Histoire de la magie

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Les Lignes de l'Enfer  PV 

Reducio
Durant ce RP, Wilhelm n’est pas encore Directeur de Poufsouffle. Les actions décrites ci-dessous se déroulent après ce RP


Il faisait un temps de chien au-dehors. Les giboulées de printemps s’étaient accaparés la météo et il pleuvait dru depuis une bonne semaine. Enfermé dans son bureau à écouter l’eau frapper les vitres, dont le bruit l’apaisait grandement, Wilhelm Heltowni n’avait pas vraiment cure de sortir, étant donné qu’il avait une punition à donner à la jeune Nora Starks.

Lors d’une ronde de nuit improvisée, le professeur d’Histoire de la Magie était tombé sur la jeune gryffone, couchée sur l’herbe à observer les étoiles. Curieuse d’apprendre, il n’avait pas eu le courage de broncher quand elle lui avait demandé de lui transmettre son savoir – ou s’y était-il proposé de lui-même ? – et ils avaient ainsi passé une grande partie de la nuit à discuter étoiles et univers.

Le lendemain, lors du déjeuner dans la grande-salle, Wilhelm Heltowni s’était entretenu avec Miles Ainsworth, le Directeur des Gryffondor, pour discuter des clauses de la punition, mais celui-ci lui avait déclaré qu’il ne pourrait pas assurer celle-ci, malgré les tentatives du polonais pour le faire accepter. Résigné, il écrivit un hibou à Nora Starks dans l’après-midi, qui lui donnait rendez-vous dans son bureau la semaine suivante, un dimanche, en tout début de matinée.

L’aube se levait quand il s’était installé à son bureau après une nuit blanche – il en faisait souvent ces temps-ci, sans qu’il puisse mettre la main sur la raison – et avait commencé à travailler. Il aimait son petit bureau privé, où il faisait bon chaud et qui donnait une vue magnifique sur le parc du château. Vue bien magnifique que de coutume ce jour-là, étant donné qu’on n’y voyait pas à plus de dix mètres. L’Écosse et son magnifique temps…

Sept heures sonnaient au clocher du château quand on frappa à la porte de son bureau. Wilhelm finit la phrase qu’il était en train d’écrire et donna l’autorisation d’entrer. Il ne releva pas tout de suite la tête et entendit la poignée être actionnée et la porte grincer sur ses gonds à son ouverture. Il posa enfin sa plume et regarda Nora Starks, les yeux encore embués par la fatigue – n’a-t-on pas idée de se faire se lever des enfants aussi tôt un dimanche ? – qu’il fixa quelques secondes avant de l’accueillir.

Bonjour. Je vous en prie, asseyez-vous.

Devant son bureau, il avait installé un petit guéridon sur lequel étaient posés une plume, un pot d’encre et un tas de parchemin. Un siège pris directement de sa salle d’études trônait devant le guéridon. Nora Starks s’installa à sa place et le professeur Heltowni agita sa baguette pour rallumer le feu d’une bougie qui s’était éteinte. Une fois fait, il donna ses instructions.

Vous devrez écrire deux cents fois « Conformément à l’article 42 de la Charte de l’École, je n’ai pas le droit de me promener en-dehors de mon dortoir une fois le couvre-feu passé sans l’autorisation de mon Directeur, ma Directrice de Maison ou un professeur et promets de ne plus réitérer ces faits. » Si vous n’avez pas fini à midi, nous recommencerons dimanche prochain à la même heure. Prévenez-moi si vous manquez d’encre, je ne suis pas certain d’en avoir mis assez…

Il reprit alors son travail, plongeant sa plume dans son propre encrier avant de poursuivre la correction de ses copies, seuls des crissements de plume et le crépitement du bois dans la cheminée troublant ce silence, à l’exception bien sûr de la pluie qui martelait les vitres.

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Nora avait plusieurs fois fait le mur sans que jamais personne ne s'en aperçoive. Elle était en quelque sorte devenue douée en la matière. Bien entendu, elle ne faisait pas n'importe quoi, n'importe quand et n'importe où. Depuis sa première année, elle avait été initiée à l'art de contourner les règles par sa première amie, Ilona McCrawn. Elle l'avait justement rencontré lors d'une nuit blanche dans le dortoir des filles de Gryffondor. Les deux fillettes s'étaient donc rendues dans la tour d'Astronomie pour admirer le ciel étoilé. Cela faisait un an et demi mais Nora n'avait pas perdu son habitude de crapahuter à des heures indécentes pour y admirer le ciel. Parfois elle allait dans la fameuse tour, parfois dans le parc. Et une semaine auparavant, c'était au parc qu'elle s'était rendue.

