Toilettes abandonnées

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Causes et conséquences  PV CD   RP++ 

AVRIL 2043

Ennis O'Belt n'avait pas bien dormi du tout cette nuit-là. Et ça se voyait. Ses traits étaient tirés, des cernes violacés apparaissaient sous ses yeux et elle avait bien failli manquer son réveil prévu à sept heures pour éviter le plus possible ses camarades – ce qui ne lui était encore jamais arrivé. La raison ? Ce qui s'était produit la veille. Elle avait rencontré par pur hasard cinq autres élèves et avait écopé à cause de deux d'entre eux d'une retenue qui la tiendrait occupée tous les samedis matin jusqu'à la fin de l'année scolaire. Sans compter les points perdus et les remarques désobligeantes qu'elle avait reçu de la part des autres Gryffondors. Elle avait bien sûr entendu les élèves plus ou moins vieux parler d'elle et des deux autres filles concernées plus ou moins discrètement. Elle n'avait pas non plus pu rater les regards noirs. En même temps, une perte de quatre-vingt-dix points sur le sablier passait rarement inaperçue et tout le monde avait naturellement chercher la cause du phénomène, c'est-à-dire le ou les élèves responsable(s).

Et dire qu'elle avait cherché à dissuader les deux Poufsouffles. Elle les retenait ces deux-là. A cause de leur idée idiote au possible elle risquait le ban de sa maison. Sans compter sur ses parents qui évidemment avaient été prévenus de l'aventure. L'irlandaise avait bien sûr envoyé un hibou avec sa propre version, pour tenter de rattraper ce qui était encore possible de l'être. Mais elle n'y croyait pas. Ses parents étaient intransigeants sur le comportement en public. Et quel public était Poudlard !

Mais se dépêcher de manger puis d'aller se coucher n'avait en rien réglé son problème. Elle l'avait retourné toute la nuit dans son esprit. Dormant à peine. Elle avait une mine d'inferi en ce matin-là. Il était tôt, tout juste sept heures mais elle s'était tout de même levée en entendant son réveil et s'était rendue au petit-déjeuner. La Grande Salle était quasi déserte. Mais elle n'avait pas faim, sa gorge était trop serrée. Et comme pour jouer contre elle c'était dimanche. Elle n'aurait donc pas cours et risquait donc de croiser des rouges et ors un peu partout. Et elle ne voulait pour rien au monde les croiser. Avisant son bol encore plein, elle le repoussa, jouer avec son contenu n'avait abouti qu'à refroidir son contenu plus rapidement. Comme les élèves commençaient à arriver de plus en plus nombreux, elle attrapa son sac, empli de quoi faire ses devoirs pour le reste de la journée. Si elle pouvait récupérer un peu de points grâce à eux.

Prenant soin de ne surtout pas regarder les lions, elle se leva et se dirigea vers la sortie. Mais tout juste était-elle arrivée devant les grandes portes qu'un hibou hulula près de son oreille. La première année blanchit en reconnaissant la chouette de son père puis pâlit encore d'avantage si c'était possible en voyant la lettre écarlate accrochée à sa patte. Elle s'en saisit vivement et sortit le plus rapidement possible réfléchissant à un endroit proche et calme pour laisser exploser les cris. Courant dans les escaliers, ceux-ci décidèrent pourtant de se jouer d'elle en bougeant au dernier moment. Elle allait atteindre le couloir de métamorphose quand ils bifurquèrent s'arrêtant à un autre palier désert. L'avait-elle entendu ? Peu importait, elle s'engouffra et reconnut les toilettes abandonnées. Son sac tomba de son épaule que la porte fut franchie. La lettre vibrait dans sa main, il était temps. Elle n'en eut pas suffisamment pour entrer dans une cabine que la lettre vibra encore plus fort, elle la décacheta alors, tremblante. Elle sauta alors de ses mains et s'anima à une trentaine de centimètres à hauteur de son visage. La voix magiquement amplifiée de son père résonna dans la pièce vide. Ennis ne s'était pas attendu à ce que ça soit lui qui lui écrive. Généralement c'était sa mère qui le faisait, son père ne se mêlant que rarement de son éducation. Il n'était là que de temps à autre et ne passait que peu de temps avec ses enfants. Mais heureusement pour la fillette, ce temps était toujours agréable. Briac O'Belt avait une fibre paternelle assez développée, ou du moins plus que la fibre maternelle que Cathlenn, mais ne l'exprimait que peu, surtout devant sa femme.

Ennis,

J'espère que tu comprends quelle a été ma profonde déception en recevant cette lettre de la part de ton professeur de vol. Lettre qui est arrivée quelques heures avant la tienne qui n'excuse rien. Il me semblait que ta mère et moi avions pourtant fais passer le message.
Tu conviendras qu'il t'attendra une punition complémentaire à ton retour pour les vacances de printemps. Celle de Monsieur Sabedja n'est, à mon sens, pas suffisante.
Que je ne reçoive plus de pareilles nouvelles !
Ton père
Briac O'Belt
Son père n'avait pas crié. Sa voix avait été froide, presque blanche. Si elle avait l'habitude que sa mère lui fasse toujours des reproches, que ce soit son père non. Et ses mots furent d'autant plus durs à entendre qu'il était celui qui n'haussait jamais le ton et exprimait le plus facilement sa fierté. Des larmes lui montèrent aux yeux dès la première phrase et elle ne put les essuyer d'un geste rageur de la main qu'à la fin des quelques lignes qui lui parurent une éternité. Ce n'était clairement pas la punition effective pour le samedi prochain et les neufs autres qui allaient suivre mais plutôt la déception que son père avait exprimé qui lui faisait mal.

Elle ramassa la lettre qui s'était échouée au sol lorsque le dernier mot avait été prononcé et ne put s'empêcher de la lire. Les larmes lui montèrent à nouveau aux yeux. Elle serra le poing, froissant la lettre au passage avant de la fourrer vivement dans sa poche. Il ne servait à rien de s'apitoyer sur son sort, ce qui est fait est fait et ressasser ce que son père – ou sa mère – allait lui concocter pour les vacances ne servirait à rien. Elle fit alors demi-tour sur elle-même dans le but de reprendre son sac pour trouver un coin tranquille ou travailler mais fut stoppée net dans son élan. Une personne qu'elle connaissait maintenant se tenait dans l'encadrement de la porte. Plusieurs questions se formèrent alors dans son esprit. Que faisait-il là ? Était-il déjà au courant qu'elle était à l'origine pour un tiers des points perdus ? Qu'avait-il entendu ? Qu'allait-il penser de… tout ça ?

