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Zig zag dans les couloirs

Ce matin-là, Erin était particulièrement de bonne humeur. Le weekend s'annonçait prometteur avec le magnifique ciel bleu sans un nuage qui couvrait la région. Certes, la température était encore un poil fraîche mais ne disait-on pas que la luminothérapie était excellente pour le moral ? En tout cas, la jeune femme en ressentait déjà les effets. Et comble du bonheur, elle en avait terminé avec la paperasserie propre à sa fonction et même avec les copies qui aimaient tant s'accumuler sur son bureau. Bref, elle avait donc décidé que c'était le jour parfait pour mettre en œuvre un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps et qu'elle ne cessait de remettre à plus tard, faute de temps : des cours particuliers de potions pour les élèves qui présentaient le plus d'aptitudes. Elle avait donc choisi deux premiers "cobayes" à qui elle avait envoyé des hiboux pour leur proposer de la rejoindre, si elles étaient intéressées, en début d'après midi, pour apprendre l'art de la création de potions ! Le choix pouvait surprendre puisqu'elle n'avait pas choisi d'élèves dans les dernières années mais elle savait surtout qu'ils avaient leur A.S.P.I.C. à préparer et donc peu de temps à perdre si les cours n'étaient pas rodés, ce qui n'était pas le cas pour le moment.

La matinée fila donc à toute allure, la jeune femme s'occupant à préparer ce qu'elle espérait être un succès par la suite. Elle avait réuni de nombreux ingrédients, certains usuels, d'autres très rares. Elle était passée à la bibliothèque emprunter les livres dont les jeunes sorcières auraient besoin, y compris certains venant de la réserve interdite. Les chaudrons étaient en place, les paillasses fraîchement nettoyées. En résumé : tout était prêt à accueillir un après midi d'émulation autour des potions. Et qui sait ce que les deux élèves arriveraient à inventer pendant ce laps de temps ? Erin se revoyait à leur âge (ou peut être un peu plus, elle ne se souvenait plus exactement), lorsqu'elle avait, par inadvertance, créé une potion qui donnait le hoquet à quiconque la buvait alors qu'à la base, elle souhaitait faire une potion Lissenplis. D'une simple bourde était née sa passion pour la création de potions. Comme quoi, une erreur était toujours bien plus que ça !

Mais voilà que les deux apprentis potionnistes arrivaient. Erin les laissa s'installer et leur expliqua tout simplement :


"Je vous en ai déjà parlé dans vos hiboux. Je pense qu'il serait dommage de ne pas développer vos aptitudes naissantes dans l'art des potions. Vous allez donc pouvoir tenter d'inventer, aujourd'hui, le breuvage de votre choix. Avec mon aide, bien sûr. Le tout est de s'amuser. Et qui peut être arriverons-nous à quelques surprises ?"

Mais à peine eurent-elles le temps d'inspecter les ingrédients qui se trouvaient dans la pièce qu'un vacarme assourdissant se fit entendre alors que le sol trembla sous leurs pieds. Si Erin n'avait pas su que les tremblements de terre étaient peu communs, voir inexistants dans la région, elle se serait sûrement fortement inquiétée. Mais le temps de se poser la question, elle s'aperçut qu'un pan de mur de sa salle de cours avait totalement disparu, laissant place à un trou béant vers lequel un chemin de dalles arpentait. Aussitôt, une fumée verdâtre à l'odeur d’œufs pourris envahit la pièce. Ni une, ni deux, la jeune femme s'empara de sa baguette et lança un sort sur la porte d'entrée afin de l'ouvrir mais rien ne se passa. Elle tenta plusieurs sorts, en vain, et finit par se résoudre à l'évidence : elles ne pouvaient sortir que par cet étrange souterrain. Et les cris qui y résonnait n'étaient pas faits pour être rassurants.

C'est pourtant avec une grande assurance que la professeur de potions s'avança vers le mystérieux passage et s'y engouffra en disant à ses élèves :


"Bien, les filles, sortez vos baguettes et restez derrière moi. Un peu d'aventure ne vous effraie pas ?"

~ Ancienne Professeur de Potions ~
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Ancien sorcier  

Zig zag dans les couloirs

Elisabeth se dirigeait vers les cachots de Poudlard, ignorant les interpellations des portraits qui la saluaient ou lui reprochaient son impolitesse. Elle se demanda, pour la première fois de sa vie, pourquoi ce cours se déroulait dans un tel endroit, ignorant la connotation de torture que lui songeait diaboliquement son esprit malsain. Surtout qu'elle n'était pas dans un tel état, au contraire, elle était plutôt excitée à l'idée de découvrir ce que ce nouveau cours leur réserverait. En effet, la jeune fille avait reçu quelques que jours plus tôt un message de sa professeur de potion, la lecture de celle-ci plongea Elisabeth dans une perplexité extrême à tel point qu'elle relut le message trois fois pour être bel et bien sûre de son contenu. La professeur de potions souhaitait initier des cours de soutien dans lequel elle aiderait à développer leurs aptitudes de potionnistes et leur avait demandé de participer à ce nouveau dispositif.

Bien que la seconde année n'y voyait aucun inconvénient, elle se demandait si le choix des participants était judicieux. La jeune fille n'avait jamais été particulièrement douée ni extrêmement mauvaise en potions. Elle se débrouillait dans cette matière sans exceller et elle ne souhaitait pas se retrouver avec des personnes qui créeraient des potions impressionnantes en un claquement de doigt. Néanmoins, malgré cette angoisse de ne pas suivre la cadence, elle était animée par une curiosité insatiable de savoir ce que leur réserverait Miss Grayce.

La jeune fille s'avança donc dans la salle de classe où la professeur de potions était déjà présente. Une autre participante qu'Elisabeth avait rencontrée dans l'infirmerie était également là, la seconde année s'étonna de cet effectif réduit mais ça permettrait surement de suivre plus attentivement les deux participantes. Lorsqu'elles furent installées, miss Grayce prit la parole:


"Je vous en ai déjà parlé dans vos hiboux. Je pense qu'il serait dommage de ne pas développer vos aptitudes naissantes dans l'art des potions. Vous allez donc pouvoir tenter d'inventer, aujourd'hui, le breuvage de votre choix. Avec mon aide, bien sûr. Le tout est de s'amuser. Et qui peut être arriverons-nous à quelques surprises ?"