BIP BIP BIP BIP


Nora leva paresseusement sa main pour l'abattre sur son réveil avant qu'il n'éveille tout le dortoir. Elle entendit plusieurs râles avant que le calme ne revienne. Elle ouvrit un œil pour voir s'afficher 6h30. Qui se levait à une heure pareille un dimanche ? Les élèves punis et leurs professeurs tortionnaires. En l'occurence, Nora Starks et Wilhelm Heltowni. La petite tenta de s'extirper de son lit mais ce fut un échec cuisant. Elle attendit quelques minutes, mais ne tarda pas. Il ne fallait pas qu'elle se rendorme ou elle aurait des problèmes. Elle commença donc par sortir un pied de sous la couette. Il faisait froid. Elle fronça les sourcils en sortant le deuxième pied. Elle tenait le bon bout. Elle fini par s'assoir au bord du matelas en s'étirant et baillant. Tout ce qu'elle voulait, c'était dormir. Une force insoupçonnée la fit se lever, s'habiller et brosser ses cheveux. Elle voulu prendre un petit déjeuner mais elle ne savait pas si cela était possible aussi tôt un dimanche matin. Elle regarda la pendule du dortoir et constata qu'il ne lui restait que cinq petites minutes pour se rendre dans la salle d'Histoire de la Magie. Avec un bâillement, elle se mit en route.

La jeune Nora se trouvait à présent face à son professeur, dans son bureau. Il l'invita à s'assoir, ce qu'elle fit sans tarder tout en attendant la suite des instructions. Elle ne savait pas du tout à quoi s'attendre avant de venir ici mais à présent qu'elle voyait le tas de parchemins, la plume et l'encre, elle se doutait qu'elle allait devoir copier quelque chose. Elle espérait juste que ce ne serait pas en trop d'exemplaires, où elle finirait avec la main meurtrie. Et comme toujours elle aurait mieux fait de ne pas penser à cela car il lui fallait écrire pas moins de deux cent fois une phrase aussi longue que son bras. Consciente de l'ampleur de sa punition, elle commença de suite.


« Conformément à l’article 42 de la Charte de l’École, je n’ai pas le droit de me promener en-dehors de mon dortoir une fois le couvre-feu passé sans l’autorisation de mon Directeur, ma Directrice de Maison ou un professeur et promets de ne plus réitérer ces faits. »


Nora venait d'écrire ladite phrase pour la première fois. Elle avait mis deux minutes. Elle devait écrire cela deux cent fois, soit encore cent quatre-vingt dix neuf fois.Si elle avait mis deux minutes pour l'écrire une fois, alors elle mettrait trois cent quatre-vingt dix huit minutes supplémentaires pour terminer sa punition, soit trois heures trente-six minutes. Sans compter les trois minutes qu'elle venait de perdre à calculer cela. Autrement dit, elle n'avait pas de temps à perdre. Malgré tout de temps en temps, la petite relevait la tête afin de regarder le feu de cheminée ou encore la pluie battant les fenêtres. Ce qu'elle pouvait être rêveuse...

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Les instructions données, la jeune Nora Starks avait commencé à écrire une phrase de près de trois lignes. Wilhelm se demanda s’il aurait assez de parchemins pour elle et pour lui-même, qui continuait de traduire et analyser un texte vieux de plusieurs siècles et retrouvés dans les archives poussiéreuses de l’école. Il empoigna son inhalateur bleu ciel et respira un grand coup, sentant une crise d’asthme venir à la présence inodore de toutes ces particules qui vous détruisaient les bronches.

Ils continuèrent à écrire, chacun d’un côté de la table, Wilhelm se levant parfois pour consulter un dictionnaire de latin, de runes ou de vieil anglais – impossible à déterminer depuis ici –, tenant tout de même à garder le silence studieux du bureau pour ne pas déranger l’élève de Gryffondor et laisser au feu qui crépitait, et auquel il rajouta une bûche pour conserver son intensité, le monopole du bruit.

Sa plume continua à gratter le papier, tandis que le parchemin de Nora Starks se complétait au fur et à mesure qu’elle copiait la phrase. La pauvre, elle serait sans doute obligée de revenir la semaine suivante pour compléter son travail. Il posa sa plume quelque seconde, le temps de consulter un dictionnaire qu’il avait finalement posé dans un coin de son bureau et brisa un silence apaisant qui durait depuis plusieurs minutes.

N’hésitez pas à indiquer combien de fois vous avez recopié la phrase, disons, tous les dix. Ça vous évitera de devoir tout recopier à chaque fois.

