Lac

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Trop précieux pour être perdu  PV 

Emmitouflé dans une cape bien chaude qui le protégeait du froid, Louis marchait tranquillement autour du lac, qui le fascinait. Nous étions en plein après-midi, sous un temps ensoleillé, mais un peu froid malgré tout. Il regardait l'eau miroitante bouger paisiblement à l'aide du vent. Cela était d'autant plus beau à l'aide du soleil, qui envoyait ses rayons dessus. C'était, à vrai dire, le parc qu'il avait traversé dans une barque, maintenant qu'il y pensait, et c'est dans ce lac qu'il y avait, d'après de nombreuses rumeurs, un gigantesque calmar qui rattraperait les pauvres petits sorciers qui seraient malencontreusement tombés à l'eau, en dehors de leur barque, pour les remettre dedans ensuite. Et oui ! Même pas pour les dévorer comme on l'entendait souvent dans les histoires ! Juste pour les sauver. Cette vision des choses rassurait Louis qui sourit, bien que, malgré tout, il était très insouciant des véritables dangers qui pouvaient se terrer au fond de ce lac. Mais à la berge, il était en sécurité, au moins.

* C'est tout de même calme, ici... * songea-t-il.

Il mit ses deux mains dans des pans de sa robe, pour les réchauffer un peu, quand il sentit soudain, à sa main droite, un contact léger, doux, bref, splendide. Fronçant les sourcils, ayant déjà oublié ce qu'il avait mit dans cette robe de sorcier, il sortait l'étrange objet et fit face à un épais morceau de tissu, qui semblait avoir bravé le temps, mais qui était malgré tout propre et doux. Ce tissu était d'une couleur bleu ciel, ce qui la rendait douce aussi, au regard, tandis que le vent le fouettait violemment. Louis regardait l'objet, émerveillé. Il était en fait face à son doudou, qu'il avait gardé depuis sa plus tendre enfance. Cela semblait stupide, pour un jeune garçon de 11 ans, mais l'esprit imaginatif du garçon, et ses pouvoirs qui intervenaient par-ci par-là durant sa vie moldue, faisait qu'il avait peur de tout et qu'il avait un esprit très imaginatif, ce qui donnait naissance à de multiples cauchemars. Or, il y avait ce beau doudou, qu'il avait eu dès sa naissance. Ce doudou, étrangement, éloignait les cauchemars, et il suffisait qu'il passait une nuit sans lui pour que les cauchemars reviennent. Ainsi, même à 11 ans, Louis avait encore très peur des cauchemars, et il ne pouvait pas se séparer de cet objet, qui le protégeait, la nuit.

Soudain, une bourrasque de vent plus violente secoua Louis qui, prit au dépourvu, tomba au sol et lâcha le doudou qui se fit emporté par le vent. Totalement paniqué, Louis se dépêcha de se lever et de partir à la poursuite de son doudou quand il s'arrêta soudain; il se trouvait face au lac, et le doudou se dirigeait vers le centre.


« NON ! »

Désespéré, il tomba à genoux le sol, ne pouvant que voir, d'un regard désespéré, le doudou tomber à l'eau, pile au centre du lac. Il imaginait sa vie sans lui, même s'il n'était pas d'une si grande importance, étant donné qu'il avait 11 ans, sauf peut-être pour l'accompagner dans des lieux qui l'effrayaient - une habitude de son enfance - comme Poudlard, étant donné qu'il était là depuis très récemment. Il imaginait surtout ses nuits, sans lui, des nuits de cauchemar, et de terreur. L'espace d'un instant, Louis était redevenu le petit garçon solitaire, surdoué et effrayé de 5 ans qui se sentait seul... il avait envie de pleurer, tout simplement.

« Le rêve; le seul paradis qui puisse exister dans ce monde. »

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C'est par une belle soirée de printemps que Meredith decida de sortir prendre l'air. Enfin, elle ne le décida pas vraiment. Elle sortit du château en courant, des larmes fraîches coulants sur son petit visage. La vue brouillée, elle trébucha et s'applatit dans l'herbe humide. Un instant elle resta allongée, en proie à une crise de larmes. Puis elle respira un bon coup, se redressa, et essuya ses larmes avec sa manche. Non. Meredith était forte. Elle ne devait pas se laisser aller. Pas déjà, alors au'elle était à Poudlard depuis seulement cinq semaines. Et elle n'allait pas non plus se laisser faire par les plus grands. Ni par les Gryffondor, ni par personne d'autre. Il fallait que la Poufsouffle se ressaisisse, et redevienne la Meredith d'avant. La guerrière au tempérament de flamme.

*Mais ce n'est pas le bon moment pour ca*, pensa-t-elle.*Demain je m'y mettrai, c'est promis.*

Ainsi reprit-elle sa marche, ne pouvant cependant s'empêcher de tremblotter des épaules. Car là bas, dans le couloir, deux filles de Gryffondor étaient venues la voir et lui avaient jeté quelque chose dessus. Elle ne sentait alors plus très bon. Mais elle remerciait Melpomene Minos, deuxième année à Serdaigle, de lui avoir montré la fleur parfumeuse. Alors Meredith sentait de nouveau bon, même plus qu'avant, mais ce n'était pas pour lui remonter le moral. La petite se demandait pourquoi on s'en prenait à elle, qui n'avait jamais fait de mal à une mouche.

*Sans doute justement pour ca* , en conclut-elle.

Remuant de sombres pensées à l'encontre d'elle même, ses pas la portèrent près du lac.
Elle apercut alors, sur la rive opposée au château, quelqu'un tomber à genoux. Elle entendit aussi un faible "Non !" porté par le vent frais du soir. Mérédith hésita un instant, observant la silhouette. Qui ne se relevait pas. Alors Meredith se mit à courir, courir, jusqu'à ce qu'elle atteigne la personne.
C'était un garcon de Serdaigle, blond, portant de petites lunettes. Et elle se rendit compte qu'elle connaissait ce garcon. Et elle rougit.