Créer sa potion, rien que ça! Elisabeth se voyait déjà créer une potion permettant d'éviter de faire du bruit ou une potion de clonage ou une potion qui ferait d'elle une grande karateka. Mais ses espoirs utopiques furent interrompues par un bruit assourdissant suivie d'un tremblement de terre accompagné d'un brouillard verdâtre. Elisabeth s'accroupit instinctivement laissant la secousse passait. Lorsque ce fut le cas, la jeune fille se reléva mi terrorisée, mi perplexe afin d'évaluer l'étendue des dégâts. Jamais, elle n'aurait cru ça possible, un trou énorme avait remplacé un mur et il semblait que des cris venaient de cet endroit. La professeur de potions tenta d'ouvrir la porte d'entrée en vain. La seule solution logique semblait de passer par le trou. Oui, oui l'ouverture qui était soudainement apparue avec une fumée verte et des cris qui venaient de celle-ci. Elisabeth n'y croyait pas, on aurait dit un scénario de film d'horreur où les victimes devaient se rendre vers leurs meurtriers qui les attendaient avec une impatience extrême. Miss Grayce prit les devants et s'avança avec une certaine assurance vers le trou.

"Bien, les filles, sortez vos baguettes et restez derrière moi. Un peu d'aventure ne vous effraie pas ?"

Elisabeth sortit sa baguette, mi terrorisée mi excitée par cette situation pour le moins innatendue.

" Ca dépend, j'aurai préféré une musique plus encourageante que des cris agonisants." dit-elle en attendant que Miss Grayce pénètre dans cette ouverture.

Zig zag dans les couloirs

Kaeyann se leva exceptionnellement tôt ce matin-là, le corps agité d'un fourmillement généralisé. La jeune fille n'aurait su dire s'il s'agissait de nervosité, d'excitation, ou tout simplement d'un symptôme de rhume saisonnier, toujours est-il que la journée s'annonçait chargée de rebondissements. En effet, la jeune fille avait reçu quelques jours plus tôt un hibou de son professeur de potions, Miss Grayce, l'informant qu'elle avait été choisie pour participer à un atelier de création de potions. La jeune Gryffone avait laissé échapper un petit hoquet de stupeur, car si elle avait maintenu une moyenne d'Optiomal tout au long du semestre, elle avait veillé à passer complètement inaperçue parmi les autres novices de potions. Il fallait dire que Miss Grayce inspirait un profond respect mêlé de beaucoup de crainte chez Kaeyann, sans que cette dernière n'arrive à s'expliquer pourquoi. L'enseignante n'avait pourtant jamais eu à discipliner la Rouge, elle n'avait jamais semblé mécontente de son travail ni n'avait émis le moindre commentaire négatif, mais il y avait quelque chose dans son sérieux et son amour de la rigueur qui terrorisait Kaeyann.

Lorsqu'elle quitta son dortoir, donc, la rouquine était aussi nerveuse que si elle venait d'apprendre qu'elle devait affronter à elle seule une colonie d'Acromentules, armée seulement d'une cuillère de bois et d'un stock restreint d'ingrédients en sachets. La jeune fille se doutait bien que Miss Grayce aurait réuni à leur intention tout un éventail d'ingrédients spécialisés, surtout pour un atelier de création de potions, mais elle avait décidé d'emporter avec elle l'intégralité de son nécessaire à potions pour faire bonne figure. C'était la première fois qu'elle se retrouverait en quasi tête à tête avec le professeur, elle ne pouvait pas se permettre de paraître négligée.

Arrivée dans le couloir du sous-sol où avaient lieu les cours de potions, Kaeyann frissonna légèrement. Elle n'avait jamais aimé cette partie du château, n'étant pas une grande fan de l'obscurité, de l'humidité ou des espaces confinés. Les torches qui s'alignaient sur les murs avaient beau brûler de toutes leurs forces et diffuser lumière et chaleur, Kaeyann trouvait tout de même que les sous-sols avaient quelque chose de complètement lugubre. Les dalles de pierre froide, les plafonds bas suintant d'humidité, l'air vicié et les bourrasques froides qui provenaient d'on ne savait où...quelle ambiance glauque! Kaeyann atteignit finalement la salle de classe et entra, ne sachant pas ce qui la rendait le moins mal à l'aise du couloir désert ou de la présence du Professeur Grayce. Une minute plus tard tout au plus (bien que ce laps de temps eut parut une éternité aux yeux de Kaeyann, qui essayait tant bien que mal de dissimuler son trouble alors qu'elle était seule avec son professeur), Elisabeth Connor fit son entrée à son tour.


«Je vous en ai déjà parlé dans vos hiboux.», dit Miss Grayce, une fois les deux jeunes filles installées confortablement. «Je pense qu'il serait dommage de ne pas développer vos aptitudes naissantes dans l'art des potions. Vous allez donc pouvoir tenter d'inventer, aujourd'hui, le breuvage de votre choix. Avec mon aide, bien sûr. Le tout est de s'amuser. Et qui peut être arriverons-nous à quelques surprises?»

Kaeyann se contenta de hocher la tête, esquissant un semblant de sourire. S'amuser? Voilà un mot que la jeune fille n'avait pas souvent associé au cours de potions. Elle aimait la matière, certes, mais elle se contentait généralement de lire attentivement chaque ligne de chaque page de son manuel de cours pour faire ses devoirs le mieux possible, et respectait à la lettre les consignes en classe lorsqu'elle devait reproduire un élixir ou une décoction, sans chercher à briller par sa créativité. Kaeyann accepta tout de même de relever le défi, car elle savait que c'était là une chance unique que lui offrait son enseignante, et qu'elle serait bête de ne pas essayer. Elle se leva donc pour s'approcher de la table sur laquelle était disposée une panoplie de bocaux, de boites et de sachets, mais à peine avait-elle fait un pas que le sol s'était mis à trembler violemment. La Rouge se jeta à genoux et se glissa sous la table de travail à laquelle elle était assise quelques instants auparavant, comme elle avait appris à le faire depuis sa plus tendre enfance. Quand la secousse se fut éteinte, la jeune fille sortit de son abri avec précaution, levant les yeux vers son professeur, qui elle ne la regardait pas du tout. La tête tournée vers un trou béant qui venait de se former dans le mur du fond, Miss Grayce avait un air déterminé et dégageait une confiance inébranlable, qui ne s'estompa même pas lorsqu'une épaisse fumée verte envahit la pièce et que des cris horribles déchiraient le silence oppressant qui venait de retomber. La porte de la salle de cours devait être verrouillée, car Miss Grayce s'était avancée vers le passage secret et annonçait:

«Bien, les filles, sortez vos baguettes et restez derrière moi. Un peu d'aventure ne vous effraie pas?»

Elisabeth répondit quelque chose, mais Kaeyann n'entendit pas sa réponse, trop occupée à attraper son sac pour le balancer sur ses épaules et à sortir sa baguette magique elle-aussi.

«Lumos» chuchota la gryffone avant d'emboiter le pas à son enseignante.


.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
Capitaine des Red Lights ~ Préfète ~ Tutrice ~ Gryffon d'Argent
♦ Élève du mois de Février 2014♦

Zig zag dans les couloirs

Reducio
Avec toutes mes excuses pour cet impardonnable retard !


