-être était-il restreint au stade de Quidditch mais elle n’avait vraiment pas envie de s’y aventurer.
Echoe enfourcha le balai et s’envola dans les airs, elle s’amusa d’abord, le souafle sous le coude à prendre de la vitesse, beaucoup de vitesse jusqu’à ce que le vent soit douloureux sur son visage et elle s’amusa ensuite à lancer et rattraper la balle. Elle se sentait respirer à nouveau et revivre un peu plus à chaque seconde passée sur son balai. Elle voyait les anneaux au loin, et elle avait envie de s’y mesurer, d’avoir la chance de lancer le souafle à travers. Mais elle n’en avait pas le cran.

Au lieu de ça, elle inventa un nouvel exercice. Elle se plaça face à une tour, et elle commença au sommet du toit. Elle lança le souafle à sa hanche en essayant d’ajouter un petit effet à son poignet pour que le souafle lui revienne, mais de l’autre côté. Elle bascula légèrement mais retrouva rapidement l’équilibre, tandis que le souafle lui revenait en ligne droite. Elle continua à s’exercer de cette manière jusqu’à ce que le souafle partent de sa gauche pour revenir à sa droite, et petit à petit, elle perdit en altitude, pour avoir une circonférence plus importante.
Elle lança le souafle, cassant bien son poignet pour lui donner l’effet recherché. Elle s’attendait à revoir la balle en cuir revenir seulement ce ne fut pas le cas. Elle fronça les sourcils et intriguée, emprunta le même chemin que son souafle quelques secondes plus tôt. Et elle se stoppa net. Tout en elle lui criait de s’envoler très loin ou de se laisser tomber de son balai. Mais elle fut incapable de bouger face à la fenêtre cassée

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Dans ce RP, Wilhelm n’est pas encore DDM de Poufsouffle, bien qu’il sache qu’il le sera à la rentrée suivante, succédant à Hélène Manin.


Wilhelm Heltowni était occupé à corriger les copies de la semaine pour les rendre directement le cours suivant. Quoiqu’il faisait un temps superbe dehors, les examens approchaient et il était important que les élèves aient rapidement un retour de leur travail. Il sacrifierait ces deux jours, mais nul doute que les samedi et dimanche prochains seraient tout aussi agréables. La délégation des deux autres écoles étaient encore présentes et la troisième tâche n’allait pas tarder à avoir lieu, d’ici quelques semaines.

Il avait déplacé son bureau de manière à ce que le soleil éclaire celui-ci et qu’il ne soit pas plongé dans la pénombre. Le vent soufflait, aussi avait-il préféré garder la fenêtre fermée. Il faisait peut-être beau, mais à cette hauteur, le vent était un peu plus puissant et le professeur d’Histoire de la Magie tenait à ne pas tomber malade, il l’était déjà assez comme ça le reste de l’année à son goût.

L’après-midi s’annonçait paisible, après un début de week-end mouvementé. Wilhelm avait été promu au grade de Directeur des Poufsouffle pour la rentrée prochaine, leur actuelle Directrice ayant été embauchée au département de l’Éducation Magique au Ministère de la Magie, où elle occuperait une place relativement importante. En outre, les examens finaux approchaient et les derniers préparatifs avaient été réglés durant la semaine.

La rentrée suivante s’annonçait celle des changements : outre la Directrice des Poufsouffle actuelle qui partait, le capitaine allait bientôt passer ses BUSE et il quitterait l’école en juin pour commencer ses études supérieures. Wilhelm n’avait pas encore eu le temps de penser à un ou une remplaçante, il le ferait quand il aurait un peu plus de temps, sans doute après la troisième tâche et le départ des délégations. Dans tous les cas, il avait jusqu’au milieu de l’été pour effectuer son choix et d’autres choses nécessitaient son attention jusqu’à cette date.

La pile de devoirs diminuait rapidement et peut-être pourrait-il même profiter d’une balade en extérieur avant la fin de la journée et du dîner, admirant le soleil couchant sous son manteau plutôt épais, car la chaleur n’était pas encore au rendez-vous en fin de soirée. Le silence régnait et seuls le bois dans la cheminée crépitait, ainsi que la plume sur le papier, le rompaient.

Il n’était clairement pas préparé à ce qui allait survenir : les yeux plongés sur la copie pleine d’erreurs qu’il corrigeait, il ne put qu’entendre le verre se briser et faire une rature sur sa feuille. Il leva la tête instantanément et vit une sorte d’ogive rougeâtre s’écrasant contre l’un de ses cadres, le rompant au passage, avant que l’engin ne s’affaisse au sol, couvert de morceau de verre et faisant s’écrouler le cadre – du moins, ce qu’il en restait – par la force qu’il avait créée.

Qu’est-ce que… murmura le professeur Heltowni en constatant les dégâts.

Il se leva de sa chaise et s’approcha de l’objet qui semblait encore fumer de sa course. Il le prit dans sa main et manqua de se couper en l’examinant. Il sortit sa baguette et murmura un sortilège qui retira les bouts de verre de la balle. Il l’empoigna alors de la main droite et se rendit compte qu’il s’agissait d’un souafle. Il n’y avait certainement pas d’entraînement, le dernier match de Gala ayant été joué dernièrement et ayant vu la victoire de Beauxbâtons.

