Lac

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Ancien sorcier  

Ces jours où tu deviens une héroïne... l PV : Kaeyann l

Il y a des jours où l'on a l'impression que tout fini. Que nous sommes perdus. Et que c'est irréversible. On a beau battre des bras, impossible de remonter à la surface. Il y a des jours où l'on pense qu'on ne reverra plus jamais la lumière, que l'obscurité va nous emporter loin, très loin.

A-t-on vraiment le temps de penser tout cela, quand quelque chose nous arrive ? Est-ce qu'on a vraiment tous le temps ? Quand une voiture tombe d'un pont, est-ce que les passagers ont le temps de penser à tout ce qu'ils vont rater ? Ou est-ce qu'au contraire, ils se concentrent sur les bons moments qu'il ont vécus ? Qu'est-ce qui est le mieux dans ces moments-là ?

Ysalyne aimerait le savoir. Elle aimerait pouvoir faire un choix, là, tout de suite, alors qu'elle s'enfonce de plus en plus profondément dans les eaux noires et gelées du Lac, sans pouvoir bouger.

Elle n'avait prévue de se noyer. Elle n'avait pas prévue que tout allait s'arrêter là. Et pourtant, ça devait être écrit ainsi.

***


Ysalyne sortie, toute guillerette, dans le parc enneigé du château. Tout était magnifique. Tout brillait, tout était blanc. La petite Serpentard avait l'impression de rêver. C'était le premier hiver qu'elle passait à Poudlard, et absolument chaque nouvelles découvertes l’émerveillaient. Que ce soit la décoration de la Grande Salle où la glace scintillante qui couvrait le Lac noir.

Enveloppée bien chaudement dans son foulard émeraude, tout juste offert par ses parents et envoyé d'Inde par colis express, Ysalyne sautilla dans la neige, tout sourire. Elle aimait la neige. Non, pire : elle adorait la neige. La petite s'accroupie pour en prendre au creux de ses mains et le lança au dessus de sa tête en éclatant de rire, les yeux brillants de voir une pluie de flocons retomber tout autour d'elle.

Si quelqu'un était passé près d'elle à ce moment-là, il l'aurait sûrement railler pour son comportement enfantin. Aucune importance. Pour la première fois depuis longtemps, Ysalyne n'avait plus d'angoisse quant à l'impression qu'elle renvoyait d'elle. Elle se sentait tellement libre, seule au milieu de toute cette neige...

Accompagnée par son rire cristallin, la petite courut tout le long d'une pente, dans la poudreuse. Les flocons virevoltaient tout autour d'elle, venaient se déposer un peu partout sur ses cheveux auburn, sur ses vêtements, sur son nez rougis par le froid.

Sa course l'emmena jusqu'au abords glacés du Lac, où, essoufflée, elle se laissa tomber sur le dos. Les bras et les jambes écartées en étoile de mer, elle regardait le ciel d'un gris lumineux, de la même couleur que ses yeux, tout en essayant de récupérer un rythme cardiaque normal.

Ysalyne se releva, les bras appuyés derrière elle, les fesses toujours dans la neige froide, à observer le Lac scintillant et si attirant. La petite Serpentard tourna la tête à droite et à gauche. Personne.

Un sourire mutin se dessin sur son visage et elle se mordit la lèvre, consciente qu'elle n'avait sûrement pas vraiment le droit de faire ce qu'elle s'apprêtait à faire.

Elle se releva promptement, balaya vigoureusement de la main la neige accrochée à son pantalon et s'approcha du bord du Lac. Au dessous de la plaque de glace, on pouvait apercevoir l'eau piégée, qui, étrangement, ne cherchait pas à se libérée de l'emprise qu'avait le gèle sur elle. Tout simplement, et calmement, elle attendait le printemps pour être de nouveau libre.

Ysalyne posa un pied sur la glace et y porta tout son poids en tendant l'oreille. Aucun bruit, à part celui du vent, ne venait indiquer un quelconque danger à la fillette qui, sans plus de précautions, s'élança sur la surface dur et féérique du Lac noir en riant aux éclats.

Elle tournait, tournait, sur la glace et se sentait voler, flotter. Soudain, son pied dérapa et elle s'étala de tout son long sur la glace. Ysalyne grimaça sous la douleur que lui donnait maintenant sa cheville.

Mais avant qu'elle n'est put faire le moindre mouvements, un craquement horrible retentit et le cœur d'Ysalyne eu tout juste le temps de s'accélérer avant que la petite ne comprenne que la glace cédait sous son poids.

Affolée, Ysalyne tenta de se relever, de se remettre sur pied pour courir vers la terre ferme, mais elle n'en eu pas le temps.

La glace se brisa.


« Au secours ! »

Le cri d'Ysalyne fut engloutit par les eaux gelées du Lac.

Tout d'abord tentée de se débattre contre le poids de ses vêtements d'hivers et la force insoupçonnée du courant sous la couche de glace, Ysalyne se rendit presque aussitôt compte que cela ne servirait à rien de tenter de remonter à le surface.

Un manteau en fourrure trop lourd, gorgé d'eau, qui l'entraînait vers le fond, et ses membres engourdis par le froid, la fillette regarda le trou qu'elle avait fait en tombant, et la lumière passer à travers, en se demandant à quoi il fallait penser dans ces moments-là.

Quand on sait que tout est fini.

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Kaeyann se leva de table en soufflant. Pour la troisième fois cette semaine, elle avait abusé des saucisses, des beignets aux pommes, des brioches à la cannelle et des confitures faites de tous les fruits possiblement imaginables. La jeune fille porta son verre de jus de citrouille à ses lèvres et avala rapidement la dernière gorgée, avant de saluer ses amies et Sir Nicolas, et de sortir de la salle. Le ventre bien rebondit sous sa robe rouge et or, elle traversa le hall et sortit dans le parc. Elle avait grand besoin de se dégourdir les jambes et de brûler quelques calories.

