19 avr. 2020, 21:35
Laureline, perdue loin de Valerian
Novembre 2044
2 jours plus tard...

Début de l'histoire


Il s'était passé trente-sept heures précisément depuis que j'avais fuit de la tour d'astronomie. Fuit en courant. Sans me retourner. Comme une lâche. En laissant Jacob, seul en haut de la tour.
Je vivais au ralenti depuis ce moment là. Et franchement, je regrettais d'être partie comme une voleuse après ses mots. "...un duo qui pourrait ne faire qu’un, et partager plutôt qu’une soirée ensemble, les quatre saisons de l’air que tu jouais."
Mais Jacob ne m'avait pas rendu mon baiser. Il ne m'avait pas retenue, et encore une fois, je ne m'était pas sentie à ma place. Seule. Après tout, les lions vivent en clan. Pas les aigles. Les aigles sont seuls dans le ciel. Toujours.
La veille, j'avais longé les murs de pierres froides et grises du château. Comme une ombre. Transparente. J'avais bien aperçu Jacob à plusieurs reprises. Entre deux cours ou dans ses maudits escaliers qui n'en faisait qu'à leur tête. Mais, pas une fois, j'avais trouvé la force pour allait le voir. Et pleine de courage, je m'étais cachée. Jacob m'avait dit avoir "trouvé une fleur unique au monde", comme dans ce vieux bouquin. Mais la rose du Petit Prince, elle était courageuse, elle. Elle avait accepté de vivre sans sa cloche et de combattre le monde avec ses quatre pauvres épines. Moi, je n'avais pas ce courage. Je me terrais sous ma cloche.
Ce matin, mes yeux étaient gonflés par une nuit trop courte et un oreiller humide. Le samedi, il y avait pas de cours. Tant mieux ! J'avais traîné au lit malgré le beau temps enneigé de cette fin d'automne et attendu que toutes les filles soient sorties du dortoir pour quitter ma chambre. J'avais pas envie de parler. Je voulais juste me vider la tête. J'avais pris mes chaussons de danse. Juste les chaussons. Je portais ma jupe patineuse vert olive et un pull blanc. Je pouvais donc bouger facilement. J'attrapais mon manteau blanc accroché à mon lit et j'enfilais mes bottines. Je partis ensuite à la salle de répétition, vide. Il fallait que mes émotions sortent. J'avais hâte de tout faire exploser à l'intérieur. Je dansais mais mon coeur pesait lourd. Mes gestes habituellement légers et aériens étaient comme lestés d'une chape de plomb. Alors j'enchaînais mes sauts, mes pirouettes et mes jetés. Sans âme. Puis, j'avais cru apercevoir Jacob devant la porte de la salle de répétition. Non. C'était dans ma tête. Forcément. Pourquoi Jacob aurait il été là, à me regarder danser ? Il fallait vraiment que j'arrête de le voir partout comme ça. Partout et tout le temps. Même dans mes courtes nuits, il était là. Je n'arrivais pas à me concentrer et mes mouvements manquaient de précisions.

*Concentre toi. Allez ! Position 1. Jacob. Position 2, bras tendu et menton haut. Il t'a jeté. Position 3, bras en couronne. Bon, il t'a pas "vraiment" jetée. Position 4, pieds parallèles. Mais, il t'a pas retenue non plus. Position 5, arabesque. Avant jeudi soir, il savait même pas que tu existais. Concentre toi. Concentre toi. * Je me répétais ces mots comme une litanie. Non. Rien à faire. J'arrivais pas à le chasser de ma tête. Je retirais mes chaussons que je rangeais en vrac dans mon sac. Puis, alors que tout le château était dans la grande salle pour le déjeuner, moi, je sortis dans le parc. Il fallait que je me calme. Je marchais un long moment. Sans but. J'errais. Puis au bout de quelque temps, je levais les yeux pour m'apercevoir que mes pas m'avaient menée au lac. J'allais m'asseoir près du vieux ponton de bois et je jetais mon sac de toile au sol. Il faisait bon malgré les quelques flocons qui tombaient encore, et une légère brise commençait à faire voler les feuilles mortes humides. Je posais mon regard au loin puis sur les lacets de mes chaussons qui sortaient de mon sac. Même la danse ne m'aidait plus. Et le violon... Je l'avais rangé sous mon lit, pour ne plus le sortir.

