Lac

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Déréliction  PV 

Le parc était toujours baigné dans cette éternelle excitation autour du Tournoi des Trois Sorciers, ce qui importunait Tyr au plus haut point. Impossible de retrouver cette tranquillité qu'il aimait tant. Les chants d'oiseaux avaient été éclipsés par les cris des élèves déchaînés qui sortaient des tribunes, et les remous du lac, quant à eux, paraissaient vides sans le doux son des vagues qui les accompagnaient d'habitude. Tyr n'était jamais allé voir l'une des épreuves. Il comprenait qu'il puisse être agréable de regarder ce genre de spectacles – prétendre le contraire serait renier le Quidditch – mais il n'en avait jamais eu l'envie. Le problème avec ce genre d'événement, c'était que contrairement aux sports, Tyr ne pourrait pas participer et reproduire les actions de la personne qu'il regardait. Et tout le problème résidait là.

C'était le grand ménage de printemps dans la salle commune et le dortoir de Gryffondor. L'élève, mis au courant parmi les premiers, s'était dépêché de fuir avant que le directeur de maison ne le trouve et ne l'oblige à participer aux tâches avec les autres élèves. Si on le lui demandait, Tyr répondrait qu'il était parti étudier loin de la salle commune, pour éviter le brouhaha ambiant, et que le nettoyage général lui était complètement sorti de la tête. Bien sûr, le Gryffon ne dirait pas où il était véritablement allé : quitter un endroit bruyant pour un autre endroit bruyant comme le parc serait un piètre mensonge.

Il avait fourré du matériel à dessin, de l'encre et quatre parchemins et avait filé en partant dans la direction opposée à la Grande Salle. Il avait longé la lisière de la Forêt et était allé s'asseoir en tailleur sur une colline, à proximité du terrain de Quidditch. Il avait prévu de dessiner le stade et de l'afficher en salle commune, à l'occasion du recrutement de joueurs
. * Pour me faire pardonner * pensa-t-il avec un sourire. Il entreprit de sortir le strict minimum de son sac, cala l'encrier contre son genou, saisit un crayon et esquissa les contours des gradins et des anneaux. Il attrapa ensuite une plume, en trempa la pointe dans le liquide sombre et repassa lentement les fin traits gris qu'il avait dessiné.

Le dessin aidait Tyr à se concentrer, à faire le point. C'était comme retranscrire une partie de soi-même et de ses sentiments sur le papier afin qu'ils puissent être contemplés et compris de tout le monde. Avec sa timidité persistante, le dessin était le moyen parfait pour exprimer ses opinions à l'aide d'un autre moyen que la parole. De plus, chez Tyr, pusillanimité rimait avec patience, et cette qualité était indispensable en dessin. Oui, pour le Gryffon, l'esquisse était un remède à de nombreux maux.

Si il était venu à cet endroit du parc, c'était en partie à cause de la vue depuis la colline qui donnait un aperçu de tout le stade. Mais aussi car il pouvait reste seul et tranquille. Or, une fille aux cheveux roux venait tout juste de s'asseoir à côté de lui.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

Déréliction  PV 

Depuis son dernier rendez-vous avec Ivan, quelque chose avait changé dans le comportement d’Ambre. Certes, cela n’était pas forcément flagrant, ou du moins la plupart des personnes ne pouvaient pas le remarquer, seules quelques personnes pouvaient déceler quelque chose de différent. Aux yeux de la majorité des personnes du château, elle restait soit une inconnue aux cheveux roux et aux yeux verts, soit la batteuse des Frelons. Pour certains c’était une ancienne préfète, préfète-en-chef pour ceux qui avaient bonne mémoire. Et enfin, pour un petit nombre de personne, elle était une jeune fille de treize ans, complètement différente de ce que la plupart des personnes, notamment ceux qui la connaissait à travers le Quidditch, pensaient et disaient.