"Louis ?!"

La Flamme de Loyauté jamais ne vacille ni ne s'efface

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Alors que Louis regardait, le regard désespéré et semblant presque prêt à pleurer, le garçon, n'ayant pas entendu les bruits de pas venant d'une certaine connaissance non loin de lui, il entendit une voix l'appeler par son prénom. Il reconnut la voix et, gêné, son sang se glaça tandis que son coeur cessa de battre. Il reprit possession de lui même et, rapidement, il bondit sur ses pieds, se retrouvant debout devant la personne qu'il avait reconnu de par la voix; cette personne n'était autre que Meredith, une Poufsouffle qu'il avait récemment rencontré grâce à Melpomène Minos, qui l'avait carrément kidnappé (comme toujours) dans les couloirs pour lui faire une visite guidée. Mais malgré tout... il était heureux qu'elle ait fait ça. Sinon, il n'aurait jamais rencontré Meredith.

Gêné, le garçon remonta ses lunettes sur son nez, comme toujours quand il était angoissé, et baissa les yeux, semblant presque intimidé face à la Poufsouffle.


« Oh, euh... S... salut... Meredith... »

Il déglutit, se demandant s'il avait vu la catastrophe qu'il avait vécu. Bien sûr, Meredith ne pouvait savoir si cet objet était si important à ses yeux. Au pire, elle pourrait croire qu'il s'amusait à polluer ce si beau lac, bien que dans un sens, il espérait qu'elle ne croirait pas cela. Louis est un grand amoureux de la nature ! La détruire ne ferait que d'arracher son coeur. Mais la vérité était si gênante... Remarque, comment récupérer son précieux... doudou ?... C'était un vestige de son enfance et, rien qu'au fait de penser qu'il serait sans lui ce soir, soumis à ses plus terribles cauchemars et craintes, il en avait peur...

* J'espère malgré tout qu'elle n'a rien vu... *

Il avait déjà vu sa nature de "fragile" dans les couloirs, étant asthmatique quand il se laissait emporté par son angoisse, alors ce n'était vraiment pas le moment de lui prouver à quel point il était un gamin !

« Le rêve; le seul paradis qui puisse exister dans ce monde. »

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Louis Slyfield, ayant à son tour reconnu Meredith, bondit sur ses pieds pour se plenter face à la fille. Il balbutia un "salut Meredith" et baissa les yeux sur ses pieds. Il n'était décidement pas très bavard... Meredith vit qu'il avait un peu rougit, et ses cheveux blonds et soyeux semblaient un petit peu...humides de sueur.

"Qu'est ce qu'il se passe, Louis ?demanda-t-elle alors,Je t'ais entendu crier et tu n'as pas l'air d'aller bien...C'est une autre crise d'angoisse c'est ca ?"

Le soleil faisait miroiter l'eau qui ondulait avec grace, et le vent faisait secouer les feuilles des arbres. Meredith faisait tout pour regarder ailleurs, et éviter le regard des deux choses en face d'elle, qui la mêtaient très mal à l'aise. Il y avait bien sûr Louis, qui n'avait pas l'air d'aller bien, et puis...le lac. Elle était beaucoup trop près du bord. Si elle, maladroite comme elle était, trébuchait et tombait dans l'eau...Mais c'était une horreur à laquelle elle ne devait pas penser, si elle ne voulait pas s'évanouir. Oui, telle était la plus grande et contraignante phobie de Meredith. L'eau.

Ce n'était bien sûr pas sans raison. Un jour, quand elle n'avait que six ans, elle s'était promenée avec son cousin, qui en avait alors quatorze, au bord d'un lac comme celui-ci. Meredith revoyait la scène chaque fois qu'elle fermait les yeux. Le cousin lui parlait de Poudlard et elle, fascinée, le regardait et l'écoutait sans se préoccuper de l'endroit où elle mettait les pieds. Jusqu'au moment où elle trébucha et tenta de se ratrapper à son cousin. Celui ci lui sourit un instant, avant de la pousser dans le lac. Meredith ne savait pas nager, et elle n'avait pas pied. Elle se débatit, recrachant de l'eau, suppliant son cousin de l'aider. Celui ci la regardait se démener, les bras croisés, un sourire moqueur sur le visage. Ce ne fut qu'au bout de deux minutes que, Meredith commencant à s'épuiser, Il finit par lui tendre la main pour qu'elle remonte. Une fois rentrés à la maison, le jeune garcon s'était vu recevoir une bonne fessée de la part de son père qui avait tout appris de la bouche de la gamine.

Revenant dans l'instant présent, elle fit de nouveau fasse à Louis et lui dit maladroitement :


"Tu...euh...enfin on pourrait...peut être aller...ailleurs ?

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Le garçon regarda droit dans les yeux Meredith, essayant de paraître tout à fait à l'aise, normal, tranquille, mais tout ce stratagème fut réduit à néant par le simple fait que Meredith l'avait entendu crier. En effet, surprise, elle lui demanda ce qui se passait, en rajoutant qu'elle l'avait entendu crier, en supposant que c'était une nouvelle crise d'angoisse. Louis rougit un peu, gêné qu'elle mette ce sujet sur le charbon. Ce ne pouvait être une crise d'angoisse, sinon il n'aurait pas pu crier, d'autant plus qu'en réalité, il avait son inhalateur dans un pan de sa robe. Il n'allait certainement pas refaire la même erreur ! Quoiqu'il en soit, malgré cela, il vit en ce sujet une belle occasion pour changer de sujet et ainsi lui faire oublier l'objet précieux qui avait quitté ses mains.

