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L'amertume a des ailes  PV 

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Amber avait passé un été ennuyeux à mourir. « Banal » serait un doux euphémisme pour décrire les deux mois d’inaction pure qui venaient de s’écouler. Elle était rentré chez elle après une année entière d’absence et avait dû faire face à ses parents auxquels elle avait tourné le dos sans explications. Les autres vacances, elle s’était arrangée pour les passer chez d’anciennes amies, naviguant ça et là entre ses connaissances de façon à ne pas avoir à remettre un pied chez elle. Seulement, elle avait d’ores et déjà abusé de la générosité de son entourage, qui lui avait gentiment claqué la porte au nez quand elle avait proposé de les gratifier de sa présence. Il ne lui avait alors resté qu’une seule solution : rentrer au bercail.

Alors que ses camarades écumaient le globe terrestre à la recherche d'îles paradisiaques, s'essayant à de nouvelles stations de skis où rejoignaient des zones pittoresques, la jeune fille était restée cloîtrée dans sa chambre. Elle restait généralement tapie dans son repère du matin au soir, ne sortant que pour déguster avec réticence le repas qui l'attendait sous sur son pas de porte où investir la salle de bain. Autant dire qu'elle n'avait pas vu beaucoup de paysage.

Cependant, dans cet endroit devenu étranger et froid, elle avait eu une once de consolation. Une baguette magique, une cape trouée, des manuels maltraités et un chaudron usé. Autant d'objets inestimables qui lui rappelaient sa véritable maison, et que son calvaire prendrait bientôt fin. Les choses avaient bien changées depuis la dernière fois, heureusement d'ailleurs. Chaque jour, elle s'accrochait à cet espoir en espérant que la rentrée arriverait plus vite, impatiente de laisser derrière elle ce monde de tromperies et de regrets. Elle avait notamment un rituel un peu spécial, qu'elle aurait négligé en temps normal si elle avait eu de meilleures occupations.

Un homme (du moins elle pensait que s'en était un) était entré dans sa vie par mégarde, avait bousculé son quotidien et pimenté chaque seconde de son existence. Bon d'accord, elle exagérait peut-être un petit peu. Lorsque Miss Shepard lui avait présenté son nouveau compagnon, une petite boule blanche insignifiante perchée sur un arbre rachitique, elle s'était montré nettement moins enjouée. Mais bon, c'était compréhensible. Qui voudrait s'enquiquiner d'une bestiole repoussante, l'étudier chaque jour avec minutie et sérieux en prévision du mois de septembre, par un soleil éclatant et une chaleur estivale ? Quand bien même la demoiselle se doutait que l'été n'allait pas être très mouvementé chez elle, la langueur n'était pas un prétexte pour s'embêter de surcroît avec un boulot imbécile.

Bref, Amber devait reconnaître s’être trompée sur le compte de l’animal, qui lui avait finalement offert une distraction bienvenue dans ses heures de monotonie. Elle s’était prise à aimer ces moments privilégiés à examiner la transformation, même si elle avait un tantinet paniqué lorsqu’il avait fallu lui trouver de quoi manger. Heureusement, une rapide recherche sur le net et elle avait pu combler les besoins de son petit protégé, bien qu'elle en ai eu une petite idée quand il avait jeté son dévolu sur son pull préféré ...




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« Soliculus deficio ! », lança la Serpentard avec flegme. Immédiatement, la gerbe d'étincelles grises se perdit dans l'azur avec un crépitement sourd. Un instant plus tard, les quelques nuages cotonneux qui surplombaient le lac virèrent de bord et vinrent se placer juste au-dessus de sa tête. Peu à peu, ils comblèrent la vaste étendue claire et étouffèrent les rayons de soleils qui diffusaient une chaleur étouffante. *C'est mieux comme ça*, pensa-t-elle une fois totalement à l'ombre. Sa deuxième année venait à peine de commencer, hors-de-question de la commencer parsemée de coups de soleils. Cette nouvelle année se devait d'être parfaite, à l'instar de la précédente qui avait filé trop vite à son goût. Elle ramassa une touffe d'herbe fraîche dans sa main en savourant ce contact tant attendu. Affalée dans la bruyère verdoyante, sur la berge humide du lac et protégée d'un soleil de plomb, on pouvait difficilement réunir de meilleures conditions pour une journée idéale. Une journée qui s'annonçait excellente sous tous les hospices donc, quoiqu'un chouïa venteuse.

L'été touchait juste à sa fin mais la chaleur était encore tout à fait présente, et ce pour le plus grand plaisir des élèves de Poudlard qui profitaient de leur premier temps libre. La petite blonde renversa sa tête en arrière, jouissant de ce petit moment de solitude bien mérité. Bien qu'elle aimait la compagnie de ses amis, elle avait parfois besoin de se retrouver en tête à tête avec le château pour réfléchir, faire le point où tout simplement une pause loin des regards et des jugements. Un sourire béat se peignit de lui même sur son visage effilé. Un bruit mat l'alerta sur sa droite. « Alors Majesté, on se réveille ? », apostropha-t-elle à l'adresse de Lord Tartiflette. Elle donna une pichenette sur le bocal du papillon qui s'agitait dans tous les sens en se cognant sur les parois de verre. C'était bien simple, elle en était totalement gaga. Bien qu'elle n'ai jamais eu beaucoup d'affections pour les animaux - qui étaient soient trop bavants, bruyants où envahissants - il s'était révélé le compagnon rêvé. Une oreille attentive, patiente, charitable. C'était ça l'avantage d'une créature faible et d'aspect inutile, on se sentait infiniment plus intéressant à côté.