Erin ressentait ce subtile mélange d'excitation et d'angoisse qu'elle avait ressenti si souvent pendant ses années d'étude à Poudlard. C'est qu'elles en avaient inspecté des recoins, avec Megumi, une fois la nuit tombée. C'était parti d'une petite phrase anodine, en salle commune, où un camarade avait expliqué que la devise même de Gryffondor, qui prônait le courage, n'était simplement qu'une incitation à enfreindre le règlement pour s'aventurer là où ils n'en avaient le droit. La curiosité des jeunes filles avaient fait le reste. Et si elles ne pouvaient prétendre connaître aussi bien le château que les jumeaux Weasley en leur temps, elles en avaient acquis une connaissance bien supérieure à la moyenne. Et pourtant, ce souterrain ne disait rien à la jeune femme ! Pire, l'inquiétude prenait le pas sur le goût de l'aventure ! Non pas que la professeur n'était plus une Gryffondor dans l'âme mais bien parce qu'elle n'était plus aussi insouciante qu'auparavant et jamais elle n'aurait souhaité entraîner de jeunes élèves dans un tel guêpier ! Mais que pouvait-elle faire d'autre ? Alors qu'elle n'avait aucune idée de ce qui se tramait, elle ne pouvait décemment pas les laisser dans le cachot. S'il était une chose dont elle était certaine, c'est qu'elles seraient plus en sécurité auprès d'elle. Du moins, l'espérait-elle !

Elle avait déjà fait quelques pas dans le souterrain, sa baguette éclairée devant elle, quand elle entendit le remarque d'Elisabeth. De toute évidence, elle n'était guère rassurée et comment aurait-il pu en être autrement ? Les cris qui se répercutaient sur la paroi rocheuse étaient désagréables au plus haut point. Ils semblaient venir de partout à la fois, déchirants, angoissants. Erin sentit les poils se dresser sur ses bras mais elle garda une voix rassurante lorsqu'elle répondit :


"Vous êtes en sécurité à Poudlard, vous le savez. Ces cris sont sûrement l’œuvre d'un petit plaisantin qui a trouvé là le moyen d'effrayer les gens. Nous allons y mettre un terme et ensuite, nous pourrons sortir de là."

Un plaisantin, hein ? Elle espérait que ses élèves seraient rassurées mais force était de constater qu'elle n'avait pas trouvé là la meilleure explication. Ça sonnait faux mais elle ne pouvait pas non plus prétendre que c'était le vent sur la pierre qui créait une illusion sonore. D'où le vent aurait-il pu provenir ? Comme aurait dit son père : faute de grives, on mange des merles ! Une explication peu plausible en valait bien une autre. Et son assurance ferait peut être le reste. Au moins, les jeunes sorcières n'avaient pas hésité à la suivre et elle voyait dans leur regard la fièvre contagieuse de l'aventure.

Elle reporta donc son attention sur leur environnement. Le sol était dallé, régulièrement, et la pierre avait été creusée mais étrangement, les irrégularités laissaient à penser que cela avait été fait à la main, sans l'aide de la magie. Étrange... Elle parcourut ainsi une centaine de mètres, sur le qui vive. Il n'y avait pas un seul brin d'air et pourtant, le souterrain ne sentait pas le renfermé. La fumée verdâtre qui était apparue dans le cachot avait à présent totalement disparue mais elle ne voyait pas pour autant où tout ça les menait. Elle finit par butter sur quelque chose de dur et faillit s'étaler par terre. Erin baissa sa baguette et, à la lumière de son lumos, s'aperçut que le sol était à présent brut. Finies les dalles régulières et le confort qu'elles apportaient à la marche. Elles allaient devoir redoubler de vigilance !

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Ancien sorcier  

Zig zag dans les couloirs

La situation était désespérée et désespérante! En analysant le contexte dans lequel elles étaient plongées, Elisabeth dût admettre que le fait qu'un trou fasse subitement son apparition en plein cours n'avait rien d'étonnant. A Poudlard, il fallait s'attendre chaque jour à vivre des situations inédites et insolites. En fait, la normalité ou la routine était une chose impossible à vivre au sein de l'école de sorcellerie et si jamais elle s'installait dans la vie d'un malheureux sorcier, elle nuirait probablement à sa tranquillité mentale et physique. Les cris angoissants, la fumée verdâtre, tout cela n'était que l'assaisonnement adéquat à tout ce remue-ménage qui répondait en fait à la définition de la réelle "normalité" à Poudlard. Non, ce n'était tout simplement pas le décor nouveau et l'appel à l'aventure qui rendait la situation désespérée et désespérante! Il s'agissait d'autre chose! Bien pire que l'odeur d'oeuf pourri qui s'était installée dans la pièce seulement quelques instants auparavant. Dans tout ce contexte agréablement dosé pour appeler à l'aventure la jeune fille, il fallait que Miss Hirondella vienne mettre son grain de sel, rendant la situation trop amère au goût d'Elisabeth. En effet, sa simple présence était une nuisance, un fléau personnifié. Elle allait leur causer des ennuis, c'était sûre et certain, enfin plus d'ennuis qu'elle en avait déjà. Bon au moins, si elles tombaient sur une secte cachée au sein de Poudlard depuis des siècles et qu'il réclamait un sacrifice humain pour pouvoir les libérer, la victime était toute désignée et il éradiquerait par la même occasion un gros problème dans la vie de la jeune fille. Un mal pour un bien en somme!

Elle jeta un regard de dégoût à son ennemie et avança précautionneusement sur les pas de Miss Grayce tout en réfléchissant aux dernières paroles de celle-ci sur leur prétendue sécurité à poudlard et la farce d'un plaisantin. Poudlard n'était plus aussi sûr qu'avant, elle le savait pertinemment! Et si un farceur avait réussi à créer ce stratagème, il devait sacrément être doué et complètement malade en même temps. Ce n'était pas du style des Serpentards de faire ce genre de farces, ni des Gryffondors, Les Poufsouffles ne faisaient jamais de farces aux lourdes conséquences et les Serdaigles, Elisabeth doutait, malgré leur grande érudition, qu'ils connaissent la signification de ce mot. Non c'était l'oeuvre d'une nuisance (autre que Kaeyann et beaucoup plus intelligente) et c'était un mystère qui plaisait de plus en plus à la jeune fille.

Le sol était dallé, tout semblait indiqué que cet endroit devait exister depuis des lustres. Elle s'aperçut soudainement que Miss Grayce faillit tomber et lorsque celle-ci éclaira le sol, la jeune fille put entrevoir une surface brute. Elisabeth se demanda si les personnes qui avaient posé les dalles n'avaient pas pu achevé leurs travaux, où si tout avait été calculé, planifié et que cela était le début d'une longue série de pièges faisant appel à leur vigilance. En tout cas, pour un archéologue, ça aurait été un terrain de chasse génial où il aurait pu élaborer les hypothèses les plus farfelues et inimaginables sur ce changement. Néanmoins, Elisabeth ne put s'empêcher de se demander comment derrière ce trou béant pouvait se cacher un long couloir qui semblait inexploré. Il devait y avoir quelque chose de très dangereux ou de très précieux sous cette histoire. Quoi qu'il en soit, la jeune fille décida de se concentrer sur ses pas en se demandant ce que leur réserverait la suite de leur aventure.

