Métamorphose

Inscription
Connexion

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Voilà déjà plusieurs semaines qu'Isabel ne faisait que changer d'avis sur une décision qu'elle jugeait pourtant très importante à prendre. Elle décidait « oui » le matin lorsqu'elle corrigeait des copies dans son bureau. Et elle se disait finalement « non » l'après-midi quand elle nettoyait certains enclos pour le prochain cours de soins. Puis elle revenait sur son choix du matin, le soir, quand elle arpentait les couloirs de l'école avant de se rendre dans sa chambre. Enfin lorsqu'elle dormait, la question qui la tourmentait toute la journée tournait en boucle dans ses rêves et son esprit : « Devait-elle retourner voir Miles Ainsworth afin de lui parler de ce qu'il s'était passé aux Trois Balais ? »

La jeune femme soupira. Elle se trouvait en ce moment-même au deuxième étage, non loin du bureau du professeur de métamorphose. Fatiguée par sa propre indécision, Isabel avait décidé de ne pas attendre le prochain changement d'avis. Elle s'était réveillée ce matin-là en se disant qu'elle n'avait de toute manière plus rien à perdre, bien au contraire. Miles était au courant, c'était un fait. Ne pas en profiter et s’obstiner à ne pas demander son aide serait une véritable erreur et obligerait Isabel à continuer de vivre en se cachant, inquiète de la moindre émotion qui pourrait survenir. Mais d'un autre côté, avait-il vraiment besoin de savoir tout cela ? Avait-il suffisamment de temps à perdre pour une chose qui ne le concernait même pas ?
Sentant le « non » faire son grand retour, Isabel secoua la tête, inspira un long moment et continua sa marche. Hors de question de changer encore d'avis. Qu'elle le veuille ou non, elle avait besoin de lui.

Arrivée devant la porte du bureau, le professeur de soins leva son poing et frappa contre le battant. Elle attendit sur place, n'osant pas ouvrir d'elle-même la porte. Un coin de son esprit espérait secrètement que Miles Ainsworth ne soit pas là. Cela aurait été comme un signe du destin, une preuve que finalement cela ne servait à rien et qu'elle pouvait oublier cette idée. Mais la jeune femme sentait que ce scénario l'aurait tout simplement laissée sur une sensation d'inachevé. Non, il fallait qu'il ouvre. La bouche sèche, Isabel se racla la gorge. Elle ne savait même pas ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire, ni comment aborder le sujet. Mais il était trop tard pour réfléchir à tout cela.

Professeur de Soins aux Créatures Magiques.

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Miles songeait. Il se demandait comment aurait été sa vie si aucun de ses malheurs n’était survenu ? Il serait indéniablement tout autre. Il n’avait guère envie de tout reprendre à zéro, et si tout ceci était arrivé, c’est qu’il y avait une raison. Certes, Miles ne l’avait jamais comprise, tout comme il ne croyait au destin. Il appréciait l’idée qu’il demeurait le seul à changer cet avenir indécis et si lointain. S’il laissait les choses se faire, il était sûr que rien de ce qu’il escomptait se produirait, mais s’il se prenait en main – tel il le faisait continuellement – il aurait l’occasion d’influer sur les événements et opportunités qui s’offriraient à lui. C’était dans cette optique qu’il menait son combat, tous les jours, face à la vie qui ne lui rendait guère la tâche facile.

Dans son bureau, légèrement affalé sur un sofa pourpre, il fumait. Il avait métamorphosé son siège en sofa plus large, dans lequel il pouvait s’allonger et justement penser. Il pensait aussi bien à certains souvenirs qui remontaient à la surface, qu’à ce maudit plan qu’il devait ériger avant de finir aux oubliettes. Il n’était pas prêt à abandonner, et au fur et à mesure, des idées germaient et il espérait construire toute sa stratégie dessus.

Aspirant sa bouffée de fumée, il continuait à divaguer, et à voyager d’un songe à l’autre, sans forcément qu’il y ait de lien. Ainsi, une pensée paraissant anodine prit le dessus. Novembre avançait, et il ne pouvait même pas affirmer que tous ses collègues étaient des connaissances. Il avait quelques conversations avec Miss Grayce puisqu’il s’agissait de la Directrice de Maison de Gryffondor, mais cela restait dans le contexte professionnel. Il en était pareil pour tous les autres… Excepté Miss Almeida. Il avait conversé avec cette dernière et tout se déroulait pour le mieux… Jusqu’à ce que Miles découvre qu’il s’agissait d’une métamorphomage. Ce fut le drame. Que dis-je ? Le drame Absolu.