Elle avait terminé sa première page, quand lui-même avait terminé la traduction du premier paragraphe d’un texte qui comptait une dizaine de pages. Il avait de quoi traduire pour plusieurs dimanches à venir et la présence d’une autre personne, loin de le déconcentrer, renforce le côté studieux et sérieux de ce travail-là. Il avait l’habitude d’avoir sa chouette Hopenjoy à ses côtés, mais elle était partie pour Londres deux jours auparavant et elle ne reviendrait sans doute pas avant le mercredi suivant.

Le soleil était complètement levé à ce moment-là, tandis que le ciel avait cessé de pleuvoir et que les nuages commençaient à se disperser. Finalement, le temps s’annonçait moins mauvais que prévu. Le silence avait poursuivi son règne tout du long et la jeune Starks avait plutôt bien avancé dans ses lignes. Il n’empêchait qu’une question lui brûlait les lèvres, rapport à l’astronomie et l’attrait qu’avait la Gryffondor pour la matière.

Il était près de neuf heures et le brouillard s’était évaporé, tandis que le soleil tentait, encore en vain, de percer les nuages gorgés d’eau qui avaient recommencé à humidifier la terre.

Dites-moi, Mademoiselle Starks, depuis quand vous intéressez-vous à l’Astronomie ?

Il avait posé sa plume, qui commençait à être sérieusement abimée, pour l’essuyer et la changer par une nouvelle, les yeux s’alternant entre la réponse de la Gryffondor et la boîte à plumes de laquelle il sortit une plume neuve, probablement d’oie, avec un bout d’argent et une poigne souple.

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Nora ne s'autorisa pas à rêver plus d'une trentaine de secondes. Elle détourna donc rapidement son regard fatigué de la fenêtre et le reposa sur sa feuille de parchemin. Elle en était aux trois quarts de la page. Elle voulu lâcher un soupir mais, ne voulant paraître ni ingrate ni impolie, se retint. On se s'imaginait pas à quel point cela pouvait être frustrant, c'était comme de devoir arrêter de s'étirer en pleine action. Mais elle le fit malgré tout. Elle se remis à écrire, prenant parfois un peu plus d'encre afin de maintenir l'intensité de son écriture. Bien que la jeune Nora n'aimait pas vraiment écrire, elle avait toujours eu une plume soignée, des lettres détachées bien proportionnées, ni trop grandes ni trop petites. Mais à force de river son regard sur ses mots, il lui semblait en voir absolument partout, dans toutes les directions possibles. Elle ferma fort les yeux, puis les rouvrit. Elle avait besoin d'une pause, ce que lui accorda son professeur, en quelque sorte. Il lui conseilla de compter ses phrases et d'y mettre un signe toutes les dix afin de ne pas avoir à tout recompter systématiquement. Conseil judicieux qu'elle appliqua. Elle choisit donc de mettre une astérisque pour indiquer qu'il y avait dix phrases la précédant. Sa page était terminée et elle avait écrit ladite phrase seulement trente fois. Alors qu'elle avait eu l'impression d'avoir bien avancé, cette nouvelle eu l'effet d'une claque qui la réveilla. Elle devait encore en écrire cent soixante dix.

Nora s'était vite remise au travail, car elle n'avait pas une minute à perdre. Le soleil s'était levé et elle se demandait si ses camarades étaient réveillés. Elle n'avait parlé à personne de sa punition. Quelqu'un remarquerait-il son absence ? Elle continua d'écrire, encore et toujours. Elle se concentra pour ne pas laisser son esprit divaguer, chose qui lui arrivait constamment. Ses yeux étaient baissés sur sa nouvelle feuille de parchemin et ne quittèrent pas les mouvements de sa plume, qui commençait à manquer d'encore à nouveau. Elle ne releva même pas la tête pour plonger son instrument dans le pot d'encre. Elle l'essuya un peu sur un papier buvard puis se remit à écrire, jusqu'à ce que la voix de son professeur fendit le silence studieux qui régnait dans la pièce. Elle figea sa plume sur le papier puis la souleva avant de ne faire une grosse tâche d'encre. Elle releva doucement la tête, surprise par la question qu'on lui avait posé.


« Je crois que j'avais huit ou neuf ans. Je me suis toujours intéressée au ciel mais j'ai été passionnée par les oiseaux avant d'en apprendre plus sur les sciences. En fait je crois que ce sont les cours de sciences de l'école moldue qui m'ont invité à en apprendre plus sur l'Astronomie. »

La fillette chercha un peu dans sa mémoire. Il lui semblait bien que c'était cela. Vers ses six ans, elle avait trouvé les lunettes d'aviation de sa mère dans un carton du grenier. Elle avait appris ce qu'était le Quidditch et s'était trouvé une passion pour l'ornithologie. Plus tard, l'école offrait des cours d'initiation aux sciences. Une après-midi avait été consacrée à l'Astronomie. Et c'était ainsi qu'elle s'y était intéressée. Elle devait donc avoir huit ou neuf ans.