« Je... ce ne pouvait pas être une crise d'angoisse... sinon... je n'aurais pas pu crier... »

Il se rendit compte qu'il était un peu stupide parce qu'en fait, il remettait sur le charbon le fait qu'il avait crié. Il parut un peu gêné mais fit comme si de rien n'était, espérant qu'elle n'allait pas parler de nouveau de ce qu'elle venait de voir et d'entendre. C'était bien trop gênant et, en fait, Meredith en savait déjà de trop. Bien trop. Pour commencer, il y avait sa timidité. Oh, certes, ce n'était pas un grand timide, sinon il aurait été incapable de parler à Meredith - d'autant plus qu'il sentait d'étranges sentiments envers elle - mais il y avait déjà de ça. Ensuite, il y avait ses crises d'angoisses allant jusqu'à lui faire de l'asthme. Et maintenant, si elle venait à découvrir qu'il avait encore un doudou - et que, de temps en temps, il se promenait avec dehors - il serait juste mort de honte et ridicule. Si elle le découvrirait, leur relation pourrait être tout bonnement finit ! Il serait trop ridicule pour une fille comme elle... Enfin... Il le savait déjà... C'était Meredith qui ne le savait pas.

Toujours est-il qu'il essayait de paraître le plus normal possible mais, étrangement, c'était Meredith qui commençait à être... étrange. Etrange dans le sens où elle ne semblait pas très à l'aise. Pourquoi ? A cause de quoi ? De qui ? Etait-ce lui qui lui faisait cet effet ? Autant que ça ?! Impossible ! Ce devait certainement être autre chose. Sa question, d'ailleurs, paraissait assez suspecte. Elle voulait aller ailleurs, semble-t-il. Pourquoi ? Il fronça les sourcils, mais il n'était pas vraiment d'accord. Il aurait, certes, bien voulu partir avec elle ailleurs, mais il y avait encore son si précieux objet coincé au milieu du lac. En passant, il tourna légèrement la tête et regarda vers sa direction. Il voyait encore le petit corps de son meilleur ami, dans l'eau, en plein milieu du lac. Ce fut à son tour de paraître gêné. Il ne voulait surtout pas s'éloigner, de peur qu'il plongeait dans l'eau et disparaissait à jamais. Que pourrait-il faire ? Aucune idée. Il connaissait bien quelques sortilèges primaires mais... Etait-ce suffisant ? Et était-il assez bon en sortilège pour le ramener ici ? Et puis déjà, il fallait le sortilège !

En tout cas, maladroitement, il essaya de donner une réponse.


« Euh... ben... je... euh... pourquoi ?... Je... on n'est... euh... pas bien, ici ?... »

Il commença à danser sur ses pieds, ne pouvant s'empêcher de lancer quelques regards en direction du centre du lac, au point que cela pouvait en devenir visible. Mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il fallait qu'il vérifie si son doudou était encore à la surface et... combien de temps il lui restait. Qui sait si d'ici quelques minutes le doudou, imbibée d'eau, n'allait pas couler ou se faire dévorer par un quelconque poisson ou autre créature mystérieuse ?

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Meredith, de plus en plus mal à l'aise, commencait à devenir pâle. Très pâle. Ignorant la remarque du garcon signifiant que ce n'était pas une crise d'angoisse, elle décida de fixer néanmoins son regard sur lui, et plus spécifiquement sur ses yeux. Ses beaux yeux bleus derrière ses lunettes...Cela l'appaisa un peu jusqu'à ce que Louis pose son objection à partir, avec un petit froncement de sourcils qui plus est. La respiration de Meredith s'intensifia, tendis qu'elle se mit à trembler commme une feuille. Elle n'avait jamais fait de crise d'angoisse ou d'asthme comme lui mais ce n'était pas cela. C'était la panique, la pure et simple panique. Meredith voulait s'enfuir, le laisser et courir jusqu'au château où elle serait en sécurité...Mais cela lui était impossible, evidemment. Elle ne pouvait pas laisser son ami dans cet état. Il ne cessait de jeter des coups d'oeil vers le lac, se balancant d'un pied à l'autre, et Meredith dû faire tout son possible pour fermer les yeux et eviter de suivre son regard. Sa respiration sacadée, quoi que silencieuse, ne l'aidait pas á reprendre ses esprits. Au bout d'une miute, n'y tenant plus, elle ouvrit les yeux et suivit le regard de Louis.

Tout ce qu'elle vit d'abord, ce n'était que de l'eau. De l'eau dangereuse, qui lui serait mortelle si elle tombait dedans. Puis, elle finit par remarquer quelque chose, au beau milieu des eaux calmes. Un carré de tissu, bleu ciel, mais elle n'en était pas certaine à cause de la distance. Meredith referma vivement les yeux, et se mit à réfléchir.

Louis regardait ce morceau de tissu. Il avait crié. Il y avait du vent cet après midi. Il paniquait un peu aussi. Et il rougissait.
Toujours les paupières fermée, Meredith demanda d'une voix tremblante :


"L...Louis, ce...cette chose est à toi ?"

Quand elle rouvrit une fois pour toute les yeux, pour voir la réaction du Serdaigle, tout autour d'elle se mit à tanguer dangereusement et elle dut se ratrapper à un arbre proche pour ne pas tomber. Encore une fois. Dans le trépas, et l'eau tueuse du lac.

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Louis regardait d'un air assez suspicieux Meredith, malgré son anxiété et le fait qu'il soit énormément gêné. En fait, Meredith semblait étrangement mal à l'aise, très mal à l'aise. Ils avaient beau se connaître depuis très récemment, Louis ne pensait pas que Meredith était ainsi. En fait, elle la voyait comme quelqu'un de fort, comme elle l'avait été dans les couloirs, quand Melpomène et Amaëlle se confrontaient et avaient bien faillit se battre en duel, pas comme lui qui était dans son coin en train de limite étouffer. Mais là, elle semblait tout sauf fort. On pourrait même dire qu'elle est faible, tout simplement. Mais pourquoi ? Il pensa, l'espace d'un instant, que c'était lui le responsable de cet effet. Rien qu'à y penser, le garçon en rougit énormément et remonta ses lunettes sur son nez, en rejetant ce genre de pensée.