L'irlandaise retint les larmes qui menaçaient à nouveau de sortir et son souffle. Elle tenta d'exprimer quelque chose mais seul un charabia incompréhensible mélange de toutes ses interrogations actuelles sortit de ses lèvres :
-"
Que… Qu'est-ce… Tu… ?"

Perdu, une larme se faufila. La châtain l'essuya rageusement de la main. C'était la deuxième fois qu'elle faisait ce geste en quelques minutes et cela l'agaça. Pleurer ne servait à rien. Elle l'avait tant entendu qu'elle se le répétait en leitmotiv pour s'en empêcher. Et puis, montrer ces sentiments comme ça ne se faisait pas, elle le savait et le peu qu'elle avait appris sur le garçon, il le savait aussi. A sa honte des conséquences de son comportement s'ajouta celle de faire une faute de bienséance aussi élémentaire .

Ennis O'Belt - 3ème année RP
Jo' family - color=#741B47

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Une certaine agitation avait régné toute la matinée chez les Gryffondor depuis qu'ils avaient vu que les quatre-vingt dix rubis étaient remontés dans leur sablier pendant la nuit. Tous se demandaient ce qui avait bien pu se passer pour que la maison puisse perdre autant de points en une nuit. Une chose était sûre : un ou plusieurs Gryffondor avaient enfreint le règlement et s'était fait surprendre par un enseignant de Poudlard. La maison n'ayant déjà pas énormément de points, la pression était monté d'un cran et tout le monde cherchait à savoir ce qui s'était passé. Ainsi, les commérages des lions avaient été intenses une bonne partie de la matinée jusqu'à ce que les noms finissent enfin par tomber : c'était Ennis O'Belt, Mad Mal et Helena Merega qui avaient fait perdre ce montant incroyable de points à la maison.

Parmi les trois filles, Clément ne connaissait vraiment qu'Ennis, une élève de première année qu'il avait vraiment appris à connaître depuis quelques mois au fil de leurs séances de révisions en salle d'étude ou à la bibliothèque de Poudlard. Rien ne lui avait laissé présager que l'Irlandaise avait un comportement perturbateur et le jeune Downing avait donc été surpris d'entendre son nom associé à l'événement qui avait fait perdre autant de points à la maison Gryffondor et risquait de leur coûter la coupe. Fort heureusement, deux autres maisons, les maisons Serdaigle et Poufsouffle, avaient également perdu un nombre impressionnant de points. Le Premier Année de Gryffondor n'était donc pas rancunier envers son amie, mais n'avait pas eu l'occasion de la voir pour en parler. Ennis avait été plutôt discrète toute la matinée et Clément n'avait pas pu lui parler.

En rentrant dans la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner après être passé en coup de vents à la Bibliothèque pour rendre des livres et en emprunter des nouveaux, le garçon aperçut Ennis pressée de sortir précipitamment du réfectoire et dans l'agitation, il ne remarqua pas l'enveloppe écarlate qu'elle avait à sa main. La fille ne lui avait pas semblé vraiment rassurée et avait l'air plutôt inquiète. Bien que de nature peu curieuse, Clément se demandait pourquoi sa camarade était si pressée et se décida à la rattraper pour discuter avec elle et jauger la situation. Sa camarade de révision courant dans le château, s'était engagée dans les escaliers turbulents de Poudlard et avait finit par passer la porte menant au deuxième étage. A peine Downing eut-il fini sa montée des escaliers qu'il aperçut le pan d'une robe de sorcier s'engouffrer dans une porte et décida de voir si Ennis était dans la salle.

Après avoir baissé le loquet de la porte pour pénétrer dans la salle, une voix plutôt sèche et froide se fit entendre et commença à sermonner la jeune O'Belt sur le comportement qu'elle avait eu hier dans la journée et sur les raisons qui l'avaient amené à faire perdre des points à sa maison. Ne sachant plus très bien où se placer, Clément assistait impuissant à la scène avec une bouche grande ouverte. Devait-il faire demi-tour et laisser son amie toute seule ? N'étant de nature pas très sociable et pas vraiment empathique, le garçon était tétanisé et aucune idée ne lui venait en tête. Il assista malgré lui à la remontrance de ce qu'il pensait être le père d'Ennis à sa fille. Dès la première lettre de la Beuglante, des larmes étaient apparues sur le visage de la Gryffondor qui peinait à les ramasser. Quelques secondes après que la lettre s'eut tu, Clément se décida enfin à partir puisqu'il était assez gêné d'avoir entendu toute la lettre qu'Ennis venait de recevoir et préférait ne pas devoir passer un moment étrange avec la fille. Il commença à baisser de nouveau le loquet de la porte mais c'était trop tard : l'Irlandaise s'était retournée vers lui et le regardait avec un air d'effroi. Elle balbutia quelques paroles incompréhensibles pour le jeune Downing qui ne savait pas quoi bien dire à sa camarade sur le moment.

- « Euh.... Je... Je suis... désolé » finit par dire le garçon en s'emmêlant dans ses propos.

Il ne savait pas du tout comment Ennis allait bien pouvoir réagir. Clément avait entendu toute sa lettre et pourrait très bien lui en vouloir d'avoir été aussi indiscret. Pourtant, il n'avait pas fait exprès et c'était sûrement l'une des rares personnes à Poudlard à ne pas s'intéresser aux potins. Le garçon avait juste voulu voir comment son amie allait et ne s'attendait pas à assister à une scène aussi gênante.

- « Je ne voulais pas t'écouter ... Vraiment, je voulais juste voir comment tu allais, et puis ... je ne savais vraiment pas. »

Le garçon se confondait de plus en plus en excuses espérant que son amie ne lui en voudrait pas, mais de ce qu'il voyait, il n'était même pas sûr qu'elle ait l'énergie nécessaire pour se disputer avec lui. Ennis semblait être à la limite de la rupture et pouvait s'effondrer à tout moment. Clément s'imaginait très bien l'état dans lequel la jeune fille pouvait être plongée. Si jamais il recevait un tel courrier de ses parents, il serait dévasté, tout tremblant et n'aurait plus la force de faire quoi que ce soit.

