Lac

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Ces reflets du passé  PV 

3 Janvier 2043

Une nouvelle année venait de s'écouler - et donc une autre venait de commencer. L'éternel cycle du temps, codé par des mesures que nous, humains, pouvons compter. Et bien que Décembre ait de nouveau laissé place à Janvier; l'hiver, lui, perdurait toujours - car son temps n'était pas encore révolu.
Le froid régnait donc sur le château, faisant de Poudlard son royaume.
Et pourtant, j'étais tout de même de sortie. Bien sûr, j'aurais pu rester au coin d'un feu en salle commune, un chocolat chaud dans une main et des cookies dans l'autre. Mais j'aimais l'hiver, et passer du temps dehors en cette saison.

Je m'étais donc emmitouflé sous plusieurs couches d'habits avant de sortir. Puis, j'avais traversé le parc enneigé pour me retrouver devant le lac. Là, je m'étais installé devant l'étendue d'eau, à même le sol. Je ne me rendais pas souvent au Lac, mais par ce temps hivernal, sa surface sombre m'intriguait et m'attirait. Il était semblable à une immense cuve remplie d'encre - encre sombre qui tâcherait les parchemins de vie, d'histoire, ou de dangers - les parchemins de nos destinés.
Mais cette eau sombre pourrait également s'apparenter à un breuvage obscur - un peu comme du jus de raisins. Je me demandais quelle était la raison pour laquelle l'eau du lac avait une telle couleur - si jamais il y avait une véritable explication.

Je sortais un sachet de chocolats que je prenais toujours avec moi, et en mangeait un. La délicieuse friandise fondit dans ma bouche, alors que je me délectais de son délicieux goût. Je souris, alors que mon regard se posait sur l'horizon. La rentrée arrivait bientôt, ce qui signifiait que les vacances allaient se terminer. Cependant, j'avais eu l'occasion d'en profiter, et de bien me reposer - ainsi, j'allais pouvoir reprendre mon travail dès que les cours recommenceront. Ceci dit, j'étais heureux d'avoir eu une pause ! Les devoirs, autant ceux de l'école que ceux de Préfets, étaient assez fatigants - mais je pouvais maintenant m'y remettre avec encore plus d'enthousiasme et de force qu'avant.
C'était également les premières vacances que je passais loin de ma famille - enfin, de ma nouvelle famille. Depuis que les Parks m'avaient adoptés, j'étais toujours resté avec eux. Même lors de ma première année à Poudlard, j'étais rentré pour les fêtes - n'ayant pas encore énormément d'amis. Mais là, j'avais préféré rester à Poudlard, autant pour y organiser des événements pour Poufsouffle que pour rester avec mes amis. C'était mon premier Noël loin d'eux - mon premier nouvel an sans leur compagnie.

Je soupire. En y repensant, il y avait bien une année que j'avais passé seul - entièrement seul - sans eux, ni mes précédents parents. Je n'aimais pas les appeler comme ça, d'ailleurs - je n'aimais pas leur donner le rôle de parent, ou de famille; car ils m'avaient prouvé qu'ils ne pouvaient pas remplir ce rôle. Mais je n'avais aucune autre appellation pour eux - alors je n'avais pas le choix.
Mais il y avait eu cette année où j'avais passé les fêtes seul. Les jours seul - même les heures.  Cette année qui faisait office de gouffre dans ma vie, et que je m'efforçais d'oublier - pour éviter qu'il ne m'aspire.

Je reprends un morceau de chocolat et pose le sachet sur mon ventre - ou du moins, sur l'épaisse couche de vêtements qui est censée être mon ventre - et m'allonge dans la neige. Je regarde le ciel, me délectant de mon chocolat, alors que la question revient se poser sur le bout de mes lèvres:
Que se serait-il passé s'ils ne m'avaient pas abandonné?

