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Si: Température > 30° Alors: Baignade  PV: Thaïs 

Madeleine referma son livre et regarda sa montre. Nous étions samedi, en milieu d'après-midi et cela faisait près de deux heures que la jeune fille lisait confortablement installée dans son dortoir. En tendant l'oreille lui parvenaient de maigres rumeurs de conversations dans la salle commune. Dehors le soleil brillait, baignant le parc dans une chaleur beaucoup trop importante aux yeux de la préfète. Et elle n'était pas la seule. Alors qu'au printemps beaucoup d'élèves passaient la majeure partie de leur week-end dans le parc, aujourd'hui, il était presque désert. Madeleine s'approcha de la fenêtre. Le lac, bleu, brillait plus que jamais sous les rayons du soleil d'été. Qu'il semblait frais, douillé, que ce serait agréable de sentir ses vaguelettes caresser sa peau. La préfète hésita un moment, le lac pouvait être dangereux et les baignades y étaient peu courantes. Finalement, elle se tourna vers son armoire et commença à fouiller. Cinq minutes plus tard, le bras comme aspiré par le meuble, Madeleine sentit enfin sous ses doigts le tissu synthétique particulier qu'elle cherchait. Saisissant le vêtement, elle s'extirpa de l'armoire et considéra sa prise en souriant : c'était bien lui, son maillot de bain. Un passage à la salle de bain express et la voilà en route vers le parc, le maillot de bain camouflé par son uniforme et un sac pour ses serviettes et lunettes sur l'épaule.

Quand elle franchit les portes du hall, la chaleur s'abattit sur elle comme une chappe de plomb sur ses épaules. Loin d'être découragée, elle accéléra le pas. Bientôt elle se trouva dans le coin qu'elle avait choisi : un coin un peu à l'écart abrité par des arbres pour ne pas être trop visible depuis le château.

Madeleine étala sa serviette, retira son uniforme, le rangea dans son sac, et, lunettes de natation sur le front, fit face aux flots bleus marines. Par mesure de précaution, elle coinça sa baguette dans son maillot de banc, le long de son flanc gauche de sorte à pouvoir l'attraper en cas de besoin. Elle avança un pied dans l'eau. Comme prévu, celle-ci était bien froide. La préfète s'avança doucement, la fraîcheur du liquide la soulageant tout comme la faisant frissonner. Finalement, alors qu'elle avait de l'eau jusqu'à la taille, la gryffone se laissa tomber en avant jusqu'à ce que ses épaules soient immergées. Après quelques brasses pour s'habituer, elle se cambra et s'élança vers le fond. Longeant quelques instant les fonds sableux elle remonta, heureuse et rafraîchie. Commença alors une séance de plongeons et de nages aléatoires.


Image
"Regardez ces enfants de onze ans dans la grande salle à manger,
ils ont peur du Choixpeau, qui va s'animer le jour de la rentrée,
leur appréhension sera bientôt avérée, à ces premières années,
quand un mort de ses dents aura leur cou transpercé."

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Gryffondor du mois en 01/2013, 06/2014, 12/2014 et 03/2015 - Elève du mois de Juin 2014 et Mars 2015

Si: Température > 30° Alors: Baignade  PV: Thaïs 

Ses mains tremblaient et son souffle était saccadé. Les rayons du soleil en ce samedi lumineux caressaient le visage d'une Thaïs anxieuse. La jeune fille avait reçu un hibou dans la matinée de la part de son grand père mais elle n'avait pas eu la force de lire son contenu. La brune cacha la lettre sous son oreiller. C'était l'après-midi, il faisait chaud mais Thaïs avait préféré rester dans son dortoir. La jeune Blackburn pensait qu'elle aurait eu le courage de lire ce que son grand père lui avait écrit, elle avait même ouvert l'enveloppe mais rien à faire, elle abandonnait à chaque élan d'audace qui l'enveloppait.

