Lac

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 RPG++  Compter les moutons, la bonne blague...

Mai 2043

Il n'était pas loin d'une heure du matin et Eileen ne cessait de tourner dans son lit, comme une crêpe dans sa poêle, ruminant alors qu'elle n'arrivait pas à trouver le sommeil. Trop de choses lui passait par la tête, elle cogitait et l'approche de la fin de l'année scolaire n'aidait pas. Ironie du sort quand tu nous tiens... Soit elle arrivait à s'endormir et elle se réveillait au milieu de nulle part en pleine crise de somnambulisme, soit elle restait éveillée à regarder la poussière qui s'accumulait sur son armoire. Elle avait tout essayé, y compris compter les moutons comme lui disait de faire sa grand-mère lorsqu'elle la gardait. Ouai ben c'était nul comme conseil. Pourquoi pas des sardines tant qu'on y était ? Non seulement, elle en avait ras le bol d'imaginer les bestioles jouer à saute-mouton dans sa tête mais, en plus, ça n'avait servi à rien si ce n'est à l'agacer un peu plus.

Après un long moment, excédée, elle avait donc décidé qu'il ne servait à rien de rester plus longtemps au lit, aussi douillet et chaleureux soit-il. Elle n'était pas du genre à étudier - et de toute façon, ça aurait réveillé ses camarades de chambrée - ça ne lui donnait donc qu'une seule autre option : quitter la salle commune malgré le couvre-feu et aller se dégourdir les jambes ailleurs. En tout cas, elle était persuadée que c'était une bonne idée et elle glissa donc hors de son lit, s'habilla rapidement en laissant de côté l'habituelle cravate de l'uniforme, s'empara de son sempiternel carnet et fila sans un bruit, le cœur léger. Une p'tite aventure, en nocturne, c'était pas top comme programme ? Rien de tel qu'un peu d'adrénaline pour stopper les pensées parasites et si elle faisait des découvertes au passage, ce serait la cerise sur le gâteau.

Se rendre jusque dans le Grand Hall et franchir la porte pour aller vers le parc se fit sans aucune anicroche. De toute évidence, c'était le jour de chance d'Eileen. Enfin, si on pouvait parler de chance alors qu'elle n'arrivait pas à dormir comme tous les autres élèves mais bon. L'air était légèrement frais mais c'était agréable et la nuit était vraiment claire. Pas un nuage à l'horizon et le peu de lumière émanant du château permettait de bien voir les étoiles. Ce serait bientôt la pleine lune dont on voyait les rayons miroiter sur la surface paisible du lac. C'était magnifique, apaisant. A en oublier pour la fillette qu'elle n'avait rien à faire là. Un bruit de sabot, au loin, la fit sursauter et elle se mit rapidement en route vers les serres. Là-bas, elle trouverait bien un coin à l'abri des regards où elle pourrait profiter un moment du calme et du spectacle qui s'offraient à ses yeux. Elle se prit même à imaginer ce que ce serait de voler dans un tel cadre mais elle n'avait pas son balai sous la main et elle n'était pas assez inconsciente pour se lancer dans cette folie.

Elle passa donc derrière la serre n°3 et finit par trouver un coin, au pied d'un arbre, d'où elle pouvait voir le lac et le début de la forêt interdite. Elle s'y installa en tailleur, enroulant sa cape autour d'elle pour en garder la chaleur et sortit son carnet. Depuis huit mois qu'elle était là, elle en avait noirci des pages de croquis mais elle ne s'en lassait jamais. Le dessin, c'était son moyen de décompresser et le spectacle était tellement grandiose qu'elle ne pouvait pas résister. Mais pour une fois, elle avait décidé de ne pas s'attaquer au lac, ni même à la forêt interdite. Elle avait déjà de nombreux dessins les représentant et l'occasion de voir le ciel la nuit, en dehors des cours d'astronomie, était suffisamment rare pour savoir en profiter quand l'occasion était là. D'autant qu'avec les nombreuses étoiles qui scintillaient, il était facile de laisser vagabonder son imagination, chose dont Eileen était loin d'être dépourvue. Elle s'empara donc de son crayon et se mit à griffonner, le sourire aux lèvres.

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Désolée pour cet immense retard, cela ne se reproduira plus...

