Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
25 MARS 2045
ENVOÛTEMENT
ENVOÛTEMENT

Libre. Premier poste réservé.
C’était comme une Danse. Une terrible danse. Lente et menaçante, qui te berçais de sa douce musique entraînante. Elle était chantante, douce et raffinée. Elle était belle, tout simplement parce qu’elle était au naturel. Sans artifice, juste Elle. Et elle dansait, si bien, elle dansait, tu en serais morte d’amour, si tu ne la détestais pas. Pour la Vérité, Enfant, elle te faisait peur. Une Peur Bleue, d’un bleu foncé touchant vers le Néant. Elle t’appelait, te demandait de la rejoindre, d’entrer dans sa lente valse du temps. Danser pieds nus, Danser encore et encore avec Elle. Emporté dans un tourbillon d’émotion, qui laisserait glacé ton corps frêle, tremblant de cette vague enchanteresse. Et Elle insistait, cette danseuse, elle te voulait toi, elle voulait ton corps collé au siens, et de ses baisers glacés qui t’auraient déchirés le cœur, déchirés le parc de tes cris de souffrance. Tu la regardais tendre ses bras vers toi, tenter de te toucher, de t’attirer et de te charmer de ce tendre chant mélancolique. Ce chant que tu connaissais si bien, qui te faisais peur. *Peur.* Si peur. Et tu résistais, encore et encore, à cet appel, à cette demande. Tu résistais et la regardais avec haine, si puissante et déstabilisante pour les Autres, mais cette même haine, à Elle, ne lui faisait point peur. On aurait dit qu’elle s’en délectait, qu’elle en voulait plus encore. Elle connaissait bien ta faiblesse, s’en nourrissait avec ce rire cristallin qui te fait frémir. Si peur… Et Elle Dansait. Chantait ce désir fou qui te bouffait le ventre. Et tu as bien failli tomber dans son piège, à cette Danseuse, tu as failli la rejoindre. Qu’elle t’enveloppe dans ses bras et te berces de cette douce mélodie d’amour. Mais tu es revenu à la réalité, si vite, ça t’en as coupé le souffle.
Alors tu es tombée, face à cette Danseuse. À genoux, l’implorant de te laisser tranquille, de ne pas t’obliger à rentrer dans la Danse. Tes supplices silencieux l’ont arrêtée. Elle a arrêté de te charmer. Mais le Chant vibrait encore en toi, et Elle n’a pas arrêté de Danser. Elle t’a laissé, lassée d’essayer. Essayer de te convaincre de rejoindre les flots. Alors tu la regardes Danser, se mouvoir dans l’Infini. Tu la regardes, à genoux devant cette majestueuse Antique. Et Elle Danse, danse encore et encore. Jamais elle ne s’épuise. Et Elle sourit. Et Elle Chante. Alors tu regardes. Alors tu écoutes. Tu fermes les yeux, dévores de tes oreilles sa voix divine qui te revient en Écho d’Amour.
Et Elle Chante.
Et tu écoutes.
Et Elle Chante encore.
Tu aimes ce chant.
Et Elle Chante.
D’une voix si douce.
Et Elle Danse.
Tu le sens.
Et Elle Danse de plus belle.
Si envoûtante.
Et Elle Danse.
Tu ne veux pas qu’Elle s’arrête.
Et Elle Danse.
Envoûte.
*J’ai peur.*
Non, Enfant.
Si sublime.
Et Elle Danse.
L’Eau.
Envoûte.
*J’ai peur.*
Non, Enfant.
Si sublime.
Et Elle Danse.
L’Eau.
Dernière modification par Ashley Swan le 18 juin 2020, 14:01, modifié 1 fois.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
Un souffle.
Un frémissement sur le lac. Un instant de doute dans cette Danse si pure.
Une Danse si douce, si apaisante, mais que la Danseuse la force à regarder.
Alison voudrait pouvoir arrêter ces miroitements enchanteurs, ces murmures caressants, ces invitations silencieuses.
Elle contemple son reflet dans cette Danse, son reflet où elle apparaît avec les cheveux coupés et les mains sanglantes.
Alison recule. Elle veut s'arracher à cette contemplation, à cette chanson si douce mais aussi affutée que des lames. Des lames si fines, qu'elles ne blessent pas. Pas tout de suite.
Elles pénètrent la chair, s'y installent et une fois à leurs places, elles fondent, s'écoulant dans le corps de sa proie.
Et alors, la proie reste pétrifiée devant tant de justesse et de volupté.
Elle écoute et elle sent, elle ne fait plus qu'un avec elle. Elle veut vivre avec elle, rire avec elle, pleurer avec elle. Elle veut être la danseuse, être en cet instant un morceau de sa création, de sa pureté, de son imagination.
Cette Danseuse mortelle ne parle qu'à ceux qui savent écouter.
Mais il y a eu ce souffle. Et cette feuille qui a arrachée Alison au piège de ce mirage parfait. Ce rêve éveillé. Cette illusion où elle était prête à se damner pour elle.
Alors elle recule. Loin. Pour ne plus être hypnotisée par les remous renfermant des myriades de couleurs. Pour ne plus être hypnotisée par ses gestes et sa voix. Elle ne veut plus entendre cette Sirène, elle ne veut plus!
Viens à moi, petite.
Non!
Viens...Tu ne seras plus jamais seule...
Non!
Alison essayait de lutter contre les images qui brûlaient ses yeux, comme formées par un kaléidoscope renfermant une partie d'arc-en-ciel.
Mais sous cet arc-en-ciel, le Vide. Celui avec une majuscule, qui fait si peur aux hommes, qui vous tord les entrailles lorsque vous vous penchez pour le laisser vous convaincre de faire cet insignifiant petit pas libérateur, en haut de la tour.
Et seulement alors, elle s'aperçoit de sa présence.
Il y a une Autre avec toi.
Une Autre qui n'a pas été perturbée dans sa contemplation par la feuille.
Une Autre à genoux.
Une Autre captivée par la Danse.
Alors tu t'approches. Tu t'approches de cette Autre pour oublier la voix.
Tu approches vers cette Autre, qui renvoie des échos de ce chant vers toi.
Viens à moi, petite...
Alison ne résiste plus. Les yeux clos sur ce Vide, elle le laisse la guider jusqu'à l'Autre.
Viens à moi...
Une harmonie pure, une courbe dans l'infini.
A Moi...
Elle ne veut pas que le chant parte! Elle en a un besoin vital. Il est son cœur, son âme. Et ne plus l'entendre, c'est la tuer à petit feu. Un petit feu brûlant, qui lui mord les entrailles, faisant trembler ses épaules frêles, faisant revenir la vision de son Reflet aux cheveux coupés, lui ôtant le sens de sa présence ici et de son rôle dans l'équilibre aussi fragile qu'elle dans monde, la couper de ses racines, la priver de son soleil.
Moi...
Elle mit sa main sur l'épaule de l'Autre.
La musique l'envahit, lui faisant perdre pied, l'entraînant dans le Vide qu'elle avait tant refoulé.
Le Noir l'envahit.
Un frémissement sur le lac. Un instant de doute dans cette Danse si pure.
Une Danse si douce, si apaisante, mais que la Danseuse la force à regarder.
Alison voudrait pouvoir arrêter ces miroitements enchanteurs, ces murmures caressants, ces invitations silencieuses.
Elle contemple son reflet dans cette Danse, son reflet où elle apparaît avec les cheveux coupés et les mains sanglantes.