Zig zag dans les couloirs

Pourquoi fallait-il toujours que ce genre de choses lui arrive à elle? Depuis son arrivée à Poudlard, Kaeyann s'était perdue, était tombée, s'était démis l'épaule, avait eu affaire à des charlatans porteurs de melon qu'Amber et elle avaient du faire exploser pour s'enfuir, était tombée dans un tunnel menant sous le lac, et maintenant ça. Elle était coincée dans un tunnel étrange, encore, et avec pour seule compagnie son enseignante et cette petite peste de Connor. Et comme si ça ne suffisait pas, il fallait bien entendu que ce tunnel-ci soit en terre brute et inégale, qu’il soit apparu subitement de derrière un mur après un tremblement de terre, et qu’une épaisse fumée verdâtre et des cris horribles en soient surgis, rien que pour mettre tout le monde bien mal à l’aise et rendre la progression difficile…

Oh, Kaeyann n’avait pas particulièrement peur, elle s’était déjà fourrée dans toutes sortes d’aventures dangereuses et s’était retrouvée dans le pétrin plus souvent qu’à son tour, et elle s’en était toujours très bien tirée, mais elle commençait à en avoir marre. D'accord, Erin Grayce était avec elle, elle ne risquait donc pas grand-chose. Mais, quand même… ce sous-terrain ne lui disait vraiment rien qui vaille. Les cris avaient cessé depuis un moment maintenant, alors que les trois sorcières avançaient en éclairant leurs pas du faisceau de leur baguette, et la fumée s’était dissipée, mais l’atmosphère qui régnait dans le tunnel demeurait lourde et tendue. Rapidement, les dalles qui recouvraient le sol à l’entrée du tunnel s’étaient interrompues, et le Professeur Grayce avait failli tomber en mettant le pied sur le sol de pierre recouvert d’une épaisse couche de poussière rougeâtre. Kaeyann, qui fermait la marche, progressait donc avec tous ses sens en alerte.

La poussière étouffait le bruit de leurs pas, mais la jeune fille pouvait toujours entendre le son que faisaient les talons des deux autres et suivait ainsi leur avancée, même sans pouvoir les voir. De temps à autre, le bruit d’une cape qui se froissait rompait le fil de ses pensées, mais c’était bien la seule chose qui meublait le silence qui s’était installé depuis la dernière intervention de Miss Grayce. Kaeyann sentait que ses yeux commençaient à s’habituer à la pénombre, et elle distinguait maintenant des anfractuosités de taille inégale qui trouaient les parois du tunnel à des intervalles irrégulières, s’éloignant dans tous les sens comme les racines d’un arbre. Le Professeur Grayce suivait le couloir principal, qui ne cessait de tourner en de longs coudes très larges. La jeune gryffone commençait à trouver le temps long. Elles marchaient depuis près d’un quart d’heure, et il n’y avait toujours aucun signe indiquant qu’une sortie se trouvait à l’autre bout du tunnel. Peut-être étaient-elles même en train de s’éloigner du château en passant sous le parc, qu’en savaient-elles? Le sous-terrain continuait de changer de direction à tous les dix mètres, il était impossible de s’orienter convenablement dans de telles conditions.

Soudain, alors que Kaeyann perdait légèrement patience, son regard fut attiré par un petit mouvement sur sa droite. Elle s’arrêta brusquement, intriguée, et plissa les yeux pour essayer de repérer à nouveau ce petit détail qui l’avait accrochée. En vain. Tout était complètement immobile, et les bruits de pas des deux autres s’éloignaient dans le noir. La jeune fille savait qu’elle devrait reprendre son chemin avant de se faire complètement distancer, mais sa curiosité était trop forte. Elle devait aller inspecter ce tunnel. La baguette levée devant elle, Kaeyann fit quelques pas dans le couloir avant de s’apercevoir que… quelqu’un d’autre l’avait précédé. En effet, des empreintes de pied longeaient le tunnel, encore bien fraiches et nettes, et s’éloignaient dans l’obscurité. À leur coté : une longue trace floue, comme celle d’un objet lourd que l’on traîne derrière soi.

Kaeyann se retourna vivement et lança :


«Attendez! Par ici!»

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
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A chaque pas, le temps semblait ralentir un peu plus. Le tunnel, de plus en plus abrupt, ne cessait de tourner, telles les ondulations d'un serpent et surtout, pour le plus grand malheur d'Erin, rétrécissait à vue d’œil ! Ou peut être n'était-ce que les effets de son cerveau ? Toujours est-il que pour elle, c'était une réalité. A mesure qu'elle s'enfonçait, elle ne ressentait plus les bienfaits de l'air frais sur son visage, non la seule chose qui occupait tout son esprit, c'était les parois qui semblaient se rapprocher inexorablement d'elle.

*Un pas après un pas, concentre-toi, tout va bien*

La respiration de la jeune femme se faisait difficile, heurtée et bien qu'elle mette toute son énergie à rester maîtresse d'elle-même, elle était certaine que ses jeunes élèves l'entendaient respirer bruyamment. Il faut dire qu'elles ne pipaient mot, ce qui ne l'aidait vraiment pas. Rien, pas un seul mot pour lui permettre de penser à autre chose qu'à l'étroitesse et la profondeur du tunnel dans lequel elles avançaient toujours plus. Jamais, durant ses escapades nocturnes de jeunesse, elle s'était retrouvée à aller si loin. Il faut dire que Megumi prenait soin à toujours trouver une excuse pour mettre à terme aux découvertes lorsqu'elle sentait que son amie ne se sentait pas bien. Il avait suffi d'une seule fois, d'une seule crise, pour qu'elle comprenne qu'Erin ne supportait pas l'enfermement. Et plutôt que de la taquiner avec ça, elle avait fait face aux moqueries des autres qui pensaient que c'était elle qui avait peur. Par la barbe de Merlin, pourquoi fallait-il que ça lui arrive maintenant, en présence des deux jeunes filles ? En proie à un léger vertige, elle tituba et se rattrapa en s'appuyant sur la paroi froide et humide sur sa gauche.

Elle bataillait encore pour retrouver son souffle, ralentir les battements de son cœur et se demandait s'il ne fallait pas mieux faire demi-tour lorsqu'elle entendit la voix de Kaeyann, lointaine. La jeune Gryffondor ne les avait pas suivi. Du moins, pas depuis un moment. L'angoisse qu'il lui arrive quelque chose fonctionne comme un électrochoc sur la potionniste. Aussitôt, elle se redressa et rebroussa chemin, cherchant d'où venait sa voix.