Après son petit moment de réflexion, Meredith prit la parole et lui demanda si cette "chose" - ce n'est pas une "chose" !! - était bien à lui. Mais en fait, il ne faisait guère attention à la question de la Poufsouffle. Quand il la vit se rattraper in extremis à un arbre comme s'il était sur le point de s'évanouir, Louis eu le réflexe de faire un pas en avant et de s'approcher d'elle en tendant les bras, comme prêt à la rattraper en cas de problème.


« Meredith ! Ça ne va pas ?! Que t'arrive-t-il ? »

Stupéfait, il fit un geste pour aider la fille à rester droite, se demandant décidément ce qui l'arrivait. si c'était lui qui faisait cet effet, alors dis donc... Il ne pensait pas qu'il attirait autant les filles ! Mais, de nouveau, il rejeta ce genre de pensée en secouant légèrement la tête, avant de chercher une explication plus raisonnée. Il ne pensait pas au lac, à vrai dire. Pour lui, un phobique de l'eau n'avait rien à craindre sur terre, même à côté d'un lac, ce qui faisait, du coup, qu'il n'avait pas supposé ce genre de troubles. Toutefois, il pensait que la jaune et noir était probablement malade, et rester malade dehors était tout sauf bon.

Il réfléchit un instant et regarda son doudou, au loin, qui, s'ils ne se dépêchaient pas d'aller le chercher, allait probablement couler. C'était un cruel dilemme qui s'emparait de lui. Il avait le choix entre sauver deux personnes: Meredith, ou le doudou. Ça avait l'air d'être un dilemme en l'apparence facile à résoudre. En revanche, pour Louis, c'était une torture. Ce doudou l'avait accompagné durant toute sa vie ! Tandis que Meredith l'avait suivit durant que... quoi ?... quelques heures à peine ?... Il se pinça la lèvre inférieure avant de fermer les yeux, et de se dire avec courage ce qui allait, il croyait, condamner à mort son doudou.


*J'ai beau aimer mon doudou... Je ne resterais pas avec lui toute ma vie... Tandis que Meredith...*

Il stoppa ses pensées, gêné, et décida enfin de réagir. Il regarda le visage presque faible de Meredith, avec crainte pour elle, profonde crainte. Il se demandait si c'était grave au point qu'elle pourrait s'évanouir soudainement.

« Tu es malade ? Nous devons aller à l'infirmerie d'urgence ! »

Sans même chercher à avoir une réponse, il essaya de tirer Meredith vers le château. Il avait la force d'un poussin, et il était fort possible que si Meredith n'était pas consentante, alors il finirait par terre. Décidément, la puberté n'avait pas encore décidé d'intervenir au corps du jeune garçon...

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A travers ses yeux fermés, le monde autour de Meredith continuait de tanguer. Tout ce à quoi elle pouvait se raccrocher, c'était cet arbre à l'ecorce dure qui lui servait de point d'appuis. Elle entendit la voix de Louis qui, paniqué devant sa réaction, avait dû faire un pas en avant (vu le petit froissement d'herbe qu'elle avait pu percevoir). Mais, trop paniquée pour comprendre ce qu'elle disait, cela ne rassura pas la blairette. Etrange, d'ailleurs. Vu le nouveau lien entre eux deux, sa voix aurait dû la rassurer. Au lieu de cela, elle se sentit idiote. Elle qui avait été si forte dans les couloirs, voilà qu'elle se laissait aller comme cela à la panique. Mais toutes les persuasions du monde, par exemple le fait de declancher une autre crise d'angoisse à Louis (elle était la cause de la première...), ou de passer pour une faible petite Poufsouffle de première année, ne parvenaient pas à l'appaiser.
De nouvelles larmes toutes fraîches se mirent à couler sur ses joues rosies par le vent. Et la proposition de Louis intervint alors. Il lui proposait d'aller à l'infirmerie. Et le flot de larmes s'intensifia. A la base, c'était lui qui avait besoin d'aide, et voilà qu'il s'apprétait à mettre son problème en suspend rien que pour l'aider ! Pendant une seconde, elle fut tentée, terriblement tentée, de le suivre. Mais la pression qu'il exerca alors sur sa main la ramena à la réalité.
Elle ne pouvait pas le laisser faire. Il était beaucoup trop gentil pour qu'elle ne le soit pas en retour. Alors, au lieu de se laisser entrener, elle se laissa glisser au pied de l'arbre, toujours les yeux fermés, et les vertiges cessèrent un peu. Elle garda tout de même la main du Serdaigle dans la sienne. En guise de bouée de sauvetage dont elle avait plus que besoin.
Cette scene lui rappelait profondemment leur escapade (accidentelle, bien sûr) dans les sous-sols du château. Où Louis Slyfield s'était laissé aller à terre, en proie à la panique. Et Meredih, sa nouvelle amie, l'avait rassuré et calmé. Cette fois ci, elle esperait que le garcon en ferait de même. Elle esperait aussi qu'il devinerait par lui-même l'objet de sa panique, qu'elle n'ait pas à le dire à voix haute. C'était suffisemment embarassant comme ca.


Heu...Non...non, ca va aller...dit elle, le souffle court.Ca ira mieux quand...plus tard. Raconte moi, Louis...Dis moi...ce qui ne va pas...Parle moi de quelque chose...

Les cheveux roux de la Poufsouffle lui tombaient en rideux autour d'elle, et le fait de les sentir lui chatouyer le visage la rassura interieurement. Une barrière de plus entre elle et...l'eau. Interrieurement, bien sûr, car elle était toujours aussi mal en point par rapport à sa respiration et ses vertiges. Ajoutez à cela son embarras, et c'était le gros lot !