Pendant quelques secondes, voyant qu’il tenait très mal la balle et qu’on pouvait remercier la sorcellerie de tout de même la faire tenir, il se remémora la dernière victoire de sa Maison à l’occasion de son dernier match à l’école, tandis qu’il allait sur ses dix-neuf ans. Il avait beaucoup perdu ces dernières années, sa vie n’ayant guère été concentrée sur le sport, en témoignait son dernier match dans l’équipe des professeurs face aux élèves où, gardien moins bon qu’il n’avait été dans le temps, il avait montré une capacité incroyable à se faire battre à plat de couture par des élèves surentraînés.

Il entendit quelque chose fendre le vent et tourna la tête tandis qu’il se relevait avec le souafle, qu’il avait placé sous son bras, et sa baguette. Une jeune Poufsouffle s’approchait de sa fenêtre et affichait peu à peu une mine horrifiée en constatant l’étendu des dégâts et les conséquences qui ne manqueraient pas de se produire. Wilhelm fronça les sourcils pour montrer son mécontentement ; certes, la vitre et le tableau pourraient être facilement réparés, mais on ne dérangeait pas le professeur Heltowni en plein travail, sous peine de se retrouver pendu du sommet de la Tour d’Astronomie par les pieds.

Il était à présent face à la fenêtre et se pencha en direction de la jeune fille qu’il reconnût comme étant Echoe Caterwool, une élève sans histoire qui rendait des devoirs corrects et parvenaient à se fondre dans la foule comme n’importe quelle autre personne. Il semblait qu’elle voyait arriver la fin du monde dans ses yeux et elle n’avait sans doute pas complètement tord…

Posez-vous immédiatement à terre et attendez que j’arrive ou je ne donne pas cher de votre scolarité… lui annonça-t-il en serrant les dents,

Il se retourna sans la laisser répondre et posa le souafle sur un fauteuil, tandis qu’il réparait son bureau d’un Reparo. Quelques secondes suffirent et, lorsqu’il se retourna pour regarder à travers la fenêtre, il constata qu’elle n’était plus en face. Parfait, elle ne bougerait sans doute plus d’un pouce.

Il reprit le souafle et quitta ses salles d’études, donnant quelques instructions à Lord Pennington, puis descendit quatre à quatre les marches menant jusqu’au parc, prenant le maximum de raccourcis. Les tableaux s’interrogeaient sur la raison qui l’incitait à prendre l’objet, mais il fit la sourde oreille et continua d’avancer, sortant du château et se dirigeant dans le parc, au pied de la tour au sommet de laquelle régnait sa salle de classe. Arrivant devant une Caterwool probablement terrifiée, il ne lâcha que quelques mots.

J’attends des explications.

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Avec un peu de chance, personne ne se situait dans cette tour et Echoe pourrait disparaître ni vu ni connu. Mais la chance n'avait jamais été de son côté, si bien que son professeur d'Histoire de la Magie; le professeur Heltwoni se montra rapidement, d'allure mécontent, à travers la vitre cassée.
Là dans les airs, comme ça, elle n'avait pas eu l'impression de se situer au niveau de la salle de classe où elle se rendait plusieurs fois par semaine, mais quoi qu'elle pensait, ça n'avait pas d'importance apparemment.


- Posez-vous immédiatement à terre et attendez que j’arrive ou je ne donne pas cher de votre scolarité…


Elle hocha la tête sans ajouter un mot. Il n'y avait pas d'autres interprétations possibles. Elle se demandait réellement si sa scolarité serait vraiment remise en question auquel cas elle n'aurait pas écouté le professeur. Après tout, c'était simplement une vitre. Elle était à peu près certaine que cet incident, ou pire encore, devait arriver tous les jours dans une école où des enfants de onze ans apprenaient la magie.
Ses pieds touchèrent le sol. C'était juste un accident, c'est ce qu'elle dirait. Elle ne pouvait pas dire plus dans tous les cas, c'était la triste vérité. Si elle avait vraiment voulu envoyé un souafle dans une vitre, elle l'aurait fait autrement. Et plus précisement pour qu'il assome au passage le professeur en question. Pas qu'Echoe ne l'appréciait pas. Mais elle ne dirait pas non à une semaine sans les cours qu'il dispensait.

Elle patienta quelques minutes avant de voir le professeur marcher vers elle. La jeune fille avait toujours trouvé qu'il avait une drôle de démarche, ou une drôle de tête, elle ne savait pas trop. Elle le trouvait juste drôle à regarder. Il fallait dire qu'elle passait probablement plus de temps à observer le professeur en classe plutôt qu'à écrire ce qu'il racontait. Alors, elle devait se retenir de sourire. Même si la situation était vraiment malvenue, et qu'elle était dans une mauvaise position, elle avait un peu de difficulté à garder une tête sérieuse. Elle inspira alors que Heltowni balaya les quelques mètres qui les séparaient. "Souviens-toi, tu n'as rien fait de grave. C'était juste un accident."


- J’attends des explications.

Il ne paraissait pas particulièrement ravi que grâce à la Première Année, il était en mesure de profiter du magnifique temps qu'offrait cette journée. Et cela angoissa légèrement la jeune fille. Elle n'avait jamais eu de problème jusque là. Elle ne disait rien. Elle faisait le mouton pour s'intégrer au mieux. Elle se mordait la langue pour ne que sa bouche réponde à la place de son cerveau, comme sa mère lui rappelait souvent. En soit, elle passait inapperçu jusqu'à aujourd'hui. Si bien qu'elle n'avait jamais été face à un professeur un peu contrarié. Probablement contrarié en sachant qu'il devait enseigné une matière particulièrement ennuyante et en plus y consacrer ses week-end. Peut-être que le contexte n'était pas favorable à la jeune Poufsouffle. Peut-être juste parce que sa vie était triste, il allait être particulièrement méchant avec elle. "Allez il y a pire que vivre sous le même toit qu'Athéna." Elle soupira avant de prendre la parole.