Alison recule. Elle veut s'arracher à cette contemplation, à cette chanson si douce mais aussi affutée que des lames. Des lames si fines, qu'elles ne blessent pas. Pas tout de suite.
Elles pénètrent la chair, s'y installent et une fois à leurs places, elles fondent, s'écoulant dans le corps de sa proie.
Et alors, la proie reste pétrifiée devant tant de justesse et de volupté.
Elle écoute et elle sent, elle ne fait plus qu'un avec elle. Elle veut vivre avec elle, rire avec elle, pleurer avec elle. Elle veut être la danseuse, être en cet instant un morceau de sa création, de sa pureté, de son imagination.
Cette Danseuse mortelle ne parle qu'à ceux qui savent écouter.
L'eau.
Mais il y a eu ce souffle. Et cette feuille qui a arrachée Alison au piège de ce mirage parfait. Ce rêve éveillé. Cette illusion où elle était prête à se damner pour elle.
Alors elle recule. Loin. Pour ne plus être hypnotisée par les remous renfermant des myriades de couleurs. Pour ne plus être hypnotisée par ses gestes et sa voix. Elle ne veut plus entendre cette Sirène, elle ne veut plus!
Viens à moi, petite.
Non!
Viens...Tu ne seras plus jamais seule...
Non!
Alison essayait de lutter contre les images qui brûlaient ses yeux, comme formées par un kaléidoscope renfermant une partie d'arc-en-ciel.
Mais sous cet arc-en-ciel, le Vide. Celui avec une majuscule, qui fait si peur aux hommes, qui vous tord les entrailles lorsque vous vous penchez pour le laisser vous convaincre de faire cet insignifiant petit pas libérateur, en haut de la tour.
Et seulement alors, elle s'aperçoit de sa présence.
Il y a une Autre avec toi.
Une Autre qui n'a pas été perturbée dans sa contemplation par la feuille.
Une Autre à genoux.
Une Autre captivée par la Danse.
Alors tu t'approches. Tu t'approches de cette Autre pour oublier la voix.
Tu approches vers cette Autre, qui renvoie des échos de ce chant vers toi.
Viens à moi, petite...
Alison ne résiste plus. Les yeux clos sur ce Vide, elle le laisse la guider jusqu'à l'Autre.
Viens à moi...
Une harmonie pure, une courbe dans l'infini.
A Moi...
Elle ne veut pas que le chant parte! Elle en a un besoin vital. Il est son cœur, son âme. Et ne plus l'entendre, c'est la tuer à petit feu. Un petit feu brûlant, qui lui mord les entrailles, faisant trembler ses épaules frêles, faisant revenir la vision de son Reflet aux cheveux coupés, lui ôtant le sens de sa présence ici et de son rôle dans l'équilibre aussi fragile qu'elle dans monde, la couper de ses racines, la priver de son soleil.
Moi...
Elle mit sa main sur l'épaule de l'Autre.
La musique l'envahit, lui faisant perdre pied, l'entraînant dans le Vide qu'elle avait tant refoulé.
Le Noir l'envahit.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
Tu ne sais combien de temps tu es restée là, face à Elle. Près d’Elle, non loin de son chant et de sa Danse. Tu es restée à genoux, les yeux fermée et te délectant du clapotis de ses pieds sur la berge de terre mouillée. Emportée dans une transe divine, perdue au milieu de cet océan de sens. Tu es restée, près d’elle. Vaincre cette peur qui te noue le ventre, cette peur terrible. Ça n’en avait pas l’air, comme ça. On aurait dit deux vieilles amies se retrouvant après une longue absence. Mais vous ne vous étiez jamais connu, avant cet échange. *Elle sait tout* L’Eau. *Elle Danse.* L’Eau. En Transe. Cette fée, monstre de tes Cauchemars. Si violente, mais si lente. Elle est belle, sans doute voudrait-elle te bouffer. T’avaler entière. *Sans doute* L’Eau. Tu ne la touche pas, elle pourrait t’embrasser de ses bras ténébreux. Sûrement qu’Elle en profiterait, si la barrière venait à être franchir. Sûrement qu’Elle t’attraperait. *Si jamais* L’Eau. Elle ne te laisserait pas repartir. Elle te prendrait par la main, te sourirait et te chanterait au creux de l’oreille. *Le Chant de la Mer* L’Eau. Elle t’emporterait au loin, jusqu’à ce que tes pieds ne sentent plus le doux sable et les coquillages.
*Et alors...* L’Eau. Elle t’enfoncerait, t’emmènerait loin de tout, te serrant si fort dans ses bras que tes poumons te brûleraient. T’embrassant si fort, que tu ne pourrais plus respirer. *Et alors* L’Eau. Cette amour, si puissant, si unique, te ferait battre le cœur. Si fort, si vite. *Je l’aime !* L’Eau. De plus en plus vite, les battements. Si vite… Qu’enfin, ils s’arrêteront, épuisés d’avoir tant aimé. Morte d’Amour. Et jamais, on ne te retrouverait. *Je t’aime ?* L’Eau.
Et soudain, le Néant t’emporte. Il te transperce l’épaule avec violence, comme une boule de feu, brûlante, face à la fraîcheur de l’après-midi. Violent. *Si Violent !* L’Eau. Tu as cru que c’était Elle. Si Peur. Qu’Elle venait te chercher. Qu’Elle n’avait pas respecter le Pacte. Mais non. *Si c’est pas* L’Eau. Alors qui ? Un Autre. Un être. Quelqu’un. Un. Inconnu. *Monstre.* L’Eau. Elle a rien fait.
Tu ouvres les yeux, et d’un bond, te décales violemment du corps. Tu ne peux contenir cette rage. Si *Violente. Pire que* L’Eau.
- Qu’es s’tu fou Toi ?
Tu gueules, tu lui hurles dessus. *La tue* L’Eau. Elle a osé. Tu lui craches les Mots à la gueule. Elle a tout cassé. Elle a brisé *le lien.* Avec l’Eau. Elle.
Tout est partie en fumé. Mais l’Eau continuait de Danser.
*Et alors...* L’Eau. Elle t’enfoncerait, t’emmènerait loin de tout, te serrant si fort dans ses bras que tes poumons te brûleraient. T’embrassant si fort, que tu ne pourrais plus respirer. *Et alors* L’Eau. Cette amour, si puissant, si unique, te ferait battre le cœur. Si fort, si vite. *Je l’aime !* L’Eau. De plus en plus vite, les battements. Si vite… Qu’enfin, ils s’arrêteront, épuisés d’avoir tant aimé. Morte d’Amour. Et jamais, on ne te retrouverait. *Je t’aime ?* L’Eau.
Je t’aime.
Je t’aime.
Je t’aime ?
Je t’aim…
Je t’ai…
Je t’hais…
Je te hais...
Je te hais.
Je te déteste.
L’Eau.
Je t’aime.
Je t’aime ?
Je t’aim…
Je t’ai…
Je t’hais…
Je te hais...
Je te hais.
Je te déteste.
L’Eau.
Et soudain, le Néant t’emporte. Il te transperce l’épaule avec violence, comme une boule de feu, brûlante, face à la fraîcheur de l’après-midi. Violent. *Si Violent !* L’Eau. Tu as cru que c’était Elle. Si Peur. Qu’Elle venait te chercher. Qu’Elle n’avait pas respecter le Pacte. Mais non. *Si c’est pas* L’Eau. Alors qui ? Un Autre. Un être. Quelqu’un. Un. Inconnu. *Monstre.* L’Eau. Elle a rien fait.