"Suivez-moi, Miss Connor, et ne vous éloignez pas. Il est imprudent de se retrouver seule dans ses couloirs."

Une de perdue, c'était bien suffisant. Il était hors de question qu'elle doive les rechercher toutes les deux. Après un énième détour du couloir, elle crut voir une faible lumière sur sa gauche. La jeune femme éteignit rapidement sa baguette, l'espace d'une trentaine de secondes et lorsqu'elle fut certaine de ne pas avoir rêvé, la ralluma et s'engouffra sans attendre dans le boyau, à la suite de Miss Hirondella. Elle remarqua à peine les traces sur le sol, seul comptait pour elle de retrouver son élève. Lorsqu'elle la rejoint enfin, il était facile de lire sur son visage l'inquiétude mais aussi le soulagement... avant de reprendre conscience de l'endroit où elles se trouvaient : elle n'avait même pas besoin de tendre les bras, de chaque côté, pour toucher les parois du tunnel et elle sentait clairement le frôlement de la pierre sur le haut de son crâne. Cherchant bruyamment son souffle, elle ferma les yeux mais rien n'y faisait. Elle sentait l'air s'amoindrir, l'espace se refermer sur elle. La tête lui tournait à présent qu'elle manquait d'oxygène et des tâches sombres virevoltaient devant elle. Elle s'adossa contre le mur et, sachant pertinemment qu'elles ne pourraient pas sortir du tunnel et du cachot avant d'avoir trouvé la raison de tout ceci, elle murmura aux jeunes filles :

"Je vous laisse poursuivre toutes les deux. Soyez prudentes surtout, pas d'action inconsidérée. Si vous êtes en difficulté, appelez-moi. Allez, filez maintenant et faites vite !"

La sous directrice leva alors sa baguette et un filament argenté s'en échappa jusqu'à former une panthère. Le patronus s'évada aussitôt vers la sortie et la vive lumière qui émanait de lui disparut au premier virage qu'il prit.

Avis à tout adulte qui pourrait voir apparaître le patronus(j'ai volontairement omis de préciser vers qui je l'envoyais pour que celui qui ait envie de répondre puisse le faire) : Erin, en proie à une violente crise de claustrophobie, a besoin d'aide pour sortir ses élèves et elle-même de là !

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Franchement, Ellen se serait bien passée de courir au travers des tortueux souterrains Poudlard en quête d'une collègue et de deux élèves perdues on ne sait où. Mais avait-elle le choix ? Évidemment que non. Elle ne pouvait décemment pas ignorer un patronus porteur d'un message pour le moins alarmant, et surtout pas dans le but de se mettre à la tâche futile et ingrate qu'elle s'apprêtait à faire : rempoter les plants de mandragore et par la même occasion, subir leurs horribles hurlements. Quelle était la tâche la plus désagréable ? Elle n'aurait su le dire.

*Par la barbe de Merlin, qu'est ce que c'est que cet endroit ?* songea la jeune femme en jetant un œil à l'intérieur du tunnel qui venait de se révéler tout bêtement dans le mur d'un des cachots, sous ses yeux ébahis et ceux, placides, de la panthère argentée, dans l'espoir dérisoire d'y voir quelque chose. On aurait dit que l'obscurité était faite d'encre tant elle était épaisse, le patronus tenant lieu d'unique source de lumière, malheureusement moindre. Ellen avança d'un pas incertain sous le regard insistant de l'animal, s'enfonçant avec circonspection dans les profondeurs du boyau. Elle n'eut pas le temps de faire quelques foulées sur le sol dallé qu'un bruit affreusement évocateur retentit derrière elle, celui d'un mur se remettant tranquillement à sa place. Le temps qu'elle se retourne, l'extérieur ne se résumait plus qu'à un mince filet de lumière, lui-même délivré par les quelques torches qui éclairaient les sombres cachots. Adieu, monde cruel, aurait pu penser la botaniste avec raison, mais elle se contenta d'empêcher un chapelet de jurons tous plus inadaptés à son statut de professeur les uns que les autres de franchir ses lèvres. Heureusement qu'elle était seule, ou sa couverture aurait été éventrée de manière assez systématique pour atteindre le point de non-retour.

Sauf qu'il y a forcément un moment où l'on craque, et ce moment, Ellen le connut en voyant que la panthère s'évaporait sans plus de cérémonies, sa masse argentée s'évanouissant sans qu'elle puisse rien faire d'autre que disjoncter proprement. Ce qu'elle fit. Ou plutôt, elle laissa libre cours à son exaspération de s'exprimer au travers d'un langage imagé, qu'elle n'avait pas dû employer depuis des lustres. Une fois son répertoire à sec, elle souffla un grand coup avant de saisir fermement sa baguette, qui sous l'emprise d'un sortilège informulé, se mit à luire d'une douce lumière dorée. C'est que ça faisait un bien fou, de voir de nouveau où l'on mettait les pieds. Certes, elle était complètement perdue au milieu d'un dédale apparemment inextricable, avec pour seul allié un bout de bois capable de faire des trucs utiles, mais elle était de nouveau entièrement maîtresse d'elle-même. Ça aussi, ça faisait du bien.

Cela faisait maintenant dix bonnes minutes qu'elle marchait de son pas alerte, son allure n'ayant pas ralentie d'un iota, même lorsque les dalles avaient laissé place à un sol inégal où il ne fait pas bon mettre les pieds. Elle avait dû tourner dans au moins dix-huit virages lorsqu'une odeur d’œuf pourri, peut-être du souffre, s'engouffra dans ses narines. Ce qui, évidemment, rendit l'escapade encore plus désagréable qu'elle ne l'était déjà. Coup de chance, les pour ainsi dire infâmes effluves finirent rapidement par se tasser, permettant à la professeure de reprendre une respiration à peu près normale. Elle était toujours en train de se demander d'où cela venait lorsqu'un bruit rauque attira son attention, qu'elle ne tarda pas à identifier comme une respiration heurtée. Son cœur manqua un battement dans sa poitrine. Qu'était ce donc ? Cet odeur, ce message... Que se passait-il donc dans ces fichus souterrains ? Elle avança pourtant, les pupilles dilatées à cause du noir, à la fois peu rassurée et agacée de son inquiétude ridicule. Il n'y avait rien de bien méchant ici, elle devait se faire des idées.


*Oh, non...* Telle fut la pensée qui traversa le cerveau d'Ellen en voyant le corps recroquevillé à terre, qui, elle l'avait compris, appartenait à Erin Grayce elle-même. Ni une ni deux, elle s'approcha de la carcasse horriblement inerte, s'intimant de rester aussi calme et sereine qu'il lui fallait être. Les crises d'hystérie, ça allait bien, et ce n'était pas en permettant à Erin d'enrichir son vocabulaire que les choses s'arrangeraient.

