Sortilèges

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Ancien sorcier  

Life is like a rollercoaster

La belle chouette, au doux nom de Meov, qu'Enaël avait achetée en fin de semaine dernière, n'avait à peine eu le temps de se reposer, de s'habituer à son nouveau perchoir dans la volière et de sympathiser avec ses nouvelles voisines, qu'elle eut la lourde tâche de faire parvenir à son propriétaire une missive urgente. Même si les chouettes sont douées, comme par enchantement, d'un don d'orientation, se repérer dans le château relevait du défi. D'ailleurs, ç'avait été la première question qu'avait posé le petit préfet au gérant de la ménagerie magique. Confiant et sûr de son "produit", il n'avait pu lui conseiller que Meov. En réalité, c'était une chouette aimante et agréable mais qui était cruellement myope. Entre un propriétaire muet et une chouette myope, on ne pouvait rarement faire mieux. L'urgence était d'autant plus de mise que le message confidentiel en était tout aussi important pour le petit garçon. Un rendez vous lui avait été donné en début de soirée par son directeur de maison et ce en début de semaine. Étrange de la part de son directeur de le convoquer en début de semaine à cette heure. Espérons qu'il n'avait aucun reproche à lui faire ou qu'il ne le punirait. Enfin, c'était tout simplement impossible. Aucune bêtise n'était à l'actif de l'adolescent.

Les mots qu'il avait lus ne cesser de danser son esprit, se mêlant les uns les autres pour bientôt créer une cacophonie désagréable, plongeant le jeune garçon dans un état second, à la limite du malaise. L'heure fatidique approchait à grand pas, il serait bientôt fixé sur son compte. Le souper avait été rapide, aucun met n'avait attiré plus de quelques secondes le regard et bien entendu l'envie d'Enaël. Un noeud se faisait sentir dans les entrailles du garçon. Certains de ses camarades s'étaient inquiétés de son manque d'appétit - son mutisme ne les inquiétait plus, bien au contraire -, ce qui les avait poussé à en savoir plus. Mais le Dewberthon restait un Dewberthon, il ne dévoilerait mot d'aucun rendez vous. L'horloge central émit les premiers coup de vingt heures. Il fallait se hâter, il avait exactement rendez vous à vingt heures tapantes. Ne manquerait plus que le garçon soit en retard, qui plus est avec son directeur de maison. Se dégageant avec délicatesse du banc de la grande salle, pour éviter de faux mouvements à ses compagnons, il se précipita en dehors de la salle et grimpa quatre par quatre les marches. En plus, le bureau n'était certainement pas au premier étage. Il était désormais impossible qu'il arrivât à l'heure. Maintenant, il tenterait de diminuer son retard.

À cette heure, les autres étudiants étaient soit en train de se sustenter une dernière fois, soit en train de travailler dans leur salle commune. Lui était simplement en train de parcourir les derniers mètres qui le séparaient du bureau de son professeur de sortilèges. Arrivé devant la porte en bois, couleur noir, du bureau de sortilèges, il reprit ses esprits et quelques goulées d'air. Il n'avait pas non plus envie de se présenter rouge comme pivoine devant Monsieur Blackstorm. Il remit les quelques mèches de cheveux qui tapaient sur ses nerfs et poussa la porte entrouverte. Il toussa légèrement pour indiquer sa présence au jeune professeur. En effet, M. Blackstorm était déjà au courant des quelques problèmes d'Enaël au sujet de la parole. Il fit quelques pas en direction du bureau, lui aussi de couleur noir. La pièce était sobre et bénéficiait d'une lumière étrange, presque naturelle. Mais on s'y sentait bien. Enaël eut un poids en moins, presque un soulagement. Néanmoins une barre d'angoisse était visible sur le front du garçon. Avec quelques difficultés pour respirer, il parvenait à sourire. Maintenant, passons aux choses sérieuses, que voulait donc Monsieur Blackstorm au petit Enaël ?
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Ancien sorcier  

