Bureau de la directrice

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Quand le doute s’installe  PV 

Depuis le début de l’année, Wilson et trois de ses camarades étaient préoccupé par une bague puissante, qu’ils devaient récupérer pour le ministre de la magie. Déterminé dans la tâche qu’on lui avait donnée, Wilson ne voulait pas décevoir et partait à la conquête aussi souvent que possible pour tenter de récupérer cette bague. Mais voilà, le ministre de la magie était décédé il y a quelques jours dans un attentat, ce qui bouleversa Wilson car il ne savait plus s’il devait continuer à chercher cette bague, ou l’abandonner aux mains de la Poufsouffle qui la détenait.

Gazette à la main, Wilson dû attendre quelques jours pour se décider. Au début, il se dit que ce n’était pas nécessaire d’aller voir Miss Loewy pour ça – elle a certainement autre chose à faire que d’écouter les angoisses d’un enfant de 12 ans – mais en même temps c’était la personne la plus aptes à répondre à ses interrogations, et à ses doutes. C’est ainsi que ce jour-là, lors d’une pause dans son emploi du temps, il prit le chemin du bureau du directeur de Poudlard. Arrivé au pied de la statue qui marquait l’entrée, Wilson fut pris de cours par un obstacle : le mot de passe. Il n’avait aucune idée s’il avait changé au nom depuis septembre et de toute façon, il ne s’en souvenait plus. Et évidemment, il était hors de questions de monter sans mots de passe, le bureau de Miss Loewy est un endroit bien gardé.

Wilson se résolu à attendre, en espérant que cela ne soit pas trop longtemps que la directrice passe par là pour monter ou descendre, afin de lui parler. Il espère que la directrice l’invitera à monter parce qu’il n’avait pas très envie d’en parler dans le couloir devant tout le monde mais s’il n’avait pas le choix, il parlera en plein couloirs. Ne voulant pas non plus déranger, ni se trouver insistant, il se dit que si Miss Loewy paraissait très occupé à sa vue, il reviendrait à un autre moment. Mais pour le moment, il l’attendait en essayant d’ordonner ses questions dans sa tête.

"Le monde est notre échiquier, et toi, un pion de ma volonté"

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Suite à l’attentat au ministère de la magie et à la mort d’Arseni, Kristen s’était considérablement renfermée sur elle-même – à supposer qu’elle ait déjà été à peu près ouverte au monde extérieur, aux Autres, ces morceaux de viande ambulants qui prétendaient avoir une conscience et qui s’appelaient prétentieusement « êtres humains ». Dans son isolement, elle n’avait pas trouvé meilleure compagnie que Pez. S’il était pourvu lui aussi de deux jambes et deux bras, d’un visage sur lequel était posé un long nez en trompette, deux grands yeux larmoyants et une bouche de canard, il était impossible de le confondre avec un être humain, car il avait apparemment plus de jugeote que les trois quarts d’entre eux : c’était un elfe de Poudlard, qui était récemment devenu « l'elfe personnel » de Kristen, statut qui le rendait immensément fier.

Kristen ne sortait plus, et n’avait de contact avec ce qui se situait de l’autre côté de la lourde porte de son bureau que grâce à l’œil enchanté qui faisait office de caméra de surveillance, scrutant le moindre mouvement suspect devant sa porte. En plus de cette sécurité, Pez montait la garde, au moins aussi droit qu’une armure, et annonçait à quiconque souhaitait la voir que la directrice n’était pas disponible, repassez plus tard – en fait, on comprenait bien vite qu’il valait mieux ne pas repasser du tout tant que vous n’aviez pas été invité à venir. Quand il le jugeait nécessaire, Pez informait Kristen que quelqu'un avait essayé de la voir, ce qui n'avait jusqu'à présent jamais été le cas, les visiteurs se désistant d'eux-mêmes. La gargouille au mot de passe était devenue une sécurité de plus, au cas où l’on se ficherait de ce que Pez pouvait bien dire et que, connaissant le mot de passe – ce qui était peu probable, on soit décidé à monter. En bref, une porte blindée n’aurait pas mieux isolé Kristen des attaques extérieures, et par « attaques », j’entends simplement « vue de l’être humain ».

