Sortilèges

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Avenir obscur  Pv 

Un éclair cinglant. Un bruit suivant. Un noir ébène forgeant des sentiments. Un jour orageux comme la saison le voulait. Les nuages cachant le soleil, avec pour seul lumière, les éclairs. Une journée maussade et triste, Yuzu vagabondait sans but, trainant des pieds. Dans son uniforme de rouge et or, car oui aujourd'hui elle l'avait mis. Cela faisait longtemps, bien trop longtemps, peut être même que les professeurs s'étaient accommodés. Ils ne disaient rien. Bien ! Continuant de marcher, la foudre grondait. Un concert saturé sous une pluie acharnée. Les autres semblaient rester dans leur salle commune. Ou peut-être qu’ils étaient en cours. Dans tous les cas la japonaise en permanence pour effectuer une de ses sentences. Sentence d'un comportement, non adapté. Le règlement elle s'en fichait. Aujourd'hui elle marchait. En temps normal elle devait faire quelque chose dans le parc. Mais à la vue de la pluie et de la boue, il en était hors de question. Pas après pas, soupir après soupir ses pensées voltigeaient dans un courant aérien bien trop grand, elle avait tout oublié.

Dans sa marche sans but, elle passa devant la salle de cours de sortilège. Il y avait un bureau au fond, ce bureau elle le connaissait bien. Plusieurs fois elle y avait été amenée pour régler ses entorses au règlement. Entre celui-ci et celui de la salle commune de Gryffondor, on pouvait dire que Yuzu s'était acclimatée à la décoration de sa directrice de maison. Toujours la même musique, pour en arriver toujours à la même conclusion. Retenue, retenue et retenue. Parfois c'était du nettoyage mais souvent des lignes, des lignes interminables. Cette fois elle y rentrerais pour une autre raison. Elle se faufila dans la salle de cours puis monta les marches menant au bureau en question. Elle prit le temps de frapper a la porte et d’attendre qu’on lui dise d’entrer. Elle poussa la porte, passant sa tête et la moitié de son corps.


- hum...bonjour de vous déranger...heu pardon...

*N’importe quoi...* Elle avança prenant soin de fermer la porte doucement. C'était la première fois qu'elle pénétrait dans ce bureau dans les vêtements de sa maison. En temps normal c'était plutôt Hanai qui portait l'uniforme et Yuzu...Yuzu elle s'en fichait à vrai dire. La démarche peu sure, loin de celle de d'habitude. Normalement la japonaise était dans la provocation, tout le temps dans la confrontation, pas aujourd'hui. Timide et réservée, comme à son arrivé l'an dernier, elle parcourait la salle, regardant les objets exposés avec curiosité. La japonaise n'avait jamais fait attention à tout ce qui était disposé dans la pièce. Elle s’apprêtait à toucher un objet tout en parlant. Un collier qui était pour le moins jolie et attrayant.

- Vous inquiétez pas j'ai rien fait cette fois... obsédée par ce collier elle ne décrochait pas son regard de celui-ci enfin… je suis peut être allée à pré-au-lard avec une autorisation falsifiée....mais ça on vous l'a déjà dit je suppose... *mais tais-toi bon dieu, t'enfonce pas* Il pleut dehors donc... *Roooo mais ferme là !!!... tu ferais mieux de pas toucher...*

Elle s’arrêta net puis se tourna vers sa professeure, avant de se diriger vers son bureau. Elle attendait debout à coté du siège libre. elle attendait que l'on lui donne l'autorisation de s’asseoir. Elle qui n'attendait jamais se jetant dedans avant même qu'on l'invite les autres fois... Debout elle continua

- Je venais vous voir parce que... prit à la gorge elle marqua un blanc avant de continuer difficilement je suis un peu perdu concernant mon orientation

Tous les camarades de Yuzu semblaient avoir une idée plus ou moins vague de ce qu’il voulait faire plus tard. Même si elle ne parlait pas souvent avec eux, elle entendait. Ça commençait à lui trotter de plus en plus dans la tête. Peut-être que les retenues à répétition avait fini par l’atteindre d’une certaine façon…

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*Picasso 2017, Peeves 2017, Gryffondor et élève du mois de Janvier 2018*
Ma lumière divine vous aveuglera tous !

