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La malédiction des bracelets  PV 

Madeleine, langoureusement allongée dans le canapé de sa salle commune, inspectait avec attention un objet. Il s'agissait d'un lacet de cuir, sur lequel était enfilé une toute petite pierre d'un bleu des plus scintillant. Il n'appartenait pas à la préfète et la façon dont il était entré en sa possession était pour le moins bizarre.

La demoiselle avait voulu se rendre à Pré-au-lard, par le passage secret de la sorcière borgne, qui n'était plus secret du tout puisque tous les élèves de deuxième année (et même parfois de première année) l'empruntait. A la réflexion, il était impossible que les propriétaires de Honeydukes ne soient pas au courant de l'existence de ce passage. Ça ne les dérangeait pas apparemment. En même temps, ça leur amenait des clients.

Madeleine, depuis sa troisième année, pouvait se rendre à Pré-au-lard quand elle le souhaitait, mais nostalgique (et aussi parce qu'il ne faisait pas beau dehors) elle avait décidé d'utiliser ce vieux passage secret.

Tandis qu'elle marchait à la lueur de sa baguette, une araignée sortit d'un coin sombre. Aussitôt, hurlement, quelques pas en arrière, la demoiselle se fit toute petite avant de reprendre sa route en jetant des coups d’œil craintifs à droite à gauche. C'est l'un de ses coups d’œil qui lui permit de voir dans un coin, l'espace d'une milliseconde, un reflet bleuté. Elle craignit que ce ne fut une autre araignée mais les arachnides n'ont pas les yeux bleus... du moins, elle l'espérait. Curieuse, elle s'approcha donc et découvrit le bracelet.

Maintenant, elle se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir en faire. A croire que c'était une malédiction, tous les bracelets perdus de l'école atterrissaient un jour ou l'autre dans ses mains. Elle n'avait pas du tout envie de faire comme la dernière fois : poster une annonce et poireauter toute une matinée dans la Grande Salle pour tenter de le rendre. Elle se résolut donc à la solution de facilité : la faire circuler pendant les cours et les repas... elle commencerait par les cours, c'était plus facile. Sur cette décision, elle monta se coucher.


* * *


Madeleine était en cours de potions. Une fois les consignes données et miss Grayce retournée vers son bureau, la préfète sortit discrètement le bracelet et le fit passer à son voisin en lui chuchotant :

« Fais passer, c'est un bracelet perdu, peut-être que son propriétaire est dans la classe. »

Puis, arborant sa tête d'ange habituelle, la demoiselle se mit à la préparation de sa potion. Du coin de l’œil, elle suivait le va-et-vient du bracelet à travers la classe mais le perdait souvent de vue. A la fin de l'heure, le bracelet était introuvable. Madeleine en rangeant ses affaires, cherchait aux alentours, demandait si tout le monde l'avait eu et cherchait à reconstituer le parcours du bijou. Elle ne le retrouva pas mais finalement, peu lui importait, ce n'était pas le sien. Qu'il ait retrouvé son propriétaire ou que quelqu'un l'ait volé, c'était pareil. Elle aurait au moins essayé.

Madeleine prit son sac et se dirigea vers la sortie. C'était la récréation, elle avait vingt minutes devant elle avant le prochain cours.

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Ancien sorcier  

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Si vous aviez dit à Roxane qu'elle allait retrouver son bracelet adoré, celui qu'elle avait perdu depuis des temps immémoriaux, et ce grâce à l'intervention de la préfète-en-chef Koter, Madeleine Koter, elle vous aurait sûrement, pour ne pas dire forcément ri au nez. En même temps, il y a de quoi : cela faisait belle lurette qu'elle avait perdu tout espoir de retrouver son bijou, tandis que sa dernière conversation en date avec la Rouge relevait de... des siècles, si ce n'était des millénaires. Si les tensions entre les deux filles s'étaient quelques peu apaisées, aucune ne s'était précipitée pour garder un semblant de contact avec l'autre, chose bien compréhensible pour qui savait les évènements ayant mené à leur... froid, dirons-nous. Tout ça pour dire que ces deux éléments étant indéniablement liés, il était d'autant plus curieux de voir les trois protagonistes (autrement dit Madeleine, le bracelet et Roxane) se réunir en ce jour ne dénotant pour l'instant aucune particularité, si ce n'était que le temps était à la pluie, une pluie diluvienne dont les poudlariens se seraient somme toutes bien passés.

