Lac

Inscription
Connexion

Si: Température > 30° Alors: Baignade  PV: Thaïs 

Madeleine referma son livre et regarda sa montre. Nous étions samedi, en milieu d'après-midi et cela faisait près de deux heures que la jeune fille lisait confortablement installée dans son dortoir. En tendant l'oreille lui parvenaient de maigres rumeurs de conversations dans la salle commune. Dehors le soleil brillait, baignant le parc dans une chaleur beaucoup trop importante aux yeux de la préfète. Et elle n'était pas la seule. Alors qu'au printemps beaucoup d'élèves passaient la majeure partie de leur week-end dans le parc, aujourd'hui, il était presque désert. Madeleine s'approcha de la fenêtre. Le lac, bleu, brillait plus que jamais sous les rayons du soleil d'été. Qu'il semblait frais, douillé, que ce serait agréable de sentir ses vaguelettes caresser sa peau. La préfète hésita un moment, le lac pouvait être dangereux et les baignades y étaient peu courantes. Finalement, elle se tourna vers son armoire et commença à fouiller. Cinq minutes plus tard, le bras comme aspiré par le meuble, Madeleine sentit enfin sous ses doigts le tissu synthétique particulier qu'elle cherchait. Saisissant le vêtement, elle s'extirpa de l'armoire et considéra sa prise en souriant : c'était bien lui, son maillot de bain. Un passage à la salle de bain express et la voilà en route vers le parc, le maillot de bain camouflé par son uniforme et un sac pour ses serviettes et lunettes sur l'épaule.

Quand elle franchit les portes du hall, la chaleur s'abattit sur elle comme une chappe de plomb sur ses épaules. Loin d'être découragée, elle accéléra le pas. Bientôt elle se trouva dans le coin qu'elle avait choisi : un coin un peu à l'écart abrité par des arbres pour ne pas être trop visible depuis le château.

Madeleine étala sa serviette, retira son uniforme, le rangea dans son sac, et, lunettes de natation sur le front, fit face aux flots bleus marines. Par mesure de précaution, elle coinça sa baguette dans son maillot de banc, le long de son flanc gauche de sorte à pouvoir l'attraper en cas de besoin. Elle avança un pied dans l'eau. Comme prévu, celle-ci était bien froide. La préfète s'avança doucement, la fraîcheur du liquide la soulageant tout comme la faisant frissonner. Finalement, alors qu'elle avait de l'eau jusqu'à la taille, la gryffone se laissa tomber en avant jusqu'à ce que ses épaules soient immergées. Après quelques brasses pour s'habituer, elle se cambra et s'élança vers le fond. Longeant quelques instant les fonds sableux elle remonta, heureuse et rafraîchie. Commença alors une séance de plongeons et de nages aléatoires.


Image
"Regardez ces enfants de onze ans dans la grande salle à manger,
ils ont peur du Choixpeau, qui va s'animer le jour de la rentrée,
leur appréhension sera bientôt avérée, à ces premières années,
quand un mort de ses dents aura leur cou transpercé."

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015

Si: Température > 30° Alors: Baignade  PV: Thaïs 

Madeleine prit une grande inspiration et s'enfonça sous l'eau. Elle s'était éloignée de la rive et observait les profondeurs obscures du Lac Noir. Elle se souvenait des baignades de l'été dernier avec ses grands-parents. Le lac sur lequel la petite famille avait jeté son dévolu avait le fond recouvert de plantes, de sorte que lorsque l'on regardait ses profondeurs, on pouvait admirer une belle couleur vert émeraude. C'était magnifique. Le lac de Poudlard portait bien son nom, Madeleine s'en rendait bien compte maintenant qu'elle scrutait les profondeurs : elles étaient d'un noir d'encre. Que renfermaient-elles ? La légende parlait de sirènes, de calamar géant et de strangulots, entre autres. La jeune fille était quasiment sûre que pour ces derniers, c'était vrai. C'était d'ailleurs surtout à cause d'eux, en raison de leur caractère agressif qu'elle avait préféré garder sa baguette.

La préfète se laissa remonter et bientôt, elle émergea en prenant une grande goulée d'air. Puis, elle entreprit de regagner le bord à la nage. Elle n'aurait pas dû s'éloigner autant du bord. Les créatures du lac n'étaient pas toutes sympathiques et la jeune fille était loin de toutes les connaître. En plus, ces profondeurs noires comme la nuit avaient quelque chose d'inquiétant.

