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Etre un poisson heureux ça n'est pas bien compliqué  Privé 

Aujourd'hui Amaëlle avait un rendez vous important. Arborant fièrement un haut rayé blanc et orange (qui n'était autre à l'origine que son uniforme qu'elle avait légèrement modifié), elle s'avançait d'un air joyeux vers le lac. Enfin disons plutôt qu'elle faisait comme elle pouvait pour en donner l'impression, parce que pour le moment elle était tout sauf sûre d'elle et décontractée. Elle pouvait parfois faire des choses étranges, certes, mais elle n'aimait pour autant qu'on la prenne, avec un peu de pitié, pour une folle sortie de l'asile. Ce à quoi elle ne manquerait sans doute pas de ressembler sous peu : remerciez en les chères têtes blondes de Serpentard qui niveau défis étaient plutôt inventifs. Pour le respect de ses aînés et des préfets on repassera… Mais du coup Amaëlle s'était vengée : lorsque ça avait été son tour elle avait entraîné quelqu'un avec elle. Piètre vengeance me direz vous mais en réalité c'était surtout et tout simplement que la verte se sentait incapable de le faire seule. L'ennui était que sa camarade d'infortune n'était pas encore là et qu'elle devait l'attendre, seule, au bord du lac, habillée comme un poisson clown, sous les regards étonnés et scrutateurs des élèves présents.

Pour se donner contenance elle devait trouver une solution, il y a toujours une solution. Présentement elle n'en voyait que quelques unes mais n'étaient pas forcément fameuses ou réalisables : la première était de partir en courant, la seconde d'éliminer les témoins. Pour des raison évidentes elle devait trouver autre chose parce qu'elle ne se sentait pour le moment absolument pas bien. Soudainement elle se dit qu'elle devait faire diversion. C'est à dire qu'elle devait distraire, mais non pas distraire les témoins mais se distraire elle même… et pour cela rien de mieux qu'un petit exercice de théâtre n'est ce pas ? Il fallait d'ailleurs qu'elle s’entraîne, elle se l'était promis suite au fiasco de leur première séance. Enfin ça n'était pas à proprement parler un fiasco puisque tout s'était bien passé... jusqu'à ce que ce soit son tour. Andrew avait trouvé mais pour ce qui était de sa réaction Amaëlle n'avait rien compris du tout. Elle avait finit par penser que son imitation était mauvaise et qu'Andrew était un perfectionniste accompli qui ne supportait pas la médiocrité. Ou plutôt, rectification, son frère à qui elle avait envoyé un hiboux pensait cela (charmant frère n'est ce pas?). L'autre option était qu'il était amoureux d'Ambre Baxrendhel mais la verte n'y croyait pas et avait donc choisi la première option : celle qui disait qu'elle était nulle et qu'elle avait encore beaucoup de travail à faire.
C'était donc parce qu'un certain Kaelig Nelly n'avait pas jugé bon de lui dire qu'Andrew était un imbécile et de ne pas y faire attention que la jeune Serpentard se retrouvait de temps en temps à passer pour une folle alors qu'elle entrait, avec plus ou moins de succès, dans la peau d'un personnage.

Mais mettons cette petite digression de côté. Pour se sentir moins observée (ou du moins pour ne moins s'en rendre compte parce qu'il n'est pas à douter que ce sera pire) Amaëlle devait donc trouver quelqu'un à imiter. Si possible quelqu'un de confiant, de grand, de puissant. La réponse lui vint naturellement : en effet pour répondre à ces critères qui de mieux, dans l'esprit d'un petite fille ayant découvert la magie avec Poudlard, que la directrice de cette même école ? C'était décidé, elle allait imiter Kristen Loewy, mieux : elle était Kristen Loewy et rien ne pouvait lui faire peur. Enfin si elle avait sûrement peur de quelque chose mais si Amaëlle était certaine d'une chose c'est que si la directrice se trouvait dans sa situation elle le ferait la tête haute.