- Je... jouais au Quidditch ? Elle commença avec hésitation. Enfin pas vraiment au Quidditch. Je jouais avec mon souafle. Elle conclua en soutenant le regard du professeur.

Elle pensait qu'elle s'en était bien tirée dans ses explications. Même si évidemment, elle aurait pu en dire plus. Mais moins on en disait, mieux on était pris au sérieux. Du moins, c'était ce que son père disait. Pourtant là, elle avait l'impression d'avoir omis de dire que c'était un accident. Elle reprit donc son explication.


- J'essayais juste de donner un effet au souafle et donc de le faire tourner autour de la tour.... Et... bah apparemment, il faut que je m'entraîne un peu plus.

Elle baissait les yeux cette fois. Parce qu'elle avait honte de ne pas être capable de tout faire à la perfection. De ne pas tout réussir. Et c'était probablement pire d'admettre cela à un de ses professeurs. Il allait probablement lui confisquer le balai, qui n'était d'ailleurs pas le sien, et son souafle, et lui dire qu'il fallait qu'elle se trouve un autre hobbie. Elle s'excusa avec une petite voix pour les dégâts occasionnés et elle ferma enfin la bouche. Elle n'avait rien d'autre de pertinent à dire.

Doucement, elle releva les yeux.

Elle avait cassé un jour un vase, justement avec ce même souafle, quand elle jouait avec à l'intérieur du manoir et évidemment sa mère lui avait interdit de recommencer, elle l'avait ensuite envoyé dans sa chambre et pendant plusieurs jours, elle avait eu plusieurs corvée à effectuer. Mais ça n'avait pas été le pire. "Pourquoi ne peux-tu pas être comme ta soeur ?" résonnait encore dans sa tête. C'était à chaque fois la même rengaine, alors elle préférait s'y préparer.



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Elle avait un regard bel et bien perdu. Il semblait que la menace de l’exclusion avait un peu trop bien fonctionné. Enfin, comme le disait l’expression, on ne fait pas d’omelette sans acheter les œufs. Non, ce n’est pas ça. Quoiqu’il en fût, il garda un regard sévère sur la jeune fille, qui soupira avant de fournir une explication alambiquée et assez bancale. Sans aucun doute cela était-il dû à la peur de se faire gronder.

Je... jouais au Quidditch ? Elle hésita une seconde. Enfin pas vraiment au Quidditch. Je jouais avec mon souafle.

Elle soutint son regard et Wilhelm leva ses sourcils tout en essayant de garder un regard neutre, moins dur peut-être que celui qu’il avait eu au départ, mais il devait s’avouer surpris de l’entêtement de la jeune fille. Il n’en avait pas vu beaucoup tenir tête à ses professeurs, surtout à Poufsouffle. Pendant un instant, il eut l’impression d’être de retour à Serpentard, avec ces yeux pleins de détermination et de défi. Si elle ne faisait pas une vingtaine de centimètres de moins que lui, elle aurait été impressionnante.

Un silence s’installa entre eux pendant quelques secondes, mais les yeux du professeur Heltowni semblaient demander à ce qu’elle continue ses explications qui, pour l’heure, ne le satisfaient guère, à un point tel qu’il se demandait si elle ne le prenait pas pour un imbécile. La petite Caterwool finit par rompre le silence, apportant ainsi des explications supplémentaires qui le contentèrent plus que les que les informations d’origine.

J'essayais juste de donner un effet au souafle et donc de le faire tourner autour de la tour.... Et... bah apparemment, il faut que je m'entraîne un peu plus.

Cette fois-ci, elle avait craqué. Non seulement il comprenait à peu près ce qu’il en était – quoiqu’il se demandait encore comment elle avait récupéré un balai, vu qu’il était interdit aux élèves de première année d’en avoir un, ni comment il était possible qu’elle ait un souafle – mais elle avait en plus baissé les yeux. Preuve supplémentaire, s’il en fallait une de son renoncement.

Une petite voix d’excuse conclut son intervention, une voix brisée qui atténua la colère de l’homme. Il y avait quelque chose de désolant dans sa voix, une enfant qui se rendait compte de la bêtise qu’elle avait faite et de tout ce que cela pourrait impliquer ou non. Il observa la balle rouge, le balai, puis la hauteur de la tour. Elle avait dû donner une sacré impulsion, même en hauteur, pour afficher un tel résultat. Indéniablement, il y avait quelque chose d’impressionnant dans ce fait.

Elle avait déjà redressé la tête, attendant une réaction de son professeur, lorsqu’il posa à nouveau son regard sur elle. Il n’affichait plus sa mine stricte, mais au contraire la curiosité qui emplissait naturellement ses yeux gris électrique, changement qui pouvait se révéler perturbant de par sa rapidité.

Je vous les emprunte une demi-seconde, voulez-vous ?

Avant qu’elle ait eu le temps de souffler, il s’empara de la balle et enfourcha le balai. Donnant une petite impulsion sur le sol, il décolla aussitôt et sentit l’air qui vous entrait agréablement dans les narines lorsque vous montiez en altitude. Il s’installa en hauteur, à mi-chemin entre le sol et la fenêtre de sa tour, et monta encore quelques mètres tout en reculant. Il essayait d’estimer, d’après ses calculs, d’où la balle avait pu être lancée.