Je restais là, un long moment à contempler le lac devant moi. Il était comme mon humeur. Plat, froid et gris. Inanimé. Puis des voix s'élevèrent pour venir troubler mon silence. Il n' y avait jamais moyen d'avoir la paix ! Je me retournais et j'aperçut plein d'élèves. Ils étaient venus profiter du parc et du lac. Des groupes s'étaient formés un peu partout. Puis, plus loin, un groupe attira mon attention. Un groupe, ou plutôt un visage. Jacob. Il était là, souriant à une fille vêtue de rouge. Elle lui rendait son sourire.
"Connasse". Les autres riaient. Je ne la connaissais pas cette fille, mais une envie monta. Une envie irrépressible de l'étrangler avec sa cravate rouge et or. Ou de lui coller mon poing dans la figure pour lui retirer son sourire niais. Elle sourirait moins avec les dents de devant en moins.

Je ne pouvais pas détacher mon regard de Jacob. Aimantée. Attraction invisible. Il fallait que je décroche pourtant, ou bien, il allait finir par sentir mon regard posé sur lui. Mais j'y arrivais pas... Si seulement, je pouvais focaliser mon attention sur autre chose. Sam, Alison et Anya auraient vraiment été les bienvenus pour m'aider à penser à autre chose. Mais ils n'étaient pas là.

@Jacob Tramontane
Dernière modification par Lily Dempsey le 29 avr. 2020, 17:25, modifié 1 fois.

Préfète des Ventoulpes

26 avr. 2020, 14:18
Laureline, perdue loin de Valerian
La très belle journée s'était ouverte sous les meilleurs auspices. J’avais pu m’asseoir dans les classes à ma place préférée, près de la fenêtre, pour sentir le picotement des rayons de soleil sur ma peau et les lueurs qui entraient dans la salle sur mes parchemins - naturellement, j’appréciais aussi cette place car j’étais près d’Esther, une Gryffone aussi exubérante que drôle. J’avais eu le temps de refaire une nouvelle liste de défis sur mon carnet orange :
«
- construire une réplique de la tour d’astronomie uniquement avec des allumettes issues de ce sort qui transformait toutes les aiguilles en allumettes comme l’avait demandé Arthur : il testait ma patience, mais chiche, j’allais le faire !
- fabriquer une nouvelle teinture dorée pour aller avec la rouge pour les matchs de Quidditch des Griffes Ardentes
- tester ce nouveau parfum de chocolat chaud dont j’avais entendu parler
- … ».
Je me voyais déjà architecte, chimiste et goûteur mais avant, je comptais bien aller m’entraîner au vol avec Esther. Alors que j’en discutais avec elle, d’autres Gryffons s’étaient joints à nous, aussi c’était une joyeuse troupe rouge et or qui sortait des bâtiments de Poudlard. Pleins d’entrain, nous avions un peu modifié notre plan en cours de route : d’abord, nous ferions un festin de friandises pour nous revigorer près du lac puis ceux qui en auraient envie iraient s’entraîner un peu plus tard au vol pour être plus proches encore de ce soleil magnifique.

Esther me montrait le lac du doigt : « Regarde, tu te souviens quand nous avons couru sur les bords pendant l’automne jusqu’à ne plus avoir suffisamment de souffle pour parler et nous étendre sur le bord ! »
« Haha, de vrais pilotes de courses, » rajoutai-je en lui adressant un sourire complice « et le soleil de midi qui racourcissait les ombres nous rendait plus rapides que nos ombres ! Il faudrait réessayer cela dans les craquements de la neige ! »
Elle compléta : « Comme dans Jack London dont tu me parlais l’autre jour ? »
Elle était incroyable : elle lisait décidément dans mes pensées ! J’allais compléter par quelques souvenirs amusants de la neige et quelques anecdotes de Jack London, mais elle ne m’en laissa pas le temps et glissa :
« Il y a une fille qui te fixe derrière, elle a l’air de mauvaise humeur. Trop bizarre. »
Je me tournai, par curiosité et croisa le regard de Lily, seule, assise dans l’herbe. Je dis alors à Esther : « Viens, je vais te la présenter, peut-être qu’elle se joindra à nous ! ». Puis me tournant vers les autres Gryffons, je leur mimai par signes que je serai très bientôt de retour et que j’allais saluer quelqu’un avant.