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Evidemment, ce fut impossible pour le jeune garçon de déplacer la fille, qui ne voulait décidément pas quitter cet endroit et ne voulait pas aller à l'infirmerie. Pourtant, il était clair qu'elle n'allait pas bien du tout. Louis essayait de faire le lien entre différents indices éventuels, mais c'était difficile. Avait-elle de la fièvre ? Les symptômes d'une éventuelle grippe ? Louis aurait bien fait son docteur de comptoir pour vérifier cela, mais ce n'était peut-être pas le moment... Quoiqu'il en soit, la fille lui dit que ça ira mieux plus tard. Louis ne savait pas ce qu'il devait faire. Et si c'était plus grave que ce qu'il pensait ? Il prenait un risque en ne l'emmenant pas à l'infirmerie...

* Bon... J'imagine que je ne pourrais pas lui faire changer d'avis, donc... *

Il lâcha finalement la manche de la jeune fille, à contre coeur, et écouta ce qu'elle avait à dire. Elle lui demanda ce qu'il n'allait pas, car visiblement, oui, il n'allait pas bien. Il rougit un peu, ayant l'air très gêné. Il se demandait s'il devait vraiment lui dire ce qu'il venait de lui arriver. Devait-il lui parler de son précieux doudou, comme ils appelaient tous son morceau de tissu ? Il déglutit, avant de se dire qu'il pouvait juste préciser qu'il avait perdu un objet précieux... Pas forcément dire que c'était un foulard de son enfance ! Cela devrait calmer sa curiosité, du moins l'espérait-il.

« Un... objet précieux... s'est envolé à cause du vent... Là bas... Au centre du lac... Sur l'eau... »

Il déglutit avant de se concentrer plus en détail sur le visage de Meredith. Se souvenant, soudainement, de ce qu'elle lui avait dit la dernière fois ("tu devrais sourire plus souvent"), le jeune garçon se força à faire un timide sourire vers la fille.

« Mais ce n'est pas très grave, je... »

C'st à ce moment là qu'il vit finalement qu'il y avait comme un rapport avec l'eau. En effet, la jeune fille ne cessait de lancer des regards apeurés en direction de l'eau, ou quand elle ne regardait pas vers le lac, elle faisait tout pour fuir cette magnifique vision. Louis fronça les sourcils, se demandant pourquoi elle agissait ainsi. Etait-ce une créature qui se trouvait dans le lac, duquel il n'était pas au courant ? Non, impossible. Elle lui en aurait fait part, pour sa sécurité. Qu'est ce que cela pouvait être d'autre ?... Il comprit finalement au bout de quelques dizaines de secondes de réflexion, écarquillant les yeux avant de dire;

« Tu... tu as peur de l'eau ?... »

Louis connaissait plus ou moins ce genre de frayeur. Autrefois, il pensait qu'il était aquaphobe, car il avait peur de sauter dans l'eau. En fait, ce n'était pas vraiment de l'aquaphobie, mais plutôt une forme de vertige, étant donné qu'il a finalement réussi à apprendre à nager. C'était d'ailleurs une très bonne chose pour lui ! Il se sentait beaucoup mieux, vis à vis de l'eau.

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Le jeune Louis Slyfield sembla s'avouer vaincu lorsqu'il lâcha la manche de Meredith. Celle ci n'en fût d'ailleurs pas enchantée, car il lui retirait de ce geste la protection de sa main fraîche. Mais ce n'était qu'un infime élément parmi tant d'autres. Alors, Meredith se concentra sur les sons qu'elle entendait. Finalement, la voix du Serdaigle était plus rassurante et apaisante qu'elle ne l'aurait cru. Petit à petit, pendant que Louis lui expliquait pourquoi il avait crié, elle ouvrit les yeux, en clignant les yeux de manière frénétique. Louis lui expliquait qu'il avait perdu un objet précieux au centre du lac. Et Meredith le vit, et elle comprit. La chose qui se trouvait au centre de l'eau (Meredith se remit à frissonner en y pensant) ressemblait à un tissu. Rien de plus certain aux yeux de la Poufsouffle. Ensuite, Louis sourit. C'était tellement beau, tellement apaisant ! Lui qui avait écouté Meredith et lui avait de nouveau souri, comme dans les cachots quelques jours plus tôt ! C'est ce qui décida la Poufsouffle à se montrer courageuse, et à se calmer. Louis, de son côté, parut très étonné. Il réfléchissait. Meredith pouvait presque voir d'ici les rouages se mettre à tourner dans son crâne. Et un Eurêka. La découverte d'une solution.

"Tu...tu as peur de l'eau ?

Et lentement, pour ne pas paraître plus idiote qu'elle ne l'était déjà, Meredith hocha la tête. La voix de Louis avait finalement réussi à l'apaiser et elle se concentrait dorénavant sur ses yeux d'un bleu profond, beaucoup plus agréable que le liquide qui se trouvait derrière lui. La respiration de nouveau calme, seul son cœur continuait de battre à la chamade, pour deux raisons apparentes.

"C'est...c'est un peu compliqué. Et puis...l'histoire est un peu trop longue."

Et puis Meredith baissa légèrement les yeux vers l'herbe fraîche avant d'ajouter:

"C'est ça, vas y, rigole...Je sais bien que c'est ridicule..."

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Le jeune garçon haussa un sourcil. L'histoire était si compliquée que cela ? Il était vrai que, Louis le savait, les diverses phobies telles que l'aquaphobie pouvaient être notamment présentes de part un traumatisme. Mais il n'y avait pas que cela ! Généralement, c'est le cerveau qui exagère. La phobie est provoquée par le fait que le cerveau juge qu'une situation - comme la présence de l'eau - était dangereuse. Ainsi, il fallait donc éloigner le corps humain de cette source de danger. Et la seule solution que le cerveau avait pour éloigner le corps hors de cette source de danger, c'était en faisant peur à la personne. C'est ainsi que l'on parle de phobie. La personne, ressentant cette peur soudaine vis à vis de l'eau par exemple, se met à tout imaginer; une personne derrière elle pour la passer dedans, une créature qui l'emmène à l'eau... Bref, n'importe quoi. Louis avait apprit cela en lisant des livres. Mais en revanche, le cas de Meredith ne semblait guère le cas d'une phobie naturelle... En effet, la fille parlait d'histoire longue et compliquée...