C'était une belle journée, et quelques étudiants courageux s'étaient tout comme elle aventurés dans le parc pour faire une promenade. Les collines verdoyantes s'étaient transformées en une mer de dunes immaculées, qui semblaient rouler sous le soleil comme de longues vagues paresseuses. Plus loin, de l'autre côté du parc, on pouvait voir les tribunes du stade de Quidditch. Un étroit sentier creusé dans la neige par les pas des élèves menaient aux vestiaires, où les joueurs pouvaient se mettre en uniforme et se préparer mentalement. Entre les matchs, ils servaient d'abri pour les étudiants surpris par le froid, de petite cachette pour les comploteurs sans malice, et de rendez-vous secrets pour les amants clandestins et les premiers balbutiements de leurs amours. Kaeyann continua son chemin, car le Stade la reverrait bien assez tôt, pour le prochain match des Red Lights, le premier qu'elle jouerait en tant que Capitaine. En contrebas des collines, le lac s'étendait à perte de vue, noir et silencieux, comme s'il cachait en son cœur un lourd secret, que sa surface glacée venait sceller.

Kaeyann prit un moment pour admirer la beauté mystérieuse de ce spectacle, puis quelque chose attira son regard. C'était une jeune étudiante Verte, dont l'écharpe émeraude virevoltait à mesure qu'elle avançait vers le centre du lac en tournoyant. Elle semblait si petite, si joyeuse et innocente, que la troisième année ne pouvait détacher son regard de sa silhouette enneigée. Elle s'amusait beaucoup, et c'était plaisant à voir, jusqu'au moment où elle tomba et se cogna durement sur la glace.

Un craquement sonore retentit dans le parc, et Kaeyann crut un instant que la jeune fille c’était cassé une jambe en tombant, mais elle vit alors de larges fissures se former, zébrant la glace de part en part alors que des torrents d'eau glacée surgissaient tout autour de la Serpentard. Elle allait se noyer! Kaeyann réagit sans réfléchir, elle dévala la pente qui la séparait du lac, couru jusqu'à ses abords et brandit sa baguette magique. Elle fit quelques pas sur la glace, qui craqua sous son poids, et lança son sortilège avec toute l'autorité et toute la détermination dont elle était capable.


«Penplum!»

Elle visait la cape de la jeune fille, qui l'entrainait vers le fond en se gorgeant d'eau et l'empêchait de nager. Si elle pouvait simplement l'alléger assez pour la faire flotter, elle pourrait ramener l'étudiante à l'air libre. Kaeyann avait les doigts si crispés sur sa baguette qu'elle en tremblait, refusant néanmoins de relâcher son attention en brisant le contact visuel. Elle fit un pas de plus, chancelant légèrement sur la glace qui commençait à se détacher et à flotter.

Enfin! La cape refit surface! Et la jeune étudiante Verte aussi! Elle semblait inconsciente, et Kaeyann voulait à tout prix la sortir de l'eau, qu'elle savait glaciale, et qui la plongerait dans l'hypothermie en un rien de temps. La rouquine s'accroupit, puis s'allongea sur la glace et avança aussi rapidement quelle le pouvait en conservant son équilibre. Elle atteignit bientôt le trou dans lequel était tombée la Serpentard, et tendit le bras vers la manche de sa robe. Elle l'agrippa de toutes ses forces, et commença à tirer. Kaeyann ne put dire si c'était l'adrénaline, ou encore l'effet étendu du sortilège, mais elle réussit à hisser l'étudiante hors de l'eau, à l'étendre sur la glace, et à la tirer vers la grève.

Là, elle entreprit de retirer la cape trempée de la jeune fille, et la remplaça par la sienne, avant de lui frictionner vigoureusement les bras, priant de toutes ses forces pour qu'elle revienne à elle.


«Allez, je sais que tu peux le faire, ouvre les yeux, ça va aller, je suis là, tout va bien, tu es sauvée, respire, je t'en prie, respire...»

Ces quelques minutes semblaient avoir durer une éternité, et voilà que le silence que Kaeyann avait trouvé si paisible devenait le moment le plus angoissant de sa vie.

«Respire... respire....»

Elle s'agenouilla devant la poitrine de la jeune fille, posa ses mains l'une par-dessus l'autre sur sa poitrine, et commença à compter les compressions. Elle avait vu sa mère le faire des dizaines de fois, à l'hôpital, et pourtant, toute cette situation lui semblait surréaliste. Trente compressions. Deux insufflations. Elle répétait ces gestes familiers avec un sérieux inébranlable, car c'était la seule chose qu'elle pouvait faire sans paniquer complètement.

«Je t'en prie... respire...»

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
Capitaine des Red Lights ~ Préfète ~ Tutrice ~ Gryffon d'Argent
♦ Élève du mois de Février 2014♦
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Ancien sorcier  

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Reducio
C'est bien de cet épisode dont discutaient Yann et ses amis sur les rives du lac... Plus qu'un lieu à trouver !


Ysalyne ne comprit pas tout de suite ce qu'il lui arrivait. Elle avait juste l'impression de flotter, sans aucune possibilité de bouger, de parler, ou de penser. Une poids lui oppressait la poitrine, comme si du plomb y avait été introduit.

Obnubilée par cette sensation douloureuse, elle tentait en vain de respirer. Pourtant, elle n'arrivait plus à faire un seul mouvement.


* Est-ce que ça ressemble à sa la mort ? * se demanda la fillette alors que quelque chose d'encore plus lourd se déposa sur la cage thoracique. Elle crut étouffer.

Soudain, elle eu l'impression de recevoir un grand coup dans le ventre et ouvrit les yeux. Elle essaya de reprendre son souffle, mais elle s'étranglait. En mouvement brusque la tourna sur le côté et elle cracha une grand giclée d'eau.

La gorge, les yeux, les poumons et le cerveau en feu, Ysalyne resta ainsi longtemps. Elle n'entendait absolument rien autour d'elle, ne tenant compte que du fait qu'elle pouvait respirer. Elle pouvait respirer. Et elle respirait. De manière affolée, et saccadée, mais elle respirait !

Elle se rendit ensuite compte qu'elle était couchée dans de la neige. Cette même neige où elle avait jouée un peu plus tôt. Elle avança une main tremblante et effleura du bout du doigt la poudreuse puis ferma les yeux. Elle ressentait aussi. Et elle respirait. Etait-elle vivante, finalement ? Mais comment ?

Ysalyne se mit sur le dos, les yeux toujours fermée, à aspirer de grande goulée d'air frais. Une mèche de ses cheveux glissa sur son visage. Elle était trempée. Ses vêtements l'étaient également, elle le comprenait maintenant. Pourtant, elle avait sur les épaules une cape plus sec que tout ce qu'elle portait sur elle.

A qui appartenait-elle ?


La première année ouvrit difficilement les yeux. Tout était flous aux premiers abords. Le bleus du ciel se fondait presque avec la peau blanche et les cheveux roux de celle qui était penchée sur elle. Ne ressortait que deux points verts brillants.

