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Le calme du lac  Solo 

10 SEPTEMBRE

Voilà moins de deux semaines que je suis ici, et pourtant, la maison me manque déjà. J'aime énormément Poudlard, je suis sincèrement ravie d'être là. Mais le manque de ma famille m'a prise de court. Je n'avais pas envisagé qu'il puisse être si intense, si présent. J'avais hâte de voler de mes propres ailes, de découvrir cette nouvelle vie qui m'ouvre ses bras. Et, dans un sens, je suis contente de déambuler dans un environnement différent. Mais mes parents me manquent. Même mes frères et sœurs, avec qui je n'ai pas toujours eu des relations simples, me manquent. Et surtout, je me sens seule. Je ne devrais pas être surprise, j'ai toujours été en contact direct avec la solitude. L'école n'a jamais été synonyme d'amis. Très vite, j'ai pris l'habitude de m'isoler du monde. Mais j'ai placé tant d'espoirs en Poudlard, que je peine à me faire à ce manque de connaissances. Bien entendu, j'ai conscience qu'il faut laisser le temps au temps. Je me suis probablement trop enflammée en m'imaginant entourée dès les premiers jours de plein d'amis, déambulant en riant dans l'enceinte du château. Mais j'espère tout de même que cette situation ne s'éternisera pas trop.

Nous sommes jeudi, il est 17h et j'ai terminé mes cours pour la journée. Le temps est encore magnifique en cette fin d'été, et c'est avec l'intention d'en profiter que je quitte ma salle de classe. Mes livres et parchemins sous le bras, je prends de suite la direction du parc, sans même passer par ma salle commune. Je marche sans but précis, attendant simplement d'atteindre un endroit calme. Les pelouses sont remplies de sorciers et sorcières de toute maison, toute année confondue. Je sais parfaitement que le meilleur moyen de faire de nouvelles rencontres est de s'insérer dans un groupe. Mais je suis d'un naturel bien trop timide pour me lancer. J'ai déjà songé à essayer, mais chaque fois, mes tentatives se soldent par un échec. Je me retrouve pétrifiée et je fuis le plus vite possible avant de me trouver dans une situation trop ridicule. C'est pourquoi, une fois de plus, je cherche un lieu où je pourrai être seule.

C'est une fois arrivée au niveau du lac que j'obtiens satisfaction. A l'écart de toute l'agitation, la vaste étendue d'eau se dresse face à moi. Je pose mes affaires et m'assois sous un saule pleureur, à plusieurs mètres de distance de l'eau. Rapidement, je m'empare d'un parchemin, d'une plume et d'encre. Un livre sur les jambes en guise de support, je commence à rédiger la lettre que je veux écrire depuis des jours déjà. Ayant craint de paraître trop pressée auprès de mes parents, ne voulant pas leur montrer que j'ai tant besoin d'eux, je me suis efforcée d'attendre. Aujourd'hui me semble être le bon moment. Je n'ai plus le courage de repousser d'avantage.

Papa, maman,

J'espère que tout va bien à Londres. Ici, je n'ai pas une minute à moi tant Poudlard regorge d'activités. Entre mes cours, la découverte du château, les devoirs et l'intégration à la vie de l'école, je peine à trouver un moment de calme. Voilà pourquoi j'ai mis du temps avant de vous écrire. Mais maintenant que je suis posée, je prends plaisir à vous adresser une longue lettre qui, je l'espère, vous fera plaisir.

Je suis en ce moment même assise près du lac de Poudlard. J'avais déjà lu et entendu plein de choses à son sujet, mais il est encore plus impressionnant en vrai. Je n'imaginais pas une eau si sombre. Il est à la fois magnifique et effrayant. Je n'aimerais pas avoir à y nager pour une quelconque raison. On dit qu'il grouille de créatures toutes plus effrayantes les unes que les autres. Je ne sais pas jusqu'où ces rumeurs s'avèrent être vraies, mais il est certain que je n'ai aucune envie de vérifier. Je préfère profiter de son calme à l'extérieur. C'est un endroit parfait pour être seule avec ses pensées, et pour faire le tri de tout ce qui a peuplé mes journées jusqu'ici.

Les cours sont passionnants. Tu avais raison maman, la magie, c'est merveilleux. Je n'en ai jamais douté, mais je m'en rends véritablement compte maintenant que je suis à Poudlard. Le château est magnifique, mes professeurs sont plutôt sympas. Certains sont plutôt excentriques, ce qui rend les cours très divertissants (sans pour autant qu'ils deviennent une cours de récréation) ; tandis que d'autres sont plus strictes et sérieux. Mais peu importe leur caractère, j'apprends toujours plein de choses, et c'est le plus important.

Je n'ai pas encore noué de réelles amitiés, mais je ne me fais aucun soucis à ce sujet. Le château grouille de monde, il ne devrait pas être trop difficile de faire des connaissances et de trouver des enfants avec qui m'entendre. En attendant, je fais mes devoirs, j'essaye d'obtenir les meilleures notes possibles, et je vagabonde dans le château pendant mes temps libre, découvrant le maximum de choses.

En attente de vos nouvelles, je vous fais de gros bisous.

Votre fille Aurore.

PS: maman, je suis à Serdaigle! Comme toi! Je suis fière d'être dans la maison qui a été la tienne, et je fais tout pour être à la hauteur, je te le promets.