Subitement, il cessa de s’égarer dans pléthore de ses réflexions. Quelqu’un toqua. Interloqué, Miles se leva, éteignit son mégot, et se rapprocha de la porte tout en se demandant qui pouvait bien souhaiter rencontrer Miles. Il ne fit pas dans l’attente et se pressa d’ouvrir la vieille porte donnant sur le couloir du deuxième étage. Isabel. Il s’agissait d’elle. Finalement, elle était là, face à lui. Miles décela dans son regard le doute. Cependant, elle se trouvait là, et ce n’était pas pour rien. De plus, Ainsworth comprit, dès l’instant où il croisa ses – ô somptueux – yeux vairons, ce pourquoi elle était venue. Ainsi, il s’exclama, tout en l’invitant à entrer.

«  Oh, je ne m’attendais pas à vous voir maintenant, Isabel ! Mais entrez, entrez.. Il marqua un silence, attendit qu’elle rentre afin de fermer la porte puis il reprit : Alors, vous vous sentez mieux ? »

Bien qu’il savait pertinemment qu’elle était là pour autre chose, il préféra commencer doucement. Il ne voulait pas la brusquer, et attendrait qu’elle-même fasse la proposition.
Dernière modification par Miles Ainsworth le 15 décembre 2015, 15 h 22, modifié 2 fois.

26 ans et déjà à la retraite !
« La vie se présente à nous comme une certaine évolution dans le temps et une certaine complication dans l'espace. »

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Rapidement après avoir frappé à la porte, Isabel entendit du mouvement à l'intérieur du bureau. Miles était donc là. Elle se sentit à la fois soulagée et angoissée. Son cœur continuait ses battements fous. Il était trop tard pour reculer. Et heureusement.
Lorsque le professeur de métamorphose ouvrit la porte et qu'il croisa son regard, Isabel se détendit. Elle avait fait le bon choix, elle le savait. Il pourrait l'aider. Il devait l'aider. Il l'aiderait. Sans savoir vraiment pourquoi, elle le savait, et cela la rassura intimement.


« Oh, je ne m’attendais pas à vous voir maintenant, Isabel ! Mais entrez, entrez.. »

Il se décala pour la laisser passer. La jeune femme avança de quelques pas, assez pour qu'il puisse refermer la porte. Elle n'osa pas avancer davantage, peu encline à faire comme chez elle dans un lieu qu'elle ne connaissait pas et qui ne lui appartenait d'ailleurs pas. Elle observa rapidement ce nouvel environnement, cherchant éventuellement à en savoir un peu plus sur son collègue grâce à la décoration de son bureau, mais fut rapidement ramenée à la réalité par la voix de Miles.

« Alors, vous vous sentez mieux ? »

Par cette remarque, Miles fit remonter les souvenir de leur premier entretien aux Trois Balais. Pourtant bien parti, leur échange s'était terminé par un départ brutal d'Isabel. Son don de métamorphomage avait été révélé aux yeux de son collègue contre son gré. Paniquée, elle s'était tout bonnement enfuie du bar. C'était effectivement pour ça et les raisons de son départ que la jeune femme était revenue aujourd'hui. Il fallait qu'elle s'explique, elle lui devait bien ça après le moment qu'ils avaient passé ensemble.

« Oui, merci. Je n'vous dérange pas au moins ? » demanda-t-elle avant tout.

Cela risquait de prendre un peu de temps. Autant que Miles soit disposé à l'écouter sans quoi il ne serait probablement pas attentif, et peu enclin à l'aider. La rapidité avec laquelle il était venu ouvrir la porte lui laissa penser qu'il ne faisait rien de trop contraignant, mais mieux valait être sure. Après tout peut-être avait-il prévu de quitter son bureau au moment où elle avait toqué.


« J'aurais souhaité... vous parler de ce qu'il s'est passé aux Trois Balais. M'excuser d'abord. Et puis vous expliquer un peu tout ça. Vous aviez des questions je crois, et je n'ai pas pris la peine d'y répondre... »

Toujours debout à l'entrée de la pièce, Isabel ne savait pas trop comment se tenir, ni quelle attitude adopter. Elle aurait voulu paraître sure d'elle, confiante. Mais c'était très difficile dans ces conditions, et cela devait se voir. Elle se tenait droite mais ne pouvait s'empêcher de triturer ses doigts. Son cœur s'était calmé, mais elle ne pourrait être complètement rassurée qu'au moment où cette nouvelle conversation avec Miles toucherait à sa fin.

Professeur de Soins aux Créatures Magiques.

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Isabel se trouvait dorénavant dans le modeste bureau du Professeur Ainsworth. Ce dernier sortit sa baguette et grâce à un petit sort, il estompa l’odeur de tabac qui ne passait guère inaperçu. Simple geste de courtoisie, il avait beau être dans son propre bureau, il se tenait bien devant sa collègue. Après tout, si elle ne fumait pas, c’était pour ne pas supporter cette vieille odeur qui, pour certains, demeure nauséabonde. Miss Almeida demanda à Miles si elle dérangeait, celui se hâta de répondre, afin de ne pas laisser le malaise s’installer.