Tu ouvres les yeux, et d’un bond, te décales violemment du corps. Tu ne peux contenir cette rage. Si *Violente. Pire que* L’Eau.
- Qu’es s’tu fou Toi ?
Tu gueules, tu lui hurles dessus. *La tue* L’Eau. Elle a osé. Tu lui craches les Mots à la gueule. Elle a tout cassé. Elle a brisé *le lien.* Avec l’Eau. Elle.
Tout est partie en fumé. Mais l’Eau continuait de Danser.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
Des cris. Des hurlements. De la fureur.
Il y a tout ça dans les Mots de la deuxième Autre en face d’elle.
Alison à l'habitude.
Des Mots violents. Ceux qui annoncent les tempêtes. Et elle, elle est perdue, sur un petit bateau de papier. Perdu sur l’océan de ces Mots. La Danseuse s’est métamorphosée. Elle est les Mots. Et les Mots roulent, enflent, menacent de te noyer, t’anéantir, jusqu’à ce qu’il ne reste d’elle que des paillettes d’argent liquides au goût de sel.
Douleur. L'autre a brisé son lien. Son lien avec l'Eau.
Non, pas elle. Elle n'avait rien fait. C'est de sa faute, à elle. A Alison.
Elle a brisé le lien de l'autre.
L'autre a le droit de lui hurler dessus. Elle a laissé son moment de douceur et de confidence s'envoler dans les airs. Elle était alors fascinée. Puis elle l'avait effleurée, cette douceur.
Elle l'avait abattue en plein vol.
L'autre lui fait peur. Est-ce qu'elle peut la voir, elle, Alison?
C'est une première année, à Gryffondor d'après son uniforme.
Elle enfonce la tête dans ses épaules. Alison veut plus écouter. Elle veut plus. Elle veut plus entendre ces Mors, qui la giflent, lui laissent un goût acre dans la bouche, lui donnant envie de vomir.
Elle sent un filet métallique et chaud dégouliner sur sa lèvre.
Du sang.
C'est l'autre qui a fait ça? Ou c'est elle?
Elle essuie son nez avec sa manche puis elle laisse finalement le sang couler.
Une fêlure sur le masque de son visage sombre, d'ordinaire juste illuminé par des yeux trop verts.
Elle voudrait parler.
Un mot.
Pour pouvoir s'enfuir ensuite.
Elle voulait plus voir l'autre.
L'autre avec son regard terrible, ses Mots terribles, son visage terrible.
Mais les Mots peuvent pas sortir. Ils sont trop faibles face à cet ouragan violent qui lui fond comme milles serres acérées d'oiseaux de proie.
Elle espère un soutien de l'Eau. Mais la Danseuse ne réagit pas à ce qui lui arrive, et elle continue à se mouvoir doucement, si sensuelle, si attirante, si désirable.
L'Eau est d'accord avec l'autre. Elle te reproche d'avoir brisé le lien. Elle voulait faire découvrir ses secrets à l'autre, lui murmurant ses paroles aussi douces que du velours, vous enveloppant jusqu'à ce que vous ne puissiez plus bouger. Et alors elle vous embrassait. Sauvagement. Et vous sombrez dans ses bras, bleus, si bleus. Aussi bleus que la nuit et l'univers.
Cette voix l'enveloppe de ses douces ailes soyeuses et réconfortantes.
Elle la protège de ces Mots.
Elle lui murmure quoi faire.
Alors, Alison l'écoute.
Elle rouvre les yeux.
Émeraudes brutes s'entrechoquant contre Saphirs cendrés profonds, noyés de rage et de douleur.
Elle comprend.
Elle est désolée.
C'est un souffle dans sa tête, inaudible, destiné au cœur.
Elle s'en veut d'avoir détruit cette communion.
Elle s'en veut d'être de trop.
Elle s'en veut d'avoir interrompu la Danseuse.
Elle s'en veut.
-Pardon
Hrmm. J'espère m'en être bien tirée @Ashley Swan
...
Il y a tout ça dans les Mots de la deuxième Autre en face d’elle.
L'autre hurle.
Alison à l'habitude.
L'autre crache ses Mots.
Des Mots violents. Ceux qui annoncent les tempêtes. Et elle, elle est perdue, sur un petit bateau de papier. Perdu sur l’océan de ces Mots. La Danseuse s’est métamorphosée. Elle est les Mots. Et les Mots roulent, enflent, menacent de te noyer, t’anéantir, jusqu’à ce qu’il ne reste d’elle que des paillettes d’argent liquides au goût de sel.
Douleur. L'autre a brisé son lien. Son lien avec l'Eau.
Non, pas elle. Elle n'avait rien fait. C'est de sa faute, à elle. A Alison.
Elle a brisé le lien de l'autre.
L'autre a le droit de lui hurler dessus. Elle a laissé son moment de douceur et de confidence s'envoler dans les airs. Elle était alors fascinée. Puis elle l'avait effleurée, cette douceur.
Elle l'avait abattue en plein vol.
L'autre lui fait peur. Est-ce qu'elle peut la voir, elle, Alison?
C'est une première année, à Gryffondor d'après son uniforme.
Elle enfonce la tête dans ses épaules. Alison veut plus écouter. Elle veut plus. Elle veut plus entendre ces Mors, qui la giflent, lui laissent un goût acre dans la bouche, lui donnant envie de vomir.
Elle sent un filet métallique et chaud dégouliner sur sa lèvre.
Du sang.
C'est l'autre qui a fait ça? Ou c'est elle?
Elle essuie son nez avec sa manche puis elle laisse finalement le sang couler.
Une fêlure sur le masque de son visage sombre, d'ordinaire juste illuminé par des yeux trop verts.
Elle voudrait parler.
Un mot.
Pour pouvoir s'enfuir ensuite.
Elle voulait plus voir l'autre.
L'autre avec son regard terrible, ses Mots terribles, son visage terrible.
Mais les Mots peuvent pas sortir. Ils sont trop faibles face à cet ouragan violent qui lui fond comme milles serres acérées d'oiseaux de proie.
Elle espère un soutien de l'Eau. Mais la Danseuse ne réagit pas à ce qui lui arrive, et elle continue à se mouvoir doucement, si sensuelle, si attirante, si désirable.
L'Eau est d'accord avec l'autre. Elle te reproche d'avoir brisé le lien. Elle voulait faire découvrir ses secrets à l'autre, lui murmurant ses paroles aussi douces que du velours, vous enveloppant jusqu'à ce que vous ne puissiez plus bouger. Et alors elle vous embrassait. Sauvagement. Et vous sombrez dans ses bras, bleus, si bleus. Aussi bleus que la nuit et l'univers.
"Alison. Petit oiseau".
Cette voix l'enveloppe de ses douces ailes soyeuses et réconfortantes.
Elle la protège de ces Mots.
Elle lui murmure quoi faire.
Alors, Alison l'écoute.
Elle rouvre les yeux.
Émeraudes brutes s'entrechoquant contre Saphirs cendrés profonds, noyés de rage et de douleur.
Elle comprend.
Elle est désolée.
"Pardon"
C'est un souffle dans sa tête, inaudible, destiné au cœur.
"Pardon"
Elle s'en veut d'avoir détruit cette communion.
"Pardon"
Elle s'en veut d'être de trop.
"Pardon"
Elle s'en veut d'avoir interrompu la Danseuse.
"Pardon"
Elle s'en veut.