La vue était dégagée, il avait le soleil dans le dos. Pas de problème de visibilité, donc. Il visa ensuite la tour dans laquelle il donnait ses cours, remonta son bras comme un trébuchet et lança de toutes ses forces la balle en direction de sa fenêtre. Il avait un peu perdu de sa force depuis le temps qu’il n’avait plus pratiqué le Quidditch et la balle, après avoir poursuivi une course probablement équivalente à celle entamée par le jet d’Echoe, perdit rapidement de la vitesse et retomba en une courbe de plus en plus prononcée.

Il eut tout juste eu le temps de sortir sa baguette et d’arrêter la course du souafle avant qu’il ne s’arrête dans le carreau de sa collègue de Sortilèges – qui eût sans doute apprécié autant le cadeau que lui – et le fit revenir vers lui d’un léger mouvement du poignet. La balle reprise dans sa main, il se reposa à côté d’Echoe, qui avait une mine encore plus surprise que la sienne, et lui redonna son souafle et le balai. Il regarda une dernière fois sa fenêtre avant de briser un silence qui durait depuis plusieurs minutes.

Sans vouloir vous faire un cours complet de physique – même si j’en serais ravi si vous le demandiez –, vous ne pouviez pas faire tourner naturellement le souafle autour de ma salle de classe, sauf avec un sortilège, bien entendu. Donc de ce côté-là, nul besoin de vous entraîner.

Il s’arrêta un nouvel instant. Il manquait quelque chose dans sa réflexion, quelque chose qu’il ne comprenait pas. Il devait tenter une autre expérience, qui puisse attester sa théorie et en apporter les preuves nécessaires à sa conclusion. Il regarda la jeune fille qui semblait vraiment s’interroger sur ce à quoi son professeur d’Histoire de la Magie voulait en venir, et s’il était devenu définitivement fou en montant sur son balai.

Vous allez retenter l’expérience, je dois vérifier quelque chose. Montez où vous étiez et relancez le souafle en direction de ma fenêtre. Il tapota la poche dans laquelle il avait rangé sa baguette. Je serai prêt quand vous le serez. Haut les cœurs !

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Le professeur ne répondit rien d'immédiat suite à ses explications. Du moins, il ne commença pas à lui tirer les oreilles en lui rappelant à quel point elle était mauvaise, ou maladroite. Ou les deux. Sa réaction fut surprenante. Il lui demanda, sans réellement lui laisser le temps de répondre, d'emprunter le balai et son souafle et il s'envola dans les airs.
Echoe fronça les sourcils, tout en se demandant pourquoi, par Merlin, elle n'était pas encore congédiée. Mais les probables raisons se perdirent dans les tumultes de ses pensées alors qu'elle observait le professeur Heltowni lancer le souafle. Elle remarquait qu'il semblait avoir une bonne prise sur la balle et un bon geste, elle dut en déduire qu'il n'était pas novice en ce qui concernait le Quidditch. Elle ferma les yeux quand le souafle donnait toutes les indications qu'il allait fracasser une autre fenêtre. Etait-ce l'objectif du professeur ? De s'inspirer de l'accident qu'avait provoqué Echoe pour briser toutes les vitres de Poudlard et quoi ? Faire une blagues à ses collègues ? Prendre sa revanche sur la petite mésaventure que la jeune fille lui avait fait vivre ? Provoquer son renvoi ? Elle ne savait pas. Elle ne comprenait décidément pas.
Seulement, il n'y eut aucun éclat de verre et quand elle ouvrit à nouveau les yeux, le professeur se posait à côté d'elle en lui tendant son souafle ensorcelé.

Elle fronça encore plus les sourcils si c'était possible et attendait presque l'explication du professeur. Peut-être avait-il seulement vérifié l'authenticité de ses paroles ?


- Sans vouloir vous faire un cours complet de physique – même si j’en serais ravi si vous le demandiez –, vous ne pouviez pas faire tourner naturellement le souafle autour de ma salle de classe, sauf avec un sortilège, bien entendu. Donc de ce côté-là, nul besoin de vous entraîner.

C'était donc ça. Il ne semblait pas croire qu'elle était capable de lancer le souafle autour de la tour. Elle n'avait pas besoin de quelconque cours de physique pour savoir qu'en effet avec un simple souafle, jamais elle pourrait donner un tel effet. Mais comme le reste du monde dans lequel elle vivait, son souafle défiait les lois de la science. Ou plutôt, son oncle lui avait brièvement expliqué que grâce à des runes gravées sur le souafle, celui-ci reviendrait toujours vers son lanceur, et ce par le chemin le plus court. C'était donc un objet particulièrement utile pour les enfants, qui comme elle, devait jouer toute seule dans son jardin.
Echoe aurait pu lui dire la vérité, mais parce qu'il mettait en doute sa parole, et c'était quelque chose qu'elle détestait, elle se gardait de lui révéler. Il ne lui laissa d'ailleurs pas l'opportunité de le faire puisqu'il reprit la parole.


- Vous allez retenter l’expérience, je dois vérifier quelque chose. Montez où vous étiez et relancez le souafle en direction de ma fenêtre. Je serai prêt quand vous le serez. Haut les cœurs !

