Histoire de la magie

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 LIEN DES COEURS  PROLOGUE : Regards innocents

[center]Récurrents dans cette série : Regels Mordred (Sp), Elizabeth Thornfield (Sp), Hélène Chevalier (Sd)[/center][/i][center]- RPG SOLO -[/center][/u]
           Assis derrière sa table, le Professeur Heltowni faisait le point sur le programme de cette séance, ciblée sur l'une des maisons de l'école, la maison Serpentard. Les membres de cette maison partageaient ce cours avec les Serdaigle. Nulle rivalité autre que celle académique ne créait de tensions entre les deux maisons. Beaucoup s'accordaient à dire qu'un profond respect s'était instauré entre les deux maisons et ce, au fil des générations de Poudlariens. Edward n'était pas insensible à cela lui-même. L'ambition des verts les poussait à développer leurs intelligences de façon admirable. En somme, partager des cours avec eux était ce que préférait le Serdaigle.

           Un silence studieux ou ennuyé s'étirait depuis le début du cours. Seul le Professeur Heltowni brisait le doux silence. Les élèves, eux, se tenaient la tête entre leurs mains. D'autres élaboraient des stratégies pour dormir encore un peu, cachés par le dos de ceux assis juste devant leur table. D'autres encore s'échangeaient des mots. Les avions volants en papier magique de chez Derviche et Bang faisaient fureur dans l'école. Les plus âgés avaient même commencé un petit business avec les plus jeunes qui eux, ne pouvaient se rendre à Pré-au-Lard. Edward lui, écoutait distraitement le discours de l'homme, ses yeux regardant-sans-regarder son parchemin noirci par ses notes. Dans sa main droite se trouvait, doucement serrée entre ses doigts, sa plume favorite. Sur le coin de la feuille, le garçon gribouillait des dessins sans queue-ni-tête. Sentant la lassitude engourdir son bras gauche, il s'ajusta sur sa chaise, pinçant l'arrête de son nez et tirant la peau sous ses yeux comme pour s'obliger à ne pas, lui-même, sombrer dans la somnolence.

           Sentant que ses efforts allaient être en vain, il adopta une nouvelle stratégie : celle d'observer du coin de l’œil les autres élèves. La grande majorité de ses camarades étaient des inconnus au bataillon. Ce n'était pas anormal à ce stade de sa scolarité, les groupes s'étaient déjà formés dans un instinct de survie. Se détacher de son groupe n'était pas encore possible pour nombre d'entre eux. Les yeux aciers se contentaient donc d'analyser le comportement des autres. Une sorte de hobby qu'il aimait avoir, en réalité. Son regard, telle une brûlure, attira l'attion de sa voisine de gauche. Le garçon ne cligna pas des yeux d'avoir été surpris en pleine analyse. La jeune fille dont les couleurs de cheveux tendaient vers le châtain aux reflets roux, lui adressa un regard amusé avant de rapidement vérifier si le Professeur les avaient surpris. L'homme était toujours absorbé par son discours. Hélène, celle qu'Edward venait de fixer écrivit rapidement sur un coin de son parchemin :
Tu t'ennuies ? Tu fais toujours ça quand tu t'ennuies.
           Paresseusement, Edward lut la note. Il ne répondit rien à l'encre, se contentant de hocher lentement la tête par approbation. Hélène garda sa mine amusée et tourna elle aussi sa tête vers la gauche quelques instants avant de rajouter à sa note précédente :
Mordred se remet à ses origamis. Tu ne sembles pas être le seul à t'ennuyer.
           Curieux, Edward leva ses yeux du parchemin d'Hélène pour se pencher discrètement, tentant de voir ce que Mordred fabriquait. Effectivement, le garçon était plongé dans ses manipulations. Finissant ce qui semblait être un phénix, il le donna à sa camarade de droite, une certaine Thornfield si le Serdaigle avait bien suivi. Comme ce fut le cas avec Hélène, Regels leva les yeux vers Edward, captant son regard fixe. Un sourire un coin s'étirait sur les lèvres du Serpentard. Edward hocha un sourcil en direction de celui-ci pour ensuite retourner son attention vers Hélène. Elle semblait toujours aussi amusée par la situation puis, après avoir décroché un sourire vers Edward, replongea dans le discours du Professeur. Retenant un soupir de lassitude, Edward fit de même, trempant sa plume dans son encrier.

           Une bonne dizaine de minutes venait de s'écouler. Selon l'horloge placardée au mur de la classe, le cours devait finir dans environ 20 minutes. Père-des-tempêtes, comme le temps pouvait s'éterniser ! Se forçant à conserver sa concentration, il finit par prendre des notes en arrêtant d'écrire des paragraphes entiers au profil de petites cartes heuristiques. Ce changement était une astuce qu'il employait lorsqu'il sentait ses nerfs se fatiguer. Tandis qu'il finissait de tracer une flèche fine et élégante pour faire joindre deux notions qu'il jugeait complémentaires, il vit du coin de l’œil quelque chose se poser sur ses cuisses.

           Intrigué, il se détacha de sa carte heuristique pour discerner ce qui pouvait bien s'être posé sur ses jambes. Un origami en papier provenant sûrement de ces avions en papier magique. Quelque peu surpris, Edward se saisit délicatement de l’œuvre inattendue : un hypogriffe plutôt intimidant par sa carrure. Il tourna l'origami sous tous les angles pour l'analyser, puis enfin, releva la tête en direction de Regels qui, avec son sempiternel sourire en coin, attendait visiblement une réaction. Edward hocha la tête en remerciement et observa le Serpentard se pencher vers Thornfield pour lui chuchoter quelque chose que le Serdaigle ne pouvait sensiblement comprendre. Les deux Serpentard lui adressèrent, ainsi qu'à Hélène -toujours focalisée sur le Professeur- un dernier regard avant de se détourner d'eux.

           Edward regarda une dernière fois l'origami. Étrangement, il ne désirait pas tellement s'en débarrasser. Sa main droite glissa l'origami dans son sac, faisant attention à n'éveiller la curiosité de personne d'autre.

FIN DU PROLOGUE