Son surnom lui était venu à la suite d'un heureux hasard. Un jour qu'Amber rapatriait dans son antre une assiette de tartiflette généreuse préparée par sa mère, son colocataire montra un fort intérêt pour la préparation. Elle s'apprêtait à déguster une fourchette généreuse lorsque l'insecte se jeta littéralement dans le plat. Un moment d'égarement et un fou rire plus tard, Lord Tartiflette était né, auréolé de gloire et de fromage.

La deuxième année reposa l'habitacle de son compagnon avec une moue amoureuse. Si son bébé d'amour était sage, elle lui ferait peut-être goûter aux fleurs du parc. En attendant elle comptait bien tirer profit des quelques minutes qui ...
« Hiiii ! ». Une bourrasque violente venait de balayer le terrain, ébouriffant sa crinière et disséminant ses affaires un peu partout. La plupart de ses livres étaient restés en place, mais ses carnets les plus légers s'étaient ouverts, les pages tournant à un rythme fulgurant. Elle se précipita dessus en essayant d'attraper le plus de feuilles volantes avec frénésie. Des heures d'observations acharnées, de recherches, des pages recouvertes de réflexions, de gribouillis, d'idées pèle-mêles se dispersaient sur la pelouse nimbée de rosée sans la moindre considération pour ses efforts. Elle réunit ses prises en un tas légèrement froissé qu'elle coinça sous son genou avec dégoût. Evidement, il fallait qu'il ne s'agisse pas d'un cahier de brouillon lambda mais de son devoir le plus long ... Pestant contre la terre entière, elle oscillait entre colère dévastatrice et tristesse du même acabit en observant sous ses yeux impuissants son investissement colossal se répandre au gré des courants d'airs.

Trop furieuse pour crier, trop affolée pour pleurer, Amber s'apprêtait à faire déguerpir la silhouette qui s'approchait d'elle à pas mesurés. Au moment où elle allait lancer un regard noir à la présence, un feuillet se déchira alors qu'elle le capturait dans une poigne ferme.
« J'y crois pas ... ». Stop, assez, fini, on arrête tout. Comment lutter contre les éléments ? Elle abandonnait, déposait les armes et regardait filer au loin les papiers qui striaient paresseusement le ciel. Abattue, elle serra le morceau qu'elle tenait contre sa poitrine.

2/07/38 - Bon, j'espère que c'est normal mais je crois que mon machin est en train de grignoter sa coquille. Enfin je sais pas, moi ça me serait pas venu à l'idée de prendre le ventre de ma mère pour un apéricube spécial foetus, mais il faut croire que c'est son cas. Je dois dire que je suis assez perplexe, parce que si l'on le met sous un certain angle, j'ai l'impression de deviner un petit machin visqueux, genre une larve quoi. J'y connais pas grand chose mais je suis pas idiote, avant d'être un joli papillon je sais qu'il est censé passé par la transformation en chenille, mais là on dirait juste un pou tout ratatiné.

3/07/38 - Rien de nouveau à signaler, si ce n'est l'enveloppe qui se fendille un peu plus et la bêbête qui est un tout petit peu plus visible. Où alors c'est moi qui délire ? C'est possible. Passer sa journée en tête à tête enfermée avec un ver amateur d'omelette ça doit pas être hyper sains.

4/07/38 - Enfin, j'y croyais plus ! L'oeuf à enfin "éclos", la bestiole a enfin bousillé sa coquille plutôt. Je ne m'étais pas trompé pour le coup de la larve, si ce n'en est pas une, ça y ressemble farouchement. Elle est un peu plus grosse qu'il y a deux jours, je lui ai donné une mini-part de moelleux au chocolat mais c'est bizarre, elle n'y a pas touché ... Je vais essayer de lui donner des morceaux de feuilles, après si elle veut faire la difficile, tant pis pour elle ! Niveau activité, elle ne bouge pas beaucoup, disons plutôt qu'elle se tord dans tous les sens quand ça lui prend. Est-ce un message caché ? On verra ça demain, je m'en vais charcuter le jardin.

Au comble du désespoir, Amber laissa échapper sa feuille. Une de plus ou de moins qu'est-ce que ça changerait ? Elle allait finir avec un Troll de toute façon, pas la peine de s'acharner. L'objet atterrit lestement aux pieds de ... Mais de qui au juste ?

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
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Ancien sorcier

L'amertume a des ailes  PV 

Cela faisait quelques jours que l'année avait commencer. Victoria entra en cinquième année, une phase importante car en fin d'année elle passe les BUSE (Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire). Ce diplôme lui permettra d'entrée en sixième année et surtout d'avoir un métier dans quelques années. Mais pour l'heure elle ne s'inquiète pas des BUSE, de toute façon elle sait que les professeurs vont lui rabâcher la même chose durant toute l'année. « Réviser » sera le mot d'ordre de cette année. Pas stresser ni inquiète du déroulement de l'année qui allait selon elle bien se passer, elle commença ses premiers cours de l'année.

Ce jour là, Victoria avait fini un peu plus tôt les cours et elle voulut se rendre au lac, pour se reposer et peut-être faire ses devoirs si elle le pouvait. Elle descendit les étages de Poudlard, d'un pas rapide mais pas trop, s'arrêtant quand elle reconnut quelqu'un pour discuter ou simplement dire bonjour. La cinquième année passa ensuite dans le hall sans regarder ses camarades y étant et sortit dans le parc de son école. Le parc un univers que Victoria connait que trop bien. Elle a exploré celui-ci dans les moindre recoin déjà. Et même au delà dans la foret interdite. Endroit qu'elle espère ne plus remettre jamais les pieds. Elle avança dans le parc doucement comme pour savourer le temps présent. Elle regarda les oiseaux, les arbres comme si elle découvrait le parc. Elle s'approchait de plus en plus du lac au fur et à mesure qu'elle avançait.