Bon.. Il est vrai que j'ai légèrement menti sur la raison de cette lettre un peu tardive... Mais je ne veux pas qu'ils soient déçus de moi. Je veux qu'ils sachent que, même si je suis la petite dernière de la famille, je n'en suis pas moins courageuse. Je ne veux pas être ce genre de fille qui réclame la présence de ses parents sans arrêt. Je suis grande, je suis indépendante. Et je vais devenir une grande sorcière! Déterminée, je laisse quelques nouvelles minutes s'écouler, profitant encore un peu du soleil. Il est 18h lorsque je me relève, mes affaires sous le bras. Direction la volière et ensuite, je m'attaquerai à mes devoirs du jour.

"Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent !"
Aigle du mois de juin 2016
Poursuiveuse/Gardienne remplaçante des Eclairs de Serdaigle
"Je crois en toi!" Comprendra qui pourra
Ma couleur = #4F79A4

Le calme du lac  Solo 

25 SEPTEMBRE

Voilà presque un mois qui vient de s'écouler. Déjà... Le temps passe si vite. Les différents cours défilent les uns après les autres. Chaque étudiant s'adapte de plus en plus à sa nouvelle vie, allant et venant naturellement entre les couloirs et les différents lieux de Poudlard. La vie suit son cours, et moi je me sens perdue.

Me rendre au lac lorsque je me sens oppressée est désormais devenu une habitude. Quand les pensées tourbillonnent dans ma tête et dans mon cœur, formant un trop-plein d'émotions que je ne sais pas comment gérer, je marche jusqu'au parc. Je laisse mes pieds me guider jusqu'à la surface lisse et sombre du lac de l'école, je m'assois à quelques mètres de ce dernier, et j'écris. De cette manière, je me libère de tous mes sentiments et je peux repartir plus légère vers le château, prête à continuer ma petite vie jusqu'à ce que les prochains doutes décident de m'assaillir.
Les premières rencontres sont arrivées. Je les attendais avec impatience, et voilà chose faite. Il y a d'abord eu deux jeunes filles en première année comme moi, et dans la même maison. Avec Lexie, nous nous sommes rapidement entendues et nous avons pris l'habitude de nous motiver à deux. On s'apportait mutuellement de l'aide quand les devoirs étaient compliqués et qu'on ne les comprenait pas. On essayait de motiver les autres élèves de notre maison pour gagner la coupe et ainsi de suite. C'était plutôt agréable cette sensation d'être entourée et de pouvoir compter sur quelqu'un quand j'avais une question.

Et puis, il y a eu Doris, qui m'a apporté beaucoup de fierté. Pour la première fois de ma vie, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis spontanément dirigée vers elle. J'ai vaincu ma timidité et ma peur de l'échec pour lui demander d'être mon binôme pour les besoins d'un devoir de potions. Et à ma grande joie (et à mon grand soulagement il faut aussi l'avouer...) elle a accepté de bon cœur. On a ainsi pu faire connaissance dans la foulée, et on a obtenu une excellente note au devoir.

Il y a aussi cette personne mystérieuse. Je ne connais ni son nom, ni sa maison, ni son âge, ni son visage. Nos échanges ont débuté au niveau de la tour d'astronomie, par le plus grand des hasards. J'ai trouvé une lettre, destinée à la première personne qui la trouverait. Elle était remplie de doutes, et je me suis de suite sentie proche de cet interlocuteur, qui qu'il soit. J'ai pu deviner rapidement qu'il s'agissait d'une fille de mon âge, mais rien de plus. Je ne sais pas si ça évoluera un jour, si je saurai qui elle est, si on pourra se rencontrer. Mais pour le moment, écrire avec elle me fait du bien. Je peux dire ce que j'ai sur le cœur sans avoir peur d'être jugée. Le côté anonyme est très intéressant.

Et enfin, il y a Nora... Je l'ai rencontré il y a quelques jours seulement et elle me fascine. Notre rencontre n'a pas commencé de façon très élogieuse pour moi. Elle m'a défendu face à des filles plus âgées qui s'amusaient à nous refuser l'accès aux toilettes. En tentant de forcer le passage, j'ai fini par terre. Bien sûr, je n'étais pas seule martyre, mais ce n'est jamais très agréable de se faire humilier de la sorte. Et puis il y a eu cette élève qui s'est manifestée et qui les a fait fuir de manière très calme. Elle m'a ensuite aidée et a commencé à me parler. Elle est en quatrième année à Gryffondor. Gryffondor... la maison des courageux. Une quatrième année a décidé de me parler. Moi, petite Serdaigle de 11 ans, totalement insignifiante et incapable de se défendre toute seule. Elle ne s'est pas attardé là-dessus et a choisi de me donner des conseils pour m'intégrer. Depuis, je ne cesse de repenser à ce jour. J'espère la revoir... Même si je n'ai pas grand espoir et que je me rends bien compte qu'elle a autre chose à faire, je ne peux m'empêcher d'espérer qu'elle ne m'oubliera pas...