Esther et moi étions désormais à cinq pas de Lily, à qui j’adressai un grand sourire : j’espérais que tout aille pour le mieux malgré son air renfrogné : « Hello Lily ! Voici Esther ! Esther, voici Lily ! Esther, Lily est ma petite amie. Lily, Esther est ma voisine de table et amie. » Esther eut un regard assez éberlué et dit un peu maladroitement : « C’était donc elle, la rousse dont tu me parlais ! ». Puis se tournant vers Lily : « Haha, je ne ne t’avais pas imaginé comme cela ! ». Elle se mit à rire de bon coeur, avec la fraîcheur et la spontanéité que j’appréciais tant chez elle. Je l’entendis glisser un « Salut Lily ! » entre deux éclats de ce rire plein de douceur.

Arrivé à hauteur de Lily, je l’embrassais sur le front et lui demandais : « Est-ce qu’un goûter de gourmandises des Weasleys avec les Gryffons te dirait ? Nous comptions nous installer près du lac pour une petite séance de dégustation avant d’aller nous entraîner à voler. » Puis lui adressant un grand sourire tout en ouvrant ma besace, j’en sortis le petit bouquet de crocus que j’avais rassemblé au détour d’une allée vers le lac, initialement pour égayer de couleurs nos balais mais qui venait de trouver un usage encore plus beau :
Image

Je dis simplement en lui donnant : « Parce que ma rose mérite les plus belles fleurs. ». J’ajoutai : « Comment se porte ma fleur préférée ? »
J’espérais de tout coeur que sa réponse allait être optimiste et que le nuage que j’avais vu traverser son front ne cachait pas de tempête.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

26 avr. 2020, 15:34
Laureline, perdue loin de Valerian
Je n'arrivais pas à décrocher mon regard de Jacob. Et pourtant, ce n'est pas lui qui remarqua ma présence mais Elle. Elle lui fit un signe en me désignant de son index. Son regard était froid. Jacob se retourna et nos regards se percutèrent. * Super ! Pour la discrétion, on repassera ma cocotte ! *
Il se retourna face à la bande et leur fit des signes. Puis, il commença à marcher dans ma direction avec l'Autre sur les talons. Bon, j'étais contente qu'il ne m'ignore pas, mais j'aurais préféré qu'il vienne seul. Pour qu'on puisse discuter de la soirée de jeudi. Dans ma tête rien n'était claire.
La Gryffone l'observait avec un regard mielleux de biche effarouchée.
*Oui, bah oublie pas comment elle a fini la mère de Bambi ! Pan ! * Il fallait vraiment que j'arrête. Jacob ne m'appartenait pas et puis, ce n'était pas moi ça. La méchanceté gratuite. Pourtant, un sentiment fort naissait et prenait forme dans mon ventre et se dispersait jusque dans le bout de mes doigts. Je ne l'avais jamais ressenti mais je savais exactement ce qu'il était. La Jalousie. Un mot très laid pour désigner un sentiment qui l'était tout autant.
Je bouillonnais littéralement. J'avais l'impression que ma cage thoracique se comprimait.
Et plus ils s'approchaient et plus cette sensation de brûlure et de picotements grandissait. Elle était tout ce que je n'était pas. Grande, élancée, des beaux cheveux soyeux, un regard perçant et la peau mâte.
Inconsciemment - ou pas - je repliais mes jambes sous ma jupe pour cacher la blancheur de mon corps.

