Histoire de la magie

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Ce Rpg fait suite à celui-ci.


Katy était rentrée de Londres dans la journée du dimanche. Elle avait évité du mieux qu'elle le put tous les élèves s'interrogeant sur la raison de son soudain départ, et s'était réfugiée dans son dortoir faisant comme si elle révisait ses cours. Bien sûr, les révisions n'avaient été qu'un prétexte pour ne pas être dérangée par quiconque dans ses réflexions. L'Aiglonne n'avait même pas pris la peine d'aller dîner une fois l'heure venue. Ce qu'elle avait appris durant le week-end n'avait été qu'une raison supplémentaire pour justifier son inappétence et son insomnie de la nuit.

Le lundi matin, la Serdaigle avait de nouveau tout fait pour rester dans sa solitude. Se levant au dernier moment, elle n'était pas allée prendre son petit déjeuner et s'était directement rendue devant la salle de son premier cours de la journée. Le cours de Défense contre les Forces du Mal ne l'avait pas autant captivée que d'habitude, la Botanique avait été plus ennuyeuse que jamais, de même pour les Soins aux Créatures Magiques. Et puis la journée s'était terminée sur un cours que l'Aiglonne appréciait beaucoup généralement : l'Histoire de la Magie. Pas que l'histoire de la fameuse banque sorcière Gringotts eut été moins intéressante que les autres cours de sa matière favorite, mais Katy n'avait pas la tête à cela. Elle rêvassait, encore et toujours. Son père était omniprésent dans sa tête, et le cours d'Histoire de la Magie qui avait été son préféré à lui aussi, ne faisait que la distraire davantage. Lui aussi s'était tenu dans cette salle de classe et qui sait, peut-être exactement à la même place que la troisième année.

La Serdaigle était dans cette situation assez troublante où l'on fixe une personne en train de parler sans pour autant être capable de percevoir la moindre parole, le moindre mot. Cette personne, c'était le professeur Heltowni. Cet homme était passionné d'Histoire de la Magie, affilié à la Maison Poufsouffle. Et même si Katy ne connaissait pas son âge exact, elle était à peu près sûre qu'il devait avoir fait sa scolarité à Poudlard dans les mêmes années que sa mère. Alors non, bien sûr que non, il ne pouvait pas être son père mais Katy ne pouvait s'empêcher de l'assimiler à la figure paternelle qu'elle n'avait plus. Robert avait délaissé cette fonction dans l'esprit de l'Aiglonne, qui avait inconsciemment trouvé une personne en mesure de combler ce tout récent vide. Bien que des incohérences pouvaient très clairement prouver que le professeur d'Histoire de la Magie n'était pas son père, son cerveau restait buté sur cette hypothèse improbable comme s'il y avait là une nécessité absolue de trouver un père. Sauf qu'un père, ça ne s'invente pas...

Katy entendait les paroles de son professeur mais n'y prêtait pas la moindre attention. Elle ne se concentrait que sur sa manière d'agir. Cet homme qu'elle admirait depuis sa première année, avait désormais une toute autre importance à ses yeux. Lorsqu'il annonça la fin du cours, la Serdaigle ne put décrocher son regard de lui. Elle reprenait conscience et le revoyait enfin comme son professeur lorsqu'il distribua les devoirs. Ce moment marqua une soudaine rupture dans sa réflexion et la fit revenir à la triste réalité. Non, elle n'avait pas de père. Cette simple pensée lui fit monter les larmes aux yeux. Elle essaya de ranger ses affaires mais ses mains tremblantes trahissaient son état de fatigue et de désarroi, elles l'empêchaient de ranger ses affaires rapidement. Tous les élèves avaient eu le temps de déserter la salle de cours alors qu'elle peinait encore à faire glisser la fermeture de son sac. Étant à bout de nerfs, elle tenta le tout pour le tout en tirant un grand coup sur la fermeture, cette dernière lui restant dans la main. C'en était de trop pour la troisième année qui, seule dans la pièce avec son professeur, éclata en sanglots. Elle voulait fuir en courant avant que Mr Heltowni ne se rende compte de son état mais ses jambes ne répondaient plus de rien. Comme le vendredi soir, elle se retrouvait assise sur le sol, pleurant, incapable du moindre mouvement. Le contrecoup de l'annonce de sa mère la frappait de plein fouet sans qu'elle ne put maîtriser quoi que ce soit.