« Qu'est-ce... »

Les mots sortir de sa bouche de façon sourde et inarticulé et la petite se mit aussitôt à tousser, la gorge irritée.

Ysalyne rouvrit les yeux et sa vision plus net, lui permit de voir une jeune fille un peu plus âgée qu'elle penchée sur elle d'un air plus qu'inquiet. La petite Serpentard tenta un sourire pour la rassurer et la remercier. Aucun doute, c'était grâce à elle qu'elle n'avait pas coulé jusqu'au fond du Lac noir.


« Tu... tu m'as sauvé... » arriva-t-elle finalement a murmurer d'une voix enrouée, alors que sa gorge la faisait souffrir.

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C'était comme si toute sa vie se résumait à ce moment précis. Cet instant crucial vers lequel toutes les décisions qu'elle avait prises, tous les pas qu'elle avait fait, toutes les secondes qu'elle avait vécues la menaient, inexorablement. Ce moment où son corps était en feu, où se mains tremblaient de façon incontrôlable, et où sa tête menaçait d'exploser. La neige lui trempait les genoux, imbibant son pantalon comme un serpent glacé s'infiltrant jusque dans sa peau. Le vent soufflait et soulevait des nuages de poudreuse ici et là, et toujours ce silence...

La jeune fille remua sous les paumes de Kaeyann, qui achevait de compter jusqu'à trente en lui compressant la poitrine. Elle roula sur le côté, et se mit à vomir des gerbes d'eau. Elle geignait et crachotait, les yeux toujours fermés, avant de se remettre sur le dos, ses cheveux trempés collés aux tempes. Kaeyann se laissa retomber en arrière, ne sachant plus bien si elle avait envie de crier de joie ou de hurler à mort pour évacuer tout le stress qui venait de la submerger. La jeune Serpentard allait vivre. Elle respirait. Elle reprenait conscience. Elle émit un borborygme incompréhensible alors que ses yeux papillonnaient du visage de Kaeyann à ses mains, au lac gelé puis à son propre corps. Un faible sourire se forma finalement sur ses lèvres, et elle dit:


« Tu... tu m'as sauvé... »

Kaeyann ne put que hocher la tête, car tout son corps était à présent secoué de violents soubresauts. Elle hoqueta de rire et se mit aussitôt à pleurer. L'adrénaline quittait son corps, la laissant chamboulée et frissonnante. Elle prenait soudainement pleinement compte de la situation, et ce qu'elle découvrait était plus grand que son propre cerveau épuisé ne pouvait endurer. Elle avait mit sa propre vie en jeu pour s'aventurer sur la glace trop mince et fragile qui avait déjà trompé sa première victime, pour tirer une élève hors de l'eau et la ranimer au beau milieu d'un tas de neige. Et elle avait réussi. La jeune fille s'éveillait lentement, et son visage perdait sa couleur violacée alors que la cape sèche de la Canadienne la réchauffait. Elle n'était pas encore complètement en sécurité, car il lui faudrait rapidement des vêtements de rechange et beaucoup de repos, mais le plus dangereux était derrière elle.

«On dirait ben que oui...» répondit Kaeyann dans un souffle, épuisée.

Dans le feu de l'action, elle avait utilisé un sortilège assez puissant, qu'elle n'avait appris que quelques jours plus tôt et qui était donc frais dans sa mémoire, ce qui expliquait qu'elle l'ait utilisé sans réfléchir et en y mettant toute son énergie... Elle était crevée, maintenant, et sans l'énergie du désespoir dans ses veines, la jeune gryffonne se sentait totalement molle, comme si tous ses muscles étaient maintenant faits de compote. Il fallait vite que les deux étudiantes rentrent se mettre à l'abri au château, qu'elle se rendent à l'infirmerie pour s'allonger et boire un peu de potion chaude et revigorante.


«Tu penses pouvoir te lever?»

Kaeyann tendit sa main à l'inconnue, plus soucieuse de la mettre en sécurité que de se présenter comme l'auraient voulu les bonnes manières. Après tout, la rouquine avait fait le bouche-à-bouche à la jeune fille, elles étaient désormais plus intimes que la majorité des élèves de Poudlard...

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Ancien sorcier  

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Sa sauveuse hocha faiblement la tête, avec le visage de quelqu'un à la fois ému, rassuré, et en état de choc. Elle semblait sur le point de pleurer. D'ailleurs, c'est ce qu'elle fit. Elle fut tout à coup secouée par des sanglots, toute la tension nerveuse accumulée retombant d'un coup.

Ysalyne, toujours allongée sur le sol enneigé, leva une main et la posa, rassurante, reconnaissante, sur le bras de la Gryffondor. Elle lui devait sans doute la vie.

Quelle idée elle avait eu, aussi, d'aller danser au beau milieu du Lac gelé. Elle avait été complètement inconsciente...

Sa sauveuse se calma petit à petit et Ysalyne eu le temps de se remettre quelques peu de ses émotions. La peur, l'angoisse, et le choc de son sauvetage passé, ne restait qu'une grand faiblesse et des courbatures qui parcouraient chacun de ses membres comme un courant électrique. De plus, elle était trempée jusqu'aux os, et n'en était que plus frigorifiée.


« On dirait bien que oui... »

La réponse, soufflée comme un soulagement immense, n'encra que plus la réalité de la situation dans la tête d'Ysalyne. Elle avait failli mourir. Et sans cette Gryffondor, elle serait morte, coulée au fond du Lac. Elle ne savait pas quoi dire, pas quoi faire. La petite fille se sentait terriblement honteuse, terriblement inconsciente ! Car elle n'avait pas mit que sa propre vie en danger, mais celle de cette fille aussi.

« Tu penses pouvoir te lever ? » lui demanda cette dernière en lui tendant la main.

La première année hocha la tête d'un air déterminé et prit la main de la Gryffondor entre ses doigts avant de se redresser d'un seul coup. L'effort la fit vaciller et la tête lui tourna. Avant qu'elle ne s'en rende compte, elle se retrouva de nouveau les fesses dans la neige. Le monde semblait tanguer tout autour d'elle.

Une chevelure rousse et floue se pencha vers elle.


« Ca va... » la rassura la petite avec un sourire alors que le paysage se stabilisait petit à petit. « Juste ma tête qui tourne un peu. »

La Serpentard expira lentement et s'accroupit, pour commencer.

