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 RPG++  Compter les moutons, la bonne blague...

Mai 2043

Il n'était pas loin d'une heure du matin et Eileen ne cessait de tourner dans son lit, comme une crêpe dans sa poêle, ruminant alors qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Trop de choses lui passait par la tête, elle cogitait et l'approche de la fin de l'année scolaire n'aidait pas. Ironie du sort quand tu nous tiens... Soit elle arrivait à s'endormir et elle se réveillait au milieu de nulle part en pleine crise de somnambulisme, soit elle restait éveillée à regarder la poussière qui s'accumulait sur son armoire. Elle avait tout essayé, y compris compter les moutons comme lui disait de faire sa grand-mère lorsqu'elle la gardait. Ouai ben c'était nul comme conseil. Pourquoi pas des sardines tant qu'on y était ? Non seulement, elle en avait ras le bol d'imaginer les bestioles jouer à saute-mouton dans sa tête mais, en plus, ça n'avait servi à rien si ce n'est à l'agacer un peu plus.

Après un long moment, excédée, elle avait donc décidé qu'il ne servait à rien de rester plus longtemps au lit, aussi douillet et chaleureux soit-il. Elle n'était pas du genre à étudier - et de toute façon, ça aurait réveillé ses camarades de chambrée - ça ne lui donnait donc qu'une seule autre option : quitter la salle commune malgré le couvre-feu et aller se dégourdir les jambes ailleurs. En tout cas, elle était persuadée que c'était une bonne idée et elle glissa donc hors de son lit, s'habilla rapidement en laissant de côté l'habituelle cravate de l'uniforme, s'empara de son sempiternel carnet et fila sans un bruit, le cœur léger. Une p'tite aventure, en nocturne, c'était pas top comme programme ? Rien de tel qu'un peu d'adrénaline pour stopper les pensées parasites et si elle faisait des découvertes au passage, ce serait la cerise sur le gâteau.

Se rendre jusque dans le Grand Hall et franchir la porte pour aller vers le parc se fit sans aucune anicroche. De toute évidence, c'était le jour de chance d'Eileen. Enfin, si on pouvait parler de chance alors qu'elle n'arrivait pas à dormir comme tous les autres élèves mais bon. L'air était légèrement frais mais c'était agréable et la nuit était vraiment claire. Pas un nuage à l'horizon et le peu de lumière émanant du château permettait de bien voir les étoiles. Ce serait bientôt la pleine lune dont on voyait les rayons miroiter sur la surface paisible du lac. C'était magnifique, apaisant. A en oublier pour la fillette qu'elle n'avait rien à faire là. Un bruit de sabot, au loin, la fit sursauter et elle se mit rapidement en route vers les serres. Là-bas, elle trouverait bien un coin à l'abri des regards où elle pourrait profiter un moment du calme et du spectacle qui s'offraient à ses yeux. Elle se prit même à imaginer ce que ce serait de voler dans un tel cadre mais elle n'avait pas son balai sous la main et elle n'était pas assez inconsciente pour se lancer dans cette folie.

Elle passa donc derrière la serre n°3 et finit par trouver un coin, au pied d'un arbre, d'où elle pouvait voir le lac et le début de la forêt interdite. Elle s'y installa en tailleur, enroulant sa cape autour d'elle pour en garder la chaleur et sortit son carnet. Depuis huit mois qu'elle était là, elle en avait noirci des pages de croquis mais elle ne s'en lassait jamais. Le dessin, c'était son moyen de décompresser et le spectacle était tellement grandiose qu'elle ne pouvait pas résister. Mais pour une fois, elle avait décidé de ne pas s'attaquer au lac, ni même à la forêt interdite. Elle avait déjà de nombreux dessins les représentant et l'occasion de voir le ciel la nuit, en dehors des cours d'astronomie, était suffisamment rare pour savoir en profiter quand l'occasion était là. D'autant qu'avec les nombreuses étoiles qui scintillaient, il était facile de laisser vagabonder son imagination, chose dont Eileen était loin d'être dépourvue. Elle s'empara donc de son crayon et se mit à griffonner, le sourire aux lèvres.

Première année RP.
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Désolée pour cet immense retard, cela ne se reproduira plus...

