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Le Soleil et la Lune.  PV AARON J. 

Le printemps avait commencé à pointer le bout de son nez, et le soleil son allié de toujours était également de la partie. En cette après-midi d'avril, les élèves avaient investit le parc, les uns le nez plongés dans les livres préparant leurs premiers examens, les autres le nez en l'air, prenant le plaisir de flâner en toute tranquillité. Vivian se situait dans la deuxième catégorie, elle était en avance sur ses révisions, et n'avait pas spécialement envie de se plonger dans les bouquins avec un temps aussi clair. Il était assez rare dans cette région d'avoir un temps aussi clément en plein mois d'avril et Vivian comptait bel et bien profiter de cela. Le parc était bardé de petits groupes d'élèves qui avaient déjà pris les meilleures places au soleil. De toute façon Vivian n'avait jamais vraiment aimé ,le Parc, tout du moins ce n'était pas son endroit préféré. Elle avait une large préférence pour le Lac qui l'impressionnait par son apparence infinie et les couleurs qui se reflétaient dedans. Tantôt bleutée en hiver, et plus chaleureuses lorsque les beaux jours arrivaient. Son père lui avait souvent parlé de ce paysage, Vivian l'avait cru sur parole mais jamais elle ne s'était douté que le spectacle était en réalité bien plus captivant que les récits de son paternel. Elle s'aperçu avec une surprise non dissimulée qu'il n'y avait presque personne autour du lac, c'est là qu'elle allait élire son havre de paix. Elle posa ses affaires sur l'herbe verdoyante, et s'assit devant le lac, en pleine contemplation. Elle se remémora de cette première année au château. Elle avait été envoyée à Poudlard, comme tous ses ancêtres et avait ainsi, fait honneur à la famille des Darkbloom, célèbre dans le monde des sorciers pour avoir connu des mages illustres ayant tantôt participé à l'innovation, comme ayant investit les marches du pouvoir avec une main de fer. Elle était fière d'appartenir à une telle famille avec une renommée aussi importante. Elle savait qu'en descendant de cette lignée de sang pur, les portes lui seraient toujours ouvertes. C'est ce qui lui avait toujours répété son père qui travaillait actuellement à un haut poste au Ministère dans la section de la coopération internationale. Elle n'avait jamais su ce qu'il y faisait exactement, mais elle savait qu'il avait suffisamment d'importance pour qu'on le reconnaissance dans les rues de Londres et pour n'avoir pas consacré beaucoup de temps à l'éducation de sa fille unique.

Depuis son entrée à Poudlard, elle ne s'était pas vraiment fait d'amis. Non pas qu'elle n'en voulait pas, simplement Vivian avait un tempérament solitaire voir un peu sauvage et laissait difficilement quelqu'un devenir intime avec elle. C'était quelque chose qu'elle n'avait pas apprit à faire. Lorsqu'on passe la majeure partie de son enfance dans la solitude d'un magnifique château, il est difficile d'apprendre à se faire des amis, comme n'importe quel enfant de son jeune âge. A Serpentard, elle était régulièrement accompagnée de deux garçons, plutôt grands pour leur âge. Ils avaient rapidement symapthisé au début de l'année et puis ils suivaient Vivian comme deux chiens de gardes. Ils inspiraient la crainte aux autres élèves, et c'est aussi sûrement pour cette raison que Vivian ne s'était pas vraiment fait une véritablement bande d'amis. Mais elle semblait se complaire dans cette semi solitude. Les deux garçons avaient préférés s'empiffrer dans la salle commune plutôt que de venir profiter du temps majestueux de cette après-midi. Et dans un sens tant mieux, ils n'étaient pas méchants, mais il y avait plus bavards qu'eux et ils étaient parfois peu loquaces. Elle ferma les yeux et apprécia la douce brise de vent qui vint s'infiltrer dans sa chevelure noire ébène. Elle pouvait apercevoir son reflet au bord de l'eau et l'image que le lac lui renvoya ne la surprit pas. Ellle était le portrait craché de son père: un teint hâlé, de grands cheveux noirs qui tombaient en cascade sur des épaules menues, des traits fins, une bouche ronde et des yeux d'un vert éclatant qu'elle tenait de défunte mère. Vivian était de ces beautés troublantes, sur lesquelles les hommes se retourneraient dans quelques années. Soudain, elle aperçu une deuxième silhoeutte dans le lac, qui s'avançait vers elle. Elle fit volte face, un garçon au regard rieur se tenait face à elle. C'était un garçon brun de Poufsouffle, d'une grande beauté qu'elle avait déjà aperçu plusieurs fois en cours. " Aaron Jezequel " pensa t'elle. Il était toujours entouré d'une bande de filles qui gloussait à chacune de ses paroles. Elle avait mainte fois entendu parler de lui, c'était le pitre de service, un garçon drôle et populaire que les filles adoraient et que les garçons admiraient pour son humour ravageur. Contre toute attente, le garçon s'assit à côté d'elle.