* On va faire ça en douceur. *

Elle attendit quelques secondes que tout ce passe bien, et se redressa sur ses jambes tout doucement, prenant le temps de trouver son équilibre, les jambes un peu écartée. Ces dernières lui faisait tellement mal qu'elle se retint de grimacer. Ca n'allait pas être facile de rejoindre le château. Elle avait l'impression d'être une grand-mère, et chaque fois qu'elle jetait un coup d'oeil au Lac, une sourde angoisse montait en elle. Malgré la douleur, son instinct la poussait à s'éloigner le plus vite possible de cet endroit.

Ysalyne tenta un premier pas. Nouvelle défaite. Elle se déséquilibra et se rattrapa in-extremis à l'épaule de la Gryffondor.


« Désolée. » grimaça Ysalyne en relâchant la pression de sa main sur l'épaule de sa sauveuse.

Elle la laissa pourtant posée sur elle, sentant bien malgré elle qu'elle aurait besoin de son appuie pour arriver jusqu'au château.

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Kaeyann était parfaitement consciente qu'elle en demandait beaucoup à la jeune fille. Quelques secondes auparavant seulement, elle ne respirait plus. Et voilà qu'elle lui demandait de se lever... Ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire, et elle en était consciente, mais elle savait qu'il était primordial que la Verte aille à l'infirmerie. Malheureusement, Kaeyann n'avait ni les compétences ni l'énergie nécessaires pour la faire léviter jusque là comme et lui éviter de marcher comme l'aurait fait une civière. Il allait falloir qu'elle trouve son souffle, son rythme, et qu'elle lui fasse confiance.

La jeune Serpentard hocha la tête, ferme et résolue, et Kaeyann fut impressionnée par son courage. À coup sur, cette brave jeune fille aurait eut sa place chez les Gryffons. La Canadienne baissa les yeux vers sa main quand la Verte lui empoigna les doigts, y emmêlant les siens. Il était évident que l'effort qu'elle s'apprêtait à faire lui coûtait énormément, et Kaeyann était prête à faire tout ce qu'il fallait pour l'aider. Comme il fallait s'y attendre, la première tentative ne fut pas des plus fructueuses, car la jeune fille était encore considérablement étourdie et affaiblie. Elle retomba dans la neige, et Kaeyann se pencha vers elle pour s'assurer qu'elle allait bien.


« Ca va... Juste ma tête qui tourne un peu. »

Kaeyann hocha la tête à son tour, mais avec douceur et compassion. Elle pouvait concevoir qu'une personne venant tout juste de frôler la mort ne se sente pas à l'aise sur se pieds dans la minute qui suivait son réveil, aussi se contenta-t-elle de rester près de la jeune fille pour la soutenir lorsqu'elle tenterait à nouveau de se lever. Quand elle sentit que le moment était venu, la Serpendard s'accroupit lentement, puis se redressa en douceur. Elle semblait chancelante sur ses jambes, si bien que la gryffonne eut peur qu'elle ne tombe à la renverse. Il ne manquerait plus qu'elle se cogne la tête dans sa chute, et alors Kaeyann serait véritablement à cours de ressources pour lui venir en aide. Aussi loin du château, et épuisée comme elle l'était, il n'y avait pas grand chose que la troisième année pouvait faire en cas de saignement, ou même de toute autre complication. L'important était d'y aller un pas à la fois. Rien ne pressait, tant que la jeune fille était consciente et capable de respirer normalement. Elle avait simplement besoin de beaucoup de repos, et peut-être bien d'un remède pour sa tête, qui risquait de l'élancer durant un bon moment.

La Verte tenta un petit pas timide, mais elle bascula et dut se rattraper à l'épaule de la rouquine. Cette dernière s'empressa de passer son bras autour de la taille de la petite, voulant à tout prix lui éviter de tomber à nouveau. Se lever avait déjà été très éprouvant pour elle, il ne fallait pas qu'elle aie à recommencer.


«Désolée» dit la Serpy.

Kaeyann secoua la tête, elle n'avait pas à s'excuser. L'important était qu'elle progresse à la vitesse qui lui convenait, peu importait si elle devait mettre tout son poids sur l'épaule de la gryffonne. La Canadienne raffermit sa prise sur la taille de la Verte, calant sa hanche contre la sienne pour se préparer à soutenir son poids si elle faiblissait et affaissait contre elle, puis elle fit un signe encourageant à la jeune fille.


«J'ai tout mon temps. On va te mettre au chaud et à l'abri, ne t'en fais pas, alors pour l'instant, concentre-toi uniquement sur ton souffle. Tu dois donner de l'oxygène à ton cerveau, sinon il continuera à te jouer des tours et à te laisser tomber.»

Attendant patiemment que la jeune fille se sente prête à tenter un nouveau pas, Kaeyann réfléchit à une façon de se montrer rassurante, car plus elle se concentrait sur la Verte pour l'aider, moins elle pensait au fait qu'elle avait presque assisté à sa noyade, quelques minutes plus tôt seulement.

«Je vais rester avec toi, je te le promets. Je m'appelle Kaeyann au fait, mais on aura tout le temps pour faire connaissance, d'ici à l'infirmerie. On a une bonne promenade devant nous.»

C'était une piètre tentative pour détendre l'atmosphère, mais c'était tout de même mieux que rien...

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La Gryffondor resserra sa prise autour de sa taille et se cala pour la soutenir un peu plus. Ysalyne soupira de soulagement en sentant que la rousse la tenait bien. Elle n'aurait même pas put imaginer marcher jusqu'au château seule, alors le mettre en pratique...

« J'ai tout mon temps. » assura la Gryffondor. « On va te mettre au chaud et à l'abri, ne t'en fais pas, alors pour l'instant, concentre-toi uniquement sur ton souffle. »

Ysalyne lança un regard interrogateur à sa sauveuse qui s'expliqua.

« Tu dois donner de l'oxygène à ton cerveau, sinon il continuera à te jouer des tours et à te laisser tomber. »

La Serpentard se demanda comment est-ce qu'elle pouvait bien savoir tout ça. Est-ce qu'elle ambitionnait d'être infirmière à St Mangouste ? Est-ce que quelqu'un de sa famille était médecin ?

Ysalyne baissa la tête vers ses pieds. Est-ce qu'elle pouvait retenter un autre pas sans risquer de tomber, et d'entraîner cette fois la Gryffondor dans sa chute ?