- « Tu veux que je te laisse toute seule ? Je ne pense pas que c'est ce qu'il te faut en ce moment, mais c'est ton choix. »

Clément Downing # 3ème année RP
"Le succès ne s'explique pas, l'échec ne s'excuse pas." N. Bonaparte

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Il était désolé, surprenant. Encore plus surprenant, il était désolé pour elle. Pas pour les rubis envolés du sablier mais bien pour elle, la fillette un peu perdue. Sauf qu'elle l'était encore plus que lui alors ces quelques mots lui firent baisser la tête. Elle aurait peut-être préféré qu'il soit en colère, elle l'aurait compris plus facilement. Mais la gêne presque imperceptible dans ses yeux bleus ? Comment aurait-elle pu soutenir ce regard ? Elle avait bien trop honte de ce qui s'était passé, enfin, elle avait plus honte de la perte de points que des faits en soit.

La suite de sa phrase ne l'aida pas vraiment. Les deux enfants ne s'était jamais fait de confidences. Leur amitié naissante reposait plus sur une entraide accrue. Si les trois membres de leur petit groupe aimaient apprendre, chacun avait ses motivations propres en ce qui concernait les résultats et les notes. Clément lui semblait être un compétiteur, il faisait parti de ceux qui montraient leurs connaissances aux professeurs dès que possibles. Ennis elle, était plus discrète, ne répondant que si elle était interrogée directement même si elle rendait toujours des devoirs de qualité. Sans le savoir consciemment encore, elle cherchait à exister aux yeux de ses parents – surtout ceux de sa mère. Pour ce qui concernait Nausicaä, elle ne savait pas trop d'où cela lui venait, mais elle avait une vive intelligence. Les trois enfants s'étaient retrouvés par hasard et s'étaient finalement rapprochés pour se tirer vers le haut. Ils avaient discuté bien sûr mais aucun n'avait révélé grand-chose de sa vie de famille. Tous émettaient des réserves. Sauf que là, elle se trouvait dans une situation où la réserve devenait compliquée. Le gryffondor en avait trop entendu pour que ça en reste là, n'est-ce pas ? Et la fillette s'en retrouvait déstabilisée. C'était la première fois qu'elle se retrouvait dans une telle situation devant quelqu'un d'autre que ses frères. Quoique non, c'était la première fois qu'elle se trouvait dans une pareille scène de perte de contrôle quasi-totale.

Il continua ses excuses, arguant que seul son état le préoccupait. Elle releva la tête, était-ce vrai ? Vraiment vrai ? Elle ne le pensait pas assez fourbe pour que ça ne soit pas vrai mais elle avait appris à se méfier. Et puis le ton de sa voix et son regard auraient été différent non ? Les larmes ne coulaient plus mais sa gorge était nouée. Incapable de sortir un son, elle ne put que le regarder tout en tenant de masquer la détresse présente dans ses yeux noisette. Rester seule ? C'est ce qu'elle avait prévu mais en était-elle capable ? Aurait-elle la force de ne pas juste s'effondrer en pleurs dans un coin du château ? Elle ouvrit la bouche dans l'espoir d'articuler quelque chose de compréhensible mais n'y parvint pas. Elle la referma et prit plusieurs inspirations pour calmer sa respiration hasardeuse et réussir à aligner quelques mots : "Merci", souffla-t-elle en baissant un instant les yeux. Prononcer ce simple mot avait été difficile. Mais c'était la moindre de choses que de remercier la première personne qui ne la regardait pas avec colère ou dépit depuis la veille au soir. Et puis, il lui proposait un soutien. Dans son état psychologique du moment, difficile de refuser mais pas bien simple d'accepter non plus. Restait à savoir si elle allait réussir à le lui dire…

"C'est moi qui suis désolée, c'est ma faute…" Elle parla à peine plus fort. Gêne, honte, regret… Dans les faits elle n'était pas entièrement responsable mais elle le ressentait ainsi. Elle fit une moue désolée particulièrement enfantine. Douze ans seulement, même éduquée pour ne pas faire part de ses sentiments, même éduquée pour paraître neutre voire froide en toutes circonstances, une enfant qui ne pouvait gérer une émotion si forte sans aide. Elle n'avait pas su à qui demander ou plutôt elle n'avait pas voulu demander et voilà Clément qui se proposait. Il était peut-être le plus à même de comprendre tout ça. Encore que de l'extérieur, il paraissait bien mieux gérer cette exigence sociale. Parce que c'était un garçon ? Parce qu'il était plus fort ? Parce qu'il mettait mieux en application les règles ? Parce qu'il avait moins – ou plus – de pression ? Autant d'hypothèses dont elle n'aurait sans doute jamais la réponse. Allez savoir !

Il était toujours là, débout à quelques pas d'elle, la regardant, cherchant à savoir si elle souhaitait rester seule ou non. Elle hésitait encore à répondre qu'elle préférait qu'il reste. Difficile à accepter puis à verbaliser. Elle avait peur que d'autres larmes ne surgissent alors qu'elle était parvenue à les refouler, non sans mal. Il attendait une réponse, alors elle dit à nouveau, après avoir respiré profondément : "Merci". C'était plus distinct que la première fois. Elle ajouta alors avec l'espoir qu'il ne l'enverrait voir ailleurs si les veracrasses n'avait pas subitement des dents depuis la veille : "C'est pas facile à…", elle cherchait le mot le plus à propos, "gérer". Oui, celui-ci fonctionnait bien. Il évoquait autant ses regrets que les réactions de ses camarades ou encore la lettre de Briac O'Belt.

Avec tout ça elle n'avait encore et toujours pas répondu à la question initiale. Elle tournait autour du pot depuis maintenant plusieurs minutes et son camarade allait finir par s'impatienter. Il partirait et il aurait raison. Alors elle fit une dernière tentative, refoula ses appréhensions, inspira en gonflant ses poumons et lâcha d'une voix peu assurée et particulièrement marquée d'accent irlandais : "Je veux bien que tu restes avec moi". Et après quelques secondes : "J'ai pas envie d'être seule". Une larme perla au coin de son œil gauche. Ce fut la seule. L'irlandaise la laissa couler pour ne l'essuyer qu'une fois qu'elle fut arrivée à l'angle de sa mâchoire. Elle attendait la réponse du garçon. Et ça lui faisait peur, son ventre se tordit, sa respiration s'accélérait. Elle ferma les yeux. Yeux qui se rouvriraient qu'après une réaction - quelle qu'elle soit - du jeune garçon en face d'elle. Elle cherchait à se clamer et c'était le seul moyen un tant soit peu efficace qui fonctionnait pour elle.