Puis Jacob et la fille arrivèrent à mon niveau. Il nous présenta l'une à l'autre et je crus bien m'étouffer quand il me désigna comme sa petite amie. Mon regard retrouva sa flamme et un large sourire prit forme sur mon visage. Je n'y croyais pas. Est-ce que j'avais vraiment été la seule à me questionner sur notre soirée sous les étoiles ? Apparemment oui. Tout semblait clair pour Jacob. Sa petite amie. Ca sonnait bien dans ma tête.
Puis mon sourire quitta de nouveau ma figure lorsque la fille - Esther - éclata de rire en me voyant. Elle se foutait de ma gueule ou bien ? Elle m'imaginait pas comme ça ! Moi la rousse ? Et elle imaginait quoi ? Un cocker ? Puis, entre deux rire, elle me salua. Je l'aimais pas, elle avait un rire horrible. Un rire de hyène. Bon en fait non, c'était pas vrai, elle avait un rire léger mais il était hors de question de l'admettre.
Et une nouvelle fois, je pris l'ascenseur émotionnel lorsque Jacob vint m'embrasser sur le front. Son baiser était doux et tendre, et un frisson me parcourut l'échine lorsque sa peau rencontra la mienne. Comme si on m'avait passé une plume le long de la colonne vertébrale. Jacob me proposa ensuite de rejoindre leur groupe pour un goûter. Et il sortit un petit bouquets de fleurs violettes. Comme celles qui poussaient dans le parc. Elle étaient jolies et lumineuse. Je les prit en lui faisant un grand sourire que j'espérait aussi lumineux que les fleurs. J'en mis une dans mes cheveux derrière mon oreille. Je me levais et glissa ma main dans la sienne. Nos doigts s'emmêlèrent, paume contre paume. Puis je lui chuchotais à l'oreille :


" Merci. Ta fleur va bien. Et comment va mon Petit Prince ? "

Puis j'attrapais mon sac avec ma main libre et je mit la lanière sur mon épaule. Je me retournais ensuite vers Esther en essayant de lui faire un sourire chaleureux en dépit de ma pointe de jalousie.
"Salut, donc moi c'est Lily... la rousse. " Puis après un instant j'ajoutais :
" Je me joindrais avec plaisir à vous. Même si je ne suis pas franchement très douée sur un balai..."

Préfète des Ventoulpes

28 avr. 2020, 19:18
Laureline, perdue loin de Valerian
La main de Lily glissée dans la mienne était douce, comme sa voix qui s’adressait à moi : « Merci. Ta fleur va bien. Et comment va mon Petit Prince ? ». « Encore mieux depuis quelques instants… » lui répondis-je malicieusement en chuchotant à moitié.

Lily se présenta à Esther et nous fit part de ses difficultés sur un balai. Sa remarque me rappela ma situation en arrivant à Poudlard : né-sorcier, spectateur de tous les matchs de quidditch depuis ma plus tendre enfance, j’avais pourtant grandi dans une ville moldue, Cambridge, qui ne m’avait pas offert le loisir de pratiquer beaucoup le vol. Et mes premiers vols furent, selon l’expression consacrée, un fiasco total. Mais la rencontre d’Esther sur le terrain d’entraînement et mon acharnement avaient eu raison de mes premiers vols hésitants. Aussi je répondis à Lily sans hésiter : « Ne te fais pas de souci, on a une pro avec nous ! » en faisant un clin d’oeil à Esther. « On te soutiendra ! » ajoutai-je avec assurance, avant de prendre le ton de la confidence: « J’étais assez maladroit sur mon balai avant… » et Esther compléta, sans me laisser le temps d’achever ni mes pensées ni mes mots : « … mais avec toutes les heures d’entraînement ensemble depuis septembre, tu te défends bien maintenant ! ». Après avoir échangé un regard, nous éclatâmes de rire de concert au souvenir d’une de mes quasi-chutes mémorables.

J’étais sur le point de raconter l’anecdote à Lily lorsqu’Esther, sans doute pleine d’entrain à l’idée de goûter puis de partir voler, me saisit par la manche pour me conduire à toute vitesse à sa suite vers les Gryffons. « Venez ! », dit-elle, « Ca va être super ! Je parie que Jacob a des patacitrouilles et des dragées de Berties Crochues, je me suis chargée des crapauds à la menthe et des ballongommes de Bullard ! ». Son enthousiasme me fit sourire, ainsi que sa parfaite connaissance du contenu de ma besace. Je me tournai vers Lily, toujours avec ce grand sourire : « Et toi, quelles friandises préfères-tu ? ».