Dans un pop sonore, Pez apparut devant la gargouille au mot de passe, prêt à monter la garde après avoir livré à Kristen un reste de cake aux fruits confits. Surpris par la présence d’un élève à deux centimètres de l’endroit où il venait d’apparaître, l’elfe manqua de tomber en arrière. Il se rattrapa de justesse contre le mur, ses mains grisâtres et osseuses agrippant la pierre froide derrière lui. Après avoir regardé l'élève d’un œil inquisiteur, il demanda prudemment :

« Monsieur est venu voir Madame la directrice ? »

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

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Récemment, le club des quatre n’avaient pas menées d’actions véritable, en tout cas pas depuis le mois de novembre. Wilson passait le plus de temps possible à observer les attitudes des deux suspectes, toute deux à Poufsouffle dans l’espoir de découvrir qui détient la bague. Cependant, la tâche se révélait plus compliqué que prévue car Wilson n’appréciait pas la compagnie d’Ambre Baxrendhel et il ne peut pas dire qu’il soit un grand ami non plus d’Elina Montmort. Tout ce qu’il a pu voir, c’est que ni l’une ni l’autre ne gardait la bague sur elle à son doigt. Ce qui était faible. Mais aujourd’hui, à un moment où Wilson avait besoin de plus de motivation pour mener à bien son projet, il doutait de la poursuite de sa mission. Les réunions avec ses camarades se faisaient toujours dans la salle sur demande mais c’était plus une perte de temps puisque rien n’aboutissait. Wilson éprouva une certaine incertitude.

Cela faisait quelques minutes que Wilson attendait au pied de la gargouille menant au bureau de la directrice. Les yeux rivés sur l’article de la gazette expliquant l’attentat du ministère et annonçant le décès du ministre, il se demandait si c’était une bonne idée d’être venu. Avant qu’il est le temps de changer d’avis, un elfe apparu dans un pop sonore et demanda à Wilson s’il voulait voir la directrice. C’était le jour de chance du Serpentard, il n’aurait jamais cru qu’il allait avoir la possibilité de monter si rapidement. Wilson répondit à l’elfe :


« Oui, si c’est possible »

Quelques minutes plus tard, Wilson était monté en haut et se trouvait devant la porte du bureau. Il se souvient de la première fois où il était venu ici, en début d’année scolaire. Ce lieu lui rappela le moment où il avait remporté cette médaille… l’ordre de Morgane. Une médaille qu’il n’avait tout d’abord pas voulut mais qu’il avait appris à regarder fièrement avec le temps. Il frappa trois fois à la porte et attendit qu’on le fasse entrer.

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Le pauvre Pez s’apprêtait à demander à ce jeune garçon la raison de sa visite, ce qu’il pouvait bien vouloir à Madame la directrice, mais le blondinet, mû par une insolence exaltée, se contenta de répondre qu’effectivement, il voulait voir la directrice, si c’était possible et n'attendant pas la réponse, s'élança. Pris de court, Pez resta quelques secondes planté là. Le garçon avait disparu. Connaissait-il le mot de passe ? Y avait-il une anomalie dans le fonctionnement de la statue au mot de passe ?

Affolé, l’elfe claqua des doigts et se retrouva aussitôt dans le bureau de la directrice, qui leva vers lui un regard étonné. Des tonnes de parchemins couvraient son bureau, la plume dans sa main avait cessé tout mouvement, elle n'avait pas encore touché à son cake et l’un de ses sourcils était relevé.

« Oui ? demanda-t-elle doucement. »

Pez baissa la tête et s’entortilla les doigts, gêné d’avoir failli à sa tâche. Au même moment, trois coups furent frappés à la porte. À ce signal, les sourcils de la directrice se froncèrent et les grandes oreilles de Pez se baissèrent. La directrice posa sa plume, croisa ses mains sur le plat du meuble et jeta un coup d’œil au cadre qui était posé sur son bureau, relié à l’œil enchanté à l’extérieur de la pièce. Elle plissa les yeux et crut reconnaître le préfet de Serpentard.