Ennis O'Belt - 3ème année RP
Jo' family - color=#741B47

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Gêné par la situation dans laquelle il venait de s'immiscer malgré lui, le garçonnet ne savait plus du tout où se placer. Jamais on lui avait appris dans son éducation à traiter avec les émotions des autres. Au contraire, sa famille lui avait sans cesse répété durant son enfance qu'il fallait être maître de ses émotions et qu'il serait très malvenu qu'il montre en public sa colère, voire pire sa tristesse. Le maître mot de son père était la retenue et il ne tolérait jamais l'échec. Ainsi, c'était la première fois qu'il avait à faire à une personne dans un état émotionnel peu stable et, même en y mettant toute la bonne volonté qu'il pouvait, ne savait donc pas comment lui apporter son aide. Sa camarade d'études accepta les excuses qu'il venait de bafouiller avant de s'excuser à son tour. Pourquoi s'excusait-elle au juste ? C'était le jeune Downing qui l'avait suivi de la Grande Salle jusqu'à ces toilettes abandonnées, puis avait surpris la voix de Brian O'Belt. Bryan ? Brac ? Clément n'avait pas entendu clairement la fin de la beuglante pour être sûr du nom du paternel de son amie. En tout cas, même si elle avait accepté ses excuses et rejetait désormais la faute sur elle-même, le Gryffondor ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir en tirant la moue.

Gêné, il l'était toujours malgré les excuses d'Ennis. Comment devait-il réagir à cette situation ? Clément ne savait pas du tout ce que les personnes empathiques faisaient dans ce genre de situation. Allaient-elles voir la personne en difficulté pour la réconforter par des quelconques étreintes ? Hors de question qu'il fasse ça ! Il se sentait déjà suffisamment mal à l'aise à l'idée de toucher un autre enfant de son âge pour faire une simple accolade, alors venir enlacer une camarade de classe était inenvisageable pour le moment. La Gryffondor commençait à reprendre un peu plus du poil de la bête mais continuait toujours de se mettait à le remercier. Il n'avait pourtant rien fait, si ? Ne sachant pas quoi lui répondre, le garçon haussa les épaules en arborant un sourire gêné.

Une fois qu'Ennis lui demanda de rester en expliquant à son camarade qu'elle ne désirait pas rester seule en ce moment, Clément se dirigea vers son amie. Ses yeux étaient encore rouges, rendant clair pour quiconque la verrait qu'elle venait de pleurer. Il se demandait toujours comment il pouvait s'y prendre pour tenter de l'apaiser. Finalement, le Gryffondor se décida à agir. À tout juste une longueur de bras de la lionne, Downing tapota son épaule avec le plat de la main tout en évitant d'être trop proche d'elle. Une grimace parcourut son visage, le garçon étant très mal à l'aise. « Je pense pas que ce soit grave. Les Gryffondor auront oublié ça en quelques semaines et ...  »

Même lui ne croyait pas une seule seconde à ce qu'il disait. D'après les quelques discussions qu'il avait pu avoir avec Ennis à propos de sa famille, Clément savait qu'ils n'étaient pas tendres et qu'elle risquait d'être fortement punie durant les prochaines vacances. C'est d'ailleurs ce que la beuglante de son père laissait présager. Le garçon avait absolument aucune idée sur comment il pouvait rassurer son amie. À cet instant-là, il hésitait presque à prendre ses jambes à son coup pour sortir de cette situation gênante. Downing se décida enfin à plonger la main dans son sac à bandoulière et en ressortit un paquet déjà entamé de fondants du chaudrons reçu la veille. Après tout, le chocolat apaisait tous les soucis et pouvait réconforter même le cœur le plus triste.

- « Tiens, prend-en un, ça te fera du bien ! Ce sont mes préférés si tu ne le sais pas déjà » dit Clément en rigolant pour tenter de détendre l'atmosphère.

Après avoir proposé une friandise à sa camarade en détresse, le garçon posa le paquet par terre et s'assit sur le sol, invitant la fillette à en faire de même. Voir le paquet là sur le sol attisa sa gourmandise et le garçon ne sut se retenir plus de deux secondes avant de se servir un exemplaire de fondant du chocolat. Le tournant entre ses doigts, il avait les yeux plein d'étoiles à l'idée de le déguster.

- « Je t'ai déjà dit pourquoi je les aimais ? Regarde-moi comme le chocolat est bien moelleux » commença le garçon en appuyant sur le gâteau pour montrer son caractère moelleux. «  Et la garniture qu'il y a à l'intérieur... Je ne sais jamais su vraiment ce que c'était à l'intérieur, mais c'est incroyable. »

Tenter de détourner l'attention de la fille sur un autre sujet était la meilleure solution qu'il avait trouvé. Il ne souhaitait pas parler avec elle de la beuglante qu'elle venait de recevoir, ne voulant surtout pas devoir consoler une Ennis O'Belt en pleurs. C'était peut-être lâche de sa part de ne pas affronter le problème de face, mais peut-être que sa camarade apprécierait de ne pas revenir sur le sujet de ses larmes ?

3000ème message écrit pour toi ;)   

Clément Downing # 3ème année RP
"Le succès ne s'explique pas, l'échec ne s'excuse pas." N. Bonaparte

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Ennis garda les yeux fermés un certain temps. Elle en profita pour prendre de grandes inspirations. De quoi calmer son cœur qui battait à toute allure et remettre de l'ordre dans son esprit. Elle avait déjà assez perdue le contrôle de ses émotions pour une seule journée, et son camarade en avait vu déjà bien plus que ce qu'il aurait dû en temps normal. Ou plutôt, si elle arrivait enfin à maîtriser tous ces ressentis. Ses parents lui avait déjà expliquer des centaines et des centaines de fois que les sentiments et émotions étaient des armes que tout à chacun pourrait retourner contre elle si elle ne faisait pas l'effort de les masquer au monde. Pourtant elle en faisait des efforts, elle essayait. Et elle avait fait des progrès depuis le temps qu'ils lui répétait encore et encore de se maîtriser. Quand ses émotions n'étaient pas trop fortes elle y arrivait de mieux en mieux mais quand, comme aujourd'hui, elle était submergée... C'était une autre histoire. Et ne parlons pas des émotions des autres qui pouvaient aussi lui serrer la gorge comme si c'était les siennes. C'était foncièrement désagréable, et bien plus difficile à contrôler. Surtout si l'autre personne ne cherchait pas à faire l'effort de se reprendre.