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Les pans de la robe de sorcier, sombre, de Jaxson volaient derrière lui au fur et à mesure que Jaxson grimpait les marches menant à son bureau. Depuis la fin d'après-midi, il ne cessait de faire des aller-retours entre son bureau et les autres pièces du château. Si ça n'avait pas été pour aller dans la salle commune pour récupérer l'insigne de préfet c'était dans la Grande Salle pour prendre un semblant de repas. Cette fois-ci, il sortait de la bibliothèque pour revenir dans son bureau à l'étage supérieur où un cours attendait sagement d'être préparé et où allait se dérouler dans une poignée de minutes le rendez-vous que Jaxson avait fixé avec le jeune Enaël Dewberthon.

C'était une rencontre que Jaxson attendait avec impatience pour plusieurs raisons. D'une part, il allait nommer son nouveau préfet dans l'optique où l'élève allait accepter et d'autre part, le nom Dewberthon n'était pas inconnu au professeur de Sortilèges et il avait hâte d'en savoir plus sur le jeune homme. Le problème était que l'élève en question ne savait rien sur Jaxson Blackstorm et était sûrement loin de se douter de cette vérité. Le directeur de Poufsouffle continua donc son ascension jusqu'à son bureau caché derrière sa salle de cours et une fois dans son bureau, il alla s'asseoir sur sa chaise en posant son livre sur le bureau. Il s'adossa ensuite au fond de son siège en prenant le temps de remettre toutes ses idées au clair. C'est alors que quelque chose d'important lui revint à l'esprit, il avait complètement oublier, ces dernières heures, que le jeune garçon ne parlait plus et que par conséquent, il devait avoir de quoi écrire pour que les deux hommes se comprennent. Il ouvrit donc ses tiroirs afin de trouver une plume et un parchemin vierge qu'il posa en face de la chaise vide de l'autre côté du bureau.

Quelques secondes plus tard, il entendit une petite toux timide à l'entrée et découvrit le jeune garçon qu'il avait convoqué ce soir là. Ce-dernier n'avait que quelques minutes de retard et Jaxson ne pouvait lui en vouloir. Enaël avança alors de quelques centimètres et Jaxson l'accueilli avec un sourire en espérant pouvoir le rassurer. Il n'imaginait que trop bien ce que le Poufsouffle devait ressentir, il se demandait sûrement pourquoi son directeur de maison le convoquait ce soir-là. Jaxson prit donc la parole:


« Bonjour M. Dewberthon! Je vous en pris assez vous. »

Il lui désigna la chaise de sa main droite et avant que le jeune garçon s'assoit, Jaxson lui expliqua qu'il lui avait préparé de quoi écrire en espérant que l'élève ne voit pas cela comme une insulte. Après lui avoir montré, le parchemin, il essaya de rendre l'échange plus simple et convivial en demandant:

« Vous désirez un chocolat chaud, un thé ou peut-être un café? »
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Ancien sorcier  

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Son pouls s'accélérait à mesure que les grains du sablier invisible s'égrainaient depuis qu'il avait franchi le seuil de la porte du bureau de son directeur de maison. Bien loin de se calmer et ce malgré les exercices de respiration qu'il s'infligeait et qu'il espérait suffisamment discrets pour en être imperceptibles, le petit garçon était resté planté quelques décimètres en face du magnifique bureau du jeune professeur. Et son anxiété monta crescendo en remarquant posés sur la table et de l'autre côté de l'assise du professeur, papier et plume. Était-il collé sans le savoir ? Devrait il écrire des pans entiers d'une punition qui se voulait suffisamment sévère pour qu'il ne recommence jamais ? C'en était bien possible au vu de l'atmosphère. Toutefois, rien dans sa mémoire ne lui remémorait quelconque fourberie. Sa mémoire le lui jouait il des tours ? Impossible.