« Pez n’a pas compris, Madame la directrice ! Pez a demandé à Monsieur s’il voulait voir Madame la directrice, et Monsieur est monté aussitôt ! Pourtant Pez allait lui dire que ce n’était pas possible, comme Madame la directrice me l’a demandé, mais la gargouille l'a laissé monté, et puis… »

Plus il parlait, plus il se recroquevillait sur lui-même. Ses oreilles finirent presque par s’enrouler autour de son visage et ses épaules étaient remontées à la moitié de son crâne.

« Ça suffit, Pez, dit-elle en se levant, faisant racler son siège sur le sol. »

Elle contourna son bureau en faisant glisser le bout de ses doigts dessus et s’avança vers l’elfe, qui avait adopté une position fœtale debout.

« Retourne devant la gargouille. Je verrai plus tard si elle a eu mauvais caractère. »

Ce comportement de la gargouille était très étrange. Habituellement, elle ne laissait passer personne s’il n’avait pas le mot de passe ; question de sécurité et de confidentialité. Kristen n’avait jamais eu de problèmes avec cette gargouille, mais parfois, le château n’en faisait qu’à sa tête. Avait-ce été le cas aujourd’hui ?

Pez s’éclipsa dans un nouveau claquement de doigts, et Kristen se retrouva seule. Maintenant que l’élève était devant son bureau, elle allait au moins voir ce qu’il lui voulait. Elle passa ses index sous ses yeux, histoire de nuancer son air trop fatigué – elle sentait que ses yeux étaient lourds – mais ce ne fut pas un franc succès. Finalement, elle entrouvrit la porte de son bureau et se plaça dans l’espace qui lui laissait voir l’extérieur. En ce moment, cette porte n’était pas grande ouverte à qui voudrait bien rendre visite à la directrice de Poudlard. À travers la mince ouverture de la porte, elle dit :

« Monsieur Kingson. Que puis-je pour vous ? »

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

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Devant la porte du bureau de Miss Loewy, Wilson avait une mauvaise impression. L’impression qu’il ne devrait pas être là. Mais il ne voulait pas se défiler, il devait demander de l’aide et des renseignements. Wilson n’entendit pas ce qui se passait dans le bureau entre la directrice et l’elfe de maison. Lorsque la directrice ouvrit la porte, elle ne l’ouvrit pas entièrement, juste assez pour voir le préfet. Elle n’avait pas l’air dans son état normal, avait-elle peut-être pleuré ? Cela ne regardait pas Wilson, mais il demanda tout de même à tout hasard :

« Vous n’avez pas l’air d’aller bien, vous voulez que j’appelle Madame Lloyd ? »

Ce n’était pas pour ça qu’il était venu à la base, mais s’il pouvait rendre service à quelqu’un, ce ne serait pas de refus. Il n’aimait pas voir les gens mal et avait toujours l’esprit de protection en lui. Mais il n’était pas venu pour cela, alors après une petite pause, il s’expliqua enfin sur la raison de sa visite :


« J’aurais voulu vous poser quelques questions sur la suite de la mission, vous savez ce que Monsieur le ministre nous avait demandé en début d’année. Je ne sais pas comment ça passe maintenant qu’il est… »

Il n’osa pas finir sa phrase. Même s’il ne la pas connut énormément, qu’il n’avait aucune affinité avec lui, parler de la mort de quelqu’un, quel qu’il soit était toujours difficile. En plus, il ne savait pas si Arseni Stoyanov comptait pour elle. Les femmes ont tous un côté sensible, même si elles font figure d’autorité. Wilson ne veut pas, enfin n’espère pas, blesser Miss Loewy. En fait, c’est parce que personne d’autre n’est au courant, qu’il est venu la voir, sinon il aurait été voir cet autre personne. C’est vrai qu’il aurait pu en parler avec le groupe avant, en salle sur demande, ça ne lui avait même pas traversé l’esprit.

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La surprise traversa le visage fatigué de Kristen lorsque le préfet de Serpentard ouvrit la bouche. Elle ne s’était vraiment pas attendue à ce qu’un élève s’inquiète de son état rien qu’en voyant sa tête – elle devait être bien pire que ce qu’elle l'imaginait… Franchement étonnée, elle haussa un sourcil, ses yeux s’ouvrirent un peu, et elle relâcha son dos tendu.