C'est alors qu'elle bataillait avec sa potion Chocolatante, dont la consistance ne correspondait apparemment pas à celle attendue, que le bracelet, qui avaient pour l'instant vu défiler bon nombre d'yeux curieux, arriva en sa possession. La pauvre Troisième Année faillit bien laisser tomber l'objet dans sa mixture douteuse sous l'effet de la surprise, mais elle eut le réflexe - et la chance, inutile de se mentir - de le rattraper à temps, lui invitant des blessures sûrement irréparables. Qui sait quelles horreurs attendaient quiconque osait s'aventurer dans la chose indéfinissable au fond du chaudron de la Verte ? Personne. (Et croyez-moi, mieux vaut ne pas le savoir, à moins d'être un maso de première classe.) Mais ce n'était pas fini : victime de sa curiosité, l'adolescente apprit bientôt que l'ancien détenteur du bracelet n'était autre que Madeleine Koter. Pas besoin d'en dire plus, ce nom suffisait amplement.
*Ne me reste plus qu'à aller lui dire deux mots* pensa-t-elle immédiatement, cette réflexion dénotant d'avantage de trouble que d'animosité. Joignant le geste à la parole (ou plutôt la pensée, mais on va pas chipoter), elle se décida, sitôt sortie du cours, à aller à l'encontre de la préfète. Ça restait à son sens la meilleure chose à faire, et malgré l'antipathie que cela lui inspirait, elle n'avait tout bonnement pas le choix.

« Madeleine ? » En retenant sa respiration : « Euh... C'était bien toi, le bracelet ? Nan parce que si c'est toi bah... merci »

Des mots faciles à première vue, mais si difficiles à prononcer... Parce que malgré tous les vœux de réconciliation, les sentiments qui circulaient entre Verte et Rouge restaient ambigües. Encore et toujours.

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Madeleine avait déjà fait quelques pas dans le couloir quand une voix l'appela :

« Madeleine ? »

La préfète se retourna et tomba nez à nez sur Roxane. Celle-ci était un peu essoufflée de lui avoir couru après (elle n'avait donc aucune endurance ?). Madeleine hésita, était-ce bien elle que la Serpentard avait appelé ? N'y avait-il pas une autre Madeleine dans la classe où un prénom y ressemblant ? Après tout, si Roxane s'était arrêtée juste derrière la Rouge, ce n'était peut-être qu'un hasard, elle avait juste eu besoin de reprendre son souffle avant de reprendre sa course folle derrière Ma-quelque chose. Malheureusement, Madeleine eut beau chercher, elle ne trouva pas d'homonymes, de Madison, ou autres prénoms ressemblant au sien. A croire que c'était bien elle que Roxane avait ainsi interpellée dans le couloir.

« Euh... C'était bien toi, le bracelet ? Nan parce que si c'est toi bah... merci »

D'accord... donc c'était bien à Madeleine que la Verte parlait.

Quand Roxane eut prononcé son dernier mot, une gêne palpable s'installa entre les deux élèves. Leurs précédentes rencontres ne s'étaient pas tellement passées sur le ton de l'amitié. Les deux jeunes filles avaient finalement conclu une sorte de pacte mais leurs sentiments l'une envers l'autre restaient ambigu. C'était difficile d'oublier que quelqu'un vous avait volontairement cassé la jambe... et encore, elle ne valait cette blessure qu'à un coup de chance, elle aurait très bien pu avoir pire... un traumatisme crânien par exemple, ou des côtes cassées. Ce genre de situation est d'autant plus difficile à pardonner quand on est rancunière... et Madeleine l'était.

Mais il fallait bien donner une réponse à la Serpentard, ce serait rouvrir les hostilités que de tourner les talons sans piper mots. La Gryffone répondit donc :


« Oui, c'est bien moi... Et bah... de rien... Je l'ai trouvé dans le passage secret de la sorcière borgne, tu sais, celui pour aller à Pré-au-lard. »

Elle ne savait pas trop quoi ajouter. Elle ne savait pas si les banalités habituelles genre « Tu vas bien ? » étaient de mise ici, vu l'état de leur relation. Ah ! Que c'était compliqué ! Madeleine se voyait mal jouer la carte de l'amitié, mais en même temps, elle ne voulait pas basculer dans les piques mesquines et blessantes qui avaient déjà été utilisées lors de leurs premières rencontres.

