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Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

Gwenaëlle se promenait. Enfin ! Dit comme ça cela à l'air d'une histoire d'une petite fille tout guillerette. Alors employons plutôt le mot "marcher" car après tout c'est ce qu'elle faisait en ce moment.
Son allure était vive et elle curieuse mais pas pour autant enjouée, son attitude était droite et froide ce qui donc formait un étrange contraste avec ses sentiments actuels. En effet, elle s'était mise en tête de faire le tour du lac, ce qui promettait d’être compliquer. Au bout de même pas vingt minutes de marches, elle s’arrêta net, son carnet de note toujours à la main, une plume coincée entre une des pages presque en lambeaux de celui-ci.
Dans ce carnet, la petite Diafora prenait note de tout ce qui l’intéressait, il faut dire que hormis ses pales expériences de magies avant son arrivée à Poudlard, il n'y avait rien de bien intéressant à mettre. Pourtant celui-ci était remplis, comportait des schémas et de longs questionnements de la fillette au sujet de la magie et des pages avait du être rajouté.
La jeune rouquine s'assit au bord du lac noir, jeta un coup d’œil autour d'elle s'assurant d’être seule et ses pieds frôlant l'eau du lac, elle sortit sa plume et l'ancre qu'elle conservait dans dans une poche de son uniforme. Mais après avoir prit un peu d'ancre elle laissa au dessus des feuilles jaunies du carnet, la suspendant dans les airs sans bouger, de sa main pale, un air un instant pensif sur son visage.
Puis elle sortit sa baguette de sa manche, et posa la plume par terre, si fait que l'ancre du dessus déversa une goutte sur l'herbe fraîche de ce matin là.


"- Wingardium Leviosa"
D'une voix basse, elle avait dit la formule en effectuant avec précision le geste. N'importe qui la croisant l'aurait prit peut-être pour une folle de faire ses devoirs ici au lieux d'en salle d'étude mais pour le moment ça lui était complètement égal. Elle réessaya trois ou quatre fois pour que sa plume s'élève enfin dans les airs. La petite avait un air concentré dans les yeux et il y aurait pu y avoir une explosion qu'elle ne s'en rende même pas compte. La magie la fascinait tellement qu'elle restait concentré dedans béate.

Voilà peut-être pourquoi elle ne remarqua pas une personne s'approcher et s'asseoir tout à coté, c'est quand celle-ci se mit à parler que Gwen se retourna et la dévisagea avec stupéfaction : en effet elle n'était pas prête d'oublier la plus longue conversation de ses onze ans d’existence qu'elle avait eu avec la Poufsouffle, Aelle Bristyle. Mais la jeune Diafora n'avait pas encore remarquer que sous l'effet de la surprise sa plume s'envolait vers le lac, descendant petit-à petit car sur le moment Gwenaëlle ne prêtait plus attention à la direction de sa baguette
.

"- Aelle ? Que fais-tu là ?" Fut la seule chose qu'elle trouva à dire d'un ton qui avait oublié sous l'effet de la surprise d’être complètement froid.

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Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

Comme depuis plusieurs jours maintenant, je marchais les yeux baissé pour ne voir personne. Des silhouettes évoluaient autour de moi, devaient sûrement me tamponner, peut-être me regarder. Mais leur regard ne trouvait rien. Je ne voyais personne, je ne ressentais personne. Il y avait juste moi dans ce monde en carton. Le fait est que ma deuxième descente dans les Sous-sols m'avait vidé de toute envie d'atteindre les autres ou de me laisser atteindre. Un semblant de force extérieure, que je nommerai Magie -ou Merlin-, m'avait donné des émotions que je n'aurais jamais penser ressentir avec d'autres personnes que ma famille. Et pourtant. Pourtant cela avait eu lieu, et avait eu pour effet de me refermer plus encore sur moi. Un peu comme comme un nouveau né qui ouvre les yeux sur le monde et qui se rendort des heures durant car la vie est intense à vivre. J'étais ainsi, endormie sur moi même.

Je glissais mes mains dans les poches de ma cape. La différence de température entre le Hall du château et le Parc était flagrante en ce fin de mois de Novembre. Je m'arrêtais net, le nez pointant le ciel, ne me préoccupant pas de gêner le flot d'étudiant qui s'engouffrait dans l'imposante bâtisse. Les nuages glissaient lentement, s'évanouissant au fur et à mesure de leur avancé, laissant des traces disparates sur la toile bleue. L'air frais me caressait le visage, je soupirais doucement en fermant les yeux, profitant de la plénitude du moment... Vite brisé par le son d'un rire éclatant. Une jeune fille avançait vers moi... Vers la porte d'entrée avec son groupe d'ami. Lorsqu'elle riait, sa tête se baissait vers l'arrière et sa bouche s'ouvrait grand, laissant entrevoir deux rangée de dents blanches. Et elle riait, elle riait d'un rire cristallin et tellement libre... Elle riait tout simplement, elle vivait. Cette vision m'énerva sans raison, et je baissais la tête en passant près d'elle, préférant m'éloigner plutôt que de supporter cette vision.
La colère m'emplissait à présent le cœur, et je marchais à grand pas, tentant d'oublier ces sentiments non justifiés. Je n'avais jamais été maîtresse de mes émotions, les laissant venir à moi sans chercher à les contrôler, tout simplement parce que je ne me rendais même pas compte qu'elles pouvaient l'être. Depuis Charlie, cela s'était empiré, et ça me mettait hors de moi. Je la détestais pour ça.

Alors comme aujourd'hui, je errais. Je marchais, je m'occupais, j'essayais de vivre comme je l'avais toujours fait. Le lac m'appelait à lui, aujourd'hui. Comme toujours, en fait, le Calmar avait toujours son effet positif sur moi : il me passionnait. Je décidais de faire le tour de l'étendu d'eau, attendant le moment où une tentacule percerait la surface calme du Lac noir pour profiter de l'air frais de l'Automne.
Je marchais à mon rythme, laissant le temps couler autour de moi. Le bruit de la brise dans les feuilles des arbres, mes pas sur les galets, l'herbe fraîche qui s'agitait. Tout cela me berçait. Rien ne pouvait m'atteindre. J'accueillais mes pensées simplement. Je me demander comment le Lac Noir était apparu. Était-ce sous l'effet d'un déluge que l'eau s'était réfugié ici ? L'eau était-elle si sombre à cause de l'ombre des arbres ? Je cherchais. Je m'éloignais doucement de la rive, préférant m'abriter sous l'ombre des arbres. Je gardais cependant toujours un œil sur la surface, ne souhaitant pas rater le Calmar.


C'est ainsi que je remarquais que je n'étais pas seule. Je n'aurais jamais aperçu cet éclat roux si j'avais gardé la tête baissé sur l'herbe que je piétinais. Peut-être que j'aurais du. Sans remarquer que je m'étais stoppé, je regardais cette vision familière. *Pourquoi familière ?*. Tout simplement car j'avais déjà aperçu cette vision dans un autre endroit, à un autre moment, mais dans état presque semblable dans lequel j'étais actuellement. Que faisait Diafora ici ? Que faisait une personne ici, pourquoi il y avait toujours quelqu'un qui se présentait à moi lorsque je souhaitais être seule. Elle ne m'avait pas remarqué, j'allais donc faire demi-tour pour m'enfoncer dans la forêt sans être repéré, mais une chose attira mon attention. Non loin de la rive où était assise la jeune étudiante... Oui, c'était cela ! Une tentacule sortait le bout de sa ventouse pour prendre la température ! Je restais subjugué par le spectacle, oubliant même de respirer. L'émotion de ce moment historique me fit tout oublier, même ma propre présence, et j’avançais à petit pas vers le bord de l'eau... Le bout de la créature s'agitait paresseusement, faisant onduler gracieusement la surface du Lac noir. Discrètement, sans bruit, je posa mes fesse sur l'herbe humide, sans me soucier de me salir. Je ne pouvais détourner mon regard...

-C'est incroyable cette façon qu'il a d'atteindre notre monde...

Une plume vola devant devant mes yeux. La tentacule s'étirait de plus en plus, sortant pre... Une plume ? J'arrachais mes yeux de mon spectacle pour regarder avec étonnement la plume voler devant moi, se dirigeant doucement vers la surface du Lac. Ma tête se tourna instinctivement sur ma gauche, et je ne fus étonnement pas surprise que mes yeux rencontrent deux orbes grises étonnées. Diafora. Gwenaëlla Diafora. Sa baguette pointait la plume, elle s’entraînait à la faire voler. Je ne savais pas si j'étais heureuse de la revoir. Quoi que la question ne se posait pas, j'étais venu ici pour être au calme, et je la rencontrais une seconde fois dans un état plus que désagréable. *Pourquoi je me suis assise près d'elle ?*... J'avais oublié la raison, alors je regardais le Calmar.