" Il n'y a pas assez de place autour de ce lac pour que tu viennes te coller à moi ? " Dit elle sur un ton un peu cassant.

Elle regretta subitement que les deux garçons de Serpentard ne soient pas à ses côtés, avec de tels colosses, il ne se serait sûrement jamais approché d'elle comme ça. Elle fixa le garçon avec curiosité, contre toute attente celui ci souriait. Et ce sourire n'avait rien de narquois ou de condescendant, non c'était un sourire amusé et... bienveillant.
"

"Gloire à Serpentard, le plus grand des 4 de Poudlard ! "

Le Soleil et la Lune.  PV AARON J. 

Ah le printemps. La neige devient gazon, la nature et ses merveilles se réveillent, le soleil sort de sa cachette par sursaut et même la pluie n'est que l'essaim d'un ciel qui pleure de joie. Le sifflement des oiseaux qui s'éveillent d'un long sommeil ou celui de ceux qui reviennent d'un long périple semble vouloir dire aux gens de s'aimer les un et les autres et de chanter en rythme cette saison des amours qui commence. Et pas n'importe quels gens, ici les oiseaux posent le rythme pour les sorciers. Est-ce qu'ils sont meilleurs chanteurs que les moldus ? Certainement que non, même ceux sans pouvoir magique peuvent avoir des ressources cachées, mais les sorciers ont Poudlard. Et vu la taille de ce parc et la beauté qui l'anime, c'est un sacré avantage pour avoir le rythme dans la peau. De ce fait, en cette belle journée d'avril ensoleillée les sourires émerveillaient les visages et Aaron était bien triste parfois que les robes n'étaient faites que de noir, comme si les sorciers ne pouvaient être un peu plus colorés. Car il est bien question d'Aaron en cette belle journée, de lui et de son sourire qui n'a jamais attendu le printemps pour venir, hiver comme été il est aussi heureux, il lui en faut peu, mais quand même le ciel et l'ambiance se prête à l'ivresse d'une joie sans défaut alors il ressemble sans prétention au maître des lieux.

Il était là, à marcher avec sa tête d'enfant innocent, tellement d'ailleurs qu'on aurait envie de le frapper parfois pour voir à quoi il ressemble sans ce sourire enjôleur et ses petits yeux brillants de pureté. En traversant le parc de long en large comme il le faisait, mains dans les poches de sa robe noire, on aurait pu croire que sa fierté l'emportait, que lui aussi se sentait pousser des ailes et qu'il regardait les gens de haut, surtout ceux qui overbookés se devaient de continuer à travailler même par un si beau temps dans un si bel environnement. Mais ceux qui le connaissaient savaient que non, Aaron n'avaient rien de ceux-la. Il était bien trop stupide pour se laisser aller à un semblant de fierté qu'il n'avait pas, c'était simplement un éternel enfant qui s'approchait doucement de ce qu'il adorait : l'eau. Bien sûre, il lui restait aussi quelques devoirs à faire et il aurait été plus sérieux de s'y mettre, mais depuis quand les enfants font-ils preuve de sérieux dans leurs études ? Alors oui, sa maison ne brillait pas beaucoup actuellement et le sablier était assez vide au vu des autres maisons voisines pourtant, Aaron avait déjà bien travaillé en cette première année scolaire et il était déjà très satisfait des quelques optimales qu'il avait rapporté. Il estimait avoir bien mérité sa journée. Et rien de mieux pour un amateur de surf et de natation que de contempler ce lac, immense et magnifique. L'enfant était étonné que si peu de personnes avait souhaité venir l'admirer aujourd'hui, le lac, sa profondeur et ses mystères en effrayaient peut-être quelques-uns. Ce n'était pas une mauvaise chose, Aaron adorait les gens et leur compagnie, mais depuis quelques temps il n'était presque jamais seul, toutes ces filles qui le suivaient l'étonnait quelque peu et cette soudaine popularité était loin de lui aller comme un gant, il ne l'avait pas demandée.