« Je vais rester avec toi. » ajouta-t-elle d'une voix rassurante. « Je te le promet. Je m'appelle Kaeyann au fait, mais on aura tout le temps pour faire connaissance, d'ici à l'infirmerie. On a une bonne promenade devant nous. »

La première année sourit et tenta de respecter les précieux conseils de Kaeyann, qui étaient de bien respirer. Elle prit une profonde inspiration et eu l'impression qu'un brasier s'attaquait à son cerveau. Elle ferma les yeux quand tout se mit à tourner devant ses yeux. Autre chose, il fallait qu'elle pense à autre chose...

« Tu... tu t'appelles Kaeyann ? C'est... » Ysalyne reprit sa respiration et rouvrit les paupières. « C'est original. Enfin, tu me diras, moi je m'appelle Ysalyne. Nos parents ont dut prendre nos prénoms au même endroit. »

La petite Serpentard fut parcourut d'un violent frisson. Il fallait aussi qu'elles rentrent vite, ou elles attraperaient toutes les deux la mort. Ysalyne se décida alors à faire un pas en avant. D'abord tremblante, ses jambes s'affermirent et Ysalyne tourna la tête à la Gryffondor pour lui lancer un sourire rassurant.

Ca allait bien se passer.


« Je pense qu'on va pouvoir y aller... si on marche doucement. » hasarda la petit, peu sûr d'elle, mais prête à tenter l'expérience.

La Serpentard avança d'un autre pas, toujours soutenue par Kaeyann. Elle fit ainsi plusieurs pas, l'épais tapis de neige sur lequel elle avait prit tant de plaisir à courir ne l'aidant pas vraiment. La poudreuse rendait plus difficile et plus lourd chaque pas.


« Hey, cinq pas en plus ! » fit la fillette dans un tentative d'humour. « On y est presque ! »

Quand ses jambes commencèrent à se dérober sous elle, la première année s'arrêta, crispant ses mains autour des épaules de la Gryffondor.


« Ok, on pourrait... s'arrêter quelques petites secondes. »

Ysalyne se redressa, bien droite, pour respirer du mieux qu'elle le pouvait, comme le lui avait dit Kaeyann...

« Dis-moi... Tu t'y connais vraiment bien en secourisme... Où est-ce que tu as apprit tout ça ? »

La jeune Verte avait besoin qu'elle lui parle, alors elle avait abordé n'importe quel sujet. Non pas qu'elle n'ai pas envie de savoir, mais pour le moment, sa préoccupation première était de ventiler sa cervelle qui tournait un peu trop.

Ces jours où tu deviens une héroïne... l PV : Kaeyann l

Kaeyann et la jeune Serpentard allaient devoir faire preuve de patience et de persévérance pour se rendre jusqu'à l'infirmerie alors que la première année était dans un état aussi critique. Son souffle était toujours court, et Kaeyann se félicitait simplement d'avoir réussi à la faire respirer, mais elle savait qu'elle n'était pas sortie du pétrin pour autant, car son corps se remettait à peine de l'état d'hypothermie dans lequel sa récente baignade l'avait plongé. Mais la rouquine remarquait avec soulagement que sa nouvelle petite protégée écoutait bien ses conseils, et se montrait capable de relever les défis. Elle avait encore du mal à aligner un pas devant l'autre, mais elle serrait les dents et continuait d'essayer. Au bout d'un moment, elle entama même la conversation, ce qui montrait une belle force de caractère et un certain optimisme, pour essayer de détendre l'atmosphère même dans une situation aussi grave.

« Tu... tu t'appelles Kaeyann ? C'est...  C'est original. Enfin, tu me diras, moi je m'appelle Ysalyne. Nos parents ont dut prendre nos prénoms au même endroit. »

La jeune Verte frissonnait et devait s'arrêter fréquemment pour reprendre son souffle, mais Kaeyann l'écouta jusqu'au bout en la soutenant le mieux possible.

«Oui » rigola Kaeyann. «Les parents ont parfois un don pour trouver des prénoms originaux. Mes soeurs s'appellent Jaenella, Laeticiaa, Valaeriann, Maella et Faewenn, alors Kaeyann ne semble pas si étrange que ça quand nous sommes toutes ensemble j'imagine. Ils l'ont trouvé quand on était en Chine, là où je suis née. C'est une adaptation des mots Kai et Yan, qui veulent dire Victoire et Hirondelle, alors même s'il est bizarre et que certains enfants me taquinaient, sa signification m'a aidé à l'accepter, et maintenant j'en suis très fière.»

Kaeyann sourit à Ysalyne, et remarqua que la jeune fille semblait avoir du mal à avancer tout à coup. Ses jambes devaient être traversées de crampes horribles, après avoir été plongées dans l'eau glacée! Mais, fidèle à elle même, la Serpentard releva la tête avec un sourire rassurant sur les lèvres et dit:

« Je pense qu'on va pouvoir y aller... si on marche doucement. »

Et c'est ce qu'elles firent. Les deux étudiantes firent un pas ensemble, puis un autre, s'enfonçant chaque fois dans la neige poudreuse que le vent leur jetait à la figure à chaque bourrasque. Elles gravirent la petite colline que la gryffonne avait dévalée plus tôt pour venir secourir Ysalyne, et Kaeyann essaya de guider cette dernière dans les traces de pas qu'elle avait laissées, car la neige y était légèrement plus tassée, rendant le passage plus aisé.

« Hey, cinq pas en plus ! » commenta la Verte quand elles atteignirent le sommet. « On y est presque ! »

Elles avancèrent encore un peu, et Kaeyann dut retenir un soupir de soulagement quand elle aperçut enfin les marches menant au Hall, loin là-bas, mais bien en vue. Le froid mordant piquait les joues de la jeune fille, et transformait ses cheveux encore trempés en petits glaçons qui lui collaient au cou. Elle avait froid, ses mains étaient engourdies et ses pieds la faisait souffrir, alors elle n'osait même pas imaginer comment se sentait Ysalyne. Elle espérait simplement que Madame Pomfresh saurait soigner les légères engelures qu'elles auraient toutes deux à coup sur.

« Ok, on pourrait... s'arrêter quelques petites secondes. »

Kaeyann se retourna vers Ysalyne, soudainement alarmée. Elle s'était laissée absorbée par ses pensées au lieu de se soucier uniquement de conserver un rythme sécuritaire pour la jeune fille, et se sentait à présent coupable. Avait-elle forcé la première année à avancer trop rapidement pour son propre corps? Elle lui avait parlé de prendre son temps et de bien respirer, et voilà qu'elle l'entraînait à toute vitesse vers le château pour se mettre au chaud et faire guérir ses blessures qui étaient ô combien superficielles, comparées à celles qui devaient torturer la Verte à l'instant même.