Froid. Solitude amère et délicate à la fois. Elle aimait la solitude brûlante qui la dévorait, le feu ardent qui montait en elle, lui donnant envie de montrer au monde qu'elle n'avait besoin de personne. Même si c'était faux. Elle avait besoin de pleins de monde. Trop de monde, même. Sans ces personnes, elle n'était rien, et c'est dans ses moments de solitude qu'elle se rendait compte d'une chose. Elle devait apprendre à tenir debout seule. Espérer y  arriver, faire tout pour. Mais elle n'y arrivait pas. Elle avait besoin d'une personne pour le faire. Encore une. Toujours une personne. Elle n'était rien sans les autres. Et c'était mal, très mal de devoir compter toujours sur les autres. Mais elle ne pouvait s'empêcher de le faire. Et elle voulait se laisser consumer par la douleur, pour ne plus être un  fardeau pour le monde. Mais la douleur ne voulait pas, elle se contentait de rester dans une partie de son âme, sans pour autant envahir les autres comme la première année voudrait qu'elle le fasse. Elle ne savait même pas depuis combien de jours celle-ci l'empêchait de dormir la nuit. Et, chaque soir, elle disparaissait après que ses camardes se soient faites emportées dans les bras de Morphée. Il lui arrivait même, comme ce soir, de ne même pas rentrer au dortoirs. Elle aurait sûrement des problèmes un jour, mais ce n'était pas important. Tout ce qu'elle voulait en ce moment, c'est le froid mordant de l'air qui essayait de l'envelopper malgré le feu brûlant de la solitude. Maudit contraste. Elle en tomba presque de la branche où elle était assise. De là où elle était, le lac et la foret interdite se mélangeaient dans une harmonie presque dérangeante. Comme une danse funeste de deux corps.

Rien ne troublait sa tranquillité. La soif de calme qui l'habitait. Rien. Si ce n'est ces désagréables bruits de pas. Maudis élèves pas foutus de dormir. Mais elle était comme eux. En fait. Un squatter de la nuit, pauvre déchet oublié par les dieux et les hommes. Mais elle aimait la nuit. C'était son monde. Comme une réalité bien à part. Quand la lune s'élevait dans le ciel et que les étoiles l'illuminaient, on pouvait tout voir différemment. Tout changeait. Et c'était magnifique. Comme la métamorphose d'un monde en un autre. Son royaume à elle. Elle s'y baladait tout le temps. La fatigue ne semblait pas la consumer. Et c'était encore plus merveilleux de se débarrasser de cette faiblesse durant les longues heures que duraient chaque ciels étoilés. Elle aimait ça. Disparaître dans l'ombre, ça la faisait revivre. Mais il fallait que ces bruits de pas brisent le calme de la nuit. Même sa respiration s'était faite moins prononcée pour laisser toute la magie du lieu en place. Mais le bruit l'avait brisé. Elle n'aimait pas briser les choses. Souplement, comme un chat le ferait, elle s'étira longuement et sauta de sa branche, atterrissant devant la personne assise. Dans le noir, on n'en discernait pas les traits, mais on pouvait aisément savoir ce qu'elle dessinait sur le carnet qu'elle avait dans les mains. Les étoiles. Avait-elle fait peur à l'autre ? Oui, sûrement, mais est-ce qu'elle s'en souciait ? Négatif. Elle s'en foutait. C'était une vengeance pour l'avoir déranger. Même si l'autre n'y était pour rien. Elle dessinait bien. Mais il y avait une erreur sur le dessin. Sur la seule constellations qui trouvait grâce auprès de son âme. Elle adorait les étoiles. Peu-être car elle en faisait partie.

« -Tu as un joli coup de crayon, mais une faute est clairement visible dans la constellation "Cassiopeia". L'étoile "γ Cas"  est légèrement plus au Nord. De cette manière, la constellation ressemble à un "w". Si elle a cette forme et que je tiens mon nom de cet ensemble d'étoiles, il ne commence pas par cette lettre. Tu as mon nom. Quel est le tient ? »

Ses pieds nus rappèrent le sol alors qu'elle montrait l'étoile en question. C'était sûrement une bonne mauvaise habitude que de ce balader pieds nus dans le parc, mais elle aimait le faire. Et, de plus, sa santé ne l’intéressait pas trop. Même pas du tout. Même si elle savait qu'elle devait rester en de bon termes avec elle, sinon Solenn s’inquiéterait. Et elle ne voulait pas ça. Car elle n'aimait pas être un fardeau. C'était bas et méchant, surtout avec Solenn. Elle avait envie d'être utile.