Echoe hésita et regarda suspicieusement le professeur. Décidément, elle n'arrivait pas à comprendre. Essayait-il de lui expliquer quelque chose? Est-ce que c'était comme ça que se déroulait les punitions habituellement ? Allait-il faire tout son possible pour la dégouter du Quidditch pour que cet incident ne recommence jamais ? Elle avait pourtant entendu dire que généralement, au détour d'un couloir, les professeurs disaient seulement "Vous viendrez en retenue bla-bla-bla". Elle était peut-être victime d'une nouvelle méthode.

La baguette dans la main du professeur semblait indiquer qu'il était sérieux dans sa demande. Sceptique, Echoe enfourcha, tout de même, le balai et avant de décoller, elle ajouta :


- Pour que ce soit bien clair, je n'ai pas visé votre fenêtre, hein.

Dans les airs, elle eut, pendant un court instant, envie de s'envoler et de s'enfuir dans son dortoir. Le professeur l'avait-il réellement identifié pour venir la pourchasser jusque dans sa Maison ? La menace d'expulsion était encore trop fraîche dans son esprit pour qu'elle ait le courage d'abandonner le professeur à ses rêveries.
Sur son balai, à hauteur de la tour, elle se demandait ce qu'elle devait faire. Après tout, il lui avait demandé de relancer en direction de sa fenêtre et comme elle était décidée à le faire comprendre, ce n'était pas ce qu'elle essayait de faire. Elle pourrait l'écouter bêtement et lancer face à la fenêtre le souafle. Elle essayait d'imaginer sa réaction. Elle soupira avant de s'éloigner de la fenêtre et de longer le bord de la tour. Il fallait vraiment qu'elle cesse d'être si littérale, de faire la maligne. Mais, par Merlin, c'était bien compliquée parfois.
Elle se positionna donc où elle était précédemment, quoique un peu plus haut, là où la tour était légèrement plus petite. Elle n'avait pas réussi son geste une fois, elle n'allait pas refaire la même erreur. Surtout devant son professeur. Elle baissa la tête pour s'assurer qu'Heltowni ne lui faisait pas signe de redescendre et petit comme il était de là où elle se trouvait, elle n'arrivait presque pas à distinguer sa forme. Elle haussa les épaules et inspira une bouffée d'oxygne pour se vider l'esprit. Elle ferma les yeux une seconde pour visualiser le geste. Précédemment, elle avait lâché le souafle trop tard, si bien qu'il avait rapidement percuté la fenêtre. Il fallait qu'elle ouvre un peu plus son angle, et que la vrille dans son poignet soit plus franche pour réussir la passe à la perfection.
Là où il se trouvait, Heltowni devait s'interroger sur la jeune fille. Elle était à l'autre bout de l'endroit où se trouvait la fenêtre et ne semblait pas faire grand chose.

Echoe inspira puis elle décolla son bras de son tronc avant d'étendre son avant-bras légrement au dessus de la hanche et de terminer le geste par une torsion de son poignet. Elle sentit immédiatement le souafle se mettre à vriller alors qu'il s'échappait de sa main. Elle se décala rapidement de l'autre côté de la tour, prête à le réceptionner, si cette fois il était enclin à contourner la tour. Elle ne respirait plus pendant le quart de seconde où le souafle n'était pas dans son champ de vision. Et quand elle vit la balle revenir vers elle avec la même force qu'elle l'avait lancé, elle laissa échapper l'angoisse gazeuse qui s'était accumulée en elle.
Elle attrapa le souafle sans difficulté et dirigea le balai vers le sol, et elle posa les pieds à terre. Elle leva les yeux vers son professeur, déterminée à ce qu'il ne la punisse pas plus qu'elle le méritait.

- Voilà ce que j'essayais de faire quand votre fenêtre a été brisée. Comme je l'ai déjà dit, c'était un simple accident.

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Toutes mes excuses pour cet immense retard.


Elle avait un regard décidément perdu et se demandait probablement s’il n’était pas mieux qu’elle fît enfermer son professeur d’Histoire de la Magie directement au service « Cerveaux débraillés » de l’hôpital Ste-Mangouste, si ça n’aurait pas été plus sage de le faire là, maintenant, tout de suite. C’est tout du moins ce que Wilhelm crut lire dans son regard tandis qu’elle enfourchait son balai et qu’elle le rassurait, quoiqu’il n’en avait guère besoin, quant à son geste.

Pour que ce soit bien clair, je n'ai pas visé votre fenêtre, hein.

Évidemment… pensa Wilhelm. Personne ne voulait s’attirer d’ennui volontairement au risque de se faire renvoyer. Ou alors si de tels élèves existaient, ça se remarquait bien avant, tant ils étaient surveillés par les professeurs et les préfets. On aurait remarqué un changement de comportement, des indices sur ce nouvel état qui se créait petit à petit.

Elle monta dans le ciel jusqu’à peu près la même hauteur que Wilhelm. Elle hésita longuement, jaugea son tir pendant plusieurs secondes qui semblaient interminables depuis le sol en ajustant la position de son balai par rapport à la fenêtre. Il devait bien y avoir une cinquantaine de mètres d’écart entre eux deux et il lui apparaissait sans doute comme un point foncé immobile, au milieu de la verdure du parc, tandis qu’elle lui apparaissait comme un point noir flottant dans le ciel. C’en était presque risible, tant le décalage entre l’action de la jeune Caterwool et la réaction du professeur Heltowni en était éloigné au plus haut point. Wilhelm en était parfaitement conscient, mais il avait une théorie à valider coûte que coûte.