En faisant une rétrospective, on peut donc dire que j'ai fait pas mal de rencontres et que c'est positif. Mais pourtant, je ne me sens pas véritablement entourée. Je ne cesse de ressentir cette solitude que je traîne derrière moi depuis toujours. Je n'ai pas encore noué assez de liens pour les considérer comme des amies. Je sais que je dois attendre et me montrer patiente. Mais j'avais imaginé une nouvelle vie et de nouvelles rencontres. J'avais, malgré moi, imaginé un miracle. Poudlard était pour moi le moyen d'effacer le passé et de tout recommencer. Si bien que je peine à me sentir très à l'aise dans ma situation actuelle.
Je pose ma plume sur ces derniers mots. Ce simple papier de parchemin renferme tous mes doutes, mes peurs et mes sentiments du moment. Comme tous les précédents, je ne l'adresse à personne en particulier. Je pourrai l'envoyer à mes parents pour leur donner des nouvelles. Ou bien à ma sœur. Ou même à Eliana. Mais chaque fois, je me contente de le poser dans une malle, caché de tous. Et je n'ose jamais franchir le pas en l'envoyant par hibou. J'ai peur de faire savoir aux autres mes difficultés. J'ai peur que ces mots passent pour de la faiblesse. Je ne veux pas que ma famille continue de penser que je suis différente d'eux, et que je suis incapable de m'adapter aux différentes situations. Je préfère les laisser penser que tout va bien. Je préfère qu'ils soient fiers de moi.

Pliant soigneusement la feuille, je la fourre dans la poche de ma robe de sorcière, rassemble toutes mes affaires et, après un dernier coup d'œil pour le lac, me relève. Le ciel commence à s'assombrir, il fera bientôt nuit et je ne dois pas traîner.

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Le calme du lac  Solo 

15 OCTOBRE

"Tu nous manques et nous t'aimons, n'en doute surtout pas."

Je marche vers le lac, tête baissée, poings serrés, tentant de canaliser mes émotions. Je les sens se déchaîner en moi. Un mélange de colère, d'incompréhension et de tristesse. Beaucoup de tristesse. Pendant que mes pieds me guident vers mon endroit favori, les mots défilent dans ma tête. De façon répétée, comme si je les avais lus un millier de fois. Il ne m'a pourtant fallu que très peu de temps pour les retenir, tant ils m'atteignent en plein cœur.

"Ta mère a énormément de travail au ministère ces temps-ci, une épidémie de grippe me pousse à travailler plus tard et tes frères et sœurs ont décidé de ne pas rentrer à la maison."

Une inspiration, une expiration. L'air empli mes poumons. J'essaye de me focaliser sur cette sensation comme me l'a appris ma sœur il y a plusieurs années. Cette technique de respiration est censée m'aider à faire le vide, à m'apaiser. Habituellement ça fonctionne rapidement, mais je sens que la tâche sera plus dure aujourd'hui. La déception est trop grande, la chute trop brutale. Je devrais y être habituée, après tout ce n'est pas la première fois que cette sensation d'être délaissée se faire ressentir. Mais cette fois c'est différent. Cette fois je suis à Poudlard...

"Il serait peut être mieux que tu restes à l'école pour Halloween. Je suis certain que tu t'amuseras beaucoup plus là bas qu'à la maison."

En soi, passer les vacances ici ne me dérange pas vraiment. Je suis très heureuse de découvrir l'école décorée pour l'occasion. J'ai toujours adoré Halloween, c'est un rêve de passer cette fête au château. Je serai encore plus dans l'ambiance, j'en ai la certitude. Mais je me sens délaissée par ma famille... Une fois de plus. Parce que mes frères et sœurs ne seront pas là, mes parents ne jugent pas nécessaire de me faire revenir à la maison.

Et puis, c'est sans compter sur le fait que c'est mon père qui m'a écrit. Ma mère est en grande partie à l'origine de ce non retour chez moi, je le sais parfaitement. Si ça n'avait tenu qu'à mon père, il m'aurait fait revenir. Et malgré ça, malgré le fait qu'elle soit fautive, elle ne prend même pas la peine de me l'écrire elle-même. En y réfléchissant, depuis mon arrivée à Poudlard, ma mère a du m'envoyer une seule lettre. Toutes les autres venaient de mon père ou bien de ma sœur. Et même cette unique lettre ne valait pas grand chose. Elle était courte, et je n'ai jamais reçu les félicitations que j'attendais par rapport à mon intégration à Serdaigle. La vérité, c'est que je me sens invisible. Je pensais que cela changerait avec mon arrivée à Poudlard, mais rien n'y fait. Ce n'est visiblement jamais assez bien pour elle. Depuis toujours, je tente de passer outre ce rejet, mais c'est difficile. J'en veux à ma mère de ne pas m'aimer malgré tous mes efforts pour lui plaire. J'en veux à mon père de se laisser influencer et d'être incapable de faire entendre ses opinions et ses choix. Et enfin, j'en veux à mes frères et sœurs de m'avoir abandonné sur ce coup là. Ça ne m'étonne pas de la part de certains d'entre eux, mais ma sœur... Lily. Elle savait pertinemment que je serai rejetée si elle ne faisait pas acte de présence. Et pourtant, elle ne s'en est pas préoccupée. Je prends ça comme une trahison de sa part.

Assise à ma place habituelle près du lac, une larme glisse sur ma joue. Je ferme doucement les yeux, inspirant à nouveau profondément. L'air frais pénètre mes narines et se glisse dans mon corps. La sensation est agréable mais ne suffit pas à chasser mes frustrations. J'ai besoin de poser par écrit ce que je ressens. Pour une fois, j'ai besoin d'exprimer clairement à quelqu'un mes sentiments. La seule personne avec qui je suis capable d'agir ainsi est Lily. Alors, fouillant vivement dans mon sac, j'en ressors un parchemin, une plume et de l'encre, et m'empresse de coucher sur papier les mots tels qu'ils viennent.
Lily,