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Tout à son dessin, Eileen était dans son monde et plus rien n'avait d'importance que son observation du ciel, la quiétude du moment et cette étrange atmosphère que seule la nuit pouvait apportait. Les rayons de la lune rendait blafardes les couleurs du parc, comme si un tout autre paysage s'étalait sous les yeux de la fillette et elle appréciait vraiment cet instant. Nul bruit n'arrivait plus à percer sa coquille, elle était dans sa bulle, seule au monde, concentrée comme jamais elle ne l'était sur ses traits de crayon. Elle qui était d'un tempérament plutôt agité, il n'y avait que dans ces moments-là qu'elle était parfaitement calme.. et silencieuse. Comme une image pourrait-on dire ou au moins, comme le dessin qu'elle faisait. Si Morphée ne voulait pas d'elle, elle pouvait au moins mettre à profit ce rejet pour en sortir quelque chose de bien et, si jamais elle se faisait prendre, peut-être pourrait-elle même dire que c'était un devoir d'astronomie ? Bon ok, le Professeur Briggs aurait tôt fait de démentir mais elle pourrait bien dire que c'était une recherche qu'elle avait entreprise d'elle-même pour son cours. Elle n'était pas la parfaite petite élève, studieuse, mais avec un peu de chance, son carnet parlerait pour elle. Enfin, pas comme si elle comptait se faire prendre de toute façon et vu l'endroit qu'elle avait choisi, elle se sentait assez sereine. Personne ne devait venir, à cette heure, derrière les serres. En tout cas, y'avait pas de raison donc peu de chance qu'elle déçoive Miss Sejersted en faisant perdre des points à sa maison.

Et puis, sans prévenir, sans comprendre ce qu'il se passait, La Serpentard se retrouva avec une silhouette face à elle, sortie de nulle part. Elle sursauta et son cœur s'emballa aussitôt. L'ombre cachait à présent la clarté lunaire ce qui la rendait impossible à identifier et, de sa position assise, la fillette avait du mal à jauger de la taille de l'inconnu. Adulte, enfant ? Elle voulut bafouiller quelque chose mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, muette d'angoisse. Jusqu'à ce que la silhouette se mette à lui parler et Eileen mit un moment à comprendre que c'était de son dessin. La voix, elle l'avait déjà entendue et mais attendez... la constellation "Cassiopeia" ? Cassiopée Malory ? Elles ne se connaissaient pas bien mais elles étaient de la même année, de la même maison et avaient cours ensemble. Elles s'étaient parlé à l'occasion, sans plus. Sa camarade était souvent avec une autre fille de Serpentard, Solenn Cooper et Eileen aurait eu l'impression de déranger tant elles semblaient bien s'entendre toutes les deux. D'autant que d'un point de vue caractère, Cassiopée et elle-même semblaient aux antipodes l'une de l'autre. Eileen était toujours joyeuse, prête à faire des bêtises et vivre des aventures en tout genre alors que sa camarade semblait assez... taciturne.

"Cassiopée ? Tu m'as foutu la frousse. C'est moi, Eileen."

Ouai bon, pas sûre que la dite Cassiopée la connaisse vraiment ou, en tout cas, connaisse son nom mais c'était sorti tout seul. Et puis, elle avait encore le cœur qui battait la chamade donc c'était une bonne excuse. La dernière fois qu'elle avait flippé comme ça, c'est quand elle avait été prise en flagrant délit de balade nocturne par le Professeur Bowers alors fallait bien comprendre son stress du moment. On n'avait pas idée de faire irruption comme ça, au milieu de la nuit. Comment avait-elle fait ?

"Je ne t'ai pas vue arrivée. Tu viens d'où ?" finit-elle par dire, la voix chevrotant encore sous le coup de l'émotion.

Elle finit alors par reporter son attention sur son dessin, leva à nouveau les yeux vers le ciel et soupira. C'est vrai qu'elle n'avait pas été très rigoureuse sur son dessin mais il faut dire que c'était plus le côté artiste qui lui plaisait. Elle s'empara pourtant de sa gomme et effaça l'étoile fautive pour la déplacer un peu plus vers le nord. Voilà, le W apparaisse nettement mieux ainsi. Elle arracha alors la page et la tendit à sa camarade.