Bref, tout cela pour dire que le changement n’était pas flagrant en apparence, mais pourtant bel et bien présent et important au fond d’elle. Disons que ce qu’elle montrait n’était que la partie émergée de l’iceberg.

Laissant ses amis à leurs occupations dans la salle commune de Poufsouffle, la rouquine décida d’aller faire un tour dans le parc. Il y avait décidément beaucoup trop de monde dans le petit salon pour qu’elle s’y sente en paix. De plus, ce n’était pas leurs conversations qui allaient lui changer les idées : ils parlaient tous plus ou moins du Tournoi des Trois Sorciers, surtout de la troisième épreuve qui allait bientôt se tenir. Mais ils discutaient également du bal de Noël, en se racontant tous ô combien ils avaient passé un moment magnifique avec leur cavalier ou leur cavalière, qu’ils ne se quittaient maintenant plus et que le petit bisou qu’ils avaient échangé quelques jours plus tôt cachés derrière une statue dans un couloir avait été un moment magique et inoubliable. Ambre en avait clairement ras-le-bol de toute cette guimauverie et de cet amour dégoulinant, dont elle ne bénéficiait pas vraiment. Il est vrai que si tout avait été différent elle ne s’en plaindrait pas, mais ce n’était pas le cas.

Lorsque ses pieds foulèrent l’herbe et que ses yeux se posèrent sur des mains entrelacées et des dizaines et des dizaines de personnes venues profiter du beau temps, elle décida de changer rapidement de direction pour se diriger cette fois vers le lac, en espérant qu’au moins là-bas elle aurait le calme et la paix. Malheureusement pour elle, celui-ci comptait de nombreux élèves au bord de ses berges. Avisant une petite colline à proximité, qui ne semblait pas grouiller de monde, elle décida de s’y rendre.

A la vue du jeune garçon qui s’y trouvait, elle aurait logiquement dû rebrousser chemin, et se mettre en quête d’un nouvel endroit, mais étonnamment, elle alla s’asseoir pile à côté de lui. La colline était pourtant suffisamment grande pour qu’elle ne se mette pas exactement à côté de lui, elle aurait très bien pu lui tourner le dos, ou tout faire pour être le plus loin possible de lui. Mais non.

Comme quoi Ambre n’était effectivement pas si simple à comprendre.

« DÉFONCE-LES TOUS », Monseigneur Endive • « Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe » • Batteuse des Frelons

Déréliction  PV 

Il faisait semblant de ne pas l'avoir remarquée, d'être concentré sur son dessin et de ne pas prêter attention à ce qui se trouvait autour, sinon le stade. Pas de balais dans les airs, pas d'équipe qui s'entraînait au sol. L'endroit était donc parfait pour être dessiné. Statique et immobile, comme... la fille à côté de lui. Non, il ne devait pas y penser. Du peu qu'il avait vu, cette fille n'avait pas l'air dans son assiette et il valait mieux la laisser tranquille. Et puis, elle allait le distraire de son dessin. Il devrait la virer de là tout de suite – c'était sa colline – mais bon, ç'aurait été crever les yeux d'un aveugle.

Il continuait à tracer les courbes du dessin sur le parchemin. Il avait terminé de dessiner la palissade et représentait à présent les tribunes. Il pourrait prendre des libertés : comme il allait en représenter huit, il en ferait quatre de face, où il pourrait installer les supporters, et les quatre autres, étant de dos, auraient des bannières représentant les quatre maisons accrochées qui descendrait jusqu'au sol. Quand aux joueurs, il pourrait en représenter deux au centre du terrain...

Il savait qu'il l'avait déjà vue quelque part.

Deux poursuiveurs, peut-être, qui se disputeraient le souafle lors d'un engagement ? Trop classique. Deux finisseurs qui attrapent un vif ? Mais dans ce cas-là, il faudrait qu'il dessine un vif, et ce dernier serait vraiment minuscule. Un simple point d'encre noir sans ailes. Pas très joli. Et si il représentait deux batteurs qui frappaient en même temps dans le cognard ? Avec tout les joueurs qui tourneraient autour d'eux...