-Pardon
Hrmm. J'espère m'en être bien tirée @Ashley Swan
Dernière modification par Alison Morrow le 23 juin 2020, 11:26, modifié 3 fois.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
Tu cris les Mots, ta bouche se déforme horriblement. Tu laisses ce monstre sans pitié prendre le dessus, ce monstre ignoble qui déjà a fait verser des larmes et détruit plus d’un. Colère. Elle vient d’un coup, féroce, te faisant serrer dents et poings, plissant tes yeux galactiques en deux fentes malsaines. Ton nez se plisse, tes sourcils grondent et les traits de ton visage enfantin se tirent en une moue dédaigneuse et furieuse. Ton corps tremble à chaque mot, assit sur le sol, t’accrochant à la terre est aux herbes pour ne pas perdre pied dans l’Infini. Colère est terrible, comme une tempête irréelle qui engouffre les marins dans sa gorge ténébreuse. La Tempête *C’est Moi.* Et le marin, seul sur son navire *C’est Elle.* Cette Inconnue, qui a tout brisé, qui est responsable de son propre malheur. Le marin ne peut résister aux secousses qui ébranlent son bateau, et tu le sais. Et bientôt, le radeau sera emporté, et le marin avec lui.
Mais pourquoi, Colère, pourquoi es-tu là ?
Mais qu’a-t-Elle fait, pour mériter tes foudres ?
N’est-ce pas une réaction trop violente, pour si peu ?
Mais encore ?
Mais encore ?
Mais encore ?
Sauf…
Et soudain, la Tempête engloutit le marin. Tu ne sais comment, mais elle lui déchire l’Être. Et l’Âme saigne. Tu regardes, impuissante, la goutte rouge, tel une larme pourpre, onduler et partir, loin de sa narine, vers son cou. Suivit de ses consœurs, suivit des traits sanglant, qu’Elle tente d'effacer, mais qui sont bien trop puissant. Alors, sous tes yeux, Elle laisse couler le sang.
Colère disparaît, si vite, alors que ton cœur s’affole. *Le Sang.* Partout, du Rouge sur son visage. *Le Sang.* Qui te figes et te rappelles bien des souvenirs. *Le Sang.* Encore et encore, qui ne s’arrête plus. Et cette envie de vomir, cette peur qui te prend, face au *Sang* tu es si faible. Face au *Sang* tu t’effondres. Les yeux comme fous, la main qui couvre ta bouche, et ne peut empêcher ta respiration de revenir, violente, faisant enfler tes poumons. C’est trop *De Sang.* Trop.
Elle lâche un Mot, sans doute, car sous le *Sang*, tu aperçois ses lèvres bouger. Mais tu n’entends pas, fermes les yeux, horrifiée et choquée. Les larmes aux yeux, terrifiés par cette vision que l’Inconnue t’offre. *Elle peut pas me faire ça... Elle a pas le droit !* Pas le droit.
- Enlève le sang ! S’il te plaît, fais-le disparaître...
Mais pourquoi, Colère, pourquoi es-tu là ?
Parce que, Enfant, l’Insouciante a osé.
Mais qu’a-t-Elle fait, pour mériter tes foudres ?
Elle t’a touché, Enfant, Elle a frôlé ton épaule.
N’est-ce pas une réaction trop violente, pour si peu ?
Enfant, il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas.
Mais encore ?
Enfant, cela te rappelle les coups.
Mais encore ?
Enfant, ton Inconscient refuse de se souvenir.
Mais encore ?
Enfant, Personne ne doit te toucher.
Sauf…
Personne.
Et soudain, la Tempête engloutit le marin. Tu ne sais comment, mais elle lui déchire l’Être. Et l’Âme saigne. Tu regardes, impuissante, la goutte rouge, tel une larme pourpre, onduler et partir, loin de sa narine, vers son cou. Suivit de ses consœurs, suivit des traits sanglant, qu’Elle tente d'effacer, mais qui sont bien trop puissant. Alors, sous tes yeux, Elle laisse couler le sang.
Colère disparaît, si vite, alors que ton cœur s’affole. *Le Sang.* Partout, du Rouge sur son visage. *Le Sang.* Qui te figes et te rappelles bien des souvenirs. *Le Sang.* Encore et encore, qui ne s’arrête plus. Et cette envie de vomir, cette peur qui te prend, face au *Sang* tu es si faible. Face au *Sang* tu t’effondres. Les yeux comme fous, la main qui couvre ta bouche, et ne peut empêcher ta respiration de revenir, violente, faisant enfler tes poumons. C’est trop *De Sang.* Trop.
Elle lâche un Mot, sans doute, car sous le *Sang*, tu aperçois ses lèvres bouger. Mais tu n’entends pas, fermes les yeux, horrifiée et choquée. Les larmes aux yeux, terrifiés par cette vision que l’Inconnue t’offre. *Elle peut pas me faire ça... Elle a pas le droit !* Pas le droit.
- Enlève le sang ! S’il te plaît, fais-le disparaître...
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
- Enlève le sang ! S’il te plaît, fais-le disparaître...
Elle pleure ? Pourquoi ? C’est ta faute ? C’est la sienne ?
Elle est recroquevillée par terre. Elle a peur. Elle a mal. C’était toi ? C’était elle ? Qu’est-ce qu’elle en savait au fond ?
Elle voulait s’enfuir maintenant. C’était une rencontre. Une rencontre ? Une brisure ? Une rencontre contenant Peur et Douleur. Tempête et Colère. Tristesse et Repenti. Une rencontre, vraiment ?
Tu repenses à la Danseuse, spectatrice silencieuse. Elle est belle.*Mortelle*. Elle la veut pour elle. L’être devant toi lui a parlé plus longtemps que toi.
* Jalousie.*
La danseuse. Elle plonge sa manche dedans. Froid mordant, épines de glace remontant jusque dans son cœur. Elle veut lui chuchoter ses Mots plus près. Laisse-la approcher. Douleur ? Non.
Elle lui parle. Alison se relève et passe le tissu frais sur son visage. L’eau s’évapore après avoir dessiné des arabesques rosées sur ses joues et sa nuque.
Le sang est parti. Son visage de porcelaine est de nouveau lisse et nette.
Pourtant la brisure reste. Au fond de son cœur. Elle a envie de hurler. Qui est la fille devant elle? Peut-on appeler ça un être ? Cet enfant, pas encore grand. Cet Enfant, qui en sait déjà trop sur le *Noir*. Cet Enfant qui ne peut plus grandir. Cet Enfant qui ne peut plus Vivre.
La Vie. Cette magnifique et effroyable chose, lumineuse, qui vous embrase de sa lueur sombre, faisant naître un feu noir sous votre poitrine, phénix sombre dévorant votre âme.
C’était cela. L’Enfant était Âme. Âme scintillante de Douleur. Âme dansante dans le noir, comme un malheur dont les Plumes avaient été brûlées par la Vie.
C’était une saleté cette vie. Un jeu affreux, abominable, qui aime vous faire Danser jusqu’à ce que vous tombiez sur le sol. Et alors, cette infâme Vie s’enroule autour de vous, vous comprime. Vous tue.
L’Enfant pleure. Des sillons brillants de nacre, qui roulent sur ses joues pâles. Elle te hait ? Ou tu la hais ? Tu hais la Danseuse. Tu hais cette façon qu’elle a de se mouvoir, de vous cajoler avec ces belles promesses.
T’aime pas les promesses.
Elle veut partir. Mais elle peut pas. Elle peut pas faire ça.
A la fille.
A la danseuse.
A elle.