A cause de toi, maman ne veut pas de moi... Une fois de plus. Pourquoi me fais-tu ça? J'ai fait quelque chose qui t'a déplu au point de me le faire payer si cher? Tu savais très bien qu'en restant à Beauxbâtons pendant que tous les autres continuaient également leur vie, maman n'aurait aucune raison de me faire revenir à la maison. Elle prend l'excuse du travail pour masquer le simple fait qu'elle se fiche de me voir. Mais si tu avais été là, elle n'aurait pas pu m'éviter.
Que maman ne ressente pas le besoin de me voir, j'ai l'habitude et même si c'est douloureux, je peux le gérer. Mais que ce soit pareil pour toi, c'est douloureux... Tu m'as donc oublié? Je ne te manque pas? Maintenant que je suis moi même une apprentie sorcière, tu te dis que je n'ai plus besoin de ton aide? Parce que si c'est le cas, sache que c'est faux... J'aurais toujours besoin de toi. Te voir partir pour la France a déjà été difficile, ne m'abandonne pas une deuxième fois, s'il-te-plait...
Quelques larmes coulent sur le parchemin, mais je ne prends pas la peine de les essuyer. Tant pis... Cette lettre est écrite à cœur ouvert. Lily connaît mes faiblesses depuis toujours, je ne veux pas m'en cacher. Et puis, j'avoue nourrir secrètement l'espoir que ces larmes la touchent. De cette manière, peut-être reviendra-t-elle sur sa décision de rester à son école. Je n'aime pas attiser la compassion que j'ai tendance à prendre rapidement pour de la pitié. Et mon comportement est purement égoïste. Je suis certaine de le regretter dans peu de temps. Mais sur le moment je n'y songe pas. Avec des gestes rapides, je plie le parchemin, y note le prénom de ma sœur et cale le bout de papier dans le bec de mon hibou.

- Allez Duav, envoie vite cette lettre à Lily.

Après une caresse, il bat des ailes et s'envole avant que je ne change d'avis. Je l'observe un moment, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un point lointain dans le ciel. Seulement à cet instant, je ramasse mes affaires et retourne vers le château, prête à faire comme si de rien n'était devant mes camarades et professeurs.

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Le calme du lac  Solo 

1ER DECEMBRE

Le froid s'est installé, annonçant l'arrivée de l'hiver. Avec lui, les premiers flocons de neige de l'année. Les élèves de Poudlard s'en donnent à coeur joie. Depuis quelques jours, une agitation se fait ressentir. Chacun a hâte d'être en vacances, de rentrer passer les fêtes de fin d'année en famille. Et pour patienter, les batailles de boules de neige ainsi que la construction de bonhommes de neige rythment les journées de tous. Tous, sauf moi. J'aurais adoré me joindre aux autres enfants de mon âge. Moi aussi j'aime cette période de l'année où le monde se rempli de blanc. Mais mes difficultés d'intégration m'empêchent de m'amuser avec eux. Je n'ose pas aller vers les autres, et eux ne viennent pas me chercher. Alors, inévitablement, je me retrouve seule dans mon coin.

C'est pourquoi je préfère m'éloigner de toute cette agitation qui ne cesse de me rappeler ma solitude grandissante. Pour la énième fois depuis la rentrée scolaire, je me retrouve près du lac. Ce dernier est un peu plus rempli que d'habitude, je dois donc me trouver un coin encore plus isolé que les dernières fois. Emmitouflée dans ma cape, le nez dans mon écharpe, j'observe la glace ayant recouvert le lac. Les pensées tourbillonnent dans mon esprit, faisant danser les images de certains souvenirs devant mes yeux. En fixant ainsi le lac gelé, je repense à ces vacances il y a des années de cela. Mes grands frères m'avaient justement traîné sur un lac gelé, à l'image de celui se dressant face à moi. Je n'avais pas plus de 6 ans, et ils m'avaient affirmé que c'était sans danger. Mes parents avaient le dos tourné, et je mourrais d'envie de partager quelque chose avec mes frères. Eux qui d'ordinaire ne faisaient pas attention à moi, c'était l'occasion rêvée. J'aurai cru n'importe quoi tant je les admirait et désirais en mon fort intérieur être aussi courageuse qu'eux.

Je me suis donc laissée entraîner. Mais la glace n'était pas solide. Alors que je m'amusais à glisser sur cette dernière, enchaînant les tours sur moi-même en riant, elle a finit par se briser. Heureusement, plus de peur que de mal. Mes frères avaient déjà des aptitudes magiques et sont parvenus à se tirer de là rapidement. Quant à moi, mes parents ont été alertés immédiatement. Ma mère m'a alors attrapé et a usé de la magie pour que je me remette rapidement, sans séquelles. Mais je me souviens encore de cette eau si glacée que je me sentais transpercée de toute part par des milliers d'aiguilles. Je me rappelle de ma panique pendant les quelques secondes durant lesquelles j'étais sous l'eau. De mon engourdissement, de mon envie de hurler sans parvenir à sortir le moindre son. Quelques secondes, c'est court... Mais suffisant pour traumatiser une enfant. Depuis ce jour, je ne suis pas parvenue à pardonner totalement mes frères et, surtout, je n'ai plus jamais remis un seul pied dans l'eau - douche exceptée bien entendu. Et c'est pourquoi, aujourd'hui, je fais bien attention à ne pas m'approcher de la glace.

Après avoir divagué un moment sur ce souvenir, j'en viens finalement à penser à Noël. Voilà quelques semaines que je suis partagée entre la peur et la joie. A mesure que les vacances arrivent, je suis tiraillée. Malgré ma déception due aux vacances d'Halloween, je ne peux nier être impatiente de retrouver toute ma famille, mes parents et ma sœur principalement. J'ai finit par leur pardonner. Comme d'habitude. Ce sont mes parents, je ne peux pas faire autrement. Et quant à Lily, sa lettre a achevé de me calmer. J'ai cessé de rejeter la faute sur elle. Après tout, elle n'est pas responsable des erreurs de notre mère. Elle a su trouver les mots justes.