Elle préférait laisser le choix à Roxane. Peut-être celle-ci avait quelque chose à faire ou souhaiter rejoindre ses copines.

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Ancien sorcier  

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« Oui, c'est bien moi... Et bah... de rien... Je l'ai trouvé dans le passage secret de la sorcière borgne, tu sais, celui pour aller à Pré-au-lard. »

Les pires craintes de Roxane se trouvèrent confirmés. Elle avait secrètement espéré que son informateur, un Serpentard du même cours qu'elle aux cheveux blonds si ébouriffés qu'il n'avait pas dû les coiffer depuis un siècle, se soit trompé, qu'il y ait eu un malentendu. C'était trop demander, évidemment. Elles étaient obligées de se revoir, tôt ou tard. Depuis leur dernière rencontre, dans la Grande Salle, la Verte avait réussi à chasser l'autre de son esprit, avec succès pour une fois ; malheureusement, et le match Crochets d'Argent - Red Lights approchant à grands pas, il devint de plus en plus difficile de l'oublier. Discuter tactique avec les autres membres de l'équipe, c'était aussi évaluer les joueurs de l'équipe adverse, et Madeleine en faisant partie, il était compliqué, pour ne pas dire impossible, de contourner cet "obstacle". Et alors, quand elle y repensait, une culpabilité atroce mêlée d'une rancune tout aussi violente bataillaient en elle, la faisant ployer émotionnellement d'une manière terriblement vive. Ce jour où elles s'étaient affrontées, puis expliquées, elle avait pensé que tout irait pour le mieux, avait même pris cela à la rigolade. Mais maintenant, les choses étaient différentes. Elle avait grandi, mûri. Et l'horreur de ce qui s'était passé lui paraissait chaque jour plus grande. Quelle grossière erreur, de croire que s'expliquer en bonne et due forme saurait effacer le ressentiment qui habitait la Rouge en face d'elle ! Et que cela apaiserait ses remords ! Ça avait marché, pendant un temps. Mais ce temps était fini. Et elle ne savait plus que faire.

Le silence entre les deux s'éternisa, sans qu'aucune ne mette fin à ces pénibles instants. Que dire ? Que faire ? Bonne question. Roxane, qui regrettait déjà d'avoir lancé cette discussion, s'apprêta à retourner avec ses amies, puis se ravisa. Elle avait quelque chose d'important à dire, quelque chose d'insensé, de stupide. Mais il fallait que ça sorte.


« Désolée. Pour tout. » dit-elle d'une voix qu'elle tentait de garder ferme, avant de baisser lamentablement la tête. Elle se sentait à la fois idiote et soulagée. Perdue.

Reducio
Et désolée également pour ce retard impardonnable...

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Roxane ne répondit pas tout de suite à Madeleine. Le silence s'installa entre les deux élèves. Autour d'elles, les derniers élèves passaient, leur sac sur l'épaule, pour profiter de cette pause avant la reprise des cours. La porte de la salle de potions fut refermée, sûrement par miss Grayce. Les deux filles, Serpentard et Gryffondor restèrent là, à se regarder et en même temps à s'éviter. Bientôt il en resta plus qu'elles deux, dans le silence des sous-sols.

« Désolée. Pour tout. » dit finalement Roxane.

Les événements avaient beau remonter à plusieurs mois, Madeleine comprit aussitôt de quoi Roxane voulait parler. La scène qui s'était déroulée sous les tribunes de quidditch, un jour comme un autre. C'était la première fois que Roxane, Madeleine et Amber se parlait. Cela avait également marqué le début d'une haine profonde entre les jeunes filles.

Maintenant Roxane lui présentait ses excuses. Bien. Mais que devait répondre la jeune fille ? Au souvenir de leur dispute, de la honte qu'elle avait ressenti d'avoir « perdu » contre elles, et de la douleur de sa jambe cassée, la première idée qui vint à la jeune fille fut de lui répondre une réplique acerbe, acide, comme le venin du Serpent, emblème des Verts. Madeleine se retint finalement, jugeant que ce n'était pas la bonne solution. Roxane semblait vraiment regretter ce qui s'était passé et elles s'étaient suffisamment engueulées comme ça, avant d'arriver à un semblant de paix. En plus, le rôle de préfète lui avait appris à ne pas se montrer rancunière.