Au bout d'un moment, elle regarda le sol et aperçu une feuille. Oui une feuille qui était mystérieusement à ses pieds. Victoria se baissa et la ramassa. Elle ne regarda même pas s'il y avait le propriétaire dans les parages, elle commença à lire. De temps en temps la serpentarde rigola comme quand elle lut: « je crois que mon machin est en train de grignoter sa coquille. » ou encore « Où alors c'est moi qui délire ? C'est possible. Passer sa journée en tête à tête enfermée avec un ver amateur d'omelette ça doit pas être hyper sains. » Victoria ne sut pas tous de suite ce qu'elle avait dans la main, cela ressemblait fortement à une page de journal intime. Elle en avait conclut ça avec les dates affichés sur le côté gauche. La cinquième année baissa la feuille et aperçut une deuxième année de Serpentard. Cette fille lui disait quelque chose car elle l'avait croisé plusieurs fois dans la salle commune. Mais elles ne s'étaient jamais vraiment parler. Victoria la regarda, puis regarda la feuille. Cela devait lui appartenir alors elle entama la conversation:


« Salut. Hum... C'est à toi ? » dit-elle en tendant la feuille. « Tu t'intéresses aux animaux alors ? »

Victoria s'installa à côté de sa camarade de maison et attendit sa réaction. Elle vit le bébé papillon de celle-ci. C'est alors que Vicky comprit: La feuille était les évolutions de sa créatures peut-être magique. Victoria ne savait pas vraiment faire la différence, c'était un animal et puis c'est tous. Elle n'avait pas choisit les Soins aux créatures magiques mais ses cours de rattrapage pour la formation d'Animagus lui ont permit de connaître le minimum sur le domaine. Ce qui était sur c'est que sa camarade est trop jeune pour étudier cette matière. Peut-être la choisira-t-elle ? Victoria n'en savait rien et regarda l'herbe fraiche en attendant passivement.

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Amber ne pensait plus à rien. Si elle avait été à deux doigts de péter un plomb quelques minutes auparavant, elle ressemblait à présent davantage à une coquille vide qu'à une tornade. Elle s'imaginait déjà lors de la reprise fatidique des cours, s'avancer dans la salle de Métamorphose et se voir attribuer un sourire indulgent qu'elle ne méritait pas, baisser les yeux quand la professeure demanderait à récolter les cahiers de chacun. Mais surtout, la lettre rouge qu'on lui rendrait sur une copie blanche, qui figurerait à jamais dans son bulletin de notes, criante d'injustice. Un Accio ne suffirait pas à lui ramener sa précieuse paperasse, qui s'était sûrement déjà disséminée aux quatre coins du parc. Rien ne suffirait à réunir ne serait-ce que le minimum syndical pour obtenir une appréciation potable, il était trop tard. Elle pourrait toujours arguer auprès de sa directrice de Maison qu'elle avait été victime d'un coup du sort, mais comment le prouver alors que les maigres résidus de son boulot s'éparpillaient à la surface du lac, quand ils n'avaient pas été happés par les Strangulots ? Et puis, il lui restait tout de même assez de lucidité pour se rendre compte qu'il s'agissait d'une cause perdue et que maugréer à tous les vents ne ferait pas revenir le fruit de ses efforts par magie. Une voix hésitante la sortit de sa léthargie, qui lui rappela qu'elle n'était pas tout à fait seule.

« Salut. Hum... C'est à toi ? ». C'était donc trop demander dix minutes de tranquillité ? La jeune fille releva la tête d'un mouvement mécanique, s'apprêtant à grogner sur celui qui osait l'interrompre dans sa transe. Une teinte rose vif l'arrêta, elle connaissait ce timbre de voix doux, mais néanmoins autoritaire pour l'avoir entendu dans sa salle commune à de maintes reprises. Troublée, elle s'empara de la feuille d'un geste un peu trop vif. *Pitié qu'elle n'ai pas lu*,supplia-telle en son for intérieur. « Hmm, oui. ». Pourquoi sa capitaine de Quidditch à qui elle n'avait quasiment jamais parlé lui ramassait ses affaires ? Dans l'esprit pragmatique d'Amber, fait de chiffres, de statistiques et de probabilités, la situation actuelle la plongeait dans l'incompréhension totale.

Un petit voyant rouge lui indiquait qu'à cette heure-ci elle aurait dû se rouler par terre de dépit, crier dans le pire des cas ou simplement grogner sur ses camarades pour soulager sa peine dans le meilleur. Alors pourquoi, pourquoi était-elle en train de bégayer devant la batteuse des Crochets d'Argents ?

Se rendant compte de son impolitesse, elle consentit à lâcher un:
« Merci » un peu froid. Non pas qu'elle ai quoi que ce soit contre sa camarade, mais elle venait de subir différents stades éprouvants, à commencer par l'affolement, la rage, la résignation, le dégoût, la colère froide et enfin l’abattement. Personne ne devait la voir dans cet état, pas seulement à cause de son humeur de chien ou de sa mine défaite, elle avait été humiliée, ridiculisée, touchée au plus profond d'elle-même. Elle avait prouvé au monde entier qu'elle n'était pas si forte que cela, que malgré les apparences il suffisait que trois feuilles s'envolent pour que sa carapace de fierté en fasse de même. C'était navrant, pitoyable, désolant.

S'il était trop tard pour reprendre contenance, la demoiselle tenta tout de même le coup. Elle se composa un sourire teinté d'amertume et serra une touffe d'herbe rêche entre ses mains pour s'empêcher de craquer. Elle rejeta ses cheveux emmêlés derrière ses épaules et s'assit dans une position plus confortable tandis que Victoria prenait place à ses côtés. « Tu t'intéresses aux animaux alors ? ». *Punaise, elle sait, elle a lu le papier*. La jeune fille se força à répondre, dissimulant sa déception derrière une façade insouciante: « Dans mon état normal, non ». La demoiselle reprenait doucement du poil de la bête, son personnage assuré se confondant progressivement dans sa personnalité. Elle plaça le bocal de son papillon sur ses genoux afin de le montrer à son interlocutrice. « Je te présente Lord Tartiflette. On s'est rencontré il y a deux mois en cours de Méta', ça n'a pas été le coup de foudre immédiat mais avec le temps j'ai appris à aimer ses défauts comme ses qualités, et son goût prononcé pour le fromage ». Elle approcha son visage du récipient et entonna d'une voix mielleuse: « Pas vrai mon bébé ? Oh ouiii, c'est un gentil bébé ça ! Gouzii gouzii ! ». Amber se fichait bien de passer pour une folledingue, c'était toujours préférable à la pauvre petite chose éplorée par la vie qu'elle incarnait quelques instants auparavant.