-Aelle ? Que fais-tu là ? Elle me parla d'une voix étonné.

La créature merveilleuse s'était emparé de la plume de ma camarade et j'observais son action avec passion. Qu'est-ce qu'il pourrait bien faire de cet objet ? L’amènerait-il à sa cache ?
Pourquoi la Serpentard avait perdu son air froid ? Le faisait-elle exprès ? Je ne la regardais pas, mais je me questionnais.


-Ta plume est perdue, Diafora.

Elle n'avait pas remarqué que sa magie avait cessé au moment même où la créature s'était emparé de sa plume. Quoi que le lien s'était fait plus tenu lorsqu'elle avait perdu sa concentration. Je ne souhaitais pas répondre à sa question, ne voulant pas partager mes souvenirs avec elle.

Moi

Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

"- C'est incroyable cette façon qu'il a d'atteindre notre monde... "

La jeune Gwen, n'avait pour le moment pas prit la peine de la comprendre la phrase prononcée par Aelle. Oh bien-sur, évidemment ! Elle avait comprit que celle-ci ne lui était pas adressée. Mais les phrases intelligentes dites n'importe où et dans quel que soit contexte, était chose dont elle s'était habitué chez la Poufsouffle.

" Qui, que, quoi, dont, où ?" Fut la seule pensée qui traversa l'esprit de Gwenaëlle en cet instant fatidique (j'exagère peut-etre un peu) qui n'avait strictement rien compris (ni chercher à comprendre d'ailleurs) la remarque de la Bristyle.
Gwenaëlle après avoir adressé la parole à sa camarade s'en voulut terriblement. Elle s'en voulu car le temps de sa question, elle avait fait tomber son habituel masque de froideur. Cela ne lui arrivait pratiquement jamais. Et elle ne voulait plus le refaire ! Une fois, une seule fois dans sa vie, il lui était tombé presque une journée entière : celle du voyage dans le Poudlard express. Durant son trajet dans le train, la jeune Vert et Argent se souvenait parfaitement et pratiquement mot pour mot de ses remarques curieuses et excitées. Cela avait été le plus beau jour de sa vie ( à moins que ce soit le jour où elle avait reçu sa lettre) !
Elle observa un instant Aelle. La Poufsouffle était légèrement surprise, et Gwenaëlle pensa que cela était sans doute du au fait de son ton glacial qui avait disparu pour quelques instants.


"- Ta plume est perdue, Diafora."


Instinctivement, et d'un mouvement vif de la tete, la jeune rouquine regarda vers le lac, et elle ouvrit des yeux ronds. Une tentacules s'amusait avec sa plume. Une tentacule ?! Sa plume ?! Effectivement le sort ne tenant plus la plume, servait de jouer à la créature. Le Calmar, la petite le reconnu aussitôt, elle l'avait déjà observé tout en entier, depuis sa Salle-Commune, ou une vitre géante permettait de voir une partie du lac. Elle se souvenait qu'elle était resté une bonne quinzaine de minutes a observer, un air débile sur son visage, la créature. Mais qu'il lui prenne sa plume ça pas question. Rejetant son sort rapidement avec maladresse, la plume tomba en effet des tentacules du Calmar mais était à plusieurs mètre d'elle, et même si elle avançait doucement vers la Diafora, la petite impatiente, se pencha en avant et... tomba dans le lac. Et trempée, ses cheveux habituellement ondulés, lui collant sur le dos tout comme ses vêtements, rouge de honte, du fait que Bristyle l'observait sans doute. Elle rejeta de l'eau et regagna la berge remontant péniblement et articulant d'un ton ironique.


"- Merci beaucoup..."


La Diafora ne regardait pas la Poufsfouffle, et la plume n'était plus visible, elle avait du couler dans les profondeurs du lac, ou bien retourner entre les tentacules de ce maudit Calmar ! Gwenaëlle semblait comme occupé à essuyer ses manches l'une contre l'autre, ce qui ne servait pas à grand chose, un air dégouté sur son visage.
Prenant ses cheveux d'un mouvement vif, elle les essora et là : oh surprise ! Sa plume tomba sur la terre, s'étant sans doute coincé dans ses cheveux.
Si elle avait fait plus attention à son sortilège, cela aurait évité de se tremper pour rien !
Puis enfin, elle se remémora la phrase de la Poufsouffle, et surtout le "Diafora". Peut-être que celle-ci ne s'était plus souvenu, que lors de leur dernière rencontre, la Serpentard (qui était dans une situation moins honteuse que cette fois-ci) avait été énervé qu'on l'appelle par son nom de famille. Mais pour Gwen, ceci était peu probable.
Mais de toute façon, cette fois là, la Diafora ne prêta guerre attention à cela, toujours occupé à éviter le regard de la Bristyle, à se sécher, et ruminer intérieurement sa honte immense.


"- Qu'est ce que tu fais là, Brisyle ?"


C'était à peu près la même question qu'avant, mais posé sur un ton complétement différent. Ses jambes repliés sur elle même, elle avait opté pour un ton agacé et accusateur, comme si la Poufsouffle était la cause de sa mésaventure.

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Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

La Serpentard avait l'air grandement étonné que sa plume ne soit plus sous le joug de sa magie. Ou peut-être s'étonnait-elle de voir le Calmar ici ? Je me demandais si ma présence l'avait surprise au point qu'elle ne se rende plus compte de rien. Maintenant que j'étais là, je ne pouvais plus me relever, et je ressentais presque l'envie de lui expliquer pourquoi j'étais ici, lui dire que je n'avais pas eu l'intention de venir la rejoindre, que j'avais juste été subjugué par le Calmar au point de ne pas me rendre compte que mes jambes avançaient toutes seules. Cependant, une chose m'empêchait de lui dire tout cela : je n'avais aucune raison de lui donner une excuse quant à ma présence ici. J'étais encore libre de mes gestes.
Je ruminais à ce propos en regardant d'un œil terne la verte et argent lancer un sort de lévitation pour récupérer sa plume.
*Joli sort...*. L'objet s'échappa de la tentacule du Calmar pour atterrir dans l'eau, voguant calmement mais sûrement vers la jeune fille. Je regardais le membre de la créature s'enfoncer sous la surface du lac, disparaissant sans demander son reste. Un sentiment de colère passa en une fraction de seconde dans mon cœur laissant derrière elle le goût de la rancune. Je m'imaginais le Calmar s'en aller, déçu de n'avoir pu ramener avec lui son trésor... C'était des pensées idiotes, mais je ne pouvais m'empêcher de songer au fait que Diafora aurait pu lui laisser la plume en présent.

La rouquine était par ailleurs en pleine concentration, penché sur la surface maintenant agité du Lac noir. La plume semblait la narguer en restant inatteignable pour les doigts tendu qui l'appelait. Moi qui avait une vue d'ensemble sur la situation, je voyais très bien que Diafora était un peu trop penché vers l'avant, qu'elle avait le pied trop près du bord, que sa main était un contre poids trop imposant... Je fermais les yeux avant même d'entendre le corps de la jeune fille percuter l'eau. Lorsque je les rouvrais, j'eu une vision que j'espérais garder longtemps à l'esprit -non pas pour me moquer, mais parce que j'aimais taquiner les gens en leur rappelant leur moment gênant... Je souhaitais taquiner Diafora ?- : la Serpentard, de l'eau jusqu'à la taille, les cheveux dégoulinant qui restaient maintenant collé sur le côté de son visage, et un air... Que je ne saurais définir. Je baissais légèrement la tête sur le sol en sentant un rire monter dans ma gorge. Je me mordais les lèvres pour ne pas le laisser sortir. Je savais ce que c'était que d'entendre des rires lorsqu'on faisait une chose ridicule, et Diafora ne méritait pas cela. Je la regardais discrètement, me demandant si je devais l'aider... J'allais me lever mais une pensée m'arrêta : *Et si elle refuse mon aide ?*, j'allais au moins lui tendre une main, je savais qu'elle pouvait se débrouiller, mais je trouvais étrange de rester ici sans bouger, *Je vais la vexer en lui proposant mon aide*...

Je pris tant de temps à me questionner sur ma façon d'agir que je restais figé pendant que la jeune rousse remontait tant bien que mal sur la rive, se jetant près de moi dans un bruit mouillé, les joues rouges. Je me sentais balourde à rester ainsi près d'elle sans bouger, le regard fixé au loin. Je me sentais... L'autre marmonna quelques mots que je devinais être adressé au Calmar et je décidais intelligemment de ne pas relever en lui signifiant que si elle avait fait attention à sa magie, cela ne se serait pas passé. Elle s'agitait près de moi, s'essorant les cheveux et m'envoyant des gouttes dessus. J'eu soudainement envie de m'énerver contre elle, dans une vaine tentative que mon inconscient savait être d'oublier ma culpabilité pour ne pas avoir bougé.
Mes doigts fouillaient la terre, j'adorais cette sensation. Je trouvais un caillou que je serrais dans mon poing pour canaliser mes émotions si changeantes.
J'allais enfin ouvrir la bouche pour dire quelques mots timide, mais Diafora me dévança :


-Qu'est ce que tu fais là, Brisyle ?

