Bureau de la directrice

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Trick or treat!

Halloween... A Poudlard, c'était l'occasion rêvée de faire toutes sortes de bêtises, plus encore que dans n'importe quel autre endroit. On ne pouvait jamais savoir ce qui arriverait pendant cette journée. C'était de ces journées où il valait mieux sortir couvert et la pluie n'était pas la seule chose qui pouvait tomber du ciel. En cette journée, Peeves n'était plus le seul esprit frappeur du château puisque quelques bonnes âmes parmi les élèves lui donnaient un coup de main pour semer chaos et désordre. Bien entendu, les élèves de Serpentard étaient en tête de liste, mais ils étaient loin d'êtres les seuls. D'ailleurs, Elina n'était pas de Serpentard et pourtant, elle se préparait à une farce. Il y a toujours beaucoup de rumeurs dans les lieux où l'on trouve une certaine concentration d'humains, mais à Poudlard, il y en avait plus que partout ailleurs. A chaque coin de couloir, on pouvait entendre une nouvelle version de l'histoire. Toujours est-il qu'une nouvelle rumeurs parcourait les couloirs depuis peu. Une rumeur selon laquelle tout élève qui parviendrait à effrayer la directrice de Poudlard pourrait espérer obtenir en échange quelques friandises. En digne élève de Poufsouffle, Elina ne pouvait pas laisser passer une telle occasion ! Bien sûr cette rumeur pouvait être fausse, mais si l'on ne devait faire de bêtise qu'une fois dans l'année, c'était bien à halloween. Et, de toute manière, elle n'avait jamais eu la prétention de ne faire qu'une bêtise par an.

La Poufsouffle avait revêtu un costume pour l'occasion. Elle portait une robe blanche à bustier, le genre de robe qu'habituellement elle ne mettrait jamais. La robe était plutôt joli mais elle avait été spécialement élimée et portait des traces de faux sang. Le tissus étant léger, les lambeaux flottait légèrement au gré des mouvements lui donnant un aspect éthéré. Elina avait également éclaircit sa peau déjà claire naturellement et blanchit ses cheveux. Quelques touches sanguinolentes de-ci de-là et elle était devenu une sorte d'alter ego du baron sanglant. Juste un peu plus matérielle que ce dernier. Avec un petit coup de baguette supplémentaire, elle avait fait apparaître de petits feu follets bleutés qui apportait une petite touche fantasmagorique. Un petit tour que son père lui avait appris un jour. Elina les trouvait très décoratifs. Ainsi accompagnée, elle se faufilait discrètement dans les couloirs. Elle marqua néanmoins une hésitation en arrivant en vu de la porte donnant sur le bureau de la directrice. C'était l'endroit où elle avait le plus de chance de la trouver maintenant que le banquet était achevé. Et une attaque surprise pendant le banquet aurait été vouée à l'échec. On est toujours plus impressionnable quand on est isolé. Bien que Kristen Loewy ne puisse que difficilement être qualifiée d'impressionnable. Le plus dur serait de surprendre la directrice dans son antre. Elle parcouru rapidement la distance qui la séparait de la porte et tenta d'ouvrir doucement la porte en pesant sur la poignée. Celle-ci céda tout de suite et Elina se demanda si la directrice n'était pas derrière cette rumeur après tout et si elle ne tendait pas un traquenard aux élèves trop imprudents. Se glissant dans la pièce, elle avisa vite la silhouette de la directrice assise à son bureau et la contourna pour arriver dans son dos. Là, elle se figea un instant avant de bondir dans le champ de vision de la sorcière en clamant d'une voix désincarnée :


« Des bonbons ou un sort ! »

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¤ Finisseuse des Frelons ¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤ Sixième année RPG ¤ Rédactrice ¤
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~

Trick or treat!

La question que se posaient énormément d'élèves en cette soirée mémorable du 31 Octobre était sûrement celle-ci ; mais que faire donc en un jour si exceptionnel ? Certains — une minorité — s'en fichaient et ne changeaient rien à leurs habitudes, d'autres passaient des soirées à se gaver de bonbons avec leurs amis,... Mais malheureusement, personne pour faire honneur à la fameuse tradition d'Halloween ; celle de déambuler dans les rues pour sonner à toutes les portes et demander des bonbons sous peine de lancer un méchant sort. Selon Joy, il était évident que cette tradition ne pouvait pas se propager à Poudlard, puisqu'il n'y avait pas d'adultes à aller déranger dans l'école. Tout du moins.. C'était ce qu'elle pensait avant que la folie d'Elina Montmort ne vienne en secours à la pauvre âme déplorée qu'était Joy.

Vous avez dit « pas d'adultes à aller déranger » ? Foutaises ! Elina en avait trouvé un, d'adulte. Et pas n'importe lequel ; la directrice elle-même. La première année avait interpellé la Poufsouffle au détour d'un couloir pour la saluer, et c'était là que la préfète-en-chef lui avait parlé de son idée. Apparemment, certaines rumeurs étaient colportées à tout va, et elles disaient qu'on avait des chances de se retrouver avec des bonbons plein les bras si on réussissait l'exploit d'effrayer Miss Loewy. Honnêtement, Joy n'y croyait pas une seconde. Une dame aussi distinguée et distante qu'elle pouvait-elle véritablement accepter que des élèves viennent la déranger avec des histoires puériles ? Sûrement pas. C'est pour ça que dans un premier temps, Joy, qui n'était pas encore aussi folle que Elina, lui avait répondu « qu'elle y réfléchirait ». Et si on décodait, ça voulait dire « C'est une bonne initiative de faire ça, mais je n'ai pas envie de mourir, alors non merci ! Bonne chance quand même. »

Mais finalement, après y avoir réfléchi quelques temps, la Serdaigle s'était réfractée sur son choix de départ. Après tout, qu'avait-elle à y perdre, à part sa vie ? Rien ! Que serait la vie sans un peu de piquant, je vous le demande ? Et puis, peut-être que les rumeurs étaient vraies.. Et que Joy aurait un approvisionnement de bonbons tellement énorme qu'elle en aurait assez pour le restant de sa vie ! Et puis.. elle ne pouvait quand même pas laisser Elina toute seule. Alors voilà, Joy avait pris le peu de courage qu'elle avait à deux mains, et s'était déguisée en prévision de cette soirée qui promettait d'être riche en émotions. Elle portait une robe noire somme toute assez simplette, mais elle s'était un peu maquillée. Pour la première fois de sa vie, d'ailleurs, mais c'était pour la bonne cause. Elle avait — par miracle — trouvé un vieux livre de sortilèges qui traînait dans sa salle commune, dont elle s'était servie pour tenter de rendre sa petite bouille effrayante.

Une fois prête, Joy descendit les escaliers pour se rendre dans le bureau de la directrice, prit une grande inspiration avant d'entrevoir Elina. La Serdaigle se précipita vers elle, et s'écria.


« Des bonbons ou un sort ! »

Assez drôle de perpétuer cette tradition aussi commune aux Moldues ici. Même si chez les sorciers, le « ou un sort » prenait tout son sens.

Ils étaient cœur d'œillets, des fleurs face aux fusils,
Enfants du Bataclan, enfants du paradis.

Trick or treat!