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

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La semaine était tout juste commencée, mais le printemps avait bien du mal à faire paraître sa floraison, tant il pleuvait ce jour-là. Fort heureusement, les cours ne se déroulaient pas en extérieur pour le professeur Heltowni, au contraire du professeur de Botanique, Nicholas Ferskjold, qui avait hésité entre se parer d’un imperméable ou utiliser un sortilège d’imperméabilité temporaire. On lui a finalement parlé d’un raccourci découvert récemment et sa baguette était restée au fond d’une de ses poches.

C’était un programme plutôt léger, ce jour-là : un cours de deuxième année, un autre de première, un de quatrième et pour finir, un cours de troisième année sur Gringotts. Pas de cinquième, pas d’analyses de textes à corriger en urgence, simplement quelques devoirs qui devraient encore être corrigés pendant le déjeuner ; en somme, un début de semaine tranquille comme il avait eu la chance d’avoir depuis le début de l’année.

La pluie tambourinait toujours aux carreaux des fenêtres lorsque le cours sur Godric’s Hollow s’achevait pour les quatrième année. Tandis que les élèves sortaient, le professeur Heltowni donna un coup de baguette à la salle de classe, qui vit les piles de livres se refaire et les parchemins inutilisés rangés dans une armoire. On aurait dit que cette salle venait d’être construite et aménagée par les fondateurs. Ne restait plus qu’à passer le ménage.

C’était le dernier cours de la journée, celui de 16h, et avec un sujet un peu moins tendu que le cours sur Serpentard, de première année. Il semblait y avoir un tabou indicible sur ce sujet et même les élèves étaient tendus lorsqu’on abordait ce sujet. Était-ce réel ou Wilhelm s’imaginait-il cela, dû au fait qu’il avait changé de directorat de maison, passant pratiquement d’un opposé à l’autre ? C’était sans aucun doute lié.

Les troisième année étaient déjà assis lorsque la cloche retentit. Le professeur dut demander le silence, qui s’imposa après quelques secondes. Il lui semblait que quelque chose avait changé dans les élèves, mais il ne savait pas quoi exactement. Ils devaient sans doute être trempés d’avoir marché à l’extérieur, c’était peut-être cela ?

Le cours en lui-même se déroula bien. Quelques discussions intempestives çà et là qu’il fit taire d’un regard et plusieurs questions auxquelles il mit pas mal de temps à répondre, devant ainsi précipiter la fin de son cours en essayant de n’en oublier aucune facette importante avant la fin de l’heure. La fin du cours fut annoncée et les élèves, soulagés de la fin de la journée et de pouvoir aller manger.

Les élèves partirent rapidement de la salle de classe, quoique certains traînèrent un peu et rangeaient leur matériel en discutant, avec force rigolade et bâillement. De même, Wilhelm donna un coup de baguette à la salle, qui se remit dans son état d’organisation originelle. Il avait repris les parchemins qui avaient atterri sur son bureau avant de les ranger dans un tiroir, mais il entendit des sanglots éclatés. Il leva la tête, les yeux grands ouverts de surprise, à la recherche de la provenance de ce son.

Il ne s’était pas attardé sur le nombre d’élèves étant entrés dans la classe et étant sortis. S’il l’avait fait, il aurait pu constater qu’une élève manquait : Katy Smith, qui était agenouillée devant son sac de cours, et pleurait toutes les larmes de son corps. Wilhelm avait déjà vu à plusieurs reprises – notamment de la part de ses propres camarades quand il était lui-même étudiant – des personnes craquer sous le stress des examens. Cependant, il lui semblait que la jeune Smith n’était pas du genre à se laisser aller de la sorte Il mit quelques instants avant de réagir, mais finit par contourner son bureau en chêne et s’approcher de Katy, près de laquelle il s’agenouilla.

Mademoiselle Smith ?

Il posa sa main sur son épaule pour tenter de se montrer rassurant, comme un réflexe, mais il savait que cela ne fonctionnait guère. Voyant que la fermeture éclair de l’adolescente était cassée, il sortit sa baguette et murmura un « Reparo » qui remit immédiatement l’objet d’aplomb.

Qu’est-ce qui ne va pas ?

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Faible. Il n'y avait que ce qualificatif qu'elle pouvait s'attribuer. Faible et naïve d'avoir cru en sa mère, en le monde adulte. Faible de ne s'être rendue compte de rien. Faible d'avoir craqué devant quelqu'un... Katy était désemparée face à son professeur d'Histoire de la Magie. Elle qui souhaitait rester discrète quant à la véritable raison de son séjour à Londres, c'était raté.