Et puis, elle ne jouait pas la comédie vis à vis de son amour inconditionnel pour la bestiole. Elle l'avait vu naître, changer, évoluer sous ses yeux. Elle avait assisté à sa transformation jour après jour, en multipliant les petites attentions, les soins et la douceur pour s'occuper de son adorable protégé, même si le cœur n'était pas toujours au rendez-vous. peu à peu, la larve dégoûtante s'était changé en une magnifique créature aux ailes ourlées de velours bleu. Comment ne pas tomber sous le charme ? Bon d'accord, son affection était peut-être très légèrement exagéré, mais son attachement l'avait sauvé d'un ennui cruel, lui avait offert quelque chose à laquelle se raccrocher, une motivation inébranlable pour tenir le coup et avancer.


Elle se sentit obligée de rajouter: « Bon, il n'a pas toujours été aussi chou hein. Il était même carrément affreux au début. Environ une semaine et demie après que je l'ai eu, il a commencé à tout dévorer et il grossissait à vue d'oeil. Bon d'accord, peut-être pas mais vachement vite quand même ! Heureusement d'ailleurs, j'aurais pas supporté qu'il reste coincé trop longtemps dans sa période chenille-poilue-vaguement-visqueuse ». Emportée dans son élan, elle poursuivit à grands renforts de gestes: « Et puis, y'avait ces fois où il boudait la nourriture une journée ou deux et qu'il commençait à muer. Et crois-moi, tu ne sais pas ce que signifie vraiment la mocheté avant d'avoir vu mon chouchou se tortiller dans tous les sens pour charcuter son épiderme ».

Miss Shepard avait été bien inspirée de leur confier cette tâche, d'autant plus que selon ses souvenirs, il s’agissait d’un nouveau devoir. Ses aînées avaient également eu un animal à garder, mais lequel déjà ? Voyant une occasion de relancer la conversation, la Verte posa à son tour une question : « J’ai cru comprendre que c’est assez récent comme travail, tu n’a pas eu quelque chose dans ce style toi aussi ?  ». Consciente de son débit de parole incroyable, elle décida de reprendre son souffle. Elle avait réussit à donner le change, à sauver les apparences une nouvelle fois pour ne pas que l'on se rende compte de la personne qu'elle était vraiment. La petite fille fragile, lâche, sans texture. Elle fît craquer les jointures de ses longs doigts, elle avait presque oublié le mini-drame qui venait de survenir. Finalement, un peu de compagnie lui offrait la distraction rêvée pour passer à autre chose. Du moins en public.

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Le vent soufflait et rafraichit le visage de la cinquième année. Elle avait chaud et espérait voir l'hiver approcher à grand pas. Victoria pensa au travail qui l'attendait. Elle devait encore faire des devoirs pour la semaine mais la reprise était très dur. Elle n'avait pas vue passer les vacances et elle avait hâte de s'être adapter à la cinquième année qui promettait d'être dur. La cinquième année vit la tête de la jeune fille se lever et elle reconnut Amber Hoover, une fille qui était belle et bien de sa maison. La fille répondit un « Hmm, oui. » puis un « Merci » Victoria la trouvait bizarre, mais par prudence ou par complexe, l'adolescente ne dit pas un mot. Elle regarda dans le vide en attendant que le temps passe. Elle entendit répondre Amber à sa deuxième question:

« Dans mon état normal, non » Qu'est-ce que cela voulait dire ? Victoria préféra écouté la suite pour être sûr: « Je te présente Lord Tartiflette. On s'est rencontré il y a deux mois en cours de Méta', ça n'a pas été le coup de foudre immédiat mais avec le temps j'ai appris à aimer ses défauts comme ses qualités, et son goût prononcé pour le fromage »

Aaaahhhh ça y est. Le cours de métamorphose. Victoria prend du temps pour comprendre mais elle comprend. Les premières années à partir de l'année dernière, doivent s'occuper d'une bestioles. La génération précédente avait du s'occuper d'une grenouille ou d'un crapaud. Vicky se souvient d'avoir vu trainer dans la salle commune et dortoir pleins de grenouille de ses camarades, c'était pas fort agréable. Heureusement, cela durait jamais longtemps. Là apparemment miss Hay Shepard avait changé et elle avait demandé aux jeunes deuxièmes années de s'occuper d'un papillon. L'adolescente en avait conclut que Lord Tartiflette était celui d'Amber. Victoria regarda l'animal d'un air passive en se disant qu'elle avait eue de la chance de ne pas avoir eue de bête à s'occuper lors de sa deuxième année.

« Pas vrai mon bébé ? Oh ouiii, c'est un gentil bébé ça ! Gouzii gouzii ! » s'exclama Amber.