Froid. Solitude amère et délicate à la fois. Elle aimait la solitude brûlante qui la dévorait, le feu ardent qui montait en elle, lui donnant envie de montrer au monde qu'elle n'avait besoin de personne. Même si c'était faux. Elle avait besoin de pleins de monde. Trop de monde, même. Sans ces personnes, elle n'était rien, et c'est dans ses moments de solitude qu'elle se rendait compte d'une chose. Elle devait apprendre à tenir debout seule. Espérer y  arriver, faire tout pour. Mais elle n'y arrivait pas. Elle avait besoin d'une personne pour le faire. Encore une. Toujours une personne. Elle n'était rien sans les autres. Et c'était mal, très mal de devoir compter toujours sur les autres. Mais elle ne pouvait s'empêcher de le faire. Et elle voulait se laisser consumer par la douleur, pour ne plus être un  fardeau pour le monde. Mais la douleur ne voulait pas, elle se contentait de rester dans une partie de son âme, sans pour autant envahir les autres comme la première année voudrait qu'elle le fasse. Elle ne savait même pas depuis combien de jours celle-ci l'empêchait de dormir la nuit. Et, chaque soir, elle disparaissait après que ses camardes se soient faites emportées dans les bras de Morphée. Il lui arrivait même, comme ce soir, de ne même pas rentrer au dortoirs. Elle aurait sûrement des problèmes un jour, mais ce n'était pas important. Tout ce qu'elle voulait en ce moment, c'est le froid mordant de l'air qui essayait de l'envelopper malgré le feu brûlant de la solitude. Maudit contraste. Elle en tomba presque de la branche où elle était assise. De là où elle était, le lac et la foret interdite se mélangeaient dans une harmonie presque dérangeante. Comme une danse funeste de deux corps.

Rien ne troublait sa tranquillité. La soif de calme qui l'habitait. Rien. Si ce n'est ces désagréables bruits de pas. Maudis élèves pas foutus de dormir. Mais elle était comme eux. En fait. Un squatter de la nuit, pauvre déchet oublié par les dieux et les hommes. Mais elle aimait la nuit. C'était son monde. Comme une réalité bien à part. Quand la lune s'élevait dans le ciel et que les étoiles l'illuminaient, on pouvait tout voir différemment. Tout changeait. Et c'était magnifique. Comme la métamorphose d'un monde en un autre. Son royaume à elle. Elle s'y baladait tout le temps. La fatigue ne semblait pas la consumer. Et c'était encore plus merveilleux de se débarrasser de cette faiblesse durant les longues heures que duraient chaque ciels étoilés. Elle aimait ça. Disparaître dans l'ombre, ça la faisait revivre. Mais il fallait que ces bruits de pas brisent le calme de la nuit. Même sa respiration s'était faite moins prononcée pour laisser toute la magie du lieu en place. Mais le bruit l'avait brisé. Elle n'aimait pas briser les choses. Souplement, comme un chat le ferait, elle s'étira longuement et sauta de sa branche, atterrissant devant la personne assise. Dans le noir, on n'en discernait pas les traits, mais on pouvait aisément savoir ce qu'elle dessinait sur le carnet qu'elle avait dans les mains. Les étoiles. Avait-elle fait peur à l'autre ? Oui, sûrement, mais est-ce qu'elle s'en souciait ? Négatif. Elle s'en foutait. C'était une vengeance pour l'avoir déranger. Même si l'autre n'y était pour rien. Elle dessinait bien. Mais il y avait une erreur sur le dessin. Sur la seule constellations qui trouvait grâce auprès de son âme. Elle adorait les étoiles. Peu-être car elle en faisait partie.

« -Tu as un joli coup de crayon, mais une faute est clairement visible dans la constellation "Cassiopeia". L'étoile "γ Cas"  est légèrement plus au Nord. De cette manière, la constellation ressemble à un "w". Si elle a cette forme et que je tiens mon nom de cet ensemble d'étoiles, il ne commence pas par cette lettre. Tu as mon nom. Quel est le tient ? »

Ses pieds nus rappèrent le sol alors qu'elle montrait l'étoile en question. C'était sûrement une bonne mauvaise habitude que de ce balader pieds nus dans le parc, mais elle aimait le faire. Et, de plus, sa santé ne l’intéressait pas trop. Même pas du tout. Même si elle savait qu'elle devait rester en de bon termes avec elle, sinon Solenn s’inquiéterait. Et elle ne voulait pas ça. Car elle n'aimait pas être un fardeau. C'était bas et méchant, surtout avec Solenn. Elle avait envie d'être utile.

Le rêve se confond avec la réalité, tellement, qu’il est devenu presque impossible de savoir si je me mens ou si mon esprit laisse court à sa folie. Elle me consume, cette réalité bouffée par le rêve. Et j'adore ça.