Le professeur Heltowni, entendant ses sanglots, s'approcha de l'Aiglonne. Il paraissait surpris de la voir dans un tel état, elle qui d'habitude avait le don de se fondre dans la masse d'élèves l'entourant. Dans un élan de bienveillance il posa sa main sur son épaule. Ce n'était rien de plus qu'un simple contact, mais pourtant il était d'un si grand réconfort... C'était comme si la Serdaigle se sentait soutenue, un sentiment qu'elle nécessitait particulièrement en cette sombre période. Ce contact s'accompagna de deux mots : « Mademoiselle » et « Smith ». Au moins il connaissait son nom, c'était plutôt bien. Ces deux mots avaient été prononcés comme une interrogation, ce qui n'arrangeait pas la troisième année. Elle appréciait sans aucun doute le geste de bonté de son professeur mais ne se sentait pas en mesure de lui répondre.

La pluie frappait les carreaux de la salle d'Histoire de la Magie. La pièce était sombre, froide, lugubre... Un seul éclair de lumière vint illuminer momentanément la salle de classe, et il provenait de la baguette du professeur Heltowni. Ce dernier n'avait pas tardé à remarquer l'état de la fermeture éclair du sac de la troisième année. D'un
Reparo il parvint à arranger ce petit désagrément, espérant que cela redonnerait le sourire à son élève. Évidemment il n'y avait pas eu l'ombre d'un rictus sur le visage de l'Aiglonne. La fermeture éclair de son sac avait sans doute été l'élément déclencheur de ses larmes, mais elle n'était en rien leur cause, et le professeur le savait très bien. C'est pourquoi il lui demanda de plus amples explications.

Qu’est-ce qui ne va pas ?

Katy s'attendait à cette question, mais c'était bien la dernière chose qu'elle souhaitait, surtout venant de son professeur. Que pouvait-elle bien répondre à cela ? « Alors pour tout vous dire, je viens d'apprendre qui était mon vrai père, et même si ce n'est pas vous, vous lui ressemblez beaucoup. D'ailleurs, maintenant vous me perturbez, professeur. ». Non, elle ne pouvait pas répondre de cette façon. Il fallait qu'elle trouve une parade, quelque chose qui puisse lui éviter ce sujet.

Je... Je suis fatiguée. Vraiment fatiguée. Et... Je pleure pour un rien ces derniers temps.

Katy, encore sanglotante, ne parvenait pas à aligner deux mots sans qu'un spasme ne se fasse ressentir, entrecoupant ses phrases. Elle était crispée car elle savait pertinemment que sa réponse n'était pas crédible et que le professeur d'Histoire de la Magie ne la croirait pas. D'ailleurs il était justement en train de la fixer, les sourcils froncés, prouvant son incrédulité. L'Aiglonne était sûre qu'il ne la laisserait pas partir dans cet état, alors au lieu de devoir subir tout un interrogatoire, elle préféra prendre les devants. Ainsi elle contrôlerait mieux ce qu'elle souhaitait dire et ne s'emporterait pas.

J'ai passé un mauvais week-end, professeur. J'ai dû rentrer chez moi et... On ne peut pas dire que tout se soit bien passé.

Les larmes faisaient encore briller ses yeux. Elles avaient cessé de couler le long de son visage pâle mais se tenaient prêtes à refaire leur apparition si besoin en était. La troisième année réalisait le ridicule de cette situation et s'en voulait de ne pas avoir su se contenir. Maintenant elle devait en assumer les conséquences, espérant que son professeur – qui d'habitude restait distant de ses élèves – n'appuierait pas là où ça fait mal... Sa famille.

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Toutes mes excuses pour cet immense retard. Ça n'arrivera plus.


Elle continua de sangloter sans prononcer un seul mot durant quelques instants encore, terrassée qu’elle était par sa soudaine crise de larmes. Elle réagit étrangement quand il lui posa son bras sur l’épaule, comme un mouvement de recul qu’elle n’avait osé ou un sursaut de remerciement qui n’était pas parvenu à se distinguer dans la masse de réactions qui s’enchaînaient dans son pauvre corps recroquevillé.

Je... Je suis fatiguée. Vraiment fatiguée. Et... Je pleure pour un rien ces derniers temps.