Aussi quand le professeur éclipsa le silence quelque peu pesant pour le jeune homme par les simples formules de politesse que la situation imposait, la barre d'angoisse qui avait figuré sur son front s'estompa instantanément. Il lui en fallait peu pour que son moral en soit atteint, à ce jeune homme. C'en était presque désespérant. Sur les ordres de Monsieur Blackstorm, il s'assit sur un siège bien molletonné, qui épousait à la perfection ses formes. Pourtant bien loin d'être de petite taille, il éprouvait quelques difficultés à poser la pointe de ses pieds sur le sol. Étrange sensation, comme si le sol s'éloignait de ses pieds, alors qu'il tentait en vain de les rapprocher. Et puis son inquiétude se dissipa presque totalement quand son directeur de maison lui expliqua que le papier et la plume qui étaient présentés en face de lui ne lui serviraient que de moyen de communication. Ouf, aucune punition n'était à envisager, pour le moment ! Il fut en quelque sorte touché de la gentille attention de l'homme en question. Il avait certainement dû entendre parler de lui et avait préféré mettre toutes ses chances de son côté pour discuter avec l'enfant. Et Enaël n'osa point lui faire remarquer qu'il disposait déjà de tout ce dont il avait besoin. Aussi il s'appliqua à prendre délicatement la plume, à la tremper dans un encrier puis à écrire quelques mots. Simplement un Bonsoir, Monsieur Blackstorm.

À la question d'une éventuelle boisson, un simple hochement de tête de gauche à droite permit au jeune homme d'exprimer son refus, puis un sourire discret fut traducteur d'un remerciement. Avec Enaël, il ne valait mieux pas lui tourner le dos, sans quoi quelques informations risquaient d'échapper à l'interlocuteur.
Présageant un prochain pic d'angoisse, l'adolescent prit les devants, il commença à griffonner sur le parchemin, avant de se souvenir que son écriture de tous les jours n'était que très peu lisible et déchiffrable. Il raya donc avec attention les derniers mots et fit plus attention à son écriture.

On pouvait alors y lire :

Veuillez m'excuser de mon impatience mais je ne souhaite pas non plus vous faire perdre votre temps : quel est le motif de ce rendez vous, Monsieur ?

N'importe qui aurait pu s'offusquer de l'aplomb dont disposait le jeune garçon, mais aucun mal n'était perceptible. Le jeune poufsouffle palissait au fur et à mesure et se sentait partir à n'importe quel moment, il préférait y couper court tout de suite. Il avait choisi ses mots avec la plus grande méthode et après une ou deux relectures, il tendit le bout de parchemin à Monsieur Blackstorm. À voir la veine qui longeait sa tempe, il stressait encore plus qu'il y a quelques minutes.
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Ancien sorcier  

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Jaxson regarda le jeune homme se rapprocher de son bureau pour venir s'asseoir en face avec toujours autant de discrétion. Jaxson ne connaissait pas parfaitement le brun mais il avait le sentiment qu'il faisait parti de ceux qui n'aimaient pas déranger les autres et qui restaient, la plupart du temps, en retrait pour ne pas attirer l'attention sur eux. Le directeur de maison cru voir le regard du jeune garçon se soulager une fois qu'il fut confortablement installé. Avant même que Jaxson ait pu rajouter quelque chose, il remarqua qu'Enaël s'était emparé de la plume pour écrire quelques mots qu'il tenta de lire à l'envers. Il n'eut aucun mal à reconnaitre son prénom et devina le reste. Le petit Poufsouffle lui fit ensuite un signe de la tête pour informer le directeur de maison qu'il ne voulait pas de boisson.