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017

Ces reflets du passé  PV 

L'automne avait fait place à l'hiver tout comme l'année précédente avait fait place à la nouvelle année. Ainsi allait le cycle de la vie. Pour la jeune Serdaigle, il était question d'une remise à l'évidence d'un seul et même fait qui la tourmentait depuis sa naissance. Son père ne reviendrait pas. Depuis tout petit, Leigh faisait le rêve qu'elle se réveillait un beau jour d'été, les rayons de soleil traversant ses rideaux de soie tisée par les mains de sa grand-mère maternelle puis, qu'un cognement se faisait entendre sur la petite porte en bois de sa chambre. Se levant tranquillement pour aller ouvrir, la jeune demoiselle aux cheveux d'or tombait nez à nez avait un homme qu'elle avait tant désiré rencontrer. Un homme qu'elle n'avait jamais connu et qu'à ce jour, elle ne connaîtrait jamais. Pas même le nom de celui-ci.

Ainsi était chaque nouvelle année pour la jeune demoiselle. Ressentant l'espoir de rencontrer cet inconnu, mais aussi dans le savoir que le destin en avait décidé autrement. C'était donc toujours avec reconnaissance que la Serdaigle voyait ce temps morose passé et le début de Janvier arriver. La jeune fille s'était éveillée à l'aube, la lumière du soleil l'aveuglant quelque peu. Elle avait donc repoussé sa couverture et enfiler des habits chauds. Aujourd'hui, elle irait explorer la cour du château. Plus précisément le lac qu'elle avait remarqué lors de ses escapades dans le parc de Poudlard.

Ainsi revêtue de ses habits hivernaux, la jeune demoiselle entreprit de sortir de la salle commune par la grande porte bleutée puis, de descendre les marches de la tour ouest du château. Le temps était clair et le soleil prenait place, haut dans le ciel, comme un astre fier au milieu des éléments de la nature. Les cheveux dorés de la sorcière étaient déposés sur son épaule, soigneusement tressé. Oubliant ainsi les malheurs de son existence, Leigh sourit puis sortit rapidement du château, se retrouvant à l'air libre de la nature.

Remontant le col de son manteau pour mieux se camoufler du froid, la blonde se mit à marcher en direction du lac, endroit assez calme où l'eau gelée était d'une couleur foncée presque sinistre. Tout en regardant au loin le paysage majestueux, Leigh aperçut une silhouette, un jeune garçon au premier abord était assis à même la neige. S'approchant doucement, la jeune demoiselle se demandait si elle devrait l'aborder. Il fallait dire qu'elle n'était pas vraiment à l'aise avec les garçons de son entourage et ce depuis son plus jeune âge. Malgré tout, elle prit son courage entre les mains et avança discrètement. C'est pied chaussé de bottine laissait de profondes traces au milieu des sentiers enneigé. Un bruit de pas se faisait donc entendre, dérangeant la tranquillité matinale observable.

À la hauteur du jeune garçon elle prit place à ses côtés à même le sol tout en regardant au loin. Elle était un peu mal à l'aise de déranger ce moment, mais elle ressentait le besoin de l'aborder sans aucune raison apparente. 

- Bonjour, que fais-tu ici à même la neige en cette mâtiné? Demanda-t-elle doucement d'une voix calme et juste. Fermant doucement les yeux, elle ressentait la douce brise sur son visage. La nature était un élément de tendresse qui pouvait également se rebeller et devenir cruelle, mais toujours juste. Du moins, dans la majorité des cas. Il y avait toujours une exception, mais en général la nature était d'un tempérament neutre et loyal envers chaque personne qui en prendrait soin. 

 - Le paysage est tellement magnifique. On dirait presque qu'il permet d'apaiser les âmes malheureuses...Elle avait parler à voix basse, presque non audible. Cette parole était une remarque sans but distinct, mais qui faisait un sens difficile à douter. La nature était apaisante même pour elle. Les nombreux problèmes dont la blonde était victime avaient presque disparu de son esprit lorsqu'elle était à l'extérieur.