Fatiguée, elle l’avait l’air sans nul doute. Mais était-ce vraiment uniquement pour cela qu’elle s’était effondrée en larmes ? Wilhelm en doutait. Lors des derniers cours, elle ne semblait pas dans un état qui pouvait expliquer une quelconque fatigue. Il fronça les sourcils. Il y avait plus, sans aucun doute. Il allait lui poser la question sur la raison de sa fatigue – elle n’était pas en BUSE, elle n’avait sans aucun doute pas commencé à réviser pour des examens qui se tiendraient dans plus de deux ans.

J'ai passé un mauvais week-end, professeur. J'ai dû rentrer chez moi et... On ne peut pas dire que tout se soit bien passé.

Wilhelm soupira. Si elle était dans un état pareil, c’est que même rien ne s’était déroulé comme prévu et que tout allait mal. Voilà ce que cela voulait dire. Un élan de compassion et, au fond, paternel lui fit presque prendre la Serdaigle dans ses bras, mais il eût une autre idée. Il se dirigea vers son bureau et claqua trois fois des doigts. L’Elfe de maison au service de Poufsouffle et du professeur Heltowni se matérialisa dans la salle.

Monsieur ? demanda l’Elfe d’une voix aiguë.
Apportez-moi deux tasses, du thé, du sucre et un peu de chocolat, Gibsy, s’il vous plaît, répondit-il alors qu’il sortait des feuilles neuves de parchemin et de quoi écrire.

L’Elfe disparut aussi vite qu’il était arrivé, tandis que le professeur Heltowni sortit une boîte en fer forgé, probablement héritée d’une grand-mère ou achetée dans une brocante moldue. La boîte gardait encore quelques traces de son passé ; la couleur avait terni, mais on distinguait toujours un peu de peinture bleuie et des représentations d’animaux, sur le devant.

Il ouvrit le couvercle, qui comptait une large trace noire, comme une large griffure, et en sorti ce qui ressemblait à un bonbon jaunâtre, de la taille d’un bouton de veste. Il s’approcha de la jeune Smith qui s’interrogeait sans doute sur les actions de son professeur. Il lui mit la pilule dans la main et lui expliqua qu’il s’agissait d’un revigorant et qu’on pouvait l’utiliser après un gros effort ou lors d’états émotionnels instables.

Gibsy vous apporte ce que vous lui aviez demandé, Monsieur.

L’Elfe était reparu sur ces entrefaites et portait un plateau lourd du bout de ses petits bras. Wilhelm se dépêcha d’aller lui enlever des mains pour ne pas qu’il se brise quelque chose – ou qu’il brise directement les tasses – et posa le plateau sur son bureau. Il remercia Gibsy, qui retourna aux cuisines.

Venez, installez-vous. Mettez-vous à votre aise, lança-t-il à l’adresse de l’élève après qu’il eût, d’un coup de baguette, amené une chaise pour elle devant son bureau.

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Veuillez excuser mon énorme retard.


Le professeur Heltowni sembla pris de compassion pour son élève. Il allait renouveler le contact de sa main sur l'épaule de la Serdaigle, lorsque soudain, il se recula. Katy, ne comprenant pas ce qu'il comptait faire, releva sa tête – qu'elle s'était efforcée de garder basse jusqu'à ce moment –. Elle accompagna du regard le professeur. Celui-ci vint se positionner près de son majestueux bureau en chêne, où il claqua trois fois des doigts. L'Aiglonne n'eut pas le temps de se demander ce que M. Heltowni faisait, qu'elle vit un Elfe de maison – qu'elle n'avait encore jamais vu jusqu'à présent – apparaître dans la salle de cours. Le Directeur de Poufsouffle lui demanda d'apporter deux tasses de thé, accompagnées de sucre et de chocolat. Katy n'avait jamais douté de la gentillesse de son professeur, néanmoins, elle ne pensait pas qu'il pouvait être aussi proche de ses élèves, lui qui semblait si distant lors de ses cours. Ce dernier tira de son bureau une boîte plutôt ancienne. Que pouvait-elle renfermer ? La troisième année se le demandait, et elle n'allait pas tarder à le savoir puisque son professeur revint auprès d'elle, lui tendant une petite pastille de couleur jaune. D'après lui, cette pastille avait pour effet de revigorer son élève. La Serdaigle la prit dans sa main, observa successivement son aspect jaunâtre, qui ne lui donnait aucunement envie de l'ingérer, et son professeur, puis finit par porter le remède à sa bouche. L'Aiglonne se retint fortement de laisser apparaître une grimace sur son visage. Malgré le goût très amer de la pastille, elle était reconnaissante envers son professeur et se devait de le lui montrer. *Finalement, l'aspect visuel était assorti au goût* pensa-t-elle, alors qu'elle essayait de faire passer l'amertume qui restait dans sa bouche.