Au bal. Elle était au bal.

A présent qu'il savait ce qu'il allait réaliser, Tyr accéléra le mouvement. Il ne passait même pas par le crayon, il fonçait directement avec la plume et l'encre. Au risque de se rater, mais l'inspiration était là, et c'était comme pour écrire : il pouvait la perdre à tout moment. Hors de question de la laisser filer.

Avec un gars de Durmstrang.

Le parchemin commençait à déjà être bien rempli. Il ne lui manquait plus que les joueurs, les bannières et les alentours. Mais il était à court d'idées. Il n'arrivait plus à se concentrer, maintenant qu'il avait reconnu la fille qui était venu s'asseoir à côté de lui. Pourquoi s'était-elle approchée d'ailleurs ? Voulait-elle aussi dessiner ? Si ses souvenirs étaient bons, la Poufsouffle était membre des frelons-blaireaux de l'équipe de Quidditch. Cela voulait-il dire qu'il s'agissait d'une potentielle ennemie ?

Elle n'avait pas l'air d'humeur bavarde. Mais il voulait au moins vérifier.


« Ambre Baxrendhel ?»

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

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Il était en train de dessiner, et vu les allers-retours que faisaient ses yeux, il était sûrement en train de dessiner quelque chose en rapport avec le terrain de Quidditch. Elle reporta son regard sur son visage et essaya de se rappeler si elle l’avait déjà vu quelque part. Elle mit quelques secondes à reconnaître le capitaine de l’équipe de Quidditch des Gryffondor, par contre impossible de se rappeler de son prénom, et encore moins de son nom de famille.

Le jeune garçon semblait absorber par son travail. La feuille était encore blanche, mais il ne tarda pas à se mettre rapidement au travail, ne s’occupant guère de la présence de la Poufsouffle. Ce qui ravi cette dernière. L’étendue blanche de la feuille, comparable au manteau blanc qui recouvre le parc en plein hiver, fût rapidement remplie par de nombreux traits d’encre, formant les gradins, le terrain de Quidditch. Le regard de la troisième année passait régulièrement de la feuille au stade, du stade au jeune garçon, et ainsi de suite. Elle était comme absorbée par le travail du Gryffondor, cela lui permettait de penser à autre chose qu’à toutes ses histoires, sans se prendre la tête.

« Ambre Baxrendhel ?»

Peut-être que lui aussi dessiner pour se changer les idées, les traits qu’il faisait pour donner forme à son dessin lui servaient peut-être à s’échapper de la réalité, de penser à autre chose, laissant de côté tout les problèmes, toutes les questions.

« Oui. »

Elle décolla son regard du dessin pour l’encrer dans celui du garçon, tout en lui adressant un sourire. Elle resta comme cela quelques secondes avant de reporta son attention sur le terrain de Quidditch en contrebas et de laisser libre court à son imagination, à ses souvenirs. Elle voyait des joueurs en plein match, des passes entre le finisseur d’une équipe à son coéquipier qui occupait le poste de poursuiveur, des batteurs frapper de toute leur force dans le cognard, espérant lui avoir donné la bonne direction dans l’espoir d’handicaper l’équipe adverse en sonnant un de leur joueur.
Lorsqu’elle jouait au Quidditch elle n’avait pas le temps de réfléchir à toutes ses pensées, à toutes ses interrogations sur elle, sur les autres, sur son comportement. Elle n’avait qu’une chose à faire, réfléchir à la bonne stratégie, au bon mouvement, à la bonne cible. A mi-chemin entre la réalité et une bulle à part, englobant juste le terrain, ou le terrain et les gradins. Même si parfois les gradins vous ramènent un peu trop à la réalité et à vos problèmes.

Elle ramena ses jambes contre son buste, posa ses coudes dessus et sa tête dans la main droite. Elle était lasse de son propre comportement. Mais la seule idée de redescendre de cette colline et de recroiser tout ces gens dégoulinant d’amour lui hérissait le poil.