Première réaction de Victoria: Ok cette fille est pas nette. Mais après réflexion, c'est vrai que le bébé papillon est tous mignon et tendre à la fois. Si cela permet à Amber d'aimer les animaux et d'avoir des amis de ce style pourquoi pas. Victoria regarda l'animal remua dans son bocal, il avait l'air mignon ça c'est certains. La cinquième année répondit en souriant:
« Enchantée Lord Tartiflette! » Voilà qu'elle se met à parler aux animaux. Bah comme ça deux folles ensemble ça fait la pair. Elle leva la tête pour voir sa camarade qui continua:

« Bon, il n'a pas toujours été aussi chou hein. Il était même carrément affreux au début. Environ une semaine et demie après que je l'ai eu, il a commencé à tout dévorer et il grossissait à vue d'œil. Bon d'accord, peut-être pas mais vachement vite quand même ! Heureusement d'ailleurs, j'aurais pas supporté qu'il reste coincé trop longtemps dans sa période chenille-poilue-vaguement-visqueuse. Et puis, y'avait ces fois où il boudait la nourriture une journée ou deux et qu'il commençait à muer. Et crois-moi, tu ne sais pas ce que signifie vraiment la mocheté avant d'avoir vu mon chouchou se tortiller dans tous les sens pour charcuter son épiderme ».

Cette fille, elle s'y connaissait. « épiderme », « muer »... Victoria ne connaissait pas ces termes mais en même temps elle n'avait pas suivi les mêmes cours qu'Amber. Et oui, en cinq ans, le ministère de la magie en a fait des reformes... apparemment ils adorent ça. La cinquième année écouta avec fascination la petite Amber sans dire un mot en essayant d'enregistrer tous ce qu'elle entendait. Apprendre quelque chose de cette façon c'est beaucoup mieux, avouons-le, que de lire bêtement un livre. Victoria chercha quelque chose à dire, elle ne savait pas quoi répondre, c'était si bien ce qu'elle a dit et si complet qu'elle n'avait même pas de question. Finalement Amber l'aida en en posant une:

« J’ai cru comprendre que c’est assez récent comme travail, tu n’a pas eu quelque chose dans ce style toi aussi ? »

Victoria réfléchissait. Elle n'avait pas eue le crapaud à s'occuper ça c'est certains. Le papillon c'est tous nouveaux donc non plus. Elle ne se souvenait plus si elle s'était occupé d'un animal, mais elle croit que non. Elle sent serait surement souvenu. Et puis Miss Hay Shepard n'était pas encore professeur, c'était le directeur actuel qui était professeur. Regardant la deuxième année, elle souffla un coup et répondit:

« Non j'pense pas. En deuxième année, j'avais pas Miss Hay Shepard, j'avais Mr. Stoyanov ou le prof d'avant. J'sais plus, ça fait longtemps. Mais ce devoir où faut s'occuper d'une bestiole date de Miss Hay Shepard donc je l'ai pas fais. »

Combien de temps s'était passer entre sa question et la longue réponse d'Amber ? Quelques minutes. Elle maitrisait bien le sujet c'est certains. Victoria devait poser une question pour continuer la discussion, premièrement, mais pour aussi couper ce long monologue que venait de réalisé Amber. Beau travail de sa part. La cinquième ne savait pas quoi poser et se mordit la lèvres comme si elle allait avoir une question qui allait venir ainsi. Finalement elle demanda simplement:

« Qu'est-ce que tu dois faire pour le devoir ? Je peux peut-être t'aider. »

Faire les devoirs des autres, c'est pas ce qui la branche le plus mais personne ne refuse un coup de main et elle avait envie d'aider.

L'amertume a des ailes  PV 

Une année, trois cent soixante-cinq jours d'émerveillement, de dur labeur, de cachotterie. Ses cheveux avaient poussé, son visage s'était allongé mais sa taille était toujours ridicule même pour une gamine de douze ans. Peu de changements en apparence, mais elle n'était déjà plus la même. A commencer par son entrée dans le Poudlard Express qu'elle avait attendu durant deux mois de vacances fastidieux. Plus un gramme d'appréhension, de nervosité où encore de gêne. Elle avait pénétré dans la gare de King Cross d'un pas sûr et impatient, mais n'avait pas rejoint les badauds pour une course insipide à travers une Angleterre dépouillée. Elle avait rejoint un cercle privé, avec l’excitation et la fierté de ceux qui jouissent d'un bonheur select. Elle avait cessé de tâter son pouls, d'écouter le sang qui fluctuait dans son organisme en se demandant comment de la magie pouvait couler dans ses veines de campagnarde arriérée. Peu à peu, au fil des jours, les extravagances étaient devenues des rituels, et elle était parvenue à s’accommoder du surréaliste. Elle n'avait pas bronché quand le train s'était engouffré sur la voie ferrée en crachant de la vapeur comme un dragon asthmatique. Une nouvelle ère commençait, qu'elle avait accueilli à bras ouverts.

Le cœur d'Amber avait cessé de faire des loopings dans sa poitrine. Elle était redevenue ce personnage plein d'assurance, cette jeune fille pragmatique capable d'afficher le calme parfait alors qu'elle bouillonnait de l'intérieur. Cette force, ce contrôle draconien de ses émotions, elle se l'infligeait de peur de dévoiler sa véritable personnalité, qui lui faisait honte autant qu'elle la rappelait à ses origines. Plus elle s'enfonçait dans son mensonge, plus la vérité en devenait dur à admettre. Elle avait réussi à donner le change pendant un an, dissimulant au nez et à la barbe de tous la lâcheté qui l'habitait et son patrimoine génétique peu glorieux. Mais combien de temps allait t-elle pouvoir jouer la comédie ? Quel souvenir allait-elle avoir une fois sa scolarité achevée, celle d'une représentation permanente qui l'avait éloigner du bonheur ? *Toutes les bonnes choses ont-une fin*, lui dicta sa conscience d'un ton déjà plein de nostalgie. La jeune fille n'était ni de nature optimiste ni pessimiste, elle prenait en compte les facteurs, calculait les probabilités, et livrait un jugement basé sur la théorie pure. Qu'elle le veuille ou non, elle avait raison, et elle le savait.

