Bureau de la directrice

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Entretien pour une nouvelle vie  PV 

Cette année était une toute nouvelle année pour Owen. Bien que ce jeune professeur de métamorphose ait déjà enseigné dans le domaine universitaire, il n'avait pas encore pu se remettre clairement sur le droit chemin depuis les quelques " déboires " dont il avait été victime. Profondément touché par cette période d'instabilité dans sa vie, il avait eu beaucoup de mal à retrouver un poste et une réelle envie de reprendre sa vie en main. Il faut dire que l'année 2040 n'avait pas été des meilleurs pour lui : son orgueil et ses choix de vies l'avaient poussé à utiliser la magie à mauvais escient et à bien souvent se retrouver dans des situations fort embarrassantes. Heureusement pour lui, quand il avait compris qu'un poste allait se libérer, Owen avait entrevu une nouvelle lueur d'espoir : retrouver un poste dans l'enseignement, même si cela était à Poudlard et non en université, était une opportunité qu'il ne pourrait pas laisser passer. Plusieurs échanges avec la directrice de l'école qu'il avait précédemment quitté pour des raisons plus que douteuses, Owen réussit à décrocher un entretien pour la rentrée 2041.

Nous sommes donc quelques semaines avant la rentrée 2041, et Owen foulait dorénavant le sol d'une bien vieille école, alors que de lointains souvenirs lui revenaient en mémoire. Madame Loewy lui avait accordé un entretien à 11h précises aujourd'hui, et le jeune professeur de 28 ans était très ponctuel, aussi il ne s'était pas fait attendre. Accompagné par le garde-chasse jusqu'à l'entrée du château, Owen le remerciait et lui indiqua qu'il trouverait son chemin seul, lui qui n'était pas particulièrement très sociable. Quoiqu'il en soit, Owen se retrouvait maintenant dans sa vieille école, et cela lui faisait une drôle d'impression. * Je n'aurais jamais pensé revenir ici un jour * songea-t-il alors qu'il gravissait les marches en direction du bureau du directeur, qu'il connaissait assez bien. En marchant, l'Irlandais se demandait si le bureau avait changé, et en conclut que oui, vu les années qui avaient passées. Il ne connaissait d'ailleurs pas le moins du monde l'actuelle directrice, et était assez incertain quant à son acceptation pour ce poste, lui qui avait dû débattre sa candidature, mais il espérait tout de même qu'il pourrait trouver en cette école célèbre un nouveau départ.

Dans la lettre qu'il avait reçu et qu'il tenait maintenant dans ses mains, Owen pouvait lire : " Rendez-vous à 11h, ce mardi dans mon bureau, je vous y attendrai. Le mot de passe est le suivant : tablinum. *Quel drôle de mot de passe* pensa Owen, jugeant quelque peu les goûts de la directrice concernant les mots de passe. Trêves de plaisanterie, Owen arriva rapidement devant l'entrée du bureau de la directrice, et à sa montre, il était tout juste 10h55. *Cinq minutes d'avance* soupira Owen, qui ne savait pas si la directrice aimait les personnes en avance, où souhaitait respecter son emploi du temps à la lettre. Peu importe, puisque le professeur était assez audacieux, du haut de ses 28 ans pour oser entrer dans le bureau de la plus haute instance, fort content de pouvoir y rentrer alors qu'il était diplômé et qu'il allait peut-être pouvoir enseigner dans cette école où il avait eu des problèmes, lors de sa jeune scolarité.


« Tablinum », prononça Owen distinctement

La statue en face de lui s’activa, pour laisser apparaître l'entrée vers le bureau du directeur. En soufflant un bon coup, Owen pénétra dans le petit encadrement, et suivit le chemin qui le mènerait à son rendez-vous professionnel. Il était maintenant devant une large porte, assez imposante, et qui reflétait parfaitement la grandeur de la personne qui l'occupait. Sans perdre plus de temps puisqu'il était maintenant 11h pile, Owen frappa avec conviction à la porte, qui s'ouvrit sans demander son reste. Confiant et motivé, Owen pénétra dans l'enceinte de la pièce et aperçut immédiatement une femme, imposante, qui semblait attendre. Il n'eût le temps que d'observer la froideur de la pièce : globalement le bureau n'était pas très joyeux. Un feu de cheminée, des murs gris et sombres, quelques objets luxueux en cristal, rien de trop tape à l'œil. Ne voulant pas perdre son temps, ni celui de la directrice, Owen s'introduisit dans le plus grand des calmes, avec la plus grande des confiances :


« Madame la directrice. Il semblerait que je sois à l'heure. Owen Flynch, nous avions rendez-vous. Bonjour. »

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Kristen Loewy était une personne exigeante. Elle aimait que les choses soient bien faites. Elle aimait le travail soigné. En tant que directrice de Poudlard, donc, il fallait que les choses tournent rond et qu’il n’y ait pas de grains de sable dans les rouages de cette grosse machine qu’était le collège de sorcellerie dont elle avait la charge. L’an dernier, il y avait eu, justement, un grain de sable. Quelque chose qui avait agacé Kristen au plus haut point : un problème avec un professeur. Cela avait eu lieu en février. Le professeur de métamorphose d’alors, Miles Ainsworth, qui était aussi directeur de Gryffondor, était venu trouver Kristen pour lui faire part d’un grave souci : un danger susceptible de menacer Poudlard. Jusque-là, tout allait bien.