Ma nuque craqua quand ma tête se tourna vers elle. Ses yeux cherchaient apparemment à me fuir car elle ne me regardait absolument pas. Cette phrase avait été dite d'une façon complètement différente que sa première phrase, et je retrouvais presque avec plaisir le ton habituellement glacé de ma camarade. Le retour de la douche froide.
Suivant une envie soudaine, je me relevais sur mes jambes avec un sourire narquois : son ton accusateur et agacé était entièrement perceptible dans le dernier mot de sa phrase "Bristyle".
*Il n'y a plus de Aelle, n'est-ce pas Diafora ?*. Mon bras se rejeta en arrière et je jetais avec force le caillou que j'avais gardé vers le côté opposé d'où était parti le Calmar. La pierre toucha la surface du Lac dans un "Plouf" sonore. Elle avait tout compris, avec un nom de famille il ne pouvait y avoir d'intimité, trop de rapprochement, trop de confiance. Ainsi les barrières étaient posé, et les choses étaient bien mieux comme cela. Diafora m'avait mâché le travail et je n'allais pas tout gâcher en lui demandant pourquoi elle avait ainsi retourné sa cape. Le besoin impérieux de me montrer désagréable m'occupait tout l'esprit. Des dizaines de comportements irrespectueux au plus au point se présentaient à mon esprit, j'avais envie de pousser Diafora à me crier dessus, me détester, me secouer dans tous les sens pour me faire sortir de ma torpeur. Je fis quelques pas dans l'herbe, m'éloignant de plusieurs pas de la jeune fille. Une bataille se jouait en moi. J'avais envie de me montrer désagréable pour faire face à ma culpabilité et à la colère de l'autre enfant mais je souhaitais en même temps ne rien faire. Je me rendais compte que j'avais envie de rester ici, près de l'endroit où le Calmar était venu à moi, et près de la présence intéressante de Diafora. Je ne savais même pas pourquoi elle était en colère !
Il est étrange de constater que je savais faire face à mes sentiments négatifs, mais que je ne comprenais absolument pas mes sentiments positifs. Pire encore : je les niais complètement.


Je fis donc la seule chose qui s'offrait à moi. *Quand tu ne sais pas quoi faire Ely, tu remets les conteurs à zéro*. Alors, sachant pertinemment que j'avais un sortilège d'imperméabilité sur toutes mes capes -livres obliges, merci Maman-, je me jetais sans demander mon reste dans le lac. L'eau entoura mon corps instantanément, me gelant entièrement et rapidement. Le poids de ma cape pesait sur mes épaules alors que je me relevais, la chevelure dégoulinante. La brise fraiche du mois de Novembre ne fit qu'accentuer la sensation de froid que me procurait ma peau et mes vêtements mouillé. Je serrais discrètement mes bras autour de mon corps en retournant m'asseoir près de la rousse, agissant comme elle : sans la regarder. Maintenant que j'avais fait cela, je me sentais particulièrement gamine. J'avais froid, j'étais de mauvaise humeur, et mon geste n'avait sûrement servit à rien. Je ne le regrettais cependant pas. Le regret ne faisais pas parti de mon quotidien, je faisais toujours les choses parce que je l'avais décidé. Mais je me sentais tout de même bien misérable, ainsi dégoulinante... Plus encore en pensant que la Serpentard était dans le même cas que moi, et que l'image que nous donnions devait être assez bizarre. Mais nous étions seule, je soufflais de soulagement en remarquant cela.

-Le calmar.

Pourquoi avais-je dit ça ? Les mots étaient sorti tout seuls, et d'une petite voix aussi ridicule que la goutte d'eau qui coulait le long de mon nez. Je l'essuyais avec ma manche, mais se faisant je ne fis que me mouiller plus encore.
Ah oui, la raison de ces mots lançé à la va-vite me revenait maintenant : je répondais à la question de Diafora. Je ne savais même pas pourquoi j'étais là. La seule chose que je savais, c'était que mon but n'avait absolument pas été de la rejoindre, mais mon comportement devait bien parler de lui-même pour qu'elle comprenne ça, je n'avais pas besoin de lui dire. Je n'en ressentais pas le besoin.
J'étais lasse d'essayer de comprendre comment parler, comment communiquer. Pour une fois dans ma vie, je ne souhaitais pas apprendre. Je n'avais jamais été intéressé par la compréhension de la relation sociale. Ce savoir s'échappait à moi. Peut-être parce que je me savais incapable de l'atteindre. Tout comme j'étais incapable d'accepter de ne pas y parvenir.

Moi

Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

Gwen a froid. Elle a froid ce qui est tout à fait normal quand on vient de tomber dans un lac, presque gelé, en novembre. Rajustant sa cape noire sur ses épaules, elle se couvre avec même si cela ne sert pas à grand chose, en effet, la cape est tout aussi mouillée que le reste de ses vêtements. Durant ce temps, elle peste, contre de nombreuses choses ou personnes, et pour diverses raisons. Même si la raison principale est sa camarade :
" Elle aurait pu me venir en aide, tout de même..." Pense-t-elle en jetant un regard vif mais pourtant assassin en direction de celle-ci. Elle ne veut pas la regarder plus longtemps, elle ne tient pas à voir un air moqueur sur son visage.

A présent elle se renfrogne de nouveau, elle jette un regard dans une direction opposée et à plusieurs reprise fait mine de partir pour abandonner et se laisser choir sur le sol. En effet, elle a de la chance qu'il n'y ait pas grand monde ici, dans le château la petite Verte et Argent seraient vu par la moitié des élèves avant qu'elle ai pu regagner son dortoir pour sa changer. Enfin, il faudra bien qu'elle se décide à partir à un moment ou un autre, elle n'allait pas resté ici toute l'éternité...
Mais après tout, il est bien que la Bristyle ne l'est pas aidé, elle le savait parfaitement, que si ça avait été le cas elle aurait été doublement gênée et honteuse en plus d’être vexée.
Passant ses doigts dans ses cheveux avec une lenteur admirable, la petite Diafora réfléchit davantage à ce qui se serait passé si elle avait mieux effectués son sort ou si elle avait été du moins plus patiente. Après tout cette situation, elle en est la seule responsable. Il n'y a n'y a la reprocher au Calmar ou à Aelle. Dur dur de l'admettre, pour Gwenaëlle mais c'est ainsi et on ne peut rien y changer.


- Le Calmar.

Hein ?! Un long regard surpris en direction de la Poufsfouffle avant que la gamine se rende compte qu'elle vient de la regarder plus longtemps que sa honte le voudrait. Mais aux lieux de sentir son visage pale s'empourprer de nouveau, elle jette un regard pleins de dureté à la Bristyle, la fixant sans ciller comme si elle voulait la défier du regard. Puis écoutant la réponse de celle-ci tourne sa tete avec lenteur en direction du lac noir. Elle regarde, son regard trahissant sa réflexion dans la direction où le Calmar se trouvait il y a quelques instants.
Puis, une pensée lui vient, soudaine, sans que elle puisse s'y attendre
. " J'aurais du lui laisser la plume..", elle se mort les lèvres, pousse un long soupire puis son visage revêtant un air espiègle se tourne vers la plume, qui git dans l'herbe et la terre à quelque centimètres, la saisit et la jette avec une rapidité surprenant dans le lac. Elle la jette, le plus fort et le plus loin possible puis attends toujours sourire aux lèvres quand une tentacule hésitante, la saisit.
Enfin, la Serpentard se tourne vers sa camarade et le même sourire aux lèvres, sans trop savoir pourquoi ni ce qu'elle fait, s'adresse à elle d'une voix franche et claire.


- Et voilà ! Rien ne s'est passé...


Puis se rendant comme soudain compte de ses paroles, rabaissa le ton au dernier mot avant de reprendre maladroitement son carnet et de le regarder fixement n'ayant plus rien pour écrire dessus, comme concentrée sur des écritures qu'elle fixait sans voir.

