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Ancien sorcier  

L'ignorance préserve de la peur  PV 

Ce matin-là, c'était avec une certaine anxiété que Friendye s'était levée. Et ce n'était pas la première fois. Depuis le début de cette nouvelle année, elle avait constamment des maux de ventre, la gorge nouée, elle sursautait pour un rien, était sur les nerfs, toujours énervée et n'arrivait pas à dormir. Le stress était devenu son compagnon de route et ne semblait pas prêt de la laisser tranquille. Mais il avait un goût nouveau ce jour-là, car elle avait décidé de se confier. Elle était décidée à dire ce qu'elle avait sur le cœur et n'attendait plus que ça. Il lui fallait se défouler, ça devenait vital.

C'est pourquoi, en cette fin d'après-midi, Friendye se tenait là, droite comme un piquet devant la porte du bureau de sa directrice de maison, prête à signaler sa présence par les communs « Toc toc toc ». La porte était fermée mais elle savait que miss Grayce se tenait à l'intérieur, sûrement à corriger des copies ou autre chose.
Contrairement à son habitude, aucun sourire n'était présent sur le visage de la jeune troisième année. Son expression était grave et anxieuse alors qu'elle se demandait si oui ou non, elle allait vraiment embêter Erin Grayce pour ça.
Mais depuis quelque temps déjà, elle ressentait le besoin de se confier à quelqu'un à propos de quelque chose qui la rongeait à l'intérieur, qui l'empêchait de profiter pleinement des ses années d'études à Poudlard, cette école magnifique. Elle avait pensé en parler à ses amis mais elle ne les trouvait pas assez matures, ils ne comprendraient pas. Il fallait quelqu'un qui ait de l'expérience dans le domaine de la magie et qui soit de confiance. Et elle avait confiance en la personne de miss Grayce. Pourquoi ? Elle n'en savait rien. Mais la professeur de potion avait toujours été gentille et à l'écoute de ses élèves. Elle était sa directrice de maison et elle avait accompagnée Friendye depuis son entrée ici, veillant à sa bonne intégration au sein de Gryffondor. Il y avait également un je-ne-sais-quoi en plus qui la faisait se tourner vers miss Grayce et non vers un autre professeur ce jour-là.

Levant son poing pour se préparer à frapper la porte, Friendye pensait à quel point elle espérait que sa directrice de maison l'écoute. Elle avait besoin de se confier, besoin qu'on l'aide à trouver une solution, besoin surtout d'une oreille attentive. Elle se souvenait de toutes ces fois où sa mère lui avait dit que montrer ses sentiments n'était pas convenable. Jamais elle n'avait le droit de dire ce qu'elle pensait et se confier entre mère et fille...Quelle idée ! Ça ne se faisait pas chez elle, c'était comme ça, la jeune fille s'était faite à l'idée. Mais tout semblait différent dans ce château et les professeurs poussaient les élèves à ne pas rester seuls avec leurs problèmes.
Mais alors qu'elle était là, devant cette porte qui lui semblait immense, l'esprit de Friendye se retrouvait submergé de questions...Comment lui dire ? Allait-elle lui demander directement ? Partir après avoir simplement parlé de banalités parce qu'elle n'aurait pas osé se confier ? Regarder miss Grayce sans rien dire et avoir l'air bête ? Il n'y avait qu'une seule façon de la savoir, il fallait se lancer.
C'était la gorge serrée qu'elle se préparait à faire part de son problème à miss Grayce, si cette dernière était prête à l'écouter.


Toc toc toc.

L'ignorance préserve de la peur  PV 

La journée de cours venait de se terminer et le professeur Grayce était de très bonne humeur. Non pas que ses élèves aient brillé par leur talent – du moins, ni plus, ni moins qu’habituellement – non pas, non plus, qu’elle était à jour dans la correction de ses copies – il n’y avait qu’à jeter un œil sur la pile qui s’amoncelait sur son bureau pour être convaincu que ce n’était pas la raison – non, c’était simplement ses retrouvailles avec Cal Coolidge quelques jours plus tôt qui lui donnait le sourire aux lèvres. Son ami était toujours une bouffée d’oxygène, la joie de vivre incarnée, et le revoir après toutes ces années avait fait le plus grand bien à la jeune femme. Comme si Noah était de nouveau parmi eux… enfin, presque.