«  Non, pas du tout.. Je ne vous aurai pas ouvert sinon, conclut-il avec humour. »

Miles se dirigea vers son sofa et, muni de sa baguette, il rangea tout le bazar trônant sur son bureau – d’un geste minutieux. Il était fin prêt à recevoir son interlocutrice, ainsi qu’à l’écouter puisqu’elle souhaitait ajouter quelque chose.


« J'aurais souhaité... vous parler de ce qu'il s'est passé aux Trois Balais. M'excuser d'abord. Et puis vous expliquer un peu tout ça. Vous aviez des questions je crois, et je n'ai pas pris la peine d'y répondre... »

Mr Ainsworth avait vu juste. Isabel s’était rendue auprès de lui afin de l’éclairer sur le malentendu. Le mystère sur la jeune femme allait disparaître – bien qu’il fût déjà au courant de son don rare et précieux. Elle paraissait honnête, et pleine de bonne volonté. Le jeune homme l’invita à s’asseoir à ses côtés et se demanda ce qui pouvait bien l’empêcher d’accepter son talent unique. Elle était une métamorphomage, aussi rare que cela puisse être, mais en semblait pourtant si effrayée. A vrai dire, Miles ne savait quoi lui demander. Il ne voulait pas paraître indiscret, cependant il en mourrait d’envie. Depuis qu’il lui avait parlé aux trois balais, il avait senti quelque chose en elle de différent. Mais il n’avait guère songé à quelque chose d’aussi incroyable – ce qui est difficile chez nous, sorciers. Enthousiaste quant à cette entrevue, il se permit d’être sociable, et de laisser sa curiosité s’exprimer. Ainsi, il décida de prendre la parole, afin d’en apprendre un peu plus.

« Ne vous inquiétez pas, je ne le prends pas pour moi.. Mais comme vous êtes maintenant prête à m’en dire plus : et si vous commenciez par le début de l'histoire car, de toute évidence, c'est plus compliqué que ça en a l'air ? »

Miles esquissa un léger sourire, reflétant la sympathie qu’il avait pour habitude de dissimuler. Il espérait ne pas en avoir trop fait, tout en l’ayant mise en confiance.

26 ans et déjà à la retraite !
« La vie se présente à nous comme une certaine évolution dans le temps et une certaine complication dans l'espace. »

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Suite à l'invitation de son collègue, Isabel s'assit sur le sofa pourpre qu'elle trouva d'ailleurs très confortable. Ce choix de mobilier dans le bureau d'un professeur n'était pas courant, mais ce n'était finalement pas une mauvaise idée. L'air de rien, la jeune femme se sentit tout de suite plus à l'aise. Se trouver à côté de son interlocuteur n'y était pas pour rien non plus. Cela donnait un aspect beaucoup moins formel que si elle avait dû se retrouver face à face.
Le professeur de Soins se tourna légèrement vers Miles. Maintenant qu'elle avait exposé ses excuses quant à son comportement d'il y a quelques semaines, elle ne savait pas trop comment aborder tout le reste. Elle avait passé tellement de temps à se demander si oui ou non elle viendrait ici pour parler avec lui qu'elle n'avait même pas pensé à ce qu'elle allait concrètement lui dire. Heureusement, le professeur de métamorphose prit la parole avant elle.


« Ne vous inquiétez pas, je ne le prends pas pour moi.. Mais comme vous êtes maintenant prête à m’en dire plus : et si vous commenciez par le début de l'histoire car, de toute évidence, c'est plus compliqué que ça en a l'air ? »

Le sourire qui accompagna cette proposition confirma à Isabel qu'elle avait bien fait de venir ici. Elle ressentit encore cette fois-ci ce sentiment qui l'avait accompagné pendant leur première entrevue. Cette impression de confiance malgré le peu de choses qu'elle connaissait de lui. Il inspirait une certains aisance, et cela influait sur le comportement d'Isabel.
Comme Miles le lui avait suggéré, expliquer le début de l'histoire était un bon point de départ. Mais cela impliquait aussi de revenir sur ce que Isabel fuyait à tout prix depuis maintenant presque cinq ans. Tout allait remonter. Et elle ne se sentait pas complètement prête. Reparler de tout ça, le revivre, se souvenir... C'était tellement dur. A cette idée, le fourmillement habituel de son cuir chevelu se fit sentir. Isabel soupira, et ferma les yeux. Cette fois, tout ne changea pas, mais quelques mèches devinrent gris foncé. Elle ne chercha pas à le cacher. Après tout Mies était au courant, et elle venait pour ça. La jeune femme rouvrit les yeux, croisa ceux de Miles et sourit à son tour.


« Ça ne va pas être facile, dit-elle dans un rire gêné en prenant une mèche de ses cheveux entre ses doigts »

Son sourire était plus nerveux que sincère. Il permettait à son visage de ne pas se creuser par la tristesse qu'elle sentait monter à mesure qu'elle tentait de formuler ses phrases. Isabel inspira un grand coup avant de se lancer.