Après plusieurs secondes? minutes? Ennis n'en savait rien. Le temps lui paraissait de toute façon incommensurablement long depuis la veille. Clément était-il parti finalement? Elle ne l'avait pas entendu mais toute occupée à se reprendre elle aurait tout à fait pu passer à côté de son départ. Elle sentit une main tapoter son épaule. Le contact la surprit. Ce n'était dans l'habitude d'aucun des deux enfants d'avoir des contacts physiques inopinés. Elle ne sursauta pas. C'était toujours ça, mais se raidit brièvement en rouvrant ses yeux maintenant secs. Elle put ainsi voir la légère grimace du garçon. Il était gêné lui aussi ça se voyait. Et ça s'entendait aussi. Sa phrase était hésitante, il n'arriva même pas à la finir. Pas si grave? Pour l'école peut être. Pour les professeurs peut être. Pour ses frères sans aucun doute. Mais pour ses parents... La châtain n'osait même pas imaginer quelle sanction ils trouveraient. Et ce n'était clairement pas une bonne idée d'y penser. Pas maintenant qu'elle avait un tant soit peu retrouvé contenance.

Les deux enfants restèrent ainsi face à face un moment. Aucun ne semblait décidé à bouger. Gêne, honte, regret, mal-aisance... Voilà ce qui devait être palpable dans la pièce. Et, alors qu'Ennis allait s'excuser, encore une fois, le gryffon fouilla dans son sac et en sortit un paquet de friandise. Paquet que la première année reconnu facilement. Il avait toujours un paquet de bonbons qui traînait par là. Surtout des fondants du chaudron. Ses parents lui en envoyait régulièrement et il en proposait parfois aux deux fillettes lors de leurs sessions de travail. Cette fois encore, il offrit à la gryffonne un morceau de chocolat. Il riait. Certainement pour la détendre et pour le coup ça fonctionnait. Elle accepta avec un sourire et un léger "
Merci" alors que le rouge et or s'asseyait au sol après avoir posé son paquet et l'invitait à faire de même.

Le temps qu'elle s'installe au mieux. Il avait attrapé un gâteau et l'admirait sous toutes les coutures. Il appuya ensuite dessus, exposant à Ennis pourquoi il les appréciait. Il semblait particulièrement fasciné par la confiserie et cela tira un rire léger et timide à la fillette. Elle se demandait bien ce qui pouvait autant l'intriguer dans le gâteau. Son préféré parmi les confiseries il venait de le préciser. Elle n'avait jamais vraiment fait attention à ça mais, en y repensant, c'est vrai qu'il en avait toujours plus dans les colis que lui envoyait sa mère. Ennis haussa les épaules, elle n'avait - elle aussi - aucune idée de ce que ça pouvait bien être. Peut être que d'en prendre une bouchée l'aiguillerait plus cette fois? Elle en croqua un morceau et tenta d'en analyser le goût. La démarche ne s’avéra pas spécialement concluante mais il lui vint une idée un peu farfelue.

- "
Aucune idée non plus. Mais peut être qu'il faudrait faire une analyse. Tu sais, comme pour faire un contre-poison." Les deux enfants étaient passionnés par les potions. Ce n'était clairement pas de leur niveau pour le moment mais elle était sûr que Clément comprendrait ce qu'elle voulait dire. Il était tout sauf sûr que ça allait fonctionner. Et il serait sans doute plus simple de tenter d'en trouver la recette. Surtout que certains les faisait maison. Mais l'esprit d'Ennis faisait rarement dans la simplicité et pouvait tourner à mille à l'heure. Et surtout, maintenant que l'anglais l'avait amené sur la discussion enfantine des confiserie, elle avait totalement oublié les points perdus, la retenue et la lettre de ses parents. Enfin oublié... Momentanément du moins. Le garçon avait détourné son attention.  Le nœud présent dans son ventre c'était considérablement desserré et son visage avait repris une teinte bien plus acceptable. Plus aucune trace de rouge sur ses joues, plus aucune trace de larmes dans ses yeux. Si jamais sa démarche était volontaire, elle était réussi. Si elle ne l'était pas, elle l'était également. Et c'était bien là le principal.

Ennis O'Belt - 3ème année RP
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Quel cœur d'enfant pourrait résister à l'appel irrésistible des friandises ? Comme oubliant peu à peu la peine qui la rongeait, sa camarade observait maintenant les pâtisseries qu'il proposait. Pour une fois, Clément n'était même pas triste de devoir partagé l’entièreté de son paquet de friandises préférées car il préférait ne plus pouvoir en manger jusqu'à la fin de la semaine plutôt que de devoir gérer une nouvelle crise émotionnelle de son amie. Après l'avoir remercié, Ennis s'installa confortablement sur le sol de pierres des toilettes et le Gryffondor profita de ce moment de répit pour juger de l'état de propreté du sol. Il aurait du inspecter cet élément bien avant de s'asseoir, mais ses pensées avaient été bousculées par les émotions de l'autre Gryffondor de la pièce. Après s'être rassuré sur la propreté du sol, son attention se reporta tout naturellement sur le gâteau qu'il tenait entre ses doigts. Il salivait déjà à l'idée de croquer dedans ! Sans plus attendre l'Irlandaise, son acolyte anglais planta ses dents dans la pâtisserie en poussant un petit bruit de satisfaction. « Mmhh ... trop bon ! ». Se laissant porter par l'extase de la re-découverte, Clément en oublia presque Ennis et ses soucis. Son amie venait elle aussi de croquer un petit morceau de fondant du chaudron et lui proposa en réponse à sa question d'analyser le gâteau comme on le ferait avec un poison pour trouver son antidote.

Cette évocation fit rapidement remonter des souvenirs et des senteurs à l'esprit du Gryffondor. Il remontait le temps de quelques années auparavant et se retrouvait dans l'arrière-boutique du magasin que sa mère tenait sur le Chemin de Traverse. Il la voyait de manière bien claire en train de de jouer avec le contenu de différentes fioles avec sa propre baguette magique dans une ambiance tamisée. Le liquide semblait se séparer en différentes phases avant d'être séparé dans différentes fioles. Elle expliquait à une version beaucoup plus jeune de Clément le principe de la rétro-conception qu'elle était en train de faire à partir d'un échantillon de poison. Émerveille, le garçon ne l'écoutait qu'à moitié et regardait la danse des liquides entre eux.