Chantonnant un joyeux, elle s’installa donc à son bureau et tira sur un parchemin, au milieu de la lourde pile en équilibre précaire. Etrangement, celle-ci trembla, manqua de s’affaler sur le sol mais finit par se figer de nouveau, tout aussi instable mais néanmoins debout. Les sortilèges fonctionnaient encore… ouf !


*Et bien, ce sera donc correction pour les 7ème année ce soir*
pensa Erin en baissant les yeux sur la copie qu’elle tenait entre ses mains.

Et heureusement qu’elle était de bonne humeur au vu des horreurs qu’elle lisait à présent. De l’asphodèle pour guérir une verrue, nan mais j’vous jure. Un futur empoisonneur, voilà l’avenir de ce jeune sorcier qui avait tout intérêt à se mettre rapidement au travail s’il espérait obtenir ses Aspic. Il s’en tirait avec un Troll, sans devoir supplémentaire pour cette fois-ci, une réelle aubaine qu’il n’apprécierait sûrement pas à sa juste valeur. Peut être fallait-il repasser aux punitions d’antan avec lui – recopier le contenu d’un livre de potions, par exemple – pour espérer lui faire retenir quelques notions avant les examens ? Ou bien le faire venir tous les soirs au cachot pour faire une nouvelle potion ? Hmm, des cours particuliers ne l’aideraient pas plus, si ce n’est à prendre du retard dans les autres matières. Il faudrait vraiment qu’elle discute de son cas avec ses collègues, savoir s’ils leur venaient une idée pour l’aider.

Elle avait besoin de musique ! Voilà ce qui l’aiderait à garder sa bonne humeur. Une évidence qui la frappa comme un balai volant tombe sur la tête de son utilisateur quand il n’y prête pas attention. Erin agita donc sa baguette et un fond sonore entraînant se répercuta aussitôt entre les murs de sa salle de classe. Les médisants pouvaient trouver tout un tas de défauts aux cachots, ils n’avaient pas leur pareille pour l’acoustique. En se tortillant au gré des notes, la jeune femme prit une nouvelle copie et commença sa lecture quand elle fit interrompue par un Toc, toc, sonore à sa porte.

Toujours assise derrière son bureau et sans même cesser de se remuer sur le rythme maintenant endiablé des bizarr sisters, la jeune femme ouvrit la porte de sa baguette :


"Entrez !"


Friendye Knowledge se trouvait sur le seuil de la salle de potions, l’air soucieux qu’elle affichait depuis quelques jours, sur le visage. Sa directrice de maison lui fit signe d’entrer et de s’installer sur le fauteuil face à elle. Elle fit venir des tasses de thé bien fumantes et quelques biscuits au chocolat et reprit aussitôt, sans se dépareiller de son air enjoué, bien au contraire :

"Que me vaut cette petite visite ?"

~ Ancienne Professeur de Potions ~
Dites à quelqu'un qu'il y a 300 milliards d'étoiles dans l'univers et il vous croira. Dites lui que la peinture n'est pas sèche et il aura besoin de toucher pour en être sûr.
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Ancien sorcier  

L'ignorance préserve de la peur  PV 

"Entrez !"

Lorsque la grande porte du bureau s'ouvrit avec l'aide d'un sortilège, une montée d’adrénaline parcourut le corps de Friendye sans que cette dernière ne sache pourquoi. Sûrement parce qu'elle ne pouvait plus faire marche arrière à présent. Miss Grayce l'aurait regardé bizarrement si la jeune fille était partie en courant sans lui parler, elle n'aurait sûrement pas apprécié. Une odeur de chocolat et d'autre chose diverses et variées rappelant les cours de potion arrivait au nez de la jeune fille tandis qu'une musique entraînante résonnait dans ses oreilles. Miss Grayce sourit à Friendye et l'invita à venir s'asseoir sur le fauteuil en face son bureau.