- Il n'y a pas assez de place autour de ce lac pour que tu viennes te coller à moi ?

Quand bien même, il n'était pas du genre à rester seul et son caractère l'avait tout simplement amener dans la bulle de Vivian Darkbloom qui l'avait vu arrivé par son reflet dans le lac. Maligne, la fille. Ce n'était pas un hasard, il s'en était approché doucement lorsqu'il l'avait aperçu au loin. Non pas parce qu'elle était jolie, qu'elle le serait sans doute encore plus dans quelques années, mais parce qu'elle était seule. La jeune fille à laquelle Aaron n'avait encore jamais eu l'occasion de parler faisait fierté à sa réputation avec ces quelques mots, balancés à la figure, comme s'ils allaient pouvoir entacher Aaron et sa bonne humeur. Si c'est ce qu'elle cherchait, jamais Vivian ne pourrait réussir. D'ailleurs, l'objectif du garçon était opposé, comme leur caractère d'après les rumeurs qui circulaient sur la fille de Serpentards. En effet, il voulait la faire sourire. Parce qu'une fille qui sourit est beaucoup plus jolie et Aaron rêverait de voir ça. De toute évidence, ce ne serait pas facile : on disait d'elle que sa sociabilité était limitée, qu'elle ne vénérait que sa famille, un peu sauvage et solitaire et farouche sur les bords. Bien sûre, Aaron n'avait que faire des murmures et il était bien content d'être son compagnon pour une fois. Il espérait qu'elle finirait par l'apprécier, qu'elle préférerait sa compagnie à celle des deux garçons qui la suivaient d'habitude partout où elle allait. Que pouvait-il dire à propos de ça de toute façon, lui qui d'habitude était suivie par quelques filles... sympathiques. En faite, ils avaient sûrement quelques points communs pour être tous les deux seuls ici. 

- Evidemment qu'il y a assez de place, regarde le lac est immense ! Je ne vois pas l'intérêt de m'éloigner de toi en faisant le tour. J'aime bien rencontrer les gens et c'est la première étape : s'approcher et discuter.

L'ironie ne jouerait pas avec Aaron, il était bien trop naïf pour y faire attention : si on lui posait une question, il y répondait simplement. Physiquement, les deux sorciers avaient quand même quelques traits communs : des yeux verts, des traits fins qu'enviaient souvent les adultes et des cheveux plutôt foncés qui contrastait d'ailleurs plutôt bien à la situation : plutôt dociles et brossés chez la jeune fille tandis qu'Aaron n'était rebelle que par ces mèches farouches. Pendant qu'il s'asseyait dans le petit havre de paix qu'elle s'était construite avec ses affaires, Aaron entama la discussion. Il n'avait pas oublié son objectif. Et ce n'était pas dur pour lui de parler, il était du genre bavard, elle allait vite le savoir. 

- Ma mère m'a raconté qu'autrefois sourire avait une réelle utilité : quand nous n'étions que sauvages il permettait à deux personnes de se montrer leurs dents. C'était notre seule arme avant et du coup quand ils se les montraient c'était un signe de confiance, comme si on baissait les armes tu vois ? Mais puisque nous sommes beaucoup plus sophistiqués aujourd'hui on pourrait arrêter de sourire mais tu sais pourquoi les gens sourient ? Peut-être que ce n'est qu'un reste de nous sauvage mais je pense surtout qu'il a plein d'avantages : Il séduit, il apaise, il rend beau et surtout il est contagieux.

Il avait fini sa tirade en se tournant vers elle et en fermant un oeil. Ce n'était pas qu'un simple clin d'oeil accompagné d'un sourire, le soleil venait de taper dans leur direction. 

Le Soleil et la Lune.  PV AARON J. 