"Tiens, cadeau. Comme c'est ta constellation et que tu m'as permise de rectifier une erreur, il te revient de droit." lui dit-elle avec un grand sourire. En espérant faire plaisir à Cassiopée, bien évidemment.

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Serpentard. Elles perdraient des points, beaucoup, si on les voyait là. Deux Serpentard dans la nuit, perdues dans le monde nocturne qu'était le parc sous la lumière de la Lune. Cassiopée aimait se dire qu'elle était la seule à voir la beauté de la nuit. Mais partager cette inestimable beauté avec quelqu'un la démangeait, des fois. Son souffle fit un petit nuage devant sa bouche qui s'était étirée en une grimace qui se voulait être un sourire alors qu'elle sentait ses jambes flétrir pour s'écraser dans l'herbe. Un caillou lui écorcha la cheville et la douleur que cela lui procura l'a fit siffler comme un serpent en même temps que ses yeux s'ouvraient démesurément. Ce n'était pas profond, juste assez pour qu'une goutte du liquide carmin face son chemin de sa peau à la terre. Ça ne la dérangea pas plus que ça. Elle avait, de cette manière, l'impression de se fondre avec la nature. De toute manière, rien ne pouvait lui arriver, elle ne voyait pas la couleur de la goutte qui s'était échappée. Ses orteils se refermèrent sur des brins d'herbe alors qu'elle laissait choir son dos dans l'herbe, à quelques centimètres seulement des jambes de l'autre. Sa bouche était pâteuse quand elle l'ouvrit, résultat de ses nombreuses heures de silence. Sa main, d'ailleurs, agrippa sa gorge avec délicatesse, semblant la masser pour chasser la douleur qui s'y engouffrait. Il y eu un silence sourd avant qu'elle ne prenne le dessin que l'autre lui tendait. Le froissement venant déchirer la douce plénitude du son de l'eau qui se balançait au rythme du vent. La feuille était imprimée de la patte de l'autre. Et elle avait vraiment une belle patte. Son pouce passa tendrement sur les reliefs que les étoiles formaient sur la feuille. Pour elle, l'art était une manière bien plus intime de s'exprimer que les mots ou les gestes ne l'étaient. C'était comme coucher son cœur sur le blanc d'un cahier. Et dieu seul savait à quel point elle vouait un culte au cœur des gens. Combien elle s'intéressait aux autres, sans penser à s'intéresser à elle. Mais elle était comme ça. Derrière son armure de glace, de fer, elle n'était qu'un gosse. Et quel gosse était si antipathique au point de se foutre des autres ?

« -Éclat du Soleil*, tu as un talent. Merci. Sa voix râpa l'air comme si sa langue était une râpe à fromage. Sifflante. Une vipère. Elle serra le dessin contre sa poitrine.

Son regard se perdit sur les remous de l'eau devant elle. Dès qu'elle avait vu le parc. Le lac. Ou Poudlard, elle en était tombée amoureuse. La flèche avait traversé son cœur, dans une douleur qu'elle n'oubliait pas. Une souffrance qui faisait bien plus de bien que de mal. Celle de savoir que ces années s'évaporeraient et qu'elle ne remettrait probablement plus le pied ici. Le spectacle des étoiles remuant sur la surface noire, comme une galaxie au sol, ses yeux semblaient comme hypnotisés par leur vision. Elle s'en souviendrait. Elle remarqua qu'elle n'avait toujours pas répondu à l'autre et pointa l'arbre du doigt. Plus précisément la branche qui se tenait au dessus de son visage. Elle aimait la nature. Tout ces être vivants montraient à quel point les siècles avaient changé le château. Et c'était beau. Magnifique de savoir qu'ils étaient là bien avant eux et qu'ils y resteront bien après leur départ. Même la plus petite brindille d'herbe avait vu bien plus de chose qu'elle n'en verrait jamais. Les amours, les morts. Les amitiés ou les disputes. Au fond, la nature gardait bien mieux les secrets que tout autre chose. Elle était spectatrice de nos moindres moments de faiblesse. Mais, jamais, elle ne nous trahissait. Elle avait montré ses larmes à la nature, aux étoiles aussi. Et elles n'avaient rien dit, rien lâché aux autres. Elle aimait la nature, presque autant que le ciel et les nuages. Que la lune ou les étoiles.