Meilla avait revêtit ses plus beaux habits... D'Halloween. Elle avait décidé de se déguiser en zombie (histoire de ne pas être originale du tout) et c'est pour cette raison qu'un t-shirt élimé, avec des trous et des taches de (faux?) sang avait été créé. La rouquine n'était pas très forte pour se mettre du maquillage, mais grâce à June sa camarade de chambre et désormais meilleure amie, son visage avait pris les formes et couleurs des zombies. Autour de ses yeux, du noir creusait ses cernes déjà existantes. Son visage blanc contrastait donc avec le tour de ses yeux. A cela s'ajoutait une traînée rouge sang qui dégoulinait en permanence de ses lèvres. Elles avaient réussi à trouver ce sortilège dans un livre qui traînait par terre en salle commune. D'ailleurs, ce n'était pas très normal qu'un livre traîne comme ça, habituellement, la personne qui faisait cette erreur était tout de suite rappelée à l'ordre par miss Holloway qui n'approuvait aucun désordre. Il se trouvait que le fautif avait réussi à passer à travers les mailles du filet, à moins que ce ne soit la professeure de DCFM elle-même qui avait fait en sorte de laisser ce livre ici pour aider ceux qui en avaient besoin? Quoiqu'il en soit, ce livre avait bien aidé les deux filles à se préparer et à rendre leur déguisement plus véridique.

June devait retrouver quelqu'un en cette soirée d'Halloween, mais elle n'avait pas voulu dire qui à Meilla, aussi s'étaient-elles quittées un peu en froid. Certes, elles n'étaient amies que depuis 2 mois, mais elles avaient rattrapé le temps perdu non? Enfin bon, la Serdaigle repenserait à ça demain matin. Pour le moment, elle ne savait pas trop ce qu'elle allait faire... A quoi servait-il de se déguiser si c'était pour ne rien faire? Sérieusement? Ca n'avait absolument aucun intérêt... Elle se dit qu'elle pourrait peut-être faire un tour histoire de faire peur à quelques personnes par la même occasion... Oui, elle allait faire ça et elle aviserait par la suite.

Elle se faufila en dehors de la salle commune et commença à se promener dans les couloirs. Il n'y avait personne, pas un chat, pas de miss Teigne à l'horizon, pas d'élèves, pas de fantômes! Etrange, où étaient-ils tous? La majorité des élèves était sûrement encore en train de se préparer, mais les fantômes, ils devaient bien être quelque part non? Le château semblait beaucoup trop calme, surtout pour un soir d'Halloween. C'était en général la soirée la plus appréciée, peut-être même plus que Noël! Habituellement, il y avait toujours des farces qui traînaient par-ci, par-là. Or, pour le moment elle n'avait eu aucun écho d'une quelconque farce ou bêtise. De plus en plus étrange. Ses pas l'amenèrent devant le bureau de la directrice qui semblait... Déjà ouvert?! Des élèves étaient-ils en train de poursuivre la tradition Moldue en quémandant des bonbons à la directrice? Il fallait croire que oui puisqu'elle entendit la phrase magique "Des bonbons ou un sort". La voix lui disait vaguement quelque chose, aussi décida-t-elle d'aller voir puisque de toute manière, elle n'avait absolument rien de mieux à faire. Elle ne faisait pas ça pour les bonbons, seulement pour s'amuser un peu puisque June avait décidé de le faire sans elle...


"Des bonbons ou un sort?"

~En voyage autour du monde et en couple avec la fille la plus extraordinaire du monde ~
Attention, apparition de carottes hallucinogènes dans le secteur des ornithorynques.

Trick or treat!

Le soir d'Halloween... Que de cris résonnaient dans les couloirs... Et rien que dans le banquet, élèves comme professeurs étaient tous hystériques... Ils se départageaient tous parmi deux bords, voir trois... Le premier, les plus restreints, comptaient quelques professeurs et très peu d'élèves, qui souhaitaient rester à l'écart des festivités ou touts farces qui conduirait à diminuer leurs heures de sommeil. Les plus rabats joie, si vous vouliez l'avis d'Antony... Le second, comptait bien sûr les plus excités ! Parmi eux, beaucoup de jeunes élèves très excités, comme les premières années, pour qui c'était le premier Halloween au château. Aussi, Antony n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait souhaiter rester pendant les vacances de la Toussaint et pourtant ne pas souhaiter participer aux festivités... C'était tout de même extraordinairement étrange... ! Heureusement, les professeurs qui étaient restés eux aussi veillaient à perpétrer la tradition... Les quelques instruments et objets étranges glissés de mains en mains sous la table des professeurs, croyant naïvement ne pas être vu par les élèves trop occupés dans leurs préparatifs de farces... Mais c'était sans compter sur Antony qui eut même la chance d’apercevoir quelques bombabouses... Au moins, il était prévenu... C'était tout de même décevant de la part de ses professeurs de les voir agir ainsi... Mais Antony lui, avait aussi prévu quelque chose... Et on venait ainsi au troisième genre de personne de cette soirée... Les pernicieux... Les entre deux finalement... Ceux qui avaient prévu des farces immenses ! Mais qui cachaient extrêmement bien leur jeu, au point qu'on eut pensé qu'ils fassent partie du premier genre de personne...

Antony était de ce troisième genre... Et ainsi, il se rendit dans ses dortoirs... Et ainsi, il regarda ses camarades de chambre se déguiser, tout contents, et ramasser leurs sacs, et ramasser leurs matériels, et ramasser leurs baguettes, et ramasser leurs fausses araignées, interrogeant Antony sur ses intentions... Mais ils durent partir sans lui malgré leur instance...
Et ainsi ils ne furent plus dans la pièce, et ainsi Antony put s'habiller... Il avait ouvert son coffre, et sortit sa cape de son étui... La peur envahit alors la pièce... Il enfila rapidement la cape, et se retrouver tétaniser par la frayeur... Il se sentit alors tout de suite mieux... Il faut dire aussi que sa cape était enchantée pour effrayer toute personne, hormis celui qui la portait, dans un rayon de vingt mètres... Une restitution d'un dixième de la frayeur causé par les détraqueurs en fait... Puis il mit son masque, celui qu'il s'était fait confisquer par Rusard, et avait finit par retrouver au dernier moment la nuit dernière, après moult recherches dans les cachots... Et ainsi habillé, il s'arma de ses bombes à craies... Celles-là même que Peeves lui avait appris à confectionner... Ou qu'Antony avait appris à Peeves... Il ne savait plus très bien... Un peu des deux finalement puisqu'ils s'étaient entraidés, au cour d'une petite trève après l'une de leur dispute quelques nuits auparavant... Antony ne dormait pas beaucoup en fin de compte ces derniers jours !
Derniers détails, Antony se para de son porte-voix magique, qui transformerait sa voix en une sonorité d'une gravité qui ferrait rougir un vampire ou un loup-garou...

Et ainsi fin prêt, il prit la route du bureau de la directrice, où il savait que se tiendrait une petite sauterie, que tenait quelques élèves afin de piéger leur directrice...
Arrivant là-bas, étant parvenus à éviter tout autre individu jusqu'au lieu-dit, il se rendit compte que ses sources étaient sûres... La porte était grande ouverte, et les individus rassemblés en masse autour du bureau...

*Minuit, l'heure du crime...* Sans perdre une seconde Antony lança ses bombes à craies qui explosèrent dans un grand boum, créant une épaisse fumée blanchâtre dans tout le bureau, ruianant ce dernier...

"Soyez Chatiez ! Vous qui Quémandez !"

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
Do not go gentle into that good night.

Trick or treat!