Le garçon loin d'avoir été effrayé ou vexé par la remarque un peu acide de Vivian, lui adressa un sourire des plus éclatants et au lieu de fuir de l'autre côté du lac comme elle avait bien trop souvent vu les autres le faire, se rapprocha encore plus près. De ce fait, elle pu distinguer avec précision les traits de son visage qui étaient d'une finesse surprenante pour un garçon. Tout en continuant de lui afficher un sourire brillant il lui dit avec une voix des plus douces :

- Evidemment qu'il y a assez de place, regarde le lac est immense ! Je ne vois pas l'intérêt de m'éloigner de toi en faisant le tour. J'aime bien rencontrer les gens et c'est la première étape : s'approcher et discuter.

Elle se surprit à penser qu'il n'avait pas tort. Mais qu'elle, Vivian, n'avait pas l'habitude de se comporter ainsi. Elle avait encore moins l'habitude que quelqu'un l'approche de manière aussi frontale. Les autres préféraient tracer leur chemin lorsqu'elle était dans le coin, en baissant les yeux, signe d'une soumission qui agaçait Vivian tout autant qu'il la réjouissait. Après tout, elle ne voyait pas l'intérêt d'aller discuter avec des gens qui s'étaient forgés une image préconçue de sa personne et de toute manière, elle n'avait rien à prouver à personne et se complaisait grandement dans sa solitude. Mais bizarrement ce garçon ne semblait même pas avoir remarqué le ton ironique qu'elle avait employé et ne s'en était de ce fait, absolument pas vexé. Elle le laissa alors parler:

- Ma mère m'a raconté qu'autrefois sourire avait une réelle utilité : quand nous n'étions que sauvages il permettait à deux personnes de se montrer leurs dents. C'était notre seule arme avant et du coup quand ils se les montraient c'était un signe de confiance, comme si on baissait les armes tu vois ? Mais puisque nous sommes beaucoup plus sophistiqués aujourd'hui on pourrait arrêter de sourire mais tu sais pourquoi les gens sourient ? Peut-être que ce n'est qu'un reste de nous sauvage mais je pense surtout qu'il a plein d'avantages : Il séduit, il apaise, il rend beau et surtout il est contagieux.

Elle fut tout d'abord surprise par l'éloquence et la facilité avec laquelle le jeune homme maniait les mots. En tant que grande lectrice, elle aimait les mots plus que tout au monde, et lorsqu'elle apercevait une lueur de vivacité d'esprit dans le discours de quelqu'un, il n'était pas rare de voir ses grands yeux clairs s'agrandir et reposer sur l'intéressé un regard prononcé. Elle n'eut pas besoin de se demander ce qui lui valait un tel discours sur le sourire. En public elle se montrait souvent mutique, ou n'ouvrait la bouche que pour lâcher quelques phrases sarcastiques et bien placées face auxquelles les gens de son âge se montraient réceptifs et offusqués. Elle se détendit un peu, après tout s'il avait envie de faire causette au bord d'un lac pourquoi pas. Elle n'était pas venue ici pour se morfondre de concentration ou d'une quelconque activité nécessitant la solitude absolue et le plus grand calme. Contre toute attente, Vivian éclata d'un rire clair et communicatif. Elle n'avait jamais su d'où elle tirait un tel rire de bonne foi, même si son père lui avait un jour dit qu'elle avait hérité cette caractéristique de sa mère, qu'elle n'avait jamais connu.

- Ta mère a l'air d'être une femme érudite, et de t'avoir transmit son savoir. Je ne me fis pas trop aux vérités générales, elles ont tendance à m'agacer. Ne va pas croire que je passe ma vie avec le visage fermé, il m'arrive de sourire aussi. Cependant, il me faut une bonne raison. Comme tu le dis si bien, ou plutôt comme te l'a si bien appris ta mère, le sourire est contagieux. Et parfois vois-tu je préfère garder cette saine maladie pour moi, surtout lorsque je me trouve en face de quelqu'un dont je soupçonne avoir une dentition fort peu élégante. Ne va pas croire que je parle de toi.

