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Le Jaune et le Vert  PV 

Quelques flocons de neige tombaient doucement dans le parc de Poudlard tandis que Lloyd marchait seul le long des serres de botanique. Étant de nature solitaire et n'ayant pas de véritable hobby constructif, il avait passé le début des vacances scolaires à chercher désespérément quelque chose à faire pour ne pas s'ennuyer. Il ne se mêlait que peu aux autres premières années, trop effrayé par la simple perspective d'un contact avec ses camarades, et il trouvait la plupart des livres de la bibliothèque trop compliqués pour lui. Il ne lui restait plus rien à faire, sinon trier sa collection de cartes Chocogrenouilles, nourrir son Boursouf ou se balader un peu partout dans le château, qui était suffisamment grand et rempli de mystères pour offrir des distractions pour toutes les vacances. Lloyd avait exploré les couloirs, contemplé les tapisseries et les tableaux, traîné dans la bibliothèque et la salle des trophées, et observé le paysage enneigé par les fenêtres du dortoir de Poufsouffle. Ce jour-là, il s'était longuement promené dans le parc, savourant le silence et la blancheur immaculée de la neige partout sur le sol et sur les arbres. Son errance l'avait conduit jusqu'aux serres de Botanique où il avait observé les drôles de plantes et les fleurs multicolores à travers les vitres gelées. Il avait l'intention de continuer sa promenade jusqu'au lac de Poudlard, lieu paisible où il pourrait contempler tranquillement le paysage.

Le Lac Noir portait bien mal son nom, puisqu'au milieu de tant de neige, il se contentait simplement de refléter paisiblement le ciel bleu. Autour de l'étendue d'eau, le jeune Poufsouffle constata que tout n'était qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Lloyd jeta un œil autour de lui, à la recherche d'un endroit tranquille, puis il vit un énorme chêne auprès duquel il pourrait s'asseoir. Une fois installé sous l'arbre vénérable et une fois vérifié qu'il ne s'agissait pas du Saule Cogneur (qu'il avait fait l'erreur de prendre pour un gros arbre mort plus tôt dans l'année), Lloyd contempla un moment le lac. Enfin un peu de calme, loin de ses condisciples bruyants qui faisaient exploser leurs pétards sorciers partout dans la salle commune.

Un moment passa, et Lloyd se rendit compte que contempler un lac pendant dix minutes était plus amusant pour les ichtyologistes et les philosophes orientaux que pour les premières années en quête de distractions. Et puis il faisait vraiment froid, et rester assis dans la neige n'était peut-être pas une très bonne idée. Jetant un coup d'œil à sa montre, Lloyd se dit qu'il allait sûrement se rendre vers la salle commune en quête d'un divertissement quelconque. Peut-être trouverait-il avec un peu de chance un élève qui voudrait bien faire une partie d'échecs ou de Bavboules avec lui, pensa-t-il en se levant.

C'est à ce moment qu'une boule de neige percuta son visage.

Lloyd resta d'abord hébété pendant cinq bonne secondes, se demandant ce qui lui était arrivé, ayant senti la collision d'un objet flasque et glacial qu'il s'était pris en pleine tête. Puis il eût un frisson d'horreur en sentant la neige désagréablement glaciale qui recouvrait son visage, et comprit qu'une personne aussi inattendue qu'inconnue venait de lui lancer une boule de neige.
Dernière modification par Lloyd Macmillan le 29 décembre 2017, 21 h 54, modifié 1 fois.

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

Le Jaune et le Vert  PV 

Owen était le parfait petit Serpentard. Son écharpe aux couleurs de sa maison lui remontait jusque sous son nez rougi par le froid, son bonnet vert et argent lui descendait sur les yeux et plaquait ses cheveux noirs mouillés par la neige sur son front et ses moufles vertes étaient trempées à force d’avoir ramassé de la neige. Il fonçait d’un bout à l’autre du parc, cherchant les meilleurs endroits – ceux où personne n’avaient encore marché, pour inaugurer la neige. De temps en temps, il s’arrêtait pour former une boule de neige, sortait sa baguette et la faisait léviter jusqu’à une cible toute désignée. Par esprit de camaraderie, il ne visait aucun Serpentard. En revanche, il ne se gênait pas pour envoyer de la neige au visage des autres.