Enfin, elle s’immobilisa. Wilhelm serra sa baguette dans ses mains, paré à toute situation. Caterwool fit remonter son bras telle une catapulte et lança la balle de toutes ses forces en direction de la tour. D’où il était, la fenêtre n’était pas tout à fait en face, mais presque. Il put ainsi suivre la courbe de la balle, qui disparut derrière la tour avant de revenir en direction d’Echoe. Il écarquilla les yeux, surpris qu’il était à l’accomplissement d’une telle trajectoire.

Echoe redescendit après avoir aisément attrapé la balle et lui lança un regard déterminé, presque narquois. Dans tous les cas un poil fier et plein de défi. Une véritable enfant, guère étonnant au vu de son âge.

Voilà ce que j'essayais de faire quand votre fenêtre a été brisée. Comme je l'ai déjà dit, c'était un simple accident.

Il jeta un coup d’œil au souafle qu’elle tenait en main. Il crut voir une marque, mais il s’aperçut rapidement que c’était une écriture. Il n’avait jamais étudié cette langue, mais il crut pourtant reconnaître des runes. Anciennes ou Nouvelles, il n’aurait pu le détailler, mais c’était dans tous les cas des runes. Ceci expliquait ainsi la trajectoire plus qu’étrange qu’avait imprimée la balle dans sa course. Si cela n’invalidait pas pour autant la théorie de Wilhelm, une donnée de son équation était au moins bouleversée. Et grandement.

Sont-ce des runes que je vois là ? Je n’avais pas compris que votre souafle était ensorcelé, pour être tout à fait honnête…

Il écouta sa réponse qui lui confirma qu’en effet, la balle avait été ensorcelée, mais il ne saurait dire exactement si c’était son oncle ou quelqu’un d’autre, son esprit étant à présent nourri et certain de son choix. Cela ne plairait probablement guère, mais il aurait mis sa main à couper qu’une recomposition pareille dans l’équipe de Quidditch de Poufsouffle ne pourrait que les mener à la victoire l’an suivant. Ne restait à régler qu’un dernier point.

Bien. Il n’est pas interdit de posséder son propre souafle, mais j’aimerais que vous m’expliquiez comment vous avez obtenu ce balai – un vieil outil ainsi, on n’en trouve plus qu’à Poudlard ou dans les musées – sans avoir demandé la permission auparavant. Vous aurez une punition pour ceci, ajouté à cela ma fenêtre, quoique ce soit dérisoire. Avant tout, une chose : ça fait longtemps que vous vous intéressez au Quidditch ?

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- Sont-ce des runes que je vois là ? Je n’avais pas compris que votre souafle était ensorcelé, pour être tout à fait honnête…

Elle hocha la tête avant d'expliquer que c'était son oncle qui lui avait offert pour qu'elle puisse jouer toute seule.
Maintenant qu'Echoe avait éclairé la situation, elle espérait qu'il la laisserait vaquer à ses préoccupations sans la punir. Elle n'avait rien fait d'interdit après tout.


- Bien. Il n’est pas interdit de posséder son propre souafle, mais j’aimerais que vous m’expliquiez comment vous avez obtenu ce balai – un vieil outil ainsi, on n’en trouve plus qu’à Poudlard ou dans les musées – sans avoir demandé la permission auparavant. Vous aurez une punition pour ceci, ajouté à cela ma fenêtre, quoique ce soit dérisoire. Avant tout, une chose : ça fait longtemps que vous vous intéressez au Quidditch ?

Elle ouvrit la bouche, les yeux brillant d'injustice. Non, elle n'avait rien fait de mal.

- J'ai emprunté le balai d'une de mes camarades de Deuxième Année. Le réglement interdit les Première Année d'avoir leurs propres balais mais pas d'emprunter celui de quelqu'un d'autre, non ?

Dans sa quête de justice, elle avait presque oublié la question que son professeur lui avait posé. Depuis quand s'intéressait-elle au Quidditch ? Elle ne savait pas quoi répondre, ou encore si elle devait lui répondre. Est-ce que c'était une nouvelle question piège et qu'il allait utiliser ces informations pour la punir davantage ? Elle n'avait pas envie de lui répondre, peut-être trop dégoutée à l'idée d'être punie pour quelque chose qu'elle ne méritait pas. Mais elle savait aussi qu'il réclamerait une réponse coûte que coûte et qu'elle ne pourrait pas retourner se cacher sous ses notes avant d'avoir ouvert la bouche. Elle ne toucherait plus à un balai. C'était fini. Pas si ça lui coûtait autant à chaque fois.
Elle soupira avant de prendre la parole.


- Ca fait quelques années que j'aime bien jouer avec mon souafle.

Jouer avec son souafle c'était différent que de s'intéresser au Quidditch. De cette façon, elle ne dévoilait pas que depuis longtemps maintenant, ses cousins lui donnaient en cachette les magasines de Quidditch qu'ils avaient. Magasines que ses parents ne voulaient pas lui acheter. Que ses parents n'appréciaient pas. Ainsi si ce petit incident arrivait jusqu'à eux, elle gardait son petit secret. Et ça ça lui était important. Presque vital pour survivre là bas.

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Elle avait largement ouvert les yeux et la bouche, prête à crier à l’injustice. La préadolescence rebelle dans toute sa splendeur.

J'ai emprunté le balai d'une de mes camarades de Deuxième Année. Le réglement interdit les Première Année d'avoir leurs propres balais mais pas d'emprunter celui de quelqu'un d'autre, non ?