« Enchantée Lord Tartiflette ! », salua Victoria, souriante. Curieusement, son aînée n'était pas plus choquée que cela par ses effusions d'amour envers son papillon. Où elle cachait bien sa surprise, où elle avait l'habitude de voir ses amies se trémousser devant un insecte en boîte en poussant de petits cris stridents. Difficile à définir. En tout cas, son visage s'illumina de compréhension lorsque la deuxième année s'expliqua avec moult détails. Peu à peu, la fascination se peignit sur les traits de la Capitaine de Quidditch. Amber continua à débiter un flot de paroles sirupeuses, s'étonnant d'être parvenue à impressionner une élève aussi expérimentée. Cinquième année, ce n'était pas rien ! La jeune fille avait du mal à se projeter au jour suivant, alors trois ans plus tard c'était un peu trop enthousiaste à son goût.

« Non j'pense pas. En deuxième année, j'avais pas Miss Hay Shepard, j'avais Mr. Stoyanov ou le prof d'avant. J'sais plus, ça fait longtemps. Mais ce devoir où faut s'occuper d'une bestiole date de Miss Hay Shepard donc je l'ai pas fais », répondit l'adolescente dans un souffle. Elle hocha la tête pensivement. La petite blonde essaya de s'imaginer le directeur du château dans une salle de classe, mais son imagination étriquée l'arrêta rapidement. L'idée que des générations et des générations de sorciers aient foulé l'herbe sur laquelle elle était affalée la dépassait totalement, cet effort avait de quoi lui ficher un bon mal de crâne.

« Qu'est-ce que tu dois faire pour le devoir ? Je peux peut-être t'aider », demanda Victoria, avenante. « En gros, je dois noter dans un carnet l'évolution de Lord, expliquer tout en détails. Je crois que c'est censé nous montrer un des aspects de la Métamorphose, t'sais le côté: "on peut pas tout avoir avec une baguette magique"  », rétorqua-t-elle d'une voix teintée d'amertume. La scène douloureuse qu'elle avait réussi à repousser dans un coin de sa mémoire refusait surface. Un haut de cœur imperceptible la secoua avant qu'elle complète: « J'aimerai bien, le truc c'est que ... », hésita la collégienne en présentant le cahier dégarni. Une feuille au coin racorni avait néanmoins survécu, perforée par endroits là où des agrafes retenaient de nombreuses photos. Ses yeux se promenèrent machinalement dessus.

16/07/38 - Encore des mues, toujours des mues. Il va s'arrêter quand le machin ? Et puis, comme si ça ne suffisait pas, il a de plus en plus d'appétit. Moi qui pensait être relativement tranquille après lui avoir fait goûter aux graines, il commence déjà à les bouder. Je ne sais plus quoi faire, en ce moment il ne jure que par la feuille et encore la feuille, à ce rythme là il m'aura bouffer tout le jardin dans une semaine.

18/07/38 - C'est moi ou la chenille vire légèrement au bleu ? Moi qui était habituée à une espèce de kaki foncé malpropre, il va falloir que je me fasse une raison, bébête a des goûts de luxe maintenant. Ça commence avec le tri sélectif des feufeuilles, et maintenant il nous fait un relooking à deux sous ! Il n'empêche, j'ai l'impression qu'il manque de ... Hmm, comment dire ? De vitalité.
Pourtant, il a tout le nécessaire, mais je dois être passée à côté de quelque chose ... Je vais l'emmener dehors faire ses premiers pas visqueux, peut-être ce changement de paysage va-t-il m'inspirer.

21/07/38 - Il semblerait que mon bichon m'ait préparé une petite surprise. La première fois qu'il a fait connaissance avec un arbre, il a eu un regain de force qui m'a un peu effrayé. Je l'ai ramené à moi illico presto, sinon je pressentais que j'allais devoir aller le décrocher moi-même, et crapahuter dans les arbres n'étant pas mon sport de prédilection, j'ai préféré m'abstenir. Je suis sûre que vous me comprendrez. BREF, j'ai retenté l'expérience le lendemain et il s'est avéré qu'il a une farouche envie d'aller titiller les branches. Et puis, aujourd'hui bingo, jackpot, illumination céleste. J'ai été fauché une plante en pot du salon et j'ai confortablement installé mon chéri dedans. J'ai cru qu'il avait juste envie d'une surface verte pour courir partout mais non, c'était juste histoire de piquer un somme et de s'attacher littéralement au tronc, avec un espèce de début de fil.


« Le soucis c'est que j'ai tout perdu. Un moment inattention, un coup de vent et puis ... Plus rien », soupira tristement la fillette. « Un coup de main ne serait pas de refus, le truc c'est que je n'ai aucune idée de comment tu pourrais m'aider, des trucs comme ça y'en a des dizaines », sussura-t-elle en tendant la feuille rescapée à la Batteuse. « Éparpillées au vent », acheva-t-elle en claquant gravement des doigts. Ceci dit, elle avait peu d'expérience dans le domaine de devoirs, Victoria s'était peut-être retrouvé dans une situation épineuse de ce genre en cinq ans. Avec un peu de chance, elle aurait un conseil à lui donner qui changerait la donne. A chaque problème sa solution, après tout.

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
Responsable des nouveaux arrivants et journaliste au Sale Hasard.
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Ancien sorcier

L'amertume a des ailes  PV 

Victoria regardait le bébé-papillon dans son bocal. Elle essayait de voler. C'est si mignon. L'adolescente pensa aux merveilleuse chose de la vie et des animaux. En elle-même elle se dit: *moi aussi j'veux un papillon* Cette pensée était comme celle d'un enfant qui est attiré vers un nouveau jouet. Peut-être parce que Victoria a gardé son âme d'enfant et ne grandit que physiquement. En tous cas quand il s'agit de faire les devoirs ou d'aider quelqu'un, c'est bien l'adolescente qui resurgit:

« En gros, je dois noter dans un carnet l'évolution de Lord, expliquer tout en détails. » s'exclama la deuxième année.