Il se croyait dans un film d’action super intense. Il se planquait derrière un arbre pour se mettre à couvert, repérait l’ennemi et l’attaquait avant de se cacher à nouveau. Il allait d’arbre en arbre, courant le plus vite possible, et s’inventant une histoire d’attaque de trolls (tous les autres devenaient des trolls, dans son imaginaire). « Ne vous inquiétez pas, se disait-il, je gère la situation ! » et il filait à toute allure.

Son plaisir secret était d’attaquer les filles. Il adorait embêter les filles, même s’il ne savait pas trop pourquoi. Elles étaient l’ennemi numéro un, celles à qui il fallait absolument envoyer de la neige pour accomplir la mission. En revanche, l’inconvénient avec les filles, c’était qu’elles n’étaient pas du tout marrantes. Elles se vexaient et hurlaient qu’'il était vraiment stupide et partaient, toutes rouges, à l’autre bout du parc.

Owen était le parfait petit Serpentard, mais il était aussi le parfait petit garçon. Un vrai gamin. Dans la neige, il n’avait qu’une envie : jouer. Il y avait plein d’occasions d’être sérieux, mais la neige, c’était fait pour s’amuser. Sinon, on restait à l’intérieur et voilà.

Quand il vit ce garçon sous son arbre, Owen fut donc enchanté. C’était une cible facile. « J’ai repéré le troll endormi ! se dit-il. » Il forma une boule de neige entre ses moufles, la passa dans sa main gauche et saisit sa baguette de sa main droite. Il fit léviter la boule de neige et mit toute son énergie pour la faire accélérer, tout droit vers la tronche du bébé troll endormi.

La boule de neige lui arriva en plein dans le visage. Owen fit : « Ouais ! » en agitant les poings en signe de victoire et courut vers sa cible (neutralisée). Celle-ci ne réagissait pas vraiment. Elle n’était même pas en colère, pas comme les filles. Owen pointa sa baguette sur sa victime, haussa le menton et avec un air de triomphe, dit :

« Eh, alors, troll endormi, tu vas geler sur place si tu t’bouges pas un peu plus ! »

Il se pencha un peu en avant et ajouta :

« J’connais quelqu’un qui est mort à force de rester comme ça. Si tu veux tout savoir, il a d’abord perdu ses doigts, un par un, et ensuite, ben il est mort. Et maintenant, t’es là, à ma merci. »

Bien sûr, il ne connaissait personne dans ce cas, mais il avait déjà entendu l’histoire de quelqu’un qui avait perdu d’un doigt à cause du froid, alors c’était presque pareil.

Le Jaune et le Vert  PV 

Un peu hébété, Lloyd vit son agresseur inconnu s'approcher d'un air triomphant, sans aucun doute ravi de la réussite de son tir. C'était un garçon pas très grand, probablement en première année, et qui était sûrement à Serpentard, puisqu'il arborait fièrement les couleurs de la maison de Salazar. Owen Stein déplut instantanément à Lloyd. Était-ce ce regard arrogant qu'il jetait à ses camarades, était-ce ce manque de politesse qui suggérait un égocentrisme extrême ? Ou peut-être était-ce le fait qu'il avait jeté une boule de neige sur la tête de Lloyd sans raisons, et que, maintenant, satisfait de son coup, il pointait carrément sa baguette sur le Poufsouffle, le nez en l'air et le regard condescendant dans une attitude de supériorité presque menaçante ?

« Eh, alors, troll endormi, tu vas geler sur place si tu t’bouges pas un peu plus ! » dit le Serpentard en guise de salut.

Lloyd était extrêmement surpris. Des gens comme ça, qui avaient pour seul plaisir d'énerver ou de se moquer de leurs camarades, il en avait vu, évidemment, mais rares étaient ceux qui, après leurs moqueries ou leurs provocations, les continuaient : en principe, un type qui vous bouscule dans un couloir va prendre la fuite plutôt que de continuer à vous embêter. Mais ce garçon là, non seulement il pointait sa baguette sur Lloyd, mais il le traitait de "troll endormi" ! 

« J’connais quelqu’un qui est mort à force de rester comme ça. Si tu veux tout savoir, il a d’abord perdu ses doigts, un par un, et ensuite, ben il est mort. Et maintenant, t’es là, à ma merci. » ajouta le gamin.

