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 RPG+  Froide matinée de novembre  PV Phœbe 

Antony se baladait, en cette froide matinée, proche de lac. Il se souvenait, lors de sa première année et environ à la même époque de l'année, s'être déjà baigné dans le lac noir. Le lac était bien froid en cette époque de l'année et ça avait été justement le but. Antony avait voulu se tester, en quelque sorte se mettre à l'épreuve et se prouver à lui-même qu'il pouvait se baigner dans une eau si froide. C'était aussi en raison d'une moquerie d'un de ses camarades qui ne l'en avait pas cru capable. Il ne lui avait d'ailleurs jamais dit qu'il y était parvenu. Il aurait fallu tout raconter : l'attaque de Strangulot, le sauvetage d'Ysalyne, le Sombral. Ysalyne...

Mais aujourd'hui, Antony était venu se baigner pour se prouver une nouvelle fois qu'il était capable de se baigner dans une eau si froide, surtout qu'elle n'allait pas tarder à geler avec l'hiver qui arrivait. C'était le moment parfait. Antony ne voulait pas se laisser croire qu'il y a trois ans, il ne s'était baigné que sur un coup de tête d'enfant, mais bien sûr une conviction ! Et puis qui sait ? Cela pourrait devenir une tradition à force ? Le bain de novembre.

Il s'était donc préparé chaudement pour sortir, avec une serviette bien chaude pour se réchauffer et se sécher. De toute façon, accompagné de sa baguette, Antony doutait que sa serviette lui soit de grande utilité. Mais si, sous le froid, Antony ne parvenait à plus réfléchir, ou qui sait ce qu'il pourrait arriver, il aurait au moins la serviette qui remplacerait les sortilèges.

Il avait donc fourré celle-ci dans son sac en bandoulière et s'était glissé tôt hors du château, si tôt qu'il avait pris avec lui quelques pains de la veille à grignoter, bien qu'il serait quelque peu rassis. Existait-il un sortilège pour conserver le pain ? Sûrement. Antony ne le connaissait pas.

Il n'y avait pas beaucoup de vent ce jour-là, mais Antony redoutait déjà sa sortie de l'eau, lorsqu'il se rendrait compte que la moindre bise viendrait lui brûler la peau d'un froid mordant...
Il traversa la prairie, et franchie la colline, longeant la forêt interdite et arriva rapidement à la plage de galets.
Peut-être que des Sombrals l'observaient depuis la pénombre des bois ? Il en avait déjà aperçu sans pouvoir les voir, c'était Victoria Pidloux et Ambre Baxrendhel qui lui avaient signalé. Une autre fois, quelque chose d'invisible était venu se baigner, et Antony l'avait remarqué, non sans peur, car il n'en connaissait pas les réactions, grâce aux trous et éclaboussures dans l'eau.

Le Serpentard arrive rapidement, empruntant toujours le même chemin, aux rochers qui donnaient sur le lac, hauts de deux mètres au-dessus de l'eau et dont l'escalade n'était pas bien dure.
Il se déshabilla, laissant apparent le maillot de bain qu'il avait enfilé dans les dortoirs et avança sur les rochers. Prudent, il en descendit un qui n'était pas trop ardu et s'approcha suffisamment de l'eau pour en prendre la température du pied.

Le froid lui arracha un petit cri, retirant immédiatement son orteil de l'eau. Il n'allait cependant pas s'arrêter là.
Antony se redressa sur son caillou et prit une profondeur inspiration. L'eau sombre ne laissait rien transparaître. De combien pouvait-elle être profond ? Antony ne connaissait pas ce coin d'eau-ci. Peut-être n'aurait-il pas pied ? Il ne s'agissait pas de se couper sur une rocher tranchant.
Il reprit une autre inspiration. Cette fois-ci, c'était la bonne.
Antony avança un pied, puis l'autre, dans un soupir ravalé. Il évolua sur les quelques cailloux submergés, puis rapidement, il ne trouva plus de prise. Il n'avait plus pied.

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
Do not go gentle into that good night.

 RPG+  Froide matinée de novembre  PV Phœbe 

Un engrenage dans une machine bien trop huilée. Phœbe avait l’impression que c’était ce qu’elle incarnait dans cette école, mais elle aurait préféré être un grain de sable. Les jours s’enchaînaient sans qu’elle ait eu le temps de se rendre compte qu’elle les avait vécus et n’avait que de brefs instants de lucidité quand elle était présente et physiquement et intellectuellement en cours alors que des thèmes marquants étaient abordés.

L’adolescente observait souvent les profondeurs insondables du lac depuis la salle commune, et semblait le connaître que de l’extérieur, ce qui titillait sa curiosité et son envie d’y être. Tant de créatures avec lesquelles elle aurait aimé communiquer, tant de secrets qu’elle tenait à dévoiler. En réalité elle n’avait pas d’idée précise de ce qu’elle pourrait concrètement faire une fois le lac en face d’elle, mais éprouvait le besoin de remonter à la surface.