Avenir obscur  Pv 

Assise à son bureau, Eawen contemplait le ciel au dehors. Il faisait nuit noire et le tonnerre grondait furieusement. Petite, elle était terrorisée par les orages. Elle se souvenait encore de ces rugissements qui l'effrayaient tant. Bien souvent à ces occasions, elle finissait tremblante dans les bras de sa mère qui lui chantait une douce mélodie pour la réconforter. Une fois elle avait vu un éclair déchirer le ciel et fendre un arbre en deux. Le craquement du bois fêlé résonnait encore à ses oreilles. Elle avait hurlé si fort que ses parents avaient cru à un évènement grave et avaient accourus le plus vite possible. Que ce temps lui semblait lointain désormais...

Aujourd'hui, les gouttes cinglant le carreau la laissait indifférente. Elle les observait sans la moindre crainte et ce qu'elle prenait enfant pour des rugissements ne suscitait plus en elle aucune émotion. Etait-ce donc cela grandir ? Perdre peu à peu tout sentiment ? Non, assurément. Son caractère joyeux ne l'avait jamais quitté, et elle avait eu il y a peu une grande peur, qu'elle n'avait maîtrisée qu'à grand peine. Ses yeux se posèrent sur sa jambe puis remontèrent le long de sa cane. Un rictus moqueur s'afficha sur ses lèvres. Son talent tant de fois vanté par ses professeurs et amis se révélait bien piètre. A vingt et un an, elle se retrouvait aussi élégante qu'une vieille femme. C'était tout juste si elle ne marchait pas courbée, grimaçant à chaque pas.

A quoi bon grandir ? Cette question lui trottait étrangement dans la tête, à elle qui n'était jamais nostalgique. Tout ce qu'elle trouvait grandi en elle, c'était ses peurs, ses doutes, comme si sa bonne humeur n'était due qu'à son esprit enfantin qu'elle quittait de plus en plus au fil des jours. Etait-ce donc cela la vraie Eawen ? Une personne frêle et agitée par des troubles invisibles ?

BANG

Un éclair blanc cingla les ténèbres, ramenant la jeune femme à la réalité. Elle se redressa et adressa comme un sourire au ciel. Cet instant de tourments n'était qu'imagination, et elle restait Eawen la joyeuse. Rien ni personne ne pourrait la changer, et le Temps n'aurait jamais aucune emprise sur son caractère. Au même moment, l'on toqua à la porte.

- Entrez !

Yuzu Ame. Un des rares nom d'élèves qu'elle avait pu retenir. Et pour cause ! La fillette, bien que fort jeune, semblait avoir un don pour les bêtises. Elle enchaînait donc des lignes et des lignes sous le regard désespéré de sa directrice de maison. Qu'avait-elle donc encore inventé cette fois ? Eawen soupira.

Les mots timides que prononça sa visiteuse l'étonnèrent. Ce n'était pas du tout son genre. Haussant légèrement un sourcil, le professeur attendit la suite avec un intérêt certain. Cette enfant farouche aux mœurs étranges, comme celui de s'habiller en Serpentard, avait toujours attisé la curiosité d'Eawen, qui ne pouvait néanmoins pas faire grand chose de plus que lui donner des punitions en espérant qu'un jour elle s'apaiserait. Mais d'ailleurs, Yuzu était habillée en Gryffondor aujourd'hui ! Décidément, il se passait quelque chose.

- Vous inquiétez pas j'ai rien fait cette fois...

Venant de la petite Ame, la phrase était pour le moins cocasse et fit décocher un sourire à Eawen qui suivait tous ses gestes. La japonaise paraissait obnubilée par un collier sur une étagère basse. La jeune femme y tenait beaucoup, c'était un cadeau de sa mère, qu'elle-même tenait de ses ancêtres depuis maintes générations et qu'elle avait cédé à sa fille lors de sa majorité, comme le voulait la tradition familiale. Tout en surveillant les mouvements de Yuzu, Eawen l'écoutait avec une grande attention.

