Toilettes abandonnées

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 PV  Un anniversaire cataclysme

Privé avec Nathan Brior



Il était environs 17 heures lorsque Mathilde se baladait nostalgiquement dans le château, nous étions en Mai, précisément le 20 Mai, cette date signifiait beaucoup pour la petite Evans puisque ce n’est d’autre que la date du décès de sa mère biologique, Hippolyte. Elle avait été assassinée par son propre mari, le propre père de la jeune Serpentard. Elle ne connaissait pas la raison, à vrai dire, elle ne connaissait pas grand-chose de toute cette histoire,
Son histoire.

Elle savait simplement qu’elle avait été adoptée, par des amis proches de sa réelle famille, elle savait aussi qu’elle avait donc des origines Grecques, étrange, c’est vrai.
Mais elle savait aussi qu’à la seconde où ses yeux se posèrent sur le papier contenant toutes les informations de son adoption, quelque chose en elle c’était brisé, elle était psychologiquement détruite.
Elle savait aussi qu’à partir de ce moment tout allait changer, pour elle, pour ses proches.

Elle savait et elle sait encore aujourd’hui qu’elle s’est construite une protection, un bouclier, une carapace afin de supporter toute violence extérieure, physique ou morale.
Elle savait que son comportement, son caractère de méchante, froide petite fille était bien réelle.

Elle savait et elle sait que cette bulle, cette carapace lui causerait encore des ennuis, pourrai encore plus la détruire

Elle savait bien trop de choses pour son âge.

Mais elle ne savait pas si elle allait s’en sortir, elle ne savait pas si elle allait encore supporter ça bien longtemps. Elle ne savait tout simplement pas comment faire.

Mais il le fallait.

Alors durant sa balade elle ressassait tous ces événement qui tournaient en boucle dans sa tête, comme un tourbillon mais avec l’effet d’une tornade qui dévaste tout sur son passage. Un cataclysme.
Sa tornade était revenue. Ses démons aussi.
Les larmes lui montèrent aux yeux, il ne fallait pas être vu.
Elle tourna alors la tête à gauche puis à droite, brusquement.

Les toilettes abandonnées. Ce n’est pas si grave puisqu’il ne fallait pas être vu.

Alors Mathilde entra dans ces étranges toilettes, posa ses mains sur les lavabos inutilisés depuis des années et se regarda dans la glace.

Comment a-t-elle pu en arriver là ? Ses yeux verts étaient devenus rouge et gonflés à cause des pleurs.

Elle était au plus mal, comment faire ? Elle ne savait malheureusement pas, et ce depuis des années.

Il n’y avait théoriquement personne mais elle entendit des bruits de pas dans le couloir, qui était habituellement peu emprunté à cette heure-là. Quelqu'un était là ?

Il fallait toujours qu’il y ait un problème quand tout va déjà mal.


Sa tornade, son cataclysme, ses démons étaient donc revenus.
Il s'agit bien de ses peurs, les plus profondes et douloureuses.

2ème année RP
"La douleur muette a les plus tristes pensées."

 PV  Un anniversaire cataclysme

Nathan sortit des dortoirs d'un air fatigué, qu'il tentait vainement de cacher. Sa journée avait été très longue, il était resté plongé dans ses devoirs toute l'après-midi et avait révisé la matinée. Alors, pour décompresser un peu, le jeune Brior voulait marcher un peu dans les couloirs seul. Il aurait préféré plonger dans le lac, mais il faisait vraiment moche, même pour une fin de Mai. Laissant ses pensées prendre le contrôle, il grimpa sans faire vraiment attention les marches pour remonter des cachots et s'engagea dans le labyrinthe de Poudlard.