Le silence était encore présent. Katy fixait le sol. Elle ne ressentait, pour le moment, pas le moindre effet de la fameuse pastille, mais par politesse elle décida tout de même de remercier le professeur. Elle leva ses yeux, essayant de les faire atteindre le visage du Directeur de Poufsouffle, mais à mesure que son regard s'élevait, il devenait trouble. Les larmes la gagnaient de nouveau. Elle avait terriblement honte d'être si faible devant son professeur, mais elle parvint à articuler une courte phrase.


Je vous remercie professeur, pour tout ce que vous faites.

Aussitôt sa phrase prononcée, la Serdaigle se remit à fixer le sol. Elle ne voulait plus regarder ce visage qui lui inspirait le mensonge de sa mère et l'absence de son père. Pourtant ce visage était aussi rassurant et réconfortant ; de quoi perdre l'élève dont toutes les émotions étaient mélangées. Heureusement pour elle, le retour de l'Elfe de maison marqua une pause dans sa réflexion. Le professeur d'Histoire de la Magie s'empressa de se lever pour débarrasser le pauvre Gibsy, qui repartit immédiatement. Il posa ensuite le plateau sur son bureau, rapprocha d'un coup de baguette une chaise, et invita Katy à y prendre place.

La Serdaigle, hésitante, se redressa doucement. Elle sentait une légère amélioration de son état mais fut prise de vertige lorsqu'elle fut levée. Elle avança lentement en s'évertuant de repousser ses larmes de ses yeux. Elle s'assit. Cette fois, elle ne pouvait pas détourner son regard du professeur lui faisant face. Avant que celui-ci n'amorce le moindre geste, ne prononce le moindre mot, elle décida de se lancer, de dire tout ce qu'elle savait, et ce qu'elle en pensait.


Professeur, pour être honnête, ce n'est pas un mauvais week-end que j'ai passé. Je crois que c'est le pire de tous. Celui que je prenais pour mon père depuis mon plus jeune âge ne l'est pas en réalité. Du moins c'est ce que m'a mère m'a dit vendredi dernier.

Elle s'interrompit quelques instants. Elle n'avait plus envie de pleurer, simplement elle avait besoin de pauser son récit pour garder son calme.

Et depuis, j'ai comme l'impression que tout a changé.

Katy regardait son professeur, attendant de voir s'il allait réagir, puis poursuivit.

Je suis vraiment désolée d'être dans cet état devant vous mais... Vous semblez correspondre à beaucoup de détails que ma mère m'a transmis sur mon père, et je dois vous avouer que j'ai un peu de mal à vous voir comme mon professeur à présent.

C'était dit. La troisième année se sentait à la fois honteuse d'avouer cette vérité au Directeur de Poufsouffle, mais aussi libérée du ressenti qui pesait sur sa conscience. Elle avait de nouveau baissé sa tête, n'osant pas affronter la réaction du professeur Heltowni.

Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent.

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Il avait empoigné sa plume et avait écrit très vite quelques lignes sur le premier parchemin neuf qui lui était tombé sous la main avant de souffler dessus pour sécher l’encre, le plier, et le ranger mystérieusement dans un tiroir tandis que l’aiglonne s’approchait de son bureau pour s’installer sur la chaise qui lui avait été attribué. Il releva la tête et la regarda directement dans les yeux, emprunt de curiosité et d’empathie quant à la raison de ce soudain chagrin.

Elle avait aussi levé ses yeux, qui étaient tout de même embués. Wilhelm constata avec plaisir que la pastille commençait à faire effet, elle ne pleurait plus et on avait même l’impression que les larmes faisaient demi-tour et se rétractaient dans les paupières. Elle ne perdit cependant pas son temps en tergiversation et autres attentes, puisqu’elle lança d’elle-même, et de manière un peu plus précise, la raison qui l’avait poussée à s’effondrer ainsi en larmes en plein milieu de la salle de cours du professeur Heltowni.