« Pleure pas. Faut pas pleurer. »
Elle s’assoit dans l’herbe. En face de la fille. Elle veut voir son visage consumé de Douleur. Elle veut voir ses yeux de saphirs cendrés. Elle veut la voir. Elle veut comprendre. Elle veut l’aider. Elle veut la protéger. Ou tomber dans les bras de la Danseuse, jusqu’à ce qu’elle lui vide les poumons de ses caresses. Jusqu’à ce que le Noir soit si profond qu’il devienne Lumière. Jusqu’à ce que son cœur s’apaise. Dans Ténèbres. Ces Ténèbres qu’est la fille.
« J’m’appelle Alison. »
Elle pleure ? Pourquoi ? C’est ta faute ? C’est la sienne ?
Elle est recroquevillée par terre. Elle a peur. Elle a mal. C’était toi ? C’était elle ? Qu’est-ce qu’elle en savait au fond ?
Elle voulait s’enfuir maintenant. C’était une rencontre. Une rencontre ? Une brisure ? Une rencontre contenant Peur et Douleur. Tempête et Colère. Tristesse et Repenti. Une rencontre, vraiment ?
Tu repenses à la Danseuse, spectatrice silencieuse. Elle est belle.*Mortelle*. Elle la veut pour elle. L’être devant toi lui a parlé plus longtemps que toi.
* Jalousie.*
La danseuse. Elle plonge sa manche dedans. Froid mordant, épines de glace remontant jusque dans son cœur. Elle veut lui chuchoter ses Mots plus près. Laisse-la approcher. Douleur ? Non.
Elle lui parle. Alison se relève et passe le tissu frais sur son visage. L’eau s’évapore après avoir dessiné des arabesques rosées sur ses joues et sa nuque.
Le sang est parti. Son visage de porcelaine est de nouveau lisse et nette.
Pourtant la brisure reste. Au fond de son cœur. Elle a envie de hurler. Qui est la fille devant elle? Peut-on appeler ça un être ? Cet enfant, pas encore grand. Cet Enfant, qui en sait déjà trop sur le *Noir*. Cet Enfant qui ne peut plus grandir. Cet Enfant qui ne peut plus Vivre.
La Vie. Cette magnifique et effroyable chose, lumineuse, qui vous embrase de sa lueur sombre, faisant naître un feu noir sous votre poitrine, phénix sombre dévorant votre âme.
C’était cela. L’Enfant était Âme. Âme scintillante de Douleur. Âme dansante dans le noir, comme un malheur dont les Plumes avaient été brûlées par la Vie.
C’était une saleté cette vie. Un jeu affreux, abominable, qui aime vous faire Danser jusqu’à ce que vous tombiez sur le sol. Et alors, cette infâme Vie s’enroule autour de vous, vous comprime. Vous tue.
L’Enfant pleure. Des sillons brillants de nacre, qui roulent sur ses joues pâles. Elle te hait ? Ou tu la hais ? Tu hais la Danseuse. Tu hais cette façon qu’elle a de se mouvoir, de vous cajoler avec ces belles promesses.
T’aime pas les promesses.
Elle veut partir. Mais elle peut pas. Elle peut pas faire ça.
A la fille.
A la danseuse.
A elle.
« Pleure pas. Faut pas pleurer. »
Elle s’assoit dans l’herbe. En face de la fille. Elle veut voir son visage consumé de Douleur. Elle veut voir ses yeux de saphirs cendrés. Elle veut la voir. Elle veut comprendre. Elle veut l’aider. Elle veut la protéger. Ou tomber dans les bras de la Danseuse, jusqu’à ce qu’elle lui vide les poumons de ses caresses. Jusqu’à ce que le Noir soit si profond qu’il devienne Lumière. Jusqu’à ce que son cœur s’apaise. Dans Ténèbres. Ces Ténèbres qu’est la fille.
« J’m’appelle Alison. »
Dernière modification par Alison Morrow le 20 févr. 2021, 18:08, modifié 2 fois.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
Tes mains viennent rapidement couvrir tes yeux déjà fermés. Comme une double protection face à l’horreur de la scène. Cette peur qui te tord le ventre, qui fait frémir ton être, et donne des coups-de-poing dans ta poitrine. Comme un énorme poids qui te compresse les poumons, accélère ta respiration alors que tu t’étouffes à vivre.
Dans ta détresse, une larme t’échappe, et glisse sur ta peau avec une douceur enivrante. Tu la sens rouler vers le creux de ton cou, silencieuse et rassurante. Elle est seule, si seule, cette petite larme, elle te fait peine. Alors tu en lâche une deuxième, qui vient la rejoindre. Pour qu’elle se sente moins seule, cette larme. Petite Larme.
Les tiennes sont transparentes, brillantes d’un éclat nacré, douces, salées de tes peurs et de tes colères. Les siennes, tu les imagines tremblantes, derrière tes paupières closent, tranchantes, si maléfiques de ce pourpre maudit. Pleurant du sang, se l’étalant sur la face, lécher les plaies, criant de rage. L’Autre.
Et sa voix te transperce. Tes yeux s’ouvrent, si grand, derrière tes mains qui les cachent encore. Ces mots-là. Ils ne doivent pas être. Ça t’en coupe la respiration. Le coup était plus violent. Et ces Mots *Les miens !* qui roulent à présent dans ta tête, et ne veulent pas partir avec les larmes, imbiber tes vêtements.
Et les larmes, qui n’arrivent plus à quitter leur nid, qui s’accumulent en toi, jusqu’à noyer ton corps dans cette mer de souvenir. *Faut pas pleurer* Enfant. Était-ce réel, cette nuit-là ? Était-elle bien là, celle aux Démons ? Celle que tu as fuie, lâchement ? Réelle, cette Autre, qui pleurait le Mal, qui souffrait à la clarté de la Lune ? Réelle, cette Histoire, voulait-elle te donner ses démons, rien qu’un instant ? Se libérer de son poids, juste un moment.
Te noyer dans ses désespoirs, peut-être bien à jamais. Car ses paroles, elles t’auraient tuées. Mais tu lui a échappé.
Tes mains se baissent, découvrent ton visage, et effacent sur leur passage les traces de tristesse. Tu la regardes, nies, ne veux pas y croire. Heureusement pour ta vision, le sang n’est plus, et cela apaise la peur. Elle se baisse, son corps atteint le sol devant toi, alors qu’elle te fixe. Mais elle n’a point le droit. De voler tes Mots.
- J’pleure pas ! Et je m’en fous de ton prénom.
Méchante. Mais la Nommée a tout Brisé.
Dans ta détresse, une larme t’échappe, et glisse sur ta peau avec une douceur enivrante. Tu la sens rouler vers le creux de ton cou, silencieuse et rassurante. Elle est seule, si seule, cette petite larme, elle te fait peine. Alors tu en lâche une deuxième, qui vient la rejoindre. Pour qu’elle se sente moins seule, cette larme. Petite Larme.
Les tiennes sont transparentes, brillantes d’un éclat nacré, douces, salées de tes peurs et de tes colères. Les siennes, tu les imagines tremblantes, derrière tes paupières closent, tranchantes, si maléfiques de ce pourpre maudit. Pleurant du sang, se l’étalant sur la face, lécher les plaies, criant de rage. L’Autre.
Et sa voix te transperce. Tes yeux s’ouvrent, si grand, derrière tes mains qui les cachent encore. Ces mots-là. Ils ne doivent pas être. Ça t’en coupe la respiration. Le coup était plus violent. Et ces Mots *Les miens !* qui roulent à présent dans ta tête, et ne veulent pas partir avec les larmes, imbiber tes vêtements.