Bien vu. Wilhelm sourit de malice à la question, il se revoyait, à son âge, cherchant dans les règlements de l’École quand et où ils pouvaient aller avec son meilleur ami Jaxson sans avoir de problèmes. Ils avaient découvert qu’on pouvait aller à la Tour d’Astronomie jusqu’à une heure du matin sans rien risquer, sous réserve de ne croiser personne en repartant. La jeunesse était toujours la même, à vouloir flirter à la limite de la légalité. Il la laissa cependant continuer dans sa défense, à moins qu’elle voulût répondre à sa question.

Ça fait quelques années que j'aime bien jouer avec mon souafle.

Quelques années, cela expliquait le bon maniement de la balle. En partie du moins, car nul doute que, même avec plusieurs années d’expérience, il fallait un minimum de talent et de savoir-faire pour bien accomplir un lancer pareil. L’idée qui lui trottait dans la tête lui semblait vraiment bonne, même excellente à y penser. Ce serait un coup de poker, sans doute, mais mieux valait essayer le tout pour le tout pour l’année suivante.

Ça n’est pas interdit en effet. En revanche, ça l’est de casser la fenêtre d’un de ses professeurs. Rassurez-vous, lança-t-il avant qu’elle ne proteste à nouveau, ce n’est qu’une petite infraction. Aussi sera-t-elle légère, même si je crois que Rusard sera satisfait de voir que les trophées brilleront à nouveau.

Il hésita encore quelques instants avant de lui demander de le suivre jusqu’au château pour ranger son matériel et lui donner sa punition. Il tourna le dos et commença à marcher plutôt rapidement en direction de l’entrée, vérifiant par de petits regards en arrière que la jeune Caterwool le suivait. Ce qui était le cas.

Il se décida à parler de son idée alors qu’ils traversaient la cour d’entrée, d’où plusieurs élèves, certes peu nombreux, regardaient avec étonnement l’étrange duo formé par le professeur d’Histoire de la Magie, qui deviendrait bientôt Directeur de Poufsouffle, et la jeune élève de Première Année dont les examens approchaient, portant un souafle ensorcelé et un balai volant.

Je n’en démords pas, lui lança-t-il calmement. Vous avez un talent certain pour le Quidditch, Mme Manin va bientôt être mutée au Ministère, comme vous le savez, et je la remplacerai à la rentrée. Je vais encore en discuter avec elle, mais j’aimerais déjà vous le proposer : accepteriez-vous le poste de capitaine de Quidditch ?

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Echoe avait pu voir l'ombre d'un sourire face à sa prise de position. Elle avait seulement douze ans, mais elle n'avait jamais compris le concept du respect à sens unique. C'était un concept que sa mère adorait. "Fais ce que je te dis. Tu me dois le respect." Alors qu'elle était certaine qu'une fois adulte, ces règles disparaissaient soudainement. Pourquoi ? D'après elle, le respect et l'intéret qu'on portait à une personne devait être justifiée. C'est ce qui faisait d'Echoe cette jeune fille au caractère qui déplaisait fortement ses parents et amusait son oncle. Elle avait une voix. Et elle l'utilisait. Elle n'allait pas subir la fausse-puissance que les adultes pensaient porter comme un manteau protecteur.

Le professeur Heltwoni, cependant, semblait trouver le moindre prétexte pour la punir. C'était d'abord le souafle, puis le balai et enfin la fenêtre. Malheureusement, elle ne pouvait trouver d'explication pour celle-ci et elle devait se résoudre à accepter son sort; une soirée en tête à tête avec l'horrible et odorant Rusard. Elle soupira. Au fond d'elle, elle trouvait ça réellement injuste. La maladresse n'était pas un acte à punir. Elle n'avait pas volontairement brisé la fenêtre. Elle se demanda si elle s'était excusée d'ailleurs pour ça. Elle avait tellement était surprise d'avoir causé de tels dégâts qu'elle ne savait pas si sa voix avait réussi à former des sons. Mais il était trop tard maintenant. Même si elle s'excusait, le professeur ne reviendrait pas sur ses paroles. Ce n'était pas une bonne façon de trouver le respect. Quoiqu'il en soit, Echoe, qui n'aimait déjà pas la matière du professeur, ne le portait pas davantage dans son coeur.

Elle le suivait, le balai dans un bras et son souafle sous l'autre pour rejoindre le château. Il avançait vite, et ce n'était pas le cas d'Echoe. Elle n'allait pas en plus se presser pour avoir en main le petit papier la condamnant à une soirée mortelle. Avec un peu de chance, peut-être que parmi les élèves présents à l'extérieur, deux d'entres eux se batteraient et Echoe serait oubliée. Il y avait des chances. Alors plus ses pas étaient petits, plus ses chances grandissaient. Dans la cour d'entrée, elle pouvait voir des élèves qui l'observaient elle et le professeur. Ils devaient probablement la trouver ridicule.
Elle entendit le professeur parler, si bien qu'elle accéléra le pas. Aussi bien parce qu'elle voulait savoir ce qu'il racontait, mais aussi pour éviter le regard pesant de ses camarades. Elle s'imaginait l'entendre raconter des choses étranges sur la théorie qu'il avait en rapport à son lancer de Quidditch. Elle avait entendu qu'il avait été professeur d'Astronomie avant. Elle n'était même pas étonnée. Elle avait toujours l'impression qu'il était ailleurs. Inacessible. Si bien qu'elle ne s'attendait pas à une telle proposition.