Thaïs soupira. Elle avait l'impression d'être la paria de sa famille. Elle savait qu'elle avait brisé une tradition vieille de quatre générations, en fait, elle avait sûrement mit fin à plus de règles des Blackburn que tout ses ancêtres réunis. La jeune fille avait toujours la sensation que son grand père la regardait de travers quand il la voyait. La brune se sentit oppressée, elle lâcha un soupir pour la énième fois de la journée en ressentant la nécessité de prendre l'air. Elle laissa son regard vagabonder dans la pièce et celui-ci se stoppa sur la vue du lac à travers la fenêtre.

Une idée germa dans l'esprit de Thaïs. La jeune Blackburn fouilla dans sa malle et après plusieurs secondes de recherches intensives, elle déterra son maillot de bain bleu marine du fin fond de ses affaires. La brune n'hésita pas un seul instant et se changea dans le dortoir, aucune de ses camarades passait du temps dans le dortoir quand Thaïs était là, ce qui l'arrangeait bien. La jeune fille n'avait jamais eu une autre compagnie que sa solitude.

Thaïs revêtit son uniforme de Gryffondor par dessus son habit de nage et se dirigea vers l'extérieur. Quand elle atteignit l'air pur, la chaleur la frappa de plein fouet ce la renforça dans l'idée qu'une bonne baignade était nécessaire pour se rafraîchir et oublier sa nervosité dû au hibou de ce matin.

La jeune Blackburn arriva enfin au bord du lac. Thaïs prit un instant pour l'observer. Le lac était d'un bleu aussi profond que ses yeux, son image et celle de la nature se reflétait sur la surface tel un miroir mais il était d'impossible de voir ce qui se cachait dans les profondeurs de l'eau fraîche.

Thaïs laissa tomber son uniforme à ses pieds, ne laissant que le pendentif de sa mère couvrir son cou de sa longue chaîne argentée, la jeune fille plongea d'un seul coup dans le lac. L'eau froide la gela d'une manière exquise et Thaïs resta plusieurs secondes dans l'eau, nageant dans les profondeurs du lac au bleu profond.

Quand elle remonta à la surface, la brune laissa échapper son premier rire depuis des mois, un rire qui lui parut durer une éternité. Après que cette forme de joie, s'estompa, Thaïs s'amusa à s'immerger dans l'eau glacée, à éclabousser une force invisible et à nager jusqu'à la rive pour admirer la vue.

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Madeleine prit une grande inspiration et s'enfonça sous l'eau. Elle s'était éloignée de la rive et observait les profondeurs obscures du Lac Noir. Elle se souvenait des baignades de l'été dernier avec ses grands-parents. Le lac sur lequel la petite famille avait jeté son dévolu avait le fond recouvert de plantes, de sorte que lorsque l'on regardait ses profondeurs, on pouvait admirer une belle couleur vert émeraude. C'était magnifique. Le lac de Poudlard portait bien son nom, Madeleine s'en rendait bien compte maintenant qu'elle scrutait les profondeurs : elles étaient d'un noir d'encre. Que renfermaient-elles ? La légende parlait de sirènes, de calamar géant et de strangulots, entre autres. La jeune fille était quasiment sûre que pour ces derniers, c'était vrai. C'était d'ailleurs surtout à cause d'eux, en raison de leur caractère agressif qu'elle avait préféré garder sa baguette.

La préfète se laissa remonter et bientôt, elle émergea en prenant une grande goulée d'air. Puis, elle entreprit de regagner le bord à la nage. Elle n'aurait pas dû s'éloigner autant du bord. Les créatures du lac n'étaient pas toutes sympathiques et la jeune fille était loin de toutes les connaître. En plus, ces profondeurs noires comme la nuit avaient quelque chose d'inquiétant.

Maintenant qu'elle y pensait, Gryffondor n'avait jamais tenté de conquérir cette zone, ne la jugeant pas stratégiquement intéressante. En revanche, elle savait que les Serdaigle s'y étaient frottés et l'avait finalement remportée. Une mission au lac devait être vraiment spéciale : pas tellement la possibilité de discuter avec les autres, son oxygène à gérer, la difficulté pour lancer des sortilèges et le manque de visibilité dû autant au manque de luminosité qu'à l'eau, les yeux humains n'étant pas faits pour ça. Madeleine devait bien reconnaître que ce devait être loin d'être évident.