Professeur, pour être honnête, ce n'est pas un mauvais week-end que j'ai passé. Je crois que c'est le pire de tous. Celui que je prenais pour mon père depuis mon plus jeune âge ne l'est pas en réalité. Du moins c'est ce que m'a mère m'a dit vendredi dernier.

Il hocha la tête à plusieurs reprises en signe de soutien et pour l’encourager à continuer. Il croisa ses mains et posa son menton dessus, les coudes étant appuyés sur le bureau. Il restait silencieux et les yeux fixés sur l’élève pour qu’elle aille plus loin dans son récit – la pastille jaune avait aussi pour effet de faire parler beaucoup la personne qui la prenait pour la détendre et la libérer de son fardeau –, chose qu’elle fit après quelques respirations et des instants de silence.

Et depuis, j'ai comme l'impression que tout a changé.

Ça semblait logique au professeur d’Histoire de la Magie, chose dont il fait part en murmurant pour ne pas perturber son récit, la jeune fille semblant s’épancher autant que possible. Cependant, il y avait quelque chose qui le chiffonnait. Pourquoi avoir attendu la fin de ce cours pour exploser de sentiments comme ceci ? Peut-être le faire dans les toilettes aurait été plus discret… Il regarda rapidement le sac de l’élève et se souvint de l’élément déclencheur. Elle avait déjà ses sentiments exacerbés avant même le début du cours, quelque chose d’autre était intervenu dans ce facteur. Elle décida finalement de lui avouer la dernière chose qu’elle avait sur le cœur dans une ultime salve.

Je suis vraiment désolée d'être dans cet état devant vous mais... Vous semblez correspondre à beaucoup de détails que ma mère m'a transmis sur mon père, et je dois vous avouer que j'ai un peu de mal à vous voir comme mon professeur à présent.

Wilhelm en resta choqué quelques instants. Ses yeux s’écarquillèrent et il eut l’impression de ne plus respirer pendant quelques secondes. Pendant ces mêmes quelques secondes, il ne savait plus quoi dire, ni ne savait plus calculer. Quel âge avait-elle ? Il la fixait toujours, mais elle avait cette fois-ci baissé la tête. Wilhelm la remercia intérieurement, malgré le moment de gêne que l’annonce venait de provoquer. Elle avait 14 ans, peut-être même 15 étant donné qu’on était vers la fin de l’année et qu’elle était en quatrième année. J’ajoute sept, je retiens deux… Fort heureusement, ça ne concordait pas. Il attendit quelques secondes, buvant une gorgée de thé pour se requinquer et reprit la parole.

Mademoiselle Smith ?

Elle leva les yeux après une légère hésitation, l’air d’être déjà plus libérée qu’auparavant. C’était plutôt positif. Il poursuivit sur sa lancée avant qu’elle n’ait l’idée de repartir sur d’autres explications.

Je comprends votre désarroi. En revanche, je puis vous assurer que ça ne concorde pas au niveau des dates. J’étais trop jeune à l’époque.

Il eut une idée et prit un autre bout de parchemin sur lequel il écrivit quelques mots rapidement, qu’il souligna, puis continua sur l’idée qu’il avait soudainement eue et expliqua à la jeune Smith la démarche qu’elle pourrait entreprendre et de quelle manière elle pourrait avoir des infos supplémentaires sur son père.

Je déduis deux choses sur les raisons qui vous poussent à ce rapprochement : il a étudié à Poudlard et il était probablement doué dans les matières théoriques. Poudlard possède les archives de tous les dossiers des élèves, si vous avez des informations sur lui, on pourrait peut-être retrouver de qui il s’agissait. Partant de là, ce serait à vous de faire la suite des recherches, mais vous auriez déjà une base solide.
Dernière modification par Wilhelm Heltowni le 7 août 2017, 13 h 57, modifié 1 fois.

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M. Heltowni était réellement un professeur hors pair. Il avait tout d'abord réparé le sac de Katy, puis il l'avait réconfortée, et voilà qu'il l'aidait maintenant à parler, à dire tout ce qu'elle avait sur le cœur. Peut-être qu'il ne disait pas grand chose, et que ses hochements de têtes ponctuels n'avaient pas une grande signification, mais cela prouvait qu'il écoutait vraiment la Serdaigle, et rien que pour cela elle lui était très reconnaissante.