Lloyd fixa le Serpentard sans savoir quoi faire, puis il se rendit compte qu'il avait encore le visage recouvert de neige. Il se frotta le nez avec frénésie afin d'ôter toute la glace qui le recouvrait avec un geste qui se voulait efficace et désinvolte (sans succès). Une fois la neige enlevée, il se demanda ce qu'il pouvait faire, réfléchissant à toute vitesse. Ce garçon avait un côté presque menaçant, à lui pointer sa baguette dessus, et à lui dire qu'il risquait de mourir de froid. En plus, cette histoire de doigts qui tombent à cause du froid lui semblait capillotractée. Il y avait assez peu de chances pour que ce Serpentard lui veuille vraiment du mal, mais si c'était le cas, ils étaient trop loin du château pour qu'un professeur ou un préfet intervienne. Mais la première chose que Lloyd avait à faire, c'était trouver une répartie. Et pas quelque chose du genre "c'est TOI le troll endormi, haha" ou "laisse moi tranquille". Ou alors, il pouvait fuir le plus vite possible, une option qu'il avait envisagé un court instant, mais qui serait peut-être un peu trop puérile. Dans tous les cas, il se devait de trouver une réplique cinglante.

« Ah oui ? » répondit finalement Lloyd, d'un ton qui se voulait plein d'assurance mais dans lequel on percevait une légère inquiétude, « À ta merci ? Qu'est-ce que je t'ai fait, exactement ? Et puis, t'es qui, d'abord ? »

En prononçant avec hésitation ces mots forts maladroitement choisis, Lloyd crut bon de sortir à son tour sa baguette, parfaitement conscient qu'elle lui serait probablement inutile étant donné qu'il était encore moins habile avec une baguette magique que la plupart des premières années. Lloyd aurait voulu faire preuve d'assurance, faire comprendre à ce garçon qu'il avait choisi la mauvaise cible, qu'il allait le regretter (le tout en lui lançant quelques maléfices surpuissants qui feraient fuir le garçon). Mais c'était faux, le Poufsouffle était une cible facile, il ne savait pas vraiment se défendre, et il n'avait aucune idée de la façon dont le Serpentard allait réagir.

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

Le Jaune et le Vert  PV 

Owen fut surpris de voir le garçon sortir à son tour sa baguette : il était visiblement moins impressionnant qu’il le voulait. Ils se faisaient face, sans trop savoir quoi faire, visiblement. Owen n’avait pas vraiment eu l’intention de lui jeter un sort… il ne se le disait pas comme ça, mais il avait peur de perdre s’il s’engageait dans une bagarre de sorciers. Autant rester dans la provoc.

« Tss… si tu crois que je vais te le dire ! Allez, pour cette fois… dit-il en rangeant sa baguette et avec l’air de quelqu’un de très compatissant. »

L’avantage avec ce garçon, c’est qu’il était aussi petit qu’Owen. Le Serpentard avait l’habitude d’être le plus petit des enfants de son âge et de se prendre des réflexions à ce propos. Il détestait ça mais quand c’était un immense garçon un peu fort qui lui disait, il ne pouvait que répondre dans sa barbe que rira bien qui rira le dernier.

« Imaginons, par exemple… que cette conversation finisse mal. Après tout, j’ai déjà brûlé un Moldu… »

Il en était toujours aussi fier et l’ajoutait comme une parenthèse à la moindre occasion.

« Si je te dis mon nom avant et que par malheur je décide de faire quelque chose de… déplaisant, alors tu pourras aller cafter. En revanche, si j’te le dis pas tout de suite, je me laisse la possibilité de faire plus de choses. Tu vois ce que je veux dire ? »

Il remua les mains comme si ses explications l’exigeaient.

« C’est logique, quand on y pense. Je pourrais même te dire un faux nom, le nom de quelqu’un de ma maison que j'aime pas, au cas où. Et maintenant que je t’ai dit ça, tu sauras plus si je te dis un vrai nom ou pas, si jamais je t'en dis un. »

Il haussa un peu le menton, visiblement content de lui.

« Tu vois, c’est simple. Enfin, je sais pas si c’est dans tes cordes… Ouais, parce qu’on s’est déjà vus en cours, alors si tu réfléchissais un peu, tu saurais qui j’suis, tout simplement. »

Le Jaune et le Vert  PV 

Sortir sa baguette était bien la bonne solution. Le Serpentard sembla surpris de voir Lloyd prêt à se défendre. De toute évidence, le garçon n'était pas si sûr de lui, puisqu'il hésita tout de suite en voyant la baguette du Poufsouffle. Il mit un moment à répondre à la question de Lloyd, puis finalement : « Tss… si tu crois que je vais te le dire ! Allez, pour cette fois… » continua-t-il en rangeant sa baguette, avec un ton qui se voulait miséricordieux, comme si il décidait d'épargner Lloyd.