Mais à peine Lily avait-elle fini -ou plutôt commencé- sa réponse qu’Esther l’interrompit : « Moi je préfère les crapauds à la menthe. C’est mille fois mieux. » en adressant un grand sourire à Lily que je n’eus pas le temps d’interpréter avant d’arriver près des Gryffons. Je me détachais de l’emprise d’Esther et regardais Lily. Quelle entrée en fanfare ! J’espérais de tout coeur que la jeune fille, que je tenais pour sensible, apprécierait l’énergie parfois débordante d’Esther… et aussi… qu’elle confirmerait ce qui s’est passé entre nous la veille. Parce qu’enfin… je fronçai les sourcils en pensant que c’était un beau moment de partage mais qu’elle s’était échappée… D’un autre côté, elle ne m’avait pas corrigé quand je l’avais présenté comme ma petite amie… J’en vins à la pensée que le meilleur moyen était de la laisser se présenter elle-même. Je saurai ensuite sans doute si la soirée d’hier avait signifié quelque chose pour elle. Elle était mystérieuse déjà hier seule à seul, mais maintenant entourée des Gryffons… elle l’était encore plus, et la lumière éblouissante pour un mois de novembre semblait ne rien pouvoir y changer.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

28 avr. 2020, 21:25
Laureline, perdue loin de Valerian
Jacob me répondit en chuchotant qu'il allait bien depuis quelques instants. Donc depuis qu'il m'avait rejoint. Je l'observait avec les yeux pétillants et je souriait, comme une idiote.
Mon coeur pulsait jusque dans le bout de mes doigts et les papillons avaient de nouveaux envahis mon ventre.
Jacob me rassura quant à mon manque de talent sur un balai. Il précisa qu' Esther était une pro, et lui fit un clin d'oeil. Ils étaient très complices et franchement ça m'agaçait... Ah cette foutue jalousie ! Mon coeur était en mode yoyo. Puis, il commençait à m'expliquer que lui aussi avait eu des difficultés au démarrage mais Esther le coupa en ajoutant qu'ils avaient passé BEAUCOUP de temps ensembles à s'entraîner. Elle cherchait quoi elle ? Elle voulait me faire péter une pile ? Peut-être qu'elle voulait savoir si les Serdaigles sont aussi courageux que les Gryffons... Elle attendait certainement que je lui rentre dedans ! J'avais envie de lui en coller une... Et leur fou rire commun ne m'aidait pas à combattre cette envie. Jacob me regarda et s'apprêtait à me dire quelque chose mais fut coupé dans son élan par Esther qui l'attrapa par la manche et l'entraîna à sa suite, et donc moi aussi, vers le reste du groupe.
Jacob me questionna sur mes préférences en matière de friandises, mais Esther ne me laissa pas l'occasion de répondre. Elle répondit à ma place, comme si la question lui était adressée. Elle me regarda et me sourit. Je n'aimais pas son sourire. On aurait dit qu'elle avait quelque chose à prouver et j'avais du mal à comprendre. C'est comme si elle essayait de me prouver qu'elle était là, et qu'elle n'avait pas l'intention de me laisser la place. Mais c'était quoi son problème ? Elle aurait peut-être voulue être celle que Jacob présentait comme sa petite amie.
Je ralentis mon pas, je me sentais pas bien et je n'étais pas sûre de supporter ce jeu là toute l'après-midi. Je me sentais comme une petite fille qu'on réprimande. Toute petite. Idiote.
Il fallait que je me reprenne, on avait rejoint le groupe et je ne pouvais pas craquer. Pas devant Elle. Pas devant eux. Tout le groupe s'était retourné et attendait que je me présente. Je me sentais à l'écart. Un point bleu sur un fond rouge.
Je soufflais intérieurement pour chasser l'émotion qui montait et, inconsciemment je serrais ma prise sur la main de Jacob. Il me regarda en fronçant les sourcils. Il avait l'air inquiet. Ou interrogateur. Je comprenais pas. Il avait peur de ce que j'allais dire ? Après tout, nous n'avions pas pu discuter de la soirée de jeudi. Est ce qu'il n'était pas sûr ? Je me dandinais d'un pied sur l'autre et mordant ma lèvre inférieur.
* Dis quelque chose Lily ! * J'avais la nausée.
Je regardais nos mains liées, Jacob ne m'avait pas lâchée. Et puis, il m'avait présentée à Esther comme étant sa petite amie... Je pris donc mon courage à deux mains et relevais la tête pour faire face au groupe.