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Tout à son dessin, Eileen était dans son monde et plus rien n'avait d'importance que son observation du ciel, la quiétude du moment et cette étrange atmosphère que seule la nuit pouvait apportait. Les rayons de la lune rendait blafardes les couleurs du parc, comme si un tout autre paysage s'étalait sous les yeux de la fillette et elle appréciait vraiment cet instant. Nul bruit n'arrivait plus à percer sa coquille, elle était dans sa bulle, seule au monde, concentrée comme jamais elle ne l'était sur ses traits de crayon. Elle qui était d'un tempérament plutôt agité, il n'y avait que dans ces moments-là qu'elle était parfaitement calme.. et silencieuse. Comme une image pourrait-on dire ou au moins, comme le dessin qu'elle faisait. Si Morphée ne voulait pas d'elle, elle pouvait au moins mettre à profit ce rejet pour en sortir quelque chose de bien et, si jamais elle se faisait prendre, peut-être pourrait-elle même dire que c'était un devoir d'astronomie ? Bon ok, le Professeur Briggs aurait tôt fait de démentir mais elle pourrait bien dire que c'était une recherche qu'elle avait entreprise d'elle-même pour son cours. Elle n'était pas la parfaite petite élève, studieuse, mais avec un peu de chance, son carnet parlerait pour elle. Enfin, pas comme si elle comptait se faire prendre de toute façon et vu l'endroit qu'elle avait choisi, elle se sentait assez sereine. Personne ne devait venir, à cette heure, derrière les serres. En tout cas, y'avait pas de raison donc peu de chance qu'elle déçoive Miss Sejersted en faisant perdre des points à sa maison.

Et puis, sans prévenir, sans comprendre ce qu'il se passait, La Serpentard se retrouva avec une silhouette face à elle, sortie de nulle part. Elle sursauta et son cœur s'emballa aussitôt. L'ombre cachait à présent la clarté lunaire ce qui la rendait impossible à identifier et, de sa position assise, la fillette avait du mal à jauger de la taille de l'inconnu. Adulte, enfant ? Elle voulut bafouiller quelque chose mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, muette d'angoisse. Jusqu'à ce que la silhouette se mette à lui parler et Eileen mit un moment à comprendre que c'était de son dessin. La voix, elle l'avait déjà entendue et mais attendez... la constellation "Cassiopeia" ? Cassiopée Malory ? Elles ne se connaissaient pas bien mais elles étaient de la même année, de la même maison et avaient cours ensemble. Elles s'étaient parlé à l'occasion, sans plus. Sa camarade était souvent avec une autre fille de Serpentard, Solenn Cooper et Eileen aurait eu l'impression de déranger tant elles semblaient bien s'entendre toutes les deux. D'autant que d'un point de vue caractère, Cassiopée et elle-même semblaient aux antipodes l'une de l'autre. Eileen était toujours joyeuse, prête à faire des bêtises et vivre des aventures en tout genre alors que sa camarade semblait assez... taciturne.

"Cassiopée ? Tu m'as foutu la frousse. C'est moi, Eileen."

Ouai bon, pas sûre que la dite Cassiopée la connaisse vraiment ou, en tout cas, connaisse son nom mais c'était sorti tout seul. Et puis, elle avait encore le cœur qui battait la chamade donc c'était une bonne excuse. La dernière fois qu'elle avait flippé comme ça, c'est quand elle avait été prise en flagrant délit de balade nocturne par le Professeur Bowers alors fallait bien comprendre son stress du moment. On n'avait pas idée de faire irruption comme ça, au milieu de la nuit. Comment avait-elle fait ?

"Je ne t'ai pas vue arrivée. Tu viens d'où ?" finit-elle par dire, la voix chevrotant encore sous le coup de l'émotion.

Elle finit alors par reporter son attention sur son dessin, leva à nouveau les yeux vers le ciel et soupira. C'est vrai qu'elle n'avait pas été très rigoureuse sur son dessin mais il faut dire que c'était plus le côté artiste qui lui plaisait. Elle s'empara pourtant de sa gomme et effaça l'étoile fautive pour la déplacer un peu plus vers le nord. Voilà, le W apparaisse nettement mieux ainsi. Elle arracha alors la page et la tendit à sa camarade.

"Tiens, cadeau. Comme c'est ta constellation et que tu m'as permise de rectifier une erreur, il te revient de droit." lui dit-elle avec un grand sourire. En espérant faire plaisir à Cassiopée, bien évidemment.

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