"Que me vaut cette petite visite ?"

Il y avait un sacré décalage dans cet endroit, à cet instant, entre la bonne humeur visible de la professeur de potion et le mal-être de son élève.
La troisième année était un peu gênée. Elle entra dans la salle accueillante et s'assit sur le fauteuil. Elle regarda un moment sa directrice de maison en train de se dandiner sur sa chaise et fit un petit sourire. Sa bonne humeur semblait communicative. Du moins... jusqu'à ce que Friendye se rappelle pourquoi elle était là, son sourire disparut alors immédiatement.
Mais avant d'ouvrir la bouche, elle regarda sur le bureau devant elle et vit une grosse pile de devoirs à corriger sûrement et se sentit soudain idiote en se disant qu'elle allait retarder la sous-directrice dans son travail. Mais elle ne voyait vraiment pas vers qui d'autre se tourner.
C'est après avoir pris une grande inspiration que Friendye se lança :


« -Bonjour miss Grayce. Se rendant compte d'avoir parlé d'une petite voix, la rouge toussa pour s'éclaircir la gorge. Je viens vous voir parce que...ces temps-ci, je me pose beaucoup de questions sur l'école. Enfin, plutôt sur les cours... »

Non, ce n'était pas vraiment ce que Friendye avait en tête. Elle ne voulait pas que miss Grayce pense qu'elle n'aimait pas les cours, ou qu'elle avait des problèmes avec des matières choisies. Non, ce n'était rien de tout cela. C'était juste qu'elle n'avait pas formulé exactement ce qu'elle voulait dire avant de rentrer dans cette pièce, à son grand regret. Elle se reprit :

« -Non, c'est pas exactement ça en fait. Elle soupira, consciente de faire perdre du temps à miss Grayce. Elle ferma les yeux, formula ses pensées, et continua en regardant son interlocutrice dans les yeux. Je veux dire que ce que l'on apprend ici est très puissant. Mon problème, miss Grayce, c'est que ma magie me fait peur. »

Voilà. Elle l'avait dit. C'étaient les mots exacts qu'elle venait de dire à sa directrice de maison et c'était la première personne qui était désormais au courant de ce que ressentait la jeune fille en cette période de fin d'année. Maintenant, allait-elle la comprendre ? Ou la regarder avec des yeux surpris et remplis d'incompréhension ? Friendye redoutait la réponse de sa directrice de maison. Et puis elle pouvait lui demander ce qu'elle pouvait y faire. C'est vrai. Et la troisième année ne saurait pas quoi lui répondre. Elle espérait simplement une oreille attentive à qui se confier ou quelqu'un qui pourrait la rassurer.
Mais longtemps elle n'avait pas réussi à mettre de mots sur ce qui la tracassait. Ce n'était que depuis peu de temps qu'elle savait ce qui la faisait stresser lors des cours, ce qu'elle ressentait quand cette puissance psychique s'échappait de la baguette qui l'avait choisie, ce sentiment d'appréhension constant qu'elle n'avait qu'ici. Elle avait peur de ce qu'elle était capable de créer et qu'elle savait de mieux en mieux maîtriser : elle avait peur de sa magie.
C'était les jambes tremblante et en se mordant les ongles qu'elle attendit que miss Grayce lui réponde.