" Salut ! Je suis Lily... la copine de Jacob." Je baissais instantanément les yeux, je ne voulais pas voir leur rires... Un garçon comme Jacob, sûr de lui, beau, un Gryffon ... Il n'avait rien à faire avec une fille comme moi. Moi, j'étais... une bleue, petite, bizarre et tout sauf sûre d'elle. A ce moment là, j'aurais voulu être une "Esther".
Mais aucun rire ne se fit entendre. Des "Salut ! ", oui. Mais pas de rire. Je relevais la tête une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, un sourire timide se dessinait sur mon visage. Ils m'acceptaient. L'Aigle parmi les Lions. Je les regardais tour à tour se présenter. Mais, je ne voulais pas regarder Esther. Je crois qu'elle aurait été capable de faire fuir mon courage.
A la place, je regardais Jacob avec un sourire timide, en attendant qu'il dise quelque chose. J'espérait qu'il ne lâcherait pas ma main et qu'il confirmerait mes dires. Sinon, Esther aurait gagné.

Préfète des Ventoulpes

28 avr. 2020, 23:33
Laureline, perdue loin de Valerian
Lily laissa filer quelques instants, penchant son corps d’un côté puis de l’autre, dans un mouvement de pendule qui trahissait sa gêne et me mettait aussi mal à l’aise. Je voyais que le moment était grave, comme ces heures marquées d’une croix dans les calendriers. Mais les raisons de cette gêne étaient tout sauf cousues de fil blanc à mes yeux. De l'expression, seul le blanc pouvait correspondre à ma situation, il représentait en un sens bien ce grand espace vierge qui s’étendait devant moi, l'inconnu. Cela ressemblait à une épreuve de funambule, mais pas sur un plan physique cette fois, sur un plan que je connaissais beaucoup moins, dont les subtilités m’échappaient encore. Je posai mon regard sur les Rouges, eux aussi attendaient qu’un fil rouge conducteur leur soit donné, pour agir. Je ne savais que penser : était-ce de la part de Lily de la timidité envers les Lions qui lui étaient étrangers ? J’aurais dans ce cas voulu la rassurer en lui disant que ce type de Lions ne mangeait personne. Ou était-ce une hésitation sur son propos ? La façon de la formuler, ou -la supposition me causait une piqûre aussi fine qu’intense, comme le fil d’un rasoir- ce qu’elle voulait dire ? J’avançais de fil en aiguille : de la douceur d’une pelote de laine à la froideur du métal. J’étais suspendu aux lèvres de Lily même si mon regard fixait le Gryffon droit devant moi, comme un funambule, qui s’il orientait ses yeux sur le côté, risque de chuter.

Finalement, Lily leva son regard vers les Gryffons et dit : « Salut ! Je suis Lily... la copine de Jacob. ». Un immense soulagement se déploya en moi à ses paroles et son sourire, qui libéra ma gorge et mon ventre noués sous l’effet de l’instant. J’esquissais, en même temps que plusieurs de mes camarades, un mouvement pour m’asseoir dans la neige, dont la froideur ne m’affecta pas une seconde, comparativement à ce que je venais d’éprouver. Je glissai ma main dans ma besace pour en extraire les friandises colorées qui égaieraient ce sol blanc où rien n’était encore écrit quand Esther renoua avec le fil de ses idées que je cherchais à effacer : « Ils sont ensemble depuis hier ». Ces cinq mots étaient en train de colorer les joues de mon visage blanc. Je ne voulais pas laisser s’accorder la couleur de mon visage avec l’écharpe de ma maison mais cette phrase s’était indéniable inscrite en moi comme un métal, gravée au fer rouge. Pourquoi livrer des confidences glissées alors que nous étions seule à seul ? Elle devait bien se figurer que ma relation avec Lily était fragile, pourtant. Surtout, j’étais inquiet de la réaction de Lily, que je savais sensible sur ce point. Je serrai légèrement les poings et les dents pour me retenir de mordre à l’appât et d’exprimer la fragilité de ma relation ; je rugissai intérieurement pour garder un calme insensible extérieurement, et reprendre mes esprits avant de réagir sans m’emporter. Sans emporter aussi ce tissu de sentiments qui ne tenait qu’à peu de fils.