« Ça ira, je vous remercie. »

Elle écouta avec attention le jeune élève. Son souffle resta suspendu en même temps que les mots du garçon. « Maintenant qu’il est… » mort. Son visage se durcit momentanément et elle serra la mâchoire. Sa main s’accrocha plus fort à la poignée de la porte, qu’elle tenait toujours. Elle ouvrit la porte et s’écarta, laissant au Serpentard la possibilité d’entrer, ce qu’elle l’invita d’ailleurs rapidement à faire :

« Entrez. »

Elle referma la porte derrière lui et l’observa. La fameuse mission confiée par Arseni au début de l’année consistait à retrouver la bague d’omniscience, l’une des douze merveilles de la magie, probablement possédée à l’heure actuelle par une élève de l’école. Les deux principales suspectes étaient Ambre Baxrendhel et Elina Montmort. Cette bague de grande valeur représentait un danger certain pour son possesseur, qui s’exposait à la jalousie de ceux qui convoitaient l’objet, aussi Arseni avait-il jugé plus prudent de récupérer cette bague. Il ne faisait pas de doute qu’il aurait été plus à même de faire face au danger s’il l’avait possédée, et cela aurait aussi évité qu’elle tombe entre les mains de n’importe qui.

Arseni n’était plus là, mais le danger était le même. Ces objets-là ne pouvaient pas rester entre les mains d’enfants qui pouvaient les utiliser n’importe comment, et pire, se les faire voler par des sorciers mal attentionnés.

« Où en êtes-vous ? »

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

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Ça y est la question était posé. Le pourquoi il était ici était lâché. La directrice l’invita à entrer, Wilson suivit donc la maitresse des lieux en entrant. Il regretta un peu de ne pas en avoir parlé a ses camarades de missions. Paul, évidemment mais aussi Lexie et l’autre fille, de Gryffondor mais Wilson a oublié son nom. Alors quand Miss Loewy demanda où ça en était, Wilson hésita dans sa réponse, car il ne savait pas trop s’il devait parler au nom de tous, ou seulement en son nom. Finalement, il dit :

« Euh… et bien on avance pas beaucoup. Disons qu’avant d’agir, nous essayons de savoir où est la bague, afin de ne pas embêter l’autre personne. Sauf que nous ne l’avons toujours pas repéré. »

Wilson se rappelle de l’expédition dans la bibliothèque. Ils avaient en effet, tenté quelque chose sans savoir. Mais c’était surtout parce qu’à ce moment, ils avaient déjà tout réfléchit à ce qu’ils devaient savoir pour agir et qu’ils savaient que s’ils ne tentaient jamais rien, la bague ne viendrait jamais à eux. Mais à part se faire repérer dans la bibliothèque par Miss Minal, le quatuor n’avait pas réussi grand-chose. Depuis, Wilson se contentait d’observer les faits et gestes d’Elina Montmort et d’Ambre Baxrendhel, lorsqu’il en avait l’opportunité. En salle des préfets par exemple, lorsqu’elles étaient encore préfètes, où dans des lieux communs, comme la grande salle, les couloirs… mais difficile puisque Wilson ne voulait pas se faire repérer. Le but était de voir sur qui était la bague pour éliminer la personne ne la possédant pas de la liste des suspects. Mais la bague n’était visible nulle part. Ni sur l’une, ni sur l’autre.

« Qu’a-t-elle de spécial cette bague ? Pourquoi est-il important de la récupérer ? »

En savoir plus sur la bague, peut donner des idées d’approches à Wilson. Histoire de pouvoir dans le futur, engagé une discussion avec les filles, afin de l’une d’entre elle avoue la possession de la bague. Wilson avait toujours reculé ce moment, car en cas d’échec de négociation, la Poufsouffle pourrait se méfier de lui, et si elle était la véritable propriétaire, elle pourrait protéger son bien. Pour le moment, comme rien n’a été tenté, la Poufsouffle est un peu moins vigilante, Wilson espère ainsi trouver le suspect principal.

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La directrice de Poudlard passa devant le jeune Serpentard comme une ombre tandis qu’elle l’écoutait parler. Lorsqu’il eut terminé, elle s’arrêta et se retourna. Elle lança au garçon un regard réprobateur. Elle ne dit rien, mais fixa ainsi l’élève durant plusieurs secondes, et soupira finalement. Ce n’était pas une attitude agréable pour son interlocuteur.