Hum... Victoria n'avait pas eut ce genre de travail à faire et elle en voyait pas l'utilité. La métamorphose était pourtant l'une des matières qu'elle préférait. En effet, elle a l'envie et le souhait le plus cher de devenir un jour Animagus. Elle suit donc la formation du professeur Hay Shepard avec sérieux. Normalement si tous se passait bien, elle aurait l'autorisation de se servir de sa forme animal en fin de septième année, donc à la sortie de Poudlard. Victoria regarda le papillon en s'imaginant à sa place. Serait-ce bien de se transformer en papillon ? L'avantage c'est qu'on pourrait voler, se cacher dans des endroits qui sont interdit en tant normal. La fille s'est que le ministère surveille tous ça et c'est bien dommage. Aujourd'hui, Victoria ne savait pas en quoi elle allait se métamorphoser et elle sera plus tard dans sa formation. Intérieurement, elle espère devenir un serpent ou un chien mais on ne choisit pas sa forme.

Pourquoi avait-elle pensé à tous ça ? Rien dans ce qu'avait répondu Amber ne laissait penser à ça. Et pourtant Victoria y avait penser. Elle regarda Amber en écoutant sa dernière phrase:
« Je crois que c'est censé nous montrer un des aspects de la Métamorphose, t'sais le côté: "on peut pas tout avoir avec une baguette magique '' »

C'est vrai, ça. On ne peut pas tous avoir avec une baguette magique. C'est pourtant ce qu'a penser pendant longtemps Victoria. Voir ses parents toujours la baguette à la main, pour faire la vaisselle, réparer les objets casser. Il existe une formule presque pour tous. Mais Victoria a apprit au fil des années qu'une baguette ne fait pas tous, par exemple, elle ne fait pas l'amour.

Amber Hoover présenta à l'adolescente un carnet qui ressemblait beaucoup à un journal intime. Quand on regardait celui-ci on voyait un carnet avec des pages en moins. Victoria lut la page apparente vite fait sans essayer d'en comprendre le sens. Une fois terminé elle allait poser une question mais Amber y répondit avant:

« Le soucis c'est que j'ai tout perdu. Un moment inattention, un coup de vent et puis ... Plus rien », soupira la fillette. « Un coup de main ne serait pas de refus, le truc c'est que je n'ai aucune idée de comment tu pourrais m'aider, des trucs comme ça y'en a des dizaines. Éparpillées au vent »

Victoria comprenait la déception d'Amber. Un devoir si long et devoir tous recommencer à cause du vent, Vicky n'aimerait pas être dans cette situation mais ça c'était avant d'avoir appris en cours de Sortilège à lancer un accio. Elle chercha sa baguette et la trouva dans sa poche droite. Une fois sortit elle l'a pointa sur Amber: « Oups, excuse-moi » dit-elle en rabaissant sa baguette. « J'pense que je peux faire quelque chose pour tes feuilles » Elle pointa sa baguette vers le sol pour ne blesser personne puis prononça son sort fétiche:« Accio! »

Victoria attendit quelques instants toujours aussi concentrés puis elle vit des feuilles arrivés par la voie des airs pour se poser sur sa main de libre. C'est aussi ça la magie. Victoria regarda les feuilles puis les tendit vers sa camarade: « J'espère qu'il t'en manque pas cette fois. Tu n'as plus qu'à les remettre dans l'ordre. » Chose facile puisqu'il y a la date devant toute les notes qu'à prit Amber. Victoria tendit un sourire de fierté pour terminer.

L'amertume a des ailes  PV 

Une baguette pointée en direction de sa tête. C'était ça la solution à son problème, lui faire gicler la cervelle ? Interloquée, elle eu un mouvement de recul instinctif. « Oups, excuse-moi ». Amber secoua la tête pour lui signifier que ce n'était pas grave, qu'elle avait juste une proportion alarmante à s'inquiéter pour rien, dès qu'un objet entrait un peu trop brutalement dans son champ de vision. Elle n’eut pas le temps d'ouvrir la bouche que sa camarade s'éxclamait: « J'pense que je peux faire quelque chose pour tes feuilles. Accio ! ». Bien sûr, elle connaissait ce sortilège de nom, mais s'imaginait qu'il serait impossible à lancer à une telle distance. Pourtant, la cinquième année, d'un petit mouvement souple, attirait à elle comme un aimant des dizaines de feuillets meurtris qu'elle croyait avoir perdu à jamais. Des papiers fendaient la surface du lac, se détachaient de branches noueuses tandis que d'autres glissaient sur l'herbe, propulsées par une bourrasque imaginaire. Sous ses yeux ébahis, son travail se reformait peu à peu en un tas brouillon.

Inconsciemment, sa bouche s'ouvrit, révélant une rangée de dents parfaitement alignées. Elle leva un regard de gosse, gonflé d'espoir et de reconnaissance sur Victoria. Elle savait qu'elle devait avoir la même tête qu'une gamine de sept ans un matin de Noël, mais elle s'en fichait. Pendant une dizaine d'effroyables minutes, elle avait crû ses efforts réduits à néant. En un mot, son aînée venait de remonter le temps, de lui offrir une deuxième chance qui n'avait jamais dépassée le domaine du rêve. « J'espère qu'il t'en manque pas cette fois. Tu n'as plus qu'à les remettre dans l'ordre », souffla Victoria avec fierté. La jeune fille fouilla fébrilement la pile, n’osant pas détourner le regard de peur que ses notes s’envolent à nouveau.