Enaël se pencha, derechef, sur son parchemin pour y écrire de nouveaux mots. Comme quelques seconde plus tôt, Jaxson essaya de lire ce qui était écrit mais le garçon, après avoir regardé ce qu'il avait écrit, barra ses mots d'un trait épais pour recommencer quelques millimètres plus bas. Jaxson comprit alors que le Poufsouffle essayait d'écrire le mieux possible pour que le professeur de Sortilèges n'ait aucun mal à le relire. Ce petit geste fit sourire ce dernier. Il avait vu, depuis qu'il était arrivé à Poudlard au poste de professeur, de nombreuses copies et parmi elles, quelques unes étaient difficilement déchiffrables. Comparée à celles-ci, celle du jeune Poufsouffle était très lisible et soignée. Cependant, le trentenaire garda cette remarque pour lui même et attendit que le jeune garçon ait fini d'écrire. Après quelques secondes et quelques relectures de la part du petit brun, ce-dernier tendit le parchemin à Jaxson qui s'en empara rapidement. On pouvait y lire quelques mots qui montraient l'impatience du garçon et Jaxson du réviser son précédent jugement sur lui, ou du moins le rallonger. Outre le fait d'être réservé, Enaël n'hésitait pas à exprimer ce qu'il ressentait et Jaxson ne put s'empêcher de penser à une certaine personne. Le jeune garçon ressemblait beaucoup à une femme que Jaxson avait rencontré lors de ses études à Poudlard et qui était décédée quelques années plus tôt, une certaine Judith. Ils étaient tous les deux calmes mais avaient ce petit grain d'impatience qu'on pouvait relié à un certain aplomb. Il n'y avait rien d'étonnant à faire cette comparaison, Jaxson savait parfaitement que Enaël et Judith était étroitement liés, de la même famille. Cependant, Jaxson et son élève n'en était pas rendu à ce sujet et le premier ne savait toujours pas s'il allait aborder le sujet et si c'était le cas, comment il allait le faire. Il devait, dans l'instant présent répondre à la question du jaune. Jaxson s'éclaircit alors la voix pour dire:


« Si je vous ai convoqué ce soir c'est pour la simple et bonne raison que je vous ai remarqué depuis votre arrivée à Poudlard. Vous vous êtes montrés très impliqué pour votre maison et vous avez un comportement exemplaire que beaucoup d'élèves devraient avoir. Vous êtes volontaire et toujours là pour aider vos camarades. C'est pour ces raisons et tant d'autres que je me suis dit que vous méritiez amplement le poste de préfet de Poufsouffle. Bien sur je ne vous oblige en aucun cas mais cela me ferait très plaisir que vous acceptiez.»

Jaxson lui laissa le temps de digérer la nouvelle et ne put s'empêcher de penser qu'il n'avait pas dit toute la vérité. Il ne l'avait pas remarqué mais l'avait plutôt surveillé. Il avait été étonné d'entendre le nom de Dewberthon lors de la répartition et avait été plus qu'heureux quand le choixpeau avait annoncé haut et fort que le petit nouveau irait chez les Poufsouffle, la maison dont il était le directeur. Il avait ainsi pu suivre l'adaptation et l'évolution du jeune garçon. Bien sur, cette nomination n'avait rien à voir avec tout cela, Jaxson était persuadé que le jeune garçon ferait un excellent préfet. Mais avant de lui redonner le parchemin, Jaxson ajouta:

« Vous avez peut-être des questions sur tout ce que cela implique avant de prendre une décision?»

Après avoir dit cela, Jaxson reposa le parchemin en face du brun.
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Ancien sorcier  

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Certains auteurs nous marquent d'une façon indélébile et nous font évoluer de sorte que sans eux, jamais nous n'aurions pu en arriver là. L'un de ceux qui avaient pu changer la vie du petit Enaël était le fameux George Orwell. Dès tout petit, il s'était passionné pour diverses lectures, sorcières comme moldues, que seule ses parents, fortunés, auraient pu lui offrir. Hormis Steven Saylor ou Bernard Werber, le célèbre auteur avait voulu dénoncer une situation oppressante. En y songeant quelque peu, ce dernier n'aurait pu mieux poser par écrit la situation actuelle avec la citation suivante "Big Brother is watching you", exception faite que dans le bureau de Sortilèges où Enaël se trouvait depuis maintenant quelques minutes "Big Brother" n'était autre que M. Jaxson Blackstorm, son professeur mais aussi directeur de maison. Son regard pesant balayait toute la salle mais plus particulièrement le petit garçon qui était assis à son bureau, sa respiration calme paraissait comme sourde aux oreilles d'Enaël. La pire sensation était sans aucun doute l'impression d'être épié tout en sachant que la discussion allait prendre des dimensions sérieuses et incroyables.