Et les larmes, qui n’arrivent plus à quitter leur nid, qui s’accumulent en toi, jusqu’à noyer ton corps dans cette mer de souvenir. *Faut pas pleurer* Enfant. Était-ce réel, cette nuit-là ? Était-elle bien là, celle aux Démons ? Celle que tu as fuie, lâchement ? Réelle, cette Autre, qui pleurait le Mal, qui souffrait à la clarté de la Lune ? Réelle, cette Histoire, voulait-elle te donner ses démons, rien qu’un instant ? Se libérer de son poids, juste un moment.
Te noyer dans ses désespoirs, peut-être bien à jamais. Car ses paroles, elles t’auraient tuées. Mais tu lui a échappé.
Tes mains se baissent, découvrent ton visage, et effacent sur leur passage les traces de tristesse. Tu la regardes, nies, ne veux pas y croire. Heureusement pour ta vision, le sang n’est plus, et cela apaise la peur. Elle se baisse, son corps atteint le sol devant toi, alors qu’elle te fixe. Mais elle n’a point le droit. De voler tes Mots.
- J’pleure pas ! Et je m’en fous de ton prénom.
Méchante. Mais la Nommée a tout Brisé.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
"J’pleure pas ! Et je m’en fous de ton prénom."
Ça c'est faux. C'est un mensonge.
Parce que Ça peut pas être vrai, si?
Si c'était vrai, Ça voudrait dire que t'es rien.
Mais c'est ce qu'elle est.
*Rien.*
Ça fait mal. Ça la frappe, rebondit dans l'air, se cogne sur le Lac, se renvoie vers elle, la frappe encore, encore, encore.
Ça veut pas s'arrêter.
Ça sait pas s'arrêter.
Et elle est là, figée par Douleur devant la fille.
Elle pouvait pas le penser.
Ça voudrait dire qu'ils ont raison.
Mais ils ont raison.
Oui.
C'est de ta faute.
Oui.
Depuis toujours.
La ferme.
L'être assis en face d'elle te fixe.
Y a trop d'ombres dans ce regard.
*Elle a peur*.
C'est les ombres des cauchemars. Les ombres grimaçantes qui s'enroulent autour de votre cou, s'infiltre dans vos rêves et vos pensées, vous tourmente, vous pousse à bout, jusqu'à leur royaume, baptisé du nom de Mort.
Un mot presque trop joli pour les Ombres.
Les Ombres elle les connaît bien. Trop.
Ça devrait être interdit de les connaître.
Ça devrait être interdit d'exister.
Ça devrait être interdit de chuchoter.
Ça devrait être interdit de convaincre.
Ça devrait être interdit d'être caressante.
Ça devrait être interdit.
Mais non.
Elles sont là, les Ombres.
Elles habitent la fille, les Ombres.
Elle peut presque les voir, tendant leurs mains griffues vers elles, murmurant leurs paroles de poison, leurs visages sans traits, indéfinissables, perdus dans cette noirceur qui leur est propre.
Elle peut pas hurler.
Elle peut plus. Elles ont bloqué sa respiration.
Le cri germe dans ses poumons, il souffre, il fait si mal, il veut sortir, il *doit* sortir, il la blesse, elle en veut plus de ce cri.
Elle recule. Brusquement.
Comme un animal farouche.
*C'est... C'était qui?*
C'est la fille des Ombres?
C'est elle.
Y a qu'elle qui peut les faire obéir.
Elle en a trop vu. Trop pour elle et son âge.
Elle parlera pas.
Et elle a raison de pas parler.
Parce que c'est de sa faute à elle, elle Alison si les Ombres sont venues sur elle aujourd'hui.
*Sa faute* si la danseuse reste muette.
*Sa faute* si la fille a pleuré.
*Sa faute* si les Ombres sont venues.
*Sa faute* si
*Sa ...faute*
*Sa...*
Peut plus y penser.
C'est trop dur. C'est trop de souvenirs.
C'est un trop-plein de cris, de larmes retenues, d'orages tués dans sa poitrine avant qu'ils ne la ravagent, elle, elle et Eux, elle et la fille des Ombres.
Mais cet Orage, il gronde maintenant.
Il gronde parce qu'il veut sortir.
La fille des Ombres l'a réveillé, il lui déchire les poumons, enfle.
Elle veut pas!
Ça doit pas!
Doit pas sortir!
Il fait mal, si mal, trop mal, la fille des Ombres pourra pas...
Elle pourra pas parce que personne le peut.
Pas même la fille des Ombres.
Elle les a dompté ses Ombres.
Ou alors, elles l'habitent, en permanence, la blessent en permanence, la bouffent en permanence, la poignarde de leurs Mots, la tue, la...*Non!*
"Tu mens! Tu t'en fous pas!"
Stupide fille.
Qu'est-ce qu'elle en sait?
Qu'est ce qu'elle sait de la fille des Ombres?
*Rien*.
Comme ce que t'es...
Ça c'est faux. C'est un mensonge.
Parce que Ça peut pas être vrai, si?
Si c'était vrai, Ça voudrait dire que t'es rien.
Mais c'est ce qu'elle est.
*Rien.*
Ça fait mal. Ça la frappe, rebondit dans l'air, se cogne sur le Lac, se renvoie vers elle, la frappe encore, encore, encore.
Ça veut pas s'arrêter.
Ça sait pas s'arrêter.
Et elle est là, figée par Douleur devant la fille.
Elle pouvait pas le penser.
Ça voudrait dire qu'ils ont raison.
Mais ils ont raison.
Oui.
C'est de ta faute.
Oui.
Depuis toujours.
La ferme.
L'être assis en face d'elle te fixe.
Y a trop d'ombres dans ce regard.
*Elle a peur*.
C'est les ombres des cauchemars. Les ombres grimaçantes qui s'enroulent autour de votre cou, s'infiltre dans vos rêves et vos pensées, vous tourmente, vous pousse à bout, jusqu'à leur royaume, baptisé du nom de Mort.
Un mot presque trop joli pour les Ombres.
Les Ombres elle les connaît bien. Trop.
Ça devrait être interdit de les connaître.
Ça devrait être interdit d'exister.
Ça devrait être interdit de chuchoter.
Ça devrait être interdit de convaincre.
Ça devrait être interdit d'être caressante.
Ça devrait être interdit.
Mais non.
Elles sont là, les Ombres.
Elles habitent la fille, les Ombres.
Elle peut presque les voir, tendant leurs mains griffues vers elles, murmurant leurs paroles de poison, leurs visages sans traits, indéfinissables, perdus dans cette noirceur qui leur est propre.
Elle peut pas hurler.
Elle peut plus. Elles ont bloqué sa respiration.
Le cri germe dans ses poumons, il souffre, il fait si mal, il veut sortir, il *doit* sortir, il la blesse, elle en veut plus de ce cri.
Elle recule. Brusquement.
Comme un animal farouche.
*C'est... C'était qui?*
C'est la fille des Ombres?
C'est elle.
Y a qu'elle qui peut les faire obéir.
Elle en a trop vu. Trop pour elle et son âge.
Elle parlera pas.
Et elle a raison de pas parler.
Parce que c'est de sa faute à elle, elle Alison si les Ombres sont venues sur elle aujourd'hui.
*Sa faute* si la danseuse reste muette.
*Sa faute* si la fille a pleuré.
*Sa faute* si les Ombres sont venues.
*Sa faute* si
*Sa ...faute*
*Sa...*
Peut plus y penser.
C'est trop dur. C'est trop de souvenirs.