« Dis-moi... Tu t'y connais vraiment bien en secourisme... Où est-ce que tu as apprit tout ça ? »

La Canadienne ne savait pas quoi dire. Ysalyne essayait vraiment de cacher sa douleur en continuant la conversation sur un ton désinvolte. Elle était tellement forte! Kaeyann lui était reconnaissante de ne pas se plaindre constamment, car elle aurait été bien en peine de la soulager. Et puis... elle était également très impressionnée par le calme dont elle faisait preuve en réclamant une pause de "quelques petites secondes", alors qu'elle aurait été en droit d'exiger qu'on fasse venir une civière ou des porteurs pour la mener directement à son lit. Aussi, elle décida d'adopter le même ton décontracté et de répondre tout simplement à la question, comme si elles n'étaient pas debout dans le parc, avec de la neige jusqu'aux genoux et les poumons en feu.

«Ma mère est guérisseuse en chef à Sainte-Mangouste, pendant toute notre enfance elle nous a remplis les oreilles avec des conseils de sécurité, des leçons de premiers soins, et des techniques de survie, alors... Parfois c'est plus fort que moi, les réflexes chassent la peur et l'instinct me fait agir.»

Kaeyann fit une pause, elle savait que la jeune fille avait sans doute besoin de parler, de se sentir rassurée, et la gryffonne voulait au moins lui donner ça. Elle voulait lui faire comprendre qu'elle était entre bonnes mains, et que même si Kaeyann n'était pas en septième année, qu'elle ne connaissait pas de sortilèges ultra puissants capables de régler tous leurs problèmes, elle avait d'autres talents, et elle allait s'occuper d'elle.

«Dis-moi, Ysalyne, te sens-tu assez en forme pour me parler un peu de toi? J'ai très envie d'apprendre à te connaitre, maintenant qu'on sait que tu vas rester parmi nous.»

La rouquine ne savait pas si sa jeune amie avait assez repris son souffle pour se permettre de raconter sa vie, mais elle se disait que le fait de lui changer les idées fonctionnerait peut-être mieux que le repos pour se donner la force de continuer. Et, alors que Kaeyann attendait une réponse qui ne viendrait peut-être même pas, elle se pencha très légèrement vers l'avant et esquissa un pas vers l'avant, espérant entraîner Ysalyne avec elle.

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
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Ysalyne tourna la tête vers Kaeyann qui la regarda un instant en silence avant de lui répondre d'un ton détaché. La petite Serpentard aurait bien voulut savoir ce qu'il se passait dans sa tête...

« Ma mère est guérisseuse en chef à Sainte-Mangouste, pendant toute notre enfance elle nous a remplis les oreilles avec des conseils de sécurité, des leçons de premiers soins, et des techniques de survie, alors... Parfois c'est plus fort que moi, les réflexes chassent la peur et l'instinct me fait agir. » 

Voilà qui expliquait certaines choses, se dit la petite Verte en détournant la tête pour se concentrer sur sa respiration. Ses conseils, sont sang-froid... la fait qu'elle lui ai sauvé la vie aussi ! Ysalyne lui serait à jamais redevable pour ça : grâce à elle, elle finirait sa première année, elle grandirait, elle se marierait peut-être, aurait la chance d'avoir des enfants... C'était quelque peu exagéré mais Ysalyne savait ce qu'elle lui devait : la vie.

Comme si elle lisait dans ses pensées, Kaeyann reprit :


« Dis-moi, Ysalyne, te sens-tu assez en forme pour me parler un peu de toi ? J'ai très envie d'apprendre à te connaitre, maintenant qu'on sait que tu vas rester parmi nous. » 

Ysalyne laissa échapper un petit rire, fatigué certes, mais un rire quand même. Elle hocha la tête.

« On va marcher en même temps. Comme ça, je pourrais me concentrer sur autre chose que sur la dou... que sur la fatigue, d'accord ? »

La première année avait faillit dire douleur. Mais elle ne voulait pas se plaindre. Kaeyann devait être frigorifiée, du moins tout autant qu'elle, et épuisée également. Ce n'était pas rien de sortir un corps en train de couler dans une eau glacée.

« Alors... par où commencer ? » Ysalyne fit un pas. « Contrairement à toi, je suis fille unique, et ma famille est toute petite. »

La Serpentard avança d'un autre pas, puis d'un deuxième. Elle avait raison, c'était plus facile en parlant. Alors elle déballait tout ce qu'il lui passait pas la tête, sans vraiment filtrer. De toute façon, son esprit était trop embrouillé pour ça.

« Je vis avec ma grand-mère maternelle. Je ne vois presque jamais mes parents. Ce sont de grands voyageurs, tu vois, un peu comme les tiens j'ai l'impression... Sauf que les miens ne rentrent pas pour me voir. Ils se sont lancés il y a treize ans dans un tour du monde infini. »

Un autre pas, un autre, et encore un autre. Ysalyne s'appuya contre la Gryffondor pour ne pas tomber. Ce n'était plus tant la fatigue qui la faisait vaciller, mais l'émotion également. Parler de ses parents était douloureux pour son âme, mais cette douleur lui permettait d'oublier un peu celle de son corps.

« Je suis née à Paris. Mes parents ne voulaient pas d'enfants, mais je suis arrivée. Ma mère avait fait un déni de grossesse pendant les neuf mois... J'ai été une véritable surprise. Mais ça ne les a pas empêché de repartir et de ma confier à ma grand-mère dès qu'ils l'ont pu. »

Se rendant soudain compte de ce qu'elle confiait, Ysalyne toussota.

« Enfin, ce n'est pas si terrible. » se rattrapa-t-elle. « Ma grand-mère est vraiment gentille avec moi. C'est comme ma mère. On habitent toutes les deux dans un petit village en Ecosse. »

* Trouve un sujet plus léger ! Un sujet plus léger ! *

« Ma grand-mère est moldue. Ma mère était une Serdaigle, et mon père un Gryffondor. Ca a surprit tout le monde que je soit envoyée à Serpentard. Mais je me suis toujours dis qu'Ysalyne était un nom de Serpentard. Tu trouves pas ? »

Ysalyne se rendit alors compte qu'elles étaient bientôt arrivées au château. Enfin, bientôt était un grand mot, mais elles avaient parcourut plus de chemin depuis qu'elle avait commencé de parler que depuis le début de tentative de retour.