-J'aimerais t'offrir quelque chose. Fille Eastwood. Mais le silence et le secret sont mes seules possessions. Peut-être, si j'avais eu mon violon, t'aurais-je joué quelque chose. Mais seul le destin aurait pu nous le dire. Dans le noir de la nuit, que fais-tu ici ? Est-ce que, comme moi, ton sommeil te jouerait des tours ?

Elle n'aimait pas dormir. Quand elle le faisait, plus aucun masque de froideur n'était assez solide pour contrer ses démons qui, dans leur monde bien plus puissants, l'assaillaient par milliers. Lui renvoyant au visage toutes ses violences, ses douleurs et sa tristesse. Elle préférait de loin restée éveillée. Surtout pour voir autant de merveille une fois que les humains assoupis ne la dérangeait plus de leur présence néfaste.


*Le prénom Eileen vient du grec hélê, « éclat du soleil ».

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Cassiopée était décidément fort étrange et déstabilisante. Sauvage était le qualificatif qui lui convenait le mieux selon Eileen et son doigt tendu vers la branche de l’arbre, désignant ainsi d'où elle venait, ne faisait qu’accentuer l’impression. Mais là où ça en aurait rebuté beaucoup - cela devait d’ailleurs être le cas vu la solitude de la Serpentard - il n’en était rien pour la jeune rousse. Sa camarade représentait un réel mystère derrière son regard triste et ça l’intriguait. Peu importe que ses réponses la mettent mal à l’aise et qu’elle ne sache pas comment y répondre. Du moins, pas du tac au tac en tout cas. Ce qui était une première pour elle qui était plutôt du genre spontané. 

En attendant, son dessin semblait lui faire plaisir au vu de sa réaction et même si le silence s’installa un long moment, Eileen se prit à sourire, cherchant à décrypter les pensées de son interlocutrice, sans succès cela va sans dire.


« Oh mais je n’attends rien en retour, tu sais. Contente que ça te plaise en tout cas. »

Elle laissa le silence tomber à nouveau quelques minutes, se mordant l'intérieur de la joue face au dilemme qui l’agitait intérieurement. Elle ne voulait pas passer pour une idiote mais, en même temps, la question la taraudait et elle avait besoin de comprendre. Aussi, le regard pointé vers les étoiles pour ne pas croiser celui de sa camarade et craindre d’y voir quelque chose qui ne lui plairait pas, elle finit par lâcher :

« Pourquoi ´Éclat du Soleil’ ? »

Elle n’avait jamais cherché la signification et l’origine de son prénom et n’avait donc aucune idée de l’allusion de Cassiopée. Surtout, tenter de comprendre ce qu’elle avait voulu par là permettait à la fillette de faire abstraction du reste de la phrase et de ne pas rougir sous le compliment de son « talent ». Non que ça se serait vu dans le noir mais somme elle n’avait pas l’habitude de montrer ses dessins, elle se sentait gênée.

« Je n’arrivais pas à dormir alors plutôt que de remuer dans mon lit... »

Elle se sentait tout à coup étrangement bête devant la façon de parler de sa camarade par rapport à la sienne. Cassiopée semblait sortir tout droit d’un livre de Shakespeare à ses mots alors qu’elle... eh bien, elle avait clairement l’impression que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure que les bouquins, ce n’était pas son truc. Elle semblait le cliché de la sportive sans cervelle et pourtant, elle n'était pas stupide. D’ailleurs, elle n’avait pas de mauvaises notes en cours. C’était juste qu’elle préférait être dehors et vivre les choses plutôt que de s’enfermer à la bibliothèque. C’était certain, même si c'était là un cliché, elle n’aurait jamais eu sa place chez les Serdaigle. Enfin, là n’était pas le sujet.