Bientôt, elle ne fut plus qu'à une dizaine de mètres du bord. Elle se retourna sur le dos et fit l'étoile, savourant le moment présent et admirant le ciel bleu turquoise. Quand elle se décida à repartir, elle vit qu'elle n'était pas seule : un autre élève avait eu la même idée qu'elle et chahutait gaiement un peu plus loin. Enthousiaste à l'idée de pouvoir profiter de cette baignade à plusieurs, la préfète s'approcha. Quand elle ne fut plus qu'à cinq ou six mètres, elle plongea et s'approcha à la nage de l'élève. Elle jaillit hors de l'eau à un mètre d'elle, mais mal lui en prit car elle fut submergée par une vague d'éclaboussures. La demoiselle toussa, pour chasser l'eau de sa gorge, rabattit ses cheveux en arrière et finalement, réussit à articuler d'une voix un peu rauque :


« Bonjour ! Je vois que je ne suis pas la seule à me baigner. »

Son ton aurait été agréable si elle n'avait pas bu la tasse juste avant. Toussant une nouvelle fois, elle continua :

« Désolée. Je ne crois pas qu'on se connaisse. Tu t'appelles comment ? »

En effet, elle ne se souvenait pas avoir déjà vu la jeune fille. Celle-ci semblait jeune, probablement une première année, avait des yeux bleus pâles contrastés par ses longs cheveux très foncés qui les faisaient ressortir encore plus.

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Thaïs profitait comme elle ne l'avait jamais fait de cette baignade. La gaieté était au rendez-vous, elle se sentait heureuse et complètement débarrassée de ses problèmes.

L'eau du lac était si sombre, cela lui donnait un côté inquiétant mais la brune ne faisait que l'apprécier. Elle se fichait éperdument des créatures qui vivaient dans les profondeurs du lac, Thaïs ne pensait qu'au fait qu'elle s'amusait réellement en ce moment. La jeune Blackburn éclaboussait l'air, plongeait et observait la noirceur des eaux dans lesquelles elle nageait. La Gryffon se sentait plus vivante que jamais en cet instant, pour la première fois, aucune partie de son esprit ne guettait un futur obstacle. Cela faisait des mois que Thaïs se méfiait de tout et désormais elle léguait cette charge à une chose ou une personne inconnue voir inexistante.

Au loin, Thaïs cru apercevoir une forme mouvante mais en regardant un peu mieux elle ne vit que l'eau du lac. La brune était sur le point de continuer de s'amuser et de profiter de ce moment de pur bonheur quand elle remarqua une masse immergée peu profondément sous l'eau nageant dans sa direction. La jeune fille attendit patiemment que la masse remonte à la surface et quand cela arriva, Thaïs n'hésita pas une seule seconde et l'éclaboussa violemment avant de se rendre que ce n'était qu'une élève de Poudlard.

Celle-ci toussa pendant quelques secondes afin de pouvoir respirer correctement, elle ramena ses cheveux trempés à l'arrière et parla enfin:


"Bonjour ! Je vois que je ne suis pas la seule à me baigner."

*Tellement évident...* Pensa-t-elle immédiatement

L'élève l'avait salué d'une voix rauque qui paraissait désagréable même si Thaïs était consciente que ce n'était pas l'intention de la fille en face d'elle. La jeune Blackburn prit un peu le temps de la détailler. Ses cheveux étaient châtains clairs et ses yeux d'un beau bleu pâle, ils étaient en forme d'amande comme ceux de Thaïs. Elle était aussi plutôt bronzée ce que Thaïs lui enviait, sachant qu'elle était très blanche. La châtaine était plus âgée que la brune, elle le savait. L'autre élève toussa encore une fois et continua sur sa lancée:


"Désolée. Je ne crois pas qu'on se connaisse. Tu t'appelles comment ?"

Thaïs mit quelques secondes à répondre. Elle était étonnée qu'on lui demande son nom même si son visage ne laissait transparaître aucun sentiment. C'était la première fois que quelqu'un s'intéressait réellement à elle au sain de l'école. Quand la jeune Blackburn reprit l'usage de la parole, elle répondit enfin à la question posée:

"Thaïs. Thaïs Blackburn. Et toi tu es une préfète de Gryffondor je me trompe ?"

La question de Thaïs était purement rhétorique. Elle avait reconnu une des deux préfètes de sa Maison, le seul élément qu'elle ignorait était le nom de cette fameuse préfète. La brune n'attendit pas la réponse de la Gryffon pour faire l'étoile sur les eaux sombres du lac sans quitter l'autre jeune fille du regard. En repensant à la scène où elle éclaboussait la châtaine, Thaïs laissa naître sur ses lèvres, un sourire en coin on ne peut plus moqueur à l'adresse de sa camarade.

En attendant la réponse à sa question, Thaïs remarqua qu'elle était moins froide que d'habitude. Merci à sa petite baignade en solitaire pour ça.

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Quelques secondes s'écoulèrent en silence durant lesquels les deux filles se dévisagèrent. Madeleine se demanda si elle avait bien fait de rejoindre sa camarade. Après tout, elle était tranquille dans son coin et la préfète avait débarqué comme ça, sans annoncer un tant soit peu son approche sans avoir même demander si elle dérangeait. Mais finalement, la brunette répondit d'un ton amical :

"Thaïs. Thaïs Blackburn. Et toi tu es une préfète de Gryffondor je me trompe ?"

Madeleine esquissa un sourire. Même sans son badge et trempée elle était reconnaissable. On pourrait croire que depuis le temps que la jeune fille occupait ce rôle elle se serait habituée à ce que les gens la reconnaisse alors qu'elle-même ne les connaissait pas, mais ça lui faisait toujours bizarre quand elle n'avait pas son badge. Depuis le début, elle tenait ce dernier responsable de sa « célébrité » et du comportement des élèves à son égard mais force était de constater que les gens n'avaient même plus besoin de ce machin doré pour connaître son rôle. Cela pouvait être agaçant parfois. D'autant plus que dans la situation présente, elle avait peur que Thaïs fasse preuve d'amabilité juste pour ne pas se mettre sa préfète à dos.

Cette dernière s'était allongée sur le dos et regardait toujours la troisième année. Madeleine répondit :


« Oui, c'est ça. Je suis Madeleine Koter. Mais là, j'ai pas tellement envie de parler d'être préfète, juste de m'amuser. En tout cas, si je te dérange, dis-le et je m'en vais. »

Elle marqua une pause, cherchant ce qu'elle pourrait proposer pour la suite, si toutefois la première année lui permettait de rester. Elle promena son regard aux alentours, et finalement proposa en souriant :

« Ça te dit une course ? La première arrivée au niveau du grand arbre là-bas a gagné ! »

Elle montra du doigt un gros saule pleureur planté au bord du lac, sur un promontoire de terre à une bonne centaine de mètres sur sa droite. Les longues branches fines de l'arbre effleuraient la surface de l'eau, guidées par les ondulations tranquilles des flots et par les quelques souffles de vent qui caressaient le parc. Madeleine aimait bien les saules pleureurs. Ils étaient différents des autres arbres et, petite, elle trouvait drôle de se promener parmi leurs branches et de s'y cacher.

Elle espérait que Thaïs accepte sa proposition : se baigner à deux, ce serait beaucoup plus drôle et cela leur permettrait de faire connaissance.

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Dès que Thaïs avait parlé du statut de préfète à l’autre fille, celle-ci esquissa un sourire. Apparemment cela l’amusait qu’on la reconnaisse même les cheveux trempés et sans son badge. D’ailleurs, la châtaine lui répondit presque de suite :

« Oui, c'est ça. Je suis Madeleine Koter. Mais là, j'ai pas tellement envie de parler d'être préfète, juste de m'amuser. En tout cas, si je te dérange, dis-le et je m'en vais. »

Madeleine Koter. C’était donc le prénom de la deuxième préfète. Thaïs comprenait que la préfète de sa Maison souhaite laisser de côté son statut pendant quelques heures. La jeune Blackburn détesterait aussi qu’on lui colle toujours l’étiquette de « la préfète de cette Maison ».