Comme souvent lorsqu’il laissait ses pensées divaguer, son esprit se tourna vers Liam et Théo. Ses deux amis, partis le mois d'avant la rentrée de Septembre, lui manquaient terriblement. La boule dans sa gorge réapparut, comme toujours, et il avala difficilement sa salive. C'était énervant de ne pas pouvoir tourner la page, il en avait marre. Toujours à penser à eux, aux moments passés ensemble à s'amuser, comment sa vie aurait pu être à Poudlard si ils avaient été là... Trop de questions se bousculaient pour un esprit d'enfant. Le jeune blond soupira longuement et finit par remarquer que ses pas l'avaient menés aux toilettes abandonnés. Il observa de travers la porte à moitié cassée. Il savait que des choses sombres se passaient ici, alors ne s'était jamais vraiment approché. Décidant que ce n'était pas non plus le bon jour pour explorer cet endroit spécial, il s’apprêtât à reprendre sa marche.

Soudain, le jeune Brior tendit l'oreille. Il lui semblait qu'il avait entendu un son venant des toilettes. Un frisson remonta dans son dos. Il n'avait pas vraiment peur, mais ne voulait surtout pas s'attirer des ennuis. Pourtant, ses doutes disparurent lorsqu'il entendit des pleurs. Les sanglots résonnaient dans le silence de la pièce, et atteignaient facilement les oreilles de Nathan maintenant qu'il les avait perçus. Ses sourcils se froncèrent. Il n'aimait pas voir les gens pleurer, ça le mettait extrêmement mal à l'aise, mais il ne pouvait laisser seul un élève triste, aussi Serpentard soit-t'il. Il hésita encore un instant. Et si la personne voulait rester seule? C'était peut-être mieux, lui-même ne voulait absolument pas qu'on le voit lorsqu'il craquait. Alors il esquissa quelques pas en avant pour quitter définitivement cet endroit sombre. Puis revint sur ses pas. Vraiment, il ne pouvait se résoudre à abandonner un enfant en pleurs. Alors il entra prudemment dans les toilettes.

Son regard rencontra immédiatement celui de la personne appuyée sur le lavabo qui pleurait à travers le miroir, avant qu'il n'ai pu voir autre chose. Et ça le heurta avec force. C'était un regard remplit de tristesse, de douleur et d'horreur. Un regard vert abimé par les larmes. Un regard sombre, brisé et grave.

Son esprit lui cria de courir en arrière. Mais Nathan, une fois n'est pas coutume, écouta plutôt son cœur. Il s’avança doucement en observant la pièce du regard. Celle-ci était extrêmement sale, il vit même une tache de sang qui lui donna un petit frisson. Des dizaines de tuyaux pendaient, comme si l'eau qui était auparavant dedans voulait à tout pris s'échapper de cet endroit infâme. Le grand miroir au dessus des lavabos reflétait avec mal le visage tordu de la fille qui pleurait et celui bouleversé du jeune blond, qu'il tentait avec mal de refouler pour garder une expression plus impassible, sans succès. Le jeune Serpentard finit par s'arrêter à une distance respectable, au milieu de la pièce, son regard toujours accroché à celui de la fille. Il finit par reconnaitre Mathilde Evans, de sa maison. Il en fut que plus abasourdit, le jeune fille étant toujours froide et refermée. Alors il tenta une approche d'une voix hésitante, abandonnant tous ses efforts pour cacher ses émotions.

-Je... Il faillit lui demander si ça allait, mais refoula cette stupide phrase. Tu veux que je parte?

Voilà. Ça c'était plus adapté. Il observa avec attention le visage de la jeune fille, guettant le moindre signe de colère ou de mépris.

I had a dream.
2ème année RP

 PV  Un anniversaire cataclysme

Au final, Mathilde ne savait pas ce qu'elle faisait, ni où elle allait, encore moins pourquoi elle était encore là. Elle ne savait pas pourquoi ça lui était tombé dessus, pourquoi elle ? Elle ne savait pas. Elle avait besoin d'aide mais elle ne l'admettait pas, elle en avait vraiment besoin mais ne le savait pas. Elle le refusait, se cachait derrière un simple : Ça va bien, merci. La jeune fille avait alors apprit de multiples choses, comme par exemple la lucidité. Mathilde était extrêmement lucide sur certaines choses malgré son jeune âge, 12 ans tout récemment. 