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Le thé qu'avait choisi la jeune femme embaumait à présent toute la pièce. Un riche arôme fruité qui lui rappelait les promenades de son enfance, lorsqu'elle partait avec son frère à la cueillette des mûres et autres baies comestibles, le long des champs de leur campagne natale. A leur retour à la maison, leur panier était bien souvent vide, au contraire de leurs estomacs et c'est dans les rires qu'ils tentaient de faire croire à leurs parents qu'ils n'avaient rien trouvé. Mais l'heure n'était pas aux souvenirs - quoique... Friendye venait de faire le douloureux aveu de sa présence en ces lieux et Erin ne pouvait s'empêcher de repenser à sa propre enfance. La joie de la découverte de ses pouvoirs, ses premiers sortilèges, tout simples, alors qu'elle empruntait en secret la baguette de sa mère, mais plus encore l'excitation de son arrivée à Poudlard. Plus tard, étaient venus les doutes, les inquiétudes mais quel apprenti sorcier n'était pas passé par ce stade ? La seule différence entre la jeune Gryffondor et sa directrice de maison était qu'elle avait le courage d'en parler. Et à son âge, c'était là la preuve d'une sagesse qui ne pouvait que forger le respect. La professeur posa un regard bienveillant sur son élève et la jaugea en silence quelques minutes. Les traits tirés par l'angoisse, elle était nerveuse, mal à l'aise. Sa déclaration devait lui coûter cher et depuis combien de temps ruminait-elle dans son coin avant d'avoir franchi le pas d'entrer dans les cachots ?

"Vous avez bien fait de venir m'en parler !"

Erin tendit l'assiette de cookies à la jeune sorcière, espérant ainsi détourner son attention de ses ongles, qui finiraient en bien triste état si elle continuait à les martyriser de la sorte. Et puis, c'était connu, le chocolat remontait le moral et calmait les nerfs. Du moins, ça marchait très bien en ce qui la concernait mais bon, elle était connue pour cette petite faiblesse. Bref... Elle était, cependant, consciente que les sucreries ne suffiraient pas à dissiper le malaise de la Gryffondor.

"Vous savez, c'est là un parcours tout à fait normal dans votre apprentissage. Vous maîtrisez chaque jour un peu plus votre magie et quoi de plus logique que de se poser des question en gagnant en puissance ? C'est plutôt le contraire qui serait inquiétant. Vous mûrissez, Friendye !"

La Directrice des rouges était fière de la troisième année. Voir grandir ses élèves était une des joies qui l'avait motivé à devenir professeur à Poudlard. Elle aimait voir leurs premiers pas timides qui les amenaient aux adultes qu'ils deviendraient. Elle savait aussi que ce n'était pas quelques mots qui résoudraient le problème. Elle prendrait donc le temps qu'il faudrait pour la rassurer. La musique changea aussitôt, sans qu'aucun mouvement n'ait été perceptible pour l'adolescente, et le rythme ralentit. Elle se fit alors douce et apaisante et Erin attendit un moment avant de reprendre la parole :

"Bien dites m'en plus ! Depuis quand vous posez vous des questions ? Qu’est-ce qui les a déclenché et surtout, que craignez-vous ?"

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Ancien sorcier  

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L'odeur du thé que miss Grayce avait préparé remplissait la pièce d'un parfum sucré terriblement agréable. On se sentait bien dans son bureau, il mettait à l'aise quiconque osait y pénétrer. Mais Friendye n'en oubliait pas pour autant la raison de sa venue. Heureusement, miss Grayce semblait avoir compris la laborieuse explication de son élève.

-Vous avez bien fait de venir m'en parler !

C'était incroyable de voir à quel point ces huit petits mots pouvaient soulager. Ils signifiaient que déjà, miss Grayce comprenait la situation et qu'ensuite, elle comprenait le besoin de se confier sur ce sujet. Ce qui soulageait aussi, c'était les cookies que l'adulte venait de tendre vers son élève. Cette dernière en prit un timidement en murmurant un « merci ». C'est vrai que le chocolat guérit tous les maux, à ce que l'on dit.

-Vous savez, c'est là un parcours tout à fait normal dans votre apprentissage. Vous maîtrisez chaque jour un peu plus votre magie et quoi de plus logique que de se poser des question en gagnant en puissance ? C'est plutôt le contraire qui serait inquiétant. Vous mûrissez, Friendye ! 

Friendye fit un sourire envers miss Grayce. Elle était soulagée de ne pas passer pour une folle ou une fille qui se plaint pour rien...Elle avait raison, maintenant que Friendye y pensait, sa peur était logique !
La musique changea à cet instant pour un rythme plus doux. La pression redescendait tandis que l'impression d'être en confiance s'amplifiait. La troisième année sentit donc que c'était le moment de préciser ses angoisses. Et la directrice de maison confirma cela à travers ses paroles :


-Bien dites m'en plus ! Depuis quand vous posez vous des questions ? Qu’est-ce qui les a déclenché et surtout, que craignez-vous ?