Et afin de confirmer ce qu'elle venait de dire, elle lui adressa un sourire franc et un peu mystérieux. Elle retira sa robe de sorcière, le noir était esthétique mais il retenait la chaleur. Elle dévoila alors sa tenue de sorcière, une chemise blanche et une jupe noire, uniforme par excellence des élèves de ce Château. Puis elle reprit :

" Et puis si j'étais toi je ne me fierai jamais à un sourire. Il y a un auteur de théâtre moldu qui a écrit un jour dans une pièce de renom que l'on pouvait sourire et pourtant être un scélérat. "

Elle avait toujours ce sourire étrange accroché aux coins des lèvres. Puis elle lui tendit la main et lui dit d'une voix assurée :

" J'm'appelle Vivian. Vivian Darkbloom. Alors Aaron, crois tu pouvoir desceller ce qu'il y a de scélérat en moi à travers mon sourire ? "

Elle éclata de nouveau d'un grand rire, trop heureuse finalement d'avoir un peu de compagnie. C'était la première fois qu'elle ne faisait pas fuir quelqu'un. Et puis, lorsqu'une conversation commence à être intéressante, c'était une denrée bien trop rare pour que Vivian se décide de prendre la fuite.

"Gloire à Serpentard, le plus grand des 4 de Poudlard ! "

Le Soleil et la Lune.  PV AARON J. 

Aaron était plutôt satisfait de son entrée en matière et plus encore de son courage et de sa tirade. Il savait déjà qu'il ne regretterait pas de s'être assis ici, dans une herbe verdoyante très douce, à deux pas d'une étendue d'eau si grande qu'elle aurait pu satisfaire un bon millier de sorciers assoiffés. Bien qu'il doutait de la potabilité de l'eau, le lac n'en était que plus séduisant par les mystères qu'il laissait émaner. De ce point de vue, il ressemblait un peu à Vivian de ce qu'en voyait et entendait Aaron : une fille mystérieuse et si on décidait de plonger dans sa vie ou dans son histoire qui sait ce qu'il pourrait en résulter ? Une attaque de strangulots ou bien la douce caresse d'une eau si douce qu'elle semblerait vous envelopper de sa chaleur. Et bien pour le savoir, le jeune sorcier avait décidé d'y mettre juste un pied pour ne pas trop s'y risquer et percer à jour quelques mystères, il en avait perdu son sourire.

C'était tellement étonnant que les lèvres, plutôt féminines il faut l'avouer, du garçon recouvre soudainement ses dents que les quelques curieux aux alentours qui avaient également décidés de faire du lac leur petit cocon pour la journée commencèrent à s'agiter en les regardant avec plus d'insistance que Vivian n'avait sans doute jamais connu. En effet, Aaron avait bien remarqué en la croisant de temps en temps dans le hall ou en classe que les autres cherchaient à l'éviter et baissaient les yeux à son passage. Il entendait bien les murmures qui couraient d'oreille en oreille mais son éducation lui avait inculqué que les gens adoraient le téléphone arabe : d'une oreille à une autre tout est déformé, même si tout à sa source. Et puis sa curiosité était sans limite, il avait bien pensé plusieurs fois à aller la taquiner pour s'en faire sa propre idée mais la situation ne s'y était jamais prêtée jusqu'à aujourd'hui. Et quel jour ! Et quelle découverte. Un rire si beau ne devrait jamais devenir si rare. C'était tellement étonnant que oui, effectivement, Aaron en perdit son sourire. Parce qu'après tout il y a toute sorte de sourire pour toute sorte de situation, mais pas pour la surprise. On fait plutôt une sorte de "o" avec la bouche et un petit soulèvement des sourcils : c'est ce qu'il fit. Ensuite, en fonction de l'état de surprise et des conséquences qu'elle pourrait entrainer il y a plusieurs contextes : Aaron se contenta de sourire de nouveau, mais pas de la même manière, c'était plus brillant et plus sincère : il passa du sourire de bienvenue à celui qui se veut complice. 


- Ta mère a l'air d'être une femme érudite, et de t'avoir transmit son savoir. Je ne me fis pas trop aux vérités générales, elles ont tendance à m'agacer. Ne va pas croire que je passe ma vie avec le visage fermé, il m'arrive de sourire aussi. Cependant, il me faut une bonne raison. Comme tu le dis si bien, ou plutôt comme te l'a si bien appris ta mère, le sourire est contagieux. Et parfois vois-tu je préfère garder cette saine maladie pour moi, surtout lorsque je me trouve en face de quelqu'un dont je soupçonne avoir une dentition fort peu élégante. Ne va pas croire que je parle de toi. 