Elle savait que sa bulle venait juste de se percer, par un coup de vent trop violent, quelques choses d'extérieur l'avait percée. Sa tornade, son cataclysme, ses démons. Comment une jeune fille de douze ans pouvait subir cette souffrance ? Elle devait se renforcer d'avantage, c'était certain mais bien compliqué. Se bouclier ce construit avec le temps même si les premiers matériaux utilisés se sont assemblés rapidement.

Pour sa survie, pour sa santé mentale en quelque sorte.

Mathilde était toujours dans cet endroit aux décors improbables, les mains tenant fébrilement le rebord blanc du lavabo abandonné, ses yeux vert plongés dans le vide, sa tête partie très loin, sûrement retrouver ce qui pourrait l'aider à tenir encore quelques années.
Elle avait néanmoins deux facettes, comme le yin et le yang, le noir et le blanc. La face blanche était la jeune fille froide, méchante, qui s'accrochait et qui semblait aller bien. La noire, était celle perdue, qui avait besoin d'aide, de réconfort ou qui voulait simplement lâcher prise quelques instant, lâcher cette corde à laquelle elle tentait de s'accrocher mais qui la blessait, la heurtait.

Elle se rappela alors où elle se trouvait, une sorte de retour à la réalité en fin de crise. Elle n'entendait plus les bruits de pas précédemment remarqués.

Heureusement.

Elle ne savait pas si personne ne l'avait remarqué mais elle espérait.
Alors, Mathilde fit voltes face en s'essuyant violemment ses yeux gonflés comme si elle s'en voulait. D'être aussi fragile par moment.
Mais une surprise l'attendait à l'entrée qu'elle voulait emprunter pour enfin sortir de cet endroit légèrement étrange.
Cette surprise n'était d'autre qu'un jeune garçon, blond, à peu près son âge. L'écusson soigneusement cousu sur sa cape était Vert et Argent, un Serpentard.

Et merde.

Mathilde n'utilisait pas souvent d'insulte, ni de "gros-mots" mais la situation s'y prêtait. C'était réellement dérangeant.
Elle n'avait jamais vu ce blondinet, sûrement dans la salle commune mais n'y faisait pas plus attention.
Elle était toujours là à le regarder, ses yeux rouges observaient ceux d'en face, il semblait consterné par ce spectacle du moins ridicule pour Mathilde. Et puis il sembla hésitant quelques instants, ouvrit la bouche :

- "Tu veux que je parte ?"

Bouclier, un seul mot lui vînt en tête et c'était celui de bouclier, il fallait impérativement l'activer puisque le blond en avait déjà assez vu et il ne fallait surtout pas qu'il en profite. Même si ses paroles n'étaient sûrement agressive et ne partaient sûrement d'une mauvaise intention.
Mais qu'importe.
La jeune fille prit à son tour la parole pour tant bien que mal essayer de prendre sa défense.

- "Avant ça, pourquoi cette question ? C'est vrai quoi, tu passes par là, tu rentres et m'observes et me demande si je veux que tu partes ? Tu trouves pas ça un peu stupide ? Enfin bon, chacun ses délires mais en tout cas, si tu veux bien m'excuser j'ai d'autres choses à faire"

Et pendant qu'elle prononça cette phrase son esprit tournait à plein régime, puis la tête de la personne en face lui disait quelques choses. Elle l'avait déjà bien vu en salle commune. Et ce garçon avait déjà une certaine réputation qui tenait en un nom de famille.

Brior.

C'était la pire situation, pire que tout, depuis le début de l'année.
Et puis au pire moment, la partie noire de la jeune Verte refit surface et la frappa tel un vent violent, une tempête. Elle ne voulait pas entendre cette pensée. Ses démons étaient revenus et furent que Mathilde n'entendit plus que ça. Elle ne l'admettait pas mais cette pensée était bien présente.

Ne me laisse pas partir, aide moi.

Aussi stupide soit-il, elle tenta de forcer le passage pour s'en aller et courir le plus loin possible, ne plus jamais voir ce Brior. Tel le Yang.