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Il ne s’était pas trompé, même si à présent il devait passer pour un sociopathe qui s’intéressait à tout le monde aux yeux de la Poufsouffle. Il essayait de se concentrer sur son œuvre, mais d’un autre côté, le sourire qu’elle lui avait adressé l’intriguait : c’était clairement un sourire forcé pour cacher quelque chose de plus grave. Tyr connaissait bien ce genre de comportement : depuis douze ans, ses parents en faisait preuve.

Si elle était venue sur la colline en quête d’aide, elle pouvait abandonner : Tyr pouvait difficilement ressentir de la compassion envers ces gens qui voulaient apparaître apaisés alors qu’il étaient tourmentés à l’intérieur d’eux-mêmes. Pourquoi se cachaient-ils alors que de nombreuses personnes, qu’elles soient de leur entourage ou complètement inconnues, étaient prêtes à les aider ? C’était de l’hypocrisie envers soi-même, de l’auto-apitoiement. Rien qui ne vaille le coup d’être soigné. Et puis, il avait un dessin à terminer.

Ce dernier était presque fini, à présent. L’encre avait rapidement séché, et il n’avait au final pas eu besoin de le recommencer. Mais le réaliser avait pris au garçon moins de temps que prévu, et s’il rentrait trop tôt en salle commune, il risquait de devoir mettre la main à la pâte. Il savait que son directeur de maison y veillerait.


*Je peux toujours rajouter quelques détails…*

Et s’il mettait, juste au-bas de l’un des piliers, un joueur qui s’était écrasé à terre ? Avec le balai planté dans le sol et un cognard qui repartirait en direction du terrain ? Ce n’était sur le principe pas une si mauvaise idée, mais le dessin devait donner envie de jouer au Quidditch, pas apprendre aux gens la dure loi des batteurs. Les néophytes pouvaient, à Poudlard, l’apprendre de deux façons : d’eux-mêmes, sur le terrain, ou grâce à Joy, qui, dès qu’elle en avait l’occasion, ne se retenait pas et se lançait dans un discours sur les dangers du sport. Ils n’avaient donc pas besoin d’avoir en plus un dessin.

Il décida au final de rajouter une large bannière en-dessous et au-dessus du stade, avec au centre de chaque deux balais entrecroisés surmontés de la coupe. La question était de savoir à présent quoi inscrire dans les deux cadres.

Il ignorait royalement la Poufsouffle qui se trouvait à côté de lui. Renfermée sur elle-même, comme un hérisson qui cherchait à se défendre, elle était pitoyable. Le garçon aurait voulu lui dire que tout allait bien, qu’elle se tracassait pour peu de choses, mais il y avait deux obstacles. Le premier, c’est qu’il ne connaissait pas la raison de sa soudaine solitude, et il n’avait pas envie de la connaître. Le deuxième lui posait plus problème : demander, c’est engager une conversation, et briser un silence d’or dans lequel il était confortablement installé.

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

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Cette année à Poudlard aura vraiment eu un impact sur la vie de la jeune fille. Ou plutôt sur sa vision des choses. Sur sa vision d’elle-même également. Comment aurait-elle pu deviner tout ce qui allait se passer lorsqu’elle était rentrée à Poudlard pour la troisième année ? Comment aurait-elle pu deviner que le tournoi des Trois Sorciers, signifiant également l’arrivée des délégations de Durmstrang et de Beauxbâtons, allait être aussi signifiant pour elle ? Et l’année d’après ? Comment allait-elle être ? Poudlard semblera bien vide comparé à cette année. Mais au moins pensait Ambre, le parc ne sera plus rempli de tout ses couples issus des trois écoles. En effet, et ça elle l’avait rapidement remarqué, surtout après le bal de Noël, bon nombre d’élèves avaient trouvé leur paire dans une des autres écoles. Que ce soit un britannique avec un français, une française avec un nordique, un nordique avec une britannique, bref, bon nombre de couples s’étaient formés. Et rien que le fait de les voir dans le parc, brr rien que d’y penser la rouquine passa ses mains sur son visage tout en fermant les yeux, comme pour essayer d’effacer ces images de son esprit.