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Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

Replié sur moi, je laissais bouillir mes pensées. Elles passaient dans mon esprit, mais ne trouvaient pas de conscience à laquelle se rattacher pour m'atteindre. Alors elles repartaient, laissant dans leur sillage une empreinte, une marque de leur passage qui avait un goût amer.
Ma cape humide s'appuyait lourdement sur mes épaules, elle m'empêchait de me réchauffer. Elle faisait d'ailleurs le contraire, et je n'osais pas bouger, de peur d'oublier de contrôler les frissons froid qui traversaient mon corps fatigué. A mes côtés, je voyais Diafora qui tremblait, elle aussi, et je me demandais un instant si elle allait partir pour aller se changer. Ce n'était pas mon intention, j'étais ici pour chercher la solitude, je n'allais donc pas retourner dans ce château qui me narguait avec ses rires.
Je tournais légèrement la tête pour observer les montagnes qui surplombaient le Lac. Leur image se reflétait sur l'eau brillante et cette double vision me laissa béate. J'avais récemment appris combien il était agréable de se laisser transcender par les paysages que la Nature savait nous offrir. Depuis que j'étais ici, je me trouvais moins dans mes livres. Cela me manquait, mais je ne pouvais faire autrement. D'une part, les devoirs me prenaient beaucoup de temps, mais d'autre part, je ressentais souvent ce besoin étrange de m'évader et de me retrouver avec moi-même. Ce qui avait largement de quoi inquiéter, si seulement une personne savait ce que cela signifiait.

Ma tête ainsi posé, j'eu le malheur de pouvoir apercevoir le regard sombre que me jeta à ce moment la jeune verte et argent. Elle devait sûrement penser que je ne la remarquerais pas, me dis-je. Sans honte, je la regardais alors fixement, révoltée qu'elle me regarde ainsi après ce que j'avais fait pour elle. *Je me suis plongé entièrement dans le Lac pour elle, par Dumbledore, elle pourrait au moins me remercier !*. Je reniflais avec dédain, à moitié pour répondre à l'agacement de la Serpentard. L'autre moitié car je savais que je me foutais qu'elle soit reconnaissante envers moi. Surtout que je n'avais pas fait cela pour elle. Qu'il était facile de se cacher des choses à soi-même…
La rousse posa son regard sur le Lac, mais je continuais à la regarder, ne mesurant pas la portée irrespectueuse de mon geste. Ce regard était irrespectueux, ce comportement était irrespectueux.


-Tu ne cr…

Ma camarade se saisit alors de sa plume, coinçant mes paroles dans ma gorge. Je la regardais agir sans comprendre, mes pensées s’étaient échappé et j’en avais presque oublié mon agacement. Elle lança sa plume avec force vers le lac et comme elle, je regardais l’objet qui avait soulevé tant d’émois précédemment tomber calmement vers la surface, en suspens dans le temps. Ma respiration se bloqua bruyamment quand une tentacule s’éleva, hésitante, pour attraper la plume… Les yeux écarquillés, je me précipiter pour me mettre debout sur mes jambes pour faire un pas en avant. Mon pied s’enfonça doucement dans la boue. Je m’arrêtais, ne sachant que faire, impressionné par la vision de cette créature que j’admirais tant. Je levais le bras. J’aimerais tant pouvoir l’interpeller, savoir communiquer avec lui… Mais je n’avais pas encore appris, ce mystère me suivrait longtemps.


-Et voilà ! Rien ne s’est passé...


Je laissais retomber mon bras contre mon corps, déçu. La voix de ma camarade me réveilla mais je n’avais pas envie de l’être. Je baissais tout de même mes yeux sur elle. Je me sentais grande en la surplombant ainsi. Le corps de la petite rousse paraissait plus petit encore, ainsi mouillé, ses vétements épousant les formes de ses hanches et de ses épaules.
Je la trouvais moins froide, malgré l’ironie de la chose. Elle me fixait de ses mystérieux yeux gris. Mes yeux descendirent de quelques centimètres. Sa bouche était fendu en un sourire espiègle qui me fascina autant qu’il m’étonna
. *Tu m’envoies bouler puis tu me souries de cette façon, Diafora ?*. Un tic que j’avais repris à Natanael défigura mon visage sans que j’en prenne conscience : un de mes sourcils se leva étrangement haut, soulignant mon étonnement.

Je la fixais quelques secondes encore, analysant maintenant l’ensemble de son visage. Du moins j’essayais. J'abandonna tout aussi rapidement que j’avais commencé. Les gens seraient toujours un mystère pour moi, pour ma plus grande frustration. Je savais cependant que je m’en remettrais.
L’observant baisser sa tête pour regarder un carnet que je n’avais pas remarqué auparavant, je me posais la question quand à la signification de sa phrase.

*Rien ne s’est passé…*. Je jetais un rapide regard au lac avant de le focaliser à nouveau sur elle. Elle s’était débarrassé de la plume pour le Calmar ! Tout mon agacement fut remplasser par de l’émerveillement.
Un sentiment inconnu me traversa alors, semblant emplir mon coeur et faire briller mes yeux. Bien plus tard, en y repensant, je saurais que c’était de la reconnaissance. Mais pour le moment je ne le savais pas, et éprouver un sentiment agréable envers une autre personne que moi-même ou ma famille était une chose finalement pas si mauvaise que cela. Je secouais la tête pour me départir de ces choses qui m’étaient inhabituelles.


Le Calmar était en train de jouer paresseusement avec sa plume, et je me sentais heureuse en constatant cela. Un sourire naturel se dessina sur mes lèvres, et je décidais de le dédier à Diafora en la regardant. Elle avait la tête baissé sur son carnet. Frustrée qu’elle ne voit pas ces efforts, je l’interpellais, refusant que ma tentative s’envole, inutile et inconnue de tous :

-Parleras-tu du Calmar ?
demandais-je en montrant le carnet d’un signe du menton.

L’idée même de la remercier à vive voix ne me traversa pas l’esprit. Je me détournais d’elle pour regarder le Calmar. Il était le seul à tant attirer mon regard. Je le trouvais presque chanceux.

Moi

Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

Avant de jeter sa plume à l'eau, la petite rouquine avait cru voir un regard mauvais et irrespectueux posé sur elle, du meme regard elle l'avait renvoyé un instant avant de se concentrer sur ce qu'elle était en train de faire.
Maintenant, son carnet tenant entre ses doigts trempées allait bientôt l’être à son tour. Bien que, cela importe peu puis-ce-que celui ci était déjà tout gondolé et froissé par le temps et le soin précaire que la jeune Diafora usait à l'encontre de celui-ci.
Elle jeta un regard vif sans que sa camarade s'en aperçu à Aelle, juste pour voir son visage comme avant. Elle le vit même en colère et elle-même se mordit les joues (oui, c'est étrange mais c'est possible) elle meme énervée que la Poufsouffle n'ai pas remarqué son effort.

" Je n'aurai du rien dire ou faire..." Pensa-t-elle avec rancœur.
En effet, Gwen toujours penchée sur son carnet n'avait pas remarqué une chose, le fait que Aelle soit trempée. En relevant la tete une seconde fois pour montrer à celle-ci son mécontentement, elle remarqua des mèches mouillées barrant son visage et dévisagea avec étonnement les vêtement tout aussi trempés que les siens de Bristyle.
Car trop occupée par ses pensées elle n'avaient ni vu la Poufsouffle plonger ni vu remonter ni quoi que ce soit d'autre. La petite rouquine était en train de l'examiner comme pour essayer de se souvenir de comment celle-ci avait fait pour se tremper ainsi. Cette manie de se couper de la réalité était parfois agaçante !


"- J'avais pas vu, désolé enfin merci…"
Marmonna la jeune Serpentard de façon indistincte à l'adresse de la Poufsouffle.

Elle comprenait à présent la réaction de sa camarade et eu une sourire piteux comme pour s'excuser. Puis sa tête se tournant de nouveau vers le lac, elle constata sans surprise que le Calmar avait repris la plume et jouait avec. Elle se tourna vers sa camarade pour constater que le visage de celle-ci était bien plus rayonnant et qu'elle lui adressait un sourire que la jeune Vert et Argent rendit avec hésitation.

-Parleras-tu du Calmar ?


La Serpentard prit un temps à comprendre que on parlait de son carnet. Du calmar ? Elle avait déjà écrit deux pages entières à son sujet dans sa Salle-Commune. Peut-être… Peu de temps avant elle se serait jurer que non elle ne parlerait pas de ça. Cela dans sa relecture lui aurait rappeler, sa façon idiote de tomber à l'eau. Mais à présent, tout était si différent…


- Du Calmar et de notre baignade…


Dit-elle avec un sourire se dessinant sur son visage pale.

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- Du Calmar et de notre baignade… Me répondit-elle, me surprenant une nouvelle fois avec son sourire.

Mon sourire sembla l'atteindre, car le sien était tout sauf naturel. Quoi que celui-ci l'était si on pensait à sa nature même, bien loin de ces grimaces factices qu'elle m'adressait lors de notre rencontre dans ce couloir isolé. Y repensant, je me rappelais que le Lac était visible de l'endroit où nous étions alors. Mon regard fouillait la façade de l'antique bâtiment, essayant vainement de retrouver cette fenêtre à laquelle je m'étais accoudé, cet endroit duquel j'avais pu observer le Calmar. Il avait eu cet habituel effet apaisant, ce jour là. J'avais pu me concentrer sur celui-ci et oublier la frustration qui s'installait dans mon esprit lors de chacune de mes conversations à Poudlard.

Une pensée éclata alors dans mon esprit, m'éloignant de la phrase qui se constituait doucement dans le but de répondre à la rousse. Elle s'évapora entièrement pour ne laisser qu'une chose dans mes pensées, qui étaient pour une fois depuis longtemps claires et limpides. Comment n'avais-je pas pu y penser auparavant ? *Je fais une bien piètre sorcière !*.
Je m'accrochais à ce nouvel objectif avec la force d'une forcené qui se savait sauvé, m'y agrippant de toute mes forces, de toute mon énergie. Je pouvais enfin me sortir de cet abyssal Rien dans lequel m'avait laissé Charlie quelque temps auparavant : je voyais la surface. Cela ne durerait pas longtemps, mais pour le moment je me jetais à corps perdu dedans.

J'enlevais mon épaisse cape et la jetais à terre, me souciant peu de la salir. Je me défis également de mon gros pull, de mes chaussures et de mes chaussettes. M'accroupissant près du tas de vêtement dégoulinant, je les étalais un à un sur le sol dans une lenteur calculé. La cape, le pull, les chaussettes et les chaussures. Tout y était. J'étais tellement prise dans mon étrange rituel, que je ne sentais pas le vent frais fouetter mes pieds et mes bras mis à nu. Je me sentais l'âme d'une Grande Sorcière, accomplissant un quelconque sombre rituel qui ferait frisonner le Monde dans so...
Je tâtonnais mon vêtement mouillé, à la recherche de ma baguette. Le bout de bois gisait dans l'une des manches, à sa place habituelle. Accroupis sur mes pieds douloureux, je fixais le premier vêtement avec un sérieux déroutant : je me concentrais. Brandissant ma baguette d'une façon que je croyais expérimenté, je prononçais ma formule distinctivement :


-Impervius.

Créant un effet flottant dans l'air, l'humidité s'échappa de ma cape sous l'effet de mon sortilège. Prise d'une excitation soudaine, je laissais tomber ma baguette pour me saisir de mon habit, les yeux brillant. Il n'était pas totalement sec, mais n'était plus aussi humide et froid qu'auparavant ! J'avais réussi ce sortilège. Je l'avais réussi alors que je n'avais que la théorie en tête, j'avais juste aperçu Miss Almeida l'effectuer en début d'année, et bien sur mes parents l'utilisaient souvent, mais je ne l'avais jamais utilisé moi même, il s'était imposé dans mon esprit soudainement, comme si Merlin même me l'avait envoyé ! Mon excitation fit disparaître ma concentration aussi facilement qu'un "evanesco" l'aurait fait avec une potion.

Victorieuse, je laisser échapper un petit ricanement fier qui se termina en étranglement lorsque mes yeux, s'exaltant eux aussi de ma réussite, tombèrent bien grès mal grès sur une jeune Serpentard... Diafora ! Je l'avais oublié ! Je cessa tout mouvement en rougissant, honteuse de mettre ainsi laissé aller... Ou peut-être que je m'en voulais de l'avoir ainsi mise à part ?
Elle m'avait parlé... Mais je ne me souvenais pas de ses mots... Mordillant ma lèvre inférieure, toujours euphorique après ma belle Découverte, je lui lançais un petit regard en récupérant ma baguette.

-Ce serait plus agréable de ne plus crouler sous nos habits humides... La gestuelle est facile, lui dis-je en lui montrant rapidement.

Je ne savais pas réellement pourquoi je lui disais cela, mais ce qui était fait était fait. Elle devait sûrement aussi avoir froid, il m'avait semblé la voir frissonner tout à l'heure. Pas que je souhaitais lui apporter mon aide, elle pouvait le faire seule, mais je ne voulais pas être la seule à retrouver un semblant de chaleur. Et puis la Recherche n'était pas faite pour rester enfermé dans un coffre scellé : il fallait la partager !

Moi

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-Impervius.

A l'instant où la Poufsouffle prononça la formule la petite devina que cette formule avait un rapport avec ses vêtements tout aussi trempés que ceux de la jeune Diafora et se maudit. Elle se sentait honteuse de voir Aelle le faire avant que elle l'ai fait. C'était comme pour montrer que celle-ci était une meilleure sorcière qu'elle. Oh ! Évidemment, même si Bristyle lui avait laissé le temps de faire le tour de la terre sur le dos d'un escargot (métaphore superbe j'en conviens), Gwen n'aurait jamais lancé ce sortilège puis-ce qu'elle l'ignorait jusqu'à maintenant. Des yeux, elle regarda l'habit à présent. Il paraissait bien moins humide et elle ne put s’empêcher de jeter un regard d'admiration à sa camarade. Si le monde magique la fascinait, il suffisait d’effectuer un sortilège quel qu'il soit devant elle pour qu'elle vous admire. Sa bouche en ovale se ferma aussitôt pour prendre une expression dédaigneuse quand elle aperçue du ridicule de son comportement.


- Ce serait plus agréable de ne plus crouler sous nos habits humides... La gestuelle est facile


Le teint de ses joues reprit la même teinte de honte que quand elle était sortit du lac et la jeune rouquine dévisagea sa camarade avec un air hautain et sévère comme pour dire, "je le sais parfaitement inutile de m'expliquer". Si elle avait encore eu six ans elle aurait aussi tiré la langue et ça aurait fait un bel effet ! Son visage plus détendue et plus elle-même avait disparu et sans un regard pour sa camarade, elle ôta à son tour sa cape, ses chaussettes et chaussures et les posa soigneusement dans l'herbe, les défroissant et les étalant comme si elle s’apprêtait à les repasser. Il fallait que elle réussisse le sortilège, ne serais-ce que pour s'éviter une nouvelle honte. Il fallait qu'elle réussisse son sortilège, heureusement ses yeux avaient été fixés sur ce qu'avait fait Aelle, tout le long, ce serait facile à retenir, posant sa baguette ayant un air solennelle la rendant presque ridicule elle lança le sortilège à son tour avec concentration.

Le sortilège n'avait pas marché, enfin à moitié, ses habits paraissaient bien plus secs et presque plus trempées pourtant en les touchant la petite Gwen se rendit compte qu'il l'était comme avant. Ne voulant pas ravaler sa fierté elle afficha un sourire à la Poufsouffle en hochant la tete avec vigueur comme pour approuver ses paroles.


"- Et voilà, c'est réussi !

Puis elle revêtit ses vêtements s’empêchant de frissonner à nouveau. Au moins, ainsi elle pouvait retourner à Poudlard, personne ne s’apercevait qu'elle était tombée dans le lac, enfin, si on omet ses cheveux encore dégoulinants.

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Je laissais retomber mon bras contre mon corps en voyant le regard que darda la rousse sur moi. Un regard noir et fermé, ce que je ne compris absolument pas. Peut-être aurait-elle voulu que je lui lance le sortilège moi-même ? Elle devait pourtant en être capable, nous étions toutes deux en première année. Je triturais un instant ma baguette, songeuse. Je craignais l'avoir blessé, je craignais aussi qu'elle ai une réaction qui m'énerverait. Je soufflais doucement. *C'est pas mon problème, c'était par pure gentillesse*.

Le frisson qui me remonta le long de la colonne vertébrale me rappela soudainement que je me trouvais toujours pied nu. Je m’attela donc à sécher le reste de mes affaires afin de pouvoir me rhabiller. A côté de moi, Diafora sembla hésiter un instant puis commença à son tour à se défaire de ses vêtements. Je ne retenais pas le léger sourire qui apparu sur mon visage. Je gardais tout de même la tête baissé sur mes vêtements. Je faisais semblant de ne pas voir ce que l'autre faisait, mais en fait, je surveillais tout ses gestes. Je regardais comment elle se débrouillait. J'espérais qu'elle réussisse à lancer son sortilège. Je n'avais pas envie de devoir lui expliquer, je n'avais jamais montré de talent pour apprendre des choses aux autres. Moins encore lorsque c'était des choses qui étaient claires pour moi. J'apprenais quelque chose, ça s'imprimait dans mon esprit, puis je parvenais à le ressortir pour l'effectuer, mais pas pour l'expliquer. J'observais donc la verte et argent avec attention.

Elle étalait ses affaires une à une sur le sol boueux, semblant tout comme moi, ne pas se soucier de salir ses vêtements si cela lui permettait de ne plus avoir froid. Elle effectua les mêmes gestes que moi avec une telle précision, que je m'étonnais qu'elle ne l'ai pas fait elle même auparavant. Peut-être qu'elle n'y avait pas pensé. Son habit sembla soudainement plus sec. Je m'arrêtais de lancer mes sortilèges pour la regarder : elle attrapa ses affaires, ne perdant pas de sa concentration. Ce faisant, je m'aperçu que le vêtement semblait ne pas avoir perdu la lourdeur que lui conférait l'humidité. Un vague sentiment de gêne commença doucement à s'installer dans mon cœur. Un sentiment de honte que je ne devrais pas ressentir, mais que la situation dans laquelle était Diafora me partagea. Elle n'avait pas réussi et cela me gênait grandement, je ne savais pas comment réagir. Je cessais tout mes gestes pour tripoter ma baguette magique d'un air nerveux. J'attendais sa réaction, mais elle se contenta d'hocher la tête vers moi vigoureusement, comme pour approuver mes dire en enfilant ses habits.

-Et voilà, c'est réussi ! Me dit-elle avec un sourire qui me laissa pantoise.

Je la regardais franchement, ne saisissant pas son comportement. Elle s'était rassise à sa place, et agissait à présent comme si tout s'était passé comme cela aurait du se passer. Alors que...

-Mh, Diafora, tes vêtements ne sont pas sec.

J'avais parlé d'une voix unie, sans moquerie ni rien, sans colère même, sans gêne. Je m'étais senti obligé de précisé ce fait. Ignorant ainsi l'échec de son sortilège, elle risquait de prendre froid. Plus encore si elle pensait être au chaud. Les mots s'étaient donc formés d'eux même pour affirmer une chose évidente, je ne pouvais laisser les choses ainsi. Pour moi, c'était comme laisser une personne penser que le vulgaire morceau de bois qui se trouvait devant lui était une branche, non, c'était un Botruc, par Merlin ! Les choses devaient être ce qu'elles étaient.
Je me rhabillais rapidement avec mes vêtements désormais sec. Je rangeais ma baguette à sa place, puis je soupirais doucement. Maintenant que nous avions fini cela, je craignais que le silence ne s'étire et nous embarque dans une de ses danses tendues. Sans le bruit de ma camarade ou le Calmar pour me permettre de m'échapper, mes pensées risquaient à nouveaux de m'alpaguer. Il était étrange de voir que finalement, les autres pouvaient m'apporter un léger réconfort : ils m'angoissaient, en cela je pouvais éloigner mes pensées de leur préoccupations.

Je me laissais tomber à terre en ignorant la boule qui se formait dans ma gorge. Je voyais à nouveau des événements qui auraient du être réjouissants ou nostalgiques, mais qui n'étaient que douleur et colère.
Le ciel s'offrit à moi de toute la puissance de ses couleurs. Le bleu clair que permettait la saison actuelle s'ouvrait peu à peu aux teintes plus sombres de la fin de journée.
*Il n'est pas tard pourtant...*. Je me rappelais alors qu'en hiver les jours étaient plus court. Je m'accrochais à ses pensées pour ne pas laisser mon esprit divaguer, je m'y accrochais de toute la force de mon esprit, parce que je refusais de lâcher.

Moi

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-Mh, Diafora, tes vêtements ne sont pas sec.

Gwenaëlle ne bougea plus, perdit son sourire forcé, et ses habits mouillées ne le semblaient même plus. Elle fixait devant avec un air à faire peur, comme pétrifiée.

"Ridicule, tu es parfaitement ridicule" Se répéta-t-elle en boucle dans sa tête sans mot dire, sans manifester la moindre réaction où se tourner vers Aelle. La jeune rouquine regardait un point fixe du lac noir, prit au hasard dans l'immensité de l'eau sombre et à force de le fixer sans ciller, ses yeux gris pale commençaient à être vitreux. Elle battit les paupières, une fois, deux fois, trois fois. Puis se passa sa main sur son visage comme pour l'essuyer d'une tache imaginaire. Elle replia ses genoux de nouveau sur elle même et pencha sa tête contre, comme un enfant se repliant pour pleurer. Oh évidemment ce n'était pas ce qu'elle faisait, elle ne pensait plus à rien. Et étrangement, elle n'avait plus froid.
Si, ils sont secs. Elle voulait dire ça, ces mots brûlaient à ses lèvres, palpitaient dans sa gorge, une envie irrésistible qu'une fierté trop grande l'emporte. De toute façon, sa fierté ne l'avait-elle pas toujours emporté ? Elle ne se souciait jamais des autres, elle fut surprise de se rendre compte à quelle point elle n'avait jamais prit la peine d'essayer de les connaître. Une boule se créa dans sa gorge. Ironie du sort, s'était ce jour de grande honte qu'elle prenait enfin conscience ou du moins une part d'elle comprenait à quel point son comportement pouvait être peu sympathique pour les autres. Mais après tout, qu'est ce que ça lui faisait comment il la trouvait. Au moins elle restait elle même…

" Justement non" Reprit une voix fluette dans son esprit lui donnant un rappel immédiat à la situation qu'elle s'était elle-même crée. Et qu'elle s'était créée dans le soucis de ce que l'on pouvait penser d'elle.

"- Je n'ai pas froid"


Rien, c'est ce qui traversa l'esprit de la fillette aux yeux gris froid quand elle eu dit cela. La réponse pouvait paraître aussi stupide que bornée mais c'était vrais pourtant, elle n'avait pas froid ou du moins plus froid.
Un tilt, se fit dans son esprit à moitié embrumé, elle n'avait pas froid… Le sort avait réussit ! Un peu en retard, certes mais il avait réussit, et elle avait prit une bonne minute avant de s'en apercevoir.
Savoir que son sort avait au final réussit ne fit rien à la rouquine, pas un sentiment de triomphe ni rien.
Elle saisit son carnet avec une façon robotisée qui rendait ce fait étrange. Elle regarda son carnet, le lac, le château, son carnet, puis le sac tout près d'elle. Elle mit sa main dans le sac, et en sortit un crayon, un crayon moldu de tout ce qui a de plus banal hormis le fait qu'il soit un peu mordillé sur le bout. Gwenaëlle fit alors une chose qu'elle n'avait jamais faite : elle commença à dessiner. Si elle n'avait jamais dessiné auparavant c'est par ce que sa mère dessinait. Raison idiote j'en conviens, mais la petite s'était promis de ne jamais faire comme elle. Ses rares dessins elle les tenaient du cours d'art plastique à l'école primaire et de ses dessins de tout petit enfant. Elle avait la main légèrement tremblante quand elle traça le premier trais, le deuxième et le troisième trais. Elle traça, s'arrêta, regarda, en oubliant la présence de la Bristyle. Quelques minutes passèrent et une autre que Gwen aurait été surprise que la Poufsouffle ne l'ait pas coupé. Mais la jeune Serpentard était comme coupée du monde. Quand elle eu fini, on voyait distinctement le lac, le château et… une tentacule jouant avec une plume.
La Vert et Argent, regardant son dessin et s'apercevant de sa réussite eu une réaction anormale une exclamation de dédains. Le même style que sa mère, à quelques détails près. Mais ce qui l'agaça le plus c'est quand elle vit que Aelle avait vu son dessin et elle se retourna la dévisageant avec un regard des plus mauvais.

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Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

*Diafora ne m'a pas répondu*, pensais-je en regardant un nuage dériver dans le ciel en se disloquant peu à peu. Le vent créait des mouvements dans son aspect cotonneux, et je m'amusais à lui trouver des formes au rythme de son morcellement. Là, un écureuil, maintenant un loup.
A mes côtés, je senti plus que je ne vis la Serpentard ramener ses jambes contre elle. Elle devait sûrement avoir froid. Je ne reviendrais pas sur mon choix de ne pas lui venir en aide, je n'étais pas sûre qu'elle l'accepte, et elle n'avait pas l'air d'en avoir besoin. Si c'est le cas, elle me le demanderait, une personne qui a besoin d'aide la demande, n'est-ce pas ?


La voix lointaine de Diafora m'entoura toute entière. Ainsi donc elle n'avait pas froid ? Je ne bougeais, j'avais réussi à tenir la réalité loin de moi, je ne souhaitais pas m'y replonger, pas maintenant, j'avais juste besoin de quelques instants de répit. Je me contentais donc d'un petit sourire, afin de lui montrer que sa réponse me convenait. Le silence repris son droit après l'intervention de la rousse et je m'y enfonçai avec le sentiment de retrouver un vieux camarade. A la maison, le silence n'était que peu présent. Si mes grands-frères n'habitaient plus à la maison, ils venaient tout de même régulièrement. Tout ce beau monde n'était certainement du genre à passer des moments silencieux, c'était tout le contraire. J'avais toujours aimé le silence, je pouvais ainsi réfléchir en paix, lire, ou même préparer ma prochaine découverte. A Poudlard, j'avais compris que trop de silence me faisait détester le silence.