"J'ai parlé à papa, et tous les deux, nous te promettons de nous rattraper à Noël. Tu verras, ça sera parfait!"

Ces simples mots auront suffit à me remonter le moral et à me redonner un peu confiance. Et puis, j'ai également hâte de retrouver Eliana. Elle me manque autant que ma famille, et pour toutes ces raisons, j'ai hâte d'être à Noël. Et, dans un même temps, je suis inquiète. J'ai toujours cette peur que quelque chose se passe mal. Peur d'être à nouveau mise à l'écart. Que les exploits de mes aînés, quels qu'ils soient, accaparent toute l'attention de ma mère. Et que cette dernière finisse par me décevoir une énième fois. J'essaye par tous les moyens de chasser ces idées noires de mon esprit, de me focaliser sur le positif: les bons repas, les câlins de mon père, les soirées passées au coin du feu à siroter un bon chocolat chaud, les cadeaux, le sapin, les lumières qui scintillent de partout. Dans la maison et dans tout Londres. Toutes ces raisons qui font que j'aime Noël. Mais malheureusement, parfois, les pensées désagréables jaillissent d'elles même. Tenaces, elle refusent de s'en aller avant un bon moment.

J'essaye donc de penser à autre chose en écrivant. Et, cette fois-ci, le destinataire de ma lettre sera ma meilleure amie.
Ma très chère Eliana,

Comment vas-tu? J'espère que tout se passe bien à Londres, dans ton collège. J'espère que tu t'es fait des amis et que tout va bien pour toi. Tu me manques beaucoup, et j'ai hâte de te retrouver. Je rentre dans quelques semaines pour les vacances de Noël et j'aimerais beaucoup te voir. Je sais qu'on est souvent occupées à cette période de l'année, mais j'ai la ferme intention de trouver un moment pour toi. Écris-moi pour me donner ta réponse, mon hibou Duav se chargera de me l'apporter dans les plus brefs délais (c'est un hibou très rapide!)
Je m'arrête là, je sais que ma lettre est courte mais c'est parce que je veux tout te raconter quand on sera de nouveau ensemble.

J'ai hâte de te revoir !

Aurore.
Les doigts engourdis par le froid, je ne m'attarde pas plus longtemps, la météo m'obligeant à regagner immédiatement le château avant de terminer en sculpture de glace. Le temps de monter à la volière pour charger mon fidèle compagnon de voler jusqu'à Londres, et je file ensuite directement dans la salle commune. Il me tarde de me réchauffer au coin du feu, confortablement installée dans un fauteuil moelleux avec un bon livre.

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Le calme du lac  Solo 

5 FEVRIER

Les vacances de Noël sont passées. Je ne sais pas trop quoi en penser. Tout dépend de comment on se positionne. D'un point de vu de Noël, elles n'avaient rien d'extraordinaire. Elles étaient banales, tout simplement. J'imagine que la magie s'est éteinte depuis un moment maintenant. Désormais, mes Noëls sont comme ceux de la quasi totalité des habitants de la Terre: simplement banals. On ouvre les cadeaux, on mange un bon repas et on admire le sapin. Les étoiles dans les yeux ont disparues, l'incapacité à dormir le 24 au soir également. Parfois, je trouve ça triste. Je n'ai que 11 ans, je devrais encore être toute excitée. Et j'espère que ça reviendra avec le temps.

Mais je n'ai pas à me plaindre pour autant. Parce que d'un point de vu famille, je peux dire que mes vacances étaient parfaites. Tout ce que j'avais pu imaginer dans mes rêves les plus fous s'est réalisé. Moi qui m'inquiétais de retrouver ma mère, il y a eu plus de peur que de mal. J'ai évité les problèmes. Aucune dispute n'a éclaté, ce qui n'est pas original en soi. Je me dispute rarement avec elle, pour ne pas dire jamais. Généralement, elle agit d'une manière qui me blesse profondément. J'encaisse, je m'isole le temps que ça passe, et je fais comme si de rien n'était une fois que la colère s'est estompée. Mais cette fois-ci, je n'ai même pas eu besoin d'agir de la sorte. Parce qu'elle s'est montrée gentille avec moi. Elle n'a pas focalisé son attention uniquement sur mes frères et sœurs. Elle m'a posé des questions. En gros, tout ce qu'elle aurait dû me demander via des lettres pendant les 4 premiers mois passés à Poudlard. On peut dire qu'elle a rattrapé le temps perdu. Je n'en demandais pas plus. Et ce simple constat suffit à me redonner espoir en l'avenir. Peut être que, finalement, je peux m'autoriser à croire qu'avec le temps, ma mère finira par me montrer son amour. Je veux sincèrement y croire. J'en ai besoin.

Dans un même temps, tout s'est passé à merveille avec mon père et Lily. Je n'en doutais pas vraiment, mais je suis tout de même heureuse qu'il n'en ait pas été autrement. Comme promis, ils se sont rachetés et sont parvenus à me faire oublier le problème des précédentes vacances. Entre les soirées passées tous les trois devant la TV, emmitouflés dans une grosse couverture avec un chocolat chaud ; les sorties à la patinoire, au cinéma, au bowling ; ou encore les moments simplement passés à marcher dans les rues illuminées et enneigées, à observer les lumières de Noël tout en riant de tout et n'importe quoi... Les deux semaines sont passées à une allure folle. Notre dispute était oubliée, comme si elle n'avait jamais eu lieu. Rien n'avait changé entre nous.