En ce sombre soir d’Halloween, la directrice de Poudlard ne possédait pas le moindre déguisement. Quand elle était enfant, elle avait pour habitude de se déguiser en sorcière, alors la découverte de sa vraie nature l’avait un peu ralentie sur la fête d’Halloween, aux grands rires de ses parents tous deux sorciers… Kristen Loewy, donc, travaillait le plus simplement du monde à son bureau. Elle trempait sa plume avec ennui dans l’encrier, signait quelques papiers administratifs, observait avec une attention nulle des dossiers quelconques, lisait du doigt des listes de noms qui ne lui évoquaient rien. Les jambes croisées, le coude sur la table et la tête dans la main, l’autre faisant tournoyer une plume dans les airs, elle finit par porter plus d’attention au crépitement de la cheminée qu’à ces milliers de caractères imprimés en plus petit les uns que les autres. Elle attendait ce petit événement qui animerait un peu sa soirée : peut-être viendrait-on joyeusement la voir en lui demandant des bonbons, comme elle le faisait elle-même lors de son enfance à Rye. Dans le doute, la directrice avait laissé l’accès à son bureau. Tant qu’elle y était présente, il n’y avait – normalement – aucun risque que quelque chose de mauvais n’arrive, que le bureau finisse en immense salle de duel puis en ruines, comme deux ans auparavant. Ce genre de choses n’arriverait plus, désormais.

Alors qu’elle faisait danser sa plume dans les airs du bout de l’index, Kristen entendit qu’on s’approchait. Elle fit mine de ne rien voir à ce qui se passait tout à fait dans son champ de vision, et vit une ombre blanche se glisser dans son dos. Ce fut un genre de mariée tuée le jour de sa noce et triste à mourir qui surgit devant elle, ordonnant : « Des bonbons ou un sort ! » Kristen fit mine d’être surprise en plein dans ses pensées et mima un mouvement de recul. Le professeur reconnut Elina Montmort, la préfète-en-chef et championne de Poudlard au tournoi des trois sorciers. Très vite, une autre voix lui fit écho, répétant mot pour mot l’expression familière à tout enfant désireux de perpétuer la tradition d’Halloween. Il s’agissait cette fois d’une plus jeune élève de Serdaigle, et néanmoins préfète, Joy Wedenjack. Elle avait un maquillage et des effets sur son visage que l’on ne saurait décrire avec précision, mais dont l’effet était réussi.


« Eh bien mesdemoiselles ! Vous m’avez bien fait peur, dit Kristen d’un ton amusé et, miracle, un léger sourire aux lèvres, qui aurait pu être plus large si elle ne faisait pas ce choix perpétuel de le retenir. »

Elle se reculait à peine de son bureau afin de pouvoir ouvrir un tiroir quand une autre silhouette vint apparaître devant elle, ordonnant, d’un ton beaucoup moins convaincant et convaincu que ses camarades, des bonbons, sous peine de recevoir un sort. Kristen releva la tête : c’était une élève de septième année qui avait plus ou moins gardé son âme d’enfant – ce qui fit plaisir à la directrice -, une Meilla Primard zombifiée. Kristen lui sourit et lui fit regard attendri et ô combien inhabituel.

« Il y aura bien assez de bonbons pour vous trois, dit-elle en sortant du tiroir un coffret pompeux en cristal, tranchant assez bien avec son contenu. »

Il avait des bordures dorées et des allures exagérées, mais les bonbons qu’il contenait lui redonnaient de la couleur. Il y avait beaucoup de dragées surprises, ses friandises préférées, quelques baguettes à la réglisse miniatures et souris en sucre, mais pas de patacitrouilles : ça tâche et ça colle aux parois du coffret. Alors qu’elle s’apprêtait à glisser le coffret en direction des trois jeunes filles, un autre élève se permit d’intervenir. Vêtu d’une cape ensorcelée par de la magie de bas-étage qui se voulait grandiose, le visage couvert par un masque – sans doute un Serpentard, pour ne point oser montrer son visage lors d’une farce : Kristen ne put savoir de qui il s’agissait. L’individu lança des bombes produisant de la craie. Peut-être se croyait-il innovant, mais dans les années où Kristen était élève à Poudlard, les plus perturbateurs utilisaient déjà ces objets ; ils avaient cependant l’esprit de ne pas les utiliser dans le bureau du directeur de l’époque. Alors que l’élève hurlait dans un porte-voix, la directrice crispa son sourire et ferma les yeux, d’un air très visiblement agacé, mais qui prend absolument sur soi. Lorsque l’effet des bombes à craies fut dissipé, elle se leva et applaudit lentement, trop lentement, toujours ce sourire crispé accroché aux lèvres, et des yeux ronds (il ne lui manquait plus que ce tic nerveux du coin de l’œil pour compléter le tableau). Elle sortit sa baguette, la pointa vers l’individu et d’un geste rapide vers le haut, releva son masque. Antony Vendrale, n’est-ce pas ?

« Très belle mise en scène, Monsieur Vendrale. Félicitations. Vous êtes sans conteste celui qui a suscité en moi le plus… d’émotions, dit-elle d’un bien trop calme. Restez un peu, vous êtes le grand gagnant. »

Elle se pencha vers l’avant et ouvrit le coffret en cristal devant les trois premières arrivées, leur disant de se servir et d’en laisser un peu pour leur camarade de Serpentard.

« Mlle Montmort, j’espère que nous aurons bientôt l’occasion de nous revoir. Mlle Primard, bonne chance pour vos examens à la fin de l’année. Commencez à réviser dès maintenant. Mlle Wedenjack, ce fut un plaisir. Votre déguisement est très réussi. »

Et elle fit signe aux trois jeunes filles de partir. Elle se retrouvait désormais seule avec l’élève de Serpentard. Son sourire s’effaça instantanément et elle coupa l’accès à son bureau - plus d'issue possible - se rasseyant après avoir fort épousseté son siège blanchi par la craie.

« Monsieur Vendrale, si j’apprécie les plaisanteries bon enfant, sachez que je ne supporte pas le désordre. »

Voyant son bureau couvert de craie, ses documents, ennuyeux mais néanmoins importants, salis par de vilaines traces de poudre blanche, ses tapisseries devenues blanchâtres – et sans doute en avait-elle sur elle, ce qui valut un petit coup de main dans ses cheveux et sur ses épaules -, Kristen soupira, posa les deux coudes sur son bureau et croisa les doigts.

« Prenez un coussin sur l’un des fauteuils près de la cheminée, et asseyez-vous en face de moi, je vous prie, lui dit-elle en tendant la main vers la chaise de l’autre côté de son bureau. Elle n’est pas très confortable. »

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

Trick or treat!

La fumée se dissipa peu à peu... Il apercevait en fait seulement quelques formes brumeuses dans la poussière, qui toussotaient et se débattaient dans l'épaisse fumée, sans vraiment pouvoir se dépêtre... Il apercevait en fait seulement quelques formes brumeuses dans la poussière, qui toussotaient et se débattaient dans l'épaisse fumée, sans vraiment pouvoir se dépêtre...
Mais, Antony toujours là, guettant leurs réactions à vif, la fumée n'était toujours pas dissipée qu'il entendit raisonner un clappement de main...
*Quelqu'un est vraiment en train d'applaudir... ?*
Le clappement raisonna un moment... Trop longtemps... Trop lentement... Jusqu'à ce que la fumée disparût enfin et laissât place à un Miss Loewy crispé par l'agacement complet...
*Je vais encore passer un sale quart-d'heure...* pensa le garçon, perplexe... *Cool !*

A peine cette pensée lui eut traversé l'esprit, sa directrice leva sa baguette et fit voler le masque d'Antony... Révélant son visage, à son plus grand désarroi...