Je soupirais en ramenant mes bras derrière la tête. Finalement, j'avais eu raison de venir me promener. Si ma rencontre avec Diafora n'était pas prévu, elle ne me dérangeait pas tant que cela. La jeune rousse avait le mérite de m'avoir détourné de mes sombres pensées pendant quelques instants. Je me rendais compte que depuis les Sous-sols, je n'avais parlé à personne, ni répondu aux lettres de mes parents. Diafora était ma première conversation depuis un long moment, et elle avait l'honneur de me faire prendre conscience d'une chose : ces quelques minutes en sa présence étaient les premières où je me sentais apaisé.
J'avais ressenti le besoin de me couper du monde, m'isoler pour me retrouver. Ce fait était étrange : vouloir être seule dans l'objectif de se retrouver, donc de ne plus être seule. Le concept m'était étrange. Je me surpris à dériver sans forcer sur ce sujet, éloignant ma conscience de cette réalité où mon corps semblait être veillé par la jeune verte et argent.

Un grattement me ramena au présent. J'avais, semble-t-il, fermé les yeux à un certain moment. Je ramenais une main devant mes yeux pour me cacher du soleil de la fin de journée. Ébloui, je pris appuie sur mon coude pour cherchais l'origine du bruit.
*C'est peut-être un niffleur !*, cette pensée excita ma curiosité. Pourtant, devant moi se trouvait le lac, toujours aussi calme depuis que le Calmar était parti avec son trésor, au-dessus régnait les montagnes froides et...
Juste à mes côtés, pas loin de moi, Diafora. Je remarquais que ses cheveux était plus sec que lorsque je m'étais allongé.
*J'ai du rester un moment à penser...*. La jeune rousse tenait son carnet sur les genoux d'une main, et de l'autre un vieux crayon qui bougeait en tout sens, laissant des traces sur le papier. Je m'approchais de quelques centimètres, curieuse. Le nom de "trace" dont j'avais affublé ce que créait Diafora était une insulte. C'était bel et bien un dessin. Les traits harmonieux représentaient le lac et le château. La main de la Serpentard ne me permettait pas de voir le reste, mais je me contentais de cela.
Je restais sans bouger, mes yeux écarquillés observant la main de Diafora qui dansait sur le papier. Je me demandais ce qui faisait la différence entre une personne ayant le talent de dessiner, et une autre ne sachant pas faire. Était-ce une question de poignet ? Ou de la façon dont on voyait le monde ? Une exclamation de surprise s'échappa de ma camarade. Je lui lançais un regard à la dérobé avant de revenir sur son dessin. J'essayais de trouver comment elle avait bien pu donner cette brillance au lac avec un simple crayon. Puisqu'elle avait déplacé son bras, j'eu la surprise de découvrir une esquisse parfaite de la tentacule du Calmar avec sa plume. J'était impressionné.


Je levais les yeux pour regarder la rousse. Je me pris son regard noir de plein fouet. Je m'éloignais pour retrouver ma place, rougissant légèrement en me rendant compte que je m'étais penché vers elle. *Pourquoi elle me regarde comme ça ?*. D'un comportement enfantin, je la fixais alors de la même manière. Je n'aimais pas spécialement être pris en joug par de tels yeux. Le gris de ces derniers étaient clairement insoutenables, mais je ne détournais pas mon regard. Je voulais comprendre, pour une fois Merlin, pourquoi elle réagissait ainsi. Je me repassais mon comportement en tête, persuadé de ne rien avoir fait pour mériter sa colère. Elle n'aimait peut-être pas être approché de trop près... Inconsciemment, je me décalais mon corps de quelques centimètres.

-J'ai fait quoi, cette fois-ci ?
Lui lançais-je sans réfléchir, d'une voix réellement intéressé.

Je la regardais avec intérêt, je voulais réussir à faire un lien, n'importe lequel, entre ce regard noir et la raison qu'elle me donnerait. Pour attendre sa réponse et me soustraire à ces orbes grises si particulière, je regardais à nouveau son dessin. Je repérais des détails que je n'avais pas vu. J'essayais de faire le lien entre le paysage et l'esquisse, m'amusant à chercher une erreur mais je n'en voyais pas de particulière. Je fronçais les sourcils, ne comprenant pas comment elle pouvait passer d'une telle vue en relief, à un tel dessin...

-Comment tu fais ça ? Je lui désignais le dessin du menton.

Je voulais comprendre. Il devait y avoir une explication. Je ne dessinais que peu dans mon enfance, et personne ne m'avait jamais parlé de dessin. Mes parents me montraient des illusions pour m'endormir, me racontant ainsi des histoires fabuleuses. Je la fixais à nouveau, essayant d'accrocher son regard.

Moi

Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

-J'ai fait quoi, cette fois-ci ?

Gwenaëlle leva les yeux au ciel, son regard énervé faisant place à de l'amusement mais elle prit quand même soin d'éloigner son dessin de la vu de la Bristyle. Oh et puis non ! De toute façon celle-ci devait la prendre pour une folle pour changer si rapidement d'humeur et de vouloir cacher à tout pris un dessin des plus normaux. Après tout étais-ce si grave que celui-ci ressemble à ceux de sa mère ? Et si c'était ceux de sa mère qui ressemblaient au siens, quoi que ce soit ça ou l'inverse cela lui donnait juste une ressemblance avec sa mère qu'elle détestait. Sa mère qui terminait ironiquement toutes ses lettres par "avec la même affection que ce que tu porte pour nous", sa mère qui la détestait par ce qu'elle était une sorcière ou... pourquoi au juste ?
En plissant le front, la petite rouquine tenta de chasser ces mauvaises pensées.


-Comment tu fais ça ?

Aelle avait l'air presque fascinée par son dessin et la petite rougit légèrement, agitant sa feuille dans une main comme si elle hésitait quoi faire avec. Puis elle s'arréta posa la feuille devant elle et la regarda avec des yeux d'examinateur
Il fallait que la jeune fillette le regarde attentivement et le comparer avec le vrais Poudlard celui devant elle. En dehors du fait que ce n'était pas en couleurs la petite s'apperçu que son dessin était loin d’être parfait, les petites tours étaient un peu trop grande, des détails de la sorte de falaise qui partait du château pour aller vers le lac manquants et son lac peut être paraissait il un peu sombre. Voir son dessin imparfait rassura la gamine un instant.

" Mais, elle devait avoir aussi des imperfections dans ses dessins..." Pensa avec une grande amertume la jeune Diafora qui même en pensées refusaient de dire le nom de sa mère ou simplement de penser "maman" ou "ma mère"
Elle tenta de corriger les rares imperfections de son croquis/dessins, mais son regard n'étaient plus aussi serein qu'avant elle n'y arrivait plus et avec rage arracha la feuille du carnet, la froissa entre ses mains avant de la mettre dans une poche de son sac.
C'est seulement quand son regard croisa celui de Bristyle que Gwenaëlle se souvint de sa présence, son air en colère se fit tout d'abord hésitant et gêné et elle se mordit les lèvres avant que elle reprenne un regard des plus durs répondant à sa camarade dans un murmure rauque.


- Grâce à ma mère...

Tout de suite après avoir parlé elle s'en voulu, qu'est ce qui lui prenait de commencer à parler d'elle. En effet la jeune Serpentard ne l'avait encore jamais fait et personne ne lui avait vraiment posé cette question, ce qui était tout à fait normal puis-ce qu'elle n'avait jamais dessiné. Mais oui c'était sans doute "grace" à sa mère qu'elle arrivait à faire ça, elle l'avait observée tant de fois en cachette peindre, que les tracés lui étaient devenus familier.

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Incapable de m'en empêcher, je fixais une nouvelle fois le dessin de Diafora. Les traits étaient sublimes, créant à eux-seuls une magnifique esquisse du paysage nous faisant face. J'étais subjugué par ses talents. Je me demandais quand elle avait appris à faire cela. Il était évident que cela faisait des années qu'elle avait commencé. Sans la regarder, je devinais que la jeune rousse avait tourné son regard vers moi, mais je ne tournais pas ma tête vers elle. Il était certain qu’elle devait être en train de me perforer d’un quelconque regard noir. Je préférais attendre qu’elle m’explique, qu’elle réponde à mes questions. Dans l’immédiat, me disputer ne me permettra pas d’avoir ces réponses que je souhaitais tant avoir.