Elle laissa ses bras retomber le long de son corps et relaissa ses jambes se détendre. Il fallait qu’elle se détente, cela ne servait à rien de s’acharner avec tout ça. Elle laissa son regard se poser sur le dessin du jeune garçon.


« Joli dessin. »

Elle reporta ensuite son regard sur le parc, comme elle le faisait depuis avant. Poussant un long soupire, elle se laissa tomber doucement en arrière et se retrouva couchée dans l’herbe. L’air était frais, l’herbe fraîche, mais cela ne la gênait pas. Un léger frisson la parcourut. Elle ferma doucement les yeux et laissa libre court à son imagination. Ou plutôt à sa mémoire. Elle revit, comme une personne face à un vieux film, le bal de Noël qu’elle avait vécu quelques semaines auparavant. Tout y était, le décor, les personnes, les musiques, la danse, le repas, Ivan… Puis ses pensées remontèrent encore un peu le temps, la première épreuve du tournoi à laquelle elle avait assisté. Puis encore un peu jusqu’à l’arrivée des délégations. Puis elle avança cette fois un peu, et se retrouva devant sa rencontre avec Marie Duval. Un large sourire se dessina sur son visage, tandis que ses yeux, toujours clos, regardaient tendrement la scène que sa mémoire projetait en elle.

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Tyr dessinait mollement, la main relâchée, avachi sur lui-même. Ce n'était pas qu'il n'avait plus envie de continuer, mais il avait quasiment crayonné l'intégralité de son parchemin. Il n'en était pas peu fier ; l'affiche le pressait déjà de se ruer sur le terrain de Quidditch, s'emparer d'un balai, d'un souafle, et de commencer à jouer. Seul. Le terrain pour lui tout seul. Un cauchemar pour certains, certes ( le Quidditch est un jeu d'équipe, bon sang !) mais lui, ça ne le dérangerait pas.

« Joli dessin. »  entendit-il derrière son épaule.

*Merci* pensa-t-il. Il ne prit pas la peine de se retourner pour la remercier. Il devait dire, il ne savait pas vraiment quoi faire dans cette situation. Il venait de finir son dessin... et il avait encore beaucoup d'autres choses à faire. Mais d'un autre côté, il ne voulait pas laisser la pauvre malheureuse seule sur cette colline venteuse. Oui, bon d'accord, c'était un peu ce qu'elle cherchait. Ce n'était tout de même pas très gentil de la part du Gryffon.

Il osa un regard vers la Poufsouffle. Elle dormait. Ou tout du moins, elle se reposait. Drôle d'endroit pour dormir, lorsque vous avez à moins d'un kilomètre de vous un dortoir chaleureux qui vous attend. Les rumeurs prétendaient qu'en plus, ceux des jaunes et noirs se trouvaient à proximité des cuisines. Qui n'avait pas envie de s'endormir avec une odeur de pain tout juste sorti du four qui vous emplit les narines ? Pour un Gryffondor, c'était plus qu'un rêve : eux avaient le droit au bruit du vent et de la pluie qui tombe drue sur les toits de leur tour. Il paraîtrait que cela forge le courage ; en réalité, tout ce que cela forgeait, c'était les cernes sous les yeux des rouges et or. Et pourquoi façonner l'ardeur alors que les Gryffons sont déjà réputés pour leur héroïsme impétueux ?

En fin de compte, c'était le bon moment pour s'éclipser. Et pourtant, Tyr ne bougea pas d'un poil.