Remarqué ? Dès la première phrase, son attention se perdit sur le mot "remarqué". Lui qui pensait faire tout en sorte pour passer inaperçu s'était fourvoyé totalement. Encore, il aurait pu comprendre que son invisibilité ne soit pas parfaite après quelques temps, notamment due à sa petite particularité de muet mais dès la cérémonie de répartition. Étrange. Finalement, il rattrapa le wagon en marche, telle que l'aurait énoncé une grande mère moldue, s'il en avait eu une. Il ne put qu'entendre "préfet de Poufsouffle". Venait il de lui proposer le poste de préfet de Poufsouffle ? C'était fort probable. D'autant plus qu'une rumeur avait enflée dans les nombreux couloirs de Poudlard, selon laquelle le poste avait été déserté depuis quelques semaines. Enaël devait il craindre une éventuelle malédiction ? Balayant cette idée d'un hochement de tête de droite à gauche, il se convainquit que cette pensée n'avait pas lieu d'être.

*Depuis quand, mon vieux, tu te rattaches à ce genre d'idées? * s'était il intimé profondément.

Néanmoins, ce dont il ne réfléchit pas était son signe de tête de droite à gauche, qui pouvait signifier un refus et qu'il venait d'effectuer à la suite du petit monologue de son professeur. Il ne manquait plus qu'ils se comprennent mal et que la proposition vint à être modifiée. Aussitôt, il agrippa la plume qui était couchée non loin de la feuille de parchemin et se mit à écrire à toute vitesse.

N'allez pas croire que mon hochement de tête signifie mon refus, bien au contraire.

Cette petite phrase fut ponctuée d'un sourire discret et encourageant. Mais apparemment, cette attitude ne paraissait pas avoir choqué le directeur de maison, puisque celui-ci débutait d'ores et déjà une nouvelle phrase. Il fallait vraiment que le petit Enaël réunisse toute son attention pour pouvoir rassembler l'ensemble es idées distillées par son professeur.

Des questions ? Il en avait des tonnes et des tonnes mais il savait que certaines seraient certainement sans réponse, dont "Serais je un bon préfet ?" qui ne nécessitait que l'avenir comme réponse. Il reprit la plume, tout fraîchement utilisée, appliqua une légèrement contrainte entre le bout de la plume et le papier. Bientôt une tâche d'encre vint percer le papier. Enaël réfléchissait longuement. Puis, les mots outrepassèrent sa pensée pour venir se figer sur le papier :

J'accepte avec plaisir le poste que vous m'accordez. Mais j'aurai une question : pour quelles raisons m'avez vous remarqué dès mon arrivée?

Attrapant à deux mains le parchemin et relisant à deux reprises sa phrase, il tendit avec attention le parchemin à Monsieur Blackstorm. S'il venait à le scruter, il apercevrait alors un regard intense qui en était presque dérangeant. Enaël tentait simplement de sonder ou d'analyser la personne qui se trouvait en face de lui.
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Ancien sorcier  

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Jaxson avait hâte de connaître la réponse de son élève, il ne savait pas ce qu'il pensait et son mouvement de tête ne l'avait en aucun cas rassuré. Jaxson ne savait pas s'il avait répondu par la négative ou s'il ne croyait pas ce que venait de lui dire son directeur de maison. C'est alors que le garçon s'empara en toute hâte de sa plume et du parchemin pour y écrire quelque chose. Le directeur attendit patiemment que l'élève lui rende le parchemin mais il semblait réfléchir à tout ce que venait de dire le professeur de Sortilèges. Sa plume, toujours posée sur le parchemin laissa échapper de l'encre qui, après s'être accumulée, perça le parchemin. Quelques secondes après, la plume se mit de nouveau à se mouvoir sur le parchemin. Après l'avoir relu, Enaël tendit le parchemin à Jaxson qui le lu rapidement.