« J'ai vécu quelque chose de … difficile, il y a bientôt cinq ans. Un décès. Je n'vais pas rentrer dans les détails aujourd'hui, je n'suis pas encore prête pour ça, commença-t-elle en continuant de sourire légèrement malgré le tremblement de la commissure de ses lèvres. Comme vous devez le savoir, être métamorphomage nécessite un certain … contrôle de ses émotions. Ce qui implique de les ressentir et de les gérer. Ce que je suis incapable de faire depuis le jour de... du décès. J'ignore les émotions, je les cache dans un coin de ma tête, je ne les contrôle pas. Je ne savais déjà pas vraiment maîtriser ce don avant. J'en suis incapable aujourd'hui. »

Le sourire d'Isabel avait disparu au fur et à mesure de son petit discours. Le tremblement de ses lèvres aussi. Elle releva la tête afin de regarder Miles. La jeune femme avait tellement peur qu'il refusât sa demande. Mais elle n'allait pas tourner autour du pot pendant des heures. Il fallait qu'elle soit fixée.

« Pour la métamorphose, c'est un peu similaire. Ça demande de la concentration, un certain contrôle de soi... Alors je me disais que vous pourriez éventuellement... m'aider ? Demanda-t-elle en gardant ses yeux sur son collègue afin de guetter une quelconque trace de refus »

Professeur de Soins aux Créatures Magiques.

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Miles était désormais assis face à Isabel, et cette dernière était fin prête à raconter le problème qui la dérangeait. Elle voulait se confier - sans oublier que Miles n'était qu'une récente connaissance, en qui elle ne pouvait pas accorder sa totale confiance. Il comprenait sa situation et aurait voulu quelqu'un pour l'écouter à certains moments. La vie pouvait s'avérer difficile, et elle plaçait des obstacles pour mouvementer ce pseudo-long fleuve tranquille que l'on considère comme la vie. Isabel, déterminée, prit son courage à deux mains et débuta son récit :

« J'ai vécu quelque chose de... difficile, il y'a bientôt cinq ans. Un décès. Je n'vais pas rentrer dans les détails aujourd'hui, je n'suis pas encore prête pour ça. Comme vous devez le savoir, être métamorphomage nécessite un certain.. controle de ses émotions. Ce qui implique des les ressentir et de les gérer. Ce que je suis incapable de faire depuis le jour de.. du décès. J'ignore les émotions, je les cache dans un coin de ma tête, je ne les contrôle pas. Je ne savais déjà pas vraiment maitriser ce don avant. J'en suis incapable aujourd'hui. Pour la métamorphose, c'est un peu similaire. Ca demande de la concentration, un certain contrôle de soi... Alors je me disais que vous pourriez éventuellement... m'aider ? »

Ainsworth était resté silencieux, cependant, il avait été attentif tout du long. Il comprenait désormais ce qui bloquait sa collègue, et qui la contraignait à nier son don. Elle ne savait le contrôler, alors elle faisait son possible afin de paraitre normale. Seulement, ignorer ses émotions, les cacher aussi profondément, et vivre de cette façon devait être bien plus compliqué. Isabel s'infligeait une grande souffrance à cause du deuil. Elle n'arrivait pas à relativiser. Pourtant, elle devait utiliser une énergie phénoménale pour lutter contre sa nature humaine. Miles mieux que quiconque comprenait ce qu'elle ressentait et il ne la laisserait pas tomber. Il commençait à cerner qui elle était, et l'appréciait vraiment. Elle voulait de l'aide, et Miles était prêt à prêter main forte. Ainsi, il répondit à la longue tirade d'Isabel :

« Toutes mes condoléances, j'étais loin de me douter... Ignorer ses émotions était l'un des choix que vous pouviez faire.. cependant, vous ne pourrez les laisser de coté plus longtemps. Je comprends ce qui vous a poussé à faire ce choix, et ça a dû être difficile de vivre avec, mais vous devez lâcher prise maintenant.. Sinon, je ne vous serai d'aucune aide, acheva-t-il sur un ton compréhensif. »

Miles avait peur d'avoir été trop dur. Il n'avait jamais été très doué avec autrui. Toujours refermé sur lui, il avait lui aussi voulu éviter le contact humain et partager ce qu'il ressentait, ce qui le rongeait de l'intérieur. Seulement, Jenna s'était montrée présente et l'avait soutenu, quoiqu'il advienne. Il se rappelerait toute sa vie de cette aide précieuse qu'elle lui avait offerte, et de cet avenir qu'elle lui avait rendu. il voulait en faire de même pour Isabel. Peut-être était-ce son côté altruiste qui prenait le dessus mais il refusait d'abandonner. Ainsi, il reprit la parole :