- « Oh ... c'est une très bonne idée ! J'ai déjà vu ma mère faire ça à de nombreuses reprises avec des poisons. Je crois qu'elle parlait de certaines lois de Kolpalhote mais j'ai jamais réussi à trouver quoi que ce soit à la Bibliothèque dessus, étrangement ... »

Les yeux tout émerveillés, le Gryffondor récupéra un nouveau fondant du chaudron. Le faisant tourner entre ses doigts pour l'observer sous tous les angles. Comment les deux enfants pourraient-ils bien arriver à quoi que ce soit ? Clément n'avait pas la moindre idée des sortilèges que sa mère avait pu utiliser dans le passé pour créer des antidotes aux poisons et n'avait certainement pas les capacités pour les répéter ou les comprendre. Si son amie avait proposé cette idée, c'était peut-être qu'elle avait sa propre idée, non ?

- « Par contre... je ne sais pas du tout comment m'y prendre. Je saurai même pas pour un poison en plus alors pour ça ... Tu sais sans doute comment faire ça puisque tu l'as proposé ? »

Le garçon ébouriffa ses cheveux avec sa main gauche tout en gardant la pâtisserie entre ses doigts. L'envie d'en croquer un autre bout était tellement grande qu'il devait déployer toute sa force de volonté pour résister et pouvoir espérer en garder quelques uns au cas où Ennis avait effectivement une idée derrière la tête. Après avoir appris à la connaître depuis plusieurs semaines, le garçon savait que l'Irlandaise pourrait la surprendre et lui apprendre des choses toutes plus intéressantes les unes que les autres. Durant leurs sessions de révisions avec Nausicaä, le garçon avait été agréablement étonné des facultés de réflexions et d'analyse de la jeune fille. Certes, depuis le début de l'année, il avait très bien remarqué sa présence d'esprit lorsque les professeurs l'interrogeaient, mais pouvoir discuter directement avec elle était d'autant plus enrichissant.

Clément Downing # 3ème année RP
"Le succès ne s'explique pas, l'échec ne s'excuse pas." N. Bonaparte

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Alors que Clément dégustait son fondant en agrémentant sa mimique de bienheureux d'un "trop bon" de satisfaction, Ennis finissait sa propre friandise après avoir énoncé son idée un peu trop ambitieuse pour des premières années. Il était vrai que ces petits gâteaux étaient particulièrement bon et l'irlandaise se laissa aller à leur goût appréciable. Ses épaules et les muscles de son visage se relâchant au fur et à mesure qu'elle oubliait la raison qui l'avait poussé à venir se réfugier dans ces toilettes abandonnées de tous, sauf des fauteurs de troubles du jour.

Mais la mine détendue par le bon goût de la pâtisserie sur le visage de son ami ne dura pas, et la sienne non plus. La fillette venait de titiller sa curiosité avec son idée d'analyse. Et les deux enfants étaient curieux, tous leurs professeurs devaient déjà l'avoir remarqué. Surtout Miss Xarinez qui enseignait les potions. Les devoirs de ces deux là - et du garçon en particulier - étaient toujours d'une qualité plus que satisfaisante tant le sujet les passionnait. Bien sûr, elle savait que la mère du Gryffondor était préparatrice mais jusqu'à présent, jamais ils n'en avait parlé plus que cela. Cela expliquait certaines de ses facilités mais la châtain n'y avait pas fait plus attention. Mais le travail de Miss Downing lui apparaissait maintenant comme étant d'une précieuse utilité.

- "
Loi de Kolpalhote? Je crois que j'ai déjà entendu mes frères en parler... Mais je sais pas ce qu'elles disent..." Rien à la bibliothèque sur le sujet, voilà qui était bien étrange. S'il n'y avait rien c'est que soit c'était hors de portée des élèves de Poudlard, soit ces lois ne portaient pas ce nom là. Mais alors qu'est-ce que ça pouvait bien être...

- "
T'es sûr que c'est leur nom?" Ennis attrapa un deuxième fondant pour gagner de la contenance et du temps. Elle n'en avait aucune idée et ne savait pas trop comment répondre à son ami. Elle profita du moment de calme et de silence pour observer le gâteau qu'elle tenait entre les mains. La couleur verte fluorescente était captivante et elle en prit un peu sur son doigt pour la sentir avant de la goûter. Le sucre prédominait largement, ne laissant pas vraiment de place pour un autre goût. Fronçant légèrement le nez, elle décida finalement de croquer à pleines dents dans la pâtisserie entière juste au moment où le rouge et or lui retourna le problème de leur niveau en potion. La bouche encore pleine, elle fit signe que non de la tête avant de pouvoir dire proprement:

- "
J'ai juste entendu une de mes frères en parler avec ma mère cette été. Faudrait peut être lui demander pour les lois de..." Il lui fallut quelques secondes pour retrouver le mot prononcé par le garçon peut de temps auparavant "Kolpalott." Elle marqua une pause et glissa sa main droite - celle qui ne tenait pas la confiserie - sous sa mâchoire pour réfléchir. "Ou que je lui emprunte son livre de potion..." Emprunter... Ou au moins en trouver le titre pour le consulter à la bibliothèque. Ça s'était faisable et surtout plus sûr. Car le cinquième année ne lui laisserait certainement pas son livre à l'approche des BUSEs. Son esprit tournait à plein régime pour trouver une idée qui leur permettrait d'expérimenter. La petite se mordit la lèvre prise dans sa réflexion avant de relever les yeux vers son camarade. Il venait de se décoiffer et la regardait avec intérêt. Elle se demandait ce qu'il en pensait. La trouverait-il un peu bête avec ses élans d'apprenti potionniste un peu dangereux ou serait-il plutôt à foncer a tête plus ou moins baissée avec elle pour tenter l'expérience? Elle ne le connaissait pas encore suffisamment pour attester avec certitude de ce qu'il ferait. Mais il ne fallait pas se mentir, une telle expérience? aventure? comportait des risques. Et chez les Gryffondor, même chez les plus mesurés, le risque faisait intégralement partie de leur quotidien.

Ennis O'Belt - 3ème année RP
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S'agissait-il vraiment des lois de Kolpalhote tel qu'il l'avait affirmé quelques instants plus tôt ? Du mieux qu'il pouvait s'en rappeler, c'était bien le nom que sa mère avait donné aux lois sur la conception d'antidotes aux poisons, mais, n'ayant jamais vu ce nom écrit quelque part, le garçon n'avait pu retenir que les sonorités et était bien incapable de pouvoir épeler le nom de ce sorcier ou cette sorcière. Le nom pouvait tout aussi bien commencer par la lettre C, K ou même que le garçon ne serait pas étonné. Mais si les deux enfants voulaient un jour pouvoir s'y référer, ils devaient avoir une idée claire sur son écriture afin de faciliter leurs recherches. 