« Erin ? Erin, calme-toi, je suis là. Vas-y, respire. On va sortir d'ici, mais il faut d'abord que tu te remettes d'aplomb. Inspire, expire... »

Elle continua ainsi sa lente litanie, à peine consciente qu'elle tutoyait une femme à laquelle elle avait dû parler trois fois dans sa vie, se remémorant ce qu'elle avait pu apprendre sur ce genre de crises. Claustrophobie ? Possible, le conduit n'étant pour tout dire pas très large... Sauf qu'elle ne savait rien des peurs de la sous-directrice, et sûrement pas si cette dernière souffrait d'un quelconque mal des espaces. Elle en était toujours à ânonner inlassablement lorsqu'un bruit, indéfinissable, retentit près d'elle. Qu'est ce que ça pouvait bien être encore ?

« La vérité est toujours belle et terrible, c'est pourquoi il faut l'aborder avec beaucoup de précautions. »
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Ancien sorcier  

Zig zag dans les couloirs

Kaeyann s’était perdue ! Cette jeune fille avait un don étonnant pour s’attirer des ennuis et pourtant l’exercice était simple, il s’agissait de suivre deux personnes. C’est donc avec une certaine surprise qu’Elisabeth dût rebrousser chemin en compagnie de miss Grayce à la quête de Kaeyann dans un calme angoissant. La seconde année avait l’impression de tourner en rond ou d’errer continuellement dans un tunnel sans fin, les cris terrifiants s’étaient estompés ou bien Elisabeth avait réussi à éluder ses sons agonisants de son esprit, mais à l’heure actuelle, elle n’entendait plus rien. Seuls les retentissements des questions silencieuses faisaient écho dans ses parois et laissaient Elisabeth en proie à des interrogations affligeantes. Elle avait beau essayé de réfléchir à cet endroit, au trou béant qui s’était formé et à leurs promenades incessantes dans les sous-sols, elle devait se rendre à l’évidence, ça dépassait tout entendement.

Finalement la jeune Gryffonne fut retrouvée et celle-ci avait découvert un tunnel. Peut-être une porte de sortie ou un piège. Enfin la seconde année n’en savait rien, elle observait simplement ses pas qui les invitaient à suivre leurs traces. Était-ce quelqu’un qui s’était perdu comme eux ou une personne qui voulait du mal à Miss Grayce. Parce qu’il fallait être réaliste, Elisabeth doutait sérieusement que quelqu’un en veuille personnellement aux deux jeunes filles au point de faire tomber un mur même s’il était de l’esprit le plus vindicatif qu’il soit. Soit il s’agissait d’un groupuscule visant à s’emparer du pouvoir, soit quelqu’un qui en voulait personnellement à Miss Grayce, soit d’un vulgaire tremblement de terre. Cependant, Elisabeth et probablement Kaeyann durent faire face à un autre problème pour le moins imprévu.

En effet, miss Grayce sembla soudain perdre contenance, elle s’adossa contre le mur, atteinte apparemment d’un mal que la seconde année ne connaissait pas. C’était tout juste impossible, Elisabeth devait rêver ! Certaines choses étaient impossibles à Poudlard ! La sous-directrice ne pouvait pas leur demander réellement de continuer sans elle, prise par une peur panique qui la bloquait dans ce sous-sol. C’était du pur délire ! Comme pour obtenir confirmation, Elisabeth se pinça afin de trouver une faille dans toute cette situation grotesque. Malheureusement, le vif picotement qu’elle en ressentit alors lui arracha un air catastrophé. La douloureuse vérité lui sauta alors aux yeux, elles étaient perdues et miss Grayce avait peur de quelque chose que la jeune fille de douze ans ne comprit pas. Elle voulait dire quelque chose n’importe quoi mais ses lèvres demeuraient scellés d’incompréhension, d’indignation et probablement de crainte. Les deux jeunes filles pouvaient-elles réellement abandonné leur professeur de potions seule à elle-même dans cet endroit sordide et atroce ?

La jeune fille s’avança vers miss Grayce, se demandant réellement si elle prenait la bonne décision, elle ne savait pas rassurer, réconforter ou dire des choses gentilles alors elle lui tendit une chocogrenouille. La meilleure solution, selon elle, était d’aller demander l’aide d’une âme charitable pour les sortir de cette situation. Même si l’idée de laisser la professeure de potions ne l’enchanter guère, il s'agissait certainement de la meilleure chose à faire.


« On revient vite ! Je vous parie cinq chocogrenouilles et la main de Monsieur Heltowni qu’on vous apportera de l’aide dans les dix minutes à venir ».

Cette remarque désespérée était destinée à faire sourire la sous-directrice ou à la faire sortir de ses gongs, enfin à la faire réagir en de telles circonstances. Elisabeth se tourna alors vers Kaeyann, elles étaient de nouveau amenées à coopérer, elles qui se détestaient plus que tout. C’était tout de même le comble de l’ironie. La seconde année lança un « On y va ! » à l’attention de sa camarade. Sans attendre de réponse, elle s’engagea dans le tunnel inquiétant d’un pas rapide qui se voulait déterminé. Quelques instants plus tard, elle entendit un son, une mélodie qui semblait ancrée dans son esprit. Un concert de voix plaintives s’éleva dans une douce symphonie à la fois belle et profondément mélancolique. Elisabeth se boucha les oreilles, ne souhaitant pas entendre ses tendres lamentations qui s’infiltraient dans sa tête et la rendait amère, triste et peu sûre d’elle. Elle avait beau tenter de ne pas entendre ses voix lasses et désespérées, rien n’y faisait, elles la submergeaient pleinement et totalement. Cet orchestre plaintif et raffiné fit dériver ses pas dans ce tunnel machinalement, comme si elle tentait d’échapper à celui-ci. Soudain, dans cette sombre promenade, elle trébucha sur quelque chose. Lorsqu’elle se releva, elle aperçut une urne dorée sertie d’émeraudes et de rubis, d’où dépassait un parchemin.


Reducio
J'ai supposé que le post de Miss Muller était assez évasive pour nous permettre à Kaeyann et moi de nous éclipser, si ce n'est pas le cas et que je fais un énorme contre-sens, j'éditerai mon post. :)

Zig zag dans les couloirs

Miss Grayce et Elisabeth avaient continué leur chemin pendant un moment avant de s'apercevoir que Kaeyann s'était éloignée. Quand elles la retrouvèrent, la jeune fille avait déjà parcouru plusieurs mètres dans le tunnel en se guidant avec la lumière de sa baguette, avant de revenir sur ses pas pour attendre ses deux compagnes d'infortune. Les pas qu'elle avait suivis dans le couloir sombre continuaient bien au-delà de son champ de vision, ils s'éloignaient en laissant un sillon clair et précis, comme si rien n'était venu altérer la poussière dans ce coin de tunnel depuis que l'inconnu y était passé... Ce qui était probablement le cas. Le bon signe, c'est qu'il y avait toujours de l'air, et donc que le tunnel ne menait pas à un cul de sac, mais peut-être à une sortie. Kaeyann avait on ne peut plus hâte de sortir de là, elle qui tolérait très mal les espaces clos, sombres et puants de poussière.

