Toilettes abandonnées

Inscription
Connexion

 RPG +  Bulle de nervosité  PV: Jules.C 

VI / MMXLIV
1ère année ♦ Jules Circinus
Poudlard ♦ Les Toilettes abandonnées


Et puisque l'ennui détestable était omniprésent chez toi alors il fallait bien que tu trouves un moyen pour le combler. Au fil du temps tu avais pris le malin plaisir à t'estimer supérieur à tous les autres élèves de Poudlard si bien que tu pensais n'avoir rien à faire en leur compagnie. Et c'est ainsi que tu te fixais seul tes malheureuses limites. Pour toi, tu ne pouvais pas t'amuser, tu n'en avais simplement pas le droit de t'amuser puisque tu étais seul.
On ne peut pas s'amuser seul hein pas vrai Rytz ? *J'erre moi, je vagabonde.*

Simplement mais dignement, il fallait bien accepter de se rendre à l'évidence. Seul on ne pouvait pas faire ce que la majorité des gamins de onze ans faisait. Seul on ne pouvait pas faire de bêtise. Seul la Prison était bien plus froide qu’un iceberg *Elle m’encercle. Elle me prend comme un vulgaire objet, sans jamais vouloir me relâcher. Elle m’étouffe. Je suis Prisonnier* Soit, que tu le veuilles ou non tu étais un sorcier Rytz et bien que tu la rejetasses sans cesse la magie existait réellement. Tu allais devoir passer les sept prochaines années de ton existence entre ses murs de pierre.

L’enfant effrayé peine à comprendre. Il ne veut pas comprendre. Il en a bien assez de toujours devoir tout comprendre. Il ne peut plus comprendre.

Oh mais, pourquoi fallait-il toujours croire ? Pourquoi l'on ne pouvait pas être uniquement maître de sa propre vie ?

Depuis toujours tu te résignais à vivre de la sorte : en solitaire. Ainsi, il ne fallait pas venir te plaindre si ton unique passe-temps était d'explorer les quelques coins abandonnés de Poudlard. *Mais, il y'avait toujours Ly pour s'amuser ?* Non. Tu ne pourras pas toujours compter sur lui. *Si. Parce que moi je veux.*

Entêté.
Ce petit garçon ne t’avait pas laissé indifférent n’est-ce pas Rytz ? Et cette conversation-là dans les dortoirs tu ne pourras jamais l’oublier n’est-ce pas ?


L’enfant las se promène. Il en a assez d’entendre les rires. Il ne peut plus entre les rires. Ils risqueraient de le mettre en colère s’ils continuaient les rires.

La fin des cours ayant sonné trop tôt, tu ne voulais donc pas rentrer directement en salle commune. Et c’était dans ces moments-là que tu préférais marcher. Marcher assez longtemps pour oublier les malheurs de la journée. Marcher assez longtemps pour semer le doute dans tes pensées. Marcher assez longtemps pour oublier les gens et marcher assez longtemps pour trouver un nouveau passe-temps.

L'endroit que tu nous avais trouvé aujourd'hui Galvane, était sûrement loin d'être le meilleur endroit que l'on puisse trouver dans cette école de fou. Mais bon, ce lieu avait l’avantage d’être sombre et peu fréquenté alors cela te suffisait amplement.

Les toilettes abandonnées. Oh ! Tu le savais bien toi que c'était les gens les plus étranges qui se rendaient dans ce lieu obscur. Les gens tristes et pénibles. Des plaintes aiguisées s’élevaient sans cesse et des cris aigus s'entrechoquaient. Ce lieu était empli de tristesse, d’angoisse et de solitude.

Tu avais sûrement eu envie de venir observer ses gens souffrir dans l’espoir également de souffrir n'est-ce pas ?