« M .. Merci », articula-t-elle péniblement. Elle commença à les trier, séchant les pages humides comme le pouvait, en défroissant certaines, en aplatissant d’autres. Une à une, dans le silence le plus complet, elle reconstruit son carnet, faisant courir des doigts avec mille et une précautions sur les morceaux fragiles. Elle retint son souffle en plaçant la dernière copie, qui contenait un cliché couleur :

28/07/38 - La chenille ne grossit plus, je crois que je peux en conclure que mon bébé a déjà atteint sa taille adulte. Finalement, elle n’est peut-être pas si moche que ça, si on la regarde en contre-plongée, de trois-quarts, en plissant l’œil droit, son apparence est tout à fait acceptable. Par contre, je suis inquiète, elle ne bouge presque pas. Sauf pour balancer ses minuscules pattes un peu partout, comme si elle tricotait dans les airs. Je me doute que la comparaison n’est pas très explicite, mais je vous assure que c’est très représentatif. Donc je disais, elle a peu d'appétit et semble se murer dans la même position. Je suis à deux doigts d’appeler le vétérinaire, help.

02/08/38 - Quand je disais qu’elle tricotait ! Une sorte de couche blanche s’est formée autour d’elle, comme une couverture toute douce (oui j’ai touché, ça ne lui a pas plu, mais je l’ai fait). On dirait de … La soie. Quand je disais que c’était un petit précieux ! On dirait que cette bestiole se fabrique un espèce de sac de couchage, si c’est pas beau la nature. Une petite recherche sur le net m’a appris que ce truc devait s’appeler la chrysalide, ou un nom du genre.

17/08/38 - La tête, les pattes, les ailes. Si si, dans cet ordre là. J’ai bien regardé, et je peux vous dire que même si c’était un peu glauque, je ne regrette pas de l’avoir vu. Comment imaginer deux secondes qu’un petit insecte, laid et velu pourrait devenir au bout de deux semaines un superbe papillon comme celui-là ? Je n’en avais jamais vu un aussi beau (sans doute parce que je n’ai jamais pris le temps de les observer). Il a de petites ailes soyeuses, j’ai envie de les caresser mais je m’abstiens. Quand je parlais encore avec ma mère, celle-ci m’a expliqué que toucher leurs ailes pourrait les empêcher de voler par la suite. Je ne sais pas si cela s’applique aussi pour lui ou juste pour les nocturnes. Il est un peu fripé par contre, apparemment ça va bientôt partir, il faut d’abord qu’il se rétablisse.

Eh oui, l’ordi ne ment jamais les amis. Deux heures plus tard, il volait. Oui, il volait. Cette horrible petite chenille baveuse devenue petit prince des cieux volait. Je n’en reviens toujours pas. Lui non plus d’ailleurs, il se fourre dans tous les endroits possibles et imaginables, explore les caches les plus hautes comme s’il avait attendu ce moment toute sa vie. Il serait temps que je lui trouve un nom d’ailleurs. J’ai quelques idées, mais quelque chose me dit que « joli chouchou qui vole » ne ferait pas l’unanimité. Je vais continuer à chercher, mais après le repas par contre, j’ai trop faim. Il y a une bonne odeur de fromage qui me parvient depuis ma chambre en plus, j’ai hâte que le manger arrive.

Les souvenirs de ces merveilleux instants émergeaient de sa mémoire, un sourire incrédule flottait toujours sur son visage émacié. Elle se trouvait bête d'être restée aussi passive, renfermée sur elle, quand un pauvre sortilège aurait pu la tirer de la panade. Ses réflexes de Moldue impuissante face aux éléments avaient repris le dessus en deux mois, chose qu'elle ne laisserait plus jamais se reproduire. De toute évidence, son naturel prenait jalousement le dessus en situation de crise, ce qui avait tout pour lui déplaire. Elle était venue à Poudlard pour devenir une autre personne, sortir des sentiers battus et affirmer son caractère tout en en lissant certaines aspérités. Pour cela, il faudrait qu’elle parvienne à retrouver une mentalité « normale » en ces lieux, qui impliquait de réfléchir avec sa magie et non sa méthode.

« Whaou je ... Je ne sais pas comment te remercier », balbutia la Hoover. « Je pensais que j'allais être obligé de le présenter à l'orale, supplier Miss Shepard de me passer sous Veritaserum, voir même carrément de ne rien faire du tout. Je te dois une fière chandelle ». Folle de joie, elle serra le bocal contre son coeur. Elle avait remarqué que Victoria le reluquait avec envie, aussi elle décida de libérer son petit protégé. Elle dévissa le couvercle dans un bruit de succion, appréciant le contact frais du verre sous sa paume. Un grincement désagréable plus tard, et Lord Tartiflette papillonnait autour des deux Vertes avec un bonheur non dissimulé. Comme elle le prévoyait, il ne s'éloigna pas beaucoup, trop affaibli par sa longue captivité pour oser s'aventurer plus loin dans le parc. Il se percha, majestueux, au bout de son index qu'elle offrit à la Capitaine de Quiditch. « Tiens, approche ta main si tu veux, il va peut-être te grimper dessus ». Cette phrase, dans n'importe quelle autre contexte, aurait eu un effet étrange. Sauf dans celui-ci.

Ivre de bonheur, Amber alla même jusqu'à sourire à un crapaud dodu qui profitait des dernières lueurs du jour, prostré dans l’herbe. Elle éclata de rire, bougea beaucoup, se leva, se rassis, parla avec animation. Elle vanta les mérites de son compagnon, montra à sa congénère comment l'aborder, le nourrir ou le faire venir sur son épaule. Elles restèrent longtemps, des minutes, des heures, à profiter d'un temps précieux, à s'amuser de la façon la plus simple possible. La batracien était toujours là, fixant de ses yeux rond le petit groupe. Mais une catastrophe en engendra bientôt une autre. Une seconde inattention plus tard, une énorme langue rose se déployait dans son périmètre et happait goulument Lord Tartiflette, qui disparut pour toujours.



Fin du RPG

◊ Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour s'en emparer.
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