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Mathilde passait d'une émotion à l'autre, aussi brusquement que la direction d'un vif d'or en plein vol. D'abord la surprise, puis un mélange de peur et d'angoisse qui précéda le masque de froideur que Nathan adoptait si souvent et enfin le dédain. Avant même que la jeune fille ouvre la bouche, le jeune blond pouvait deviner que ça allait mal ce passer. Très mal. Il en avait vu, des Sang-Purs atteints dans leur fierté qui ensuite se renfermait sur eux-même en créant une carapace de froideur et d'arrogance encore plus grande et épaisse qu'avant. Il l'avait vécu, pour lui. Il hésita. Il pouvait très bien essayer d'aider la jeune fille à se séparer ce cette carapace, car lui-même l'avait fait - un petit peu certes, mais fait quand même - et ça lui avait fait un bien fou. Mais il pouvait aussi, en bon aristocrate qui se préoccupait seulement de lui-même, la laisser se débrouiller et partir sans avoir d'ennuis. C'est vraiment la solution la plus simple. Mais en même temps, Nathan avait terriblement envie de lui faire découvrir ce qu'était la vie sans cette carapace. Il releva immédiatement la tête en voyant que Mathilde avait commencé à parler.

-"Avant ça, pourquoi cette question ? C'est vrai quoi, tu passes par là, tu rentres et m'observes et me demande si je veux que tu partes ? Tu trouves pas ça un peu stupide ? Enfin bon, chacun ses délires mais en tout cas, si tu veux bien m'excuser j'ai d'autres choses à faire"

Le visage de Nathan, auparavant hésitant, devint aussi dur que de la glace. Intérieurement, il se dit que l'ironie de cette situation ne pouvait être plus grande: Il voulait enlever la carapace de la jeune fille en face de lui, et maintenant c'était lui qui la mettait.
Mais elle l'avait vraiment bien touché, et un Brior ne laissait pas passer ça impunément. Intérieurement, il se doutait qu'elle agissait ainsi par désespoir. Personne ne voulait être vu en position de faiblesse, surtout pas les Sang-Purs. Nathan se frappa mentalement la tête. Pourquoi était -il rentré déjà, en s'enfonçant en même temps dans les ennuis? Parce qu'il avait écouté son coeur? Merlin, Poudlard avait un impact bien trop grand sur lui. Mais il ne pouvait rester sans rien faire.

Le jeune blond leva lentement les yeux pour les planter dans ceux vert océan de la Serpentard , une lueur à la fois sombre et menaçante à l'intérieur. Mathilde, voir même Evans - car elle ne méritait qu'il l'appelle par son prénom après ça - semblait angoissée. Nathan eu un sourire en coin, celui qu'il utilisait lorsqu'il était fier de lui. À tous les coups, elle l'avait enfin reconnu. Elle avait enfin compris les impacts qu'allaient avoir ses paroles. Elle savait enfin qu'elle était mal. Enfin. Le sourire du jeune garçon devint presque démoniaque, et après avoir savourer silencieusement cette première victoire, il se redressa de toute sa hauteur et son visage se ferma. C'était le bon moment pour déballer une phrase bien placée. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit lorsqu'il remarqua son regard. C'était le regard qu'elle possédait lorsqu'il était entré dans les toilettes. Ce regard hanté. Encore une fois ça le heurta plus qu'il ne l'aurait voulu. Tous ses désirs de vengeance et de méchancetés s'étaient envolés brusquement. Sa réplique était oubliée. Il voulait seulement l'aider, lui enlever cette carapace, la sauver. Il ne savait même pas pourquoi il voulait ça. Peut-être qu'il voyait en elle lui-même lorsque Liam et Théo étaient partis, lorsqu'ils l'avaient abandonnés. Sans doute.

La jeune fille dont le désespoir ne pouvait pas être manqué tenta de le contourner pour s'enfuir. Pour continuer à vivre ce qu'elle vivait, même si c'était intentionnel. Elle allait réussir à partir quand Nathan, d'abord pétrifié par cette avalanche de sentiment, se ressaisit et agrippa son bras droit d'une main ferme. Intérieurement, il remercia son professeur particulier de Quidditch. Puis il croisa le regard de la Serpentard et son visage devint grave.