*C'est donc un traumatisme...*

Cela attisa quelque peu la curiosité de Louis, qui aurait bien aimé savoir ce qui avait causé une telle peur de sorte qu'on dirait que la pauvre Meredith allait s'évanouir. Où était passé la forte Meredith qui l'avait défendu dans les couloirs ? Cela le fit légèrement sourire en y pensant. Pas sourire de moquerie, ou quoi que ce soit, mais... De tendresse, semble-t-il. Oui, de tendresse. Cela montrait combien une personne pouvait être à la fois dure, pour protéger ses amis, et à la fois si sensible...

Le cerveau du jeune garçon remuait ses ménages. Si l'on pouvait voir l'intérieur, on verrait certainement des centaines de petits rouages s'activer. Il jeta un coup d'oeil vers le lac, jetant un regard vers son doudou, avant de regarder à nouveau Meredith. Il avait bien une idée mais... Cela impliquait le fait que Meredith allait voir son objet si précieux... Il haussa par ailleurs un sourcil, quand la fille lui demanda de se moquer d'elle. Ce n'était et ce ne sera jamais le comportement de Louis.


« Je ne vois pas pourquoi... Aucune peur n'est ridicule. »

Il sourit à nouveau d'un air bienveillant. Il était heureux d'aider quelqu'un. Hésitant, il regarda une dernière fois en direction du lac quand il vit une barque. Il se sentit comme face à un dilemme... Il ne pouvait guère laisser Meredith seule, mais pourtant, il devait bien aller chercher son précieux doudou ! Que faire, alors ? Il y avait bien une autre alternative mais... Oui ! Emmener Meredith avec lui ! Ce serait difficile, et peut-être dangereux, risqué, pour elle, mais au moins, il pourrait l'aider à affronter sa peur de l'eau ! Louis était aussi nerveux. Il n'était pas spécialement aquaphobe, mais il était néanmoins un tantinet nerveux. Un faux mouvement, et la barque pouvait percuter on-ne-sait-quoi et être percée, ce qui les feraient couler à l'eau... Mais il devait certainement y avoir des protections, pour les pauvres élèves chutant à l'eau. Depuis qu'il était à Poudlard, il n'avait jamais entendu de personnes mortes noyées, ici... Et d'ailleurs, il préférait ne pas poser la question !

Il se tourna vers la Poufsouffle.


« V... viens avec moi ! »

Ayant l'air un tantinet ambiguë, le garçon déglutit et enveloppa la main de Meredith entre ses deux mains, comme pour la lui réchauffer, la rassurer.

« Viens avec moi sur cette barque... Nous irons récupérer ce que j'ai perdu et... Je pourrais t'aider à affronter cette peur... »

Il fit un sourire rassurant, gentil, sage, et, voulant lui donner une nouvelle bonne raison pour la fille de le suivre, il ajouta;

« Je te protégerais quoi qu'il arrive... On sera en sécurité sur cette barque, tu verras... »

Il commença à la tirer doucement vers lui, pas trop fort, de sorte qu'elle puisse y résister si elle tenait à rester sur la terre ferme. Il espérait que ses arguments lui permettrait de le suivre. Il était persuadait qu'elle pouvait affronter sa peur, voir mieux encore, la vaincre...

« Le rêve; le seul paradis qui puisse exister dans ce monde. »

Trop précieux pour être perdu  PV 

"Je ne vois pas pourquoi...aucune peur n'est ridicule"

De nouveau, cela était si gentil, si attentionné ! Meredith sentit son cœur fondre dans sa petite poitrine. Et bien quoi ?! N'oublions pas qu'elle n'avait que onze ans ! Enfin bref. Louis avait haussé un sourcil, le rendant encore plus attachant qu'il ne l'était déjà. Puis ses yeux se voilèrent dans la réflexion.

*Eh bien, il n'est pas à Serdaigle pour rien ! Il ne fait que réfléchir depuis que je le connais !*pensa Meredith, amusée.

Il se tourna à nouveau vers la jeune fille et lui déclara que le monde s'effondrait. En tout cas, c'est ce que ressentit la Poufsouffle quand il lui demanda:

"Viens avec moi !"

L'air hébété, Meredith se laissa prendre la main. Elle était de nouveau devenue toute pâle, et elle regarda leurs deux mains entrelacées, comme ci elle ne pouvait pas le croire. Elle écouta d'une oreille distraite les prochaines paroles de Louis. Il lui demandait de venir avec lui. Sur une barque ! Sur...l'eau !Meredith déglutit avec difficulté avant de lui jeter un regard implorant. Incapable de l'articuler, elle pensa de toutes ses forces, en espérant que Louis puisse lire dans ses pensées:

*Pitié, ne m'emmène pas là-bas ! Ne m'oblige pas ! Je...je...*

"Je ne veux pas mourir !"

Elle avait lâché cette dernière phrase de manière involontaire. Elle n'avait jamais eu l'intention de se rendre plus folle et plus peureuse qu'elle ne l'était déjà aux yeux de son ami. Mais la vie était dure. Cela aurait été trop facile si elle avait pu revenir deux secondes en arrière. Louis continuait:

"Je te protégerais quoi qu'il arrive...On sera en sécurité sur cette barque, tu verras..."