Thaïs voulait dire que Madeleine ne la dérangeait en aucun cas, à près tout, le lac ne lui appartenait pas (même ça ne l’aurait pas dérangé) autant que la Gryffondor plus âgée, profite elle aussi d’une bonne baignade. Mais la brune n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que la châtaine proposa quelque chose :


« Ça te dit une course ? La première arrivée au niveau du grand arbre là-bas a gagné ! »

Thaïs observa le fameux arbre. Un saule pleureur. C’était sûrement l’arbre préféré de la brune. Près du Manoir Blackburn, il y avait aussi un saule pleureur où la jeune fille avait l’habitude de se cacher derrière les feuilles et lire un bon livre ou juste respirer l’air frais, loin de ses problèmes de familles.

La première année se concentra sur Madeleine. Une course la tentait, c’est vrai. Et une baignade à deux était l’occasion parfaite pour commencer à nouer des liens forts. Thaïs était ici pour un bout de temps autant s’ouvrir un minimum :


« Hum…je ne sais pas trop. » Thaïs fixait Madeleine sans détourner une seule seconde le regard, comme si c’était un défi, alors qu’il n’en était rien. « Je veux dire c’est… »

Sans prévenir Thaïs éclaboussa de nouveau la préfète, ses cheveux châtains ne ressemblaient définitivement plus à des cheveux alors que la jeune Blackburn s’élança sous l’eau en direction du saule pleureur en souriant grandement. La baignade l’avait vraiment aidé à laisser sa carapace au fond du lac. Thaïs remonta son visage à la surface en se tournant vers la châtaine :

« Aller Madeleine, tu es à la traîne ! »

Thaïs se sentait très bien en ce moment, elle avait l’impression de partager quelque chose avec une bonne amie alors qu’elle ne connaissait Madeleine que de vu. Elle espérait seulement qu’il en était de même pour la préfète de Gryffondor.

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Faisant doucement de petits mouvements dans l'eau pour se maintenir sur place, Madeleine attendait la réponse de Thaïs. Celle-ci chercha d'abord l'arbre désigné par la troisième année puis dévisagea sa camarade. Madeleine aurait bien aimé connaître les pensées qui défilaient derrière ces yeux bleus sombres, de très beaux yeux d'ailleurs. Platon aurait dit que la volonté et les désirs livraient bataille : le désir de participer à une super méga trop topissime course de natation, et la volonté qui disait que… que quoi ? Qu'elle ne devrait pas faire confiance à une parfaite inconnue fut-elle préfète ? Après tout, Madeleine aurait très bien pu profiter d'une méprise de la jeune fille pour étendre une certaine influence sur elle et pouvoir la kidnapper sitôt l'arbre atteint. Ou alors la volonté pourrait dire que l'arbre était vraiment trop loin, et que les petits membres de Thaïs ne tiendraient pas la route, la condamnant à une humiliante défaite voir pire : une noyade par épuisement !

Madeleine ne pouvait pas avoir de certitude sur ce qui se passait dans la tête de Thaïs mais il y avait au moins une chose sure : dans sa tête à elle, c'était vraiment bizarre par moment… bon, elle avait fait pire : Goin-Goin le cochon volant qui s'appelle Goin-Goin parce que Groin-Groin, c'est dur à dire, c'était quand même sacrément tordu. Ou la fois où lors d'un entraînement de quidditch, elle avait imaginé que les Red Lights étaient en réalité des papillons qui évitaient les vents turbulents (les cognards) et devaient transporter des trèfles à quatre feuilles (les souafles) sur des grandes plantes (les buts). Les Serpentard l'avait vite fait redescendre sur Terre en interrompant leur entraînement. Finalement, c'était à croire que le quidditch était à l'origine de la folie (aujourd'hui reconnue de tous) de Madeleine. Parce que oui, Goin-Goin aussi, il a un lien avec le quidditch.

Enfin bref, finalement, Thaïs répondit :


« Hum…je ne sais pas trop. »

A voir son regard, on aurait pu croire que l'hypothèse de la raison anticipant la défaite humiliante était vraie.