La situation commençait à devenir un peu absurde. Ce type était venu après lui avoir lancé une boule de neige en plein visage et l'avait menacé avec sa baguette magique, puis maintenant il se mit à lui expliquer d'un air menaçant :

« Imaginons, par exemple… que cette conversation finisse mal. Après tout, j’ai déjà brûlé un Moldu… »

Brûlé un Moldu ? Lloyd ne savait quoi penser. D'un côté, c'était une affirmation qui semblait trop incroyable pour être un mensonge inventé au détour d'une phrase, mais c'était aussi une affirmation qui venait de quelqu'un qui, quelques instants plus tôt, lui avait dit qu'il connaissait une personne morte par chute de doigts. Quoi qu'il en soit, c'était assez effrayant. Il avait brûlé un Moldu, mais comment ? Est-ce qu'il lui avait juste infligé une légère brûlure accidentelle, en perdant le contrôle de sa magie ? Ou est-ce qu'il l'avait complètement incinéré, comme une bougie ? Lloyd frissonna rien qu'à y penser (et aussi à cause de la température négative, certes). Le Serpentard continua :

« Si je te dis mon nom avant et que par malheur je décide de faire quelque chose de… déplaisant, alors tu pourras aller cafter. En revanche, si j’te le dis pas tout de suite, je me laisse la possibilité de faire plus de choses. Tu vois ce que je veux dire ? »

Emporté dans un élan de loquacité passionnée, le garçon se mit à accompagner son discours démoniaque de divers gestes complexes des mains qui appuyaient ses propos méphistophéliques.

« C’est logique, quand on y pense. Je pourrais même te dire un faux nom, le nom de quelqu’un de ma maison que j'aime pas, au cas où. Et maintenant que je t’ai dit ça, tu sauras plus si je te dis un vrai nom ou pas, si jamais je t'en dis un. »

Il ponctua sa thèse par un nouveau regard méprisant et hautain qui se voulait menaçant, enfin, aussi menaçant que possible quand on essaie de regarder de haut quelqu'un qui fait la même taille. Lloyd ne savait pas vraiment quoi faire, quoi dire. Ce garçon avait raison, il pouvait juste lui donner un faux nom et lui faire n'importe quoi, il pouvait peut-être le "brûler" comme il avait brûlé ce Moldu, et personne n'en saurait rien. Le Poufsouffle ne savait vraiment pas quoi penser de ce type. Il y avait chez lui un mélange d'arrogance et de franche méchanceté qui intimidait beaucoup Lloyd, mais on sentait aussi que la majorité de ce qu'il disait était faite de mensonges et de provocations. Lloyd avait baissé sa baguette, mais il la gardait serrée dans sa main, dissimulée sous sa cape d'hiver.

« Tu vois, c’est simple. Enfin, je sais pas si c’est dans tes cordes… Ouais, parce qu’on s’est déjà vus en cours, alors si tu réfléchissais un peu, tu saurais qui j’suis, tout simplement. » conclut le Serpentard.

Lloyd n'y avait pas pensé, mais effectivement, si ce garçon était en première année, ce qui était très probable, ils avaient sans doute un ou deux cours en commun. Ce qui ne l'aidait pas vraiment à deviner l'identité du garçon, étant donné qu'il restait surtout avec ses camarades de Poufsouffle (ces derniers l'acceptaient parmi eux avec une sorte d'indifférence passive). Il voulut tout d'abord faire remarquer à ce garçon que justement, il ne savait pas qui il était, ce qui prouvait que le Serpentard n'était pas mémorable et donc complètement nul. Mais si il parvenait à se souvenir du garçon, ce serait encore mieux, puisque ce dernier ne pourrait rien lui faire sans risquer d'être dénoncé.