Ambre avait la même expression que son père lorsqu'il était préoccupé. La ressemblance était flagrante ; il ne manquait à la Poufsouffle que la barbe et les sourcils droits. Le Gryffon ne put bouger de sa place tant il fut frappé par les similarités. Les souvenirs commençaient à remonter, et il tentait de les refouler de toutes ses forces. Mais la mémoire prend toujours le dessus. Il sentit un frisson lui parcourir la colonne vertébrale ; il n'était pas dû au froid.

Tyr tourna le parchemin et reprit son crayon. Il y nota une simple phrase. Puis il roula le palimpseste ( si, si) et le déposa doucement au côté d'Ambre – qui avait toujours les yeux fermés. Puis il regarda le ciel, se leva, inspira un grand coup. Et il descendit la colline lentement, les yeux rivés sur l'horizon. Il se sentait étrangement bien.

Ce qu'il avait noté ? Un vieil adage que son père lui ressortait souvent.

Sourire est la meilleure façon de montrer les dents au destin.


Reducio
Fin du RP pour ma part !

Maïka Cooper : « La question c'est pas de garder Gryffondor pour sauver Poudlard, mais de virer Serpentard pour ne pas avoir à sauver Poudlard.»

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Les images qui défilaient devant ses yeux clos se brouillèrent petit à petit, s’estompant de plus en plus jusqu’à disparaître complètement. Elle fronça les sourcils et se détendit en poussant un long soupir. A quoi bon repenser à tout ça ? De toute façon, cela ne changerait rien, à part la rendre encore plus mal, bien qu’elle se soit mise à sourire bêtement quelques secondes auparavant. Ou quelques minutes ? Elle n’en savait rien. Elle rouvrit les yeux, avant de les refermer brusquement à cause de la luminosité. Au bout de quelques secondes elle les rouvrit, se redressa et regarda autour d’elle pour essayer d’apercevoir le Gryffondor. Il était parti. Ambre ne pouvait s’empêcher qu’elle y était pour quelque chose, en même temps, le jeune garçon avait peut-être eu envie, tout comme elle, d’être seul à ce moment là, et la rouquine s’était en quelque sorte incrustée sur cette colline.

Elle fit la moue et ramena ses jambes en tailleur, avant de se frotter doucement le visage avec la paume des mains. Il commençait à faire un peu plus froid. Tournant la tête légèrement sur le côté, elle aperçut un parchemin, qu’elle s’empressa d’attraper et de dérouler. Inconsciemment, elle savait ce que c’était : le dessin du capitaine des Gryffondor. Quoi d’autre sinon ? La vraie question était s’il l’avait fait en pleine connaissance de cause ou non. Peut-être l’avait-il simplement oublié, qui sait ? Bien que le fait d’oublier un dessin comme celui-là, pour lequel il s’était appliqué, c’était vraiment faire preuve d’un niveau de distraction particulièrement élevé. Elle retourna le parchemin et y trouva une phrase.

Après avoir lu ces quelques mots, elle ne put s’empêcher de sourire et de ricaner doucement. Il avait raison. A quoi bon rester triste ? Cela ne changerait rien. Sourire n’allait, certes, probablement pas changer les choses non plus, mais au moins, c’était beaucoup plus agréable, pour soi comme pour les autres. Alors oui, à quoi bon rester enfermer dans ses idées noires et ses souvenirs, ses envies, irréalisables, passées, terminées, probablement à jamais et qui sont et resteront de simples souvenirs ?

Elle roula le dessin comme elle l’avait récupéré et le garda précieusement dans les mains. Elle resta encore quelques secondes en tailleur, à fixer l’horizon, avant de se lever en souriant légèrement et de s’étirer :


« Et bien soit, destin, je te montre mes dents. »

Sur ce, elle descendit la colline et retourna vers le château. Pour autant qu’elle s’en souvienne, sa rencontre avec quelqu’un n’avait jamais été aussi étrange et étonnamment bienfaitrice.

-Fin du RPG-


Reducio
Merci beaucoup Tyr, c'était un plaisir :D

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