« Et vous ? » demanda t-elle à M. Heltowni.

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Je suis désolée pour l'attente...

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J'ai battu votre record pour le temps d'attente. :wise:


Huit ou neuf ans. Wilhelm aurait pensé que ça ferait plus longtemps que ça, vu l’âge auquel il était tombé amoureux des étoiles avant de tomber amoureux de sa petite copine d’école, quand il avait six ou sept ans. Merlin que ça commençait à remonter… Elle lui retourna la question, ce qu’elle avait espéré qu’elle fît. Tant qu’à passer une ou deux matinées d’un dimanche ensemble, autant être en bonne compagnie qu’autrement, non ?

J’étais plus jeune que vous, je ne devais pas avoir plus de cinq ans… Il posa sa plume dans l’encrier et croisa les bras en regardant, dehors, le temps qui ne semblait plus savoir où donner de la tête. Je ne sais plus exactement comment, ni pourquoi, mais je me suis retrouvé à rester éveillé tard le soir, dans ma chambre. On habitait une petite maison dans un village, à la périphérie de Bowmore en fait. »

***


La nuit était sombre. Anna Heltowni tenait un livre à la main et lisait à son fils l’histoire d’un petit homme de rien qui parcourait l’univers à bord d’une boîte bleu pour aller sauver les gens aux quatre coins du cosmos. Le petit Wilhelm, du haut de ses quatre ans, bâillait à s’en décrocher la mâchoire tandis que les poivrières menaçaient le petit homme de rien d’être exterminé.

Anna sourit en voyant son enfant essuyer ses yeux humides de ses petits poings boursouflés. Ils avaient passé une bonne partie de l’après-midi à jouer dans la neige et le petit Wilhelm avait même fait ses premières descentes en luge. Peut-être pourrait-il bientôt enfiler des skis et glisser sur les pentes. Wilhelm bâillât à nouveau, ses yeux se remplissant à nouveau de buée.

Anna rangea le livre dans la bibliothèque, entre deux livres pour enfant et juste au-dessus du tas de jouets qu’elle n’avait pas encore rangés. Elle le ferait le lendemain, puis Wilhelm se réveillerait sans doute avant elle. Il pourrait ainsi jouer un peu avant de faire sa toilette et de petit-déjeuner.

Môman, tu crois le Docteur il va pouvoir échapper aux Daleks ? avait-il dit de sa petite voix fluette. Anna sourit à nouveau. Elle s’approcha de lui et lui ébouriffa les cheveux.
Le Docteur s’en sort toujours. Elle ne lui avait pas encore tout dit sur les changements du petit homme de rien. De n’importe quelle manière que ce soit. Et il était trop jeune pour la télévision des grands.

Elle borda son fils, qui avait du mal à garder ses paupières ouvertes, puis se dirigea vers la porte et éteignit la lumière avant de sortir. Le petit Wilhelm soupira une dernière fois puis s’éclipsa rapidement dans les bras de Morphée.

Cette nuit-là, il se réveilla sans prévenir, alors que ça n’était pas dans ses habitudes. Il devait être deux heures du matin ; tout ce dont il était sûr, c’est qu’il faisait très noir et qu’on n’y voyait presque rien. Il se mit debout, sa tête dépassant à peine de la bordure de la barrière ; il avait beaucoup grandi ces derniers temps et son lit était presque trop petit pour lui. Il avait déjà essayé de s’enfuir en baissant le mécanisme comme maman, mais il s’était fait pincer les doigts très fort.

Il n’avait plus sommeil. Et puis, il y avait des couleurs bizarres dans le ciel. Du jaune, du rouge, du vert, du violet. Wilhelm savait que ce n’était pas des avions, parce que les avions ne clignotaient qu’en vert et en rouge. Il voulait aller regarder pour savoir ce que c’était. Sa maman avait beau lui dire que la curiosité était une mauvaise chose, il ne pouvait s’empêcher de l’être et il ne cesserait jamais de l’être.

Il tenta une première fois de passer la barrière, tentant de se hisser de ses petits bras, mais n’y parvint pas. Il regarda son lit et eut une idée. Il tira sa couverture dans un coin et l’entassa, testant sa stabilité en appuyant dessus. Il repartit de l’autre côté de son lit et prit son oreiller, qu’il posa sur le tas que formait sa couverture. Il agrippa ses mains sur le rebord, l’une avant l’angle et l’autre après, et grimpa sur le tas.