« Vraiment ? On s'est déjà vus en cours ? Oui, peut-être... » fit Lloyd d'un ton un peu hésitant. Il fouilla dans son esprit à la recherche du nom de ses camarades à Serpentard, sans succès. « Euh... Bellamy, c'est ça ? »

Il avait dit un prénom au hasard, pioché parmi les quelques Serpentards de la classe dont il connaissait le prénom (évidemment, sans pouvoir les associer à un visage). Puis, voyant bien qu'il s'était trompé, il soupira, puis marmonna d'une voix tremblotante : « Bon, écoute, je connais pas ton prénom mais tu sais pas comme je m'appelle non plus. Donc je pourrais aussi te lancer un sort et tu saurais pas qui je suis. T'es vraiment pas malin. Et de toute façon, t'es qu'un simple première année, t'es sûrement pas assez fort pour me faire quoi que ce soit. » ajouta Lloyd comme pour se rassurer, sans se rendre compte de l'aspect provocateur de ses propos.

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

Le Jaune et le Vert  PV 

Un peu vexé d’avoir été confondu avec Bellamy, qu’il considérait néanmoins comme son ami le plus proche dans sa maison, Owen se renfrogna un peu. Pourtant, il ne contredit pas le garçon, pour ne lui donner aucun indice de son identité. Ensuite, ce garçon, qui était de Poufsouffle, affirma qu’Owen non plus ne savait pas quel était son prénom. En l’occurrence, c’était vrai. Owen ne s’intéressait pas du tout aux élèves de la maison Jaune à Poudlard, et encore moins depuis que l’un d’eux avait rapporté à sa directrice de Maison qu’il avait fait une bêtise au tout début de l’année. Il en avait plus voulu à ce James qu’à sa jolie directrice, qui après tout, avait dû se sentir obligée de faire quelque chose.

Il ne remettait pas de nom sur le visage insignifiant du garçon, mais le Poufsouffle n’était justement pas censé le savoir. Owen s'apprêtait à semer le doute dans l'esprit du garçon en suggérant qu'il connaissait son nom, mais la suite l'énerva beaucoup. Il détestait être considéré comme un garçon lambda, il voulait être sur le devant de la scène. D'après lui, il le méritait. Il n'était pas n'importe qui.

« Mon pauvre, tu sais pas ce que tu dis… écoute, je voulais simplement t’embêter un peu, pour jouer, mais tu commences sérieusement à m’ennuyer. »

Alors qu’il avait rangé sa baguette, il la ressortit.

« J'veux pas que tu finisses à Sainte-Mangouste, ce serait dommage, mais si je peux te donner un conseil, c’est de ne jamais dire à un sorcier dont tu ne sais rien qu’il n’est qu’un simple première année, surtout que... de ton côté, tu es l’élève le plus insignifiant de toute l’école. En fait, t’as raison, j’connais pas ton nom. Tu sais pourquoi ? Parce que tout le monde s’en fiche de savoir qui t’es. »

Il fit crépiter des étincelles au bout de sa baguette, comme on le lui avait appris. Il voulait intimider le gamin et il était en colère. Tellement en colère qu’il se laissait emporter, ses paroles sortaient toutes seules de sa bouche.

« Alors que moi, tu sais quoi ? J'ai déjà eu des cours particuliers avec la directrice, tellement elle me trouve prometteur. »

Il n’en dit pas plus, parce qu’il avait le sentiment que s’il en disait trop, ça le mettrait dans l’embarras. Il relâcha la pression sur sa baguette et les étincelles disparurent.

Le Jaune et le Vert  PV 

En voyant le garçon se renfrogner, Lloyd comprit tout de suite qu'il venait de faire une erreur. Suggérer à un individu montrant tous les signes d'une arrogance exacerbée qu'il est en vérité un élève lambda était effectivement assez stupide. Il avait très mal choisi ses mots, et maintenant, il n'avait fait qu'énerver le Serpentard. En effet, celui-ci montrait tous les signes d'une colère à peine contenue, et se mit à dire d'un air sinistre :

« Mon pauvre, tu sais pas ce que tu dis… écoute, je voulais simplement t’embêter un peu, pour jouer, mais tu commences sérieusement à m’ennuyer. »

La voix du garçon se fit de plus en plus menaçante et de moins en moins calme. Le garçon commençait à s'énerver. Il avait ressorti sa baguette, et comme pour réagir à la colère de son propriétaire, celle-ci se mettait à crachoter des étincelles.