Les gestes du corps parlent beaucoup. D'ailleurs, lorsqu'elle retira sa robe d'un sourire charmeur et plein de mystère, Aaron ne put s'empêcher d'apprécier la tenue, certes habituelle puisque très courante dans l'enceinte du château, mais qui lui allait pourtant à la perfection, le garçon y vit un signe positif. Ce qui lui arrivait souvent certes, il était du genre enthousiaste et voyait le bien partout mais tout de même : n'avait-on pas là un signe certain qu'elle se sentait à l'aise et ouverte ? Elle venait quand même de le complimenter, enfin sa mère, mais c'était la même chose. Il avait aimé la façon dont elle s'était exprimée, bien plus chaleureuse que l'impression qu'elle avait cherchée à donner et Aaron admira les jeux de mots qu'elle lui partagea bien qu'il n'aurait jamais considéré le sourire comme une maladie. Car alors, on croirait qu'un antidote ou qu'une potion pourrait nous en séparer, et le sorcier ne croyais pas à une telle horreur du haut de son optimisme permanent. D'ailleurs, le jeune garçon s'apprêtait à partager cette vision et lui prouver l'élégance de sa dentition toujours brossée avec amour et entrain par un dentifrice des plus satisfaisant lorsque Vivian décida de se montrer plus bavarde et amicale qu'il n'aurait pu le souhaiter en poursuivant son discours.


- Et puis si j'étais toi je ne me fierai jamais à un sourire. Il y a un auteur de théâtre moldu qui a écrit un jour dans une pièce de renom que l'on pouvait sourire et pourtant être un scélérat.

Lui qui pensait devoir en venir à avouer son penchant pour les boxer à fleur ou faire la conversation sur les pets nocturnes de son camarade de dortoirs pour espérer un sourire n'en fut que davantage comblé lorsqu'elle ria de nouveau. Aaron ne savait pas s'il aimait particulièrement ce rire parce qu'il était justement si rare ou pour toute autre chose et il ne se posa d'ailleurs pas la question ; il l'appréciait et en voulait tout simplement plus. Il s'apprêtait à remarquer qu'il connaissait parfaitement l'auteur en question avant que le son de sa voix, bien plus douce que ce qu'il avait entendu d'elle auparavant, perça le silence agréable et loin d'être pesant qui s'était installé juste un petit instant. 

-J'm'appelle Vivian. Vivian Darkbloom. Alors Aaron, crois tu pouvoir desceller ce qu'il y a de scélérat en moi à travers mon sourire ?

Avant qu'elle ne puisse finir sa phrase, le jeune sorcier s'était levé doucement. Il retira également sa robe, dévoilant une tenue des plus ordinaires et qui ressemblait étrangement à celle de sa camarade à l'exception de la couleur. Et de la jupe évidement, bien qu'Aaron aurait été capable de la porter si c'était indispensable pour amuser la galerie et amener un peu de bonne humeur. Heureusement, ça n'avait pas été nécessaire, la contagion était plus que rapide. C'était une maladie des plus dangereuses. La joie.

- Je connais ton nom. De toute évidence c'est la seule chose de vrai dans ce que les gens disent de toi.

C'était important de le préciser, une manière de dire qu'il la remerciait de se montrer amicale et qu'il n'avait que faire des ragots en tout genre à présent que son idée était faite. Il ne doutait pas qu'elle sache ce qu'on disait d'elle et au vu de son intelligence il savait qu'elle comprendrait le sens de cette phrase. Puis, comme il en avait marre de plisser constamment les yeux il commença à chercher un morceau de bois suffisamment long et puissant pour ce à quoi il le réservait. Lorsqu'il le trouva il se retourna vers Vivian, toujours souriant mais plus enjôleur cette fois, et la pointa du do.... bâton. Elle n'avait pas l'air de comprendre ce qu'il voulait à tourner autour d'elle en regardant le sol depuis quelques minutes. 

 - Hamlet a aussi dit : être ou ne pas être, telle est la question. C'est Shakespeare qui lui a tout écrit.

Les phrases aussi courtes ne ressemblaient pas à notre ami habituellement, mais ça faisait du bien de savoir qu'elle comprendrait sans problème. Il re-cligna de l'oeil en rigolant doucement avant de planter le bâton dans l'herbe et de sourire gêné.