« Je veux dire c’est… »

Sans prévenir, elle éclaboussa violemment Madeleine qui eut à peine le temps de fermer la bouche avant d'être arrosée une nouvelle fois. Quand elle rouvrit les yeux et écarta d'un grand geste ses cheveux retombés sur ses yeux, Thaïs étaient déjà quelques mètres plus loin, nageant à vive allure vers le saule.

« Aller Madeleine, tu es à la traîne ! » lui lança-t-elle, se retournant un instant.

« Tu ne paies rien pour attendre ! » cria gaiement la troisième année en s'élançant à son tour.

Elles se poursuivirent gaiement, se lançant des répliques taquines, tantôt Thaïs devant Madeleine, tantôt Madeleine devant Thaïs. Finalement, la troisième année finit par distancer la première année sur les derniers mètres et se faufila la première dans les branches du saule.

Une fois de l'autre côté de ce rideau végétal, elle écarta brusquement les branches et s'écria :


« J'ai gagné ! »

Elle laissa sa camarade la rejoindre et observa le cadre qui l'entourait. De petites feuilles de l'arbre parsemaient l'eau, les longues branches s'enroulaient au gré des vagues autour d'elle, et surtout, elle avait une magnifique vue sur la ramure de l'arbre : sur la façon dont les épaisses et solides branches s'avançaient au-dessus de l'eau, attachés par le tronc bien planté sur la terre ferme, et sur la façon dont les branches plus fines jaillissaient des plus grosses pour descendre avec légèreté jusqu'à caresser les flots noirs du lac.

« C'est magnifique. » commenta Madeleine. « J'aime bien les saules pleureurs. Ils ont quelque chose de… de particulier. Un peu comme un air triste avec ses longues branches, mais quand on est dedans, et que le vent le secoue, on a plutôt une impression de gaieté… ou de poésie… ou les deux. C'est presque magique finalement. »

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« Tu ne paies rien pour attendre ! »

Cette pique arracha un ricanement à Thaïs alors qu'elle essayait toujours d'aller plus vite dans sa nage. La brune avait toujours été une adepte des victoires, elle ne perdait jamais. Mais Madeleine était une adversaire coriace. Tantôt, Thaïs arrivait à la distancer, tantôt la préfète de sa Maison la rattrapait et la dépassait. Et ceci, dura pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que, finalement, Madeleine arriva les pieds à terre et alla se cacher sous le saule pleureur :

« J'ai gagné ! » Cria-t-elle, fière après avoir écarté le rideau végétal

Thaïs sortit de l'eau en secouant la tête, un léger sourire aux lèvres. Elle aimait se persuader que les longues jambes de Madeleine l'avait aidé à gagner, Thaïs n'avait que onze ans et encore de petites jambes.


*Il faut une première à tout...même si j'aurai pu largement m'en passer.* Pensa la première année en rejoignant Madeleine derrière le feuillage du saule pleureur.

Thaïs s'installa contre le tronc de l'arbre et observa l'intérieur du saule. Il était définitivement son arbre préféré. Les feuilles ne laissait passer qu'un fin rayon de soleil, elles masquaient également les différents bruits aux alentours. C'était comme chez au Manoir Blackburn. C'était son jardin secret. Un endroit qui ne laissait rien de mauvais sortir. Qui gardait tout les petits secrets, les ressentiments pour ne laisser échapper que la joie et les bonne choses de la vie. Comme ce moment que la brune partageait avec Madeleine :


« C'est magnifique. » commenta Madeleine.« J'aime bien les saules pleureurs. Ils ont quelque chose de… de particulier. Un peu comme un air triste avec ses longues branches, mais quand on est dedans, et que le vent le secoue, on a plutôt une impression de gaieté… ou de poésie… ou les deux. C'est presque magique finalement. »

Thaïs pensait exactement la même chose. Les saules pleureurs ont toujours eu quelque chose de différent que les autres arbres. C'est sûrement pour cela que la jeune Blackburn les aimait autant. Elle se sentait, elle aussi, différente des autres :

"C'est magique."La voix de Thaïs débordait d'une nostalgie. Elle pensait toujours au saule pleureur, chez elle."Dans le Manoir de ma famille, il y a un saule pleureur comme celui-ci. J'y allai souvent pour éviter les problèmes où juste pour réfléchir. J'avais l'impression que les longues branches de cet arbre me protégeait contre le monde entier."