Et puis, il y avait également Eliana. Eliana qui a accepté avec joie de passer ses vacances en ma compagnie. Eliana qui est venue chez moi pour le réveillon. Eliana qui nous accompagnait chaque fois qu'elle le pouvait, Lily, mon père et moi lors de nos journées exceptionnelles. J'ai apprécié la retrouver après tout ce temps loin d'elle. Et je me suis promis de lui écrire plus souvent durant les mois prochains.

Maintenant que je suis de retour à l'école de magie, je peux affirmer que je commence à m'habituer réellement à Poudlard. Ma famille me manque moins qu'à mon arrivée en septembre. Ma solitude se fait moins pesante. Ce retour aux sources m'a fait le plus grand bien, mais j'ai été très heureuse de retrouver le château. Je m'y sens désormais comme chez moi. Même si tout n'est pas parfait, j'ai l'impression d'avoir trouvé le foyer que je cherchais depuis toujours. Placez-y Lily, Eliana et mon père, et tout serait parfait... Mais comme je sais que ce n'est pas possible, je compense en leur écrivant.

Je suis donc sur un petit nuage depuis mon retour de Londres. Peut être même un peu trop. Depuis quelques temps, les devoirs affluent, s'enchaînant les uns à la suite des autres, sans aucun moment pour souffler et rendant brutal le retour à la réalité. Mais pourtant, je ne parviens pas à m'y mettre à fond. Mes pensées ne cessent d'aller à droite à gauche, partout sauf sur mon travail. J'aime étudier, mais je commence à fatiguer. Et je ne cesse de penser aux prochaines vacances. Si bien que je peine à me plonger corps et âme dans le travail, comme je le fais habituellement. C'est pourquoi je me suis accordé un instant de répit près du lac, pour respirer l'air frais, profiter encore un peu de la neige. M'aérer l'esprit avant que mon cerveau surchauffe. Je culpabilise un peu, ayant la sensation de négliger mon travail en agissant de la sorte. Je ne veux pas avoir de mauvaises notes. Je risquerai de décevoir mes parents, et c'est la dernière chose que je souhaite. Mais je ne peux faire autrement. J'ai bien essayé de sortir ma baguette afin de m'entraîner aux derniers sorts étudiés. Mais chaque fois, mon esprit ne suit pas. Instantanément, mes pensées se remettent à vagabonder. La concentration n'y est pas, alors j'ai finit par comprendre qu'il ne servait à rien d'insister. Pour l'instant, mes notes continuent de suivre et c'est le principal. Temps que ça reste ainsi, je peux bien m'accorder un peu de repos de temps en temps. C'est exactement ce qu'a tenté de me faire prendre conscience Lily dans sa dernière lettre, et je m'applique à suivre ses conseils.

Depuis quelques semaines, tout va bien. Alors j'en profite, et je m'autorise à rêver que tout reste ainsi.

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- FLASHBACK -
24 AVRIL

Ça y est... J'ai 12 ans. Je n'ai pas toujours aimé fêter mon anniversaire. Pendant plusieurs années, celui-ci était une énième manière de me rappeler ma solitude. Je n'avais pas d'amis, et il m'était donc impossible d'organiser une grande fête chez moi, comme tous les autres enfants de mon âge. Alors, mon père s'arrangeait toujours pour me faire oublier ma tristesse. Il faisait tout pour que ma fête soit à la hauteur, même si j'étais la seule enfant présente. Je ne lui ai jamais avoué que malgré tout, je détestais le 24 avril. Il se donnait tant de mal que je ne pouvais tout simplement pas anéantir ses efforts avec quelques mots.

Et puis tout a changé avec l'arrivée d'Eliana. D'un coup, ce jour morose et triste s'est transformé en journée extraordinaire. J'ai goûté à la joie d'être entourée d'amis, et j'ai enfin compris ce que signifiait un vrai anniversaire. C'était parfait. Je me fichais du reste, j'étais entourée de toutes les personnes qui comptaient le plus pour moi, et c'était le principal. Ça valait tous les cadeaux du monde.

C'est donc d'excellente humeur que je me réveille ce jour là. Mon anniversaire tombant pile poile pendant les vacances scolaires, j'ai pu rentrer chez moi il y a quelques jours. Il est prévu que je reste 1 semaine, le temps pour moi de profiter au maximum d'Eliana et ma famille. Mes frères et sœurs sont au complet. Ils n'ont pas pour habitude d'être gentils et attentionnés avec leur petite sœur, hormis Lily, mais mon anniversaire fait tous les ans exception à la règle. Ce jour là, spécialement pour moi, ils se libèrent tous de leurs obligations. Excitée, je descends les escaliers à toute vitesse, un grand sourire aux lèvres. La maison est déjà décorée pour l'occasion, et je ne peux qu'admirer le talent de mon père. Chaque année il se surpasse davantage. Me dirigeant vers la cuisine dans le but de prendre un petit déjeuné, mon regard est attiré par un cadeau posé sur la table. Étrange, mes parents n'ont pas pour habitude de me donner ceux-ci un par un. Avançant, j'aperçois un petit mot posé à côté.
"Désolée ma chérie, je ne peux faire autrement. J'ai un travail urgent de dernière minute à réaliser. Je t'ai laissé un cadeau. Bonne journée et bon anniversaire, je ne sais pas quand je rentre."