Maintenant qu'elle y pensait, Gryffondor n'avait jamais tenté de conquérir cette zone, ne la jugeant pas stratégiquement intéressante. En revanche, elle savait que les Serdaigle s'y étaient frottés et l'avait finalement remportée. Une mission au lac devait être vraiment spéciale : pas tellement la possibilité de discuter avec les autres, son oxygène à gérer, la difficulté pour lancer des sortilèges et le manque de visibilité dû autant au manque de luminosité qu'à l'eau, les yeux humains n'étant pas faits pour ça. Madeleine devait bien reconnaître que ce devait être loin d'être évident.

Bientôt, elle ne fut plus qu'à une dizaine de mètres du bord. Elle se retourna sur le dos et fit l'étoile, savourant le moment présent et admirant le ciel bleu turquoise. Quand elle se décida à repartir, elle vit qu'elle n'était pas seule : un autre élève avait eu la même idée qu'elle et chahutait gaiement un peu plus loin. Enthousiaste à l'idée de pouvoir profiter de cette baignade à plusieurs, la préfète s'approcha. Quand elle ne fut plus qu'à cinq ou six mètres, elle plongea et s'approcha à la nage de l'élève. Elle jaillit hors de l'eau à un mètre d'elle, mais mal lui en prit car elle fut submergée par une vague d'éclaboussures. La demoiselle toussa, pour chasser l'eau de sa gorge, rabattit ses cheveux en arrière et finalement, réussit à articuler d'une voix un peu rauque :


« Bonjour ! Je vois que je ne suis pas la seule à me baigner. »

Son ton aurait été agréable si elle n'avait pas bu la tasse juste avant. Toussant une nouvelle fois, elle continua :

« Désolée. Je ne crois pas qu'on se connaisse. Tu t'appelles comment ? »

En effet, elle ne se souvenait pas avoir déjà vu la jeune fille. Celle-ci semblait jeune, probablement une première année, avait des yeux bleus pâles contrastés par ses longs cheveux très foncés qui les faisaient ressortir encore plus.

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015

Si: Température > 30° Alors: Baignade  PV: Thaïs 

Quelques secondes s'écoulèrent en silence durant lesquels les deux filles se dévisagèrent. Madeleine se demanda si elle avait bien fait de rejoindre sa camarade. Après tout, elle était tranquille dans son coin et la préfète avait débarqué comme ça, sans annoncer un tant soit peu son approche sans avoir même demander si elle dérangeait. Mais finalement, la brunette répondit d'un ton amical :

"Thaïs. Thaïs Blackburn. Et toi tu es une préfète de Gryffondor je me trompe ?"

Madeleine esquissa un sourire. Même sans son badge et trempée elle était reconnaissable. On pourrait croire que depuis le temps que la jeune fille occupait ce rôle elle se serait habituée à ce que les gens la reconnaisse alors qu'elle-même ne les connaissait pas, mais ça lui faisait toujours bizarre quand elle n'avait pas son badge. Depuis le début, elle tenait ce dernier responsable de sa « célébrité » et du comportement des élèves à son égard mais force était de constater que les gens n'avaient même plus besoin de ce machin doré pour connaître son rôle. Cela pouvait être agaçant parfois. D'autant plus que dans la situation présente, elle avait peur que Thaïs fasse preuve d'amabilité juste pour ne pas se mettre sa préfète à dos.

Cette dernière s'était allongée sur le dos et regardait toujours la troisième année. Madeleine répondit :


« Oui, c'est ça. Je suis Madeleine Koter. Mais là, j'ai pas tellement envie de parler d'être préfète, juste de m'amuser. En tout cas, si je te dérange, dis-le et je m'en vais. »

Elle marqua une pause, cherchant ce qu'elle pourrait proposer pour la suite, si toutefois la première année lui permettait de rester. Elle promena son regard aux alentours, et finalement proposa en souriant :

« Ça te dit une course ? La première arrivée au niveau du grand arbre là-bas a gagné ! »

Elle montra du doigt un gros saule pleureur planté au bord du lac, sur un promontoire de terre à une bonne centaine de mètres sur sa droite. Les longues branches fines de l'arbre effleuraient la surface de l'eau, guidées par les ondulations tranquilles des flots et par les quelques souffles de vent qui caressaient le parc. Madeleine aimait bien les saules pleureurs. Ils étaient différents des autres arbres et, petite, elle trouvait drôle de se promener parmi leurs branches et de s'y cacher.

