Bureau de la directrice

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Shanti Sadhan  

Une demande très peu banale  PV 

Shanti se trouvait à la bibliothèque, lorsqu’elle avait entendu pour la première fois des élèves parler du Club de Duel qui venait de rouvrir ses portes. Etant donné qu’elle venait tout juste de finir ses devoirs, et qu’elle n’avait rien d’urgent à faire, la jeune Sadhan s’était immédiatement plongée dans les grimoires de l’antre de Mrs Pince, afin d’en apprendre plus. Evidemment, elle connaissait les règles de base, elle ne venait pas d’une famille de presque Sang-Pur pour rien. Mais elle ne perdait rien à s’informer, encore et encore, avant de se mettre à la pratique. Car oui, la jeune hindoue n’avait pas été repartie chez les lions pour rien et elle brulait d’envie d’utiliser ses connaissances contre quelqu’un d’autre. A vrai dire, la personne lui importait peu, non, ce qui comptait pour la sorcière, c’était de faire ses preuves.

La Gryffondor s’était finalement lancée et avait fait son duel contre Wendy Stone. Mais elle n’en était pas satisfaite. Du coup, elle s’était lancée dans encore d’autres recherches et en avait conclu que ce n’était pas en connaissant mille et un sorts différents qu’elle s’améliorerait. Non, il lui fallait de la pratique et si possible, un professeur particulier. Son premier choix s’était porte sur Amy Holloway, son professeur de Défense Contre les Forces du Mal. Shanti l’aimait bien d’ailleurs, et trouvait qu’elle avait une manière d’enseigner bien à elle.

Mais la jeune fille n’était pas une Sadhan pour rien. Elle voulait le top du top. Ce fut ainsi qu’elle se décida à demander une faveur a sa directrice, Kristen Loewy, et accessoirement la femme la plus puissante qu’elle n’ait jamais rencontrée. En effet, à son arrivée a Poudlard, Shanti se rappelait parfaitement dans quel elle était lorsqu’elle avait vu la directrice pour la première fois. Admiration, crainte et curiosité, tous ces sentiments s’étaient bouscules en elle, comme s’ils cherchaient à prendre le dessus sur les autres.

D’ailleurs… On dit souvent que la curiosité est un défaut. Shanti vous dira le contraire. Oh, la curiosité malsaine, la curiosité des gens naturellement fouineur et mal intentionnée, oh, ca, elle ne le supporte pas. Mais de la curiosité bien placée, c’est-à-dire la curiosité qui vous donne envie d’en savoir plus, et encore plus, pour votre culture, ca, Shanti en regorge et depuis sa plus tendre enfance. C’était d’ailleurs à cause de cela qu’elle croyait avoir sa place à Serdaigle. Enfin, en partie. Mais aujourd’hui, elle se sentait parfaitement bien à Gryffondor et ne regrettait nullement d’avoir été répartie dans la maison des lions. Plus le temps passait, plus les évènements lui confirmaient qu’elle avait bien l’âme, la force et le courage d’une lionne, après tout. Et le fichu caractère aussi, en passant…

Au cours de ses recherches sur sa directrice, car, oui, elle avait déjà commencé des recherches sur elle dès sa première année, Shanti avait appris des choses pas toujours roses mais cela ne faisait que renforcer les trois sentiments qu’elle éprouvait déjà pour Kristen Loewy. Et c’était ainsi qu’elle avait appris que Miss Loewy avait été une Gryffondor aussi, qu’elle avait fait des études supérieures cote duel, qu’avant d’être directrice et professeur de DCFM, elle avait été professeur de SACM. Shanti l’avait même connue comme la Directrice de Maison de Gryffondor… Puis, à présent en deuxième année, elle avait cherché plus loin et était tombé sur quelque chose qu’elle aurait préféré ignorer. La Bataille de Poudlard. Quant au règne de terreur d’Andrew Gardner, la Gryffondor l’avait personnellement vécu et cela l’avait plutôt traumatisée.

Elle se secoua mentalement les esprits. Il était temps de revenir dans le monde réel, elle avait une entrevue avec sa directrice. Shanti ne lui avait pas précise ce dont elle voulait parler, et la gamine savait qu’elle allait devoir user de toutes ses réserves de politesse, de flatteries et de persuasions. Ce qui ne serait pas chose aisée. Elle imaginait déjà Miss Loewy lui dire qu’elle pouvait parfaitement demander au professeur Holloway et Shanti n’avait toujours pas trouve de réponse a ceci, même après plusieurs jours de réflexion. Finalement, la deuxième année s’était dit que, qui ne tente rien n’a rien, et s’était lancée quand même, priant pour une victoire. Même si au fond, prendre des cours avec Miss Holloway au lieu de Miss Loewy ne la dérangeait absolument pas, la préfète préfèrerait sa directrice. Parce que depuis son arrivée à Poudlard, elle en avait rêvé, d’une opportunité comme celle-là.

La Gryffondor arriva finalement devant la porte du bureau de Miss Loewy. Celui-ci était froid et plus sombre. Shanti ne s’attendait pas à cela… Quelque chose lui disait que si Miss Loewy acceptait de lui donner ces cours, elle serait un professeur intransigeant. Soit. Shanti n’avait pas peur de travailler, encore et encore.

Elle inspira profondément. Elle allait y arriver. Elle pouvait convaincre sa directrice. Elle était une Sadhan, lorsqu’elle voulait quelque chose, elle l’avait. Apres de gros efforts, certes, mais elle finissait toujours par réussir. Pourquoi cette fois-ci ferait exception à la règle ? Croisant les doigts, elle prononça alors le mot de passe, que Miss Loewy lui avait communiqué par hibou, après avoir accepté d’avoir une entrevue avec elle.


« Ad Lucem ! »

Elle ignorait ce que cela voulait dire, bien que cela paraissant évident. Inspirant profondément, elle entra alors… Ce qui allait se passer dans les prochains instants seraient crucial pour son avenir, non seulement en tant qu’élève, mais aussi en tant que sorcière à part entière. Elle plaqua alors un petit sourire sur ses lèvres et dit d’une voix calme :

« Bonjour professeur. J’espère que je ne suis pas en retard. Comment allez-vous ? »

Reducio
J'espere que cela vous convient !

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Les sollicitations venant des élèves de Poudlard étaient globalement assez rares pour Kristen. Les jeunes, en effet, avaient plutôt tendance à s’adresser à d’autres échelons pour leurs demandes : aux professeurs, pour une demande relative à un cours en particulier, aux directeurs de Maison pour les affaires concernant plus expressément la vie à Serdaigle, Serpentard, Gryffondor ou Poufsouffle, mais la directrice elle-même n’était pas vraiment demandée par les élèves. Parfois, les professeurs faisaient remonter une question à laquelle ils ne jugeaient pas pouvoir répondre, elle fournissait la réponse via l’enseignant, et c’était tout. Peu de contacts directs.

Elle fut alors assez intriguée lorsqu’une jeune élève de Gryffondor demanda un rendez-vous. Qu’était-ce, encore ? Une pétition anti-Quidditch ? Un réquisitoire contre les cours pratiques ? Une plaidoirie en faveur d’une augmentation de salaire des elfes de cuisine ? Puisqu’il ne faut pas vendre la peau de l’accusateur avant de l’avoir examiné, Kristen avait accepté l’entrevue, ayant fourni à la jeune fille le mot de passe pour entrer dans son bureau. « Ad Lucem », une autre locution latine. On avait longtemps dit que les mots de passe de ce bureau étaient traditionnellement des noms de sucreries, que ce serait toujours le cas, mais visiblement, ce n’était qu’une légende. Le sérieux de l’occupante de ce bureau ne pouvait s’accorder avec un fondant du chaudron ou une patacitrouille. « Ad Lucem », pour la lumière. Que penser de cette locution lorsqu’on découvrait un endroit si sombre et froid ? Un moyen de lutter contre l’obscurité, peut-être. Parce que plus noire est la nuit, plus belles sont les étoiles.

Poudlard ne se payait pas le luxe d’engager de comptable. C’est une tâche à laquelle on pense rarement, quand on est un petit élève de Poudlard gambadant fièrement dans les couloirs de l’école. Les chiffres, les additions, les soustractions – beaucoup plus de soustractions que d’additions, dans ce cas-là, d’ailleurs – valsaient sur un parchemin illisible. Un travail fastidieux qu’il fallait bien que quelqu’un fasse. Kristen était plongée dans cette corvée qui, étrangement, avait du mal à être réglée par la magie. Le tournoi des trois sorciers avait complètement déréglé tout le budget de l’école, par rapport aux années précédentes, et les modèles de budgets passés étaient donc tout à fait caducs.

Shanti Sadhan, élève de Gryffondor, choisit ce moment pour entrer dans le bureau. Kristen nota quelques chiffres sur son parchemin, histoire de ne pas perdre le fil lorsqu’elle s’y remettrait et observa la jeune fille s’avancer, avec tout le sérieux et l’absence d’émotion dont elle savait faire preuve. Elle rangea ses quelques papiers sur le côté, et croisa nonchalamment ses mains entre elles, l’une nue, l’autre toujours couverte de son gant court en cuir noir.


« Bonjour, Mademoiselle Sadhan. Je vais bien, merci. »

En posant à nouveau ses mains l’une par-dessus l’autre sur le plat de la table, elle esquissa un très léger sourire de politesse, peut-être pour compenser le fait qu’elle n’avait pas demandé comment allait sa jeune interlocutrice. De toute façon, il y avait de grandes chances pour que celle-ci soit précisément là pour l’informer d’une situation répondant plus ou moins explicitement à la question « et vous, comment allez-vous ? ». Ce genre de question était aussi bateau que les réponses que l'on fournissait. « Je vais bien », avait-elle elle-même répondu, tout à fait machinalement, alors même que sa main droite la lançait à chaque coup de sang et que non, elle n'allait pas bien, plus depuis quelques années. Mais allez, on fait un effort, un petit sourire de circonstance et on y va :

« En quoi puis-je vous être utile ? »

Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au cœur.
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Shanti Sadhan  

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« En quoi puis-je vous être utile ? »

Shanti inspira longuement. Le moment était venu, les choses sérieuses étaient sur le point de commencer. Il faudrait qu’elle soit calme, et prête à réfuter tout argument de Miss Loewy. Ce ne serait pas chose aisée, mais normalement, elle devrait pourvoir y arriver… D’ailleurs, elle avait une petite idée sur comment faire, mais est-ce que cela marcherait ? Elle ne savait pas mais elle l’espérait fortement… Elle voulait ces cours de duel plus que tout et telle une lionne, était prête à se battre pour les avoir. Le seul problème, c’était qu’elle se confrontait à une lionne avec beaucoup plus de repartie et d’expérience qu’elle. Mais bon, inutile d’être pessimiste. Rien ne lui disait que sa directrice refuserait directement.

Un peu intimidée, mais surtout pleine de volonté, elle répondit alors :


« Comme je vous l’ai dit dans mon hibou, je voudrais vous demander une faveur. Mais ce n’est pas une faveur très… banale. Mais elle me tient particulièrement à cœur. »

Elle s’interrompit quelques secondes, pour trouver ses mots.

« Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins… J’aimerai beaucoup que vous me donniez des cours de duel, Miss. Je suppose que vous avez beaucoup à faire mais je vous assure que vous ne perdrez pas votre temps avec moi. Je suis vraiment motivée a m’améliorer et ce n’est pas pour me vanter, mais on dit toujours de moi que j’apprends vite donc… Enfin. »

La préfète avait la fâcheuse impression de ne pas être à la hauteur. Mais elle ne voulait pas faire un monologue et préférait attendre que Miss Loewy lui réponde avant de continuer avec ses arguments. Elle sentit ses mains commencer à trembler légèrement et les cacha derrière son dos. Finalement, elle décida d’ajouter quelques mots…

« Je ne vais pas tenter de vous convaincre plus que cela. Je sais que vous allez probablement me dire d’en parler à Miss Holloway, plutôt. Mais… Madame Loewy, sincèrement, vous avez été ma Directrice de Maison pendant un bout de temps et, non, je ne fais pas de lèche-bottisme, vous avez été un super professeur. Je vous admire depuis mon entrée à Poudlard et si vous acceptez de me donner ces cours, je vous promets que je ferai mon maximum pour être à la hauteur. »

Elle se tut alors et croisa les doigts. Son avenir, et non, elle n’exagérait pas, allait se jouer durant les minutes suivantes et si jamais Kristen Loewy refusait, elle n’aurait plus aucun argument à mettre en avant, a part son désir d’apprendre, encore et encore. Elle espérait cependant que la réaction de sa directrice ne serait pas aussi directe, mais plutôt mesurée. Elle était prête à tout… Miss Loewy pouvait même lui faire une sorte d’entretien que ça ne la dérangeait pas, tant qu’elle était en mesure de prouver qu’elle ferait une bonne élève.

Reducio
Vraiment navree pour ce retard :/

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Kristen jouait du piano sur la table de sa main gantée, faisant grincer entre eux les plis du cuir, son autre main nonchalamment posée sous son menton. Elle plissait un peu plus les yeux avec curiosité à chaque parole prononcée par la jeune élève, et ses lèvres se fendaient en un sourire amusé. Le professeur Loewy percevait le fond d’anxiété de la petite Gryffondor, anxiété apparemment provoquée par le seul fait d’avoir une requête pour la directrice, que Kristen représentait inexorablement, puisque celle-ci n’avait encore rien fait qui pouvait valoir tant de confusion. En fait, ce stress était probablement dû au fait que tout le monde – exceptés les rêveurs insouciants – savait qu’il ne fallait pas déranger la directrice de Poudlard pour n’importe quoi, et en ce moment même, Shanti Sadhan devait se demander si ce qu’elle disait ne représentait pas, pour Kristen Loewy, un amas désordonné de n’importe quoi futile. La jeune Rouge était loin de maîtriser tout à fait l’éloquence, et le peu d’éléments qui constituaient son argumentaire ne lui étaient pas particulièrement propres, à elle, Shanti Sadhan en deuxième année à Gryffondor, et auraient aussi bien pu être soutenus par Jean-Michel Tintin, le plus banal parmi les banals.

Passée la surprise de cette demande, Kristen avait pensé à tout simplement refuser, renvoyer effectivement la jeune fille vers le professeur Holloway, qui serait sans nul doute tout à fait à même de lui enseigner l’art du duel, en tant que professeur de Défense contre les Forces du Mal. Pourtant, en dépit de l’argumentaire décousu de l’élève et son impressionnabilité assez flagrante, il fallait prendre en compte le courage qu’avait dû regrouper Shanti Sadhan pour se rendre jusqu’ici et faire cette demande à la directrice, qui semblait plutôt l’intimider.

Le professeur Loewy sembla réfléchir quelques instants, frottant lentement sa main sur son menton.


« Bien… lâcha-t-elle, au point culminant de sa réflexion. »

Ses deux mains se posèrent d’abord à plat sur son bureau, puis, lentement, elle ramena sa main droite vers elle, puis un peu vers la gauche. Celle-ci était désormais tout à fait hors de la vue de la jeune élève de Gryffondor. Kristen fixa la fillette droit dans les yeux et son sourire en coin marqua un peu plus son amusement. Le mouvement de sa main se poursuivait et semblait totalement déconnecté du reste de son corps. Soudain, la directrice de Poudlard accéléra légèrement le geste et sortit sa baguette hybride de chêne blanc et de houx. Le coude posé sur son bureau, une main nonchalamment pendante tenant ce bout de bois magique pointé droit vers la jeune fille.

« Là. Quelle est la situation ? »

Voyons voir... Shanti Sadhan devrait en effet faire son maximum pour être à la hauteur, car la soif d'apprendre était certes une qualité appréciée de l'ancienne directrice de Gryffondor, cela ne suffirait pas pour lui donner une raison de consacrer son temps à autre chose qu'à ses affaires habituelles... Et la soif d'apprendre ne signifie pas non plus que l'on a vraiment les capacités pour apprendre, bien malheureusement.

Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au cœur.
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Shanti Sadhan  

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« Bien… »

Oh doux merlin, la directrice n’avait pas l’air spécialement convaincue… Une petite moue apparut sur le visage de Shanti. Elle ne s’attendait pas à une réussite immédiate, de toute façon. La deuxième année faillit ajouter quelques mots mais se retint. Elle avait assez parlé, et Miss Loewy semblait en pleine réflexion ! Détestant devoir rester debout sans rien faire, la jeune fille commença à jouer avec ses mains… Elle essayait de se défaire de cette habitude depuis un bon bout de temps, mais ses essais n’étaient pas vraiment une réussite. Apres quelques secondes, elle s’obligea à arrêter. Non seulement cela montrait sa nervosité, et la jeune hindoue avait pour principe de cacher ses faiblesses le plus possible, mais aussi elle pouvait donner l’impression a Miss Loewy qu’elle s’ennuyait. Or, faire mauvaise impression était la dernière chose qu’elle voulait.

Elle leva alors la tête et remarqua que Miss Loewy la fixait. Un mystérieux sourire en coin était d’ailleurs apparu sur ces lèvres… Shanti haussa les sourcils. Ça voulait dire quoi ça ? Tout à coup, sans qu’elle ne comprenne comment, la baguette de Miss Loewy se retrouva pointer sur elle. Shanti ne sursauta pas. Elle ne savait pas par quel miracle, mais elle ne sursauta pas. Surement parce qu’elle avait confiance en sa directrice…


« Là. Quelle est la situation ? »

Oh. Un test. Le cerveau de Shanti fonctionnait à mille à l’heure. La situation ? Facile. Elle était menacée d’être attaquée. Mais était-ce cela que voulait entendre Miss Loewy ? Bonne question. Pourtant, elle ne voyait pas d’autres réponses… Elle s’accorda une minute de réflexion. Hum… La minute passa. Shanti avait envie de se taper la tête contre le mur. Visiblement, le stress lui faisait perdre ses capacités de réflexion. Pendant la minute, elle n’avait pensé qu’à manger. Image de différentes friandises, notamment les chocogrenouilles lui étaient venues en tête, l’empêchant de se concentrer sur autre chose que le chocolat.

Soit. Il fallait répondre.


« Il me semble, commença-t-elle prudemment, que je suis dans une mauvaise position. Vous me « menacez » de m’attaquer et ma baguette n’est même pas sortie. »

Voilà qui était fait. Shanti redressa les épaules, et attendit… