Sortilèges

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Quelques astuces pour un blondinet ?  Pv 

Les Gryffondors étaient réputés pour être les plus hardis, les plus courageux et les plus forts. Pourtant, quand Leo Jane y avait été réparti, il n’avait pas pensé au fait de se retrouver dans un maison remplie d’élèves fougueux et adeptes des duels. Il avait simplement pensé que sa maman serait heureuse de partager quelque chose avec lui, et aussi que les couleurs rouge et or faisaient jolies sur un écusson.
Plus tard dans l’année, il avait eu l’occasion de repenser à l’étrange décision du choixpeau. Il avait appris que des duels avaient lieu dans l’école et que Tyr, un garçon de Gryffondor qu’il avait rencontré, y avait déjà participé. Il n’était pas nécessaire d’être de Gryffondor pour participer à un duel, bien entendu. Mais pour Leo, et après le cours d’Histoire de la Magie qu’il avait eu sur sa maison, il était évident que les bons duellistes venaient majoritairement de là.
Mais lui alors ? Avait-il l’âme d’un duelliste ? Se pensait-il capable, à l’image de Godric Gryffondor défendant les opprimés, de déclarer quelqu’un en duel ? Et pire encore, d’essayer de le battre ? Leo n’était pas le premier de sa classe en Défenses contre les Forces du Mal, loin de là. Il n’aimait pas spécialement attaquer les autres et encore moins qu’on l’attaque. La décision eu choixpeau restait un mystère pour lui.

Ces pensées lui trottaient dans la tête depuis un bout de temps. Il ne voulait pas passer pour un « faux Gryffondor », lui qui était si fier d’appartenir à la même maison que sa maman. Même s’il n’aimait pas spécialement se battre, il allait faire un effort et essayer de s’améliorer. C’est d’ailleurs dans ce but qu’il suivit de plus ou moins près le duel de Madame Holloway, son professeur de DcFM. A sa grande surprise, elle échoua face au professeur de Sortilèges, Madame Peters.
Leo aimait bien Madame Peters, principalement parce qu’il aimait ses cours. Les Sortilèges, voilà un sujet autrement plus passionnant que les maléfices et autre sortilèges néfastes appris en DcFM. Et puisqu’elle était en plus une bonne duelliste, Leo se dit qu’il serait préférable d’aller la voir, elle. Peut-être accepterait-elle de lui donner quelques conseils pour qu’il puisse battre à son tour Madame Holloway, la prochaine fois qu’elle lâcherait des gnomes tueurs d’enfants sur lui ?

Il ne pouvait cependant pas arriver devant elle et lui demander brûle-pourpoint de lui apprendre des sortilèges. Non, il devait d’abord potasser un peu son sujet. Il avait trouvé un magnifique livre recueillant toutes sortes de Sortilèges avec l’aide de Madame Minal, la bibliothécaire. Il n’y avait pas que des sortilèges de duel dedans et Leo était souvent bien plus fasciné par ceux permettant de créer de la neige, mais le sujet n’était malheureusement pas là. Il pourrait toujours glisser sa demande entre deux « Cracbadaboum ».

Il avait noté sur un bout de parchemin une liste de Sortilèges qu’il souhaiterait apprendre avec son professeur. Il n’avait absolument pas conscience du niveau demandé par chacun et se présentait avec des « Flipendo » et des « Invibilis » perdus au milieu de Sortilèges d’avantage de son niveau. Comme il avait l’impression d’avoir vraiment préparé son sujet, il profita d’un après-midi pluvieux de janvier pour se présenter au bureau de Madame Peters. Il avait vérifié au préalable : elle n’avait pas cours. Par contre, il n’avait absolument pas pensé qu’il fallait prendre rendez-vous pour ce genre de demandes et arrivait confiant, persuadé qu’elle allait lui donner une recette miracle pour devenir un vaillant petit Gryffon.

Armé de son parchemin dans une main et de sa baguette dans sa poche, il toqua à la porte et attendit patiemment une réponse.

Quelques astuces pour un blondinet ?  Pv 

Une plume colorée dans la main droite, Octavia était dans ses pensées. Elle regardait, sans le voir, le parchemin vierge qui était devant elle. Écrire des lettres n'avait jamais été sa passion ; elle préférait le contact direct. Les mots étaient plus sincères, moins pré-mâchés ; l'intonation faisait mieux passer les messages que la ponctuation ; les sourires étaient plus chaleureux que quelques mots sympathiques couchés sur un papier. Pourtant, il arrivait parfois qu'on n'ait pas le choix. Jane Hill vivait en Amérique, et Octavia ne pouvait pas transplaner pour lui rendre visite. Alors, pour compenser, pour garder contact, pour entretenir un semblant d'amitié, elle lui écrivait. Elle lui parlait un peu de tout, beaucoup de rien, contait ses journées, narrait quelques anecdotes, demandait des nouvelles, partageait ses ressentis. Jane répondait, en faisant la même chose. Elles entretenaient une correspondance simpliste, sans se livrer de grands secrets, mais Octavia en était satisfaite. Elle savait que rien ne serait plus jamais pareil entre son amie et elle, mais elle était heureuse d'avoir quelqu'un sur qui compter. Jane était le seul pilier stable de sa vie, la seule personne à laquelle Octavia pouvait parler de choses sérieuses, même si elle ne le faisait pas.