« Vous plaisantez ? »

Kristen laissa sa question en suspens le temps de laisser échapper un petit rire nerveux et franchement terrifiant, car il montrait en même temps le mépris non dissimulé de la directrice de Poudlard. Elle baissa les yeux et haussa les sourcils, stupéfaite par l’élan de stupidité du préfet de Serpentard. Elle sentit alors une énergie qui l'avait quittée depuis plusieurs jours l'envahir – l'énergie de l'ironie –, et elle dit :

« Ce qu'elle a de spécial ? Oh, ce n’est qu’une babiole confectionnée par Rowena Serdaigle en personne, accessoirement l'une des douze merveilles de la magie, au même titre que les reliques de la Mort ou autres petites bêtises dans le genre. Un objet qui confère à son possesseur, comme son nom l’indique, l’omniscience. Que peut-elle bien avoir de spécial ? »

Un sourire bizarre – celui qu’on a après les fous rires, mais elle n’avait pas eu de fou rire – marquait ses lèvres et ses yeux grands ouverts étaient à nouveau tournés vers le garçon. Elle se souvint alors qu’il avait deux parents Moldus – son ascendance avait déjà permis d’épater la galerie lors d’un cours spécial de métamorphose auquel Kristen avait assisté –, ce qui pouvait expliquer une partie de sa bêtise, mais pas la totalité. Cet adolescent ne devait pas attacher beaucoup d’importance à sa mission, pour avoir oublié si vite les consignes de celui qui la lui avait confiée.

Kristen espérait de tout cœur que le jeune garçon n’allait pas encore sortir des âneries, car alors elle serait contrainte d’user de toutes les techniques possibles et imaginables pour résister à la tentation de coller la langue du gamin à son palais.

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

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Dans cette affaire, il y avait du bon et du moins bon. Le bon, c’est qu’au moins la direction de Poudlard était au courant qu’au fil des mois, les choses n’évoluaient pas, qu’Ambre ou Elina avait toujours la bague et que personne ne semblait avoir trouvé un moyen de la récupérer. De plus, Wilson n’avait jamais vu cette bague, il pense pouvoir la reconnaitre s’il la verrait mais comme il ne l’a jamais vu, arrivera-t-il vraiment à la voir ? Peut-être qu’il est déjà passé à côté et qu’il a cru que c’était une bague banal, standard, comme toute les autres ? Il espère qu’il n’a pas fait cette erreur. Le moins bon, c’est que la directrice semblait terrifier à l’idée que la bague soit toujours en libre circulation dans son école. Et Wilson qui n’avait pas compris tout de suite sa réaction avait continué avec une question tout aussi terrifiante. Il s’en voulut aussitôt. Mais il avait vraiment besoin de savoir, pour essayer d’avoir des indices, pour trouver cette bague.

Il était vraiment mauvais enquêteur, et il ne savait pas les conséquences de son échec actuel. De plus, il avait que de faibles contacts avec son groupe d’enquêteurs. Lexie et Paul, encore ça allait. Elle était sa préfète-en-chef et il était un garçon qu’il connaissait depuis la première année. Si cela ne tenait qu’à lui, il abandonnerait tout, tout de suite, l’aventure ce n’est vraiment pas son truc. Mais il savait que sa mission était importante. En plus, elle avait été donnée par quelqu’un d’important : le ministre de la magie. En pensant à lui, Wilson posa sa question suivante, mais un peu plus doucement. Il n’était pas très sûr de lui depuis la réaction précédente de la directrice.

« Je comprends. Du coup, nous devons… nous devons continuer ? » Mais avant de laisser le professeur Loewy réagir, Wilson continua. Il semblait avoir pris conscience de l’inquiétude de l’adulte : « Oui, c’est évident. On doit vous la rapporter. »

Mais comment ? Cette question restait toujours mystère pour Wilson. Il ne voulait pas inquiéter plus que ça la directrice alors il ne dit rien. Cependant, une énième question. Une question qui risque de fâcher la directrice, certes, mais qui pourrait régler le problème une fois pour toute.


« Je me demandais… pourquoi vous ne convoquez pas Baxrendhel et Montmort ici ? Vous êtes directrice, vous avez de l’influence sur nous… les élèves. On est un peu obligé de vous obéir puisque vous êtes la patronne des lieux. Celle qui a la bague sera obligé de vous la donner, si vous la demander. »

Oui il avait osé poser cette question. La directrice de par son poste imposait un certain charisme sur l’ensemble des habitants de ce château et surtout aux élèves de l’école qui se méfiait et la respectait pour la plupart. Wilson sait très bien comment il aurait réagi s’il était le propriétaire d’une chose que voudrait miss Loewy : il l’aurait donné sans plus attendre.

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Kristen croisa les bras et sourit un peu plus, mais son sourire était faux, crispé. Elle soupira et dit tout bas :

« Comme j’aimerais donner raison aux rumeurs et lancer des maléfices sur les élèves... »

Wilson Kingson avait pu comprendre ce que la directrice avait murmuré s’il avait bien tendu l’oreille. Sinon, il aurait pu saisir au moins quelques mots et reconstituer une phrase, ce qui aurait été pour lui peut-être encore plus terrifiant, car les propos de Kristen auraient pu être déformés et donner quelque chose d’assez angoissant, du genre « comme ils ont raison, j’adore lancer des maléfices sur les élèves ! »

Kristen se demanda si le préfet de Serpentard avait récemment bu une potion d'Amnésie, ou s'il était né comme cela. Malgré l’ironie de sa pensée, le sourire de la directrice de Poudlard s’était largement estompé. Elle récita alors ce qu’Arseni lui avait dit quand il lui avait parlé de la bague d’omniscience, et qu’il avait répété aux jeunes élèves quand il les avait convoqués :

« Le porteur de la bague, quel qu'il soit, refusera de la céder à qui que ce soit, même sous la menace. Monsieur Stoyanov vous l'a dit, mais peut-être pensiez-vous à des choses bien plus importantes, à ce moment-là. »

Kristen se rapprocha de l’élève, haussa le menton et ajouta :

« Si vous ne voulez plus le faire, Monsieur Kingson, je vous libère dès à présent de ce fardeau. Quel besoin a-t-on de rendre service, après tout, quand on possède déjà l’ordre de Morgane ? »

La directrice soupçonnait l’élève de n’avoir aucune envie d'en faire un peu plus que le strict minimum. En ce sens, il était un bon représentant de la maison Serpentard : s’il avait déjà sa petite part de gloriole, pourquoi se fatiguer gratuitement ? Kristen avait justement un certain problème avec cette conception de l’action, elle qui n’avait jamais recherché la moindre gloire, nulle part. Elle faisait les choses vite et bien parce qu’il fallait les faire, mais sans attendre quoi que ce soit de précis en retour. Elle avait d'ailleurs obtenu l'Ordre de Merlin, deuxième classe, mais s'en fichait royalement.

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Wilson ne s’était pas exprimé comme il fallait. Toutes ses questions, en fait, il aurait pu y répondre seul, ou presque toute. Les remarques du professeur Loewy lui permirent de comprendre l’importance d’une telle mission. Le préfet se rendit compte que non seulement sa venue ici était une erreur, mais en plus, qu’il venait de poser des questions idiotes qui montrait à la directrice qu’il portait cette mission comme un fardeau. Car oui, Wilson faisait ce qu’il avait à faire parce qu’on lui avait demandé, mais s’il pouvait s’en passer… il s’en passerait. Alors quand le professeur Loewy lui demanda s’il voulait arrêter, il hésita. Bien sûr, il voulait arrêter mais en même temps, il se sentit responsable. La personne qui lui avait confié cette mission n’était pas n’importe qui, c’était le ministre de la magie en personne. Et en même temps, il ne sait pas si c’est réellement possible de réussir cette mission qui d’après Wilson est voué à l’échec. Comment réussir une tâche que l’on pense perdu ? C’est tout simplement impossible. Néanmoins, il ne voulait pas admettre à la directrice ce qu’il pensait, alors il répondit :

« Oui… fin non, je souhaite toujours poursuivre. C’est juste que j’ai du mal à voir comment, car même si nous arrivons à soutirer la bague de son propriétaire, elle nous appartiendra. Et du coup, on ne voudra pas vous la rendre… en somme on fera que déplacer le problème. »