Son tas lui permettait de se hisser jusqu’à la hauteur du tronc et il pouvait passer ses mains de l’autre côté. Aussi, il prit ses appuis et parvint à basculer sa jambe droite de l’autre côté de la barrière, vers la liberté. Il repositionna ses mains pour être plus à l’équilibre et bascula son autre jambe de l’autre côté. Il se lâcha finalement et tomba à quatre pattes dans un *POUM* amorti par le sol recouvert d’un tapis.

Il ne lui restait plus qu’à déplacer son coffre à jouets et le mettre devant la fenêtre. Il se déplaça le plus doucement possible pour ne pas réveiller ses parents qui dormaient deux pièces plus loin. Enfin, il put se hisser sur son coffre et poser ses deux mains sur la fenêtre. Il les retira cependant rapidement, car le verre était froid, presque glacé. Il attendit quelques secondes avant de les poser à nouveau et observer, au loin, ce qui était un épisode d’aurores polaires particulièrement intense et plein de couleurs…

***


Il avait passé quelques secondes à se remémorer de cette anecdote, mordillant le bout de sa plume et le sourire aux lèvres en repensant à la réaction de sa mère lorsqu’elle avait découvert, le lendemain matin, que son coffre était devant son lit et qu’il dormait encore comme un bienheureux à midi, alors qu’elle l’avait couché à huit heures du soir. Il conclut son intervention.

Je crois que c’était des aurores boréales que j’ai vues. J’étais fasciné de voir que le ciel pouvait donner de si belles couleurs…

Ses yeux brillaient à n’en point douter et c’était assez étonnant et décalé de voir ce professeur aux yeux miroitant de nostalgie heureuse à côté de cette fenêtre qui ne donnait naissance qu’à l’humidité et à la grisaille. Il pensa à quelque chose et sortit de son bureau une boîte en fer qu’il ouvrit et posa entre les deux bureaux, qui lévita à hauteur des bras.

Ça n’est pas très équilibré, mais ça vous empêchera de mourir de faim jusqu’à midi. Faites attention à ne pas tâcher vos parchemins !

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Nora avait besoin de se répéter sans cesse la phrase qu'elle devait écrire afin de ne pas perdre le fil. Aussi quand M. Heltowni engagea la conversation, elle fut contrainte de mettre fin à son travail d'écriture, ne pouvant à la fois écrire une chose et parler d'une toute autre chose. Elle écrivit une phrase supplémentaire entre le moment où elle retourna la question de son professeur et le moment où il lui répondit. Puis elle s'arrêta à nouveau et écouta l'adulte parler d'aurores boréales. Elle savait ce que c'était mais n'en avait jamais vu, mis à part en photographie. Voir cela en vrai devait être merveilleux, sans aucun doute. Il lui semblait que cela ne se produisait qu'aux Pôles, aussi avait-elle pensé qu'elle n'aurait probablement jamais l'occasion d'y assister. Elle préférait penser cela plutôt que d'espérer pour rien. Une boîte en fer vint interrompre sa réflexion, se proposant d'assouvir une petite faim. Nora porta la main à son estomac. Elle avait été si absorbée par sa tâche qu'elle n'avait pas remarqué que son ventre gargouillait. Elle prit timidement un biscuit en remerciant son professeur et le grignota proprement pour ne pas tartiner sa punition.

La Gryffondor se remit au travail tout en finissant son biscuit. Il ne fallait pas qu'elle perde de temps ou elle y passerait son année scolaire. Mais il fallait avouer qu'elle était lasse de cette tâche. Elle ignorait combien de temps ils avaient passé ainsi mais elle n'aurait pas été surprise d'apprendre qu'il était déjà neuf ou dix heures. C'était assez difficile à deviner car le ciel était noir bien que la pluie avait cessé de battre les vitres des fenêtres, ne laissant malgré tout pas de place au soleil pour indiquer l'heure. En règle générale, elle portait une montre moldue à son poignet gauche mais elle l'oubliait régulièrement. Peut-être n'avait-elle nul besoin de connaître l'heure exacte et devait-elle se contenter d'écrire, encore et encore, jusqu'à ce que son professeur lui dise de s'arrêter. La deuxième année continua donc d'écrire sans oublier d'apposer une astérisque toutes les dix phrases. Sa deuxième page de parchemin était terminée et elle avait commencé la suivante. Si elle ne s'était pas trompée, il lui restait encore cent trente-quatre phrases à écrire. Sa précédente satisfaction s'évapora en une seconde lorsqu'elle s'aperçue qu'elle n'avait pas fait la moitié du travail qui lui avait été imposé alors que la moitié de la matinée était très sûrement passée. Nora trempa une énième fois sa plume d'emprunt dans l'encrier avant de se mordre la lèvre.