"Je te protégerai quoi qu'il arrive..." "Je te protégerai quoi qu'il arrive..." Ce fut cette phrase qui hypnotisa Meredith. Ces mots qui la décidèrent à se laisser faire quand Louis dira sa main. Elle se releva doucement, les yeux plongés dans le regard de Louis. Elle se laissa conduire jusqu'à la petite embarcation qui était amarrée un peu plus loin. Accrochée de toutes ses forces à Louis, elle y grimpa, et le garçon détacha la corde. C'est là que la peur, non, la phobie de Meredith reprit le dessus. Elle se mit à trembler comme une feuille, en silence. Elle se concentra sur sa respiration, rapide, et sur les yeux de Louis. Elle tentait d'oublier le fait qu'elle se trouvait sur...même cela, elle n'avait pas le droit de le penser. Tout ce qui comptait, ce devait être Louis. La seule chose qui devait exister.

La Flamme de Loyauté jamais ne vacille ni ne s'efface

Trop précieux pour être perdu  PV 

La jeune fille semblait tétanisée à l'idée de devoir monter sur cette barque, sur ce lac, sur cette immense étendue d'eau. Louis le comprenait, déjà qu'elle était phobique, mais en plus, si elle chutait, cela pouvait se révéler dramatique... surtout si on ne savait pas nager. Ce qui devait certainement être le cas pour Meredith. Mais elle accepta finalement de l'accompagner et de le suivre, main dans la main. Louis souriait, comme pour l'encourager et la rassurer. Au fond de lui, il espérait que tout se passerait bien. Ce n'était vraiment pas le moment d'approfondir le traumatisme...

* Tout se passera bien... Tout se passera bien... *

Il aida la jeune Poufsouffle à monter sur la barque, branlante, sur l'eau. Il voyait bien qu'elle était tétanisée, mais il faisait tout pour garder le contact visuel avec elle, pour qu'elle ait une image rassurante. Il s'efforça de garder son calme et de sourire, détachant la corde qui reliait la barque à la terre ferme et soufflant un bout coup avant de sauter sur la barque, après l'avoir poussée. Il était nerveux. Aussi bien pour son doudou que parce qu'il mettait la vie de la fille entre ses mains. Il prit le plus adroitement possible les deux rames dans ses mains, en gardant le contact visuel avec la pauvre fille.

« Ne t'en fais pas... Sitôt nous aurons mon... objet... sitôt nous serons sur la terre ferme. »

Il redressa se lunettes sur son front et, de toute ses forces, il chercha à bien ramer afin de faire avancer la barque. C'était difficile, surtout pour Louis, qui n'avait pas un physique d'athlète, mais il parvenait à faire avancer la barque, peu à peu, vers le centre du lac. Il souriait à Meredith, en essayant de se concentrer sur elle et la direction vers laquelle il devait aller. Il ne devait pas se déconcentrer.

Soudain, une violente bourrasque de vent fit s'ébranler avec violence la barque. Louis vit avec horreur Meredith passer par dessus bord, tombant à l'eau, tandis que lui parvient à s'accrocher à un des côtés de la barque, afin de rester en sécurité dedans. Dans un violent "Plouf", la Poufsouffle tomba à l'eau, et Louis relâcha aussitôt les rames pour regarder la direction vers laquelle est tombée la fille.


« MEREDITH ! »

Il commença à sérieusement paniquer. Il ne savait pas nager, ou alors assez peu, d'autant plus qu'il avait quelque peu le vertige, ce qui faisait que l'eau et lui, même s'il n'était guère aquaphobe, ne faisaient guère bon ménage. S'il sautait à l'eau pour sauver Meredith, il était probable qu'il n'y parviendrait pas... et qu'il serait emporté avec Meredith. Il tenta de ne pas imaginer la chose et, sans réfléchir, il se pencha, faisant attention à ne pas tomber, et plongea le visage dans l'eau. Il compta rapidement jusqu'à trois dans sa tête et se força à ouvrir les yeux. N'étant pas habitué à avoir les yeux ouverts sous l'eau, il eut énormément mal. Mais il se força à garder les yeux ouverts pour chercher où était passée Meredith. Il parvient à la voir, pas très loin de lui.

* Il y a encore un espoir... ! *

Il retira son visage et plongea le bras dans l'eau, ouvrant grand la main. Son plan A, c'était que Meredith, si elle l'avait vu, attrape sa main afin qu'il la tire sur la barque. Si elle n'y parvient pas, ou si elle ne le voit pas tout simplement, alors il devra tenter autre chose... La rame, peut-être, mais il aura déjà perdu pas mal de temps, et Meredith finira par s'épuiser. Il resterait donc la solution qui est de sauter à l'eau, bien qu'il ne croyait pas en lui... Mais il préférait encore mourir avec Meredith plutôt que de rentrer au château avec une mort sur la conscience.

« Le rêve; le seul paradis qui puisse exister dans ce monde. »

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Meredith savait qu'elle n'aurait jamais dû accepter. Elle avait eu le pressentiment que tout finirait mal. Mais elle s'était laissée berner par Louis et ses beaux yeux bleus. ET maintenant, la voilà qui se trouvait sur une barque branlante ! Le regard plongé dans celui du garçon dans une expression d’extrême concentration, la jeune fille tremblait de tous ses membres. Ses doigts étaient crispés sur les bords de l'embarcation qui l’éloignait de la sécurité du rivage. Au bout d'un petit moment, voyant qu'il ne se passait rien, elle commença à se détendre et à délier ses doigts. Terrible erreur ! Si elle était restée accrochée, la bourrasque serait passée, Meredith l'aurait sentie, mais les deux première année n'auraient rien ressentit. Ils seraient arrivés près de l'objet, que Louis aurait récupéré, et ils seraient retournés auprès des arbres. Meredith aurait enlacé Louis, toute tremblante, en le remerciant de l'avoir obligée. Elle n'aurait pas été totalement guérie, mais elle aurait pu supporter de rester au bord de l'eau, à ce moment là.
Mais la vie est pleine de défis, et la confiance poussa Meredith à se détendre. La bourrasque fit tanguer la barque en même temps que les cheveux de la rousse qui, volant dans tous les sens, l'accompagnèrent dans sa chute. On entendit un cri perçant de fillette apeurée et prise par surprise, puis le bruit de quelque chose de lourd qui s'enfonçait dans les flots.