"Très belle mise en scène, Monsieur Vendrale. Félicitations. Vous êtes sans conteste celui qui a suscité en moi le plus… d’émotions."

Antony réprima un sourire... Il était certain qu'elle devait bouillonner intérieurement... Quelle joie... Et surtout quelle folie ! Le pire, retait encore qu'Antony était conscient de sa folie... Était-ce sa raison qui tentait tant bien que mal de le sauver ? Rien n'était moins sûr...
* Tant pis, maintenant qu'elle connait mon visage, de toute manière je m'attendais bien à un petit quelque chose niveau réprimande, histoire de pimenter la soirée...* songea le petit diable...

"Restez un peu, vous êtes le grand gagnant."
Ajouta justement sa directrice.

Elle se pencha alors en avant pour offrir aux trois autres son petit coffret, lequel contenait bon nombre de sucreries... Après quelques formules de politesse, elle leur demanda alors de sortir, laissant Antony, et sa cape, qu'il avait d'ailleurs toujours sur lui, provoquant toujours sa petite frayeur ambiante liée au sortilège qui lui avait été administré.
Mais à peine les trois élèves sorties, le sourire de Miss Loewy s'effaça de son visage... Tandis que la porte calqua violemment, faisant sursauter le jeune garçon. L'ambiance de la pièce elle-même sembla se métamorphoser... Et tout à coup Antony eut l'impression de subir la même terreur que celle provoquée par sa cape, qui semblait presque se resserrer autour de sa gorge, l'étouffant peu à peu...
Miss Loewy, le visage encore blanc de craie, épousseta alors son siège avant de s'y asseoir...
Se redressant alors, elle déclara :


"Monsieur Vendrale, si j’apprécie les plaisanteries bonnes enfant, sachez que je ne supporte pas le désordre."

Antony, s'il eut le courage de lui répondre, voir de la couper, car elle semblait en plein débat intérieur, se demandant peut-être comment allait-elle le cuisiner, se permit néanmoins de penser que lui non plus n'appréciait pas le désordre, mais qu'il ne disait jamais à une bonne plaisanterie. Bonne selon lui. Il se ravisa alors, espérant soudainement qu'elle ne puisse lire dans les pensées...
Cette dernière le dévisageait, visiblement perplexe... Elle observa son bureau d'un rapide coup d’œil, avant de venir lentement et délicatement poser ses coudes sur son bureau immaculé d'un linceul de poussière blanche...


"Prenez un coussin sur l’un des fauteuils près de la cheminée, et asseyez-vous en face de moi, je vous prie" déclara-t-elle alors, lui indiquant une chaise. "Elle n’est pas très confortable." Ajouta-t-elle.

Antony observa alternativement la chaise, puis la main la désignant... Est-ce qu'il s'agissait d'un piège... ? Elle n'allait tout de même pas s'abaisser aux mêmes méthodes que le jeune Serpentard... ? Ou peut être que si... Cela pourrait s'avérer amusant en fin de compte.

Antony, gai comme un pinçon alla prendre un coussin comme elle lui eut indiqué, l'épousseta, puis le déposa sur la chaise qu'elle lui eut-elle aussi indiquée, et enfin la saisît à pleine main et, la soulevant, vint l'installer bien en face de son professeur, ne laissant de distance que le bureau. Il ramassa aussi au passage, son masque qui avait volé au sol, et vint s'asseoir sur ladite chaise.
Ne prononçant alors aucun mot, il s'installa confortablement et observa silencieusement sa directrice, un air de défi le trahissant dans ses yeux...

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
Do not go gentle into that good night.

Trick or treat!

Le jeune Serpentard obéit sans piper mot. Il était désormais assis face à Kristen et semblait étrangement sage. La directrice leva sa baguette au-dessus de son bureau et la pointa vers la chaise sur laquelle était assis l’élève. Elle lança un certain sortilège qui empêcherait l’élève de se lever, à moins qu’il ne tienne à partir avec la chaise collée aux fesses. Comme Kristen avait été aimable, de lui conseiller le coussin, vraiment ! Il serait tellement plus à l’aise pour philosopher. Il se murmurait en effet dans les couloirs de Poudlard, parmi les élèves les plus âgés qui avaient eu la chance d’avoir le professeur Loewy en Défense contre les Forces du Mal en troisième année, lorsqu’elle enseignait encore, qu’elle se plaisait à donner des devoirs un peu trop philosophiques à ses élèves, dans le genre : « Qu’est-ce que le Mal ? » De ces rumeurs, Kristen n’avait cure : elles étaient absolument fondées et elle n’en rougissait pas. Pendant deux ans, on étudiait la Défense contre les Forces du Mal, et ce n’était qu’au bout de la troisième année qu’on commençait à se poser la question de la nature du Mal… à ses yeux, c’était déjà bien trop tard. Mais le Ministère avait ses lubies, que voulez-vous…

Le professeur demanda à l’élève sa baguette en tendant la main, paume ouverte vers le haut. L’élève, après un moment d’hésitation, lui donna sa baguette. Peut-être avait-il peur que Kristen ne la brise ? Quand même, elle avait beau avoir été agacée, elle n’en était pas rancunière au point de briser la baguette d’un petit garnement un peu trop agité.

Kristen regarda l’élève de Serpentard avec une fausse tendresse tandis qu’elle réfléchissait à un sujet de réflexion intéressant. Au bout de quelques secondes, elle se décida. Elle sortit d’un tiroir un parchemin vierge et le fit glisser sur la table en direction du jeune homme. Elle fit de même avec une plume d’oie et un encrier, tous deux tout ce qu'il y avait de plus simple.


« Monsieur Vendrale, je me pose une question. J’espère que vous saurez y répondre pour moi. Dites-moi… La peur peut-elle être une bonne chose ? »

Non seulement, le soir d’Halloween se portait fort bien à ce type de sujets sur le sentiment de peur, mais il fallait bien avouer que c’était aussi un sujet qui intéressait particulièrement Kristen, ayant elle-même vécu la peur, la vraie peur, celle qui vous noue les tripes et vous perfore le crâne, à plusieurs reprises.

« Voyons ce que vous serez capable de produire en…, elle regarda sa montre, disons deux heures. »

Le professeur lui offrit le reste du coffret de bonbons et repassa un coup de main sur ses papiers administratifs. Elle prit sa propre plume et son encrier avant de recommencer à lire, écrire, cocher, autoriser, refuser, signer… Elle leva le nez vers l’élève qui se tenait face à elle et dit :

« Et j’espère bien que vous y mettrez de la bonne volonté. Si vous avez des questions, vous pourrez toujours me les poser. »

La directrice baissa à nouveau les yeux sur sa paperasse, jetant de temps à autres un regard sur l’avancement de la copie de l’élève puni.

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

Trick or treat!