« Je crois que je n'aurais pas fini ma punition aujourd'hui. Et je n'ai plus d'encre... » dit-elle, embarrassée.

La fillette conservait son regard rivé sur son parchemin presque vierge, n'osant croiser le regard déçu ou en colère de son professeur. Mais au fond elle doutait que ce fut le cas. M. Heltowni était sans doute le plus gentil professeur que la jeune Nora ai connu.

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Il prit à plusieurs reprises des biscuits et chocolats dans cette boîte, occupé qu’il était à traduire ce maudit texte dans une langue qu’il devait apprendre sur le tas, c’est-à-dire les Runes anciennes. A l’époque où il avait pu faire ce choix, il avait vu l’épaisseur des bouquins et s’était refusé à étudier une matière dans laquelle s’étendaient tant de caractères qu’il ne comprenait pas. Il entrait tout juste dans l’adolescence et avait attrapé une flemme monumentale quelques jours avant de choisir les options pour la troisième année. Chose qu’il regrettait aujourd’hui grandement.

Comprenant qu’il n’arriverait à rien ce jour-ci, il ouvrit l’un de ses tiroirs et y enfouit sa pile de parchemins, ainsi que son gros dictionnaire, referma le tiroir, et en ouvrit un autre duquel il sortit une autre pile, dont le haut contenaient quelques ratures et des espaces entre ce qui semblaient être des questions ; de toute évidence, des devoirs qu’il avait à corriger. Il s’apprêtait à plonger la plume dans son encrier quand il remarqua qu’il n’y restait presque plus rien.

Je crois que je n'aurais pas fini ma punition aujourd'hui. Et je n'ai plus d'encre...

Etonnant comme le hasard faisait bien les choses. Nora n’avait pas levé la tête de son parchemin en le disant. Wilhelm eut un sourire un peu navré en la voyant ainsi honteuse. Il sortit sa baguette et l’agita délicatement au-dessus du flacon de l’élève de Gryffondor, du bout de laquelle sortit un liquide noirâtre qui coula directement dans l’encrier. Une fois celui-ci plein, il opéra de la même façon pour son propre encrier et posa sa baguette devant lui avant de reprendre sa plume en main.

J’imaginais bien que vous ne finiriez pas aujourd’hui. Deux cents lignes, ça n’est pas rien. Il afficha un petit sourire. Essayez d’écrire le plus possible d’ici midi, vous aurez tout ça de moins à écrire la semaine prochaine.

Le professeur d’Histoire de la Magie lui fit un clin d’œil puis se plongea sérieusement dans sa pile de copies. Cette série-ci portait sur les crémations sorcières au XVe siècle et rien qu’en voyant l’allure de la première copie, Wilhelm se dit qu’il allait passer un très mauvais moment. Il mit finalement un Acceptable, l’analyse sauvant le reste du devoir et passa à la copie suivante.

En face de lui, la plume continuait de gratter sur le parchemin. Il releva la tête avant d’attribuer la note, qui était moins pire que ce qu’il pensait au départ mais loin d’être fameuse, pour constater que Nora avait bien avancé, quoiqu’elle devait avoir alors sacrément mal au poignet.

Article 52 de la Charte de l’École, alinéa 3. « La Tour d’Astronomie est exclue des conditions du couvre-feu susnommées, qui s’étend dès lors jusqu’à deux heures du matin et jusqu’à dix heures le lendemain matin. ». Très utile quand j’avais à peu près votre âge…

Il observa Nora relever soudainement de la tête et lui lança un clin d’œil, accompagné d’un sourire, avant de mettre un nouveau Acceptable, tandis que l’heure avançait…

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M. Heltowni conseilla à la jeune élève d'en faire un maximum aujourd'hui afin de ne pas avoir à le faire la semaine suivante. C'était un sage conseil qu'elle appliqua aussitôt son encrier rempli d'un coup de baguette du professeur. Elle écrit deux lignes de plus avant que son interlocuteur ne reprit la parole, lui énonçant un paragraphe – qu'elle soupçonnait imaginaire – du règlement concernant le couvre-feu de la Tour d'Astronomie. Nora pencha la tête à droite, pensive et dubitative. Elle n'aurait su dire s'il s'agissait d'une farce ou si cette exception existait bel et bien. Elle se souvint y être allée avec Ilona l'année passée. Elle se souvint comme elle avait eu peur de s'être fait attraper par un préfet ou un professeur. Ou pire, par la directrice. Celle-ci lui faisait un peu peur. Pour sûr qu'elle ne préférait pas avoir à elle dans de telles circonstances, au risque de se retrouver pendue par les pieds aux cachots du château, ou ligotée à un arbre de la forêt interdite. A ces pensées, un frisson parcouru le dos de Nora.