Le dessin s’agita sous mon regard, perturbant la concentration que j’avais mis dans l’analyse de la feuille. Perturbée, j’osais tourner mes yeux vers Diafora pour voir ce qui lui prenait de maltraiter ainsi son oeuvre d’art. Étonnement, la peau pâle de la jeune Verte et Argent était dorénavant aussi rouge que les lumières crépusculaires du ciel. Je ne pus retenir le sourire qui dansa sur mes lèvres à cette vu, trouvant comique la gêne de ma camarade. *Pourtant*, pensais-je, *avec un tel talent, elle doit être habitué aux compliments*. Je ne lui poserais pas de questions à ce propos, je me contentais tout simplement du fait qu’elle ne s’énerve pas après avoir entendu mes mots. Ses réactions étaient incompréhensibles, mais au moins elle me donnait l’occasion de lui demander plus de détails sur son art. C’était, après tout, une chose que je savais apprécier.
La jeune fille était en train d’observer son dessin avec un regard qui me parut être calculateur. Discrètement, je me rapprochais une seconde fois pour mettre mon regard à son niveau. Ainsi, j’espérais être en mesure d’apercevoir ce qui semblait tant la déranger dans son dessin. Dans cette position, je ne voyais pas d’autres choses. Je remarquais juste que la feuille de papier devenait légèrement plus transparente grâce à la lumière se réverbérant dans le lac. Qu’avait donc vu Diafora ?

Je ne le saurais jamais, mais elle avait semble-t-il trouvé, car elle se remit soudainement à rajouter quelques détails ci-et-là à l’aide de son crayon. Je reviens à ma place, sentant les prémisses de l’agacement monter dans mon coeur. Elle m’avait ignoré de la plus belle façon qu’il existait : en faisait comme si elle était occupé à autre chose. Ma conscience, dans son habitude à tout remettre en question, me dit :
*elle est réellement occupée…*, mais je ne le l’écoutais pas. Pour ne pas changer. J’étais prête à faire une réflexion digne d’Aelle Bristyle, mais Diafora fit une chose qui me choqua tant que je restais sans rien dire, la bouche déformée en un “o” étonnée.

La Serpentard, dans un geste que je trouvais très violent par rapport à la douceur de son art, avait arraché la feuille de son carnet, et l’avait roulé en boule. Je regardais ce sac dans laquelle elle avait abandonné feu son oeuvre d’art. Je ne comprenais pas. Mais qu’est-ce qui lui avait pris ?! Elle avait agi d’une telle manière qu’il me semblait faire face à un meurtrier sans foi ni loi et j’agissais exactement comme si je faisais face à ce genre de personne. Je refusais tout simplement son acte.
Alors, ignorant l’air gêné qui apparut sur son visage hanté par je ne sais quel souvenir, ignorant sa voix rendu roque par les émotions qui semblaient la travailler, je me penchais près d’elle pour récupérer dans son sac la boule de papier. Je me foutais de paraître irrespectueuse ou de violer son espace intime. Je ne souhaitais que sauver cette oeuvre. Un artiste ne devrait jamais être seul décisionnaire concernant l’avenir de ses oeuvres. Ils étaient tellement émotifs, ces gens, qu’ils ne pouvaient voir la beauté qui se trouvait dans chacune de leurs oeuvres, même si celles-ci leur semblaient imparfaites.

Je me levais souplement pour me dérober à une éventuelle tentative de la Serpentard pour récupérer son bien. Éloignée d’elle de quelques mètres, je m’abritais sous l’ombre des arbres, dans le dos de Diafora. Après être certaine que cette dernière ne pouvait plus m’empêcher de faire ce qui était prévu, je défroissais lentement le papier. J’agissais doucement, centimètres par centimètres, soucieuse de ne pas déchirer la feuille. Après ce qui me semblait être de longues minutes, je me retrouvais en face du beau dessin de ma camarade, que je trouvais toujours aussi précieux. Les veinures qu’avait créée le froissement ne gâchaient en rien la beauté du dessin. Au contraire, l’eau du lac paraissait dorénavant vivante, le ciel plus réel, le Calmar plus... Calmar. Je m’approchais donc de la fille et lui tendit son dessin avec réticence. Il ne m’appartenait pas.
Finalement, je reculais ma main pour me donner le temps de lui dire sur un ton de mise en garde :


-Ton dessin est très beau, Diafora, ne le gâche pas. Je souris ironiquement. Les artistes devraient pas pouvoir décider du futur de leur oeuvre.

Je lui permit enfin de récupérer son dessin, et je m’assis une nouvelle fois près du lac en surveillant qu’elle ne gâche pas une nouvelle fois son art. J’en profitais pour darder sur elle un regard plein de questions. Sa mère, avait-elle dit ? Cela ne me permettait pas de comprendre comment elle faisait pour réinscrire de cette manière un paysage sur une feuille…

-C’est ta mère qui t’a appris à dessiner ? Je lui demandais sur un ton curieux.

Je pensais alors que sa mère, elle me l’avait dit, était moldue. Elle lui aurait donc appris à faire ce dont elle était capable avec un crayon et une feuille, mais savait-elle que la magie permettait de faire vivre ses dessins ? Je me pris à espérer que oui, je souhaitais voir la tentacule qu’elle avait dessiné bouger, à défaut de ne pas avoir le vrai Calmar sous les yeux.

Moi

Plume au bord du lac  PV : Aelle Bristyle 

La jeune Diafora se retourna vivement avec un regard plein de surprise vers la Bristyle qui venait de saisir la feuille or de son sac. Elle l'observa sans bouger ni dire un mot mais pourtant avec la folle envie de hurler sur celle-ci en lui disant de lâcher sa feuille, et de se mêler de ce qui lui regardait. Elle avait envie de déverser un flot de méchancetés sur celle-ci mais son regard resta impassible, se contentant d'observer en silence l'action qu'entreprenait Aelle, à savoir défroisser sa feuille qu'elle avait abimée dans une pensée de rage.
Gwenaëlle soupira lentement, comme prenant une décision elle jeta simplement un regard aux alentours. Cette situation lui paraissait tellement plus ridicule encore que quand elle était tombée dans le lac il y a quelques minutes.
Il fallait qu'elle sorte de cette situation et vite, cela se répétait en boucle dans son esprit comme une urgence folle. Pourtant malgré toutes ses émotions qui la traversait elle ne bougeait pas. Si elle s'énervait encore elle ne ferait que s’empêtrer dix fois plus dans cette horrible situation. Il fallait laissé faire.
Elle saisit la feuille que lui tendait avec réticence la Poufsouffle et le fit avec une lenteur exagérée, son bras seul bougeant pour la prendre, ses yeux fixés dans ceux de sa camarade, ses doigts moites, elle en fut heureuse que personne ne pouvait vraiment s'en rendre compte.


-Ton dessin est très beau, Diafora, ne le gâche pas. Les artistes devraient pas pouvoir décider du futur de leur oeuvre.

N'ayant qu'à moitié écouté ce que lui disait Bristyle la petite se contenta de répondre au sourire ironique que lui affichait celle-ci par un autre tout aussi faut. Son dessin très beau ? Dans les musés ils en font des plus beaux, sa mère en faisait des plus beaux. Les "artistes" si encore il convenait de l'appeler comme ça avait parfaitement le droit de décider du futur de leurs sois disant "œuvres". Pour le prouver, la petite rouquine n'avait qu'une envie le froisser à nouveau ou même à présent le déchirer. Elle hocha pourtant la tete comme si elle était tout à fait d'accord avec les dernières paroles de la Poufsouffle.
Caressant son dessin des doigts, elle ne faisait plus rien, et n'avait pas envies de dire grand chose non plus. Peut-être devrait elle souhaiter le bonsoir à Aelle et s'en aller ? Se contenter de se taire était d'après elle la meilleures des idées. Tout le monde partait quand elle s'enfermait dans une carapace de silence et rien, rien quand elle le voulait ne pouvait la faire réagir. Si elle voulait elle pouvait rester des heures dans un silence à écouter les méchancetés et les phrases ironiques : elle le faisait assez souvent chez elle. Évidemment de la part de Bristyle elle ne subissait rien de tout cela, mais elle n'avait tout simplement pas envies, plus envies de continuer une quelconque conversation. Elle ferma les yeux, baissa la tete.


-C’est ta mère qui t’a appris à dessiner ?

Un rictus ironique barra le visage de la fillette aux yeux gris tandis que ses yeux étaient toujours fermés et sa tete toujours baissés si bien que elle doutait fortement que Aelle ai put le voir. De toute façon est-ce que cela lui importait vraiment ? Cela permettrait juste d'avoir plus de chance pour chasser celle-ci. Il fallait rester honnête mais tout en se contentant d'une réponse des plus courte. Une réponse courte qui ne puisse pas permettre à l'autre de poser plus de question. Alors deux choix de réponse s'offrait à elle. Le propre pour montrer son asociabilité. Voilà que elle se remettait à penser comme à l'école primaire, cela paraissait étrange mais d'une certaine façon ça lui avait manqué, ça lui semblait amusant à présent. Le faire ici... Le faire à Poudlard...

- Oui.


Dit d'une voix monocorde la tete toujours baissée la jeune Diafora qui avait simplement prit la peine de rouvrir les yeux et fixait l'herbe sans ciller.

Keep Calm And Go To Hogwarts
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