- Je vais encore en discuter avec elle, mais j’aimerais déjà vous le proposer : accepteriez-vous le poste de capitaine de Quidditch ?

Elle s'arrêta net. Peu embêtée maintenant par les regards des autres élèves. Elle scruta le professeur d'un oeil suspicieux. Sa proposition n'avait aucune logique. Elle tenait sur un fil si fin qu'elle le voyait déjà chuter.
Capitaine de Quidditch ? Non vraiment ce n'était pas possible. On n'était pas nommé Capitaine comme ça. Soudainement. Elle ne faisait même pas partie de l'équipe. L'idée de simplement faire partie des Frelons la faisait trembler d'exciter. Même remplaçante, elle aurait adoré. Capitaine ? C'était une blague. Une très, très mauvaise blague qu'elle n'appréciait pas.
Elle fixait toujours le professeur, incapable de trouver les mots pour répondre. Elle lui aurait bien envoyé son souafle en pleine figure. Elle avait besoin de monter sur le balai et partir loin. Décharger la colère qui venait de se réveiller en elle. Pourquoi le monde était-il cruel ? Pourquoi s'acharnait-il contre elle ?
Quand elle était allongée dans son lit avant de dormir, elle aimait s'imaginer Capitaine d'une grande équipe, joueuse principale dont le nom résonnait magiquement dans le terrain. C'était cruel de lui donner un aperçu d'un rêve qui en restera un.


- Je ne savais pas que la cruauté rentrait dans les critères de sélection des professeurs. Une retenue était bien suffisante, vous savez. Elle cracha sans ce filtre que la société lui imposait en permanence.

Cependant, elle avait beau le dévisager, elle n'arrivait pas à voir dans son visage aux traits nordiques une once de méchanceté. Mais il avait été Directeur de Serpentard, il avait probablement dû apprendre quelques astuces.
C'était tellement dénué de logique qu'elle ne pouvait pas y croire. Une place dans l'équipe, ça aurait été compréhensible. Après tout, elle n'était pas mauvaise. Mais Capitaine ? Il fallait de l'expérience, de la stratégie, beaucoup de stratégie. Elle ne comprenait pas surtout, pourquoi Ambre Baxrendhel, la joueuse de Poufsouffle qui avait mené l'équipe de Poudlard cette année ne serait pas promue au même titre dans sa propre équipe. Elle l'avait vu cette année. Elle était impressionnante. Jamais, elle ne pourrait être à la hauteur de cette joueuse, dont le jeu lui venait si naturellement.

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Il ne s’attendait clairement pas à une réaction d’une telle violence de la part d’une élève de première année. Ça n’était pas tant la gestuelle ou la violence des mots que la réaction en elle-même. Wilhelm remarqua après quelques secondes tout de même que la Poufsouffle s’était arrêtée au milieu de la cour alors qu’il avait continué à marcher. Il se retourna en sentant qu’elle ne le suivait plus et afficha un air interrogateur, auquel une réponse fut bien vite apportée, au milieu d’une scène étrange qui voyait l’affrontement de deux caractères et deux mondes.

Je ne savais pas que la cruauté rentrait dans les critères de sélection des professeurs.

Mais de quelle cruauté voulait-elle donc parler ? À quel moment l’avait-il été, sinon en parlant de la punition ? Les raisons lui étaient pourtant claires : il pensait au départ que le balai était le sien, alors que le règlement stipulait très clairement qu’il était strictement interdit aux élèves de première année de posséder leur propre balai. Or, cela n’était pas le cas. En revanche, il ne pouvait ignorer un entraînement en-dehors du terrain et le verre cassé de son bureau.

Et pourtant elle pensait, tout comme lui, qu’une simple punition suffisait. Ce qui embrouilla un peu plus le professeur pendant quelques secondes, dévisagé qu’il était par la préadolescente debout en face de lui. Quel rapport pouvait-il donc y avoir avec la cruauté ? Il avait été extrêmement sincère, car en moins de quelques minutes, elle avait su prouver qu’elle possédait toutes les qualités requises pour occuper un tel poste. Elle n’était clairement pas la seule dans la maison, notamment parmi l’équipe de Quidditch, mais la différence se faisait à la hauteur de la qualité de l’entraînement.

Je ne crois pas que la cruauté soit un critère de sélection. Cela ne ressemble guère au professeur Loewy, ni aux directives du Secrétariat à l’Éducation.

Encore que, il se souvenait qu’elle avait esquissé deux ou trois sourires lors de son entretien de retour à Poudlard. Il n’avait jamais vraiment su si cela concernait les sources quelque peu farfelues qu’il avait pu prendre par-ci, par-là ou ses barèmes de notation dont il avait eu certains retours plutôt… francs, dirons-nous.

En outre, il n’y avait rien de cruel dans ce que je viens de dire. Observez-vous : vous sauriez tenir tête à n’importe qui ; vous êtes une boule d’énergie prête à exploser, prête à gagner sur n’importe quel champ de bataille. Il marqua une petite pause qu’il accompagna d’un clin d’œil. Vous n’avez certes pas encore suffisamment expérimenté le terrain, mais pour ce poste, ce n’est pas ce qui compte le plus. La stratégie et la motivation avant tout. Et puis l'expérience, ça s'apprend sur le tas. Allez, venez.

Il lui adressa un nouveau sourire avant de poursuivre sa marche, sortant de la cour d’entrée et pénétrant dans le hall qui grouillait d’élèves se précipitant dehors pour aller profiter du beau temps de cette après-midi-là.

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