Sa directrice resta donc là, à lui rendre son regard, pendant quelques secondes encore, tel un petit chat admirant sa proie... Puis elle leva sa baguette, faisant sursauter intérieurement le garçon, bien qu'il ne montrât aucun signe extérieur de sa surprise.
Miss Loewy sembla lancer un sortilège de sa baguette, mais ne prononça aucun mot. C'était tout de même très bizarre, car rien ne se produisit... Enfin, c'est ce que le pauvre petit Serpentard cru, jusqu'au moment ou les pans de son pantalon furent attirés et collés à sa chaise, tandis que les cuisses de ses courtes jambes étaient écrasées par le tissu du vêtement...
Antony fut un instant pris de panique et, s'appuyant sur ses talons, il tenta un instant de se lever, avant de constater que la chaise le suivit, attaché à lui... Plus aucun moyen de s'enfuir... Il était "presque" entièrement bloqué dans le bureau de sa directrice... En fin de compte, il ne savait plus s'il risquait de passer un moment amusant en la compagnie de son cher ancien professeur, ou alors si cela allait s'avérer être un instant passablement désagréable. Mais il ne s'inquiétait pas, il fallait tout de même y aller fort pour chasser de lui sa joie de vivre, même dans les instants les plus délicats...

Jusqu'au moment où la jeune femme lui tendit ça main et lui demanda d'un ton faussement gentil de lui tendre sa baguette...

Antony fut réellement paniqué cette fois-ci... Qu'allait-elle faire de sa baguette ?? Elle n'allait tout de même pas la lui casser en deux ? Elle ne pourrait pas faire ça, non... Quelle réputation aurait-elle ?
Antony imaginait déjà sa baguette, brisée en deux, quelques copeaux ça et là sur la poussière de craie, étalés sur le bureau... Ce serait une partie de lui brisée, détruite... Que ferait-il sans elle... ? Il commencerait par faire payer cette sorcière...
Mais la main de Miss Loewy, ainsi tendu depuis quelques secondes déjà, se montra presque insistante.... Antony, qui avait déjà posé sa main sur sa baguette, commença à la sortir doucement, presque tremblant... Ce qui allait se passer dans quelques secondes, il s'en souviendrait peut-être pendant le restant de ses jours...

Il la tendit doucement... Jusque dans la main de Miss Loewy qui la saisit fermement et lui prit, le faisant lâcher prise...

Antony retint son souffle... Avant de simplement voir sa directrice passer sa baguette sous le bureau, où elle disparut hors de son champ de vision... Miss Loewy s'affaira alors à sortir un parchemin vierge de son bureau, ainsi qu'une plume d'oie et un encrier, qu'il fit glisser tout près d'Antony.


"Monsieur Vendrale, je me pose une question. J’espère que vous saurez y répondre pour moi. Dites-moi… La peur peut-elle être une bonne chose ?"


*Pardon... ?*


Antony fut assez surpris par sa question... Ce qui allait se passer dans quelques secondes, il s'en souviendrait peut-être pendant le restant de ses jours... Si la peur pouvait être une bonne chose ?

"Voyons ce que vous serez capable de produire en…, disons deux heures." ajouta-t-elle après un bref coup d’œil à sa montre.

Antony se redressa sur sa chaise...
*Un devoir... ? Un devoir écrit... ?*

Antony n'en revenant toujours pas, sa directrice, elle, ne se préoccupa pas d'attendre une réponse. Elle poussa le coffre de bonbon en direction d'Antony, lui faisant signe de les prendre, puis se mit à gratter sur ses propres papiers, après les avoir époussetés de toute blanche poussière. Elle releva seulement une dernière fois la tête vers Antony, avant de finir :

"Et j’espère bien que vous y mettrez de la bonne volonté. Si vous avez des questions, vous pourrez toujours me les poser."

Si seulement sa directrice n'avait pas prononcé ces derniers mots... Car ces derniers ravivèrent la flamme de l'espièglerie dans le jeune garçon, tandis que son regard s'illuminait... *Des questions hein... ? Autant que je veux... ? Vous allez être servis...*

Antony commença à gratter. Après tout, c'était facile, bien sûr que la peur pouvait être une bonne chose. Tant physiologiquement que psychologiquement. Elle permettait d'accélérer le rythme cardiaque et se préparer à un effet physique, ou alors prévenir une personne du danger, même si parfois, elle pouvait se révéler être un danger pour ladite personne qui pourrait se retrouver tétanisée... Antony avançait à grands pas dans sa rédaction. Pas de problème, car sa seule préoccupation était d'avancer suffisamment en le moins de temps possible pour ensuite en apprendre plus sur Miss Loewy et la finalement... La harceler de questions... Enfin, le garçon leva le nez de son parchemin...

"Excusez-moi Miss, mais de quelle peur, on parle exactement... ? Est-ce qu'on parle de phobie ou plutôt de la peur de l'aventure, ou de la peur qui touche plus à l'effroi... ?"

Antony aurait bien aimé lui demander quelque chose de plus direct... Quelque chose comme 'Vous par exemple, quelle genre de peur avez vous expérimentez... ?'... Mais il fallait y aller doucement, y aller pas à pas, et attendre sa chance... Avant de la saisir.

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
Do not go gentle into that good night.

Trick or treat!

Comme elle ne s’y attendait pas, une première question arriva vite. Celle-ci portait sur la nature de la peur : plutôt phobie ou peur de l’inconnu, peur dans le sens effroi ? Kristen prit quelques secondes avant de relever la tête vers l’élève puni, se demandant l’intérêt de la question du jeune homme. Elle observa pendant quelques secondes l’expression de son visage et fourra à nouveau le nez dans ses documents. Sans même le regarder, elle dit, soupirant de lassitude :

« Je ne vais pas réfléchir à votre place, Monsieur Vendrale. Il est évident que pour répondre à la question que je vous ai posée, vous devez vous-même définir la peur. »

De toute évidence, ce jeune garçon, puisqu’âgé de douze ans, n’avait pas l’habitude de composer ; et encore moins de réfléchir à ce type de sujets. Kristen en demandait sans doute trop au jeune Serpentard : mais n’était-ce pas ce qui constituait l’intérêt-même de la punition ? La directrice était cependant convaincue des vertus de la réflexion écrite sur des sujets qu’on ne maîtrise pas. C’était justement par ce processus que l’on pouvait se construire, grandir, apprendre – certes. Ces exercices étaient loin d’être « bêtes et méchants ». Finalement, on pouvait presque considérer, d’un certain point de vue, que le professeur Loewy était d’une grandeur d’âme exceptionnelle en permettant à ce jeune chenapan d’élever un peu ses pensées.

Alors qu’elle persévérait dans sa tâche fastidieuse de signer, cocher, compléter divers documents, la directrice entreprit, pour changer, de rédiger une lettre plus personnelle. Elle se leva donc, prenant sa plume, son encrier et un parchemin vierge, et s’installa dans un fauteuil non loin de la cheminée. De là, elle pouvait encore jeter un œil sur l’élève et espérer être tranquille. Elle chercha longuement ses mots, ne les trouva pas. Elle pressa le bout de sa plume contre le parchemin, qui s’imbiba d’encre. Elle appuya fort, fort, jusqu’à percer le papier et abîmer sa plume. Elle prit une grande inspiration, expira longuement et resta installée dans son fauteuil, jouant du piano d’une main sur l’accoudoir. Sa tête était penchée sur le côté, reposant sur son bras accoudé au siège, ses jambes étaient croisées et son pied droit, flottant au-dessus du sol, battait un rythme régulier. Allait-elle réellement devoir attendre si longtemps que le garnement ait écoulé le temps imparti ? Elle éprouvait subitement un mélange de stress et de fatigue. Ne pas avoir trouvé ses mots pour écrire sa lettre l’avait sincèrement contrariée. Une idée lui traversa l'esprit, afin d'animer un peu la punition du pauvre enfant. Le professeur Loewy se leva et se trouva vite à côté de l'élève.