- « J'sais pas pour le nom, ma mère m'en a juste parlé, je l'ai jamais vu écrit. C'est quelque chose dans le genre, mais c'était il y a longtemps quoi, je me rappelle plus trop ... » se morfond d'excuses le garçon de Gryffondor.

Plusieurs solutions s'offraient à eux pour pouvoir identifier le nom de l'auteur.e de ses fameuses lois de Potion. Celle qui sauta tout de suite aux yeux de Clément était de le demander directement dans la prochaine lettre qu'il enverrait à sa mère. Après tout, c'était auprès d'elle qu'il avait entendu ce terme et il était fort probable qu'elle verrait immédiatement de quoi son fils voulait parler si il lui précisait qu'elle l'avait évoqué lorsqu'elle préparait des antidotes dans sa boutique du Chemin de Traverse. Quant à Ennis, elle apporta une solution qui ne nécessiterait pas plusieurs jours d'attentes et qui plu aussi tôt à l'Anglais : demander directement à un de leurs aînés qui avait forcément étudié ça en classe ou lui emprunter son manuel de cours. L'Irlandaise proposait son frère comme personne à interroger, et Clément n'y vit aucune objection, opinant de la tête comme pour signifier son accord. Se rappelant vaguement que la fillette avait deux frères, mais ne sachant plus qui était encore à Poudlard, il préféra lui demander :

- « Ton frère, mais lequel ? Je suis sûr qu'il doit y avoir ça dans ses manuels de potion ou au moins, il en a déjà parlé en cours. »

Sa question pouvait sûrement paraître bête, mais il avait préféré la poser afin d'être clair sur la situation et ne pas se révéler encore plus maladroit dans le futur si il était amené à croiser ce fameux frère dans les couloirs. Clément avait souvent surpris sa camarade de classe à discuter avec un garçon de Serdaigle plus âgé qu'eux et pouvait se douter par leur étroite proximité qu'ils étaient de la même fratrie. À moins que ce ne soit quelque chose de plus que ça ? Non, même si son amie était discrète, il aurait su si elle avait un amoureux. Enfin... il le pense. Une chose était néanmoins sûre : il n'aurait pas la réponse à cette question de si tôt. Mais le Gryffondor ne voulait pas arrêter le sujet là, ayant peur de devoir revenir au sujet initial de leur conversation dans ces toilettes abandonnées. Comment les deux enfants pouvaient-ils découvrir la composition du gâteau alors ?

- « Je crois que pour le moment, on va devoir procéder différemment » commença par dire Clément en regardant le gâteau qu'il tenait dans les mains avec des yeux de merlan frit. « Hormis la vue, on sous-exploite assez peu nos autres sens. Ferme les yeux en prenant une bouchée et dis-moi à quoi ça te fait penser ! »

C'était la seule solution qui restait à la portée des enfants jusqu'à ce qu'ils apprennent des méthodes magiques plus efficaces. En proposant ça à Ennis, il continuerait de lui faire oublier la Beuglante qu'elle venait de recevoir de la part de son père, et ainsi, il n'aurait pas besoin de la réconforter directement. Certes, ce qu'il était actuellement en train de faire soulageait la fille d'une peine, mais Clément préférait lui changer les idées plutôt que de parler de ses émotions.

Clément Downing # 3ème année RP
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Était-ce vraiment la meilleure des solutions que de demander à Domhall des informations ou son livre de potions? Rien n'était moins sur et Ennis espérait qu'ils trouvent une autre solution. Restait encore la bibliothèque, antre des livres et lieu favori des deux enfants à l'école. Aux excuses du garçon, Ennis haussa les épaules. Ce n'était pas si grave que ça en soit, même si maintenant sa curiosité était piquée. A douze ans ou presque pour Clément, ils ne pouvaient tout savoir sur tout. Même s'ils faisaient partis des meilleurs de la classe quoiqu'en disent les parents de la châtain.

- "
On finira bien par le savoir..." Eut tout juste le temps de dire Ennis avant que le garçon n'enchaîne sur la mention de son grand frère. Il avait bonne mémoire. Nombreux étaient les Gryffondor à ne pas s'en souvenir. Enfin, parmi ceux qui savaient qu'elle avait deux frères aînés dont l'un à Serdaigle; autant dire pas beaucoup. Ne pas partager plus cette information - mais en même temps à qui pouvait-elle bien dire quelque chose d'aussi privé? - lui avait d'ailleurs valu quelques surprises. De mauvaises surprises. Certaines filles de son dortoir, de sa classe, l'avait vu avec Dom' et en avait conclu qu'il était son petit ami. Un petit ami? Non, surtout pas. Et puis pour quoi faire. Elle aurait bien le temps plus tard. Et puis, sa mère distillait déjà assez de sous-entendu comme ça... Au moins avait-elle la confirmation que Clément ne faisait pas parti de ses férus de ragots au sujet de sa vie sentimentale.

- "
Domhall, il est en cinquième année. Forcément il l'a déjà vu en potions. Il y en a beaucoup dans sa filière je crois." Ennis marqua un pause avant de continuer. Elle recommençait à penser à l'école et donc à ses parents. Elles se dépêcha de terminer son idée pour passer à autre chose:

- "
Mais avec ses BUSEs, je ne sais pas s'il voudra bien nous aider." Elle fit un sourire d'excuse à son tour. Ils tournaient un peu en rond depuis plusieurs minutes. La solution à ce problème si trivial n'était finalement pas si évidente. Surtout que les deux enfants se prenaient bien la tête pour pas grand chose. Ils n'avaient toujours pas évoqué la possibilité de questionner un elfe. Mais peut être qu'aucun des deux ne savait comment en trouver un. Ennis réfléchissait à une autre solution mais rien ne lui venait quand son camarade évoqua les bonnes vieilles méthodes. La dégustation. Elle lui lança un regard curieux et lui sourit avant de prendre un nouveau fondant du chaudron.