Aussi Amaëlle/Miss Loewy, après un moment de concentration, se redressa, un air sûre d'elle sur le visage, et observa les environs. Remettant une cape imaginaire en place elle renvoya leur regard aux élèves curieux et étrangement cela fonctionna : ils finirent par se désintéresser et se retourner Mentalement elle était Miss Loewy, enfin du moins elle était tel qu'elle se l'imaginait. Restait encore à le paraître. Car pour le moment tout le monde ignorait qu'elle était la directrice de Poudlard enfermé dans un corps d'une des enfants qu'elle avait à charge. Sondant le sol elle finit par tomber sur un bâton assez long et épais et s'en approcha lentement, tractant son membre gourd avec concentration (dont Amaëlle ignorait d'ailleurs l'histoire). Chancelant légèrement elle se pencha pour attraper le morceau de bois et c'est triomphante qu'elle put commencer à arpenter les bords du lac d'un pas déterminé. La Serpentard ne savait pas si Miss Loewy faisait souvent cela mais elle l'avait vu marcher ainsi dans le château sans but réel et supposait qu'elle pouvait bien le faire dehors aussi, quoiqu'elle ne l'aurait peut-être pas fait un jour où autant d'élèves pouvaient la voir.
*D'ailleurs que font-ils ici ces élèves ? Ne devraient-ils pas être en train de travailler au lieu de… se lancer des chaussures ???! Le monde est bien étrange...*
Jetant un regard agacé aux énergumènes mais retenant tout de même un sourire moqueur elle continua ses déambulations. Oubliant rapidement l'incident en repartant dans quelques mornes pensées, un air mélancolique sur le visage.
La verte ne savait pas vraiment à quoi elle pouvait bien penser en réalité dans ses moments là mais elle avait souvent vu la sorcière avec un air tel, les traits plissés par quelques étranges sentiments.

Mais son interrogation intérieure prit fin lorsqu'elle vit arriver au loin une jeune fille avec un haut rayé jaune et bleu. Le voilà son rendez-vous ! Ne supportant pas d'attendre simplement qu'elle arrive à son niveau notre élève/directrice se rapprocha de la nouvelle venue, son bâton toujours à la main. Arrivant à son niveau elle croisa un regard interrogatif et souffla légèrement par le nez, irritée.

« Ne me regardez pas ainsi Miss… votre accoutrement n'est pas plus fameux que le mien. De plus je vous prierais à l'avenir, lorsqu'un de vos supérieurs, professeurs ou non, vous donne rendez vous, d'arriver à l'heure. »

Et pour bien faire elle épousseta quelques peluches imaginaires sur son haut avant de sourire à la Serpentard qui se tenait devant elle : la pauvre Tessa ne devait rien comprendre.

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Ancien sorcier  

Etre un poisson heureux ça n'est pas bien compliqué  Privé 

Il y a des choses qui, semble-t-il, ne changeront jamais. La Terre sera toujours ronde, les poules seront toujours sans dents, les loup-garou se transformeront toujours à la pleine lune... Et Tessa Daniela Bonsorm serait toujours en retard quoi qu'elle fasse. Les fois où elle était à l'heure ou en avance se comptaient sur les doigts d'une main (même un demi main suffirait). Elle en avait bien conscience à ce moment, alors qu'elle flânait dans les couloirs en croquant une énième plume en sucre, regardant un à un les tableaux sur les murs.
Eux-même la dévisageait comme si elle n'était pas une fille normale (ce qu'elle était peut-être le cas au final).
Vêtue d'un débardeur rayé jaune et bleu, et d'un pantalon du même bleu que son haut, la fillette avait une drôle d'allure. Sans compter qu'elle avait trafiqué un serre-tête pour y coller une crête de poisson jaune et bleu en carton. Avec ses longs cheveux noirs libres comme l'air, cela faisait encore plus bizarre, et peu de personnes auraient pu reconnaître ce à quoi elle avait voulu ressembler ce jour-là. Tessa avait voulu joué, elle avait perdu, mais s'en moquait pas mal. Après tout, elle n'était pas la seule dans cette situation...