Je n’arriverais pas à feindre un sourire, me dis-je, aussi je parlais de la façon la plus neutre le plus possible : « Effectivement, nous avons officialisé notre relation hier. » comme une chenille tisserait avec patience et calme, des qualités qui me demandaient beaucoup d’effort, un cocon de fil pour se protéger. Un cocon d’intimité nécessaire pour reprendre des couleurs et voler avec assurance de ses propres ailes par la suite. Pour ne pas prolonger un moment potentiellement source de gêne collective, je ne tardai pas à relancer un autre sujet, en veillant à adopter une cadence de voix suffisamment rapide et assurée pour qu’il ne vienne pas à Esther la fâcheuse idée de m’interrompre : « Avec Lily et Esther, nous parlions de nos friandises préférées. Vous avez des astuces pour s’en procurer plus facilement de Pré-au-Lard ? On parle de passages secrets dans le château… vous en avez entendu parler ? ». Alors que la conversation s’engageait doucement, je regardai avec plaisir les petites merveilles sucrées qui avaient attendu dans mon sac toute la journée qu’un oeil gourmand ne les admire. Leur parfum parvint jusqu’à mes narines porté par la brise fraîche qui traversait l’air de novembre. La conversation était aussi plaisante à mes yeux que le cadre : de passages secrets en monstres les plus redoutables, de monstres les plus redoutables en plaisanteries les plus originales de Peeves, de plaisanteries en imitations des professeurs, d’imitations en loisirs de chacun, de loisirs en précisions sur nos lieux de vie, je ne vis guère le temps passer. Je me faisais un peu de souci au début, me demandant si Lily allait bien s’intégrer à la conversation, mais tout me sembla se faire assez naturellement. La liberté de m’exprimer sans retenue, de rire aussi, de rester dehors en cette belle après-midi me firent oublier la course du soleil qui du zénith avait largement descendu quand je le regardai de nouveau.

Un peu plus tard, certains commencèrent à annoncer qu’ils allaient retourner au dortoir avant d’aller dîner. Ils avaient raison. Avant de me lever cependant, je sortis rapidement mon carnet orange et écrivis, avec la hauteur de vue que m’avait donnée cette après-midi :
« la couturière et la marionettiste »
. Lily et Esther : deux façons d’aborder la vie. Coudre ensemble fil à fil notre relation, ou manipuler les autres en touchant leurs cordes sensibles comme s’ils étaient des marionnettes. Lorsque je me levais, je pensais déjà à l’avenir : l’immédiat, avec une conversation explicative avec Esther, le plus lointain, avec une main douce au creux de la mienne, une main de couturière : celle de Lily.
Dernière modification par Jacob Tramontane le 29 avr. 2020, 16:23, modifié 1 fois.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