« J'aimerais bien avoir un petit frère, ou une petite sœur... avoua alors la première année. Tes sœurs, elles sont plus grandes ou plus jeunes que toi ? »

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« On va marcher en même temps. Comme ça, je pourrais me concentrer sur autre chose que sur la dou... que sur la fatigue, d'accord ? »

Kaeyann hocha la tête. Ysalyne semblait prête à avancer, elle l'aida donc du mieux qu'elle put en la guidant, la soutenant et en se calant dans son rythme. Concentrée sur ce qu'elle faisait, la jeune Serpentard se confiait spontanément, et cela semblait faciliter sa marche.

« Alors... par où commencer ?... Contrairement à toi, je suis fille unique, et ma famille est toute petite. Je vis avec ma grand-mère maternelle. Je ne vois presque jamais mes parents. Ce sont de grands voyageurs, tu vois, un peu comme les tiens j'ai l'impression... Sauf que les miens ne rentrent pas pour me voir. Ils se sont lancés il y a treize ans dans un tour du monde infini...»

Kaeyann écoutait attentivement, hochant la tête à chaque nouvelle information, et elle se dit en elle même qu'on ne pouvait vraiment pas savoir par où les gens étaient passés, ce qu'ils avaient vécu et ce qu'ils ressentaient face à la vie rien qu'en les regardant. Cette jolie jeune fille paraissait si innocente, et si remplie de bonheur - en tout cas c'était le cas alors qu'elle dansait avec les flocons de neige sur la surface glacée du lac - qu'il était difficile de croire qu'elle avait vécu et continuait de vivre un certain sentiment d'abandon.

Elle continuait d'aligner les pas, un par un, et les deux jeunes filles progressaient bien.


«Je suis née à Paris.» reprit la Verte. «Mes parents ne voulaient pas d'enfants, mais je suis arrivée. Ma mère avait fait un déni de grossesse pendant les neuf mois... J'ai été une véritable surprise. Mais ça ne les a pas empêché de repartir et de ma confier à ma grand-mère dès qu'ils l'ont pu... Enfin, ce n'est pas si terrible... Ma grand-mère est vraiment gentille avec moi. C'est comme ma mère. On habite toutes les deux dans un petit village en Écosse...»

Ysalyne semblait regretter d'avoir autant parlé. Kaeyann ne disait rien, elle voulait connaitre la jeune fille qu'elle venait de sauver, le bon comme le mauvais, l'heureux, comme le tragique.

«Ma grand-mère est moldue. Ma mère était une Serdaigle, et mon père un Gryffondor. Ca a surprit tout le monde que je soit envoyée à Serpentard. Mais je me suis toujours dis qu'Ysalyne était un nom de Serpentard. Tu trouves pas ? J'aimerais bien avoir un petit frère, ou une petite sœur...» avoua alors la première année. «Tes sœurs, elles sont plus grandes ou plus jeunes que toi ? »

Kaeyann sourit, en constatant que la jeune fille essayait de détourner la conversation, vers un sujet un peu plus léger. Il était évident qu'elle se sentait mal d'avoir partagé autant de détails sur son passé, mais Kaeyann ne s'en formalisait pas. Tout le monde devrait avoir quelqu'un à qui parler, le droit de se confier et de se sentir écouté. La rouquine le savait, car elle-même avait cherché une oreille attentive et une épaule sur laquelle reposer sa tête trop lourde et pleurer un peu plus tôt cette année-là. Elle avait trouvé l'épaule en la personne d'Alyce Oran, qui s'était avérée être sa cousine, et l'oreille en.... et bien elle ne savait même pas exactement qui. Elle entretenait depuis plusieurs mois une correspondance anonyme avec une élève inconnue par le biais d'un calepin secret, et même sans savoir à qui elle ouvrait son coeur, cela lui faisait un bien fou. Alors maintenant qu'elle et la jeune Serpentard avait vécu ensemble un moment aussi fort que celui qu'elles venaient de vivre, quand Ysalyne avait frôlé la mort et que Kaeyann avait bien cru voir arriver la Faucheuse en plein milieu du parc de Poudlard, il était normal qu'elles se confient l'une à l'autre sans peur et sans hésitation. C'est donc ce que fit la Canadienne.

«Elles sont toutes plus vielles. En fait, je n'étais pas prévue du tout moi non plus, après cinq filles, mes parents avaient pris la décision de ne plus avoir d'enfant, mais six ans après avoir eu les jumelles, je suis arrivée sans prévenir. Ils voyagent beaucoup, oui, surtout mon père. Il est interprète pour le Ministère de la Magie, au Département de la Coopération Internationale. Mes parents se sont rencontrés alors que mon père accompagnait une délégation d'ambassadeurs canadiens en Angleterre. Ma mère est tombée sous son charme immédiatement, et il l'a ramenée au Canada avec lui. Au fil des années, je l'ai souvent accompagné dans ses voyages d'affaires, ça m'a fait voir le monde. L'Amérique du Sud, l'Asie... Et quand ma mère a voulut se rapprocher de sa famille et revenir ici, j'ai commencé à découvrir l'Europe.»

La Gryffonne avait essayé de conserver un ton léger, presque joyeux, en évoquant la chance qu'elle avait eut de grandir un peu partout autour du globe, mais elle devait admettre que certaines choses l'avaient blessée dans son enfance, et continuaient de la faire souffrir.

«Je suis très chanceuse, d'avoir pu visiter autant d'endroits super... Mais comme mes soeurs sont beaucoup plus vieilles que moi, et que je bougeais sans arrêt... c'était difficile de me faire des amis. Je me suis longtemps sentie très seule, et une fois arrivée ici... pas à la hauteur. C'est difficile d'être dans l'ombre d'un grand frère ou d'une grande soeur, mais de cinq...»

Les deux jeunes filles avançaient bien, encore quelques enjambées et elles auraient rejoint le château. Le soleil avait vraiment baissé à l'horizon, il ferait nuit dans une heure ou deux. Au moins, elles ne seraient pas coincées dans le parc à la noirceur.

«Tu... tu crois que tu serais capable de tenir debout quelques instants sans moi? On est assez près du château pour que j'aille chercher de l'aide. Je pourrais courir chercher un professeur, je serais de retour très vite. Ou alors, on peut continuer ensemble, mais il te faudra marcher.»