Aujourd'hui, Octavia ne savait pas quoi lui écrire. Elle lui avait déjà parlé de son arrivée à Poudlard et de ses premières impressions. Elle n'avait plus rien à dire, mais elle savait qu'à l'autre bout du monde, une jeune femme attendait impatiemment de recevoir une missive signée « Octavia ». Cette dernière farfouillait donc dans sa mémoire pour espérer trouver quelques petits trucs à raconter, qui pourraient amuser ou indigner Jane. Finalement, le jeune professeur se souvint de cet élève qui était arrivé dans la classe de Sortilèges en retard et qui n'avait osé avouer qu'il s'était trompé de salle qu'après dix minutes de cours. Cette histoire manquait singulièrement d'intérêt, mais c'était un bon début, alors Octavia trempa sa plume dans son encrier et commença à rédiger sa lettre.

Concentrée sur ce qu'elle écrivait, Octavia oublia complètement le monde extérieur. Alors, quand un bruit vint troubler le silence quasi-religieux qui régnait dans son bureau, elle sursauta, fit une rature, se maudit intérieurement quatre fois, souffla un bon coup pour évacuer la colère qui l'envahissait, et se redressa. Ayant repris ses esprits, Octavia s'adressa à la personne qui venait lui rendre visite :


« Vous pouvez entrer. »

À ces mots, une petite tête blonde apparut, à laquelle Octavia assimila rapidement un nom : Leo Jane. Tandis qu'il s'avançait vers son professeur, celle-ci posa sa plume sur son bureau et plia légèrement le coin supérieur droit le parchemin qu'elle avait commencé à remplir (c'était sa mnémotechnique pour se souvenir que cet écrit était bon pour la poubelle – Octavia n'envoyait que des missives sans rature). Elle leva ensuite la tête vers son élève et lui sourit.

« Bonjour, Monsieur Jane. »

Puisqu'il était hors de question de tourner autour du pot pendant trois siècles, la jeune femme posa directement la fameuse question dont la réponse serait déterminante pour la tournure de cet entretien imprévu.

« Je peux faire quelque chose pour vous ? »

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.

Quelques astuces pour un blondinet ?  Pv 

La voix de Madame Peters l’invita à entrer, le salua et lui demanda ce qu’il venait chercher. Elle était assise à son bureau et venait de reposer une feuille de parchemin, non sans avoir plié un de ses coins. Leo pensa seulement maintenant que, peut-être, il la dérangeait. Il était trop tard de toute façon ; il valait mieux lui demander désormais.
Il s’approcha du bureau et salua à son tour son professeur, tenant toujours le parchemin. Il perdait un peu de son assurance maintenant qu’il voyait son professeur juste en face de lui. S’il avait du lui demander des conseils pour des sorts de bricolage, ou pour monter un club de cinéma magique, il n’aurait douté à aucun moment. Il s’agissait de ses domaines de prédilection, ou du moins, il était tellement passionné par toutes ces questions qu’elle n’aurait que pu l’être aussi. Mais là, il s’agissait d’autres choses. A vrai dire, il n’était lui-même pas complètement convaincu. Et si elle acceptait et qu’il n’y arrivait pas ? S’il se ridiculisait ? A moins qu’elle ne refuse complètement, le jugeant déjà pas assez bon pour recevoir son enseignement… Il était en train de toucher à quelque chose qu’il maîtrisait mal et cela commençait à l’angoisser.
Mais le sentiment du parchemin sur le bout de ses doigts lui rappela ce qu’il y avait d’inscrit : « Cracbadaboum, Salcifis, Invisibilis, Nivicare […] ». Ce dernier lui plaisait beaucoup. Son envie d’apprendre tous ces merveilleux sortilèges fit s’envoler tous ses doutes. Il se mit alors à expliquer :


« J’ai appris que vous aviez battu Madame Holloway en duel, vous êtes vraiment très forte ! Alors voilà, j’ai pensé à vous parce que, comme Gryffondor, on ne peut pas dire que je sois très crédible… Je me disais que, peut-être, vous voudriez bien me montrer quelques sortilèges… »


Il se tortillait sur place, pas très à l’aise. Madame Peters le fixait, il n’en avait pas l’habitude. En cours, il se tenait généralement au milieu de la classe, caché derrière ses camarades. Et ce n’étaient pas ses interventions inexistantes qui pouvaient attirer l’attention de ses professeurs. Là, il était le centre d’intérêt de Madame Peters ; sa seule occupation, en fait. De son côté, il essayait de ne pas trop croiser son regard, posant ses yeux sur son bureau, les levant au plafond ou les ramenant vers le sol. Sur le bureau, d’ailleurs, se trouvait toujours la feuille de parchemin cornée et une plume qui devait avoir servi à la noircir. Leo n’était pas curieux, il ne se demandait pas ce qui pouvait avoir été écrit. A vrai dire, il avait encore la croyance naïve qu’en dehors des cours, les professeurs n’existaient pas vraiment. Il avait du mal à imaginer Monsieur Solberg en train de se laver les dents, ou Madame Holloway manger une pizza dans les cuisines de Poudlard. Pour Madame Peters, c’était pareil : penser qu’elle écrivait un courrier personnel destiné à une amie de longue date ne lui effleurait pas l’esprit un seul instant.

Encore une fois, le toucher du parchemin se rappela à lui et Leo le tendit vivement à la jeune femme.


« J’ai fait une liste ! »

Reducio
~ Liste des Sortilèges ~

Cracbadabum
Salcifis
Invisibilis
Nivicare
Tarantallegra
Avis
Amgambiare
Mimble Wimble
Herbivicus
Colloshoo
Mephitis
Aguamenti