La première phrase ne put que le rassurer, Enaël acceptait le poste de préfet. Jaxson se sentit soulagé, il ne savait pas comment il aurait fait si son nouveau préfet n'avait pas accepté. De plus, il était persuadé que le jeune garçon accomplirait avec brio son rôle. La deuxième phrase, la question d'Enaël, fit sourire le professeur. Il était normal que le jeune garçon se pose cette question. Jaxson comprit alors qu'il était temps de lui avouer qu'il connaissait sa mère et qu'il était persuadé, il le savait au plus profond de lui, qu'Enaël allait être un aussi bon préfet que sa mère l'avait été. Il préféra cependant essayer de le dire avec diplomatie, ce qui était loin d'être le domaine dans lequel il excellait.


« Cela risque de vous rappeler des mauvais souvenirs et je m'en excuse d'avance mais lorsque j'étais élève, j'ai connu votre mère. Elle m'a aidé dans mes études et elle était surtout ma préfète, une excellente préfète. Je vous ai donc remarqué, dans un premier temps, avec votre nom de famille et par la suite, vous avez su me prouver que vous vous impliquiez dans la maison. En plus de ça, vous avez un peu le même caractère que votre mère. Je ne sais pas si vous vous en êtes rendu compte mais vous faites beaucoup de choses pour les autres, vous êtes très altruiste. Tout ça pour vous dire que vous avez de nombreuses qualités pour être préfet. »

Parler de la mère d'Enaël lui rappela certains souvenirs auxquels il n'avait pas penser depuis longtemps. Il se vit dans la salle commune de Serdaigle, révisant avec Judith son arithmancie. Elle avait été une très bonne professeur pour lui et il ne pouvait que la remercier car c'était sûrement grâce à elle qu'il avait obtenu sa B.U.S.E. d'arithmancie. Malheureusement, cela lui rappelait aussi le décès de celle-ci et de tout ceux que Jaxson avait connus et cela était loin de le faire sourire. Il espéra seulement que le jeune Poufsouffle ne l'avait pas remarqué.
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Ancien sorcier  

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Ce qu'Enaël ignorait, bien qu'il ait pu y réfléchir si l'envie lui était venue à l'esprit, était que certains de ses professeurs avaient été à sa place, c'est à dire élèves de Poudlard, tout comme lui. Évoluant progressivement dans cette école de sorcellerie, ils avaient connu leurs premières échecs comme leurs premiers succès, rencontré leurs futurs amis, appris à être des sorciers... Mais pire encore, en constatant l'âge de ces derniers, qui auraient pu d'ailleurs être ses parents, quelques uns avaient pu croiser ou connaître sa mère, Judith Pratchett, ancienne préfète de Serdaigle. Surtout qu'il aurait dû d'ores et déjà s'en douter avec la connaissance plus intime de l'une d'entre eux. Il ne pensait pas que son directeur de maison avait pu croiser le chemin de sa tendre mère.

*Ma chère maman, qu'est ce que tu peux me manquer, tu sais* avait il pleurnicher intérieurement.

Savoir qu'un être cher ne vous suivra plus sur le long chemin de sa vie paraissait insurmontable, surtout dès lors qu'il s'agit de l'un de ses parents. Au début, tout s'écroule, les bases que ce cher parent s'était évertué à construire et à bâtir à la sueur de son front ne semblent plus aussi stables, l'amour que l'on a pu porter à d'autres personnes, l'envie tout simplement de vivre. Et puis, telle une réaction de l'organisme, l'envie de continuer de vivre reprend le dessus, en s'intimant la pensée que ce parent n'aurait pas voulu voir son enfant dépérir. L'enfant, en grandissant, essaye de combler les fissures qui ont affecté les bases pour les consolider et pouvoir de nouveau s'appuyer et se fonder dessus. Quand le tout est prêt, seules quelques pensées insidieuses viennent parfois le tirailler mais malgré une culpabilité qui ne fera que le ronger, le petit Enaël parvenait à vivre sa vie de sorcier de onze ans. Alors quand son directeur de maison lui apprit qu'il avait été élève de la maison que sa mère, cette nouvelle le replongea trois ans en arrière. Avant de mourir, Miss Pratchett n'avait prononcé qu'un seul et unique nom et Blackstorm n'était pas celui-ci. Aussi préféra-t-il penser que son directeur de maison la connaissait uniquement de vue.