« Peut-être parviendrez-vous mieux à saisir le sujet si vous vous retrouviez face à un Épouvantard ? »

Loin d'être une proposition anodine, cette idée lui vint en partie de la nostalgie de ne plus exercer en tant que professeur de Défense contre les Forces du Mal. En plus de s'entraîner l'esprit, le petit Vendrale pourrait ce soir se donner l'occasion de s'entraîner aux sortilèges (donc récupérer sa baguette, car il est difficile pour un sorcier d’en être privé !), d'éprouver sa force et sa peur, aux côtés de la directrice de Poudlard... dites-donc, ce n'était pas donné à tout le monde ! Et puis, pour un soir d'Halloween, quoi de mieux que réellement se faire peur ? Assez des déguisements, du maquillage, des bonbons ; jouons le jeu à fond.

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

Trick or treat!

La directrice ne sembla pas trop pressée de répondre à la question du jeune garçon. Visiblement il ne faisait pas parti de ses priorités. Peut-être essayait-elle de l'agacé au possible. En tout cas ça marchait.
Elle mit quelques secondes avant de relever la tête vers lui, tandis que lui gardait la bouche entre-ouverte et le regard tourné vers elle, vide et idiot.
Mais même la tête relevée, elle prit encore une fois un temps avant de répondre dans un soupire, retournant vers ses documents, parlant presque à ses parchemins :


"Je ne vais pas réfléchir à votre place, Monsieur Vendrale. Il est évident que pour répondre à la question que je vous ai posée, vous devez vous-même définir la peur."

*Okay en fait j'ai le droit de poser des questions, mais pas d'avoir de réponses...*
soupira intérieurement le garçon...

De toute évidence, la directrice savait y faire, pour mettre les nerfs des gens à fleurs de peau... C'était Halloween et elle aussi devait sûrement ressentir le besoin de se lâcher un peu... Après tout, toute cette paperasse devait l'ennuyer et Antony aurait pu comprendre qu'elle s’ennuie un peu... Mais pas qu'elle s'amuse avec lui ! Elle aurait pu trouver une autre proie !

Mais après tout Antony profitait d'Halloween depuis bien des jours déjà et il était temps qu'il passe le flambeau. Même si bien sûr, s'il devait rester bloqué avec elle de ce bureau, autant qu'il en profite lui aussi et sache en tirer quelque amusement. Mais sa frustration l'empêchait de se concentrer et il avait bien du mal à travailler sur sa rédaction de philosophie... Heureusement il avait déjà bien avancé lorsque sa directrice se leva et alla, toujours sans lui adresser un regard, s'installer dans l'un des fauteuils non loin de la cheminée, parchemin et encrier en main.
Antony en profita pour l'observer un peu. Au moins il pourrait s'occuper au lieu de plancher sur ce sujet... Ça lui ferait une petite pause. Plume au coin de la bouche, il se demanda ce qu'elle pouvait bien être en train de faire. Elle avait l'air posée, mais le Serpentard pouvait sentir à ses sourcils à peine froncer un certain agacement. *Elle est difficile à cerner quand même !* s'exclama intérieurement le garçon.
Mais à peine eut-il pensé cela que tout à coup sa professeur se leva, forçant Antony a rapidement détourné le regard. C'est qu'elle n'avait cesse de bouger ! Elle ne tenait visiblement pas en place.

Elle s'approcha alors d'Antony et lui demanda :


"Peut-être parviendrez-vous mieux à saisir le sujet si vous vous retrouviez face à un Épouvantard ?"

*En face d'un Épouvantard  ?*
Que voulait-elle dire ? Est-ce qu'elle gardait vraiment une de ces créatures dans son bureau ? Antony avait déjà entendu parlé d'elle. Il connaissait même le sort pour les repousser. Mais il ne s'était jamais retrouvé en face de l'une d'entre elle.
A quoi aurait-il affaire si cela arrivait ? Il était bien curieux de le savoir.


"Hmmm..."
Antony, croisa un instant le regard de sa directrice par dessus son épaule, intimidé... "Heu... Pourquoi pas... Ça pourrait être intéressant. Mais il faudrait que je récupère ma baguette magique avant non ?"

Antony réalisa soudainement qu'elle lui demanderait peut être de faire face à l'Épouvantard SANS baguette magique... Comment allait-il faire !

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
Do not go gentle into that good night.

Trick or treat!

La directrice fut d'abord étonnée de la réponse presque positive du jeune élève. Puis, elle soupira longuement aux paroles du jeune Serpentard, qui remarquait que ce serait plus pratique avec une baguette. Pensait-il qu’elle voulait lui causer une crise cardiaque ? Croyait-il que sa directrice était juste méchante, mais de la bonne grosse méchanceté gratuite, de la torture physique et mentale ? Kristen se demanda si d’étranges rumeurs ne circulaient pas à son propos. Elle prit un air faussement enjoué qui ne pouvait berner personne et dit :

« Excellente supposition, Monsieur Vendrale ! Vous êtes bien perspicace. »

Le professeur Loewy se dirigea vers le fond de son bureau. Elle passa un coup de baguette sur une étagère pleine de livres, qui s’avança toute entière, se détachant du mur, dans un bruit de frottement sourd. Les livres tremblaient et certains menaçaient de tomber, mais tout resta, par chance, tout à fait en place. Sur le côté qui venait de s’agrandir, une sorte de petit découpage apparaissait. C’était une ouverture. Kristen retourna chercher la baguette du jeune garçon et lui rendit d’une main molle, dans son habituelle attitude de désintéressement.

« Puisque je souhaite malgré tout m’éviter l’embarras d’un malaise de votre part, si je vois que vous ne pouvez supporter votre peur, j’interviendrais pour interrompre l’exercice. »

Faire affronter sa plus grande peur à ce Serpentard promettait d’être un exercice d’humilité fort intéressant. Pleine d’évidentes bonnes intentions, la directrice n’avait pas pour ambition de traumatiser l’élève de Serpentard : cela ne l’intéressait en aucun cas et aurait été une pure perte de temps. Non, ce qu’il fallait, c’était lier l’utile au désagréable et permettre une punition rejoignant son but premier : éduquer. Après tout, ne dit-on point qu’il faut toujours punir un coupable, non pas par vengeance, mais pour lui éviter la tentation de la récidive ? C’était donc le devoir de Kristen de procéder à cet exercice.

« Lorsque l’Épouvantard sortira, n’oubliez pas de penser à quelque chose qui vous amuse et prononcez vers lui la formule Riddikulus. Compris ? Riddikulus. Visualisez l'Épouvantard d’une façon ridicule et n’oubliez pas que vous êtes et serez toujours maître de votre peur. »

Dans l’idéal, il fallait voir la peur comme une illusion, une vaste mascarade de l’esprit qui agit sur notre corps et le paralyse, un sentiment invasif qui prend le contrôle mais qui, au final peut se repousser d’un revers de main avec un peu de calme et beaucoup d’inconscience. Il faut se dire que toutes les peurs sont infondées, que nous sommes tellement au-dessus de tout cela, que rien ne peut nous atteindre, postés dans notre tour d’ivoire du courage. Evidemment, la théorie est plus accessible que la pratique.