« J'veux pas que tu finisses à Sainte-Mangouste, ce serait dommage, mais si je peux te donner un conseil, c’est de ne jamais dire à un sorcier dont tu ne sais rien qu’il n’est qu’un simple première année, surtout que... de ton côté, tu es l’élève le plus insignifiant de toute l’école. En fait, t’as raison, j’connais pas ton nom. Tu sais pourquoi ? Parce que tout le monde s’en fiche de savoir qui t’es. Alors que moi, tu sais quoi ? J'ai déjà eu des cours particuliers avec la directrice, tellement elle me trouve prometteur. »

Il avait raison. Il avait raison, Lloyd avait fait une grave erreur en le provoquant. Parce que oui, Lloyd n'était qu'un simple élève parmi tant d'autres, un élève insignifiant. Et il le savait. Si de nombreux membres de la famille Macmillan étaient des gens fiers, le plus jeune des descendants de cette vieille famille était tout le contraire. Lloyd savait très bien qu'il ne valait pas grand chose. Il ne trouvait même pas la force de répondre à ce garçon. Lui, au moins, maîtrisait la magie, puisqu'il pouvait lancer des étincelles. Mais Lloyd ? Que pouvait-il faire, maintenant qu'il était loin, trop loin d'un professeur ou d'un préfet à qui il pourrait lâchement demander de l'aide, et seul, seul avec lui-même ? Que pouvait faire Lloyd, garçon faible et incapable qui se laissait maintenant brutaliser par un camarade de classe particulièrement arrogant ? Rien. Il en était parfaitement conscient. Si il trouvait quelque chose à rétorquer, le garçon s'énerverait encore plus et lui jetterait sûrement un sort. Si il essayait de sortir à son tour sa baguette, le Serpentard constaterait rapidement que Lloyd ne savait pas faire de magie et cela finirait mal. Et si il prenait la fuite, la seule action raisonnable, il assumait sa lâcheté.

Et pourtant, Lloyd décida de ne pas fuir. Il finirait sans doute à l'infirmerie, mais cette fois, il préférait faire quelque chose plutôt que rester passif et le regretter. Tremblant et visiblement effrayé, le Poufsouffle trouva la force de répliquer :

« Je sais ce que je dis. Je suis peut-être insignifiant... mais j'envoie pas de boules de neige sur les inconnus, sans raison, et... et je prétend pas être un grand sorcier ensuite ! Tu te crois fort, mais... »

Il hésita. Il allait trop loin. C'était stupide. C'était perdu d'avance. Lloyd se mit à reculer lentement tout en cherchant ses mots et son courage. Puis il se figea. Reculer, ce serait montrer sa peur. Et il ne fallait pas montrer qu'il avait peur.

« J'ai raison. T'es vraiment qu'un simple première année... aussi insignifiant que moi. J'ai peut-être pas de cours avec la directrice, mais... »

Il hésita de nouveau. Mais il était déjà allé trop loin pour s'excuser hâtivement et demander la vie sauve. Et puis, pour une fois, il osait dire ce qu'il pensait. Ce garçon était détestable, avec ses menaces et ses mensonges. Le Serpentard pensait vraiment être crédible quand il disait prendre des cours particuliers avec la directrice ?

« Mais j'ai un peu de dignité. » acheva Lloyd. Il sortit sa baguette à son tour, avant d'ajouter : « J'ai pas peur de toi. »

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !

Le Jaune et le Vert  PV 

  C’en était trop pour Owen. Beaucoup trop. Il sentit la colère lui monter aux joues et même ses oreilles bourdonner. Il serra si fort sa baguette que sous ses moufles, la jointure de ses doigts devint blanche comme la neige. Il mourait d’envie de crier à cet espèce de Poufsouffle insignifiant que sa mère était la directrice de l’école et qu’elle pourrait le faire virer comme ça, et lui casser sa baguette, qu’elle avait fait la une des journaux et tout le tralala. Alors lui, lui, Owen, il était loin d’être n’importe qui ! Et d’ailleurs, il ne se contenterait pas d’être le « fils de », ça non ! Un jour, il la surpasserait, elle, et tous les autres.

« Et j’vais commencer par toi…, murmura-t-il dans la continuité de ses pensées. »

  Il leva sa baguette très vite, la plaça tout près de l’oreille de son camarade et cria :

« BOMBARDA ! »

  Un énorme BOUM retentit, jusqu’à faire tomber la neige des branches de l’arbre au-dessus. Owen lui-même fut sonné par la force de la détonation et ses oreilles bourdonnèrent encore plus. Il vacilla, s’éloignant de quelques pas. Quand il reprit ses esprits, il comprit qu’il avait fait une bourde qui lui vaudrait une sacrée punition, voire pire. S’il avait été à ce point étourdi par le bruit, il n’imaginait pas ce que cela avait pu donner à quelques centimètres des tympans du Poufsouffle. Et s’il l’avait rendu sourd à vie ? Ou sourd d’une oreille, au moins ? C’était possible, vous croyez ? On disait qu’il n’y avait rien que l’infirmière de l’école ne pouvait soigner, alors un bobo d’oreille, ce devait être facilement réparable avec la magie. Et puis de toute façon, il l'avait cherché. Owen l'avait prévenu, donc c'était aussi de la faute du Poufsouffle, s'il ne l'avait pas écouté... non ?