Elle espérait que Thaïs accepte sa proposition : se baigner à deux, ce serait beaucoup plus drôle et cela leur permettrait de faire connaissance.

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015

Si: Température > 30° Alors: Baignade  PV: Thaïs 

Faisant doucement de petits mouvements dans l'eau pour se maintenir sur place, Madeleine attendait la réponse de Thaïs. Celle-ci chercha d'abord l'arbre désigné par la troisième année puis dévisagea sa camarade. Madeleine aurait bien aimé connaître les pensées qui défilaient derrière ces yeux bleus sombres, de très beaux yeux d'ailleurs. Platon aurait dit que la volonté et les désirs livraient bataille : le désir de participer à une super méga trop topissime course de natation, et la volonté qui disait que… que quoi ? Qu'elle ne devrait pas faire confiance à une parfaite inconnue fut-elle préfète ? Après tout, Madeleine aurait très bien pu profiter d'une méprise de la jeune fille pour étendre une certaine influence sur elle et pouvoir la kidnapper sitôt l'arbre atteint. Ou alors la volonté pourrait dire que l'arbre était vraiment trop loin, et que les petits membres de Thaïs ne tiendraient pas la route, la condamnant à une humiliante défaite voir pire : une noyade par épuisement !

Madeleine ne pouvait pas avoir de certitude sur ce qui se passait dans la tête de Thaïs mais il y avait au moins une chose sure : dans sa tête à elle, c'était vraiment bizarre par moment… bon, elle avait fait pire : Goin-Goin le cochon volant qui s'appelle Goin-Goin parce que Groin-Groin, c'est dur à dire, c'était quand même sacrément tordu. Ou la fois où lors d'un entraînement de quidditch, elle avait imaginé que les Red Lights étaient en réalité des papillons qui évitaient les vents turbulents (les cognards) et devaient transporter des trèfles à quatre feuilles (les souafles) sur des grandes plantes (les buts). Les Serpentard l'avait vite fait redescendre sur Terre en interrompant leur entraînement. Finalement, c'était à croire que le quidditch était à l'origine de la folie (aujourd'hui reconnue de tous) de Madeleine. Parce que oui, Goin-Goin aussi, il a un lien avec le quidditch.

Enfin bref, finalement, Thaïs répondit :


« Hum…je ne sais pas trop. »

A voir son regard, on aurait pu croire que l'hypothèse de la raison anticipant la défaite humiliante était vraie.

« Je veux dire c’est… »

Sans prévenir, elle éclaboussa violemment Madeleine qui eut à peine le temps de fermer la bouche avant d'être arrosée une nouvelle fois. Quand elle rouvrit les yeux et écarta d'un grand geste ses cheveux retombés sur ses yeux, Thaïs étaient déjà quelques mètres plus loin, nageant à vive allure vers le saule.

« Aller Madeleine, tu es à la traîne ! » lui lança-t-elle, se retournant un instant.

« Tu ne paies rien pour attendre ! » cria gaiement la troisième année en s'élançant à son tour.

Elles se poursuivirent gaiement, se lançant des répliques taquines, tantôt Thaïs devant Madeleine, tantôt Madeleine devant Thaïs. Finalement, la troisième année finit par distancer la première année sur les derniers mètres et se faufila la première dans les branches du saule.

Une fois de l'autre côté de ce rideau végétal, elle écarta brusquement les branches et s'écria :


« J'ai gagné ! »

Elle laissa sa camarade la rejoindre et observa le cadre qui l'entourait. De petites feuilles de l'arbre parsemaient l'eau, les longues branches s'enroulaient au gré des vagues autour d'elle, et surtout, elle avait une magnifique vue sur la ramure de l'arbre : sur la façon dont les épaisses et solides branches s'avançaient au-dessus de l'eau, attachés par le tronc bien planté sur la terre ferme, et sur la façon dont les branches plus fines jaillissaient des plus grosses pour descendre avec légèreté jusqu'à caresser les flots noirs du lac.