« C'est un bel endroit pour observer les étoiles » répondit-elle, toujours aussi pensive.

La jeune Starks avait posé un rapide regard sur son professeur avant de plonger une fois de plus son nez dans sa feuille de parchemin. Elle écrivait de plus en plus vite, souhaitant en écrire un maximum. Elle serait en punition jusque midi coûte que coûte, mais elle n'avait pas à l'être dimanche prochain. Elle écrivait, encore et encore. Ses phalanges chauffaient, la brulaient presque. Et elle continua d'écrire sans s'arrêter. Et puis elle s'égarait dans ses pensées, distraite qu'elle était. Elle perdait la notion du temps. Elle rêvait de voyages et d'aventures. Elle songeait aux mille et unes choses qu'elle avait à découvrir en dehors de ces murs.


SPLASH


Nora écarquilla les yeux. Elle avait fait un faux mouvement, guidé par un automatisme mal réglé, et renversé son encrier sur un parchemin vierge à sa droite. La petite était tellement prise par ses pensées qu'elle ne faisait plus attention à ce qu'elle faisait. Son corps avait littéralement été guidé par un instinct dont elle ignorait tout. Mais de toute évidence, cet instinct n'était pas au point. Elle serra les dents tout en voyant l''encre qui s'éparpillait lentement. Un parchemin neuf se trouvait sur son chemin, lequel absorbait tout. Puis la tâche noire s'étendit plus encore jusqu'à atteindre l'autre bout de la feuille. Elle déborda, coula le long du bureau pour venir goutter au sol. La Gryffondor était livide de honte.

« Je suis vraiment désolée, je vais nettoyer ça. »

Elle commença par chercher des mouchoirs, des buvards, n'importe quoi qui épongerait l'encre et limiterait le massacre. Mais elle se rendit vite à l'évidence : elle n'avait rien à sa disposition qui lui permettait de gérer cette situation. Elle voulu sortir sa baguette mais ne connaissait aucun sort qui pouvait l'aider, pas même une formule transformant l'encre en eau. Non, Nora ne pouvait pas faire face à cette crise seule. Elle releva la tête vers son professeur, affichant une mine dévastée. Son expression se trouvait à mi-chemin entre le désespoir et l'embarras. Si elle n'avait pas agacé M. Heltowni auparavant, elle ne pouvait sans doute plus en dire autant désormais.

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Elle lui répondit que c’était un bel endroit pour admirer les étoiles. C’était assurément vrai. Wilhelm avait passé une année scolaire entière à enseigner l’astronomie au sommet de cette tour. Il avait apprécié observer les astres avec des élèves s’émerveillant de trouver d’eux-mêmes Junon, Cérès, Europe ou encore Uranus. Tout le ramenait à l’enfance avec cette matière, période qu’il chérissait particulièrement pour sa douceur et son innocence.

La pile de corrections était à présent terminée, les copies n’attendraient plus que d’être distribuées à la leçon suivante. La matinée s’était bien avancée, car une horloge sonna quelque part onze heures passée de la demi. Wilhelm Heltowni leva les yeux et constata que son élève avait bien avancé, quoiqu’elle n’arriverait évidemment pas à atteindre le nombre demandé ce jour. Néanmoins, plus elle en faisait aujourd’hui, moins elle aurait à en faire le dimanche suivant. Et plus tard elle pourrait se lever ce jour-là.

Un SPLASH sonore se fit entendre. Wilhelm leva les yeux du livre ancien qu’il avait pris sur sa bibliothèque pour constater que Nora Starks avait renversé son encrier et que tout son contenu se vidait sur la table et atteignait une pile de parchemins vierges. Livide, elle se leva pour chercher du papier pour éponger sa bêtise puis sortit sa baguette avant de regarder son professeur d’un air impuissant et sincèrement désolé. Le professeur d’Histoire de la Magie afficha un sourire désolé.

Ne vous inquiétez pas, je m’en occupe.

Il ressortit sa propre baguette magique du tiroir dans lequel il l’avait rangée le matin-même et murmura une formule qui nettoya l’encre et la remit dans son encrier sans laisser une seule tâche. Il la rangea ensuite et constata l’heure qu’il était. La punition arrivait à sa fin, mais Nora n’avait évidemment pas fini sa tâche.