Voilà une des grandes énigmes soulevés lors des réunions. Comment remettre la bague à la directrice une fois récupéré ? Si tenté qu’ils arrivent un jour à la récupérer. Puisque si son propriétaire veut absolument la garder même sous la menace, le même problème se posera avec le membre du groupe l’ayant récupéré puisque ce sera lui, le nouveau propriétaire. A moins que si c’est vol, le propriétaire reste l’élève de Poufsouffle… et dans ce cas, cela change tout. A cette pensée, Wilson laissa dégager un « haan » de satisfaction, il avait peut-être trouvé quelque chose.

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Arseni, qu’est-ce qui vous a pris ? étaient exactement les mots que formait la pensée de Kristen tandis que la directrice de Poudlard regardait Wilson Kingson dans le fond des yeux. Un instant, elle envisagea une trahison : ce petit élève Né-Moldu (elle le pensa comme si cela faisait une différence) qui s’emparerait seul de la bague, qui se laisserait dominer par l’envie, cette envie si caractéristique de posséder des élèves de la maison Serpentard... Puis, elle sourit brièvement de cette pensée : cet enfant n’aurait ni le courage de désobéir, ni la subtilité nécessaire pour mentir. Il ne devait donc pas pouvoir, en théorie, être à l'origine d'un quelconque défaut dans le plan.

« Dès que vous l’aurez – je veux dire, à l’instant même où vous la récupérerez – il vous faudra la rendre. Il vous suffit de ne pas laisser le temps à la bague d’exercer sur vous la moindre influence. »

Elle fronça un peu les sourcils. Un point devait être bien clair dans l'esprit du jeune élève, et Kristen n'était pas totalement convaincue que le Serpentard l'ait bien compris.

« Et ne considérez pas à un quelconque moment qu’elle vous appartient. »

Elle s’approcha de la porte.

« Je vous le demande une dernière fois… Puis-je compter sur vous ? Prendrez-vous cette mission véritablement à cœur ? »

Elle ne voulait plus que la réponse à cette question, et lorsqu’elle l’aurait eue, prierai le Serpentard de prendre congé. Elle irait également interroger la gargouille insolente, qui, pour une raison obscure, avait laissé monter cet élève – si encore cet élève avait été intéressant, agréable ! Mais non, ce n’était qu’un élève un peu bête, qui ne semblait pas comprendre ce qu’il faisait là, ni pour quoi il était là. Le genre d’élèves que Kristen, quand elle était élève, aurait méprisé avec une théâtralité exceptionnelle.

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L’ambiance n’était pas la meilleure qui soit. Wilson était dans le bureau de la directrice, il se posait beaucoup de questions – pas très logique parfois – et il sentit l’agacement du professeur Loewy. Comme il venait d’avoir une piste précédemment, grâce à ses réflexions et ses questions, il se dit qu’il faudrait penser à prendre congé. Il se sentait rassuré, un petit peu sur sa « mission » si on peut appelé ça ainsi. Il devait la continuer, la terminer et comme Miss Loewy venait de justement bien dire, de ne surtout pas considérer la bague comme un bien qui lui appartiendrait.

Wilson hocha la tête pour signifier qu’il avait comprit et vit la directrice s’approcher de la porte du bureau. L’entrevue touchait à sa fin. Aux dernières questions de Miss Loewy, Wilson se sentit un peu mal à l’aise. Il avait envie de répondre un « oui mais ». Mais en même temps, il n’avait pas envie d’allonger l’entretien plus longtemps avec des paroles qui agacerait certainement encore plus la directrice. Alors, il se décida à répondre :


« Oui madame ! Je ferai de mon mieux ! »

Après ça, Wilson passa la porte et redescendit les escaliers. Il prit la direction de la salle commune de Serpentard, en repensant à ce qu’il venait de vivre. Il n’était plus du tout en doute, il avait même presque retrouvé toute la motivation nécessaire pour avoir cette bague. Le peu qu’il lui manque, il la trouvera auprès de Lexie et Paul, quand il leur aura exposé sa nouvelle idée.


FIN !

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