Ainsi donc elle était allée à Pré-au-Lard avec une fausse autorisation ? Le professeur leva les yeux au ciel l'espace d'une seconde. Quand donc cesserait-elle ses bêtises ? Et quand donc viendrait-elle enfin parler du sujet qui l'importait ? Se retenant de parler pour ne pas brusquer une élève si farouche, elle continua à sourire doucement. Enfin, elle quitta des yeux le collier et parla de ce qui lui tenait à cœur. Eawen s'attendait à tout, sauf évidemment à ça.

Son orientation ? C'était pour cela qu'elle venait ? Bouche bée, la directrice de Gryffondor n'en laissa rien paraître, et d'un geste de la main, elle invita la fillette à s'asseoir.

- Vous avez encore du temps pour cela vous savez. dit-elle doucement Néanmoins, si cela vous soulage d'en parler je vais faire de mon mieux pour vous aider. continua-t-elle sur le même ton avant de laisser un bref silence Vous n'avez vraiment aucune idée ? Pas même une petite préférence ?

Il allait s'agir d'avoir du tact pour apprivoiser une enfant si turbulente. Intérieurement, Eawen croisa les doigts.

"Il est plus beau d'éclairer que de briller seulement."
Cupidon en chef

Avenir obscur  Pv 

Yuzu plongea ses yeux dans ceux de sa professeur. Du temps ? quel temps ? Si elle voulait elle pourrait ne rien faire et juste boire des cocktails avec Charlie sur une plage loin de tout ce monde qu'elle haïssait par dessus tout. La japonaise cligna deux fois des yeux avant de réfléchir. Son regard se perdit, elle semblait comme absente ou plutôt comme obnubilée par quelque chose d'invisible. Elle regarda intensément dans une direction particulière comme si quelque chose captait son attention. Le silence qui s'était instaurée était relativement pesant tandis qu'elle articulait des mots tout en tournant à nouveau la tête vers sa directrice de maison sans pour autant lâcher des yeux le truc qui attisait sa curiosité. Le timbre de sa voix était calme presque mystique.

- Qu'est...ce... que... je disais déjà... ?

Finalement en un instant les yeux de Yuzu se plongèrent à nouveau dans ceux de sa professeur. Revenant à elle lentement elle fini par se souvenir pourquoi elle était venue. Elle laissa sa tête tomber sur le bureau de Miss Keith tandis qu'elle était alors avachi sur celui-ci à ruminer.

- Jsais pas... Je suis juste bonne pour me battre...et encore... Cette vie n'a aucun sens je suis nul en tout.

Elle soupira de manière nonchalante sans se relever. La japonaise ne savait pas quoi faire et ne savait pas ce qu'elle voulait faire. Enfin elle tuerait bien tout le monde si elle le pouvait mais elle n'était pas sur que les autres partagent son avis aussi tranché sur la question. Elle laissa à nouveau ses pensées prendre le dessus, les laissant entendre dans un murmure pouvant être prit pour de l'ironie bien qu'une part de la fillette était sérieuse.

- Pff je suis sur que même mage noir je pourrais pas si je voulais.

Yuzu se releva pour se poster à une fenêtre afin d'y observer le parc, se questionnant sur le comment les autres pouvaient apprécier ça ? cette herbe, ce ciel, ces pierres ? Plongeant son regard au travers du verre elle avait l'air vide. Non pas froide comme d'habitude, cachant ses émotions, non. Aujourd'hui on pouvait les voir, c'est juste qu'elle dégageait quelque chose d'inerte. La vue de la pluie l’apaisait un peu. Son nom signifiant ce mot, ça lui permettait de se raccrocher à quelque chose de réel dans ce monde qu'elle ressentait irréel. Soupirant encore une fois elle repris d'une voix calme, quasiment mélancolique.

- Souvent j'aimerais que tout s’arrête elle marqua un blanc Ne plus ressentir le soleil, l'eau, le vent, la chaleur... Une larme perla le long de sa joue gauche et elle renifla un instant. Ne plus faire partie de ce monde. La japonaise laissa un blanc puis hoqueta avant de reprendre. Un seul petit instant pour ne plus faire partie de tous ça. 

Un éclair déchira le ciel alors que Yuzu baissa la tête comme pour se contenir. Elle essuya ses larmes, reprenant sa respiration lentement tandis que le temps paraissait en suspend. Seul la pluie donnait un repère temporel à cette atmosphère lourde. Yuzu restait plantée là devant la fenêtre puis reprit calmement.

- J'ai envoyée un Everte Statum sur une de nos préfète à pré-au-lard c'était plus fort que moi... j'avais envie... Elle se tourna vers sa professeur tout en mimant ses dires. A un seul petit instant... j'avais envie de...de lui faire mal... j'avais envie qu'elle meurt. Finit t'elle par murmurer tandis que son œil gauche se mit à pleurer.

La japonaise se mit à faire les cent pas, tout en réfléchissant de manière agitée. Elle se rongeait les ongles. Anxieuse ça ne lui ressemblait pas. Les seconde passaient et les éclairs rythmait la temporalité qui tentait se s'évader. Finalement Yuzu arrêta de se mordre le doigt quand celui-ci saigna et fini par rajouter de façon agitée tout en séchant ses larme avec sa manche.

- Pardon je n'aurais pas du vous déranger...

Elle récupéra deux, trois affaires sur la chaise qui faisait front au bureau avant de tourner les talons pour se diriger vers la sortie d'un pas rapide. Ses pensées était orientée vers quelque chose, Yuzu semblait avoir trouvée comme une solution miracle et était pressée de sortir pour l'appliquer.

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Durant un long moment, la jeune japonaise fixa sa directrice de maison puis un point invisible au loin comme si elle était perdue dans ses pensées. Cela ne gênait pas Eawen qui sentait quelque chose de très saisissant et profond chez la fillette. Elle attendit patiemment qu'elle se décide à parler en souriant toujours avec bienveillance. 

- Qu'est...ce... que... je disais déjà... ?

Le professeur hésita un instant à lui rappeler le sujet évoqué, mais l'élève était trop sérieuse. Si l'orientation était son motif de visite, du moins celui énoncé, il y en avait un autre derrière, la jeune femme en était certaine. Il suffisait d'attendre et elle saurait lequel.

- Jsais pas... Je suis juste bonne pour me battre...et encore... Cette vie n'a aucun sens je suis nul en tout.

C'était donc cela. Mais à douze ans, quelle étrange maturité ! Eawen se questionna intérieurement. Avait-elle eu ce genre d'interrogation à cet âge ? Sans doute pas. A cette époque, elle était déjà toute préoccupée d'apprendre. Elle ne rêvait que livres et magie. Sa baguette lui tenait fidèlement compagnie, et elle était entourée de ses parents qui l'aimaient. Et puis, avec ses voyages incessants, elle avait bien autre chose à faire que de se préoccuper du sens de la vie. Pour elle à ce moment là, c'était le temps des découvertes et du jeu dans l’insouciance. Mais déjà la fillette reprenait, la coupant dans ses réflexions.

- Pff je suis sur que même mage noir je pourrais pas si je voulais.

La phrase avait été marmonnée, néanmoins le professeur l'avait entendue et elle lui fit décocher une sourire amusé malgré elle. Malgré son côté assez entêté à faire les quatre cent coups, elle voyait mal la jeune Yuzu basculer dans la magie noire. Elle était trop noble pour cela. Trop pure même. 

- Souvent j'aimerais que tout s’arrête. Ne plus ressentir le soleil, l'eau, le vent, la chaleur... Ne plus faire partie de ce monde. Un seul petit instant pour ne plus faire partie de tous ça.

Toujours silencieuse, Eawen écoutait l'enfant triste, désormais debout à la fenêtre.

- J'ai envoyée un Everte Statum sur une de nos préfète à pré-au-lard c'était plus fort que moi... j'avais envie... A un seul petit instant... j'avais envie de...de lui faire mal... j'avais envie qu'elle meurt.