Elle se recula jusqu’à se retrouver à côté de l’élève. Elle lui posa la main sur l’épaule pendant une demie seconde – quand même, il ne fallait pas abuser de sympathie - et fit quelques pas de plus en arrière. Elle prit son inspiration et tendit sa baguette vers l’ouverture dans l’étagère. Le bras bien en l’air, elle murmura quelque chose d’inintelligible et un clic se fit entendre. La porte s’ouvrit très lentement dans un grincement peu rassurant.

Attention, le petit oiseau va sortir…

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

Trick or treat!

"Excellente supposition, Monsieur Vendrale ! Vous êtes bien perspicace."

*Ha oui ?*


Antony n'arrivait pas très bien à cerner sa directrice. C'est qu'elle changeait apparemment rapidement d'humeur ! Ça rappelait bien à Antony sa pauvre préfète et amie Amaëlle Nelly, ou sa marraine Caroline Purelune... Ses deux préfètes en fait ! Mais Miss Loewy et elles n'avaient rien d'autre en commun ! Si ce n'est leur goût pour la domination peut-être...
Antony s'embrouillait l'esprit... Il n'était pas là pour penser à Amaëlle, ou à une quelconque réelle définition de ce qu'est la domination. Il avait déjà fort à faire avec sa définition de la peur et avec l'épreuve qui l'attendait à présent. Surtout que la jeune femme ne l'encourageait pas tant que ça, dans ses longs soupirs accusateurs et impérieux.
Elle se détourna de lui et se dirigea vers le fond du bureau. D'un coup de baguette, comme si elle eut touché un des livres de l'étagère et dévoilé un passage secret, un meuble entier du bureau se mit à trembler et à se déplacer latéralement contre le mur. Le raclement s'interrompu enfin lorsque fut entièrement dévoilé une petite ouverture où Antony ne pouvait pas voir ce qui se trouvait à l'intérieur. Apparemment, sa directrice connaissait déjà parfaitement son bureau, malgré sa récente prise en fonction de son poste, avec le départ de Miss Grayce.
Mais à quoi pouvait bien lui servir cette ouverture ? Cacher son Epouvantard ? Il devait être enfermé quelque part à l'intérieur puisque rien ne sortit du renforcement.

"Lorsque l’Épouvantard sortira, n’oubliez pas de penser à quelque chose qui vous amuse et prononcez vers lui la formule Riddikulus. Compris ? Riddikulus. Visualisez l'Épouvantard d’une façon ridicule et n’oubliez pas que vous êtes et serez toujours maître de votre peur."

Antony n'avait jamais vu d'Épouvantard dans sa courte vie, et il se demandait bien en quoi cette créature allait se changer... Antony devra donc improviser pour trouver quelque chose de ridicule. Il n'avait sincèrement aucune idée de ce qui était sa peur la plus profonde. Mais, emplit de curiosité, il releva le défi, inconscient du danger... Qu'il s'apprêtait à courir...

Miss Loewy se recula d'ailleurs pour enfin libérer la créature. Elle posa un court instant sa main sur l'épaule du garçon, qui sursauta presque, perturbé, d'une part, par cet étrange élan de compassion de la jeune femme et, d'autre part, par le fait que sa directrice, une personne aussi importante qu'elle, venait tout juste de le toucher lui ! Antony ! Un pauvre petit élève comme lui.
Elle leva sa baguette, et d'un étrange murmure, prononça une formule inintelligible...
Un cliquetis sourd se fit alors entendre dans l'ouverture.
Et un râle lourd et froid raisonna dans la pièce...

Antony, s'attendant à voir sortir une créature de l'ouverture, aperçut un étrange liquide rouge coulé hors de l'ombre de l'ouverture... Un étrange liquide pourpre qui commençait à former une petite flaque. Deux grandes formes sortirent alors de l'ouverture et virent s'écrouler à terre.
Antony ne réalisait pas très bien ce qui se passait. Où était la créature ?
Mais ses mains se mirent alors à trembler sans aucun contrôle dessus, à mesure qu'il commença à reconnaître les formes qui étaient allongées au sol. D'abord, sa mère... Et l'autre son père... Couchés dans une mare de sang.
Antony trembla de plus belle, tandis que le sol sembla céder sous ses jambes. Il s'écroula, tandis que ses jambes commençaient à convulsionner. Lui-même ne comprenait pas bien ce qui se passait.
Une troisième forme émergea de l'ombre, mais celle-ci n'était, cette fois-ci, pas aussi inerte que les deux autres. C'était le grand-père d'Antony... James. Baguette à la main, ce dernier ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait, incrédule devant le corps de sa fille et de son beau-fils...

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Trick or treat!

Kristen ne s’était pas préparée à une telle apparition. Lorsqu’elle était encore professeur, elle avait pu voir des Épouvantards prendre de nombreuses formes : araignées, serpents, souris, mamans en colère, mauvaises notes, des étendues d’eau, une foule, une tombe et dans les pires cas une tombe au nom de l’élève. Ces visions de mort, déjà, la mettaient mal à l’aise. Elle ne comprenait pas comment des gamins pouvaient si jeune avoir des peurs si concrètes, finalement si réalistes et si raisonnables. Elle ne voulait pas que des enfants expérimentent ces peurs-là, qui souillaient leur innocence. Alors, quand elle vit la forme que prenait l’Épouvantard devant le jeune élève de Serpentard, elle eut un mouvement de recul, surprise. Puis déterminée, la directrice se précipita entre l’élève et son Épouvantard, baguette levée, afin d’empêcher l’élève de faire face plus longtemps à pareille horreur. Elle entendit l’élève tomber derrière elle. Elle se retourna rapidement, constata que sa position n’était pas si critique, et fit de nouveau face à l’Épouvantard.

L’être se déformait, tourbillonnait, et dans un mouvement ralenti, il stabilisa sa forme. Kristen se retrouva face à sa plus grande peur. Son cœur se mit à battre plus fort et ne pensa plus à rien d’autre qu’à ce qui se trouvait en face d’elle. Elle se trouvait dans le vide, il n’y avait plus qu’elle et cette chose. C’était un être misérable, une chose rampante, comme un cadavre en état de décomposition. Devenue incapable de se servir de ses jambes, elle avançait vers Kristen à l’aide de ses bras. Ses seuls vêtements étaient des haillons, ses cheveux se faisaient rares, ses joues comme le reste de son corps étaient trop maigres, sa peau d’une couleur hésitant entre le gris et le marron. Son regard, quant à lui, était pitoyable, il l’implorait. Ce regard, ces yeux, c’étaient ceux de Kristen. Cette chose, c’était elle. Et elle approchait, inévitablement, avec ses bras osseux couverts d’une peau moisie. Ses lèvres bougeaient, et si Kristen ne savait habituellement pas lire sur les lèvres, elle comprenait cette fois ce langage. C’était un requiem de supplications, une symphonie macabre d’adjurations ; puis la chose baissait la tête, résignée, et concluait dans un gémissement que seule Kristen pouvait comprendre : « Non, personne ne viendra m’aider, je suis seule, toute seule, je n’ai personne. »

La directrice resta figée un moment, déglutissant. Cet être était la synthèse de ses échecs, elle-même ayant tout raté, et se retrouvant seule et faible face à son insuccès. Sa baguette était toujours pointée sur cette chose répugnante, son bras tremblait. Elle avait déjà vaincu ces créatures, mais depuis la dernière fois qu’elle y avait fait face, il y avait quelque chose de changé. Sa peur était plus grande mais aussi plus réprimée, niée, enfouie au fond d’elle. Maintenant qu’elle pouvait se manifester, elle revêtait un costume d’horreur plus impressionnant encore. La chose s’approchait, dangereusement maintenant.

