Histoire de la magie

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Échec...  Privé   RPG+ 

Avec Lucy Wood
Vers le mileu d'octobre,


Cyanna s'ennuyait à mourir. L'histoire de magie était sûrement une des matières plus longues qu'elle connaissait. Et puis quelle idée... 2 heures ! 2 heures d'affilée !
La professeur était sûrement tout aussi exténuée que ses élèves. Cyanna n'en doutait pas. Mais c'était siiii looooong... et lent... et... Elle soupira, se balança un peu sur sa chaise, regarda à travers les vitres : comme elle serait bien dehors, dans le parc, à flâner.

Elle resta là, à rêver de choses inaccessibles. Mais après tout n'est ce pas là définition du rêve ? Penser à quelque chose d'inaccessible. Rêver. Imaginer. Sortir du cadre et du réel. Voyager. S'évader. Oui, rêver c'était s'évader. S'enfuir ? Quitter. Cyanna rêvait, souvent. Elle arborait alors ce regard hagard et perdu. Mais ce n'était pas ça le rêve ? Se perdre. Penser à tout, à rien.
La petite était plongée dans une de ces réflexions profondes dont l'être humain est parfois saisit. C'est d'ailleurs ce qui definit l'homme, ces réflexions profondes. Ces moments où l'étrange créature que nous sommes se permet de sortir du cadre du réel. De rêver.
Rêver... Une liberté ? Une nécessité ? Un besoin ? Que serions nous si nous ne rêvions pas ? Rien.

Elle griffonait sur son parchemin. Des traits insignifiants naissaient de sa plume. Des traits dans lesquels l'enfant voyait un autre monde, meilleur. Utopique peut être... Ses traits étaient fermes. Rien. Il ne représentaient rien. Pourtant la fillette y voyait tout un monde, une vie. Sa vie.

Sa vie. Les traits formaient finalement des cases. Comme un plateau. Un plateau d'échec. Sa vie, une multitude d'échecs ? Sa vie, un plateau d'échecs ?
Non. Sa vie était un jeu. Un jeu d'échec. Elle écrivit de cette écriture trop fine et allongée qui la rendait unique - et presque illisible par la même occasion :
Ta vie. Ta vie est un jeu, un jeu sombre, un jeu complexe, un jeu noir et vicieux dont tu n'es pas le seul maître. Ta vie est gouvernée par le hasard d'une puissance extérieure. Pourtant, tu essayes. Tu fais de ton mieux pour prédire ce que magnigance cette puissance étrange. Mais jamais. Jamais tu ne sauras ce qu'elle te veux et ce qu'elle fera de toi. Non. Elle te piège sans cesse, elle veut ton malheur et ta perte. Elle veux te conduire sur ces cases noires de ta vie. Elle veut te faire oublier qu'il y a, sur le parcours de ta vie, autant de cases blanches que de cases noires. Elle veut te faire croire qu'elle est le seul maître et que tu ne fais que lui obéir. Mais c'est toi qui choisis sur quelle case tu te rends. Oui, c'est toi le maître. Mais elle réussit, parfois. Longtemps ? Peut être. Souvent ? Possible. Oui, elle est vicieuse et maléfique, tordue et perfide. Elle te manipule, sans cesse. Et toi, toi tu la crois, parfois.

Parfois, tu perds ton
fou rire, ta bonne humeur, ta joie de vivre.
Parfois tu perds ta
défense, tu baisses la garde du haut de ta forteresse.
Parfois, tu perds
celui qui te permettait de franchir les obstacles, celui qui te faisait sauter par dessus chaque problème.
Parfois tu perds ton
meilleur atout.
Pourtant, jamais, jamais tu ne perds la partie. Jamais tu n'abandonnes. Certains l'ont fait. Ils ont lâché, abandonné. Certains ont perdus, démunis, affaiblis par cet être perfide. Mais toi, toi, t'en est où ? Pourquoi t'en est là ? T'as laissé quoi derrière toi ? Ouais... parce que parfois faut en laisser des choses. Mais c'est pas pour ça que t'as perdu.

J'crois qu't'as compris. Ouais, ta vie, ma vie, nos vies... Nan... La vie c'est pas un échec. Nan. La vie c'est un jeu d'échecs.

Elle se parlait à elle même et ne faisait pas attention à ce qu'elle écrivait réellement, comme plongée dans une transe profonde. Elle était persuadée qu'elle avait raison. Que ce qu'elle écrivait était juste. Un larme coula sur sa joue. Rage ? Tristesse ? Elle ne savait pas. Elle chiffonna la feuille et la laissa dans un coin sur sa table.

Lorsque lela fin du cours sonna, l'étourdie ne pensa pas à jeter son papier qui resta là, abandonné.

Un grand pardon pour mon retard inexcusable.
Dernière modification par Cyanna Hillways le 8 janvier 2019, 17 h 38, modifié 1 fois.

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Le jour où la connerie est tombée du ciel, rares sont ceux qui avaient un parapluie.

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L'histoire de la magie. Un de ses cours préférés. Très théorique, on n'utilisait pas de baguette, et cela ressemblait à l'histoire moldue, que Lucy appréciait beaucoup. Cependant, les dernières heures de la journée étaient souvent longues et difficiles à suivre. Pour ne pas s'endormir, Lucy écrivait tout ce que disait la professeure, au lieu de simplement prendre des notes.

A un moment, le cours lui échappa. Elle commença à s'affaler sur sa table, mais quelque chose l'empêchait de s'installer confortablement. Elle farfouilla en essayant de faire le moins de bruit possible, et trouva un morceau de papier chiffonné. Elle l'ouvrit. Et elle trouva un message à l'intérieur. Etrange, elle ne pensait trouver qu'un vieux dessin gribouillé au crayon à papier et jeté ici pour ne pas que la professeure le voit. Comme  à l'école moldue, en fait. Mais c'était un texte, soigneusement écrit. Une personne qui s'ennuyait, apparemment, et qui avait fait exprès de laisser le bout de papier ici. Un ou une deuxième année ? Elle jeta un regard autour d'elle, mais ne vit personne disposé à lui avoir mis ce papier sur sa chaise : tous et toutes étaient extrêmement concentrés sur le cours. Ce devait donc être un ou une élève du cours d'avant.

Lucy décrocha alors définitivement du cours d'histoire de la magie et commença une réponse au message laissé à sa place.
Ma vie est peut-être un jeu d'échec : il y a du noir, du blanc. Comme sur un piano. Il y a une citation qui dit que la vie, c'est comme un piano, il y a du noir et du blanc mais il faut savoir jouer des deux pour avoir une belle mélodie.
C'est peut-être ça le secret. Je crois que j'y crois. Et puis, le secret de la vie, je pense qu'il y en a un pour chacun. Il est secret. Et quand on pense qu'on l'a trouvé, des fois, il nous remet tout ça dans la tête. Moi, mon secret… Je ne te le dirai pas. Si tu le devines… Tu auras gagné. Mais tu échoueras, sans doute. Mon secret est invisible. Ou presque.
Y en a qui ont abandonné. Et des fois, j'ai bien envie de les rejoindre. Mais c'est nul d'abandonner. Si on abandonnait à chaque fois, il y aurait plus grand monde ici. 
On a de la chance, on a la magie. On a de quoi se défouler… De quoi affronter et combattre la peur.
Et toi, c'est quoi ta peur ?
La fin de l'heure s'annonçait. Lucy roula le petit papier, et le posa discrètement au même endroit. En espérant que personne ne tombe dessus, à part celle ou celui à laquelle ce petit mot décousu était destiné.

Reducio
Pardon pour le retard

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Je revois chacun de tes gestes, tu veux pas lâcher du leste. Que je t'aime, que je te déteste, je pense à toi.

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*Quelle quiche ! Idiote ! Idiote ! Idiote ! C'est pas possible d'être étourdie à ce point !

Cyanna n'a jamais été aussi pressée de se rendre en histoire de la magie. Malheureusement pour elle, ce n'est pas grâce à sa professeure... Le pauvre femme n'y était pour rien, l'enfant l'aimait bien, c'était sa matière qu'elle n'affectionnait pas. Elle lui rappelait trop l'histoire moldue et, en comparaison des travaux pratiques des autres matières, l'histoire de la magie ne présentait, pour une élevée moldue, qu'un intérêt moindre. Pas de plumes qui s'envolent, de créatures étranges, de rats à transformer, de chaudrons à surveiller, de plantes à rempoter, de balais à dompter, seulement un professeur à écouter. Un professeur, qui, il faut le reconnaître, parlait fort bien mais dont le flot de paroles se perdait dans les méandres de l'esprit de la jeune Poufsouffle.

Cependant, Cyanna avait fini par se rendre compte de sa sottise : laisser traîner un bout de papier ! Sur la table ! Visible de tous !

*Idiote. idiote. Idiote.*

Elle se retint de courir jusqu'à sa chaise et marcha, d'un pas qui lui semblait normal, jusqu'à sa place. Elle attendit que la professeure autorise ses élèves à s'asseoir tout en jetant des coups d'oeils furtifs vers l'endroit où elle avait précédemment laissé tombé le papier. Il semblait ne pas avoir bougé, le parchemin, froissé par ses petites mains était resté bien sagement dans le coin de sa table et avait attendu qu'elle revienne le chercher.
Oui, personne, et surtout pas la professeure, n'était tombé dessus !

Cyanna se sentait soulagée lorsqu'il lui sembla apercevoir un coin du papier froissé, recouvert d'une encre qui n'était pas la sienne.
La professeure les autorisa à s'asseoir. Cyanna s'exécuta puis bondit sur le papier et le déplia nerveusement. Fébrile, ses yeux parcoururent les lignes de réponse de l'inconnu.