Je crois que les choses ont commencé à mal tourner lorsqu’il jugea bon de lâcher : « Je crois m’être, de toute manière, déjà trop mêlé de vos affaires, stupides anglais. » Ce n’était en effet pas très judicieux, et la directrice avait retenu ces paroles : un homme qui ne se souciait pas des affaires des « stupides anglais » n’avait aucune raison d’être professeur à Poudlard, surtout lorsque les affaires en question pouvaient menacer les élèves. La sécurité des élèves était primordiale, cela devait être pour les professeurs de l'école une très grande préoccupation.

Kristen l’avait donc laissé finir l’année scolaire, mais lui avait bien fait comprendre qu’il n’était pas invité à revenir pour la prochaine rentrée, en Septembre. En d’autres termes, il avait été congédié.

Il fallait donc trouver un nouveau professeur de métamorphose. Kristen examinait les multiples dossiers qu’elle avait reçus. L’un d’eux retint son attention : il était particulièrement douteux. Le candidat en question s’était fait renvoyer de Poudlard alors qu’il était en quatrième année, pour essai de métamorphoses dangereuses. Plus tard, il avait réussi à se démarquer dans le domaine de la métamorphose, était devenu professeur à l’université. Cependant, on avait ouïe dire que ses méthodes étaient assez bancales.

Kristen referma le dossier et soupira. Elle contacta cet « Owen Flynch », eut un rictus en écrivant son prénom sur le parchemin, et attendit le jour et l’heure du rendez-vous, faisant passer en attendant d’autres entretiens, avec des personnalités moins surprenantes.

Le fameux jour de l’entretien arriva donc. Kristen examina une dernière fois le dossier de Flynch, fronçant les sourcils. Elle l’entendit monter, referma le dossier devant elle, et l’attendit. Il entra dans le bureau avec un air étonnamment confiant, pour un petit jeune au passé rebelle. Kristen se leva de son siège et observa sa montre. Elle fixa ensuite le nouvel arrivant droit dans les yeux et lui tendit sa main toujours gantée – elle n’utilisait plus le sortilège qui l’impliquait et la blessait, mais les cicatrices étaient suffisamment affreuses pour toujours justifier le port de ce maudit gant.


« Bonjour, Monsieur Flynch. Je vous en prie, prenez place, dit-elle en indiquant la chaise en face de son bureau, alors qu’elle-même se rasseyait. »

Elle posa les coudes sur son bureau et croisa les doigts. Son regard plissé fixait intensément ce candidat. Il avait un petit air avec l’ancien professeur de métamorphose. Elle se redressa et n'attendit pas plus longtemps pour commencer sa petite série de questions.

« Bien… Dites-moi, j’ai entendu dire que vous aviez quitté votre précédent poste dans l’enseignement. Qu’est-ce qui vous pousse à vous lancer à nouveau dans cette carrière ? »

Moi, je suis en quelque sorte un philosophe. Mon sujet d'étude, c'est vous. Je fais des recherches sur vous, votre vie, votre âme.

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« Bonjour, Monsieur Flynch. Je vous en prie, prenez place »

Owen ne se fit pas prier et s’exécuta sans demander son reste, après avoir serré la main de la directrice. Lui qui d'habitude n'avait pas peur des autres affichait maintenant une allure pour le moins indécise, rompant radicalement avec son entrée dans le bureau de ce qui pouvait être sa prochaine supérieure hiérarchique. La directrice du nom de Lowey n'avait pas l'air d'être ici pour plaisanter, son bonjour et son introduction n'annonçait probablement rien de bon pour le pauvre Owen, qui préférait faire profil bas pour le moment. Il se contenta juste d'observer les traits de la personne qui se tenait devant lui alors qu'il s'asseyait et compris rapidement qu'il n'était pas là pour plaisanter : madame Loewy semblait sérieuse, et n'affichait aucun signe distinctif qui pourrait exprimer telle ou telle émotion. Un bureau bien rangé, quelque peu sombre, mais très ordonné, ou tout était à sa place, et une femme à l'apparence soignée et sûre d'elle, voilà ce qui attendait Owen, qui commençait sérieusement à douter se son acceptation en tant que professeur dans cette école. * C'est bien parti * pensa Owen, ravalant sa salive.


« Bien… Dites-moi, j’ai entendu dire que vous aviez quitté votre précédent poste dans l’enseignement. Qu’est-ce qui vous pousse à vous lancer à nouveau dans cette carrière ? »

Ou comment rentrer dans le vif du sujet sans faire plus de détours. Owen comprit qu'il n'allait clairement pas sympathiser avec cette femme et qu'il était là pour son avenir professionnel, un point c'est tout. Inutile de tourner autour du pot et de demander si elle allait bien et comment l'entretien allait se dérouler donc. Owen prit simplement le temps d'analyser le faciès de cette femme : un regard assez lourd, les doigts croisés, clairement, cela n'engageait rien de bon. D'autant qu'elle lui posait là une petite colle : comment Owen réussirait-il à expliquer son besoin de changement aussi radical et son choix de retourner dans l'enseignement alors même qu'il avait fait le choix de quitter ce monde, il y a de ça quelques années ? Affichant lui aussi un air assez sévère pour ne pas se faire décontenancer par cette femme, Owen répondit le plus naturellement possible, après avoir soupirer sans retenue :

« C'est exact, madame. Enseigner à l'université n'est vraiment pas de tout repos et je crains avoir mis la barre trop haute, pour ce premier emploi. J'ai donc démissionné, à contrecœur certes puisque j'aime enseigner, mais pour mon bien personnel. »

Il marqua une courte pause, et sorti d'on ne sait trop où une feuille bien remplie sur laquelle figurait son parcours, ses études : en somme, son Curriculum Vitae, base de tout bon entretien d'embauche. Malgré l'aisance d'Owen, il planait une certaine atmosphère pesante dans la pièce : nul ne sait si la décoration étrange était en cause, mais on sentait tout de même les deux adultes s'affronter dans le regard. Au fond, Owen savait très bien où la directrice de Poudlard souhaitait en venir, mais il la laissa entamer le sujet, pour ne pas griller toutes ses chances d'un coup. Il reprit par la suite son argumentation, comme un bon élève récitant une leçon :

« Comme je vous l'ait dit : j'adore enseigner. La rupture a été difficile pour moi, et j'ai longtemps ressassé mes choix, mais je ne peux que me rendre à l'évidence : j'aime enseigner ma matière, cela me tient à cœur. C'est pourquoi j'ai sauté sur l'occasion quand j'ai vu qu'un poste se libérait au sein de votre école prestigieuse. Revenir dans ce cadre permettra également de corriger mes torts passés ... Vous êtes au courant, je suppose, en tant que directrice de Poudlard ? »

Tout en finesse, du Owen Flynch tout craché. Il venait là soit de lancer une bombe nucléaire, soit de signer son arrêt de mort. Il faut dire qu'Owen n'est pas très diplomate, aussi n'importe qui aurait pu sentir le reproche dans sa voix : lui qui n'avait toujours pas digéré son renvoi de Poudlard, pendant son enfance. Ni l'exclusion de ses parents qui s'en était suivi. * Sans cet événement .. * songea-t-il, intérieurement, serrant du poing. Il venait donc, en quelque sorte, de relancer la balle dans le camp de la directrice. Pour corriger le tir, Owen lui tendit son CV, avec un petit sourire en coin. Malheureusement, madame Loewy n'a pas vraiment la réputation d'une personne conciliante, aussi tout allait se jouer dans les prochaines minutes. Calmement, Owen attendit qu'elle lise son précieux papier, et jugea bon d'ajouter :

« Vous y trouverez toutes les informations nécessaires concernant mon parcours. »

Il ne lui restait plus qu'à attendre la suite des événements. Owen ne voulait pas compromettre ses chances d'intégrer Poudard en tant que professeur, mais il trouvait chez cette directrice quelque chose de fascinant, bien qu'il n’arrivât pas à mettre la main dessus ...

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Kristen écoutait les réponses du candidat avec attention. Les doigts croisés légèrement devant son visage, elle l’observait tout à fait, et parfois, se redressait pour noter quelques mots sur un morceau de parchemin. Elle relevait ensuite le nez vers le candidat, reprenait sa position initiale, et remarquait que le sorcier avait baissé les yeux vers le parchemin, observant, lui aussi, les gestes de la directrice.

Elle hochait la tête de temps en temps, aussi, mais cela ne voulait pas dire grand-chose. Lorsqu’Owen Flynch eut achevé ses explications et donné son curriculum vitae, elle put s’enfoncer dans son siège, ramenant le document vers le bord de son bureau et le survolant du regard. Très vite, elle repoussa le papier plus loin, n’y portant pas plus d’attention que cela pour le moment, mais elle nota que le C.V avait l’air d’avoir été fait de manière assez consciencieuse - ce qui était, cela dit, la moindre des choses.


« Je suis au courant, en effet, dit-elle simplement. »

Il était impossible de savoir ce qu’elle pensait de ce qu’elle avait appris sur le jeune Flynch et sur les raisons de son renvoi de Poudlard. Celui-ci en serait peut-être un peu troublé.


« Vous l’avez dit, Poudlard est une école prestigieuse. Nous voulons le meilleur pour nos élèves. »

Elle plissa les yeux comme si elle avait entrepris de capter chaque mouvement de cil du candidat.

« Les professeurs démissionnaires ne sont pas "le meilleur" que nous pouvons leur offrir. »

Ses paroles auraient pu être une sentence prononcée avec la gravité d’un juge tout à fait implacable. Elles semblaient ne laisser aucun recours à l’interlocuteur, et pourtant, c’était bien le but : qu’il se défende. Qu’il prouve de quoi il était capable, qu’il montre qu’il en veuille. Un curriculum vitae et un dossier ne suffisaient pas à évaluer quelqu’un, il fallait juger ce qu’il avait dans le ventre, disséquer ses pensées et passer sous le microscope ses motivations. Avec une moue un peu ironique, elle interrogea alors :


« Vous êtes là aujourd’hui, mais qui sait si vous terminerez l’année avec nous ? »

Kristen avait eu affaire à tant de départs, tant de professeurs qui avaient mieux à faire ailleurs, qu’elle préférait être incisive sur ce point. Les professeurs devaient être toujours là pour Poudlard et ses élèves, faire passer les priorités de l’école avant les leurs. S’il était pris, Owen Flynch resterait-il longtemps ? Ou s’en irait-il une fois que ses « torts passés » seraient, pour lui, corrigés ?

Moi, je suis en quelque sorte un philosophe. Mon sujet d'étude, c'est vous. Je fais des recherches sur vous, votre vie, votre âme.

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« Je suis au courant, en effet,

Une réponse cinglante, qui ne manqua pas de frapper le jeune professeur de plein fouet. Owen savait pertinemment qu'il jouait un peu avec le feu, le seul souci, c'est que la directrice ne semblait pas être des plus réceptive à son petit jeu. Ravalant sa salive, il réfléchit donc sur la raison qui l'avait amenée ici, et il dû se résigner : il n'y avait pas d'autres alternatives pour lui que d'être accepté à Poudlard. Il ne savait pas vraiment si madame Loewy était au courant de tout son passé, mais Owen essayait plutôt de se concentrer sur ses atouts, ce qui pourrait faire pencher la balance de son côté. Son CV fit mouche, puisque la femme imposante et très sérieuse n'y jeta même pas un coup d'œil avant de le laisser sur le côté. * Elle se moque complètement des titres et des formalités, ce qu'elle préfère c'est la discussion et le débat * comprit alors Owen, qui croisa ses jambes alors que l'entretien se poursuivait.


« Vous l’avez dit, Poudlard est une école prestigieuse. Nous voulons le meilleur pour nos élèves. Les professeurs démissionnaires ne sont pas "le meilleur" que nous pouvons leur offrir. »

Owen comprit là qu'il n'était pas vraiment sur la bonne pente : il avait parfaitement compris ce que la directrice essayait de lui dire, mais il ne découragea pas le moins du monde, et il affichait une mine très résolue, afin de ne pas donner le plaisir à cette femme - qui, il faut bien le dire, n'aimait pas trop, de le déstabiliser. Owen acquiesça, savant parfaitement qu'il ne pouvait là pas dire ou faire grand-chose d'autre, mais ceux qui le connaissaient bien (personne donc) savaient bien que le jeune homme adorait les défis. Aussi, Owen laissa terminer cette chère directrice sur sa lancée, et attendit pour pouvoir défendre son poste :


« Vous êtes là aujourd’hui, mais qui sait si vous terminerez l’année avec nous ? »

Owen ne laissa pas un instant à la directrice de reprendre son souffle, il ne voulait très certainement pas laisser une minute de plaisir sadique à cette femme, hors de question, Owen ne se laisserait pas faire. Jouant carte sur table, il répondit, après avoir poussé un soupir et lié ses mains :

« Cette façon de voir les choses est tout à votre honneur, madame Loewy. En revanche, je pense qu'un professeur démissionnaire vaut mieux qu'un professeur renvoyé de son ancien poste, ne croyez-vous pas ? il décroisa ses jambes et attendit un petit instant. »

« On ne peut pas vraiment parler de terminer quand on a pas encore commencé quelque chose, madame. Je me ferai un plaisir d'enseigner dans cette école, quand bien même je vois bien que vous ne m'accorderez jamais votre entière confiance, ce qui est tout à votre honneur. Une directrice se doit de penser au bien de ses élèves. Sachez à ce point que j'enseigne ma matière dans la plus grande des sécurités, même si parfois je peux paraître un peu sévère. »

Il balançait là son discours comme un bon élève, mais Owen préférait être parfaitement honnête et ne rien cacher à cette femme qui semblait aimer jouer avec ses candidats. Il afficha un sourire en coin, qui dissimulait son malaise, puisque la directrice avait tout de même le don de lui faire perdre son assurance et ses moyens. * Hors de question que je quitte cet établissement sans ma place en tant que professeur * se reprit Owen, qui défiait du regard la directrice, qui semblait pourtant totalement de marbre, et qui semblait complètement indifférente face à ses propos. Owen relança donc l'entretien, lui qui n'aimait pas perdre son temps :

« Vous êtes seule juge face à ma potentielle acceptation. Si vous avez des questions, je me ferai un plaisir d'y répondre, mais comprenez bien que je ne compte pas quitter ce bureau sans un emploi. Et je ne compte pas non plus quitter cette école de sitôt, si j'y obtiens un poste. J'ai mes preuves à faire, et j'y compte bien. »

Cinglant, sobre, du Owen tout craché. Il venait cependant de lancer là à la directrice une sorte d'ultimatum. Owen n'aimait pas vraiment qu'on le prenne pour un idiot, ni tourner autour du pot. Il voulait ce poste, et il allait l'obtenir. Il avait de toutes façons bien compris que madame Loewy le testait, et il faut avouer qu'il appréciait ce petit défi qu'elle lui lançait. * Bring it on, girl * songea-t-il intérieurement.

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L’air parfaitement concentré, la directrice dévisageait tout à fait Owen Flynch. Au fil des réponses de celui-ci, son sourire, caché derrière ses mains croisées, s’élargissait. Kristen ramena finalement une main contre sa joue, le coude posé sur son bureau, et l’autre main pianotant sur le bord du meuble de bois sombre. Le candidat pu constater la satisfaction ancrée sur le visage de son potentiel futur employeur. La dernière affirmation de Flynch avait été tout à fait bienvenue.

« Bien… Très bien…, murmura-t-elle en plissant les yeux. »

Il se défendait bien. Kristen avait un souci avec les personnes molles et sans saveur, qui se laissaient rouler sur leur pente naturelle, et qui, au moindre obstacle, se retrouvaient bloqués au milieu de la route. Elle avait, de manière générale, une certaine aversion pour l’abandon : qu’il soit en sa faveur, ou non. Ainsi préférait-elle même que ses ennemis soient des personnes de conviction, mais difficiles à affronter, plutôt que des personnes creuses qui lui donnaient pourtant une supériorité certaine.

« J’apprécie les personnes déterminées, sachez-le. »

Cette remarque, presque une confidence, avait été accompagnée d’un petit sourire encourageant. Son air satisfait ne la quitta pas lorsqu’elle reporta très brièvement son attention sur les papiers qui couvraient son bureau. Elle passa sa main sur certains d’entre eux, notamment sur le curriculum vitae d’Owen Flynch, avant d’interroger à nouveau le candidat :

« Puis-je vous demander de me faire un petit résumé de votre histoire avec la métamorphose ? »

Elle voulait l’entendre de sa bouche, et plus qu’une liste d’expériences professionnelles et de compétences plaquées sur un papier, elle voulait son avis, ses ressentis. Elle voulait entendre sa passion, si passion il y avait, et elle voulait aller au-delà des rumeurs, en discutant avec le principal intéressé de celles-ci.

De plus, la question de la sécurité l’intéressait particulièrement : Flynch avait prétendu enseigner sa matière dans la plus grandes des sécurités, bien que professeur sévère (ce qui n’était d’ailleurs pas un mal, d’après Kristen). Certes, pourtant, n’avait-il pas été renvoyé de Poudlard pour une raison inverse ? Avait-il vraiment pris conscience de ses erreurs et renoncé aux expériences dangereuses pour faire primer la sécurité ? Si oui, quel avait été le cheminement de ce changement de point de vue ? C’était aussi une question de première importance : avait-ce été un renoncement contrit, ou le fruit d’une certaine réflexion ?

Kristen avait elle-même vogué sur l’océan des expériences peu recommandables, n’avait pas toujours pris garde à la sécurité de son entourage pour pousser plus loin ses recherches. En théorie, et en tant que directrice de Poudlard, les méthodes trop originales et potentiellement dangereuses devaient lui poser problème – par principe, car être à la tête de cette école, cela voulait dire être quelqu'un de carré, bien droit dans ses bottes. En pratique, en revanche, elle était loin d’être aussi irréprochable qu’elle aurait dû l’être.

Moi, je suis en quelque sorte un philosophe. Mon sujet d'étude, c'est vous. Je fais des recherches sur vous, votre vie, votre âme.

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Au sein de cet immense bureau, les deux adultes se confrontaient du regard sans aucun répit : aucun des deux ne semblait vouloir baisser les yeux. Owen semblait avoir satisfait la directrice de Poudlard puisqu'elle murmura quelque chose qui ressembla à des approbations, mais Owen préféra ne pas y faire attention. Il fit plus attention quand la directrice lui apprit qu'elle aimait les personnes motivées et ambitieuses, et Owen eu un sourire en coin, puisque c'est exactement ce qu'il avait voulu transmettre à cette femme : sa détermination à décrocher ce poste. Satisfait, Owen se détendit un peu, puisqu'il était tout de même crispé depuis les petits " pics " que semblait s'amuser à envoyer madame Loewy. Sans dire mot, Owen décroisa ses jambes qui étaient croisées depuis un moment, et mis ses mains sur ses genoux, en attente de la suite de l'entretien, déjà bien entamé. Il irait jusqu'au bout, quoiqu'il en coûte, et obtiendrait son poste de professeur.

« Puis-je vous demander de me faire un petit résumé de votre histoire avec la métamorphose ? »

Owen déglutit, mais essaya de cacher son appréhension. Il lui serait difficile de ne pas évoquer ses déboires de jeunesses, mais il n'allait certes pas les renier : cela faisait partie de son expérience, et quelque chose lui disait que s'il osait mentir à la femme qui se tenait en face de lui, il allait le regretter amèrement. La directrice semblait s'impatienter, mais Owen ne désirait pas non plus énoncer des choses qui joueraient contre lui, aussi il prit quelques instants pour parcourir dans son cerveau les formulations adéquates et les expériences qu'il pouvait, et devait, citer. Il ne lui fallut pas très longtemps pour se sentir prêt, malgré une petite boule au ventre lorsqu'il commença :


« Mais avec plaisir, madame. Comme vous le savez, lors de ma jeunesse, j'ai été renvoyé de votre établissement pour des expériences en métamorphoses quelque peu ... contraire au règlement. J'étais jeune, je n'aimais pas vraiment les autres matières, si ce n'est la métamorphose, et je voulais tout connaître et tout découvrir. Ma curiosité m'a poussé à essayer des choses trop avancées pour mon âge, et je réalise maintenant la dangerosité de cet acte. »

Il marqua une courte pause, comme s’il regrettait ses paroles, puis reprit très vite

« Par la suite, j'ai dû me débrouiller seul pour continuer d'apprendre l'art de la métamorphose, mais j'ai rapidement compris que cela ne serait pas possible. Je vous passe ma période adolescente, mais vous verrez sur mon CV que je suis diplômé de l'Ecole Supérieure de Métamorphose du Pays de Galle. J'ai remué ciel et terre pour pouvoir être accepté suite à mes erreurs passées, mais c'est ma témérité et la passion que j'éprouve pour la métamorphose qui m'auront finalement permis de décrocher une place dans cette école, qui m'a beaucoup appris. »

Owen continua son récit, expliquant ainsi que cette école était une dernière chance pour lui, à l'époque, d’honorer à nouveau son statut de sorcier. Il expliqua à quel point il avait travaillé, à quel point chaque minute de sa scolarité avait été passée pour étudier profondément la magie, tout en essayant de racheter ses fautes. Il évoqua également que sa formation s'était soldée par les félicitations du jury et qu'il était dorénavant un Animagus accompli, conscient des dangers de son pouvoir et de la matière de la métamorphose. Par la suite, il évoqua rapidement son parcours à l'université américaine où il avait enseigné, et n'évoqua pas trop les raisons de sa démission, puisqu'il jugea qu'elles avaient déjà été énoncées plus tôt. Finalement, sûr de lui, Owen conclut son petit discours dont il était plutôt fier, par ce qui résumait pour lui toute sa vie :

« La métamorphose est ce qui m'a causé de nombreux soucis. Mais au lieu de tourner le dos à tout cela, je m'en suis servi pour devenir la personne qui se tient devant vous aujourd'hui, et je ne regrette rien. Cet art m'aura permis de me découvrir, de m'instruire et de me donner un sentiment de plénitude. Si vous voulez savoir pourquoi vous devriez m'embauchez, c'est que vous ne trouverez pas plus passionné par le fond de son métier que moi, si vous voulez mon avis. »

Encore une fois, Owen jouait à un jeu dangereux. « Si vous voulez mon avis », clairement, cela n'allait pas passer auprès de la directrice. Après tout, Owen n'était même pas sûr de son avenir, et pourtant, quelque chose lui disait que la directrice ne faisait que jouer avec lui. * Je ne sais pas pourquoi, mais ... * songea Owen, pensif alors qu'il venait de relancer la balle dans le camp de madame Loewy. Une chose était sûre pour ce jeune professeur à l'avenir incertain : il adorait déjà le caractère de cette femme, et prenait beaucoup de plaisir à passer cet entretien, beaucoup plus stimulant que ceux qu'il avait passé des années auparavant.

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L’entretien se déroulait étonnamment bien. D’habitude, Kristen pensait beaucoup de choses négatives des candidats, car il y avait toujours un moment où ils se plantaient lamentablement et perdaient toute crédibilité. Owen Flynch, lui, ne prenait pas le risque de faire mauvaise impression, car il avait l’air d’être parfaitement conscient de ses faiblesses, et non content de faire preuve d’une lucidité avisée, il assumait tout à fait ses points faibles, sachant pourtant que cela aurait pu lui porter préjudice. Owen Flynch semblait sûr de lui et sûr de tout. Allez savoir, ce n’était peut-être qu’une simple recitatio travaillée de manière très consciencieuse, mais cela ne se voyait pas vraiment.

Kristen se demanda si elle devait lui poser la fameuse question du parapente. Elle avait connu quelqu’un – et connu, c’est un bien grand mot, elle avait surtout rencontré cette personne et ne l’avait jamais revue ensuite – de très particulier, qui se posait ce genre de questions parapentesques. Il s’appelait Simon. C’était une vague connaissance de Bal. Au moment de faire les présentations, Bal avait dit : « Simon, voici Kristen. Kristen, Simon. » C’est une phrase qu’il faut lire avec le ton. Elle passe moins bien dans un récit. Le fameux Simon, donc, avait répondu : « Bonjour Kristen, que penses-tu du parapente ? » Simon était une des rares personnes vivant sur Terre à avoir réussi à déconcerter à ce point Kristen Loewy. Il faut dire qu'à l'époque, elle n'avait aucune idée de ce qu'était le parapente. Elle apprit plus tard que c'était un sport de Moldus qui veulent voler, et elle ne s'intéressait pas le moins du monde aux Moldus qui veulent voler. Ni aux Moldus tout court, d'ailleurs. Cette idée n'a pas vraiment changé depuis. Il y avait une certaine déception dans la condition moldue. En rencontrer un, c'était comme rencontrer un Martien et se rendre compte qu'il n'a rien de spécial, pas même la peau verte et trois grands yeux noirs sur la figure. De fait, les Moldus n'avaient de spécial que le fait qu'ils n'étaient pas spéciaux. C'est une idée qu'il ne faut répéter à personne, car il est bien vu, de nos jours, d'avoir beaucoup d'admiration et d'affection pour les Moldus. Allez savoir pourquoi les sorciers ressentent ce besoin pour avoir l'impression d'être des gens bien et fréquentables.

Finalement, elle jugea qu’il ne serait pas très convenable de poser la question du parapente. Cela ne faisait pas assez professionnel, ou alors, cela faisait patron idiot qui veut à tout prix piéger un candidat à l’embauche en lui posant une question à côté de la plaque. Un patron désespéré, en somme, ce que Kristen n’était pas. Pas dans ce sens, en tout cas.

Elle sourit en plissant les yeux, comme d’habitude, et dit d'un ton neutre :


« Bien. C’est parfait. Je vous recontacterai. »

En s’enfonçant dans son siège et en mettant les coudes sur les accoudoirs, jouant discrètement avec un bout de papier qu’elle tenait entre les mains, elle ajouta avec un air quasi-provocateur :

« Et vous, d'ailleurs, avez-vous des questions ? »

Un candidat à un entretien d’embauche pouvait mille fois réviser ses réponses, il ne pouvait généralement pas prévoir qu’on lui demanderait de poser des questions. Ce n’était pas son rôle, il n’avait donc logiquement pas appris son texte. La fin de la recitatio était-il venu ? Kristen n'attendait rien de particulier de cette dernière question. C'était plus une curiosité. On en apprenait parfois plus sur les autres en observant leurs questions que leurs réponses.

Moi, je suis en quelque sorte un philosophe. Mon sujet d'étude, c'est vous. Je fais des recherches sur vous, votre vie, votre âme.

Entretien pour une nouvelle vie  PV 

L'entretien allait pour le moment bon train, si ce n'était le fait que madame Loewy semblait en pleine réflexion et qu'Owen avait l'impression d'avoir fait une grosse erreur en jouant carte sur table avec cette femme imposante. Malgré tout, le jeune professeur ne se laissait pas démoraliser : il voulait le poste, et il avait fait, selon lui, ce qu'il fallait pour l'obtenir. Faisant fi des éventuelles expressions faciales qui pourraient le trahir, Owen parcourra une dernière fois son regard sur la pièce où il se trouvait. Tout lui semblait irréaliste, presque comme sorti d'un rêve, et pourtant, il était bien là, assis dans ce fauteuil confortable, attendant patiemment l'heure de son jugement et la sentence qui serait appliquée à son cas. Car oui, bien qu'il s'agisse là d'un entretien tout ce qu'il y a de plus banal, Owen avait un peu tendance à se croire au tribunal. Cette idée lui donnait des frissons, mais le jeune professeur adorait ressentir l'adrénaline le parcourir, et c'est donc avec un léger sourire en coin qu'il conclut sa dernière inspection de la pièce. Quelque chose lui disait, au fond de lui, qu'il y serait bientôt de retour.

« Bien. C’est parfait. Je vous recontacterai. »

* Des paroles cinglantes pour une femme autoritaire * pensa Owen. Etrangement, le jeune homme trouvait cette femme de plus en plus mystérieuse, et de plus en plus ... attirante, si l'on peut dire. Pas dans le sens auquel l'on peut penser habituellement, bien entendu, mais plus dans le sens professionnel. En fait, Owen se demandait surtout ce qui avait poussé une telle femme à arriver à un poste aussi haut placé dans la hiérarchie, quelle était son histoire. Madame Loewy n'est pas une femme en qui on peut lire comme dans un livre ouvert et malgré les recherches qu'il avait effectués, Owen n'avait pas vraiment trouvé grand-chose au sujet de la vie privée de madame Loewy, si ce n'est quelques détails plus ou moins barbants, selon Owen. Quoiqu'il en soit, l'entretien touchait à sa fin, et pour conclure, le potentiel futur professeur eût l'autorisation de poser des questions. Et quiconque connaissait Owen, savait ce qu'il allait répondre, le jeune homme n'avait pas la langue dans sa poche, et surtout, du répondant. Ainsi, il se leva très naturellement, et, tout en tendant sa main, renchérit avec un grand sourire, plein de défi :


« J'ai une question, en vérité. Quand est-ce-que je commence ? »


Grand froid dans l'assemblée, mais Owen ne se dépita pas pour autant, et il ne quitta pas son sourire une seule seconde. Il replia cependant son bras, voyant bien qu'il n'irait pas bien loin avec cela, mais il savait qu'il avait touché la directrice de Poudlard, avec une telle phrase. Difficile de dérouter une directrice, et pourtant, Owen avait comme le sentiment qu'il ne s'y prenait pas trop mal, pour jouer avec les nerfs de cette femme. Calmement, il se rassit, et reprit, à nouveau :

« Je suis tout à fait prêt à m'installer d'ici deux ou trois jours, pour tout vous avouer. Mais pour l'heure, je vais devoir prendre congé, si cet entretien est terminé ? »

Poliment, et sur une note moins agressive, il relançait là la balle à cette grande femme. Sans dire un mot de plus, Owen s'apprêtait à quitter la sale, mais attendit tout de même le petit commentaire de la femme qui se tenait en face de lui. * Décidément ... * songea Owen, sachant très bien qu'il jouait là plus qu'avec le simple feu.a

Entretien pour une nouvelle vie  PV 

La directrice de Poudlard ne souriait plus et se contenta de lever un sourcil et de se pencher vers l’avant, posant son menton sur des doigts croisés. Elle trouvait que le culot d’Owen Flynch avait tendance à légèrement déborder du chaudron. Elle ne répondit d’ailleurs rien à la tentative de Flynch et se mit simplement à le fixer avec un drôle d’air, un air qui voulait dire : « dites-moi, il se fait sacrément confiance, celui-là ! ». Lorsqu’il lui avait tendu sa main, la directrice avait baissé les yeux sur cette paume ouverte et l’avait jugée suffisamment longtemps pour que le mépris soit flagrant et gênant, puis, elle avait finalement reporté son attention, qui se situait entre un mouvement intrigué et un début de lassitude, sur le jeune Flynch. Kristen commençait à le trouver un peu (seulement "un peu" ?) lourd. Certes, elle appréciait les personnes déterminées, mais pas les personnes qui portaient d'aussi gros sabots – elle avait d’ailleurs un goût très prononcé pour le raffinement dans ses formes les plus parfaites. Cela passait par la délicatesse des mets, la subtilité de la langue, le luxe des belles matières, la finesse d'esprit qui pouvait surmonter une belle conversation, la beauté pure d'une personne, tout simplement.

Owen Flynch, qui s’était levé Merlin seul sait pourquoi – peut-être dans un élan de confiance en lui qui l’avait propulsé hors de sa chaise ? – se rassit plus calmement. De là à conclure qu’il avait pris conscience de son attitude trop étrange, qui peut le dire ? Mais Morgane, merci, il s’était rassis et avait tâché d’avoir un comportement en adéquation avec la situation. Flynch présentait tous les symptômes de celui qui "a pris la confiance" (elle avait entendu cette expression étrange au détour d'un couloir, lors d'une conversation entre deux élèves, et elle trouvait que cette petite expression correspondait parfaitement à l'attitude du jeune candidat).

Kristen se leva – et c’était quand elle se levait que les candidats pouvaient se lever à leur tour. Elle tendit sa main à Owen Flynch, afficha un air très sérieux et très professionnel, et dit d’une voix qui ne trahissait en rien la moindre de ses pensées :


« Je vous ai dit que je vous recontacterai, Monsieur Flynch. »

Après ce constat, ou ce rappel catégorique, un sourire traversa son visage alors qu’elle inclinait légèrement la tête.

« Comprenez bien que dans cette situation, ce n’est pas vous qui prenez congé parce que vous êtes… un homme très occupé et très pressé... Vous quittez cet endroit parce que j’ai décidé qu’il était temps pour vous de partir ; parce que j'en ai fini avec vous. »

L’entretien qui avait étrangement bien débuté se gâtait par le comportement final de Flynch. La directrice le raccompagna donc vers la sortie, lui ouvrit la porte de son bureau et, affichant cette fois un sourire plus marqué, mais très faux et en total décalage avec le fond de sa pensée - qu'elle ne se gênerait pas pour dévoiler, d'ailleurs, elle ajouta :

« Certes, j’apprécie la détermination, mais je me lasse rapidement de la lourdeur. »

Moi, je suis en quelque sorte un philosophe. Mon sujet d'étude, c'est vous. Je fais des recherches sur vous, votre vie, votre âme.