D'ailleurs, il serait peut-être temps qu'elle se dépêche, avant que la camarade qu'elle devait rejoindre ne décide de l'attendre avec un sortilège au bout de sa baguette pour la punir de son retard. Tessa rangea son paquet de bonbons dans une poche et descendit les marches quatre à quatre en courant. Sur son chemin, les gens se retournaient sans comprendre ce qu'elle faisait, ou allait encore faire. Elle avait repris sa démarche habituelle (à savoir : courir) et fonçait en direction du lac.
Ce fût laborieux pour la jeune serpentard d'arriver au point de rendez-vous. Pas à cause du monde présent qui la dévisageait, non ça elle avait l'habitude. Pas non plus à cause de son serre-tête qui ne supportait pas les secousses dues à sa course.

Non, tout simplement parce qu'elle était tentée de prendre part aux groupes d'élèves déjà formés. L'un d'eux semblait en pleine dégustations de bonbons dont la jeune fille aux cheveux noirs n'avait jamais entendu parler. Une fille se mit à pleurer et grimacer après en avoir mis un dans sa bouche. Elle le recracha aussitôt, comme si c'était la pire chose qu'elle avait jamais mangée. Quel monstre pouvait faire subir cela à une sucrerie? Même le plus immonde des bonbons ne méritait pas un tel traitement (d'ailleurs, existait-il seulement un bonbon immonde?).

Alors qu'elle se retenait de se joindre à ce groupe, elle aperçut un autre qui s'amusait avec une chaussure. Elle pensait que, comme beaucoup d'enfants, ils l'avaient pris à quelqu'un qui essayait désespérément de reprendre son bien. La vérité était différente de ce qu'elle pensait : les élèves qu'elle voyait était actuellement en train de faire une bataille de chaussures. Tessa les plaignit, elle aussi attendait impatiemment la neige pour faire des batailles, mais jamais elle n'utiliserai une chaussure pour remplacer une boule de neige.
Vraiment, certains élèves étaient bien étranges...

La petite aux yeux gris aperçus enfin la préfète qu'elle devait rejoindre et ralentit un peu l'allure. Amaëlle ne sembla pas vouloir attendre encore plus, et s'approcha d'elle avec une démarche que Tessa ne lui connaissait pas. Elle tenait dans la main un bâton, et la petite aux longs cheveux noirs s'interrogea sur le pourquoi d'un tel accessoire. La préfète semblait irritée et Tessa se prépara à subir des remontrances pour son retard. Mais elle ne s'attendait certainement pas à ce qui suivit :


« Ne me regardez pas ainsi Miss… votre accoutrement n'est pas plus fameux que le mien. De plus je vous prierais à l'avenir, lorsqu'un de vos supérieurs, professeurs ou non, vous donne rendez vous, d'arriver à l'heure. »

Tessa s'arrêta d'un coup. Elle avait l'habitude de se faire rappeler à l'ordre, et pas uniquement sur son retard, mais jamais quelqu'un de son âge lui avait parler comme s'il était un adulte. D'accord, sa camarade était préfète, et d'accord aussi elle était en tord puisqu'elle était en retard (sans aucune excuse valable qui plus est). La petite fille ne savait pas trop que répondre, ni que faire. Elle pourrait toujours s'excuser déjà, bien que sa camarade n'est aucune raison de lui pardonner. Ne sachant si c'était une plaisanterie ou pour accentuer son mécontentement que la préfète avait utilisé le vouvoiement, Tessa décida de rentrer dans son jeu.