« C'est magnifique. » commenta Madeleine. « J'aime bien les saules pleureurs. Ils ont quelque chose de… de particulier. Un peu comme un air triste avec ses longues branches, mais quand on est dedans, et que le vent le secoue, on a plutôt une impression de gaieté… ou de poésie… ou les deux. C'est presque magique finalement. »

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015

Si: Température > 30° Alors: Baignade  PV: Thaïs 

Madeleine avait les yeux levés vers la ramure de l'arbre. Celui-ci élançait ses grosses branches au-dessus de leur tête, comme penché vers elle, les couvrant de sa grande parure végétale comme une mère couvrirait ses enfants de ses bras.

"C'est magique."

La préfète reporta son attention sur Thaïs, contente d'entendre que la demoiselle partageait son point de vue.

"Dans le Manoir de ma famille, il y a un saule pleureur comme celui-ci. J'y allai souvent pour éviter les problèmes où juste pour réfléchir. J'avais l'impression que les longues branches de cet arbre me protégeait contre le monde entier."

Apparemment, Thaïs avait un relationnel particulier avec cet arbre, ça allait bien plus loin que les sentiments de Madeleine. Et en plus, elle vivait dans un manoir. Un manoir avec un saule pleureur. La classe. Dans le petit jardin des Koter, il n'y avait qu'un arbre, aux feuilles violettes. En y réfléchissant, la troisième année n'avait aucune idée de l'espèce à laquelle appartenait l'arbre qu'elle regardait depuis toute petite par la fenêtre de la salle à manger. L'arbre où elle aimait aller caresser les feuilles depuis sa balançoire en été. L'arbre sous lequel elle avait appris à tenir un râteau, quand elle aidait son papa à ramasser les feuilles en automne. L'arbre sous lequel elle avait construit ses premiers bonhommes de neige. L'arbre autour duquel elle avait tant de fois fait la course avec son frère. Il avait toujours été là, pilier inchangé au milieu de son jardin, et elle ne s'était jamais posée la question de son âge ou de son espèce. Elle avait passé son enfance à côté d'un arbre dont elle ne savait rien. C'était quand même un peu pathétique.

Quoique. Finalement, qui va se demander d'où vient le papier peint qui tapisse sa chambre d'enfant ? Qui va aller s'interroger sur sa composition précise, la personne qui l'a posé, là où il a été acheté, à partir de quels arbres il a été fait ? Personne. Et pourtant, la plupart des gens passe au moins autant de temps à côté de ce papier peint que Madeleine à côté de son arbre. Conclusion, ce n'est pas si dérangeant que ça d'en savoir aussi peu sur l'arbre qui était planté au milieu du jardin des Koter, même quand on a passé les onze premières années de sa vie à côté.

Rassérénée sur le fait qu'elle n'était finalement peut-être pas un monstre d'égocentrisme, Madeleine reporta son attention sur Thaïs, qui, pendant que la demoiselle menait cette réflexion tout aussi approfondie qu'inutile sur son arbre d'enfance, avait déclaré :

"En tout cas, ce moment avec toi est génial. Je t'avoue qu'en te voyant, je n'aurai jamais imaginé que je m'amuserai autant."

Mais… Ça voulait dire que Madeleine ressemblait tant que ça à un monstre d'égocentrisme ? Ou à quelqu'un de méchant ? Bon, Thaïs n'avait sûrement pas voulu dire ça méchamment. Et le plus probable était qu'au premier abord, Madeleine ait semblé une enquiquineuse de première, une grande venue embêter une petite qui n'avait rien demandé. Peut-être Thaïs avait-elle pensé en premier lieu avoir affaire à une Serpentard… Berk. La troisième année rétorqua en souriant :

« Ça veut dire qu'en premier lieu, je n'ai pas l'air gentille ? C'est vexant ! »

Après une courte pause, elle reprit :

« Je plaisante bien sûr. A deux on s'amuse toujours plus. Surtout dans l'eau. Je ne sais pas pour toi, mais personnellement, je m'ennuie vite toute seule dans une piscine… ou dans le lac de Poudlard. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse maintenant ? »

Reducio
Ce RPG a été bloqué car n'ayant pas reçu de réponse depuis plus de 6 mois. Pour demander sa ré-ouverture, vous pouvez contacter vos préfets ou professeurs.

Griffes et Crocs, Griffes et Cœur, Gryff vainqueurs !
Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015