Bon, Friendye espérait que sa professeur avait du temps à perdre, parce qu'il y en avait des choses à dire ! Elle se posait des questions depuis les cours de métamorphose à vrai dire. Ce n'était pas la faute de miss Hay Shepard, loin de là. Non, c'était ce que les élèves devaient faire l'année passée. Elle se souvenait des transformations d'animaux en objet, de l'admiration qu'elle avait eu devant la colombe puis le choc subit quand elle s'est rendue compte qu'elle venait de transformer cet animal majestueux en un diadème inanimé. Elle avait enlevé la vie à cette colombe et ne s'en remettait pas.
Elle répondit donc à miss Grayce d'une voix peu assurée :


-Et bien...Je crois que c'est depuis le début de ma troisième année que c'est tout le temps dans ma tête. J'ai repensé tout l'été au cours de métamorphose où on changeait une colombe en diadème ou une salamandre en collier. Plus j'y pense, plus je trouve ça choquant. Je veux dire...On enlève quand même la vie, non ?

Friendye avait de plus en plus de mal à supporter ses pouvoirs. Elle craignait l'envie de la puissance. Elle pensait à la baguette de sureau dont la puissance était telle qu'elle était enviée par tous. Le besoin de pouvoir peut devenir dangereux si on ne fait pas attention. Et la magie est un pouvoir impressionnant. Il y a tellement de sortilèges maléfiques, la magie noire, les potions malfaisantes... Rien que l'existence des sortilèges impardonnables prouvait l'impact que pourrait avoir ce don présent en chacun des élèves et professeurs de Poudlard sur l'esprit.
Se rendre compte que cette force présente en soi pouvait faire de nous le maître du monde pouvait faire perdre la tête à n'importe qui. Il en existait de bons exemples dans l'Histoire du monde magique.


-J'ai peur de...perdre ma personnalité. J'ai peur que la puissance de ma magie me fasse perdre la tête, que je ne contrôle plus rien et que je devienne avide de pouvoir. Vous trouvez peut-être ça exagéré mais je ne pense pas que ça le soit. Ça peut aller tellement vite ! Se rendre compte de tout ce que l'on est capable de faire avec nos pouvoirs, c'est comme si...on avait en notre possession l'anneau magique du Seigneur des Anneaux, je ne sais pas si vous connaissez. Ce que je veux dire, c'est que c'est comme si on avait juste ce qu'il nous fallait pour tout gouverner, tout contrôler. Par exemple, avec Imperium, on peut faire n'importe quoi ! C'est justement ça qui fait peur !"

Friendye avait parlé de plus en plus fort. Se rendant compte qu'elle s'était peut-être un peu trop emportée dans sa tirade, elle se tut et attendit l'avis de miss Grayce à ce sujet en croquant un bout de son cookie.

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Reducio
Désolée pour l'attente


De toute évidence, le sujet tenait à cœur de la jeune Gryffondor. Combien de temps avait-elle passé à ruminer ses noires pensées pour faire preuve d'une telle passion alors qu'elle ne semblait plus pouvoir arrêter son flot de paroles ? Ses traits tirés ne faisaient qu'accentuer la preuve de son profond malaise. Evidemment, comment cela pourrait-il être différent au vu des explications qu'elle fournissait ? Et bien que toute cette remise en question avait pour point d'ancrage une fasse assertion, le résultat n'en était pas moins là. Erin avait eu les mêmes peurs, lors de ses études, déclenchées par la confection de son premier poison. Une des raison d'ailleurs pour laquelle elle avait enlevé cette partie de son programme. Certes, son professeur de l'époque avait justifié leur étude en prétextant qu'on ne contre bien que ce que l'on connait parfaitement mais comment s'arrangeait-il avec sa conscience alors même qu'il apprenait à des enfants à donner la mort ? Mystère.