"Veuillez m'excuser pour cet impardonnable et effroyable retard Miss. M'accorderiez-vous de marcher quelques pas à mes côtés le long de cette magnifique étendue d'eau qui se présente devant-nous? Et ce, avant d'effectuer la mission qui nous incombe ma chère"

Tessa avait retrouvé son sourire, même si elle avait encore la sensation de marcher à l'aveuglette dans un champ de bombabouse. Elle avança un peu pour se rapprocher encore du lac, profitant des rares brises de vent et admirant le lac. En attendant la réponse de sa camarade, elle se demanda ce qu'il se passerait si elle jetait des pierres dedans. Est-ce que le calamar se montrerait? Combien de tentacules avait-il en tout?

Elle se tourna vers Amaëlle et admira sa tenue. "Chouette costume au fait" s'écria-t-elle sortant de son rôle sans même s'en rendre compte.


Reducio
Désolée pour ce retard :wise:

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En s'approchant Amaëlle pu apercevoir que Tessa n'avait pas lésiné sur les moyens, bien que le résultat obtenu n'était pas forcément des plus ressemblant. Mais bon, en sachant le pourquoi du comment, on voyait fort bien le personnage sous cette apparence délurée. A côté d'elle Amaëlle se sentait un peu honteuse : elle n'avait que le haut rayé orange et blanc pour aller dans son personnage. Certes elle avait passé un certain temps dessus pour transformer un vieil uniforme à l'aide du sortilège qu'ils avaient appris en métamorphose lors de sa première année, mais elle n'avait que ça. Pas de crêtes, pas de nageoires, et même pas de bas. C'était un peu déloyal d'avoir laissé Tessa faire tout ça alors qu'elle ne faisait pas grand-chose du coup. Mais bon, disons que c'était l'intention qui comptait n'est ce pas ?

En tout cas la première année semblait bien surprise des agissements de sa camarade. Elle semblait complètement perdue, jusqu'à ce qu'on nouvel air plus malicieux naisse sur son visage, et qu'elle ne décide de jouer le jeu :

« Veuillez m'excuser pour cet impardonnable et effroyable retard Miss. M'accorderiez-vous de marcher quelques pas à mes côtés le long de cette magnifique étendue d'eau qui se présente devant-nous? Et ce, avant d'effectuer la mission qui nous incombe ma chère »

Amaëlle ne savait pas trop comment prendre la chose. Devait-elle continuer son petit manège de Amaëlle/Miss Loewy ? Elle ne savait trop. Elle n'avait pas prévu ça, mais si Tessa jouait le jeu pourquoi pas. Elle la jaugea donc un instant du regard avant de prononcer :

« Et bien je suppose que je puis vous accorder ceci. Mais il ne faudra point omettre pour autant d'effectuer cette dite mission qui nous incombe… très chère. Quoique ce peut-être un agréable moment avant de devoir accomplir cette tâche fort ardue dont Poudlard nous remerciera sans doute, et avec les honneurs. »

Puis Tessa avança doucement vers le lac, et la petite préfète décida de laisser son bâton là où il était pour la suivre vers l'étendue de temps en temps frémissante sous le vent. Puis alors qu'elle s'approchait elle remarqua que Tessa souriait, heureuse. Puis cette dernière ce tourna vers elle, enthousiaste, avant de l'observer à son tour et de lui lancer joyeusement :


« Chouette costume au fait »

A ces mots ce fut au tour de Amaëlle de sourire, et de lui expliquer un peu rieuse, un peu honteuse :

« C'est exactement ce que je me disais de toi en fait ! … Et… sinon désolée pour tout à l'heure… je m'entrainais pour le théâtre… mais je ne suis pas bien sûr d'avoir réussi quoique ce soit en fait... » finit-elle en un petit gloussement « Enfin sauf si tu as reconnu quelqu'un… mais ça m'étonnerait beaucoup... »

Puis la verte et argent observa la tenue de sa camarade d'infortune, le lac, qui était si grands, puis soupira doucement. Dans quelques temps, leur aura de folie n'aura rien à envier aux batailleurs de chaussures un peu plus loin. Pourquoi faisait-elle ça au fait ? Ah oui… Parce qu'elle avait donné sa parole de ne pas se débiner… fichu code d'honneur des Serpentards. Et puis dans le lot de ses camarades, elle était certaine qu'il y en avait de cachés aux alentours pour les observer, voire pour les filmer. Ils étaient bien trop moqueurs pour ne pas le faire, c’eut été gâcher le plaisir.