  Il resta figé sur place quelques instants et hurla finalement :

« BIEN FAIT ! »

  Puis il rangea sa baguette à l’intérieur de sa cape d'hiver et prit ses jambes à son cou, laissant le Poufsouffle tout seul. Il courut si vite qu’il manqua de tomber la tête la première. Ses pas, qui laissaient des empreintes dans la neige, se dirigeaient vers le château. Arrivé à proximité de l’entrée, il intercepta un bout de conversation : « Nan, j'sais pas. On aurait dit un pétard. » Terrifié à l’idée de se faire prendre, il se précipita à l’intérieur du château.

Le Jaune et le Vert  PV 

Lloyd se rendit compte très vite qu'il en avait trop dit. Il avait été aveuglé par la peur, et il avait paniqué. Le Poufsouffle avait cru être courageux en tenant tête au Serpentard, mais maintenant, il avait devant lui un garçon tellement en colère qu'il devenait écarlate. Lloyd regrettait déjà ses actions, mais c'était trop tard. Il voulait reculer, fuir avant de se prendre un sort, mais il était comme paralysé. Il avait raison, il n'était qu'un lâche.

Le garçon marmonna quelques paroles inaudibles, puis brandit sa baguette et la pointa tout près du Poufsouffle. Avant même que Lloyd ne puisse réagir, l'autre criait déjà :

« BOMBARDA ! »

Tout se passa très vite. Lloyd sursauta en entendant une détonation incroyable, un bruit tonitruant comme il n'en avait jamais entendu, il sentit une onde de choc, et en même temps quelque chose... exploser dans son oreille. Le Poufsouffle resta quelques secondes immobile, sans comprendre, puis il la sentit. Une douleur abominable, insoutenable, qu'il ressentait soudain dans son oreille. Aussitôt, il oublia le garçon, et saisit son oreille en poussant un gémissement de souffrance. Il avait une sensation horrible et extrêmement douloureuse, comme si ses tympans venaient de s'effondrer, comme si on venait d'y enfoncer un couteau qu'on remuait dans la plaie. Lloyd s'effondra contre un arbre, tremblant, et se rendit compte qu'il n'entendait plus rien. Comme dans un cauchemar, il essaya d'entendre, d'écouter, mais c'était comme si le monde était devenu muet. Il était sourd, complètement sourd.

Lloyd était comme aveuglé par le silence. Il ne se rendait même pas compte que le garçon venait de prendre la fuite. Tout ce qu'il sentait, c'était la douleur horrible, toujours présente et lancinante dans son oreille, et la panique tout aussi insoutenable de ne plus rien entendre. Tout était complètement silencieux : il essayait de frapper l'arbre, de secouer la neige, de parler, de crier, mais il n'entendait aucun bruit. Et Lloyd se sentit seul, très seul, dans tout ce froid et ce silence. Il resta de longues minutes immobiles, toujours tremblant, puis il perdit connaissance.

Le Poufsouffle se réveilla quelques heures plus tard à l'infirmerie. Il supposait que des élèves l'avaient trouvé dans le parc, seul avec un tympan perforé, et l'avaient amené ici. Il n'avait plus trop mal, mais il n'entendait toujours rien. L'infirmière ne pouvait pas vraiment soigner son oreille, mais apparemment la blessure irait mieux d'ici une semaine. Lloyd resta donc à l'infirmerie quelques jours, sentant son audition encore fragile revenir peu à peu. Pendant ces longues journées, il ne pensa qu'à une chose : le Serpentard. Le Serpentard qui était venu le provoquer, le menacer, et finalement lui jeter un sort qui aurait pu le rendre sourd. Lloyd n'était pas rancunier de nature, mais pendant ce séjour à l'infirmerie, il ne pensait qu'à une chose : se venger de cet élève inconnu.

FIN DU RP

Le souffle des Poufsouffle jamais ne s'étouffe !