«  Je ne vois aucun inconvénient à vous aider, au contraire, vous avez toqué à la bonne porte, déclara-t-il, avec un soupçon d'enthousiasme. Je conçois que vous ne vouliez rentrer dans les détails avec moi, mais j'espère que vous arriverez à y voir plus clair, vous. Parfois, la seule personne qui peut nous aider, c'est nous-même. Si vous apprenez à vivre avec, je suis sûr que vous pourrez en tirer une force. Seulement, je comprendrai que cela ne vous enchante pas.. Il marqua une pause avant d'achever : En tout cas, moi, je suis là. »

Le professeur Ainsworth ne voulait pas que son interlocutrice soit réticente à l'idée de ressasser le passé. Lui aussi était passé par là. Il n'aurait pu continuer à vivre autrement. La mémoire avait été ce qui rendait sa vie si difficile, cependant il en tirait désormais sa volonté et son désir de vivre. Cela le motivait à se perfectionner, tout comme cela l'effrayait. Ainsi, quelle que soit la décision de sa collègue, il la respecterait.

26 ans et déjà à la retraite !
« La vie se présente à nous comme une certaine évolution dans le temps et une certaine complication dans l'espace. »

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Sa tirade terminée, Isabel attendit. Ces quelques petites secondes suffirent à lui laisser le temps d'imaginer toutes sortes de scénarios possibles. Entre autre le fait que Miles refuserait tout bonnement de l'aider, prétextant ne rien pouvoir y faire, et que seul un psychomage pourrait éventuellement faire quelque chose pour mettre fin à cet interminable deuil. Heureusement, son collègue prit la parole, et la jeune femme l'écouta avec attention.
A ses première paroles, Isabel entrevit la possibilité d'un refus. Miles lui expliquait qu'il ne pourrait pas l'aider si jamais elle ne se laissait pas aller à ses émotions. C'était compréhensible. Tant qu'elle resterait bloquée ainsi, à tout mettre dans un coin de sa tête, il serait difficile de réussir à quoi que ce soit. Isabel s'attendait à ce que le professeur de métamorphose finisse par un « désolé, vraiment. Aller, à la prochaine ! ». Elle n'aurait pas pu lui en vouloir, après tout il avait pris le temps de l'écouter, ce qui n'était pas négligeable. Et puis il avait finalement autre chose à faire de sa vie que d'aider une collègue presque inconnue. Isabel commençait à se faire une raison, essayant au passage de cacher la déception qui naissait sur son visage lorsque Miles reprit la parole.


« Je ne vois aucun inconvénient à vous aider, au contraire, vous avez toqué à la bonne porte. Je conçois que vous ne vouliez rentrer dans les détails avec moi, mais j'espère que vous arriverez à y voir plus clair, vous. Parfois, la seule personne qui peut nous aider, c'est nous-même. Si vous apprenez à vivre avec, je suis sûr que vous pourrez en tirer une force. Seulement, je comprendrai que cela ne vous enchante pas... En tout cas, moi, je suis là. »

Isabel resta un instant à le regarder avant de réellement comprendre le sens de ses paroles. Un sourire s'installa finalement sur son visage, et imperceptiblement ses cheveux s'éclaircirent. Il avait accepté. Un poids s'envola du ventre de la jeune qui mettait enfin un terme à ces semaines de doutes et d'hésitations. Elle allait peut-être enfin sortir de cette impasse dans laquelle elle s'enfonçait depuis plusieurs années. Sa mère et sa sœur avaient bien évidemment essayé de l'aider. Leur soutien représentait énormément pour Isabel, mais elles ne faisaient que survoler le problème. De plus, il est difficile d'aider objectivement une personne de sa famille dans ce genre de cas. Avoir une aide extérieure était ce qu'il manquait au professeur de soin. Et elle semblait enfin l'avoir trouvé.
La jeune femme réfléchit aux paroles de son collègue avant de lui répondre.


« Je pense qu'être venue jusqu'à vous me prouve déjà que je suis prête à... à lâcher prise comme vous dites. J'ai envie que tout ça s'arrête, et pouvoir reprendre le contrôle. Il faudra juste... me laisser un peu de temps, ça ne se fera pas en un claquement de doigts, dit-elle dans un sourire. Mais avec votre aide, je ne pourrai qu'aller plus vite. Je ne sais pas comment vous remercier, ni comment vous faire comprendre à quel point c'est important pour moi, ajouta Isabel dans un léger rire. »

Un simple merci aurait suffit peut-être, mais ce n'était pas assez au goût de la jeune femme. Rien n'était encore fait, Miles avait simplement accepté de l'aider et aucune preuve d'un quelconque succès final n'était donnée. Mais rien que pour cela, mille mercis n'auraient pas suffit. Loin d'elle l'idée d'être un poids supplémentaire pour le jeune homme, mais Isabel avait l'impression d'avoir enfin trouvé une épaule sur laquelle s'appuyer et ce sentiment de soudaine légèreté se traduisait par le sourire qui ne quittait pas ses lèvres.