Alors, elle vit son visage, à lui ; et elle entendit ses mots de dédain : « Lamentable, une fois de plus ». La directrice se reprit. Personne n’était autorisé à la dénigrer, personne ne pouvait lui dire quoi que ce soit, parce qu’on ne pouvait pas savoir ce qu’elle avait enduré, et avec quelle force elle s’était battue pour surmonter toutes ces épreuves. Non, elle n’était pas lamentable, loin de là. Elle avait des progrès à faire, certes, elle pouvait devenir plus forte, encore et encore, elle trouverait cette puissance et paierait le prix pour l’obtenir, mais aujourd’hui, elle n’était pas lamentable. Elle regarda son double rampant avec un profond mépris, le prenant de toute sa hauteur. La chose tendit un bras misérable vers Kristen, avec ces mêmes yeux suppliants, et la directrice répondit doucement, entre ses dents, comme un sifflement pernicieux :


« Tu ne m’intéresses pas. »

Elle pointa sa baguette presque à ses pieds, visant mieux l’ersatz de cadavre qui s’y trouvait et prononça la formule ‘’Riddikulus’’. Alors, la chose se mit à rétrécir, sa chair gonfla, ses membres se collèrent entre eux, sa peau demeurait entre le gris et le marron, ses dents rentrèrent dans ses gencives et finalement, ses yeux ne furent plus que deux minuscules points noirs sans expression. C’était devenu un très beau veracrasse, du genre modèle d’exposition, avec des dimensions parfaites. Il rampait en rond sur le sol, ne savant plus où aller. Kristen, d’un coup de baguette, l’expédia dans l’ouverture de la bibliothèque et réordonna le tout, expirant profondément.

Le professeur Loewy se retourna vers l’élève de Serpentard, dont les mains tremblaient encore de façon apparemment incontrôlable. Malgré ces minutes qui lui avaient semblé être des heures, elle n’avait pas mis longtemps à se débarrasser de l’Épouvantard. Elle le regarda, réfléchit quelques secondes. Inspirant un grand coup et fermant les yeux, elle leva sa baguette sur lui. Lorsqu’elle les rouvrit, son regard trahissait une certaine détermination. Elle ne pouvait pas se permettre de douter de ce qu’elle ferait – c'était un acte très éloigné de la convention et un sortilège qui pouvait être dangereux si l’on se permettait de flancher en le lançant.


« Oubliettes. »

Antony Vendrale ne se souviendrait pas qu’il avait dû affronter un Épouvantard ce soir-là ; et le professeur Loewy veillerait à ce qu’on le préserve de cet exercice avant un certain temps. Il n’était, de toute évidence, pas prêt à affronter sa plus grande peur qui à sa décharge était particulièrement difficile. Sa mémoire s’arrêterait à cette punition écrite un peu fastidieuse, et c’était tout. Un temps viendrait où la directrice pourrait – peut-être - lever le voile de l’oubli.
Dernière modification par Kristen Loewy le 24 novembre 2016, 18 h 49, modifié 1 fois.

« Si je voulais essayer de définir d'une manière quelconque l'expression singulière de leurs regards, je dirais que jamais je ne vis d'yeux brillant plus énergiquement de l'horreur de l'ennui et du désir immortel de se sentir vivre. »

Trick or treat!

Antony se réveilla dans le fauteuil peu confortable où il avait pris place quelque minutes auparavant, les fesses reposées sur le coussin qu'il était allé chercher près de la cheminée. 'Réveiller' était un bien grand mot à vrai dire. Il ne lui sembla pas se réveiller, mais plutôt qu'il avait eut un certain moment d'absence qui ne lui avait pas vraiment semblé long. Il ne savait pas très bien ce qui lui était arrivé et il n'avait visiblement jamais ressenti un tel sentiment d'oubli auparavant.
Antony, toujours groggy, tenta de regarder autour de lui. Il nota d'abord qu'il venait sûrement de surréagir à son absence, que ses premiers mouvements brusques avaient peut-être éveillé l'attention de sa directrice qu'il aperçut devant lui, les yeux rivés sur son parchemin, toujours en train de griffonner. Elle ne semblait pas le remarquer. Que pouvait-elle bien écrire qui lui requérait autant d'attention ?
Antony se redressa lentement, se saisissant des accoudoirs de sa chaise comme d'appui. Malmenant son coussin durant ce redressement, il prit aussi lentement le temps de le replacer correctement sous son fessier, avant de se rendre compte que de larges gouttes chaudes perlaient sur son front, venant s'écraser sur ses cuisses et en imbibant le tissu. Il s'agit en fait de goutte de sueur. Il ne faisait pourtant pas si terriblement chaud. Pour quelle raison suait-il autant ? Antony savait que le sommeil avait comme propriété de faire suer le dormeur, mais à ce point ?
Toujours aussi lentement, conscient des risques qu'il prenait, Antony approcha sa manche de son front pour y essuyer le liquide poisseux.
Mais à mesure que son corps retrouvait de ses capacités mobiles, le jeune garçon recouvrait aussi sa sensibilité. Et il se rendit vite compte que de vives douleurs se faisaient ressentir derrière sa tête et dans le bas de son dos. Des crampes peut-être ? Pas sûr, l'arrière de crâne non. Plutôt des douleurs liées à un choc.
Antony se perdit rapidement dans ses pensées avant de se ressaisir avec un haut-le-cœur, alors qu'il eut cru l'espace d'un instant que la directrice le fixait du coin des yeux, toujours rivé sur ses parchemins. L'avait-elle vu ? Ne serait-ce qu'un instant ?

Antony n'en était pas trop sûr... Il entreprit de vite reprendre sa dissertation, car le temps imparti devait toucher à son terme, surtout s'il sommeillait ainsi en plein exercice ! Mais Antony doutait lui-même d'avoir dormi. Ce n'était pas la même sensation. Cela ressemblait d'avantage à un clignement des yeux un peu plus long que les autres.
Mais l'heure n'était pas à ce genre de réflexions, mais bien à la dissertation !

Antony constata où il en était resté. Mais en se relisant, il se rendit compte qu'il ne se souvenait pas du tout avoir écrit cela ! Il en était apparemment même arrivé à la conclusion ! Les mots "En conclusion" semblaient d'ailleurs le narguer devant un tel oubli de sa part.

Ne sachant le temps qu'il lui restait Antony entrepris de rapidement se lire, avant de vite compléter cette conclusion. Quand il eut enfin fini de tracer ses derniers mots de sa plume, il releva les yeux vers sa directrice, avant d'annoncer :


"Excusez-moi miss, mais j'ai terminé."


Reducio
Désolé pour le retard. J'ai pris quelques libertés, ne sachant où vous vous trouviez à mon réveil. Si cela ne convient pas, je me tiens à votre disposition par hibou pour apporter à ce poste les modifications qui conviendront.

~ Antony n’est point un drame, Antony n’est point une tragédie, Antony n’est point une pièce de théâtre, Antony est une scène d’amour, de jalousie, de colère, en cinq actes. ~
~ Famille Schialom ~
Do not go gentle into that good night.