-Pourquoi tu pars? Pourquoi tu fuis? Je sais ce que c'est. Moi aussi j'ai vécu ce sentiment d'abandon, et je le vis encore. Mais j'ai mis ma dignité de côté et je me suis laissé aider. Maintenant, je vais mieux qu'avant. Pourquoi tu n'essayes pas, toi?

Sa main, toujours agrippée au bras de la Serpentard, resserra sa poigne. Qu'importe si Mathilde avait mal. Il fallait qu'elle comprenne. Qu'elle comprenne qu'il voulait l'aider. Qu'elle pouvait aller mieux. Ne pouvant plus se retenir, il continua, même si la petite voix de son cerveau encore en marche aurait préféré se taise.

-Je suis un inconnu pour toi, et toi tu l'es pour moi. Un camarade de classe à la rigueur. Mais on a vécu quasiment les mêmes choses tous les deux, on vit les mêmes choses. Alors laisse moi t'aider. Laisse moi essayer, et toi essaye de me faire confiance. Tu pourrais vivre.

Il n'avait jamais autant insisté sur un mot. Vivre... Ces deux syllabes étaient porteuses d'espoir. C'était un beau mot, vivre. Et il valait le coup.

I had a dream.
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Elle savait que cela allait mal se passer. Très mal. Elle pouvait le sentir au fond d’elle-même, cette peur mélangée à de l’angoisse et de la colère provoquait une réaction semblable à celle d’un cognard dans les côtes. Après sa réplique aussi froide que son cœur eût l’air d’avoir l’effet d’une bombe chez le jeune Brior.
Il semblait piqué en plein cœur, pleine âme. D’habitude la Verte se fichait profondément de ce que pouvait provoquer ses paroles chez d’autres personnes. Surtout quand ces personnes se permettent de rentrer dans, d’une certaine façon, son intimité.
Mais une sorte de connexion venait de se créer entre les deux élèves. Pas un lien, non pas dans ce sens-là. Juste, une connexion. Quand deux personnes se regardent et arrivent à aller au plus profond de l’être de celle d’en face. Le blond semblait aussi énervé, perdu, qu’elle.

Un reflet. Un miroir.

Pourquoi était-il rentré ? Elle ne le savait pas. Pourquoi était-il toujours planté là, s’il semblait aller aussi mal ? Elle ne le savait pas. Qu’allait-il faire ? Elle ne savait pas.

Elle ne savait rien. Comme bien trop souvent d’ailleurs

Elle savait juste qu’après avoir vu ce visage si fermé, froid, de marbre du jeune garçon en face d’elle, la situation ne pouvait pas être pire. Être surprise dans un tel moment l’avait complètement découverte. Il savait bien qu’elle allait mal. Ses tentatives de réplique froide était vraiment ridicule et elle s’en rendit bien compte.
Puis un sentiment d’angoisse et véritablement de peur l’envahit, Brior affichait son sourire le plus démoniaque, la posture bien droite et la tête relevé. Dieu sait qu’elle détestait ce genre de manières même s’il est fort probable qu’elle les ait déjà pratiquées, pour impressionner ses adversaires et se protéger.

Ne surtout pas baisser sa garde.

Lorsqu’elle repensa à ce qu’elle avait à faire – se protéger – elle fût prise de panique. Se protéger ? Elle n’arrivait et n’arrive pas à le faire. Elle faisait semblant depuis des années, il fallait bien que cela se sache à un moment ou à un autre. Elle fût soudainement hantée par des pensées. Elle arrivait d’habitude à les gérer mais celles-ci étaient différentes. Elle imaginait les répercussions que cette rencontre provoquerait, tout Poudlard connaîtra ses faiblesses et ses peurs. Il en était strictement hors de question. Et d’autres du genre qui serait un des pires scénarios catastrophes. Et elle en a beaucoup imaginés avant d’arriver ici. 
Et maintenant, elle voulait vraiment partir, elle se foutait de l’aide qu’elle pourrait potentiellement recevoir. Elle voulait juste se cacher dans son lit jusqu’à la fin de ses jours, ne plus voir personne, ne plus parler.

L’espoir n’existait pas chez Mathilde.