29 avr. 2020, 16:02
Laureline, perdue loin de Valerian
Les mots étaient sortis. Enfin. Et je fut heureuse de voir que Jacob n'ajouta rien. Qui ne dit mot consent !
Mais plus encore que son silence, ce silence qui confirmait mes mots et qui ne qui ne me trahissait pas, ce sont ses yeux qui me firent sourire. Je le regardais avec attention, les yeux pétillant de bonheur, et je vis comme un apaisement dans sa posture. Il avait peur de ce que j'allais dire. Mais pas dans le sens que je croyais. Pour lui aussi, apparemment, la soirée de jeudi avait laissée une foule de questions . Et nous venions, en quelques mots de nous répondre. Nous avions mit fin aux doutes. Et j'avais l'impression de m'envoler, poussée par une bouffée d'adrénaline.
Le reste du groupe s'installa par terre en ronde. Jacob en fit de même, m'entraînant dans son sillage.
Je me retrouvais donc là, assise, les jambes repliées sous ma jupe, et appuyée sur une main. Le sol parsemé de neige était froid. Mais, l'exaltation du moment me faisait oublier ce contact entre mes jambes et les flocons fondants. J'étais assise entre Jacob et un garçon que je ne connaissais pas encore. Esther, elle était face à nous en diagonale. Je sentais son regard posé sur moi, froid et dur, à l'image d'un iceberg. Il me glaçait les os, plus encore que la neige. Je penchais la tête sur le côté afin de lui cacher mon visage avec mes cheveux. Un bouclier roux. Et je regardais Jacob qui sortait des friandises de son sac. Et là, les simples mots d'Esther
"ils sont ensembles depuis hier", me firent l'effet d'une gifle. A l'instant, j'aurais voulu m'évanouir dans le sol. Je fermais les yeux en serrant les paupières et je mordis ma lèvre si fort qu'un goût de métal se répandit dans ma bouche. Le sang. Le sang rouge, couleur des Gryffons. Couleur d'Esther. Malgré le manque de contact visuel, elle arrivait à m'atteindre.
Mais, c'est Jacob qui vint finalement faire bouclier entre elle et moi. Un rempart. Il annonça d'une voix plate, monocorde, comme une évidence :

" Effectivement, nous avons officialisé notre relation hier."
A ces mots je rouvris les yeux et, je m'aperçut que malgré ce ton posé, ses mâchoires se contractaient. Je le regardais en lui souriant. Pour le remercier silencieusement.
Puis, il enchaîna rapidement, comme pour détourner l'attention, sur les sucreries de Pré-au-Lard. Je lui en était reconnaissante. Puis, à ses mots, les discussions commencèrent. Je restait en retrait, je me noyais dans la masse et puis, petit à petit, je me détendit. La conversation devint facile, mon sourire se fit plus large et moins timide. Je riais. Je sentais toujours le regard d'Esther qui me brûlait la peau mais je me concentrais sur les autres. Sur Jacob. Il riait de bon coeur et j'en faisait de même, l'air s'était comme, allégé. J'étais heureuse d'être là, d'avoir une place. Je n'avais pas ressenti ça depuis longtemps. Je me sentais vivante.
L'après midi passa comme une étoile filante, belle et fugace. Nous n'avions pas vu le temps passer et le soleil commençait déjà à décliner. Et nos bavardages, nous avaient fait oublier l'entraînement de vol.
Quelques Gryffons se levèrent et annoncèrent qu'ils retournaient au dortoir avant le repas du soir.
Jacob sortit son carnet orange, celui dans lequel, il m'avait écrit " A coeur vaillant, rien d'impossible", lors de notre soirée à la tour d'astronomie. Il y nota des mots que je ne vis pas. Puis il se leva. J'étais intriguée par ces mots rédigés à l'improviste. Mais alors qu'une partie des Gryffons s'éloignaient, une autre sensation que la curiosité me tira de mes souvenirs. L'inquiétude.
Je ne savais pas quoi faire. Je serais bien allé manger avec eux, mais j'avais promis à Sam et Alison de les rejoindre pour le dîner.
J'espérais vraiment que Jacob n'allait pas penser que je n'aimais pas ses copains. Ils étaient tous très gentils. Bon peut-être pas Esther. Mais ça, je ne voulais pas le dire à Jacob.
Je me levais donc à mon tour et je lui fis un bisou sur la joue. Puis avec un sourire, je lui annonçais :

"J'espère que ça ne t'embête pas, mais je dois rejoindre Sam et Alison pour le dîner.
J'ai passé un super après-midi, merci."

Puis je m'éloignais en direction du château, avec mon sac de toile sous le bras, et un large sourire qui barrait mon visage.

FIN



Préfète des Ventoulpes