Séance confidence que Thaïs n'avait pu éviter. Elle avait besoin de dire ses paroles à voix haute pour se sentir bien. Ce moment était tellement reposant, irréel...magique comme disait Madeleine :

"En tout cas, ce moment avec toi est génial. Je t'avoue qu'en te voyant, je n'aurai jamais imaginé que je m'amuserai autant."

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Madeleine avait les yeux levés vers la ramure de l'arbre. Celui-ci élançait ses grosses branches au-dessus de leur tête, comme penché vers elle, les couvrant de sa grande parure végétale comme une mère couvrirait ses enfants de ses bras.

"C'est magique."

La préfète reporta son attention sur Thaïs, contente d'entendre que la demoiselle partageait son point de vue.

"Dans le Manoir de ma famille, il y a un saule pleureur comme celui-ci. J'y allai souvent pour éviter les problèmes où juste pour réfléchir. J'avais l'impression que les longues branches de cet arbre me protégeait contre le monde entier."

Apparemment, Thaïs avait un relationnel particulier avec cet arbre, ça allait bien plus loin que les sentiments de Madeleine. Et en plus, elle vivait dans un manoir. Un manoir avec un saule pleureur. La classe. Dans le petit jardin des Koter, il n'y avait qu'un arbre, aux feuilles violettes. En y réfléchissant, la troisième année n'avait aucune idée de l'espèce à laquelle appartenait l'arbre qu'elle regardait depuis toute petite par la fenêtre de la salle à manger. L'arbre où elle aimait aller caresser les feuilles depuis sa balançoire en été. L'arbre sous lequel elle avait appris à tenir un râteau, quand elle aidait son papa à ramasser les feuilles en automne. L'arbre sous lequel elle avait construit ses premiers bonhommes de neige. L'arbre autour duquel elle avait tant de fois fait la course avec son frère. Il avait toujours été là, pilier inchangé au milieu de son jardin, et elle ne s'était jamais posée la question de son âge ou de son espèce. Elle avait passé son enfance à côté d'un arbre dont elle ne savait rien. C'était quand même un peu pathétique.

Quoique. Finalement, qui va se demander d'où vient le papier peint qui tapisse sa chambre d'enfant ? Qui va aller s'interroger sur sa composition précise, la personne qui l'a posé, là où il a été acheté, à partir de quels arbres il a été fait ? Personne. Et pourtant, la plupart des gens passe au moins autant de temps à côté de ce papier peint que Madeleine à côté de son arbre. Conclusion, ce n'est pas si dérangeant que ça d'en savoir aussi peu sur l'arbre qui était planté au milieu du jardin des Koter, même quand on a passé les onze premières années de sa vie à côté.

Rassérénée sur le fait qu'elle n'était finalement peut-être pas un monstre d'égocentrisme, Madeleine reporta son attention sur Thaïs, qui, pendant que la demoiselle menait cette réflexion tout aussi approfondie qu'inutile sur son arbre d'enfance, avait déclaré :

"En tout cas, ce moment avec toi est génial. Je t'avoue qu'en te voyant, je n'aurai jamais imaginé que je m'amuserai autant."

Mais… Ça voulait dire que Madeleine ressemblait tant que ça à un monstre d'égocentrisme ? Ou à quelqu'un de méchant ? Bon, Thaïs n'avait sûrement pas voulu dire ça méchamment. Et le plus probable était qu'au premier abord, Madeleine ait semblé une enquiquineuse de première, une grande venue embêter une petite qui n'avait rien demandé. Peut-être Thaïs avait-elle pensé en premier lieu avoir affaire à une Serpentard… Berk. La troisième année rétorqua en souriant :

« Ça veut dire qu'en premier lieu, je n'ai pas l'air gentille ? C'est vexant ! »

Après une courte pause, elle reprit :

« Je plaisante bien sûr. A deux on s'amuse toujours plus. Surtout dans l'eau. Je ne sais pas pour toi, mais personnellement, je m'ennuie vite toute seule dans une piscine… ou dans le lac de Poudlard. Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse maintenant ? »

Reducio
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