Il ouvra la bouche pour la refermer ensuite ? Ridicule. Enfin, ça doit être sûrement quelque chose qui se fait chez les aristocrates de ce genre.
Mais après cette action aussi stupide soit elle, ses yeux changèrent encore une fois de tendance. Des yeux d’empathies remplacèrent des yeux de glaces.

Peu importe, elle força le passage pour partir.
Et là.
Son cœur fit un bon dans sa poitrine. Elle était toujours autant pétrifiée.
Brior lui agrippa le bras comme elle n’avait jamais été tenu. Une force insoupçonnée chez le blondinet se fit alors connaître, d’abord, l’intensité de ce geste était supportable puis il la serra de plus en plus fort. Une douleur physique apparue.
La connexion auparavant ressentit revînt au galop mais Mathilde lutta, elle lutta pour pouvoir partir, elle essaya bien sûr de se débattre mais rien n’y faisait. Sa faiblesse mentale lui joua des tours.

-Pourquoi tu pars ? Pourquoi tu fuis ? Je sais ce que c'est. Moi aussi j'ai vécu ce sentiment d'abandon, et je le vis encore. Mais j'ai mis ma dignité de côté et je me suis laissé aider. Maintenant, je vais mieux qu'avant. Pourquoi tu n'essayes pas, toi ?

Ce qu’elle ressentait à ce moment était indescriptible. Un mélange d’émotion très puissantes se mélangèrent.
Il venait de la découvrir, il venait de comprendre.

Ne pas baisser sa garde.

- Je pars car, figures toi, que j’en ai envie ! C’est fou non ? Et ça s’appelle la liberté ! Je ne vois pas de quoi tu parles, écoutes, je suis désolé pour toi si tu vis ça mais je ne peux rien faire. Je n’ai rien à essayer puisque moi, ça va.

Le « Ça va » était bien le mensonge le plus facile à dire de toute la phrase qu’elle venait de sortir. Puis elle se rendit compte que ce qu’elle venait de dire était tout bonnement ridicules puisque trop gros à croire. Sérieusement, il allait vraiment croire ça après avoir été spectateur de toute cette scène ?

La douleur physique de son poignet était de plus en plus vive. L’impression qu’il allait lui broyer ses os grandissait.

-Je suis un inconnu pour toi, et toi tu l'es pour moi. Un camarade de classe à la rigueur. Mais on a vécu quasiment les mêmes choses tous les deux, on vit les mêmes choses. Alors laisse-moi t'aider. Laisse-moi essayer, et toi essaye de me faire confiance. Tu pourrais vivre.

S’en était trop. Il en avait trop dit. De plus, cette pression qui régnait était insoutenable. Ses yeux brûlaient et tout son corps tremblait, comme si elle était glaçée, un soir d’hiver.
Elle essaya de contenir un maximum les larmes qui tentait de s’échapper et se frayer un chemin sur les joues rosées de la première année.

Elle ne pût les contenir bien longtemps.
Elle essaya de prendre la parole mais se sentait comme étranglée, prise au piège par ses propres faiblesses – et ses larmes –

- Toi ? Un inconnu ? Tu te fous de moi Brior ?! C’est ça, bien sûr, on ne se connaît pas mais tu sais qu’on a vécu la même chose ! C’est évident ! Et maintenant tu veux m’aider ? En m’affichant aux yeux de toute l’école c’est ça ?

Elle inspira un grand coup avant de reprendre, la dernière phrase du garçon l’avait poignardée au plus profond.

- Te faire confiance ? C’est simple pour vous tous ! Je ne fais confiance à personne. Tes amis peuvent devenir tes ennemis d’un jour à l’autre sans une explication. Et comment tu veux que je te fasse confiance, hein ?

Et puis elle s’effondra une nouvelle fois. Elle disait – tout bas – un mot qui ressemblait au dernier du Serpent d’en face.

« Vivre »

Ce mot aussi puissant que dévastateur voulait tout dire. Elle ne savait plus quoi penser.

Enfin, elle ajouta dans un murmure au milieu des larmes

« Lâche moi le poignet, j’en peux plus »

Le temps semblait s’être arrêté.

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