Professeur de Soins aux Créatures Magiques.

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Miles attendait la réponse de collègue. Il avait précédemment donné son feu vert quant à l’aide qu’elle souhaitait obtenir. A vrai dire, Miles lui-même n’aurait songé à apporter son soutien à quelqu’un durant son séjour à Poudlard, cependant il était dans l’incapacité de refuser. Il ne savait guère si cela relevait d’un quelconque sens du devoir qu’il cultiva, ou bien si inconsciemment, il y voyait un intérêt. Ce qui était sûr, c’était qu’il accepterait. Ainsi, Isabel répondit d’un air surpris :

« Je pense qu'être venue jusqu'à vous me prouve déjà que je suis prête à... à lâcher prise comme vous dites. J'ai envie que tout ça s'arrête, et pouvoir reprendre le contrôle. Il faudra juste... me laisser un peu de temps, ça ne se fera pas en un claquement de doigts. Mais avec votre aide, je ne pourrai qu'aller plus vite. Je ne sais pas comment vous remercier, ni comment vous faire comprendre à quel point c'est important pour moi. »

Il était vrai que sa présence en ce lieu dénotait d’une certaine volonté de la part de son interlocutrice. D’ailleurs, c’en était tout à son honneur. Miles admirait le courage dont avait fait preuve Isabel en se rendant dans son bureau. Cette volonté ne serait pas vaine puisqu’on ne pouvait aider quelqu’un qui n’y voyait pas l’intérêt. Si Isabel elle-même avait pris la décision de se reprendre en main, cela signifiait qu’elle était bel et bien prête. Miles pourrait l’entraîner, il n’en doutait pas. Cela serait moins évident qu’un animagus mais il y arriverait. Il s’agissait de son nouveau défi et il n’arrêterait l’entrainement qu’une fois sa mission accomplie. Le discours de son interlocutrice éveilla en Miles la motivation nécessaire afin d’aider sa collègue.

Isabel devrait probablement travailler elle-même sur son histoire, la comprendre, la ressentir, et elle devrait en tirer suffisamment de positif afin de distinguer un avenir qui ne serait que plus beau. En tout cas, cela avait l’air d’enchanter son interlocutrice. Elle souriait et appréciait réellement ce que Miles s’apprêtait à faire pour elle. Miles lui répondit avec entrain :


« Vous me remercierez quand vous serez fin prête à utiliser votre don comme bon vous semble, ce qui ne sera pas évident mais c’est loin d’être impossible, croyez-moi. Je vous conseille donc de prendre du recul quant à votre histoire personnelle durant les prochaines semaines, de façonner votre souffrance de sorte à ce qu’elle devienne une source inépuisable de volonté ! L’entrainement débutera quand vous commencerez à reprendre le contrôle de vos émotions. Ce sera peut-être plus dur que vous ne le pensez mais je crois en vous et comme vous le dites, si vous êtes venue me voir, c’est que vous êtes sur la bonne voie, acheva-t-il en esquissant un sourire. »

Cela faisait bien longtemps que Miles n’avait été aussi bienveillant. Il avait pour habitude d’être plutôt distant, parfois froid mais la bonté d’âme dont il faisait preuve dépassait bien les bonnes actions qu’il avait pu faire. Un lien particulier se tissait entre les deux professeurs. Chacun en apprendrait à l’autre au travers de cet entraînement. Leur parcours était différent mais cela profiterait aux deux adultes, indéniablement.

26 ans et déjà à la retraite !
« La vie se présente à nous comme une certaine évolution dans le temps et une certaine complication dans l'espace. »

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Suite à la réponse de Miles, Isabel hocha la tête d'un air pensif. Façonner sa souffrance et reprendre le contrôle de ses émotions. Cette étape sera probablement la plus difficile psychologiquement. Il lui faudrait faire un énorme travail sur elle-même. Revivre la scène, l'accepter, l'intégrer et la digérer. Le soutien de sa mère et de sa sœur ne serait pas de trop, mais Isabel savait au fond d'elle que c'était une épreuve qu'elle devait passer seule. Elle ne pourra se concentrer sur son don de métamorphomage que lorsque elle sera capable de se gérer seule. Miles sera là, évidemment, mais ce n'était pas à lui de faire tout le travail. Il avait été tellement gentil d'accepter de l'aider, hors de question de devenir un poids et de tout gâcher en n'étant pas prête le jour voulu. La jeune femme se promis intérieurement qu'elle ferait tout pour elle à la hauteur.
Elle retrouva donc son sourire qu'elle adressa avec douceur à Miles. Elle resta un instant à le regarder, appréciant ce moment de sérénité qu'elle avait tant attendu. Ce soulagement était si agréable. Isabel se sentait détendue après ces semaines d'angoisse. Elle avait le sentiment que le point final à ces années de souffrance intérieure n'était pas loin d'elle. Cette soudaine euphorie lui donnait envie de s'y mettre dès maintenant. Il fallait qu'elle profite de ce regain d'adrénaline, sans quoi elle risquait de ne plus oser se lancer. La première tentative d'introspection serait probablement la plus difficile et il était hors de question d'y aller à reculons.
C'est ainsi qu'Isabel décida qu'il était temps de mettre fin à cette nouvelle entrevue avec son collègue.