Malheureusement pour la Canadienne, son professeur de potions semblait plus mal en point encore qu'elle. Elle s'était adossée au mur et semblait prise d'une crise d'angoisse. Sa respiration s'était faite précipitée, courte et saccadée, comme si elle étouffait. Kaeyann comprenait très bien comment son enseignante se sentait, n'étant pas étrangère aux crises de claustrophobie elle-même.


«Je vous laisse poursuivre toutes les deux.» dit alors le Professeur Grayce. «Soyez prudentes surtout, pas d'action inconsidérée. Si vous êtes en difficulté, appelez-moi. Allez, filez maintenant et faites vite!»

Sur ce, elle leva sa baguette pour faire apparaitre un patronus, qui s'éloigna en souplesse comme un messager de lumière, avant de disparaitre au détour d'un tunnel. Kaeyann se tourna vers Elisabeth. Elle était si peu chaude à l'idée de s'aventurer dans un autre tunnel sombre avec la vipère qu'elle envisagea de rester avec Miss Grayce jusqu'à l'arrivée des secours. Elle saurait certainement la calmer, et au moins elle n'aurait pas à endurer la présence de Connor. Mais cette dernière, visiblement dans un soucis d'alléger l'atmosphère, prit la parole avant Kaeyann et décida à sa place.

«On revient vite! Je vous parie cinq chocogrenouilles et la main de Monsieur Heltowni qu’on vous apportera de l’aide dans les dix minutes à venir ».

Kaeyann se força donc à sourire, pour se montrer encourageant elle aussi, alors qu'en fait elle avait à peu près autant envie de bécoter un verracrasse que d'aller faire une balade avec la Verte. Elle raffermit cependant sa prise sur sa baguette, fit volte-face, et retourna dans le tunnel qu'elle avait trouvé, suivant cette fois deux traces de pas: la mystérieuse empreinte d'un inconnu s'étant aventuré dans les sous-terrains de Poudlard des années auparavant, et celle, plus petite, qu'elle avait fait en suivant la première. En observant les deux traces côte à côte, elle déduit que le sorcier qui les avait précédées devait être un homme de très grande taille, qui transportait quelque chose de lourd ou d'encombrant, si même lui n'avait pas réussi à la soulever, et avait été contraint de la trainer derrière lui.

Alors que la rouquine avançait prudemment, sa baguette tendue devant elle pour éclairer la voie, elle entendit soudainement une étrange mélodie qui semblait venir de nulle part. Elle se tourna instinctivement vers Elisabeth, pour avoir la confirmation qu'elle n'était pas la seule à entendre cette musique sombre et d'une beauté inquiétante. La Verte avait plaqué ses deux mains sur ses oreilles, signe qu'elle aussi l'entendait, mais qu'elle ne voulait pas être troublée par elle. Kaeyann l'imita, tentant tant bien que mal de diriger la lumière de sa baguette vers le sol devant elle tout en se bouchant les oreilles le plus hermétiquement possible. Elle avança ainsi sur quelques mètres, avant de sentir le sol trembler légèrement à ses pieds, comme si quelque chose y était tombé. La Gryfonne se pencha, éclairant Elisabeth, qui s'était vautrée sur le sol en trébuchant sur ce qui ressemblait à un vase, ou une urne. La vipère se releva, et Kaeyann lui décocha un regard désapprobateur, qui disait clairement: «Et c'est moi que tu traites d'empotée?», sourcil levé à l'appui. La rouquine se pencha pour mieux observer la trouvaille accidentelle de sa «camarade», et la musique lui emplit les oreilles à nouveau.


«Tu crois que...» commença Kaeyann en admirant les joyaux ornant l'urne, mais elle s'interrompit en apercevant le parchemin.

La jeune fille tendit la main vers ce dernier et le tira lentement vers elle. Retenant son souffle, elle le déroula lentement et le lut à la lueur tremblante qu'envoyait sa baguette magique.


«J'ai trouvé votre urne, Maître, et je l'ai mise en sureté. Je ne sais même pas si j'aurai la force de sortir d'ici pour vous porter ce message, alors peut-être vos trésors reposeront-ils ici avec moi, après tout. Vous savez que je suis votre serviteur le plus dévoué. Je vous en donne la preuve ce soir encore. Cette fortune qui est vôtre ne tombera jamais entre des mains qui n'en seraient pas dignes. Après tout, ne dit-on pas que Poudlard est l'endroit le plus sûr? Vos secrets sont les siens, désormais, et le tremblement de terre qui a scellé le passage menant jusqu'ici semble vouloir qu'ils y restent... et moi avec. Adieu, Maître.»

Kaeyann demeura perplexe. Le parchemin ne disait pas à qui appartenait cette urne magnifique... Cette lettre d'adieu n'avait pas été signée, et elle laissait croire que son auteur n'était jamais sortit de ce tunnel. Ce pouvait-il qu'il soit encore là, quelque part, en train de disparaitre sous la poussière? Et qu'en était-il des trésors qu'il évoquait? Où étaient-ils à présent?

La jeune fille se tourna vers Elisabeth, lui tendant la lettre et attendant sa réaction.


Reducio
Pardon pour ce retard!

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
Capitaine des Red Lights ~ Préfète ~ Tutrice ~ Gryffon d'Argent
♦ Élève du mois de Février 2014♦

Zig zag dans les couloirs

Reducio
Désolée pour ce retard impardonnable. A l'avenir, je tâcherai de répondre plus vite !


Erin vivait son pire calvaire. Elle avait beau savoir que c'était son esprit qui rendait les choses bien pires qu'elles ne l'étaient en réalité, elle était incapable de se raisonner. Elle suffoquait, voilà tout ce à quoi elle était capable de penser, sentant à peine les larmes noyer son visage. Ah ça, elle était belle la sous-directrice ! Heureusement que ses deux élèves étaient plus loin pour ne pas voir le désastre qu'était, à ce moment-là, l'adulte soit-disant responsable. Bon, certes, la remarque de la Serpentard, avant son départ, laissait clairement entendre qu'elle avait compris ce qu'il se passait. En même temps, la potionniste avait eu beau se concentrer pour tenter de sauver les apparences, elle n'était pas dupe. Elle n'avait même pas réussir à esquisser un sourire devant la tentative de la jeune fille pour la faire rire. Et maintenant qu'elle était seule, les secondes s'étiraient, prenant un malin plaisir à la torturer alors qu'elle luttait contre le vertige qui s'emparait d'elle. Si personne ne venait à son aide rapidement, elle savait déjà qu'elle perdrait connaissance mais ne serait-ce pas salutaire, après tout ? Au moins de ressentirait-elle plus cette oppressante sensation. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'elle avait envoyé son patronus, le seul mince espoir auquel elle arrivait encore à se raccrocher avant de sombrer dans une totale hystérie. Chaque fois qu'elle essayait de reprendre ses esprits pour partir à la recherche des deux apprenties sorcières, elle voyait les murs se rapprocher. C'était obsédant, angoissant et elle ne voyait plus que ça.