- C'est bien la première fois que je décide de me cacher du soleil et que je détruis des petits insectes qui étaient dans la terre, mais c'est pour la bonne cause. Un bon sourire doit se lire aussi dans les yeux, si on n'arrête pas de plisser les nôtres ça ne marchera pas !

Ce n'était pas un très grand bricoleur mais qu'importe, le parasol fait d'un simple bâton et d'une robe de sorcier confirma son utilité lorsque Aaron se rassit à côté de la jeune fille : le soleil se reflétait toujours dans le lac car jamais le sorcier n'aurait souhaité enlever cette beauté, mais leurs yeux étaient enfin tranquilles. Les jeunes sorciers pouvaient alors les ouvrir et également constater que plusieurs autres paires d'yeux étaient sur eux : les jeunes alentours s'étonnaient sans doute d'un quelconque lien entre ces deux-là.  

Et pour ta gouverne, non, je ne verrais rien de scélérat en toi parce que ce n'est pas ce que je cherche. De toute façon, je pense que les seules mauvaises choses que tu me mets au défis de desceller sont celles que tu montres aux gens avant qu'ils ne t'abordent. Moi je ne vois que du bien et pas seulement grâce au sourire. Comme tu le sais moi c'est Aaron Jezequel, je préfère prononcer mon nom avant que tu ne l'écorches comme beaucoup car c'est breton. Ne le prends pas mal, si tu n'avais pas dit ton prénom je crois que j'aurais eu l'air bête si j'avais du le prononcer.

C'était long, naïf et innocent. Bref, c'était Aaron.  

Le Soleil et la Lune.  PV AARON J. 

Le garçon lui répondit presque du tac au tac. Vivian avait bien remarqué qu'il avait tiqué lorsqu'elle avait cité Shakespeare, auteur dont elle avait quasiment lu l'entière bibliographie que son père gardait précieusement dans leur bibliothèque familiale. Cette idée se confirma lorsqu'il dit :

Hamlet a aussi dit : être ou ne pas être, telle est la question. C'est Shakespeare qui lui a tout écrit.

Elle ne répondit rien, il continua alors sa tirade tout en lui adressant de nouveau un clin d'oeil. Vivian se demanda alors d'où il pouvait bien tirer ce coffre inépuisable de bonne humeur et d'engouement. Peut-être était-ce un trait de caractère propre aux Poufsouffle, ou peut-être était il tout simplement naturelle comme ça, d'humeur joviale et entrainante:



- C'est bien la première fois que je décide de me cacher du soleil et que je détruis des petits insectes qui étaient dans la terre, mais c'est pour la bonne cause. Un bon sourire doit se lire aussi dans les yeux, si on n'arrête pas de plisser les nôtres ça ne marchera pas !

Tout en discutant, il s'était lancé dans une drôle d'entreprise, il creusait un petit trou juste à côté d'eux. Vivian comprit alors rapidement qu'il avait trouvé un moyen de les protéger du soleil un peu agressif pour un mois d'avril, tout en cherchant à ne pas entacher le spectacle de l'astre solaire qui se reflétait dans le lac.

- Et pour ta gouverne, non, je ne verrais rien de scélérat en toi parce que ce n'est pas ce que je cherche. De toute façon, je pense que les seules mauvaises choses que tu me mets au défis de desceller sont celles que tu montres aux gens avant qu'ils ne t'abordent. Moi je ne vois que du bien et pas seulement grâce au sourire. Comme tu le sais moi c'est Aaron Jezequel, je préfère prononcer mon nom avant que tu ne l'écorches comme beaucoup car c'est breton. Ne le prends pas mal, si tu n'avais pas dit ton prénom je crois que j'aurais eu l'air bête si j'avais du le prononcer.