« Tu te balades souvent dans le parc la nuit ? »

Elle réalisa seulement à ce moment-là que sa camarade était pieds nus et ne put réfréner le frisson qui la parcourut. Il faisait vraiment frais pour un mois de mai, preuve en était la buée qui s'échappait à chacune de leur expiration et pourtant, elle ne paraissait nullement perturbée. A croire qu’elle ne ressentait rien et ça la rendait d’autant plus mystérieuse. Décidément, elles vivaient toutes les deux sur deux planètes complètement différentes. Était-il possible qu’elles finissent par se comprendre ? Pourraient-elles devenir amies ? Eileen n’en avait aucune idée et ne savait même pas si elle le souhaitait mais en tout cas, passé l’effet de surprise de l’irruption de sa camarade, la jeune fille était contente de cette rencontre fortuite.

« T’as l’air de t’y connaître en constellations. Tu me les montres ? »

Elle rangea alors son calepin dans son sac qu’elle posa ensuite derrière elle de sorte à lui servir d’oreiller. Elle s’installa alors confortablement sur le dos le regard tourné vers le ciel étoile qui n’avait pas un seul nuage. La Lune éclipsait leurs lueurs de sa clarté certes mais le tableau en était d’autant plus somptueux. Et apaisant. Avec un peu de chance, la discussion avec Cassiopée permettrait à Eileen de se réconcilier avec Morphée. En tout cas, ça le coûtait rien d’essayaer Et sinon, elle pourrait au moins en apprendre plus sur le ciel nocturne... et peut-être aussi sur sa mystérieuse camarade.

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Eileen était une fille plutôt étrange, mais elle n'en semblait pas moins intrigante et parfois même déstabilisante. Cassiopée n'était pas habituée à ce qu'on lui fasse des cadeaux, elle n'en avait pas eu depuis longtemps, à part ceux que Loïk lui offraient chaque année, alors elle ne comprenait pas trop pourquoi l'autre ne voulait rien en échange du magnifique présent qu'elle lui avait donné. Il semblerait que ce soit ce que les gens appellent la générosité. Offrir pour le plaisir et pas pour le profit. Elle n'attendait rien de sa part, ce qui montrait qu'elle était sûrement bien plus gentille que bon nombre de ses camarades. Elle n'était pas une experte en la matière, mais Eileen semblait être une bonne personne, et elle savait de source sûre qu'elle ne se trompait pas. L'avantage d'être silencieuse et de passer inaperçu, c'était que les conversations attiraient toujours son attention. Elle avait beaucoup entendu parlé de l'autre, et en bien. La descendante Eastwood semblait d'une humer joyeuse, assez spontanée. Somme-toute, une personne heureuse qui savait se faire des amis. Ce n'étaient que des petites observation faites avec le visage souriant de l'autre, il lui faudrait lui parler un peu plus longtemps pour bien comprendre son caractère, mais dans l'ensemble, elle ne croyait pas se tromper.

Un sourire dans la voix, elle répondit à la question posée par l'autre. C'était normal qu'elle ne sache pas ça, elle-même ne l'avait apprit que dans un des gros bouquins dont elle raffolait. »Eileen vient de Hélène. « Helê » signifie « Éclat du soleil ». J'ai pensé que cela t'allait bien. Même si la nuit semble t'ouvrir les bras. Quelques fois, sortir permet de mieux dormir quand tu reviens dans ton lit.

Elle avait remarqué que l'autre semblait gênée, même si elle ne comprenait pas trop pourquoi. Son langage, peut-être ?

»Je trouve le monde beaucoup plus beau quand la Lune brille à la place du Soleil. Les étoiles sont enchanteresses, ne trouves-tu pas ? Tout est si différent la nuit, comme un nouveau monde à explorer.

Et puis la nuit, personne ne marchait, ne courrait ou ne hurlait. Tout était calme, magnifique. Et l'autre semblait s'y intéresser, alors, doucement, elle se releva sur les coudes et entoura de ses longs doigts blancs la main de l'autre, les cicatrices de sa paume rappant contre la peau de l'autre, qui était étrangement chaude comparé à la glace dont semblait être taillée sa main. Ses longues mèches caressèrent le visage de l'autre quelques secondes tandis qu'elle se positionnait plus près d'elle, pour serrer un peu plus sa main. Si l'autre avait sentit, elle aurait comprit que l'odeur de lavande venait de ses mèches et pas d'une fleur cachée par-ci par-là. Elle souleva lentement le poignet de l'autre, avec une douceur insoupçonnée et fit en sorte que l'autre point un doigt vers une constellation semblable à une poêle. Entourant cette zone avec les doigts de l'autre, elle chuchota seulement ses mots, de peur de briser cet instant parfait, entre rêve et réalité. »Ici, c'est la Petite Ourse. Elle fit à nouveau bouger le poignet de l'autre, sans lui faire mal, vers un autre ensemble d'étoiles. Là bas, la constellation du Bélier -ou Aries- qu'on ne peut voir qu'à une certaine période de l'année. A partir du quatorze, nous pourrons voir les Gémeaux. Les étoiles cachaient tellement de choses, et elles avaient tellement d'utilités. Pour les bateaux, les romans, les photos ou encore beaucoup de choses. »Je serais ravie de t'en montrer plus.