Remontant ses genoux contre son torse et déposant sa tête sur ceux-ci, la jeune demoiselle à la chevelure dorée abordait un petit sourire rêveur et empli d'émotion. Elle attendait donc un mouvement de l'inconnu qu'elle avait retiré d'un moment d'apaisement.  

<< Telle est la magie des langues humaines, que par un humain accord elles signifient souvent, avec des sons identiques, des choses différentes. >> Umberto Eco
Le nom de la Rose (1980) de Umberto Eco

Ces reflets du passé  PV 

Je regarde le ciel. Mes pensées s'égarent, allant de mon passé à ma famille - et aux possibilités de ce qui aurait pu changer. Que serait-il arrivé si mes parents avaient été en connaissance de la magie? Ou s'ils m'avaient abandonnés un an après? Ou plus tôt?
Que serait-il arrivé s'ils m'avaient gardé, et élevé dans la peur que je sois un monstre? Serais-je toujours la personne que je suis aujourd'hui?
Et pourquoi: Pourquoi aujourd'hui en particulier? Pourquoi toutes ces questions me traversent-elles l'esprit seulement maintenant? Pourquoi pas un an plus tôt? Un mois, une semaine, un jour? Ou plus tard. Pourquoi remettais-je ma vie en question en cet instant, et ne pas attendre des années?
Peut-être que, d'une certaine manière, j'avais tout simplement besoin de réponses. De réponses pour savoir ce qu'était véritablement ma vie.

Alors que les questions fusaient dans mon esprit - sans que j'obtienne la moindre réponse - je sentis une présence à mes côtés. Je tournais le tête pour y découvrir une jeune fille, le regard se perdant à l'horizon. Esquissant un sourire, je me redressais lentement, alors qu'elle me saluait - me demandant ce que je faisais ainsi, dans la neige, en ce si bon matin. Puis, elle ferma les yeux pour se laisser emporter par la douceur de la nature. Elle murmura ensuite quelque chose à propos de la magnificence du paysage, et à quel point il permettait d'apaiser les âmes.
Je me retournais alors vers la surface sombre du lac, posant le sachet de chocolat à mes côtés.

« Bonjour ! » Répondis-je avec douceur. « Je me laisse apaiser par le paysage, comme tu dis... Mais il suscite plutôt de nouvelles questions qui n'auront jamais de réponses. J'imagine que c'est un moyen de réfléchir sur pourquoi on est là. »

Je fais une pause, regardant l'horizon, le vent caressant mes joues, caressant mes cheveux. Je ferme les yeux un instant pour me concentrer sur son doux toucher - et écouter ses murmures. Peut-être que, caché dans ces bruissement, il y avait les réponses à nos questions. Peut-être que les brises, le vent, les tempêtes, les orages; n'étaient que des messages que la nature cherchait à faire passer - mais on n'ouvrait jamais assez les oreilles pour les écouter.

Je rouvre les yeux en expirant une longue bouffée d'air, et me retourne vers la jeune fille, qui semble se laisser emporter par le paysage. J'esquisse un nouveau sourire, avant d'ajouter:
« Et toi? que fais-tu dehors par ce froid? »

Attendant une réponse de sa part, je repris un nouveau chocolat pour le savourer, le regard perdu. Avoir une once de ce réconfort, de ce sucre amer, de cet arôme délicieux - en étant au centre de l'hiver, était tout simplement une sensation unique, et merveilleuse.
Je poussais un peu le sachet vers la jeune fille - si jamais elle désirait en prendre un également - et savourait un nouveau morceau tout en  regardant l'horizon peindre une aquarelle.



Reducio
Désolé pour le retard !

Une vie sans chocolat est une vie à laquelle manque l'essentiel.
Sorcier le plus Gourmand - Ventre sur pattes des Magic'Awards 2017