« Euh... commença la Gryffondor (pas très glorieux comme début). J'accepte tes excuses. »

Un blanc revint, la jeune fille ne sachant pas trop comment continuer, et cette tournure lui semblant bien trop cérémonieuse. Bon, puisqu'elle avait Roxane en face d'elle et que celle-ci semblait disposer à enterrer un peu plus profondément la hache de guerre, autant en profiter. Elle décida donc de changer de sujet pour entamer, sur le ton de la conversation :


« Et au fait, finalement, votre coup, là, d'empoisonner les Serdaigle, vous l'avez fait ? Et elle est devenu quoi Amber ? Ça fait un moment que je ne l'ai pas vu. Elle ne me manque pas mais bon... »

Rester à savoir comment Roxane réagirait à cette tentative d'entamer une conversation qui ne se termine pas en insultes et cris.

Reducio
Désolée pour cet immense retard. :(

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Ancien sorcier  

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« Euh... »

Roxane attendit la suite, le cœur battant. Si elle avait été en pleine possession de ses moyens, elle aurait sûrement pensé que la Gryffondor cherchait à la faire mariner, mais ses émotions étaient trop fortes, trop emmêlées, pour qu'elle puisse en parvenir à ce genre de conclusion. Elle n'était pas même en mesure de dire ce qu'elle ressentait réellement, tant ses sentiments la poussaient dans des sens contraires, et ce avec une force impitoyable. Cela faisait maintenant longtemps qu'elle n'avait pas ainsi laissé son émotivité reprendre le dessus, et ce n'était pas plus mal ; car dans ce genre de situation, qui sait de quoi elle était capable ?

« J'accepte tes excuses » lâcha enfin Madeleine, d'une façon cérémonieuse dont se serait bien moquée Roxane, mais là encore, relever ce genre de détail, chose tout à fait naturel habituellement, ne lui avait pas traversé l'esprit une seule seconde. Tout ce qui comptait, c'étaient les derniers mots de la préfète, simples et pourtant pleins d'un sens que seules elles deux pouvaient comprendre. La Verte était à deux doigts de stopper cette conversation maintenant, et de planter son interlocutrice dans ce couloir sombre des sous-sols une bonne fois pour toutes, mais on ne lui en laissa pas le temps :

« Et au fait, finalement, votre coup, là, d'empoisonner les Serdaigle, vous l'avez fait ? Et elle est devenu quoi Amber ? Ça fait un moment que je ne l'ai pas vu. Elle ne me manque pas mais bon... »

Si les précédents propos de Madeleine eurent un effet libérateur sur Roxane, les suivants eurent le don pur et simple de plomber son moral une bonne fois pour toutes. Non, leur plan ne s'était pas réalisé finalement. Et ils avaient gagné malgré tout. Quant à Amber... Pourquoi parler d'elle maintenant franchement ? Était-ce si indispensable ? De tous les sujets de conversation possibles et imaginables, pourquoi celui-ci ? Pourquoi... Amber ? Elle aurait pu engager la conversation sur tout autre chose, la tendance qu'avait Mrs Grayce pour le chocolat et M. Heltowni, du nouveau balai en vente sur le Chemin de Traverse, d'un éventuel échange de chocogrenouilles ou de n'importe quel sujet futile et inintéressant. Mais non.

« Qu'est ce que ça peut te faire de savoir comment va Amber ? Tu le dis toi même, tu t'en fous complètement d'elle ! » Les mots, acérés, jaillirent de la bouche de Roxane tel un flot de venin malvenu en ces instants précaires de paix. « Elle est partie. Plus là. Quant à cette histoire avec les Serdaigle, ça s'est pas fait. T'auras pas besoin d'aller nous dénoncer au moins »

Sur quoi il se passa l'inimaginable. Roxane fondit en larmes incontrôlables, avant de se recroqueviller sur elle-même. Devant cette fille en plus, dont elle ne savait si elle devait la détester ou tout le contraire. Elle regrettait ce qu'elle venait de dire, elle regrettait ce qui s'était passé, il y avait un an de cela, elle regrettait tant de choses. Mais, plus que tout, elle regrettait Amber.