« Je crois qu'un long travail m'attend... dit-elle en soupirant. Encore merci, vraiment. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je pense que qu'on a tous les deux des obligations. J'essaierai de vous tenir au courant de mon avancée, si vous voulez. J'ai hâte de travailler avec vous, ajouta-t-elle sous le ton de la confidence. »

Posant ses mains sur ses cuisses, Isabel se releva du canapé. Elle regarda un instant par la fenêtre du bureau où se dessinait un ciel couvert d'une couche épaisse de nuages d'un gris pâle presque blanc. La neige n'allait pas tarder à tomber sur le sol Ecossais. Peut-être encore deux ou trois semaines à attendre, le temps que les températures baissent suffisamment. Cette simple idée provoqua un frisson à Isabel qui détourna automatiquement son regard pour le reposer sur Miles, attendant son avis avant de quitter les lieux.

Professeur de Soins aux Créatures Magiques.

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Miles sentait qu’il gagnait la sympathie de sa collègue, et qui sait, peut-être même sa confiance. Miles avait accepté d’apporter son aide ; cela annonçait le début d’une aventure. Le professeur réfléchissait déjà à comment il pourrait se rendre utile et enseigner à Isabel la maîtrise de son don. Il avait relevé le défi et même si miss Almeida se voyait plus comme un fardeau pour son collègue, ce dernier avait de grands espoirs et ne partait jamais défaitiste. Il avait bien réussi à s’endurcir et à perfectionner sa magie, pourquoi ne pourrait-il pas en faire de même pour son interlocutrice ? De plus, en rendant un tel service à Isabel, elle lui serait reconnaissante et à son tour peut-être qu’elle pourrait aider Miles là où il rencontrerait une certaine difficulté. Miles se focalisa à nouveau sur son interlocutrice qui lui adressa la parole :

« Je crois qu'un long travail m'attend... Encore merci, vraiment. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je pense que qu'on a tous les deux des obligations. J'essaierai de vous tenir au courant de mon avancée, si vous voulez. J'ai hâte de travailler avec vous. »

Miles se rappela d’une chose : novembre s’écoulait rapidement et décembre arrivait. De nombreux événements étaient prévus pour ce mois-ci, notamment le bal de Noël – grande tradition du Tournoi. Miles n’avait pas encore de cavalière et ne connaissait pas vraiment ses autres collègues. Hormis Isabel. Il n’aurait pensé lui proposer suite à leur rencontre aux Trois Balais mais l’idée survint une nouvelle fois dans ses pensées et la conversation qu’il venait d’avoir prouvait qu’ils étaient désormais en bons termes. Ainsi, Miles hésita à faire sa proposition quelques secondes, puis se dit que plus tôt il ferait sa demande, et mieux ce serait. Isabel se leva du canapé où ils étaient précédemment tous deux installés confortablement. Il se leva à son tour, et prit son courage à deux mains. Après tout, il n’avait rien à perdre. Alors, il s’exclama auprès de son interlocutrice et formula sa proposition, d’un air quelque peu gêné :

« Au fait.. Avant que vous partiez, j’aurai quelque chose à vous demander. Il marqua une pause, prit sa respiration et reprit de plus belle : J’me demandais si vous vouliez bien être ma cavalière pour le bal qui arrive..? J’pensais pas qu’on aurait cette conversation et à vrai dire, vous êtes celle que je connais le mieux parmi tous nos collègues.. Si vous avez besoin d’un peu de temps pour y réfléchir, vous pourrez toujours me donner votre réponse plus tard, ça ne presse pas encore. »

Miles y était passé et s’était lancé. Il n’avait plus qu’à attendre la réponse de sa collègue. Il espérait qu’elle ne serait guère réticente à l’idée de l’accompagner à cet événement. Il ne s’y voyait pas avec quelqu’un d’autre, mais peut-être qu’Isabel n’avait pas seulement reçu la demande du professeur de Métamorphose. Ainsi, il patienta quelques instants, en regardant son interlocutrice – qui devait sûrement peser le pour et le contre à l’heure actuelle.

26 ans et déjà à la retraite !
« La vie se présente à nous comme une certaine évolution dans le temps et une certaine complication dans l'espace. »

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Lorsque Miles se leva à son tour du canapé, Isabel s'attendait à le voir la raccompagner à la porte, lui souhaiter une bonne journée, pourquoi pas un bon courage pour ce qu'elle allait entreprendre, et ce serait tout. A la place, le jeune homme prit un air gêné avant de lui annoncer quelque chose que le professeur de soin n'attendait pas du tout.