C'est un trop-plein de cris, de larmes retenues, d'orages tués dans sa poitrine avant qu'ils ne la ravagent, elle, elle et Eux, elle et la fille des Ombres.
Mais cet Orage, il gronde maintenant.
Il gronde parce qu'il veut sortir.
La fille des Ombres l'a réveillé, il lui déchire les poumons, enfle.
Elle veut pas!
Ça doit pas!
Doit pas sortir!
Il fait mal, si mal, trop mal, la fille des Ombres pourra pas...
Elle pourra pas parce que personne le peut.
Pas même la fille des Ombres.
Elle les a dompté ses Ombres.
Ou alors, elles l'habitent, en permanence, la blessent en permanence, la bouffent en permanence, la poignarde de leurs Mots, la tue, la...*Non!*
"Tu mens! Tu t'en fous pas!"
Stupide fille.
Qu'est-ce qu'elle en sait?
Qu'est ce qu'elle sait de la fille des Ombres?
*Rien*.
Comme ce que t'es...
*Rien*.
Dernière modification par Alison Morrow le 19 mai 2020, 14:18, modifié 1 fois.
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
Menteuse. Tu mens. *Je mens ? J’aime pas mentir.* C’est bien vrai. Alors que te prend-il ? *J’mens pas !* Que fais-tu, dans ce cas-là ? *Je ne veux pas y croire.* Croire en Elle. Qu’Elle est bien là, existant au travers de ce corps souffrant. Qu’Elle a bien un nom. Comment déjà ? Alison. Mais n’en as-tu réellement rien à faire de ce prénom ? Pourquoi serait-il intéressant de connaître l’Appellation de celle qui a tout brisé ? Qui a détruit le Lien, rendu muette cette Danseuse, qui valse encore et encore, sans jamais savoir s’arrêter. Et tu ne pleures pas. Car désormais, elle n’a plus de preuve. Tes doigts écorchés ont fini par effacer les dernières luisances de cette triste agonie.
Et même si c’est faux, que tu cris aux Mensonges, tu sens que les mots sont bien douloureux. Ils se fracassent contre Elle, la repoussent à chaque instant un petit peu plus loin de Toi. Oui, c’est cela. Tu l’éloignes de toi, Monstre, avec des mots durs, pour pas qu’elle s’attache. Elle n’est pas encore perdue, et tu sais que si elle se rapproche encore, elle chutera dans ton gouffre. Comme une spirale infernale.
Et voilà que les mots cognent. Elle recule. Alors soulagée, tu accordes un regard à l’Eau. Cette dernière n’a point l’air outrée par ce qu’il se passe loin de ses vagues. Cela fait un moment qu’Elle a compris qu’Elle n’arriverait à rien avec toi. Va-Elle alors se tourner vers l’Autre ? Mais la réponse arrive bien vite, et de ses remous hypnotiques, Elle décide d’emporter avec elle, un tout petit moineau. Tu admires ses ailes minuscules qui battent avec force, si vite, alors que l’oiseau déplie une patte, qui frôle gracieusement l’Eau. Alors ensuite, s’ensuit une Valse, entre le liquide d’argent et les plumes grises. Il vole au ras, et la belle chante de cet air enivrant, qui attire la Chose de plus en plus près. Et enfin, la collision est. Et dans les bras de la Danseuse, il se pose avec sérénité.
Mais ce tableau émouvant est balayé d’un trait de son cri repoussant. Car l’Autre hurle, expulse vers toi ses épines de rage. Tu sursautes, comme l’oiseau, qui de ce moment de frayeur, se libère de l’emprise et s’envole bien haut. Tu aimerais t’envoler, toi aussi, très loin de la Terre. Et quand tu croises son regard de fer, tu aimerais être loin sous terre.
Alors elle, sait. *Que je mens.* Que tout n’est que Mensonge. *Je ne mens pas !* C’est elle la menteuse. C’est elle qui fait croire. C’est elle qui n’est que Miroir.
- Dis pas ça..
Tu siffles, alors que tes yeux ne deviennent que deux fentes de glace. L’Ignorante croit Savoir, mais son savoir n’est qu’un ramassis de Mensonges, un tas de merde qu’elle sort tout droit de ses fantasmes.
- Je n’ai jamais vu fille aussi stupide. Tu n’es qu’un Mensonge. Ta vie, n’est qu’un Mensonge.
Et même si c’est faux, que tu cris aux Mensonges, tu sens que les mots sont bien douloureux. Ils se fracassent contre Elle, la repoussent à chaque instant un petit peu plus loin de Toi. Oui, c’est cela. Tu l’éloignes de toi, Monstre, avec des mots durs, pour pas qu’elle s’attache. Elle n’est pas encore perdue, et tu sais que si elle se rapproche encore, elle chutera dans ton gouffre. Comme une spirale infernale.
Et voilà que les mots cognent. Elle recule. Alors soulagée, tu accordes un regard à l’Eau. Cette dernière n’a point l’air outrée par ce qu’il se passe loin de ses vagues. Cela fait un moment qu’Elle a compris qu’Elle n’arriverait à rien avec toi. Va-Elle alors se tourner vers l’Autre ? Mais la réponse arrive bien vite, et de ses remous hypnotiques, Elle décide d’emporter avec elle, un tout petit moineau. Tu admires ses ailes minuscules qui battent avec force, si vite, alors que l’oiseau déplie une patte, qui frôle gracieusement l’Eau. Alors ensuite, s’ensuit une Valse, entre le liquide d’argent et les plumes grises. Il vole au ras, et la belle chante de cet air enivrant, qui attire la Chose de plus en plus près. Et enfin, la collision est. Et dans les bras de la Danseuse, il se pose avec sérénité.
Mais ce tableau émouvant est balayé d’un trait de son cri repoussant. Car l’Autre hurle, expulse vers toi ses épines de rage. Tu sursautes, comme l’oiseau, qui de ce moment de frayeur, se libère de l’emprise et s’envole bien haut. Tu aimerais t’envoler, toi aussi, très loin de la Terre. Et quand tu croises son regard de fer, tu aimerais être loin sous terre.
Alors elle, sait. *Que je mens.* Que tout n’est que Mensonge. *Je ne mens pas !* C’est elle la menteuse. C’est elle qui fait croire. C’est elle qui n’est que Miroir.
- Dis pas ça..
Tu siffles, alors que tes yeux ne deviennent que deux fentes de glace. L’Ignorante croit Savoir, mais son savoir n’est qu’un ramassis de Mensonges, un tas de merde qu’elle sort tout droit de ses fantasmes.
- Je n’ai jamais vu fille aussi stupide. Tu n’es qu’un Mensonge. Ta vie, n’est qu’un Mensonge.
Go away chicken ! Alison M.
Éloge à la Charogne.
Éloge à la Charogne.
Un bateau de papier sur l’océan de mes rêves
Elle a osé.
Ses derniers Mots la poignardent.
Comment elle sait?
Elle sait rien !
Elle te connaît pas !
C’est elle le Mensonge !
Colère arrive, brouillant sa vue et faisant frémir ses narines.
Ses pensées virevoltent dans l'air lourd, se répercutent contre son crâne comme toujours trop petit pour les contenir.
Elle a envie de hurler sur cet être osant lui faire face, envie de lui dire la Vérité, qu'elle n'est pas un Mensonge, qu'elle est pas ignorée par tous, qu'elle a sa place dans sa famille.
Dégoût empli sa bouche d’un goût âcre. Colère est repoussée.
Elle est vidée de tous sentiments.
Seuls quelques sanglots étouffés sortent encore de sa poitrine.