Kaeyann avait fait cette proposition sans savoir ce qu'elle préférait elle-même. D'un côté, elle avait on ne peut plus hâte de se ruer à l'intérieur pour se réchauffer, et elle savait qu'un professeur saurait faire léviter Ysalyne, ou soigner ses blessures sur le champ, ou faire elle ne savait quel tour de passe-passe pour améliorer la situation en un tournemain, mais elle avait très peur de laisser la jeune fille toute seule dans cet état. Sans compter que ses pieds lui faisaient si mal qu'elle n'était même pas certaine de pouvoir courir. Mais de l'autre côté...cette marche lente et ardue vers le Hall les avait affaiblies toutes les deux, et malgré le ton serein de la conversation, il était évident que les deux étudiantes n'en pouvaient plus. La décision revenait à Ysalyne, car elle était la seule qui savait si elle avait la force de continuer, ou celle d'attendre.

.oOo.Kaeyann Hirondella.oOo.C'est dans le brouillard qu'une rencontre est belle.oOo.
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Ysalyne écouta d'une oreille Kaeyann lui parler de sa famille, et du fait qu'elle-même n'avait pas vraiment été désirée, tandis qu'elle se concentrait pour ne pas tomber.

Depuis qu'elle avait arrêtée de parler, elle se sentait si faible qu'elle avait l'impression que ce n'étaient même plus ses jambes qui la portait, mais les jambes de quelqu'un d'autre, et pour cause : elle ne les sentait plus. La petite Serpentard avait l'impression que ses membres étaient devenus des blocs de glace insensibles à tout ce qui venait de l'extérieur. Si l'un de ses pieds s'était détaché, elle n'en aurait peut-être même pas été étonnée.

Apparemment, les parents de Kaeyann avaient emmené la Gryffondor un peu partout sur le globe. Ysalyne aurait bien aimé visité tous ces endroits dont elle lui parlait : l'Amérique du Sud, l'Asie, l'Europe même.

La Verte ne se souvenait que très vaguement du cadeau d'anniversaire de ses huit ans. Ses parents étaient rentrés pour quelques jours et l'avaient emmenés à Paris, pour lui montrer l'endroit où elle était née. La visite n'avait durée que deux petits jours, et Ysalyne se souvenait surtout d'avoir beaucoup pleuré quand ils étaient repartis. Une fois de plus.


« Je suis très chanceuse, d'avoir pu visiter autant d'endroits super... » reconnue Kaeyann. « Mais comme mes soeurs sont beaucoup plus vieilles que moi, et que je bougeais sans arrêt... c'était difficile de me faire des amis. Je me suis longtemps sentie très seule, et une fois arrivée ici... pas à la hauteur. C'est difficile d'être dans l'ombre d'un grand frère ou d'une grande soeur, mais de cinq... » 

La première année essaya d'imaginer ce qu'elle pourrait bien ressentir si elle avait la chance d'avoir un grand frère pour la protéger, ou une grande sœur qui lui apprendrait tout ce que les filles ont besoin de savoir. Elle devait avouer qu'elle avait du mal à imaginer que se soit si pénible que Kaeyann semblait vouloir le laisser transparaître, mais étant donné qu'elle n'avait pas – et n'aurait jamais – la chance d'avoir une grand frère ou une grande sœur, et encore moins cinq, elle le croyait sur parole.

«Tu... tu crois que tu serais capable de tenir debout quelques instants sans moi ? On est assez près du château pour que j'aille chercher de l'aide. »

Ysalyne releva la tête et vit qu'en effet, le château n'était plus très loin. La petite soupira de soulagement. Elle pourrait bientôt s'allonger et dormir, dormir tout son saoul. Mais rester seule à attendre Kaeyann...

« Je pourrais courir chercher un professeur, je serais de retour très vite. Ou alors, on peut continuer ensemble, mais il te faudra marcher. » 

La Verte tourna la tête vers la Gryffondor et se mordit la lèvre. Elle avait déjà tant fait pour elle... Elle aussi devait être épuisée, trempée, glacée. Elle avait sauter dans un lac gelé pour venir la chercher au fond de l'eau, et maintenant, elle la portait presque jusqu'au château, sans laisser paraître le moindre signe de fatigue, alors qu'Ysalyne était presque sur le point de s'écrouler.

Il fallait peut-être mieux que Kaeyann aille chercher seule des professeurs, ou madame Pomfresh. Si la première année allait avec elle, elles mettraient deux ou trois fois plus de temps à rentrer au château pour se mettre au chaud.

Ysalyne hocha la tête.


« Ca va aller. Va s'y. Je t'attends là. »

Doucement, précautionneusement, la petite, et avec l'aide de la Gryffondor, se détacha de sa sauveuse et s'assit sur les marches de Poudlard. Aucune chance qu'elle arrive à monter les escaliers, de toute façon. Il valait mieux qu'elle attende ici.

Kaeyann semblait hésitante à l'idée de la laisser seule dans le froid, mais finit par hocher la tête, avant de lui promettre de se dépêcher et de se précipiter à l'intérieur du château.

Ysalyne regarda la Rouge disparaître derrière les lourdes portes d'entrée s'entoura de ses bras pour les frictionner avec énergie. Elle était frigorifiée, épuisée. Et dire que Kaeyann courait en ce moment même dans les couloirs de Poudlard pour aller chercher madame Pomfresh... elle n'était pas à Gryffondor pour rien. Elle était courageuse. Et forte.

La petite souffla le peu d'air qu'elle avait dans les poumons sur ses mains engourdis par le froid. La tête lui tourna un peu et de la buée s'échappa d'entre ses lèvres. Ici, la neige avait fondue. Tant mieux. Ysalyne n'était pas prête d'en revoir avant un bon bout de temps.

L'attente sembla durée des heures, toute une éternité. Pourtant, cela faisait cinq minutes, peut-être sept, que Kaeyann partie.

Quand les portes s'ouvrir, Ysalyne leva ses yeux prêt à se fermer et aperçut la crinière de sa sauveuse, accompagnée par l'infirmière de Poudlard, et Miss Tourmaline. Ysalyne ne se demanda pas pourquoi leur professeur de sortilège était là. Elle était trop engourdie pour parler, alors pour penser...

La petite se sentit soulever de terre et quelqu'un prit sa main. Elle sourit à Kaeyann. C'était fini.


Reducio
RPG fini. Merci Kaeyann, pour ce magnifique RP ^^