Elle écouta attentivement ce qu'il était en train de lui dire, tout en jetant un regard circonspect sur les autres élèves, postés à quelques mètres d'eux qui semblaient les observer avec curiosité et étonnement. Vivian pouvait aisément lire dans leurs pensées. Ils devaient bien se demander ce qu'une Vivian Darkbloom pouvait bien avoir à raconter à un Aaron Jezequel, et quelle mouche pouvait bien avoir piqué Aaron d'avoir osé aller parler à cette fille fort peu sympathique au premier abord. Face à ces regards inquisiteurs, elle se remémora ce qu'il lui avait dit quelques secondes auparavant " Je connais ton nom. De toute évidence c'est la seule chose de vrai dans ce que les gens disent de toi. ". Cette phrase l'avait laissé un brin songeuse. Elle pouvait facilement deviner l'image qu'elle renvoyait d'elle, et d'ailleurs elle devait sans doute se complaire là dedans puisqu'elle ne faisait rien pour aller à l'encontre de ce qu'elle renvoyait. Elle s'était fait peu d'amis à Poudlard et sûrement un petit lot d'ennemis déjà. Ses fréquentations n'aidaient pas. Elle passait le plus clair de son temps avec les deux garçons de Serpentards qu'elle avait surnommé Tweedledum et Tweedleedee à l'instar des jumeaux dans Alice aux Pays Des Merveilles. Sinon, elle restait majoritairement avec des Serpentards et plus particulièrement avec un groupe de garçons, fort peu sympathiques, turbulents et arrogants, dont la quasi totalité étaient tout comme elle, issus de grandes familles à sang pure. Ils étaient pour la plupart des descendants des grandes figures Mangemorts qui avaient tragiquement marqués l'histoire de Poudlard. Vivian savait que ses grands parents avaient été eux aussi des sympathisants, mais contrairement à son groupe de camarades, ce n'était pas quelque chose qu'elle portait avec fierté. Ce groupe de garçons là, elle le savait, lui gravitait autour tout simplement parce qu'elle portait un nom de famille estimé et connu dans la société sorcière et dans l'histoire de la magie plus généralement. Elle se moquait intérieurement de leur drôle de façon de lui lécher les bottes, avec une miévrerie peu commune et de rire lorsqu'elle répondait quelque chose d'assez désobligeant sur un ton sarcastique. En y réfléchissant, Vivian ne faisait vraiment rien pour améliorer son image. Il lui était arrivé d'embêter une ou deux fois, des élèves principalement de Poufsouffle et de Serdaigle, juste pour le plaisir. Juste parce qu'elle s'ennuyait. Parfois quand elle y pensait elle avait un peu honte, et lorsqu'elle se rappelait des rires gras et moqueurs de sa petite bande de Serpentard qui s'amusaient de ses méfaits, elle ne pouvait s'empêcher d'être en colère contre elle-même. Mais elle n'y pouvait rien, et puis cette petite bande de garçons prétentieux et pourris-gâtés la protégeait de bien des désagréments. Elle lui permettait tout d'abord d'instaurer un climat de domination sur certains, tout en utilisant la fascination qu'elle exerçait sur eux pour accomplir certaines choses. Elle était la petite reine de cette petite bande, pour autant, elle ne les voyait pas comme des amis. Elle se rendit compte que plongée dans ses réflexions, elle n'avait même pas répondu au jeune homme.

" Merci pour ton nom de famille, je pense qu'il aurait été fort possible que je l'écorche de la plus horrible des façons ! Tu n'es pas un anglais de souche ? Ne prends pas ça comme un reproche, je suis moi même à moitié russe. Vivian est je crois à la base un nom de garçon, mais ma mère trouvait qu'en anglais cela pouvait avoir une consonnance féminine. "

Elle se tut, et reprit avec un ton mi satisfait mi curieux :

" Loin de moi l'idée de vouloir te faire passer pour le porteur de ragots, mais j'aimerais bien savoir ce que les autres disent de moi. Il est toujours intéressant de connaître et de contrôler l'image que l'on renvoit. Allez vas y n'ait pas peur, je ne me vexerai pas. En échange je pourrais aussi te révéler ce qui se dit sur toi dans les sous sols des Serpentards. "

Elle avait dit cela sur un ton plutôt bienveillant. Et Vivian en avait entendu des choses sur Aaron, elle ne disait pas grand chose mais elle avait souvent les oreilles qui trainaient. Puis en pointant le doigt vers un groupe d'élèves au fond elle déclara:


" D'ailleurs, qu'est ce que tu crois qu'ils sont en train de raconter sur nous ces cinq là ? "

"Gloire à Serpentard, le plus grand des 4 de Poudlard ! "