La vie avait fait que toi, petit enfant avait déjà ressenti la douleur. Alors tu avais le pouvoir de comprendre tous les gens qui étaient présents ici avec toi et tu les remerciais intérieurement de faire de Poudlard un endroit un peu moi joyeux. L’atmosphère pesant, lui, se plaisait à venir enquiquiner ton esprit. Il mélangeait tout. Oh il était fort l’Atmosphère ! Il te permettait de ne pas oublier qui tu étais réellement. *Non. Je l’ai trop vu. Je ne veux pas penser à ça.*

Observant les rangées de lavabo dénudées de robinet tu essayais inutilement de faire fuir le monstrueux souvenir. Le mur était froid et repoussant mais il fut ton unique refuge. T’asseyant lentement à ses pieds douloureusement tu tentais de te calmer. *J’ai trois poussins et j’en veux deux comment je fais ?* «  - Comment je faiis ? »

Silence. Trop tard. Il était déjà là, il était de retour. Fini, tu ne pouvais plus plaisanter. Accroupi tu saisis un bout de miroir qui était à tes pieds et regardant lamentablement ton visage tu t’écrias :

«  - T’es vraiment qu’un gros con. Je suis vraiment qu’un gros con. » Les mots de la Perverse ils t’avaient bien marqué n’est-ce pas Rytz ? Tu ne pouvais même plus t’en séparer.
Dernière modification par Galvane Rytz le 5 juin 2019, 14 h 52, modifié 1 fois.

Erreur n°404

 RPG +  Bulle de nervosité  PV: Jules.C 

Agacement. Cette vie t’agaçait ou plutôt, l’agaçait. *T’es qu’un idiot à l’imparfait mais moi j’suis au présent et j’pars faire mon futur* Idioties à l’imparfait, monde au présent et avenir au futur, tu n’es peut-être qu’un minable mais sans toi Maman n’est rien, Maman ne serait qu’une vulgaire mère sans amour et sans bonheur. Maman a besoin de toi, tu n’es que son essentiel ! Détresse.

« Aide, j’ai besoin d’aide » s’écria le gamin.

Et puis il y a toi, gamin, celui dont tout s’est écroulé. Un seul mot en tête, père mais peut-être qu’une seule idée précise, mère. Que vas-tu faire ? Partir ou rester, trahir ou aimer, abâtardir ou adorer ? « Que quelqu’un m’aide, par pitié », Jules ne demandait que ça, être aidé.
Mais par qui au château ? Herschel ne pourrait sûrement pas comprendre, les autres le jugeront. *Il faut en parler, je sais* Jules était seul, enfermé dans une bulle. Une bulle de nervosité.

•••••••••

Jules était là, dans cette pièce délabrée, sombre et glauque. Il ne comptait pas y sortir de sitôt, peut-être même pas du tout à dire vrai. *Je sors, je sors pas. Je sors, ou peut-être pas* telle était sa réflexion. Assis, l’enfant était assis, la tête mouillée de sueur emprisonnée dans ses petits bras fins. Le sol était froid comme l’hiver, le mur auquel il était adossé l’était également. Les gouttelettes de sudation traversaient ses cheveux épais comme un amas de fougères à traverser dans la forêt, la Forêt avec un grand F. Eh gamin, pourquoi ça t’arrive à toi ? Qu’est-ce que tu mérites pour obtenir toute cette souffrance ? « Aide, j’ai besoin d’aide ».

J’ai besoin de toi comme toi tu as besoin d’elle, ta mère. Ne la délaisse pas, elle ne s’en remettra pas. Toute rose mérite d’être entretenue, soutenue et soignée. Une mère, c’est tout ce que tu as de plus précieux. Ton paternel n’est qu’une poussière, tu n’oseras jamais l’appeler Papa pas vrai ?

« Stop, laissez-moi ! » se défendit Jules.

Un deux, un deux, reprend ton souffle. Jules le reprit. « - Comment je faiis ? », Jules fut interpellé par cette voix en détresse. Gamin, tu dois l’aider, fonce, vas-y ! Ah non c’est vrai, tu n’es qu’un faible timide, n’y vas pas. Peut-être qu’il t’a entendu crier et qu’il a pris peur ? Tu y vas, en t’approchant calmement. *Stop, que tout ça s’arrête* pensa-t-il. Il s’approche, racla sa gorge d’une manière brutal puis commença : « Tu as bes... », il fut interrompu par le garçon. « - T’es vraiment qu’un gros con. Je suis vraiment qu’un gros con » s’écria-t-il.

« Ah… euh d’accord, je pense que tu veux être seul alors. Je te laisse tranquille, désolé de t’avoir dérangé » s’excusa Jules en pensant que les paroles de l’enfant lui étaient destinées.

Désespéré de lui-même, Jules rebroussa chemin afin d’aller ré-humidifier ses joues.

« Un jour je serai fort »

 RPG +  Bulle de nervosité  PV: Jules.C 

Chaque pierre qui aidait à former les murs sombres de la pièce dans laquelle tu te trouvais semblaient tour à tour te dicter une nouvelle phase de ton destin. Cette pièce était réellement une traîtresse puisqu'elle ne voulait même pas sourire et elle imposait sa fichue doctrine à tous ceux qui y mettaient les pieds.

Loin est l'enfant qui rêve de moutons dorés, mais proche est celui qui ne peut s'empêcher de penser sans cesse au pire. Loin sont les rires et les sourires radieux mais bien trop proches sont les pleurs incontrôlés. J'avais dit comme à chaque fois que tu n'étais pas le seul à souffrir de ne plus pouvoir voir le vrai monde. Tu n'étais certainement pas le seul à ne pas aimer ton école. *École ? J'avais dit que je ne voulais plus aller dans une école. *

Géographiquement trop proche et semblant crier à l'aide un autre gamin dont tu ignorais l'existence se trouvait dans cette pièce. À en entendre ses paroles on pouvait facilement identifier qu'il ressentait certaines choses de la même manière que toi.

Quelle pouvait bien être son histoire à ce gosse ? Pourquoi souffrait-il ?

« Aide, j’ai besoin d’aide »
Moi aussi j'ai besoin d'aide.
« Stop, laissez-moi ! »
Oh ! Ils te font du mal à toi aussi ? Ne Faut pas les écouter tu sais hein, t'imaginais-tu lui répondre gentiment avant que la réalité ne vienne te rattraper.

Comment faire autrement ? Comment pouvoir lui répondre humblement ? Faisait-il partie de ses gens arrogants ou pouvait-il être différent ? Était-il blond, brun ou roux ? Quel âge avait-il ? Quel nom et quelle maison se cachaient derrière cette voix ?


*Je vais le voir ? Non ? Oui ?*
Oh Timidité quand tu nous tiens,
Plus jamais tu nous lâches.
Oh la Folle, l'Angoissante, la Terrible, quand tu viens
On voudrait tous un jour t'écraser violemment à coups de hache.


Oh ! Et toi la Peur quand tu nous tiens;
On voudrait simplement s'enfuir loin.
Mais bien trop vite l'on s'aperçoit,
Que l'on a peur d'être seul comme si l'on avait peur de soi.


* Mais pourtant c'est impossible puisqu'elles sont toujours plus fortes que nous. Si moi je les avais vaincues cette nuit-là Maman serait-elle morte ?* C'est de ta faute Rytz. Rien que de ta faute. *Maman elle ne serait pas morte c'est ça ? C'est de ma faute ? Dit le ! Dit que c'est de ma faute. *

Combat perpétuel.« - Non. Arrête. J'ai dit que je ne voulais pas penser à ça ! »
L’affranchi. Le vainqueur fut l'autre. Celui qui semblait souffrir. Une voix chevrotante qui semblait aller en ton advertance vient alors te libérer miraculeusement de tes pensées morbides.

« Ah… euh d’accord, je pense que tu veux être seul alors. Je te laisse tranquille, désolé de t’avoir dérangé » Non c'était faux. Tu ne voulais pas être seul. Il avait mal compris. Et bien tu vois, tu étais bel et bien le pire des con Rytz ! Il pleurait maintenant lui.
*Il pleure à cause de moi ?* La nouvelle semblait dure à encaisser pour un petit gosse comme toi qui essayait de travailler sur lui-même.

« - Tais-toi. Tu as tout faux ! » t'écrias-tu dans un élan d'angoisse.

Ne sachant plus que faire tu restas-là accroupis. Sans rien dire. Sans bouger. Mais allez Rytz ! Allez ! Bouge, moi je sais pas mais fait quelque chose. Excuse-toi au moins. te crachais violemment ton esprit.

Honteux, restant toujours assis et ne voulant pas t'approcher davantage de l'inconnu tu lui expliquas :
« - M'ex...cuse. Je ne te parlais pas. Mais tu peux rester si tu veux enfin je ne sais pas moi. » marquant une pause tu repris cette fois-ci bien plus calmement « Mais pourquoi tu pleures ? C'est à cause de moi si tu pleures ? Euh… Je sais pas trop quoi dire moi. Je déteste cette question mais tout va bien ? »

Merde à la fin quoi. Tu ne savais pas comment faire. Tu ne savais pas t'y prendre avec les gens. Tu étais nul pour ça. * Dis, c'est quoi être gentil ? *
Dernière modification par Galvane Rytz le 9 août 2019, 18 h 27, modifié 1 fois.

Erreur n°404

 RPG +  Bulle de nervosité  PV: Jules.C 

A toi qui écris ta vie à coups de ratures, retourne forger ton armure car je t’assure que la vie est dure. A toi qui pensais être protégé, prépare toi car l’assaut va commencer. A toi qui n’étais sûr de rien, prend garde car rien n’est bien, tout est malsain. *Suis-je égoïste ? A cause de moi tu t’es retrouvée en danger* Jules était là, plus que piéger.

Affronter la vague,
Mourir à bas-bord.
Seul sur cette barque,
Tu laisses la dérive embarquer ton corps.

« Que suis-je supposé faire ? » demanda Jules comme s’il espérait avoir une réponse en retour. Qu’est-ce que tu es bête ! Tu crois sincèrement obtenir une quelconque réponse ? Non mais il faut penser à redescendre sur Terre au bout d’un moment ! Allo la Terre ici la Lune ! *N’aurais-je donc jamais la paix ?* pensa le gamin.

•••••••••

Et puis il y a ce garçon à qui tu t’es adressé, ce garçon qui ne semble pas allait bien. Tu veux l’aider pas vrai ? Le problème c’est que lui ne semble pas en avoir besoin. Certes il a l’air en détresse mais bon après tout tu n’es pas sa mère pas vrai ? Et puis tu as déjà assez de problèmes pour essayer de résoudre ceux des autres non ? Problème par ci, problème par là… Et qui le château lui même était une source de problèmes ? Et si en fait, c’était toi la cause de tous ces tracas ? *Espèce de nid à soucis, je suis qu’un bon à rien !*

« - Tais toi. Tu as tout faux » s’écria-t-il alors, sans que Jules ne puisse l’envisager. A vrai dire, le Poufsouffle ne pensait aucunement avoir une réponse puisqu’il s’était fait remettre à sa place brutalement par le garçon. Alors Jules se retourna et observa la sorte de boule recroquevillée sur elle-même puis ajouta : « Je suis vraiment désolé, je n’aurais pas dû intervenir… Je vais te laisser seul alors puisque cela semble être ton choix ».

Et voilà encore une preuve montrant que tu n’es qu’un faible, un sac à ennuis. N’es-tu donc pas encore convaincu ? Ah ! En voilà une bonne réponse ! *Peut-être que le véritable courage consiste à être courageux précisément quand on ne l’est pas ?* pensa l’enfant.

Un dieu, cet avorton !
Ce minuscule humain !
Mais il n’est pas de taille !
Je lui laisse commander… l’eau de vaisselle sale !
Je lui laisse simplement le feu d’une allumette !
Il ne résisterait même pas aux éclairs… au chocolat !
Et encore moins au souffle… Du moins, aux soufflés aux fromages !

« - M'ex...cuse. Je ne te parlais pas. Mais tu peux rester si tu veux enfin je ne sais pas moi. » Et s’il disait ça pour ne pas te contrarier ? Pour ne pas t’enfoncer encore plus que tu ne l’es déjà ? *Je devrais sûrement m’éclipser, je ne veux pas lui causer plus de problèmes qu’il n’en a déjà* Mais malgré tout, tu restes car tu étais sûr que cela n’allait pas se terminer comme cela, il allait continuer de parler. Et tu eus raison : « Mais pourquoi tu pleures ? C'est à cause de moi si tu pleures ? Euh… Je sais pas trop quoi dire moi. Je déteste cette question mais tout va bien ? »  Là, tu ne savais plus quoi répondre. Devrais-tu te livrer à lui au risque qu’il ne te mène encore plus bas que tu ne l’étais déjà ? Ou peut-être devrais rebrousser chemin en le remerciant gentiment afin d’aller donner du travail à tes yeux, du travail qui s’annonçait... mouillé ? Tu optas pour la première proposition, à tes risques et périls.

«  Je ne peux te dire que je vais bien, ça serait te mentir. Tu as l’air mal toi aussi alors si tu souhaites, je peux te servir de punching ball, je peux t’écouter, éponger tes peurs et tes angoisses, te servir de frère si tu en as besoin. Tout ça pour te dire que je suis là pour toi. Alors d’accord, on ne se connaît pas, d’accord nous sommes tout deux dans le mal et que nous avons pas forcément besoin d’aide mais je me dis qu’en parler à un inconnu peut soulager. C’est d’ailleurs ce que je peux faire si tu m’accordes le droit »

Parfois le ciel danse en couleur sur un grand manteau blanc.
Des oiseaux roses percent l’horizon, on dirait des étoiles filantes.
On peut y voir encore des montagnes qui jouent avec les brumes comme des géants de pierre.
Imaginaire ? Pas du tout !
On le surnomma « Petit Prince ».

« Un jour je serai fort »

 RPG +  Bulle de nervosité  PV: Jules.C 


Anja m’avait pourtant dit que si l’on avait su viser haut afin de toujours suivre le droit chemin alors nous n’aurions jamais connu la souffrance. Mais la Vie elle, en avait décidé autrement pour nous. Elle avait choisi d’être machiavélique. Nous, on ne l’attendait pas cette souffrance et toi encore moins que moi mais pourtant elle est apparue. Et elle est montée vers nous si rapidement que l’on n’a même pas pu s’en apercevoir. Puis elle nous a rué de coups. De coups bien trop violents pour que nous puisâmes nous relever.

Pourtant il a bien fallu que l’on essaye de guérir. Mais ton âme tout comme la mienne, elle avait beau demeurer en vie, l’on savait bien qu’elles resteraient à tout jamais endolories. Ton cœur hurlait à l’aide et battait en retraite et ta pauvre conscience se repliait chaque jour un peu plus sur elle-même. Mais puisque physiquement tu n’avais rien, tu n’avais pas eu le besoin de t’arrêter de vivre.

« - Alors, je dois faire quoi pour guérir ? Hein je dois faire quoi ? »


Et puis là on était neuf ans plus tard et tout avait changé. Tu n’étais plus avec moi mais l’on souffrait toujours autant. Puis toi tu étais là, à Poudlard et moi j’étais loin. Loin de toi. Loin de tout. Dans une vieille pièce servant autrefois de toilettes tu demeurais paisiblement, ignorant certainement mon existence. M’avais-tu oublié Rytz ? Savais-tu seulement qui j’étais ?

Et puis il y’avait l’autre aussi qui te regardait. Vous étiez là, face à face. Chacun renfermé au beau milieu de sa bulle de nervosité. Chacun semblant penser à l’autre et chacun partageant une partie de sa souffrance.

L’un des deux souffre ? L’autre souffre aussi ! Alors ce n’est pas possible ? Ce n’est pas bien ? Il ne faut pas qu’ils soient ensemble.


L’Autre se distinguait parmi tous les autres. Il semblait différent puisqu’il n’avait pas choisi de s’en prendre à ton visage comme ils le faisaient tous. Il n’avait pas choisi de te cracher tes mots violents à la figure. Lui, il voulait bien rester calme et simplement discuter. L’individu en face était simple. Il ne venait pas ici pour se battre puisqu’il semblait lui aussi avoir compris. Compris quoi ? *Je l’ignore mais il a compris c’est tout ce que je peux dire. *

Les gens tristes seraient-ils alors plus gentils que les gens heureux ? Pouvait-on désormais qualifier la souffrance de bonheur ?


Mais moi je crois que c’est dans le malheur que l’on se soutient et que l’on vit certains de nos plus beaux moments. Je crois aussi que c’est pour cela qu'on ne peut pas demeurer seul éternellement. Toi Rytz, tu ne parles jamais puisque tu préfères toujours garder tout pour toi. Mais toi Rytz tu n’es pas le plus heureux des petits garçons.

Mais puisque la douleur ne disparaît jamais, faut-il apprendre à vivre avec ? Est-ce que c’est plus beau d’être triste qu’heureux ?


Moi je me pose plein de questions et toi tu ne sais jamais la réponse. Est-ce qu’un jour tu demanderas à quelqu’un s’il a mes réponses ? *Chais pas. Je sais juste que je n’ai pas le droit d’être heureux. * cracha une nouvelle fois ton esprit annonçant l’insouciance.

Alors, si tu avais pu le faire Rytz, je sais que tu n’aurais pas hésité à te faire entendre. Tu n’aurais pas hésité à montrer à tout Poudlard l’ampleur de ta souffrance puisque tu en avais juste assez de rester toujours de côté.

Avais-tu la peste ? Étais-tu possédé ? Que fuyaint donc les gens chez toi ?


*Mais moi, j’allais, à pas lents tromper la misère et me recouvrir de gloire. * Et tu avais beau essayer mais cela ne fonctionnait jamais. Elle te fuyait toujours cette satanée gloire puisque à chaque fois la solitude la chassait. Mais elles étaient quand même bien pénibles les émotions. On ne pouvait ni les voir ni les toucher mais pourtant s’étaient-elles qui toujours causaient ton malheur.

Tristesse, Peur, Colère, Solitude. Leur unique but était de te noyer.


Et ce garçon-là qui avait bien voulu rester avec toi rien qu’un instant. Pourquoi il n’avait pas fui comme les autres ? D’ordinaire personne ne venait t’adresser la parole. Alors il fallait de nouveau comprendre. Comprendre pourquoi il était là. Toi tu t’en méfiais et lui il s’excusait encore. Ton instinct de survie avait appris à prendre le dessus sur les émotions et il t’interdisait de pouvoir juger les gens à leur propre valeur. Alors l’Autre se lança dans un roman et toi tu essayais de l’écouter attentivement.

«  Je ne peux te dire que je vais bien, ça serait te mentir. » * Moi non plus. * Mais qu’est-ce qui n’allait pas chez lui alors ? Sa présence te réconfortait-elle ? Y’avait-il des gens qui comme toi haïssaient Poudlard ?

« Tu as l’air mal toi aussi alors si tu souhaites, je peux te servir de punching ball. » *D’quoi il m’parle lui. * Un punching ball ? * Oh non merci. Je préfère encore rester seul. * Oh lui, il l’ignorait mais, je crois que ta petite séance de boxe dans la salle sur demande ne t’avait pas vraiment plus et tu n’avais pas la moindre envie de réitérer l’expérience. Et puis tu le laissas continuer sans broncher puis tu finis par comprendre où il voulait en venir. *Rien à voir avec la boxe ! *

« Je peux t’écouter, éponger tes peurs et tes angoisses, te servir de frère si tu en as besoin. Tout ça pour te dire que je suis là pour toi. Alors d’accord, on ne se connaît pas, d’accord nous sommes tous deux dans le mal et que nous n’avons pas forcément besoin d’aide mais je me dis qu’en parler à un inconnu peut soulager. C’est d’ailleurs ce que je peux faire si tu m’accordes le droit » Alors vraiment ? Quelqu’un s’intéressait à toi ? Quelqu’un voulait bien t’écouter ?

« Dis, pourquoi tu es gentil avec moi ? C’est une blague c’est ça ? » ronchonnas-tu. *Personne n’est gentil avec moi. *

« Moi je n’ai pas besoin d’un frère. Je préfère être seul mais je veux bien t’écouter si tu veux. Je n’ai rien d’autre à faire d’façon. »

Erreur n°404