J'ai la sensation que le ciel s'effondre sur ma tête. Ce n'est pas dans mon habitude, mais je ne peux empêcher l'émotion de prendre le dessus. D'un geste rageur, j'envoie balader ce qui se trouve sur la table, brisant au passage une assiette, et cours m'enfermer dans ma chambre, non sans avoir claqué la porte derrière moi.
- FIN DU FLASHBACK -
26 AVRIL

Elle m'avait promis d'être là. C'était le seul jour véritablement important pour moi, le seul jour nécessitant sa présence, et elle n'a pas été capable de faire cet effort. Tout ça pour son travail. Elle n'a même pas pris la peine de me l'annoncer en personne. Un simple mot... C'est humiliant. Mais le plus douloureux, c'est qu'elle n'a jamais raté aucun anniversaire de mes frères et sœurs... Jamais. Même lorsqu'elle avait beaucoup de travail, elle trouvait toujours le moyen de se libérer la journée entière. Elle en est absolument capable. Mais elle n'a pas jugé nécessaire de faire cet effort pour moi. Une fois de plus, elle vient de me donner la preuve qu'elle se fiche de sa plus jeune fille. A chaque nouvelle preuve, mon cœur se déchire un peu plus. Je la déteste.

Trop énervée et blessée, je n'ai pas été capable de rester plus longtemps chez moi. Je n'avais plus le cœur à faire la fête. Ma mère venait de gâcher ce qui devait être ma journée. Alors, m'excusant auprès de tous ceux qui étaient présents, j'ai bouclé ma valise et suis monté dans le premier train disponible à destination de Poudlard. Poudlard... Ma vraie maison. En agissant ainsi, j'avais conscience que ça n'allait pas arranger la situation. Fuir le problème ne ferait que l'empirer. Mais au moins, ici, je pouvais penser à autre chose. Je n'étais pas obligée de voir ma mère agir comme si de rien n'était. Alors, malgré les tentatives de mon père, Eliana, et tous mes frères et sœurs pour me faire changer d'avis, me voilà aujourd'hui rentrée à l'école. Ici, je peux prendre ma vie en main, sans me soucier de ma mère. Après tout, elle ne semble pas se préoccuper de sa propre fille. J'ai beau faire tout ce qui est en mon pouvoir pour la rendre fière, rien n'y fait. Je finis toujours par être repoussée.

Rageuse et avant tout malheureuse, je frappe dans un caillou brutalement. Celui-ci fait un long vol avant de plonger brutalement dans l'eau noire du lac. Me voilà de retour au point de départ. Je devais passer une des plus belles semaine de toute ma vie, et au final me voilà seule, assise à ma place habituelle, là où j'ai pris l'habitude de m'isoler quand je me sens tourmentée et en besoin de calme pour réfléchir sereinement. Le regard figé au loin, je sens une boule désagréable se former dans ma gorge. La retenant du mieux possible, je sors un bout de parchemin de ma poche. En le découvrant plus tôt au milieu de ma valise, je n'ai pas eu le courage de l'ouvrir. J'avais reconnu l'écriture de Lily, et craignant de me laisser submerger par l'émotion, je suis descendue rapidement au lac, ayant besoin d'être seule. Je sais qu'il est temps de lire cette lettre, mais la peur d'avoir déçu mes proches s'empare de moi et prend le dessus. Je crains que Lily ait déversé sa colère sur les lignes de cette lettre, me traitant d'égoïste et d'enfant gâtée. Après tout, c'est ce que je ressens à mon égard, comment pourrait-il en être autrement de la part de ma famille et d'Eliana? Pourtant, je sais que je ne peux fuir éternellement. Déglutissant avec peine afin de chasser cette boule désagréable, je prends mon courage à deux mains. Après une profonde inspiration, j'ouvre le parchemin les mains tremblantes.

"Ma belle Aurore,

Je sais que tu t'en veux et que tu as l'impression de nous avoir manqué de respect. Mais je t'écris de la part de tous, Eliana aussi. Nous ne t'en voulons pas. Oui, nous voulions que tu restes malgré tout, parce que c'est ce qui était prévu d'une part, mais aussi parce qu'on était heureux d'être avec toi. Je pense que tu aurais été mieux, entourée de ta famille, plutôt qu'à Poudlard, mais c'est ton choix. Je peux comprendre que rester ici te semblait trop difficile. Sache que nous trouvons tous le comportement de maman inadmissible. Nous allons lui parler dès que possible, Jay, Elliot et Jake y compris. Tu as des personnes pour te soutenir, ne l'oublie pas petite sœur.

Je t'embrasse, j'ai hâte de te revoir.
Lily


Ma puce,

Ta maman t'aime, tu ne dois pas en douter. Elle est parfois maladroite, mais ça ne signifie pas qu'elle ne tient pas à toi. Tu es sa fille, et ça ne changera jamais. Je suis terriblement désolé pour ton anniversaire. J'espère que tu n'en garderas pas un trop mauvais souvenir, et que ça ne t'empêchera pas d'apprécier les suivants. Même si c'était court, j'ai été ravi de te revoir, tes frères et sœurs également. J'espère que tu trouveras en Poudlard du réconfort. Tout ce qui m'importe est que tu sois heureuse. Je suis fier de toi, et te souhaite encore un excellent anniversaire, ma grande fille.