« Au fait… tu te rappelles des paroles ? » Lança t-elle en riant un peu nerveusement.

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Ancien sorcier  

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En avançant en direction du lac, Tessa entendit sa camarade parler :

« Et bien je suppose que je puis vous accorder ceci. Mais il ne faudra point omettre pour autant d'effectuer cette dite mission qui nous incombe… très chère. Quoique ce peut-être un agréable moment avant de devoir accomplir cette tâche fort ardue dont Poudlard nous remerciera sans doute, et avec les honneurs. »


La petite fille de jaune et de bleu vêtue sourit de plus belle en entendant ces mots. A croire Amaëlle, elles allaient accomplir un acte héroïque afin de sauver l'école, en payant de leur propre personne. En attendant, c'était l'opinion que les autres avaient d'elles qui était en jeu, bien que la petite aux cheveux noirs s'en moquait profondément. Et puis, elles étaient jeunes toutes les deux, on leur pardonnerait surement cela en le mettant sur le compte de l'enfance.
En se retournant pour complimenter la préfète, elle vit que sa camarade avait posé son bâton. Amaëlle sembla ravie du compliment, qu'elle retourna aussitôt :


« C'est exactement ce que je me disais de toi en fait ! … Et… sinon désolée pour tout à l'heure… je m'entrainais pour le théâtre… mais je ne suis pas bien sûr d'avoir réussi quoique ce soit en fait... Enfin sauf si tu as reconnu quelqu'un… mais ça m'étonnerait beaucoup... »


Tessa était ravie de voir que son costume plaisait à sa complice du moment. Car, même s'il était difficile de reconnaître à quel poisson célèbre elle avait voulut ressembler, elle avait mis tout son petit cœur à le fabriquer, et prit beaucoup de plaisir à le fabriquer tout autant qu'à le porter. Elle avait même consommer plus de bonbons qu'à l'ordinaire, surtout quand la construction du serre-tête lui avait donné du fil à retordre.
Pour ce qui était de la représentation privée qu'Amaëlle venait de lui offrir, elle devait avouer qu'elle n'avait pas compris qu'alla jouait un rôle, mais la demoiselle ne remarquait pas souvent les changements de personnalité des gens. Rien que quand on se mettait en colère contre elle, elle ne le comprenait pas toujours croyant que la personne en face la taquinait pour rire. Mais maintenant qu'elle comprenait que la préfète ne voulait pas jouer avec elle pour la reprendre sur son retard, elle devait avouer qu'elle ressemblait bien à quelqu'un qu'elle avait déjà croisée dans les couloirs.
Sans prendre le temps de réfléchir à ce qu'elle disait, ni si elle allait déblatérer une bêtise (pour changer), elle répondit :


"Ah... désolée je n'avais pas compris, je croyais que tu voulais juste t'amuser. Tu sais, je ne suis pas très douée pour reconnaître le talent de quelqu'un en théâtre, mais maintenant que tu le dis... je pense avoir reconnu la personne que tu imitais! C'était la directrice, n'est-ce pas? Miss Loewy, non? Je crois avoir reconnu sa démarche, mais je ne lui ai jamais parler en privé, et j'avoue que je n'écoutes pas vraiment quand les professeurs parlent pendant les repas..."


Bon, ce n'était peut-être pas une bonne idée d'avouer de but en blanc comme cela qu'elle n'écoutait pas les discours (qu'ils soient long ou court) des adultes... Mais au moins, on ne pouvait pas lui reprocher d'être honnête, du moins à cet instant précis. Tessa avait déjà oublié ce qu'elle était venue faire au lac ainsi vêtue, et aurait pu observer le lac encore longtemps si Amaëlle ne le lui avait pas rappeler.