A mesure qu'elle avait avancé dans son récit, elle se sentait mieux. Etait-ce la pastille, que venait de lui donner son professeur, qui apaisait sa douleur ? Ou était-ce tout simplement le fait de parler ? Selon l'Aiglonne, les deux étaient liés. Ce qui était sûr et certain, c'était que malgré les circonstances, elle avait réussi à retrouver son calme. Enfin, pas totalement, mais il y avait déjà une amélioration considérable. Elle était parvenue à stopper ses larmes, sa respiration était redevenue fluide et elle ne tremblait presque plus. Seulement, il lui restait une dernière chose à dire à son professeur, dire qu'il ressemblait à son père. En le faisant, Katy eut l'impression de devoir repartir de zéro. Son cœur se serra, ses bras se remirent à trembler, sa tête se baissa. Elle dut laisser passer au moins trente secondes avant d'essayer de regarder à nouveau son professeur. Celui-ci la fixait avec ses yeux écarquillés tant il était surpris par cette annonce. Il ne répondit pas sur l'instant. Il avait l'air de chercher quelque chose.


Je comprends votre désarroi. En revanche, je puis vous assurer que ça ne concorde pas au niveau des dates. J’étais trop jeune à l’époque.

C'était donc cela qui le préoccupait. Les dates... Pour Katy c'était évident que le professeur d'Histoire de la Magie n'était pas son père. Elle le savait très bien et n'avait pas forcément besoin qu'on lui répète. Mais au moins, à présent, les choses étaient claires.

Le Directeur de Poufsouffle n'attendit pas que son élève lui réponde. Il saisit un morceau de parchemin et griffonna quelques mots dessus sans que la Serdaigle ne puisse voir ce dont il s'agissait. Ensuite, il reprit la parole en essayant de lui expliquer son idée.


Je déduis deux choses sur les raisons qui vous poussent à ce rapprochement : il a étudié à Poudlard et il était probablement doué dans les matières théoriques. Poudlard possède les archives de tous les dossiers des élèves, si vous avez des informations sur lui, on pourrait peut-être retrouver de qui il s’agissait. Partant de là, ce serait à vous de faire la suite des recherches, mais vous auriez déjà une base solide.

Le professeur avait écouté attentivement Katy car ses déductions étaient justes. Alexander Finnigan avait en effet étudié à Poudlard, et selon Helen Smith, la matière dans laquelle il était le plus doué était l'Histoire de la Magie, une matière théorique. Mais dans tout ce qu'avait dit son professeur, l'Aiglonne n'avait retenu qu'une seule chose, une chose très importante, M. Heltowni allait pouvoir l'aider à faire des recherches. Enfin, il n'allait pas vraiment l'aider car il ne connaissait rien de son père, mais il allait pouvoir lui permettre d'accéder à certaines archives portant sur les élèves ayant étudié à Poudlard. Cette proposition, pour le moins inattendue, redonna le sourire à l'Aiglonne. Derrière ce sourire, il y avait aussi l'espoir de connaître un jour son vrai père qui était en train de naître. Dans la tête de la troisième année résonnaient déjà les rares informations que lui avait donné sa mère sur son père. Elle n'avait rien oublié de ce que lui avait dit sa mère durant son week-end à Londres. Tous les mots étaient intacts, en quelque sorte gravés dans sa mémoire, pour être sûre de ne jamais rien oublier. Pour l'heure, elle ne voulait pas ennuyer son professeur plus longtemps, car il devait sans doute avoir mieux à faire, et il en avait déjà assez fait pour elle.

Je... Je ne sais pas comment vous remercier pour toute votre aide... Dit-elle tout en se levant de sa chaise. Je pense qu'il serait préférable que je retourne dans mon dortoir, mais dans les prochains jours j'essaierai de lister tout ce que je sais sur mon père. Et ensuite... Ensuite je reviendrai vous voir.

Katy se pencha pour attraper son sac. Elle le positionna sur son épaule et regarda le Directeur de Poufsouffle en souriant. Elle l'avait déjà remercié, certes, mais ce sourire était là pour prouver qu'elle était vraiment heureuse d'avoir été écoutée, et que maintenant, elle se sentait un peu mieux. Elle salua le professeur d'un signe de la tête et se tourna vers la sortie de la salle de classe. Au moment de franchir le seuil de la pièce, elle s'orienta vers M. Heltowni pour lui dire une dernière fois « Merci ».

Une larme roulait le long de sa joue. Une larme d'espoir. Une larme d'un nouveau départ.

[FIN]


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Dernier post sur ce rp pour ma part. Merci beaucoup à vous !

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