Mais les potions n'étaient pas le sujet, ni même le programme d'un de ses prédécesseurs. C'était donc Djuline qui avait été le déclencheur bien malgré elle de ce mal-être. Erin lui en parlerait plus tard afin que sa collègue ne soit pas étonnée si jamais la situation venait à se reproduire. Une chose après l'autre… pour l'heure, le silence de la directrice des rouges avait assez duré, inutile de rajouter du stress à cette pauvre Friendye.


"Pour commencer, non, votre métamorphose n'a pas ôté la vie à cette magnifique colombe. Miss Hay Shepard vous en parlerait sûrement mieux que moi mais l'objet d'une métamorphose entre dans un état 'statufié', à défaut de trouver un mot plus approprié. Il est figé, il ne respire plus, n'a plus besoin de s'alimenter, ne ressent plus rien mais si vous inversez votre sort, il revient à la vie dans la même forme et le même état physique qu'auparavant. Un peu comme si vous aviez mis en pause le film de sa vie.

Il n'en reste pas moins que les conséquences peuvent être terribles, je suis d'accord avec vous. Car après tout, qui sommes-nous pour utiliser ainsi la vie à notre guise et selon notre bon vouloir uniquement ?"


Une question que tout apprenti sorcier devrait un jour se poser ! Peut-être même serait-il judicieux qu'un cours obligatoire pour tous y soit associé au cours de leur scolarité. Un nouveau point qu'Erin devrait aborder avec le professeur Stoyanov, quand les évènements leur laisseraient un peu de répit.

Pour laisser le temps à son élève de digérer l'information et réfléchir à la question posée, Erin marqua un moment d'arrêt. Elle prit un cookie et croqua dedans avec délectation, ses yeux plongés dans ceux de l'adolescente. Il était aisé de voir les idées cheminer dans sa tête. La sous directrice lui laissa quelques secondes de plus, mettant à profit ce temps pour absorber une bonne lampée de thé. Elle enchaîna alors :


"Le fait que vous vous posiez ces questions est la meilleure garantie que l'on puisse vous offrir pour votre personnalité. Tant que vous garderez à l'esprit toutes les possibilités et plus encore les conséquences de votre puissance, vous n'avez rien à craindre. Oui, vous avez le pouvoir de faire des choses affreuses mais aussi de merveilleuses et grandes actions. Et qu'est-ce qui déterminera votre avenir ? Votre conscience Friendye, tout simplement !"

La jeune femme affichait à présent un air profondément énigmatique et bien malin qui en aurait deviné la raison.

"Et n'oubliez pas deux choses primordiales :
Dans la vie, rien n'est tout blanc ou tout noir !
Et vous n'êtes pas la seule à être puissante ! Vous pourrez donc toujours trouver de l'aide si jamais - et c'est peu probable - vous veniez à perdre en cours de route."

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"Pour commencer, non, votre métamorphose n'a pas ôté la vie à cette magnifique colombe. Miss Hay Shepard vous en parlerait sûrement mieux que moi mais l'objet d'une métamorphose entre dans un état 'statufié', à défaut de trouver un mot plus approprié. Il est figé, il ne respire plus, n'a plus besoin de s'alimenter, ne ressent plus rien mais si vous inversez votre sort, il revient à la vie dans la même forme et le même état physique qu'auparavant. Un peu comme si vous aviez mis en pause le film de sa vie. Il n'en reste pas moins que les conséquences peuvent être terribles, je suis d'accord avec vous. Car après tout, qui sommes-nous pour utiliser ainsi la vie à notre guise et selon notre bon vouloir uniquement ?"