« Je regrette, je regrette, je regrette... »

Tels étaient les mots qu'elle tentait d'articuler par bribes au travers de ses sanglots, prostrée qu'elle était en attendant que quelque chose, n'importe quoi, se passe.

La malédiction des bracelets  PV 

« Qu'est ce que ça peut te faire de savoir comment va Amber ? Tu le dis toi même, tu t'en fous complètement d'elle ! Elle est partie. Plus là. Quant à cette histoire avec les Serdaigle, ça s'est pas fait. T'auras pas besoin d'aller nous dénoncer au moins. »

La Coexistence Pacifique était terminée on dirait... La petite tentative de Madeleine pour passer à la Détente avait échoué. Et bien échoué. Profondément. Ce sujet n'était visiblement pas le bon. Ou bien, c'était tout simplement la preuve que Roxane et Madeleine ne pourraient définitivement jamais s'entendre. Plus elle lui parlait, et plus la préfète sentait que le tempérament de Roxane était éloigné du sien. Elle n'était pas sur la même longueur d'onde. Et qui, plus est, elles étaient parties sur de mauvaises bases, de sorte que la complémentarité des caractères, le yin et le yang et tous ses proverbes et légendes qui disent qu'elle auraient pu potentiellement s'entendre n'avaient aucune chance de fonctionner ici.

Madeleine ne s'attendait absolument pas à une réponse de ce genre. Le changement de ton chez Roxane s'était avec une telle brutalité... c'était impressionnant. D'ailleurs, un nouveau changement arriva, tout aussi soudain et inattendu : la Serpentard fondit en larmes, subitement, sans préavis, devant une Madeleine qui la fixait malgré elle d'un air incrédule. Est-ce qu'un jour elle arriverait à trouver une logique aux réactions de Roxane ? Est-ce qu'un jour elle arriverait à saisir une image, même très imprécise des sentiments qui traversaient la demoiselle ? Pour l'instant, c'était le mystère complet. La préfète ne saisissait pas plus la signification de cette crise de larmes que du brusque accès de colère de tout à l'heure.


« Je regrette, je regrette, je regrette... »

Madeleine eut toutes les peines du monde à comprendre ce que Roxane tentait d'articuler au milieu de ses sanglots. Elle eut finalement la quasi-certitude que c'était le regret, ou alors les excuses que la Serpentard exprimait. A moins que ce ne fut la honte ? Non, on va rester sur le regret et les excuses, c'était quand même plus simple.

Néanmoins, tout cela ne donnait aucune indication à Madeleine sur la manière de réagir. Au moins, tout à l'heure, c'était simple : quand Roxane lui avait crié dessus, elle n'aurait eu qu'à répondre sur le même ton, ça se serait fini en une belle engueulade avant que l'une ou l'autre ne se décide à planter son ennemie sur place. Mais maintenant... Madeleine ne se voyait pas engueuler la Serpentard déjà en pleurs devant elle. Elle avait beau être rancunière, sa sensibilité l'emportait tout de même. Mais que pouvait-elle faire ? Elle ne pouvait quand même pas la prendre dans ses bras et la réconforter comme elle l'aurait fait d'un ami. Elle ne la connaissait pas, leurs rapports se résumaient en 85 % de dispute et de haine et 15 % d'une paix précaire, mêlée d'ignorance.

Pourtant, il fallait bien qu'elle fasse un truc. Elle ne pouvait pas rester planter là à observer Roxane pleurer sans rien faire. Tournant sept fois sa longue dans sa bouche par prudence, Madeleine articula finalement lentement :

« Écoute... C'est pas la peine de pleurer. On avait dit qu'on s'ignorerait et que si on devait de reparler, on verrait ce qu'il en sort. Ce qui semble évident, c'est qu'on est pas faites pour être amies. Plus je te vois, et moins je te comprends. Alors autant pas se mentir et se déclarer... ennemies. Je dis pas qu'il faut qu'on s'engueule à chaque fois qu'on se voit, mais si jamais on doit se revoir, c'est pas la peine de faire semblant de bien s'entendre, on voit comment ça finit. »

Elle avait hésité à prendre Roxane par l'épaule, mais, par peur d'aggraver les choses, elle s'était abstenue, surtout maintenant qu'elle avait lancé cette proposition bizarre. Madeleine ne savait absolument pas ce qui lui avait pris, mais finalement, c'était peut-être le mieux à faire.