Le trajet la menant vers l’extérieur ne marqua pas ses sens habitués et perdant de leur acuité quand ils n’avaient pas besoin d’être sollicités. Ainsi, la jeune sorcière se retrouva confronté à l’air vif et sec de la saison automnale sans en être avertie par sa conscience et eut un léger frisson de surprise avant de s’accoutumer à la température. C’est une fille du froid, qui n’était absolument pas gênée par cette sensation que d’autres auraient qualifiée de mordante.

Le jour n’était pas totalement levé, et la petite Swan osait espérer ne pas faire de mauvaises rencontres, dans la mesure où bien peu de personnes n’appréciaient les réveils matinaux, elle devait faire exception. À moins que ce ne soit parce qu’elle n’avait pas dormi, tout simplement. Le fait était que l’étudiante se sentait de plus en plus alerte à chaque nouveau pas la faisant avancer et rapprochant d’elle la surface miroitante du lac.

L’eau présentait une teinte sombre, presque noire et complètement opaque qui conférait une atmosphère qui plaisait à la Serpentard, qui trouvait l’intéressant dans l’atypique et l’inédit. Trouver la tierce voie, l’échappatoire ou l’alternative originale était un trait qui pouvait la caractériser, ce qui pouvait expliquer son admiration devant certains phénomènes étonnants ou dissimulés. L’endroit donnait l’impression de vouloir cacher des mystères pour lui, ce qui le rendait attirant malgré sa dangerosité bien connue.

Phœbe s’approcha suffisamment de la bordure pour observer la surface aqueuse dans laquelle son visage se reflétait de façon déformée par les ondes. Quel mouvement sous maritime pouvait être à l’origine de ces répercutions visibles ? Du bout de sa baguette, l’élève verte et argent fit ondoyer le liquide, dans l’espoir de voir ce qu’il se passait, mais la lumière était insuffisante.

Se retournant dans l’espoir de trouver une aide dans son environnement, le regard de l’adolescente se figea sur une sacoche, qui ne lui était pas totalement inconnue. Un camarade de Serpentard ne se promenait jamais sans la porter à son côté. À quelques pas encore à côté se trouvait une serviette conservant la chaleur. Parcourant très rapidement son entourage, l’étudiante fut forcée de faire le constat inévitable. Antony Vendrale avait certainement plongé dans l’eau, ce qui en somme ne l’étonnait pas tant. Comment se faisait-il qu’il n’ait toujours pas émergé ?

L’apnée était une pratique pouvant expliquer un long séjour aquatique, mais autrement, Phœbe serait du genre à se poser des questions si quelqu’un restait aussi longtemps dans les profondeurs d’un lac, par un temps relativement frisquet.

La troisième année se rapprocha du lac et entra carrément une tête dans les eaux troubles, après avoir lancé un enchantement Têtenbulle dans l’espoir de voir le garçon qu’elle supposait être là afin de vérifier sa présence et sa situation critique ou contrôlée.

Le jeune homme ne semblait pas tout à fait contrôler ses mouvements et peinait à retrouver la surface ou une trajectoire de nage acceptable. L’adolescente tenta de tendre une main au cas où il aurait besoin d’un aide, éventuellement.

~ Si l'éclat des étoiles doublait, l'univers serait à jamais ténébreux~
Lâchée en 2029 dans ce Monde, Jetée en 2040 entre ces Murs de Pierre
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Aïe ! En glissant, Antony s'était apparemment coupé le pied. Ça ne devait pas être très profond mais tout de même, il le sentait très bien. Quelques bulles, s'échappèrent de sa bouche pour rejoindre la surface.

Il prit son pied dans ses mains, tandis qu'il s'enfonçait dans les eaux du lac. Ces mêmes eaux étaient bien trop noires pour qu'il parvienne à voir quoi que ce soit. Il ne put donc estimer l'étendue des dégâts au niveau de son pied. Il ne pouvait pas non plus distinguer le léger ruissellement de son sang qui courrait dans l'eau, un peu plus sombre que celle-ci.

Tant pis, il arrangerait ça en sortant de l'eau. Il lâcha donc son pied et regarda autour de lui. Derrière lui, les rochers plongeaient dans le lac, si profondément qu'il n'en voyait pas le fond. La plage, plus loin sur sa droite, devait avoir une pente bien plus douce mais il ne la voyait pas non plus. Elle ne devait pourtant pas être si loin.

Antony faisait de petits mouvements pour se maintenir ainsi la tête sous l'eau, sans plonger plus profondément. Néanmoins, maintenir sa respiration dans une si froide était de plus en plus difficile. Son corps commençait à se crisper et il se sentait haleter. Il gonflait et dégonflait peu à peu ses joues pour ressasser l'air de ses poumons, comme lui avait appris sa mère. Combien de temps allait - il tenir ? Il se posa le défi de tenir le plus longtemps possible, mais sa remontée à la surface ne saurait tarder.