Papa."
Ces mots m'apaisent légèrement, je ne peux le nier. J'ai conscience d'avoir une famille en or. Ou au moins un père et une sœur. Je suis soulagée d'apprendre que personne ne m'en veut, mais ça ne suffit pas à apaiser la tempête qui fait rage en moi. Malheureusement, cette fois-ci, quelques mots ne sont pas suffisants. Parce que ça ne remplace pas l'amour d'une mère. Mon père peut dire ce qu'il veut, je peine de plus en plus à croire en l'amour de ma mère. J'en souffre beaucoup et je ne sais comment changer cette situation. Je me sens perdue et déchirée. Déchirée entre l'envie de voir ma maman changer, et entre la colère et la rage qu'elle m'inspire de plus en plus.

Déposant le bout de parchemin à côté de moi, je sors ma baguette magique. D'un mouvement accompagné de quelques paroles dénichés dans un livre, je fais apparaître un petit cupcake constitué d'une bougie. Fixant le gâteau un moment, je finis par souffler sur la flamme juste avant de murmurer, une larme glissant sur ma joue *encore un joyeux anniversaire Aurore.*

"Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent !"
Aigle du mois de juin 2016
Poursuiveuse/Gardienne remplaçante des Eclairs de Serdaigle
"Je crois en toi!" Comprendra qui pourra
Ma couleur = #4F79A4

Le calme du lac  Solo 

JUIN

Les examens viennent de s'achever. La journée est magnifique. Le soleil brille, le ciel est d'un bleu éclatant et parfait, ne laissant la place à aucun nuage. La température frôlant les 30 degrés, je décide de me poser au lac. Assise à mon endroit habituel, entourée d'arbres et d'ombre m'offrant un peu de fraîcheur, j'observe l'horizon. Les pensées se bousculent dans ma tête, différents sentiments me submergent. La fin de l'année est là, et je ne parviens pas à savoir si j'en suis heureuse ou triste. Alors, comme souvent lorsqu'un trop plein de pensée parasite mon esprit, j'attrape un parchemin et ma plume et couche le tout sur du papier.
Eliana,

Les examens sont terminés, marquant ainsi officiellement la fin de l'année et le début de l'été. Je pense m'en être plutôt bien sortie, je suis contente de moi. Et maintenant, je ressens comme un vide. Je sais que je dois retourner à Londres, et je ne réussis pas à me décider entre la joie et la tristesse.

Cette année aura été mouvementée. Je n'ai pas réussit à me faire les amis que j'avais tant espéré. Ma solitude a été pesante pendant une grosse partie de l'année, mais j'ai quand même fait quelques connaissances que je pense pouvoir transformer en amitié au fil du temps, avec un peu de volonté de ma part. C'est un bon début, j'attends de voir ce que l'avenir me réserve.

Et malgré cela, j'en tire bien plus de positif que de négatif. L'année aura avant tout été riche en connaissances. J'ai été ravie d'apprendre toute cette magie, de découvrir ce nouveau monde qui me fascinait tant depuis si longtemps. Les débuts ont été difficiles, mais j'ai finit par aimer Poudlard. Au fil du temps, j'ai appris à m'y sentir chez moi. Et désormais, je considère le château comme ma propre maison, bien plus qu'à Londres. J'ai appris à me détacher de ma famille, et à vivre ma propre vie. Bien sûr, ce n'est que le début. J'ai conscience d'avoir encore beaucoup à apprendre, de Poudlard comme de Londres. Mais désormais, je ne compte plus simplement sur mes parents. Cette année m'aura permis de commencer à écrire ma propre histoire. De commencer à réaliser mes atouts et mes faiblesses. Je suis davantage autonome, et c'est probablement ma plus belle réussite du moment.

J'ai découvert plus en détail certaines disciplines tel que le Quidditch. Ce sport m'a appris à travailler en équipe, à compter sur les autres et plus seulement sur moi-même. Poudlard regorge de connaissances, de découvertes et c'est ce que j'aime. Et au final, je redoute le retour à la vie normale. Je ne sais de quoi sera fait mon été. J'ai hâte de pouvoir me détendre totalement sans avoir une tonne de devoirs tous les jours. Mais dans un même temps, j'ai peur des retrouvailles avec ma mère. L'entente entre nous deux ne fait que s'empirer, et je ne lui ai pas adressé la parole depuis mon anniversaire. Je ne sais pas du tout à quoi m'attendre et ça me fait peur.

Enfin bon, j'ai quand même hâte de te revoir. J'ai été peu présente cette année, et même si on le savait, je suis vraiment désolée. J'espère que tu voudras toujours de moi, car tu m'as manqué. J'ai l'intention de me rattraper et de faire plein de choses ! Je veux profiter de ce temps toutes les deux pour nous retrouver. Alors attention, j'arrive ! =D

Ta meilleure amie apprentie sorcière,
Aurore
Le sourire aux lèvres, je plie ma lettre soigneusement. Duav vagabondant je ne sais où, je lui donnerai quand il reviendra. Après tout, ça ne presse pas. Il est encore tôt et il reste quelques jours avant mon retour à Londres. En attendant, je mérite bien une petite sieste au soleil. M'allongeant confortablement, je ferme les yeux, les rayons frappant agréablement mon visage. Bercée par le léger bruit de l'eau et les cris des élèves au loin, je me sens partir vers le sommeil. Oui, Poudlard va me manquer.

FIN DU RPG

"Lorsqu'ils déploient leurs ailes, les Aigles vous ensorcellent !"
Aigle du mois de juin 2016
Poursuiveuse/Gardienne remplaçante des Eclairs de Serdaigle
"Je crois en toi!" Comprendra qui pourra
Ma couleur = #4F79A4