Plusieurs choses se dégageaient de ces paroles. Déjà, Friendye prit conscience qu'elle s'était emportée et qu'elle était arrivée avec son ignorance qu'elle avait pris pour une certitude. Elle n'avait pas enlevé la vie, mais seulement arrêté. Mouais...ça ne changeait pas tellement quoi. Miss Grayce avait raison, néanmoins. Friendye se demandait alors pour qui les sorciers se prenaient-il ? Parce qu'ils étaient dotés de pouvoir et doués de conscience, ils se croyaient maîtres ou propriétaires des animaux ! Vient alors une question : La conscience apporte-t-elle la supériorité ? Parce qu'elle est bien ce qui nous différencie des bêtes, non ? Ça et la parole. Mais tant que ces questions resteront sans réponse (et sans doute le resteront-elles à jamais), rien ne nous autorisait à utiliser la vie comme ça.

"Le fait que vous vous posiez ces questions est la meilleure garantie que l'on puisse vous offrir pour votre personnalité. Tant que vous garderez à l'esprit toutes les possibilités et plus encore les conséquences de votre puissance, vous n'avez rien à craindre. Oui, vous avez le pouvoir de faire des choses affreuses mais aussi de merveilleuses et grandes actions. Et qu'est-ce qui déterminera votre avenir ? Votre conscience Friendye, tout simplement !" 

Oui, elle avait raison. Friendye esquissa un sourire timide. Bien sûr, tant qu'elle garderait ça dans un coin de son crâne, tout irait bien. La remise en question sans cesse : c'était la solution. Elle se sentit soulagée et délestée d'un énorme poids à l'écoute des paroles de miss Grayce. Ce n'était pas tant ses paroles mais surtout le fait de savoir que quelqu'un nous écoutait vraiment et nous comprenait. Friendye se souvenait alors de quelque chose. Elle avait essayé d'en discuter avec sa mère durant l'été mais à peine avait-elle commencé à évoquer le sujet que cette dernière avait levé les yeux au ciel. Elle avait rétorqué à sa fille qu'elle devrait arrêter de se plaindre pour rien et qu'elle ferait mieux de travailler. C'était le climat de la maison. En parallèle, Friendye se dit que miss Grayce serait ou était sans doute une super maman.
Et c'était vrai. Friendye pouvait faire de grandes choses, comme chaque élève du château. De grandes choses, tant atroces que merveilleuses.
Et elle prouverait à tout le monde qu'elle savait choisir la bonne voie.


"Et n'oubliez pas deux choses primordiales : Dans la vie, rien n'est tout blanc ou tout noir ! Et vous n'êtes pas la seule à être puissante ! Vous pourrez donc toujours trouver de l'aide si jamais - et c'est peu probable - vous veniez à perdre en cours de route."

Friendye acquiesça. Elle savait maintenant qu'elle aurait de l'aide quand elle le voulait ici, à Poudlard. Et c'était important. Friendye avala la fin de son gâteau et regarda miss Grayce. Son bureau était vraiment agréable, emplie d'une bonne odeur et de bonnes choses à manger (si l'on oubliait les nombreux ingrédients qui décoraient la pièce, plus bizarres les uns que les autres). La gryffondor s'y sentait aussi bien que dans le petit salon. C'était emprise d'un sentiment de sécurité et plus légère qu'elle lui répondit :

« -Merci beaucoup miss Grayce ! Vous avez complètement raison. Je dormirais bien ce soir grâce à vous. »

Friendye avait retrouvé le sourire. Elle se rendit compte que ce n'était pas une légende : ça faisait vraiment du bien de parler. Bien sûr, l'effet de cette conversation serait visible sur le long terme. Progressivement, la jeune fille reprendrait des couleurs, ferait disparaître ses cernes par des nuits pleines et serait plus épanouie, comme au début de sa scolarité ici. Du moins, elle l'espérait même si elle n'en doutait pas. Demain serait un nouveau jour; un meilleur jour.

« -Je vais vous laisser maintenant. Je...Heu. Je ne sais pas quoi vous dire pour vous remercier. Peut-être...Je vous promets de rapporter pleinnnn de points à Gryffondor ! »

Elle fit un grand sourire qui voulait dire "merci mille fois" à sa directrice de maison et se leva pour retourner en salle commune.

Reducio
Dernier post pour moi ! :)

L'ignorance préserve de la peur  PV 

Fin du rp pour moi aussi ;)

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