« Salut. » lança-t-elle simplement avant de tourner les talons et de s'en aller en direction de l'escalier.

Elle n'ajouta rien d'autre. Roxane avait de multiples raisons de la haïr pour l'avoir plantée là, en pleurs, sans avoir rien tenté pour la consoler et lui avoir carrément balancer qu'elles étaient ennemies. Mais elle en aurait eu tout autant si Madeleine l'avait engueulé en réponse à sa réplique cinglante ou si la préfète avait voulu la consoler maladroitement, alors qu'elle ne la connaissait même pas. De toute façon, la haine, c'était bien le sentiment qui liait deux ennemies, non ?


Reducio
Dernier post pour moi, à moins que Roxane en décide autrement. ;) En tout cas, ce fut un plaisir. :)

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Ancien sorcier  

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Les larmes ne semblaient jamais vouloir s'arrêter. Elles engloutissaient Roxane, l'emportaient, lui faisait perdre toute conscience de la réalité. Bien loin du dilemme qui habitait son interlocutrice, la Verte pleurait à n'en plus finir, pétrie de peine et de rancœur, horriblement déchirée, alors qu'en elle se bataillaient les visages d'Amber de Madeleine, chacun lui rappelant pléthore de souvenirs hétéroclites. Elle ne savait plus quoi faire. Elle aurait voulu hurler pour extérioriser tout ce qu'elle ressentait, mais ne le pouvait pas. Déjà qu'elle avait fondu en larmes devant la préfète-en-chef, elle n'allait pas non plus se mettre à crier comme une demeurée. Elle paraissait déjà assez instable comme ça, nul besoin d'aggraver encore son cas. Mais alors qu'elle sentait son hystérie s'atténuer, et qu'elle reprenait peu peu ses esprits, une tirade inimaginable parvint à ses oreilles :

« Écoute... C'est pas la peine de pleurer. On avait dit qu'on s'ignorerait et que si on devait de reparler, on verrait ce qu'il en sort. Ce qui semble évident, c'est qu'on est pas faites pour être amies. Plus je te vois, et moins je te comprends. Alors autant pas se mentir et se déclarer... ennemies. Je dis pas qu'il faut qu'on s'engueule à chaque fois qu'on se voit, mais si jamais on doit se revoir, c'est pas la peine de faire semblant de bien s'entendre, on voit comment ça finit. »

Estomaquée. C'était le maître mot pour définir ce que ressentait Roxane à ce moment là. Elle s'attendait à ce qu'on la console – ce qui l'aurait énervée –, à ce qu'elle lui gueule dessus à son tour – ce qui aurait été tout aussi agaçant –, n'importe quoi, mais pas à ce qu'on lui lance ses quatre vérités en pleine poire. Alors, la Serpentard ne fut pas irritée, mais réellement furieuse. Pour qui elle se prenait, la Rouge ? Si elle croyait qu'elle pouvait se permettre de remballer les gens comme ça, elle se fourrait le doigt dans l’œil. Forte de ces résolutions, Roxane renifla un bon coup, produisant ce petit bruit très sexy que nous connaissons tous, avant de se lever, le visage encore ravagé par ses précédentes larmes et le cœur tambourinant.

Sauf que...

Sauf que Madeleine s'en était allée. La laissant seule, encore une fois. Et totalement anéantie. N'ayant ni le courage ni l'envie de la rattraper – cela n'aurait amené qu'à de nouvelles disputes – Roxane fit demi-tour, se rendant d'un pas traînant vers sa salle commune. Il était pourtant l'heure de son cours de Soin aux Créatures Magiques, mais à l'heure qu'il était, peu lui importait de savoir comment on s'occupait de bébés botrucs. Tout ce qu'elle voulait, c'était se réfugier sous la couette jusqu'à la fin de ses jours. Elle s'y rendit donc, sachant pertinemment qu'on allait la reprendre tôt ou tard, et qu'elle paierait pour avoir séché, sans la moindre vergogne, les cours.


FIN DU RPG