- "
Allons-y." Dit-elle avec une expression rieuse, comme s'il fallait un courage immense pour manger une friandise. Elle ferma ses yeux marrons et porta le gâteau à sa bouche. Elle en pris une bouchée et chercha à distinguer toutes les saveurs qui atteignaient ses papilles gustatives. Le chocolat bien sûr était la plus dominante, mais ce n'était pas ce qui l'intéressait le plus. Il lui fallait tenter de trouver quel était le goût du coulis vert qui recouvrait le fondant. Alors la petite irlandaise chercha les saveurs cachées, discrètes, ténues... Des choses venaient et pour confirmer, elle mangea la seconde moitié du gâteau qui était bien trop gros pour qu'elle n'en fasse qu'une seule bouchée. Cette deuxième impression confirma la première et elle rouvrit les yeux. De sa main gauche, elle essuya quelques miettes qui se baladaient sur le pourtour de ses lèvres et sur le haut de sa chemise avant de donner son ressenti à son ami:

- "
J'ai senti... C'est du kiwi non?" Ennis ne savait pas si Clément avait goûter une friandise en même temps qu'elle. Elle ne savait donc pas s'il pourrait confirmer ou non son impression première. Mais ils avaient encore un stock non négligeable de gâteau pour recommencer au besoin. Si toutefois le rouge et or était prêt à sacrifier l'envoi de sa mère. Rien n'était moins sûr. Mais au pire, l'irlandaise pourrait négocier auprès de ses parents... Non, pas après sa retenue et cette beuglante. Plutôt auprès de ses frères. Dom' pourrait en lui rapporter de Pré-au-Lard ou Dia' lui en faire parvenir par colis.

Ennis O'Belt - 3ème année RP
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C'est parti. Ennis avait lancé une nouvelle dégustation. Les deux enfants allaient de nouveau s'essayer à la dégustation de fondants du chaudron afin de tenter d'en percevoir sa composition. Après tout, n'étant que des apprentis sorciers, ils n'avaient pas d'autres choix que de goûter la pâtisserie si ils voulaient tenter d'en percer à jour les secrets et les ingrédients. Une chose était évidemment sûre : la génoise qui constituait la plus grande partie du gâteau était majoritairement fait de chocolat puisque en plus de sa couleur caractéristique, le goût était facilement reconnaissable. Il était probable qu'il y ait d'autres ingrédients dans celle-ci, mais ils n'intéressaient guère le garçon. Clément était plus intéressé par la composition de l'étrange liquide vert et gluant qui coulait du fondant du chaudron une fois qu'on en avait dégusté une partie.

Depuis qu'il puisse s'en souvenir, l'Anglais avait toujours été intrigué par cette substance mais les adultes qu'il avait interrogé n'avait jamais su lui fournir une réponse adéquate. Certains adultes, comme sa grand-mère Clarisse, qui n'aimaient pas le voir manger autant de sucreries lui disaient que la pâte visqueuse était en réalité de la morve de troll afin de lui couper toute envie de dégustation, tandis que d'autres adultes, comme son oncle Aidan, s'amusaient à trouver des explications tout aussi farfelues les unes que les autres pour faire rire et travailler l'imagination de l'enfant. Aidan, le frère cadet de son père, son oncle préféré. Il avait toujours su comment amuser Clément et même après sa rentrée à Poudlard, continuait de lui envoyer des hiboux tout aussi loufoques les uns que les autres. Downing fut interrompu dans ses rêvasseries par sa camarade de Gryffondor qui lui disait avoir senti du kiwi dans le fondant du chaudron. Du kiwi ? Il est vrai que la pâte verte avait un petit côté acide, mais jamais il aurait pu se douter qu'il puisse s'agir de kiwi.

- « Vraiment ? Je n'ai jamais pensé que ça pouvait être du kiwi ... Je sais pas, j'ai goûté ce fruit que quelques fois pendant les grandes vacances chez mes cousins, et c'est pas un truc que j'adore. Alors que les fondants du chaudron... » s'exprima le garçon avec des yeux pétillants lorsqu'il prononça ces derniers mots.

Est-ce que le goût du chocolat aurait masqué à ce point le goût du kiwi pour qu'il ne puisse pas se rendre compte après autant d'années qu'il y en avait à l'intérieur de ses pâtisseries préférées ? Probablement. Peut-être que finalement, il ne détestait pas tant que ça ce fruit exotique et n'avait eu que de mauvaises expériences avec ? Haussant les épaules, il voulait se faire lui-même son propre avis sur l'énoncé d'Ennis. Après avoir fermé les yeux et s'être concentré comme il l'avait proposé à sa camarade, Clément croqua une bonne bouchée de fondant du chaudron pour que son cœur vert soit apparent. Dès qu'il eut fini de manger la partie de chocolat qu'il avait en bouche, sa langue vint se déposer sur la substance verte pour goûter. Une sensation de picotement se fit ressentir sur sa langue, signe de l'acidité du liquide visqueux qu'il était en train d'expérimenter. Maintenant que la Gryffondor le disait, il arrivait à différencier un goût fruité dans cette pâte, mais avait tout de même du mal à mettre un nom sur cette impression.

- « Je sais pas... ça pourrait l'être comme ça pourrait ne pas l'être. Je n'en ai aucune idée à vrai dire ... Je veux bien te croire si tu dis que ça l'est ! »

Finissant d'engloutir la pâtisserie qu'il avait entre ses doigts, le garçon jeta un coup d’œil au paquet de gâteau et eut une petite moue bien triste en s'apercevant que son contenu avait été presque entièrement vidé.  Il n'en aurait plus pour le reste de la semaine et il prévoyait déjà son état émotionnel d'ici la prochaine livraison. Néanmoins, il avait été content de partager ce moment en compagnie d'Ennis et d'avoir réussi à lui faire oublier momentanément les problèmes qu'elle avait. Comme tout bon moment devait avoir une fin, Clément s'adressa alors à l'Irlandaise :

- « Bon... On s'est bien amusé ici, mais c'est un peu glauque d'être assis ici. Je te propose d'aller chercher Nausicaä dans la salle commune, j'en profite pour récupérer mon jeu de cartes et on va trouver une salle de classe abandonnée pour jouer à la Bataille Explosive ? »

Il était hors de question que le Première Année lui propose d'aller étudier à la Bibliothèque ou ailleurs comme il avait prévu de le faire ce matin, car il savait que son amie n'était pas en état, et que la meilleure des choses à faire était de continuer de la divertir.

Merci pour ce RP Ennis, et à bientôt pour la suite ;) 

Clément Downing # 3ème année RP
"Le succès ne s'explique pas, l'échec ne s'excuse pas." N. Bonaparte