*Je vais mourir, cette fois c'est finis.*

L'entrée dans l'eau provoqua chez Meredith un sentiment d'engourdissement. Ses vêtements et ses cheveux trempés l'alourdissaient beaucoup. Elle n'entendait plus rien, ne voyait rien d'autre que de l'eau bleu-vert. La malheureuse n'avait pas respiré au bon moment et le peu d'air qui lui restait s'était échappé dans son cri de désespoir. Ses poumons étaient vides.
Sans savoir comment, Meredith eut un déclic. Le danger était là. Tout près. L'eau l'envahissait de toutes parts. Mais l'eau, ce n'était pas seulement une source de danger. Comment Meredith en vint à cette conclusion dans la panique qui la gagnait, elle ne le sût jamais. Mais, intelligente comme elle était, elle savait que le liquide pouvait aussi l'aider. L'eau la protégeait un peu de la gravité. Elle en venait à ces pensées, battant des bras et des jambes pour tenter de remonter à la surface, quand elle aperçut un cailloux pénétrer dans l'eau.


*Drôle de cailloux*, pensa Meredith en plissant les yeux, sans cesser de se débattre avec force.

Par le plus grand des miracles, Meredith trouva la surface pour une fraction de seconde. Mais elle ne savait évidemment pas nager, et coula aussitôt de nouveau. Entre temps, elle put apercevoir le corps de Louis étrangement positionné. La Poufsouffle aurait pu rire de sa bêtise en d'autres circonstances. Le "cailloux", c'était la tête de Louis ! Ses cheveux blonds flottaient autour de lui et son visage avait des contours flous. La tête disparut d'un coup, et une main floue apparue à la place. Meredith se sentie plus vive. Elle rassembla les dernières forces qu'il lui restait pour tendre le bras. Ses doigts effleuraient ceux, sauveurs, du blondinet. Mais Meredith ne pouvait se rapprocher pour prendre sa main... Le Serdaigle parviendrait il à s'en saisir avnt que l'air de Meredith, déjà faible, ne s'épuise à nouveau ?

La Flamme de Loyauté jamais ne vacille ni ne s'efface

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Le coeur de Louis battait à toute vitesse, menaçant presque de passer au travers de sa poitrine. C'était la première fois qu'il se trouvait face à un danger pareil. Des dangers, il y en a souvent dans la vie de tout les jours, mais quelles sortes de dangers ? Votre mère qui risque de vous gronder parce que vous rentrez tard ? Votre patron qui menace de vous virer ? Non, là, c'était pire ! Il y avait clairement un danger de mort ! Si Louis ratait son coup... Il n'osait tout simplement pas imaginer. Il avait souvent vu, dans sa vie de petit moldu, des films poignants, où les médecins étaient en très grandes difficultés après la mort d'un patient, d'une part parce qu'il est mort, justement, et c'est difficile à accepter, mais surtout parce que c'étaient aux médecins d'annoncer la mauvaise nouvelle à la famille... Si Meredith trépassait, Louis ne saurait pas comment faire pour l'annoncer ne serais-ce qu'à Poudlard. Et le pire, c'est que tout ça serait de sa faute...

Soudain, il sentit des chatouilles au niveau de ses doigts. Il aurait pu peut-être en rire si la situation le permettait. A la place, il bondit littéralement et se propulsa presque dans l'eau, faisant tanguer la barque; c'était Meredith, il était certain. Il fallait vite rattraper la main avant qu'elle ne coule. Dans son bond soudain, il parvint à attraper l'avant-bras de Meredith. Le deuxième problème, c'était d'éviter de couler avec elle. Il se propulsa de l'autre côté de la barque, pour faire contre-poids et éviter de la retourner, tirant Meredith de toute ses forces.


« Alleeeez ! » gémissait-il alors qu'il mettait en oeuvre toutes les forces qu'il avait, des forces dont, dans un passé proche, il n'aurait même pas soupçonné l'existence.

Soudain, il vit le visage, la tête de Meredith sortir de l'eau. Il s'aida de son autre main pour tirer, et quand ses aisselles furent en dehors de l'autre, une de ses mains, il en attrapa une et la tira hors de l'eau avec plus de facilités, s'aidant de son autre main, qui allait sous l'autre aisselle, portant secours à la main précédente. Il parvint enfin à la tirer hors de l'eau. Le réflexe qu'il avait fut de pleurer. Pleurer parce qu'il avait été un imbécile. Déjà qu'elle était phobique de l'eau, maintenant, il pouvait être sûr qu'elle serait traumatisée à vie ! Mais il se retint, avec force. Oui, il devait se retenir. Meredith devait être avant tout rassurée, et ce n'était pas en pleurant que ça allait arranger la chose. Il parvient donc à se maîtriser, gardant son calme, et prit Meredith dans ses bras.

« Oh, Meredith ! Je suis désolé ! Tellement désolé ! Je n'aurais jamais dû t'emmener sur cette barque ! »

Voulant la réchauffer, il retira sa robe de sorcier, malgré le froid environnant, et l'entoura avec. Il la gardait dans ses bras et la câliner, tout en frottant son dos. Si la fille n'avait pas échappée de justesse à la mort, Louis serait surprit d'être aussi câlin avec quelqu'un, et très gêné d'ailleurs. Mais son but, son unique but, était de la réchauffer et de la rassurer.

« Tout va bien... On va retourner à Poudlard... »

« Le rêve; le seul paradis qui puisse exister dans ce monde. »