Il se replongea un moment dans son livre, en attendant la cloche. Il n’avait jamais appris véritablement les runes anciennes, chose qu’il regrettait de plus en plus. Sans doute demanderait-il de l’aide à l’un ou l’une de ses collègues si, d’aventure, des cours dans cette matière étaient dispensés. La grammaire était assez complexe, tout comme les déclinaisons. Sans compter l’orthographe de certains mots dont une lettre pouvait changer le sens de toute la phrase.

Quelques minutes passèrent encore. Le soleil pointait au zénith quand la cloche frappa douze fois. Le douzième coup achevé, le professeur Heltowni posa sa plume et brisa le silence après s’être penché sur le nombre de pages remplis par la jeune fille.

Je crois qu’on peut s’en arrêter là. Revenez à neuf heures trente dimanche prochain, je crois que ça suffira largement pour terminer vos travaux. On se revoit en cours la semaine prochaine et, dans tous les cas, à la semaine prochaine, Mlle Starks !

La semaine suivante, la jeune fille reviendrait terminer sa punition. Bien sûr la discussion porterait sur l’Astronomie et Wilhelm Heltowni lui proposait, si elle le souhaitait, de temps à autres des cours particuliers. Il s’était réadapté à la vie de professeur après quinze mois d’errance, ce qui lui permettrait certainement de le faire à la rentrée suivante… Et puis, ça pourrait toujours le faire retomber en enfance.


Reducio
Fin de ce RP de mon côté ! Je vous laisse rédiger le post de conclusion. Merci pour ces lignes !

Ami des Centaures de la Vieille Forêt
Zarbi de l'année (Magic'Awards III)

Les Lignes de l'Enfer  PV 

Le professeur de Nora lui sourit doucement et sortit sa baguette magique afin de tout nettoyer pour elle. La jeune fille se sentait plus embarrassée que jamais. Elle se mordit la lèvre tout en osant à peine respirer. Elle écarquilla les yeux lorsqu'elle vit l'encre faire le chemin inverse, sortir du parchemin vierge et revenir dans son pot d'origine sans laisser la moindre trace. Pour sûr que les moldus seraient jaloux de ce petit tour, qui pouvait sauver la mise d'un maladroit tel que Nora. Peut-être qu'un beau jour quelqu'un inventerait un moyen de mettre un peu de cette magie dans un produit ménager. Cette commercialisation dans le monde des moldus ferait assurément fureur. La Gryffondor s'éparpillait encore avec ses pensées mais revint bien vite à la réalité. C'était à la fois honteuse et émerveillée qu'elle se replongea dans sa punition, qui n'en finissait pas.

Une cloche retentit, ne laissant aucun doute sur l'heure qu'il était : midi pile. Elle releva la tête et regarda M. Heltowni, guettant une réaction de sa part. Il releva la tête à son tour pour déclarer que la session de punition du jour prenait fin dès maintenant. Il précisa également que la jeune élève pouvait revenir le dimanche suivant, à 9 heures cette fois. Elle en fut soulagée et espérait qu'elle pourrait en profiter pour dormir réellement au lieu de perdre son temps avec une énième insomnie. Nora acquiesça suite aux paroles de son professeur et mis ses affaires dans son sac. Elle se leva, le mit à son épaule, et adressa quelques derniers mots à son professeur.


« Merci, bon dimanche. » dit-elle simplement.

Nora se demandait comment se passerait sa session de punition de la semaine prochaine. Allaient-ils diverger sur l'Astronomie une nouvelle fois ? Cela lui plairait beaucoup. Allait-elle faire le mur une fois de plus, continuerait-elle ses mauvaises habitudes ? Aurait-elle l'occasion d'avoir un nouveau cours particulier d'Astronomie, clandestin ou non, avec M. Heltowni ? Cette expérience avait fait naître chez la jeune sorcière plusieurs questions et elle espérait en connaître très bientôt les réponses. C'était une Nora Starks pensive qui quittait le bureau d'Histoire de la Magie pour se rendre à sa salle commune, non loin de là. Elle déposa ses affaires sur sa malle, au pied de son lit, puis s'allongea sur ce dernier. Elle resta ainsi quelques temps, les bras déployés, le regard planté sur le plafond. Elle ne s'endormit pas. Elle restait ainsi à rêvasser. Peut-être qu'elle passerait à la tour d'Astronomie un peu plus tard dans l'après-midi. Elle se leva finalement car elle ne voulait pas manquer le déjeuner. La jeune fille n'y avait pas vraiment prêté attention mais elle était morte de faim.


Reducio
Fin du RPG, merci beaucoup pour ce moment !

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