Il finit par apprendre que par son altruisme légendaire, Judith avait aidé l'élève à étudier et à mieux comprendre certains points du programme officiel dans le but de réussir avec brio ses examens. Une petite moue de fierté vint à apparaître sur la pâle figure du jeune garçon. Sa mère était tout simplement parfaite. Il l'idéalisait, certes mais elle avait ce quelque chose qui faisait d'elle une femme, une mère et une amie d'exception.


*Il a certainement dû venir à l'enterrement de maman pour savoir que cela va ressasser de mauvais souvenirs*

Inclinant sa tête devant lui en direction de la feuille de papier, il sentit les larmes lui monter aux yeux. Fermant les yeux et la bouche d'une force incroyable, il parvint à ravaler ses larmes et réfléchit à une quelconque réponse possible. Rien, aucune, rien ne lui venait à l'esprit. Il releva donc la tête et fit un sourire à moitié empli de nostalgie de la perte de sa mère et de joie d'être ici, là où sa mère avait été. Il attrapa à la hâte la plume sans se soucier de son directeur de maison et lui écrivit ces quelques mots :

N'ayez crainte, parler de ma mère ne fait autant de mal qu'avant, vous pouvez en parler librement. Je vous remercie pour tout ce que vous m'avez dit.
Puis il rajouta après un laps de réflexion :
Je suis, par contre, désolé mais un devoir de Potions m'attend. Si je peux donc prendre congé, tout en vous remerciant.

Il tendit la feuille à son directeur de maison qui avait su le calmer et l'apaiser. Ensuite, il posa la plume délicatement près de l'encrier et attendit avec patience la décision de son professeur.
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Ancien sorcier  

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Ayant reprit, tant bien que mal, ses esprits, le directeur de Poufsouffle laissa le temps à son nouveau préfet d'en faire de même. Il savait que le deuil d'une personne était dur à faire et que certains n'y arrivaient pas, même au bout de plusieurs années. Il ne savait pas où en était le jeune Poufsouffle et il n'osait pas le lui demander de peur de paraître indiscret et d'outrepasser ses droits de professeur et directeur. Il garda donc le silence en essayant de comprendre ce que ressentait Enaël en cet instant.

Dans un premier temps, il cru voir le regard de l'enfant se perdre dans le tréfonds de ses souvenirs, peut-être repensait-il à tous les moments qu'il avait passé avec sa mère, cette femme si dévouée et forte à la fois. Une chose était sûre, elle avait transmis certaine valeur à son fils qui était lui aussi dévoué. Après quelques secondes, Jaxson remarqua un petit mouvement sur le visage du Poufsouffle mais il ne put déterminer si il refoulait un sanglot, ou si justement il l'exprimait. Enfin, après un long moment d'attente, Jaxson vit la tête du brun se relevait et ce-dernier lui sourit du mieux qu'il put. Si Jaxson n'avait pas assisté et participé à la conversation, il aurait pu penser que ce sourire était franc mais étant donné qu'il était la personne avec qui Enaël conversait, il n'était pas sur que le préfet ait réellement envie de sourire et c'était on ne peut plus compréhensible, Jaxson avait entamé un sujet de conversation chaotique.

Le jeune garçon attrapa ensuite la plume et le parchemin pour répondre aux dires de son directeur de maison. Toujours aussi impatient, Jaxson essaya de lire avant qu'Enaël n'ait terminé d'écrire mais les cheveux de celui-ci lui l'empêchait de voir à sa guise et il ne put lire ce qu'écrivait le garçon. Celui-ci releva quelques secondes la plume et,[/reducio] après avoir trouvé ce qu'il voulait dire, il s'empressa de l'écrire. Jaxson attrapa ensuite le parchemin que lui tendait son élève et le lu rapidement. Il fut quelque peu rassuré quand à la première phrase du jeune garçon et le lui fit comprendre par un sourire et en voyant la seconde ligne, Jaxson comprit que le préfet avait sûrement envie d'être seul pour réfléchir à tout ce qu'il venait d'apprendre en une soirée et tout ce que cela lui avait rappelé. Respectant tout à fait cela, le professeur de Sortilège lui répondit:


« C'est moi qui vous remercie pour avoir accepté d'être le préfet de Poufsouffle. Je vous souhaite bon courage et je suis sur que vous y arriverez sans problème. »Attrapant rapidement l'insigne qui se trouvait sur son bureau, il la tendit à Enaël en lui disant: « Vous pouvez dés à présent l'épingler sur votre robe. Ayant moi même quelques copies à corriger, je vais vous souhaiter bonne chance pour votre devoir et surtout une bonne nuit. »

Après avoir permis à son nouveau préfet de faire ce qu'il voulait, Jaxson lui fit un sourire pour lui faire comprendre qu'il avait terminé.

Reducio
Voilà, c'était ma dernière réponse.
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Ancien sorcier  

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Le devoir de Potions était une excuse comme une autre pour prendre congé de son directeur de maison. L'entretien n'avait pas été déplaisant, bien au contraire mais avait pris une tournure que le petit garçon n'avait pas attendu. Or ce dernier détestait toute sorte de surprise et savoir qu'un de ses professeurs connaissait sa mère défunte en fut une, quoique prévisible. En regardant cette fois-ci droit dans les yeux le professeur de Sortilèges, comme si ce fut ses derniers instants à ses côtés, il se persuada que sa mère et lui avaient dû être de bons amis, il était impossible autrement au vu du caractère de sa mère et de celui de Monsieur Blackstorm qu'Enaël présageait. Il vint même à s'imaginer quelques scènes entre ces deux-là,de franche camaraderie qui auraient su ravir sa mère si elle avait été présente ici. Mais ce n'était pas le cas... Un air de désespoir s'empara du jeune garçon et se matérialisa par un sourire froid et des yeux sans expression, se posant vaguement sur quelques objets du bureau de son professeur.

Puis, comme si le malaise était perceptible par les deux interlocuteurs, son professeur le remercia de sa décision et l'encouragea pour la suite. Après avoir farfouillé sur son bureau un objet qui faisait la renommée des préfets, il lui tendit le digne insigne qu'Enaël allait pouvoir épingler juste sur sa poitrine, comme sa mère l'avait fait quelques années auparavant. La vie était vraiment bizarre, comme un cycle. Après l'avoir accroché, en faisant bien attention de pas faire d'accroc sur sa robe de sorcier, il caressa l'insigne, comme si maintenant l'insigne et lui ne faisaient plus qu'un. Il détourna son attention sur son professeur qui avait quelques copies à corriger. Le petit Dewberthon reprit la plume et écrivit un simple "Merci" sur cette dernière. Parfois un seul mot peut exprimer une multitude de choses qui ne peuvent être dévoilées aux yeux de tous. Mais Enaël savait parfaitement derrière ce simple mot ce qu'il souhaitait lui dire et il était convaincu que le professeur, en question, le comprendrait.

Après cette entrevue, son directeur de maison lui fit un dernier sourire pour lui donner, en quelque sorte, l'autorisation de vaquer à ses occupations. Enaël prit donc congé en se dirigeant vers la porte d'entrée, puis donna un dernier regard vers son professeur. Un vague sentiment d'abandon régna à l’intérieur du petit garçon, comme s'il s'agissait de la dernière fois qu'ils se rencontraient. Si Enaël avait pu parler, il lui aurait certainement confié : "J'espère vous revoir bien vite et que l'on ne se perdra pas de vue". Mais son mutisme l'en empêcha et un simple sourire en coin substitua le message. Il referma la porte après son passage et se laissa glisser le long du mur du couloir. Il ne put que pleurer : il avait perdu sa mère, avait rencontré un homme la connaissant et avait été nommé préfet de Poufsouffle. Une soirée riche en émotions.


Reducio
Merci pour ce RPG.