*Un... Secret ?*

Avait-elle véritablement un... secret ? Elle réfléchit, repassa différentes étapes de sa vie dans sa tête, fouilla dans ses souvenirs. Seule une question ressurgit :

*Si c'est un secret, est-ce que nous le connaissons ? Un secret n'est connu de personne. Les secrets ne sont que des choses que nous nous efforçons de cacher aux autres mais qu'est-ce qu'un vrai secret ?*

Elle nota son observation pour plus tard dans un coin de sa tête et repris sa lecture.
Voulait-elle vraiment violer l'intimité de l'inconnu ? Percer son secret ?

Affronter et combattre la peur... parler de sa peur ?

Elle se saisit d'une plume et écrivit, là où il restait un peu de place :
Un piano... Pourquoi pas ? Mais nous faisons souvent des fausses notes... Du noir du blanc, les notes viennent se superposer, tu penses qu'elles se mêlent mais elles ne font que s'additionner, les notes se multiplient, s'accumulent et s'enchaînent, et pour ne pas que la mélodie soit trop lourde, tu lâches la pédale, tu lèves le pied. C'est pas ça abandonner. C'est... Faire une pause, s'envoler. Et quand mon roi meurt, tes mains s'arrêtent.
Une mélodie a un temps défini. Aux échecs, un seul coup suffit à te faire chavirer et tu n'en n'es pas maître, tu es maître de tes mains, mais pas de ton destin. Je préfère les échecs.


Ton secret est-il un secret ? Les secrets qu'un Homme connaît sur lui ne sont plus des secrets. Seul certains mystères, profonds, intemporels, restent. J'ai des secrets mais je ne les connais pas. Ton secret n'est qu'un voile que tu portes devant les autres pour masquer une partie de toi qui te fais honte.
Je ne veux pas soulever le voile qui te protège, je ne peux pas. C'est trop vaste. Je ne sais même pas qui tu es.
Je pense qu'on ne trouve jamais le secret de la vie, ni le secret de sa vie.

Quant à ma peur... C'est ce qu'il y a derrière mon voile. Si tu arraches mon voile, tu trouves mes secrets et ma peur.
N'arraches pas mon voile.
Elle reposa le papier et tenta de s'intéresser au cours.

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Lucy avait toujours aimé l'histoire de la magie et elle s'y rendait volontiers. Mais aujourd'hui elle avait encore plus hâte que d'habitude de suivre ce cours. La personne avec qui elle échangeait des mots secrètement lui avait-elle répondu ? La deuxième année s'imaginait déjà dans une mystérieuse enquête pour savoir qui se cachait derrière cette écriture fine et allongée, une écriture d'adulte. La profondeur des réflexions lui laissait entrevoir une personne plus âgée, d'une quinzaine d'années. Ou peut-être un peu plus jeune, quatrième année, mais mature. Cette maturité, celle des mots et des expressions, lui faisaient penser à celle d'Aelle. Peut-être était-ce elle ?

Elle s'assit à sa place, et trouva à nouveau un morceau de papier chiffonné, plié en tout petit, posé au même endroit. Elle l'ouvrit le plus discrètement possible et le lut, dubitative. Ca semblait partir dans un délire mystique qu'elle ne comprenait pas bien. Pourquoi interpréter de cette manière le mot "secret" ? Sa définition du secret était… Particulière. Et pourquoi lui demander si elle ne lui arracherait pas son voile ? Elle n'avait pas pour but de découvrir tous les secrets de l'autre personne. Juste en découvrir l'identité, et bout par bout, morceau par morceau, tisser un lien.
Je ne suis pas pianiste. Je ne suis même pas musicienne. J'ai toujours eu cette fascination pour la musique, j'aime en écouter, mais je ne sais pas en jouer, ni en composer. J'ai jamais appris. J'aimerais savoir le faire.
Donc, ce que tu dis, c'est que tu ne connais pas tes peurs ni tes secrets ? C'est bizarre. Je connais mes peurs. Au moins celles que j'ai déjà eu à affronter, je sais pas si j'en ai d'autres.
J'ai peur des microbes, même si ça s'est calmé en arrivant ici, par exemple.
Et en arrivant ici, j'en ai découvert d'autres : j'ai eu peur de ne pas mériter ma place, par exemple.
Et je dessine, aussi, beaucoup plus. Je dessine. C'est beau, le dessin. Tu dessines, toi ?
Et j'écris, aussi. Ca m'aide à me sentir mieux, j'ai du mal à communiquer avec les autres, alors, j'écris, parce que quand j'écris, on me comprend mieux.
Toi, je suis sûre qu'à l'oral, tu me trouverais bizarre, et j'aurais eu du mal à te parler. Là, ça va, j'aime bien écrire avec toi. Ecrire avec quelqu'un, c'est comme parler avec, mais à l'écrit. Fin', tu comprends. Enfin, j'espère.
Et elle serra les derniers mots pour que ça rentre sur un petit papier. En espérant que ça ne serait pas ramassé par la professeure quand elle passerait dans la classe, elle le plia en un carré le plus petit possible. Son cours n'était pas en dernière heure, peut-être la personne avec qui elle communiquait ainsi passerait juste après elle.

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