« Au fait.. Avant que vous partiez, j’aurai quelque chose à vous demander. J’me demandais si vous vouliez bien être ma cavalière pour le bal qui arrive..? J’pensais pas qu’on aurait cette conversation et à vrai dire, vous êtes celle que je connais le mieux parmi tous nos collègues.. Si vous avez besoin d’un peu de temps pour y réfléchir, vous pourrez toujours me donner votre réponse plus tard, ça ne presse pas encore. »

Le bal... Le bal ! Isabel n'avait pas oublié cet événement, mais elle l'avait pour le moment mis de côté, se disant qu'il restait bien du temps pour y réfléchir, et que de toute façon, elle n'était même pas sure d'y aller. C'était une soirée très amusante, elle n'en doutait pas pour y avoir elle-même participé lorsqu'elle était élève ici. Cette année serait d'autant plus exceptionnelle que c'était également le bal du Tournoi en présence des autres délégations. Un événement incroyable en soi. Cela aurait été bête de le louper.
Lorsqu'Isabel aurait fini par se demander avec qui elle s'y rendrait, elle aurait probablement pensé à Miles. Tout comme lui, il était le professeur qu'elle connaissait le mieux. Mais elle n'aurait peut-être pas osé lui demander de peur de paraître trop insistante, surtout après la demande d'aide qu'elle venait de lui faire, et aurait peut-être fini par demander à Amy Holloway avec qui elle aurait discuté de leur escapade du début d'année dans la forêt interdite, chose qu'elles n'avaient pas encore fait … Mais la demande de Miles tombait à pic et faisait plaisir à Isabel qui finit par lui répondre après un court instant de réflexion.


« Ce serait avec plaisir, dit-elle en souriant. Après tout, ça pourrait nous permettre de mieux nous connaître. Et puis ce serait bête de louper un tel événement. J'accepte, finit-elle par conclure »

Toujours souriante, Isabel traversa ce qui la séparait de la porte du bureau, et arriva rapidement à hauteur de la porte qu'elle ouvrit. Elle se retourna vers Miles et le regarda un instant, constatant comme il était fou de rencontrer des gens qui pouvaient intervenir dans votre vie sans que vous ne l'ayez préparé. La jeune femme termina cette entrevue par un simple « Merci » - encore un - et passa le pas de la porte afin de retourner à ses obligations, le cœur et la tête beaucoup plus légers que lorsqu'elle avait fait le chemin inverse il y a quelques minutes.

Professeur de Soins aux Créatures Magiques.

Finalement, pourquoi pas ?  PV 

Miles trouva le temps d’attente particulièrement long. Les quelques instants qui séparèrent sa demande et la réponse parurent telle de longues et interminables minutes. Le professeur, en ce moment, songeait à toutes les potentielles répliques que pourrait lui sortir son interlocutrice afin d’esquiver l’inopinée demande. Du « vous n’êtes pas mon type » au « hm,.. laissez donc moi le temps de réfléchir » ; il se les imagina toutes. Bien qu’il ne prenait trop personnellement cette affaire, le refus n’était pas vraiment envisagé. Il ne forcerait guère sa collègue mais serait peut-être – voire sûrement – déçu. Il ne voulait pas presser les choses mais quoi de mieux qu’un bal pour en apprendre un peu plus sur autrui ? Après tout, rien ne servait de fabuler éternellement quant à la réaction d’Isabel puisque cette dernière s’apprêtait d’ores et déjà à répondre. Face à elle, il se tenait avec prestance tout en attendant le verdict.

« Ce serait avec plaisir. Après tout, ça pourrait nous permettre de mieux nous connaître. Et puis ce serait bête de louper un tel événement. J'accepte. »

Miles, enjoué par la nouvelle qui venait de tomber, ne put qu’esquisser un sourire plus enthousiaste que d’habitude. Il ressentait malgré tout une étrange sensation, qu’il n’avait plus l’habitude de ressentir : l’honnêteté. Le rôle qu’il interprétait tous les jours avait été laissé de côté durant cette entrevue ; Miles n’était pas le professeur de Métamorphose qui passait inaperçu, il avait été lui-même. Miles, en croisant une dernière fois le regard d’Isabel, s’exclama :

« Super ! Alors, à la prochaine ! »

Il se rapprocha rapidement du sofa, s’y vautra, fit apparaitre une cigarette et l’alluma. Il venait de vivre une entrevue intense en émotion, et lui apportant quelques renseignements non négligeables. Il avait trouvé des réponses, mais de nouveaux obstacles se dressaient sur sa route ; cependant, quelle aventure en serait une sans rencontrer un seul problème ?

26 ans et déjà à la retraite !
« La vie se présente à nous comme une certaine évolution dans le temps et une certaine complication dans l'espace. »