Les cœurs même brisés peuvent être réduits en cendre.
Chaque battement est un supplice, elle ne veut pas entendre les Mots qui sont renvoyés vers elle, brillants, affutés, la blessent.
*Elle veut m'faire réagir.*
Elle s'accroche à cette pensée de toutes ses forces.
Ça a fait si mal.
Ça continue, d'ailleurs.
Tout le monde décrit Vérité est comme belle.
Tout le monde décrit Vérité comme juste.
Tout le monde décrit Vérité comme paix.
Alors où était la beauté dans les Mots de l'enfant?
Où était la justice dans les Mots de l'ombre?
Où était la paix dans les Mots expulsés dans l'air?
*Nulle part.*
Alors où est nulle part?
Cette question fait partie de celles auxquelles aucune réponse ne peut être offerte.
Et les questions comme elles sont nombreuses.
Elles s'accumulent, lentement d'abord, puis rapidement, s'écoulant comme des grains de sables dans un sablier, devenant montagne puis vague, dévorant de leurs points d'interrogations, tournant inlassablement dans les têtes...
Effrayantes...
Grandes...
Indomptées...
Invincibles...
Respirer lui fait mal.
Penser lui fait mal.
Et l'eau, elle s'en fout. Elle continue à danser, embrassant le paysage autour d'elle, caressant les nuages se reflétant en son sein, embrasée de soleil et d'intemporel.
Elle s'arrêtera jamais de Danser, l'eau.
Elle est insensible aux questions, l'eau.
Elle relève la tête pour braver le regard de la Rouge.
Une enfant, encore.
Une enfant usée par ce qu'elle a vu, une enfant qui hait de tout son cœur, une enfant qui sait faire mal aussi assurément que les Mots qu'elle balance.
Sait-elle seulement ce qu'elle dit?
Les Mots blessent autant que les Coups.
Elle l'a certainement oublié, ce qu'elle a dit.
Elle a été de nouveau happée par l'eau et ses ondulations magnifiques, qui faisaient oublier comment respirer, qui captivaient jusqu'à oublier comment vivre.
Et elle parlait avec les Ondes, l'enfant.
Ses yeux bleus étaient aussi purs que l'eau, légèrement cendrés, noyés d'Ombres.
Elle semblait ne pas les sentir, l'enfant.
*Sans-cœur.*
Mais même les sans-cœurs devraient connaître la Douleur.
Elle la connaît.
Pourquoi elle fait mal alors?
Parce que tu as fait mal d'abord.
Mais elle s'était excusée!
Petite, on peut pas tout faire avec des Mots.
Les Mots se refusaient à elle, alors?
L'Enfant refusait de comprendre, alors?
Elle refusait d'entendre la Vérité, alors?
*Elle me...*
*J'la hais.*
Colère gronde, s'infiltre dans ses veines, remonte le long de son cou la faisant frisonner, envahit son palais, se déverse hors de sa bouche en des Mots simples, crachés dans le vent.
Elle tremble plus.
Elle a pas peur.
Elle est juste en Colère.
Une Colère noire, si noire, qu'elle en est d'un calme saisissant.
"T'es obligée d'faire souffrir pour t'sentir vivante? T'es obligée d'faire mal pour être heureuse? Mais putain, c'est quoi ton problème ?"
Ses derniers Mots la poignardent.
Comment elle sait?
Elle sait rien !
Elle te connaît pas !
C’est elle le Mensonge !
Colère arrive, brouillant sa vue et faisant frémir ses narines.
Ses pensées virevoltent dans l'air lourd, se répercutent contre son crâne comme toujours trop petit pour les contenir.
Elle a envie de hurler sur cet être osant lui faire face, envie de lui dire la Vérité, qu'elle n'est pas un Mensonge, qu'elle est pas ignorée par tous, qu'elle a sa place dans sa famille.
Sauf que ce serait un Mensonge.
Dégoût empli sa bouche d’un goût âcre. Colère est repoussée.
Elle est vidée de tous sentiments.
Seuls quelques sanglots étouffés sortent encore de sa poitrine.
Les cœurs même brisés peuvent être réduits en cendre.
Chaque battement est un supplice, elle ne veut pas entendre les Mots qui sont renvoyés vers elle, brillants, affutés, la blessent.
*Elle veut m'faire réagir.*
Elle s'accroche à cette pensée de toutes ses forces.
Ça a fait si mal.
Ça continue, d'ailleurs.
Tout le monde décrit Vérité est comme belle.
Tout le monde décrit Vérité comme juste.
Tout le monde décrit Vérité comme paix.
Alors où était la beauté dans les Mots de l'enfant?
Où était la justice dans les Mots de l'ombre?
Où était la paix dans les Mots expulsés dans l'air?
*Nulle part.*
Alors où est nulle part?
Cette question fait partie de celles auxquelles aucune réponse ne peut être offerte.
Et les questions comme elles sont nombreuses.
Elles s'accumulent, lentement d'abord, puis rapidement, s'écoulant comme des grains de sables dans un sablier, devenant montagne puis vague, dévorant de leurs points d'interrogations, tournant inlassablement dans les têtes...
Effrayantes...
Les questions
Grandes...
Les questions
Indomptées...
Les questions
Invincibles...
Stop!
Respirer lui fait mal.
Penser lui fait mal.
Et l'eau, elle s'en fout. Elle continue à danser, embrassant le paysage autour d'elle, caressant les nuages se reflétant en son sein, embrasée de soleil et d'intemporel.
Elle s'arrêtera jamais de Danser, l'eau.
Elle est insensible aux questions, l'eau.
Elle relève la tête pour braver le regard de la Rouge.
Une enfant, encore.
Une enfant usée par ce qu'elle a vu, une enfant qui hait de tout son cœur, une enfant qui sait faire mal aussi assurément que les Mots qu'elle balance.
Sait-elle seulement ce qu'elle dit?
Les Mots blessent autant que les Coups.
Elle l'a certainement oublié, ce qu'elle a dit.
Elle a été de nouveau happée par l'eau et ses ondulations magnifiques, qui faisaient oublier comment respirer, qui captivaient jusqu'à oublier comment vivre.
Et elle parlait avec les Ondes, l'enfant.
Ses yeux bleus étaient aussi purs que l'eau, légèrement cendrés, noyés d'Ombres.
Elle semblait ne pas les sentir, l'enfant.
*Sans-cœur.*
Mais même les sans-cœurs devraient connaître la Douleur.
Elle la connaît.
Pourquoi elle fait mal alors?
Parce que tu as fait mal d'abord.
Mais elle s'était excusée!
Petite, on peut pas tout faire avec des Mots.
Les Mots se refusaient à elle, alors?
L'Enfant refusait de comprendre, alors?
Elle refusait d'entendre la Vérité, alors?
*Elle me...*
*J'l'emmerde.
*Aurait pas dû.*
*J'la hais.*
*'Est conne.*
*Sait pas c'quelle dit.*
Colère gronde, s'infiltre dans ses veines, remonte le long de son cou la faisant frisonner, envahit son palais, se déverse hors de sa bouche en des Mots simples, crachés dans le vent.
Elle tremble plus.
Elle a pas peur.
Elle est juste en Colère.
Une Colère noire, si noire, qu'elle en est d'un calme saisissant.
"T'es obligée d'faire souffrir pour t'sentir vivante? T'es obligée d'faire mal pour être heureuse? Mais putain, c'est quoi ton problème ?"
Je ne lâche jamais rien. Quand je commence une barre de chocolat, je la mange jusqu'au bout.