Et puis, alors qu'elle allait perdre tout espoir, elle entendit un bruit d'abord étouffé, puis de plus en plus net. Et surtout, une lumière qui venait vers elle. Oui, quelqu'un approchait bien, aucun doute possible. Le salut d'Erin arrivait en la personne d'Ellen Muller, professeur de botanique de son état. La sous-directrice fixait seulement la lueur de la baguette de sa collègue, cherchant à oublier tout le reste mais rien ne semblait pouvoir percer les pénombres. C'est à peine si la jeune femme réalisa que sa "sauveuse" s'approchait d'elle et lui parlait. Elle entendait une litanie, très loin d'elle, comme un simple murmure. Les yeux toujours hagards, elle tenta de se concentrer sur la voix. « Inspire, expire... » Plus facile à dire qu'à faire. Et pourtant, ce simple ordre faisait un peu effet. Comme une lueur au bout d'un long tunnel, Erin s'y raccrochait et cherchait son souffle. Surtout, elle devait expliquer à sa collègue qu'elle n'était pas seule. Aussi, à chaque expiration, elle tentait de parler - sans succès. Quel piètre professeur faisait-elle, incapable d'assurer la sécurité de deux élèves ! Dans un effort désespéré, elle finit alors par lâcher :


"Occ...upe-t...oi de Miss... Connor....et Hiron...de...lla. Là-bas..."

Elle leva le bras pour montrer la direction que les jeunes filles avaient prise, espérant qu'elles ne courraient aucun risque, et le laissa retomber ensuite le long de son corps, épuisée par ce simple effort. Elle posa un regard plein d'inquiétude sur Ellen, tentant de lui faire comprendre qu'elles étaient bien plus importantes qu'elle. Il serait toujours temps de lui venir en aide lorsque les demoiselles seraient en sécurité, peu importe ce qu'il se tramait dans ce tunnel.

~ Ancienne Professeur de Potions ~
Dites à quelqu'un qu'il y a 300 milliards d'étoiles dans l'univers et il vous croira. Dites lui que la peinture n'est pas sèche et il aura besoin de toucher pour en être sûr.

Zig zag dans les couloirs

Reducio
Mille excuses pour cet immense retard !


Ellen avait beau ânonner encore et encore, rien n'y faisait : Erin Grayce ne réussissait pas à se calmer. Le rythme de sa respiration précipitée, en accord avec les battements de cœur de plus en plus saccadés de la botaniste, ne parvenait à s'atténuer. La sous-directrice n'était plus que panique, une femme terrifiée et sanglotante, dont l'affolement était tel qu'il paraissait tout bonnement impossible à contenir. Sentant que la situation lui échappait, Ellen, résolue à ne pas laisser l'agitation de sa collègue déteindre sur elle, s'empara de sa main, tandis qu'elle répétait infatigablement les mêmes mots, qui, sans qu'elle s'en rende vraiment compte, perdaient peu à peu toute signification : inspire, expire...

Sa concentration était telle qu'elle ne réalisa pas immédiatement qu'Erin cherchait à lui parler. Ce n'est qu'au terme de laborieux essais que la potionniste réussit enfin à balbutier quelques mots, pointant du doigt une direction derrière Ellen. Cette dernière comprit seulement qu'elle lui demandait d'aller s'occuper de deux demoiselles, apparemment elles aussi perdues dans les souterrains. Sauf qu'elle ne savait quelle attitude adopter : à dire vrai, elle doutait que la sous-directrice ait toute sa tête, et encore plus qu'obéir à une femme en pleine crise de nerfs soit une solution viable. Qui sait ? Peut-être Erin avait-elle rêvé, et que ces collégiennes égarées n'étaient en fait que le fruit de son imagination. Sans parler que l'Allemande ne pouvait décemment pas la laisser dans cet état, et encore moins dans ce tunnel sordide où dieu seul savait ce qu'il s'y cachait. D'un autre côté, si deux fillettes erraient seules là-dedans, il était impensable de rester là à se tourner les pouces. Si seulement Ellen avait une idée de comment conjuguer les deux ! Mais ce n'était pas avec ses maigres prédispositions en magie qu'elle trouverait un sort capable de protéger Erin, et la seule idée de laisser des élèves livrées à elles-mêmes en ces lieux lui paraissait, tout comme à sa supérieure, inconcevable.

Elle déplia donc ses longues jambes devenues endolories, songeant que, décidément, elle préférait encore rempoter des plants de mandragores à vivre cet enfer.
*Tu vas les retrouver, il n'y a pas de raison.* se revigora Ellen, même si sa confiance s'effritait petit à petit. Cerise sur le gâteau, une musique sinistre se fit bientôt entendre, dont on aurait dit qu'elle était constituée de centaines de voix désespérées gémissant à l'unisson. Cet étrange chœur, aux sonorités inquiétantes, ne plut naturellement pas à la Muller, qui pressa le pas. *Vivement que cette histoire soit terminée !* pensa-t-elle, essayant vainement de se soustraire à ces échos dérangeants.

C'est alors que – miracle –, des voix bien différentes parvinrent à ces oreilles. Des voix, qui, sans aucun doute possible appartenaient à des adolescentes. Alors comme ça, Erin ne s'était pas trompée... Portée par ce son, merveilleux à ses oreilles, Ellen courut à leur rencontre. Sa baguette, qui n'éclairait auparavant que le tunnel devant elle, illumina bientôt le visage de deux jeune filles, dont Elisabeth Connor, une Serpentard qu'elle avait déjà croisée en salle commune.


« Tout va bien ? s'empressa de les questionner leur professeur, terriblement soulagée. »

Maintenant, Ellen ne souhaitait plus qu'une chose : retourner auprès d'Erin et sortir d'ici. Alors qu'elle inspectait l'allure des deux élèves, vérifiant qu'aucune des deux n'était blessée, elle distingua un parchemin usé dans la main de la Gryffondor. Avec, à ses pieds, une curieuse urne dorée sertie de pierres précieuses. Elle ignorait ce qui se tramait ici, mais le découvrir n'était pas sa priorité. C'est pourquoi elle enchaîna, plus calmement cette fois-ci :

« Si vous le voulez bien, partons. Je ne sais pas ce qui se passe ici, mais ça peut attendre. Mme Grayce est toujours seule, comprenez que je n'ai aucune envie de m'attarder. »

« La vérité est toujours belle et terrible, c'est pourquoi il faut l'aborder avec beaucoup de précautions. »