Est-ce qu'aujourd'hui, comme quasiment à chaque fois qu'il se baignait, Antony allait - être attaqué par un Strangulot ?

Le jeune garçon regarda autour de lui alors que son besoin d'air se fit de plus en plus pressant.

Tout à coup, quelque chose entra dans l'eau derrière lui, le faisant sursauter et relâcher tout l'air de ses poumons. Un nuage de bulles remonta à la surface, qu'il ne tarda pas à suivre en se retourna. La dernière chose qu'il vit sous l'eau était un bras y pénétrer.

Lorsqu'il émergea enfin, dans un grand bruit d'inspiration, complètement essoufflé, il reconnut son grand monstre : Phœbe Swan, élève de troisième année à Serpentard. Une amie en somme.

Antony fut soulagé. Plus de peur que de mal.

Il se trouvait maintenant à quelques mètres du bord, nageant toujours tranquillement, seulement pour rester à la surface. Sa paire, quant à elle, se trouvait juste au bord de l'eau, sur les derniers cailloux, avant que ceux-ci ne se précipitent dans les eaux gelées du lac noir. Antony était frigorifié mais luta pour ne laisser rien transparaître.


"Hey Phœbe ! Comment ça va ? Qu'est-ce que tu fais réveillée à une heure si AHHHHH... AHHHHHHH. AH AH AH"


Quelque chose avait effleuré son pied ! Un Strangulot !
Tout en se débattant, Antony plongea sa tête son l'eau avant de n'apercevoir qu'une immense algue qui remontait d'on ne sait où. Antony ne l'avait pas vu plus tôt. Il sortit la tête de l'eau, rassuré mais embrassé :


"Hum... Pardon j'ai cru qu'il y avait... hum... un Strangulot. Mais c'était une algue... Hu... Plus de peur que de mal... hu"


Le garçon ne pouvait plus supporter le froid de l'eau. Dès que Phœbe aurait répondu à ses questions, il sortirait comme si de rien n'était.

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Un amas de bulles désordonnées brouillait complètement la vue de Phœbe, qui ne capta rien de plus précis que des mouvements désordonnés à une petite distance en profondeur. Une forme émergea alors remonta à la surface, alors que la petite sorcière en faisait autant. Chevelure blonde, yeux clairs, la petite Swan n’eut aucun mal à l’identifier, il s’agissait bien d’Antony Vendrale, comme elle l’avait supposé en voyant les affaires posées sur le rivage. L’adolescente n’avait rien suivi de ce qu’il s’était produit subaquatiquement, mais imaginait qu’en fin de compte il n’y avait pas lieu de s’inquiéter pour son camarade, qui paraissait plutôt en forme, l’eau fraîche avait de ce pouvoir revigorant.

Posé et tranquille, il salua la jeune Serpentard et s’apprêta à lui demander quelque chose quand il fut pris d’une sorte de sursaut de panique et l’étudiante le regarda se débattre, troublée devant ce spectacle. Le garçon replongea et la magicienne crut apercevoir une confrontation contre des sortes de filaments qui se balançaient doucement au rythme des remous. C’était une algue qui avait provoqué toute cette agitation. La sorcière verte et argent trouvait ce garçon… énergique. Il avait l’air de vouloir bientôt quitter l’étau froid qu’il s’était imposé.

À son tour Phœbe le salua, essayant de ne pas laisser voir que cette entrée en matière l’avait estomaquée et coupé la parole pour quelques secondes.

« Antony… Bon matin à toi aussi. Je n’ai pas trop dormi, réveil brusque au cœur de la nuit, j’ai fini par sortir prendre l’air. »

Elle avait jugé cela plus attirant comme perspective que de rester encore quelques heures dans les dortoirs, à ne rien faire de particulier. L’adolescente aurait pu lui retourner une interrogation, il se trouvait à faire une petite baignade dans cette mystérieuse étendue d’eau aux aurores. La petite Swan était en train d’envisager la possibilité selon laquelle elle venait d’interrompre un rituel matinal.

« J’espère que tu vas bien. C’est comme ça que tu te débarbouilles le matin ? »

Elle considérait poser légitimement cette question, compte tenu que la situation dans laquelle elle avait surprise son camarade n’était pas anodine et avait de quoi surprendre, voire prendre au dépourvu. La sorcière verte et argent ne s’attendait pas à avoir de la compagnie en ces lieux à cette heure, et il en allait certainement de même pour Antony.

Alors qu’elle n’avait plus besoin d’être aussi proche de l’eau, la Serpentard recula de quelques centimètres pour se sentir un peu moins sur une frontière instable. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle réalisa qu’elle s’était trempée et que ses vêtements pesaient à présent très lourds et gouttaient doucement du liquide dont ils s’étaient imbibés. Elle replia donc doucement ses manches pour éviter qu’elles pendent lamentablement sous le poids de l’eau.

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