« Au fait… tu te rappelles des paroles ? »

Au début, la fillette aux cheveux noirs leva un sourcil, l'air interrogateur. Puis la mémoire lui revint et cela se vit sur son visage. Sa bouche s'arrondit pour former un "oh" à peine chuchoté, et ses yeux gris s'ouvrirent en grand. Bien sûr qu'elle se rappelait des paroles : elle s'était entraînée pendant des jours pour les apprendre par cœur et ne pas se tromper une seule fois. Ce qui au départ n'était qu'une blague, un défi suite à un jeu auquel elle avait perdu était devenu quelque chose d'important pour elle.
En revanche, elle ne savait pas trop si elle devait commencer ou attendre un quelconque signal de la part de sa complice. Ni si elle devait démarrer par le début, ou entamer directement au refrain...


"Bien sûr... Tu es prête, on y va?"

Puis, comme à son habitude, elle n'attendit pas la réponse ni de savoir comment faire. Elle se tourna face au lac et entama alors de sa petite voix :

"Ariel, écoute-moi! Chez les humains, c'est la pagaille! La vie sous la mer, c'est bien mieux que la vie qu'ils ont là-haut sur terre! Le roseau est toujours plus vert, dans le marais d'à côté! Toi t'aimerais bien vivre sur terre, bonjour la calamité! Regarde bien le monde qui t'entoure, dans l'océan parfumé. On fait carnaval tous les jours: mieux, tu ne pourras pas trouver!"


Enfin, comme pour accompagner sa chanson, elle agrémenta les paroles de quelques pas de danse plus ou moins... aquatique. Elle enchaîna avec des petits mouvements dignes d'une vahiné... une vahiné qui n'aurait aucune souplesse.

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L'avait-elle déjà dit ? Amaëlle aimait bien Tessa : elle était drôle et spontanée, insouciante, c'était agréable de passer quelques temps en sa compagnie. D'ailleurs, elle, elle ne semblait pas se poser trop de question à propos des "qu'en dira t-on ?", elle s'était mise à chanter en se dandinant allègrement, dans une très belle imitation de Polochon d'après le point de vue de la petite verte. Bon certes elle était plutôt en train d'imiter un robot grippé, mais après tout déjà elle faisait l'effort de danser, ce qui était en soit déjà admirable, et la petite préfète qui n'était pas calée en danse trouvait cela raisonnablement bien fait, dans la mesure où elle n'avait aucune idée de la façon dont dansait un poisson.
Peut-être que si elle avait mieux travaillé en Sortilège elle aurait pu s'appliquer un Têtenbulle et plonger vérifier tout de suite si Tessa faisait les choses correctement mais en réalité ça n'était peut-être pas utile, et puis de toute façon dans l'état actuel de ses révisions elle était absolument incapable de lancer un Têtenbulle en ayant la certitude qu'elle ne se noierait pas deux minutes après avoir plongé. Ce qui en soit n'était pas souhaitable non plus.

Aussi la jeune fille se contenta t-elle simplement de sourire avant de se diriger vers sa camarade en sautillant, envoyant au diable les plausibles et plus que probables regards, avant de joindre sa voix à celle de sa cadette. N'en ayant rien à faire du fait qu'elle chantait sans doute faux, comme son frère lui avait répété de nombreuse fois alors qu'elle chantonnait dans la maisonnée, elle s'amusa à varier sa voix en fonction des phrases, jouant un jeu de question réponses avec Tessa, courant autour du Lac en chantant, s'amusant en fait. C'était une belle journée dont elle se souviendrait c'était certain. Et peut-être bien que ceux qui observaient se souviendraient aussi longtemps de ses deux petites filles riantes aux joues rosies qui chantonnaient, criaient, déformaient, une chanson moldue à l'origine chantée par un crabe de dessin animé avec un accent ridicule. Oui vraiment c'était une belle journée.


♫ ... C'est frénétique, c'est fantastique !
On est en transe, faut qu'ça balance
Sous l'océan ! ♪

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