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Ouah, sa camarade avait décidément bien plus de culture générale qu'elle... et sans doute de curiosité aussi vu qu'Eileen ne s'était même jamais posé la question de la signification de son prénom. Pour elle, c'était juste un mot que ses parents aimaient, qui sonnait bien à leurs oreilles et s'associait bien avec son nom de famille, elle n'avait pas cherché plus loin. Grâce à Cassiopée, elle voyait les choses sous un autre angle et se promit de poser la question à sa mère quand elle rentrerait pour les grandes vacances. Car elle n'imaginait pas non plus un seul instant que sa figure maternelle puisse ignorer une telle signification. Elle en était d'autant plus touchée d'ailleurs et, quelque part, ça lui paraissait presque logique. Après tout, elle était la seule enfant de sa mère. Et si elle en croyait ce que son frère lui avait dit, elle avait déjà les cheveux roux à la naissance donc ça sonnait juste. Elle esquissa donc un sourire, ravie d'avoir découvert ce petit secret qu'elle avait l'impression de partager autant avec ses parents qu'avec sa camarade.

"Tu dois beaucoup lire pour en savoir autant. Merci de me l'avoir dit." finit-elle par dire, presque timidement tant elle se sentait impressionnée par le savoir de la brune. Et petite en comparaison.

Quant à sa tirade sur la nuit, elle ne put que hocher la tête en signe d'approbation. Elle même aimait les bruits atténués qui lui étaient propres, la façon dont la lumière lunaire couvrait de gris toutes les nuances de couleur et, bien sûr, l'éclat des étoiles. Savoir qu'elle voyait encore la lumière de certaines qui étaient déjà éteintes la fascinait. Son père lui avait expliqué le phénomène mais malgré ça, la fillette trouvait ça mystérieux et magique. Poétique même. Sans compter, bien évidemment, ce qu'elle pouvait apprendre ici, à Poudlard, sur le ciel nocturne. Les centaures s'en servaient pour connaître les éléments du futur, les botanistes pour savoir quand s'occuper de certaines plantes, même en potions cela pouvait avoir des impacts sur la cueillette des ingrédients. Tout ça était définitivement fascinant et Eileen curieuse d'en savoir plus sans pour autant vouloir tout connaître pour préserver une part de ce mystère qu'elle aimait tant.

"J'aime aussi l'impression d'aventure parce que c'est interdit d'être là la nuit."

Là aussi, ça paraissait peut-être puérile, surtout dit comme ça mais elle ne savait pas comment l'exprimer autrement. Le goût de l'interdit, ça lui plaisait, elle sentait l'adrénaline parcourir ses veines à chaque bruit étrange, son cœur battant la chamade avant de se calmer. Et puis, malgré son côté sociable, elle aimait parfois être seule et, dans Poudlard, c'était parfois mission impossible. Surtout depuis qu'elle avait intégré l'équipe de Quidditch alors se promener la nuit avait ça de bon aussi.

Allongée confortablement sur l'herbe fraiche, elle se laissa alors guider dans la découverte des constellations. La seule qu'elle savait repérer était la Grande Ourse alors elle écoutait avec grande attention, essayant de prendre des repères pour pouvoir retrouver les étoiles que lui présentaient sa camarade, toute seule, plus tard. Eileen pouvait clairement passer des heures ainsi à étudier le ciel, c'était tellement beau et apaisant. Alors se laisser guider ainsi, c'était l'occasion inespérée.

"Ohh, tu ferais vraiment ça ? J'adorerais, c'est tellement beau." répondit-elle spontanément à la proposition de Cassiopée.

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