Torturée. Voilà ce qu'était Yuzu. Une fillette sans repères, et probablement sans amour non plus. Ou trop peu. Elle avait un grand cœur qui nécessitait d'être abreuvé, inondé de tendresse. Mais sans source, le ruisseau se tarissait, perdant sa raison d'être. La jeune Ame était perdue et cherchait une solution à  ce manque. Du moins c'était ce que la jeune femme ressentait. Peut-être se trompait-elle, après tout elle n'était pas psychologue, mais elle n'en avait pas l'impression. Il fallait consoler cette enfant, lui redonner envie de vivre. Mais alors qu'elle ouvrait la bouche, la fillette eut comme une sorte de réveil de sa transe et amorça un départ.

- Attendez ! ordonna-t-elle calmement

Eawen se leva et s'approchant de la fillette, posa sa main libre sur son épaule. Son autre main s'appuyait sur sa cane qu'en cet instant elle oubliait totalement. Elle plongea ensuite ses grands yeux bruns dans ceux, encore rougis, de l'enfant.

- Vous savez, moi non-plus je ne suis pas parfaite. Mais personne ne vous demande de l'être. Vous avez bien des qualités, même si elles sont cachées à vos yeux.

Elle entraina alors doucement Yuzu vers la fenêtre. Le ciel était toujours aussi noir, toujours aussi peu engageant. Et pourtant, un je-ne-sais-quoi faisait qu'Eawen le trouvait beau, splendide même, tandis qu'elle-même irradiait une certaine force. Elle contempla à nouveau le ciel, la fillette à ses côtés. Rompant finalement son observation, elle tourna la tête vers Yuzu et parla à nouveau.

- Je crois que vous êtes comme le ciel en ce moment. Il y a trop d'orage en vous pour que vous puissiez y voir clair, ni même voir les astres. Vous devez vous apaiser si vous voulez vous comprendre, et je vous assure qu'alors la vie vous semblera belle.

Un doux sourire éclaira le visage d'Eawen à cet instant. Elle espérait tant aider cette petite ! Lui redonner de l'espoir, de la vie. Maintenant qu'elle était venue, la jeune femme ne comptait pas la laisser partir, du moins pas avant de l'avoir un minimum réconfortée.

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Cupidon en chef

Avenir obscur  Pv 

Coupé dans son élan, Yuzu se retourna pour apercevoir sa professeure se rapprocher d’elle. La japonaise voulait s’échapper mais elle savait très bien que c’était impossible. Le contact de la main de sa directrice de maison sur son épaule la fit grimacer quelque peu, dans un mouvement discret elle essaya de la faire glisser, en vain. Elle se fit entrainer vers la fenêtre. Regardant encore une fois ce ciel menaçant. Imaginant un éclair la frapper pour ne pas se réveiller.

- Je crois que vous êtes comme le ciel en ce moment. Il y a trop d'orage en vous pour que vous puissiez y voir clair, ni même voir les astres. Vous devez vous apaiser si vous voulez vous comprendre, et je vous assure qu'alors la vie vous semblera belle.

La phrase prononcée par la directrice de gryffondor se voulait métaphorique, donnant une légèreté à celle-ci mais à la fois de la profondeur. Yuzu avait l’habitude de ce genre de phrase, toute sa vie elle en avait entendu. Du moins jusqu’à son arrivé à Poudlard. *m’apaiser ?* Yuzu baissa les yeux vers le sol cherchant la solution.  Rien ne lui vint à l’esprit, le problème lui semblait trop grand et son ennemi trop imposant. Elle releva les yeux vers Miss Keith, le regard perdu dans les abysses. Tout lui semblait bien trop distant, bien trop inatteignable. Posant ses mains sur le rebord de la fenêtre, la japonaise pleura à nouveau, se sentant incapable.

- Les rumeurs disent qu’une araignée vous a pris votre jambe. La terre… ce soir-là ? comment était-elle ?

La fillette marqua une pause avant de reprendre d’un ton calme dénué d'émotion.

- Mon père m’a toujours dit que les éléments avaient un sens plus que la vie elle-même. Que la terre, l’eau, le feu et l’air mais aussi que le bois, le métal, les astres et la magie formant… Yuzu chercha ses mots comme pour traduire des termes hors de portée. La balance du monde faisait échos et ainsi formaient vie. Que ces éléments donnaient une dimension à la vie elle-même influençant les mirages que la conscience humaine voyait.

La seconde année remonta ses manches pour montrer des cicatrices sur ses avant-bras.

- Mon grand-père m’a aussi transmis que j’avais hérité du versant de la mort tandis que ma sœur de la vie. Izanami et Izanagi. Que normalement le cycle de la vie et de la mort des dieux se reflète comme une chose unique en chacun de nous mais que dans notre cas… C’était scindé. Quoi qu’en dise les éléments formant la balance et les échos de la vie, leurs échos me chasse.

Yuzu sortis la baguette de son père, pointue comme une aiguille et une extrémité tranchante comme un rasoir tout en la regardant attentivement.

- Bizarre… Venant d’un homme faisant partie de la garde d’or du premier ministre.

La japonaise planta la pointe de celle-ci dans son avant-bras droit tout en fixant le regard de sa directrice de maison. D’un mouvement sec, elle créa une entaille relativement profonde, restant stoïque face à la douleur éprouvée, pourtant bien réel.

- Voyez… c’est comme si la souffrance faisait partie de moi. Comme si j’étais née pour souffrir et faire souffrir.

Le sang sortait de manière abondante. Les larmes autant que ce fluide d’un rouge éclatant. Yuzu commençait à perdre l’équilibre, mais arrivait tout de même à se maintenir droite, comme fier, avec honneur.

- Ne le dite pas à ma mère… Elle ne comprendrait pas, elle est...trop... aimante, trop...faible. Toujours dans cette lumière… de...l’espoir. Quand elle sera prête je rejoindrai le royaume qui m’attend. Mon royaume. Même Charlie m’évite au fond, je croyais qu’elle serait heureuse de voir que je suis revenue mais… plus rien ne me retient. Je n’aurais pas dû naitre…

Yuzu tomba dos contre le mur et se laissa glisser le long de celui-ci. Son derrière contre le sol, regard vers son bras les larmes se mélangeant au sang.

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Submergée par l'émotion, la fillette pleura à nouveau. Eawen ne dit rien. Il fallait la laisser parler à son tour. Qu'elle évacue tout ce qu'elle avait accumulé comme sentiments négatifs. Et la jeune femme sentait qu'il y en avait un certain nombre...

- Les rumeurs disent qu’une araignée vous a pris votre jambe. La terre… ce soir-là ? comment était-elle ?

La terre ? Quelle idée farfelue lui était encore venue à l'esprit ? Le professeur n'eut pas le temps de répondre, déjà l'enfant reprenait. La question n'était peut-être pas rhétorique, mais elle avait réfléchit trop longtemps. Ou alors elle avait vraiment besoin de parler.

- Mon père m’a toujours dit que les éléments avaient un sens plus que la vie elle-même. Que la terre, l’eau, le feu et l’air mais aussi que le bois, le métal, les astres et la magie formant… La balance du monde faisait échos et ainsi formaient vie. Que ces éléments donnaient une dimension à la vie elle-même influençant les mirages que la conscience humaine voyait.

Les éléments. Allons bon. Comme si les vies humaines étaient dictées par des bouts de bois ou des morceaux de métal ! Quelle idée ridicule ! Quelle était donc cette famille pour penser encore aujourd'hui qu'ils étaient manipulés par trois feuilles inertes ou quelques cailloux ? Eawen ne comprenait pas. Mais visiblement, ces croyances rongeaient la jeune Ame.

- Mon grand-père m’a aussi transmis que j’avais hérité du versant de la mort tandis que ma sœur de la vie. Izanami et Izanagi. Que normalement le cycle de la vie et de la mort des dieux se reflète comme une chose unique en chacun de nous mais que dans notre cas… C’était scindé. Quoi qu’en dise les éléments formant la balance et les échos de la vie, leurs échos me chasse.

Statufiée, elle regarda l'enfant montrer son bras torturé en écoutant, hypnotisée, les pensées de ce grand-père fou. Quelle famille était-ce là ? Faire croire à une enfant qu'elle était mort et que sa sœur était vie ! Eawen bouillait d'une rage intérieure. Sa mâchoire se crispa. Elle, la joyeuse, sentait le sang s'échauffer dans ses veines. Se rendaient-ils comptent qu'ils brisaient une vie ? Une vie d'enfant ? Rongée par sa colère, elle n'entendit pas la phrase suivante.

Ses yeux ne voyaient que cette baguette et ce bras. Ce bras si menu, si léger, si tendre. Soudain souillé de sang. Devant ses yeux. Elle ne s'y attendait tellement pas qu'elle en resta muette, le visage soudain blême.

- Voyez… c’est comme si la souffrance faisait partie de moi. Comme si j’étais née pour souffrir et faire souffrir. Ne le dite pas à ma mère… Elle ne comprendrait pas, elle est...trop... aimante, trop...faible. Toujours dans cette lumière… de...l’espoir. Quand elle sera prête je rejoindrai le royaume qui m’attend. Mon royaume. Même Charlie m’évite au fond, je croyais qu’elle serait heureuse de voir que je suis revenue mais… plus rien ne me retient. Je n’aurais pas dû naitre…

Voir Yuzu s’affaisser fut comme un électrochoc. Brusquement, Eawen sortit sa baguette et arracha celle du père fou des mains de la japonaise. Elle ouvrit la fenêtre et jeta la seconde baguette dehors d'un mouvement violent ; cet instrument de malheur ne ferait plus aucun mal désormais. Refermant la vitre, son précieux catalyseur entre les mains, elle prononça quelques mots et les blessures de la fillette se refermèrent. Un autre geste, et tout fut nettoyé.

Mue par une impulsion, elle fit ensuite quelque chose de totalement inattendu. Son bras gauche se détendit et elle gifla la jeune Yuzu. Surprise par son propre geste, elle eut un instant à peine d'hésitation. Tant pis. Elle ne pouvait laisser la Gryffondor sombrer dans la folie familiale. Visiblement, d'après le mépris qu'elle avait pour sa mère, c'était vers elle qu'il faudrait se tourner. Mais avant cela, il fallait faire comprendre à sa fille quelques petites choses... Elle la fusilla d'un regard noir dont elle ne se serait jamais crue capable.

- Plus. Jamais. articula-t-elle lentement en fixant l'enfant Vous ne ferez plus jamais cela. Est-ce clair ?

Sa voix chantante avait montré une dureté qui lui était peu habituelle. Eawen inspira un grand coup pour s'apaiser. Aurait-elle pu songer, elle l'éternelle optimiste, qu'elle allait s'énerver au point de frapper une de ses élèves ? Certes pas. Enfin, après quelques secondes, elle reprit son air habituel. Sa main se posa doucement sur le bras endolori de son interlocutrice.

- Ecoutez Miss, vous m'avez demandé de quelle couleur était la terre la nuit où j'ai été blessée. Et je vais vous le dire : elle était absolument comme tous les autres jours. Les idées dont votre père et votre grand-père vous ont abreuvée sont fausses. Les éléments ne décident pas de ce que vous êtes. Et vous n'êtes pas ni Souffrance, ni Mort. Rien n'est ainsi tranché. C'est à vous et à vous seule de choisir ce que vous désirez être.

Elle sourit. D'un sourire lumineux teinté d'une touche de moquerie.

- Je suppose que pour vous je suis Izanagi ? Et pourtant je puis vous assurer que j'ai fait bien des choses tendant du côté d'Izanami...

Un silence s'installa, il perdura un peu. Eawen finit par décider qu'il était temps de le briser. Elle devait prévenir la mère de Yuzu de ce qui venait de se passer.

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La baguette de son père quittait les mains de la jeune japonaise. Ce fut rapide, le reflet des éclairs qui fendaient le ciel a quelques mètres d'eux. Sans même se rendre compte des choses, la petite asiatique sentie un air frais sur son visage. Yuzu commençait à sentir sa conscience vaciller lorsqu'elle sentit sa plaie se refermer. Elle regarda sa directrice de maison, tout allait trop vite, elle semblait dépasser par le temps. Un instant, c'était ce qu'il avait fallu à sa professeure pour désarmer la fillette et lancer cette baguette. Yuzu était angoissée, à quel point le monde des adultes était aussi terrifiant ? Et à quel point était-elle faible face à eux ? Elle n’eut pas le temps de réfléchir longtemps, elle prit une gifle comme venue d'un autre monde. Inerte, une main sur la joue endoloris fixant sa directrice de maison. La même sensation lorsque sa mère la corrigeait, même force, même amplitude et impossible à prévoir.

- Plus. Jamais.  Vous ne ferez plus jamais cela. Est-ce clair ?

Les larmes coupées, seul un hochement de tête lent de faible amplitude signifiait que Yuzu était bien consciente et avait compris. Son regard se perdait, il était impossible pour la fillette de fixer un point et encore moins le regard de miss Keith. Honteuse, le seul sentiment qu'elle éprouvait, une gifle était pire que tout. Pire qu'un coup de poing ou qu'un bras cassé, sa symbolique était au-delà de la blessure physique.

- Écoutez Miss, vous m'avez demandé de quelle couleur était la terre la nuit où j'ai été blessée. Et je vais vous le dire : elle était absolument comme tous les autres jours. Les idées dont votre père et votre grand-père vous ont abreuvée sont fausses. Les éléments ne décident pas de ce que vous êtes. Et vous n'êtes pas ni Souffrance, ni Mort. Rien n'est ainsi tranché. C'est à vous et à vous seule de choisir ce que vous désirez être. Je suppose que pour vous je suis Izanagi ? Et pourtant je puis vous assurer que j'ai fait bien des choses tendant du côté d'Izanami...

Le regard de la japonaise se fixait sur le sourire de cette femme. Toujours sous le choc de la gifle, Yuzu n'avait pas bougée d'un seul millimètre. Sa main était toujours sur sa joue rose. Elle se répétait les dernières paroles de la directrice des rouge et or. *Couleur ? Elle...n'a rien compris ? c'est pour ça qu'elle ma... Elle... insulte papa et mon pays ?*  Yuzu était aveuglée, elle sortit sa baguette de sa poche, elle la fixa tête baissée et essaya de la briser en vain. La jeune avait beau essayer elle tremblait trop et son énergie semblait l'avoir quittée. Elle se contenta de la lancer contre la porte d'entrée. Jeter ce qu'était pour elle le prolongement de son âme. À genoux devant sa professeure de sortilège ses yeux se remplissait de larme à nouveau. Les petite goutes tombait sur le sol formant des dizaines de petites taches. Son corps tremblait, un mélange de colère et d'impuissance l'envahissait. Ses cheveux descendaient le long de son visage fin, parfois se collant à ses joues humides. Son poing se serra.

- Vous...

Elle ne prit pas le temps de finir sa phrase qu'elle s'élança difficilement vers la porte pour sortir de cet enfer. Quitter ce château maudit, ces pierres horrible. Partir... m'échapper... mes balais, pré-au-lard. Sans même s'en rendre compte Yuzu trahissait ses pensées. Laissant derrière elle ses affaires elle réussit enfin à mettre la main sur la poignée. Elle réussit à entrebâiller la porte et y glisser la main. Le tonnerre grondait et la pluie s’abattait contre le verre de la fenêtre. La petite griffonne se retourna pour regarder sa directrice de maison. Ses émotions semblaient se mélanger, la colère était perdue dans la tristesse, l'incompréhension dans la peur. Un mixte qui laissait la japonaise apparaitre complétement désorienté, anormalement anxieuse. Perdu.

- Je...je...vo..vous, hais....tou tou tou... tous, ce monde... elle essuya ses larmes avec le revers de sa main. tremblante elle ajouta de façon monocorde submergée par les émotions. Je feferais plus vos lignes et vos putitions... jujusqu'a ce qse vo...vous me renvoyez chez moi.

Elle commença à passer son corps fin dans le petit passage entre la porte et le mur, dans le but de s'échapper de cette école persécutrice. Elle restera loin de ce monde magique, loin de toute cette agitation stupide occidental, loin des gens. Yuzu ne voulait qu'une chose, disparaitre, n'importe où, sous sa couette, ou encore dans un coin de l’hôtel à sa mère, au japon... Tout ferraient l'affaire.

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*Picasso 2017, Peeves 2017, Gryffondor et élève du mois de Janvier 2018*
Ma lumière divine vous aveuglera tous !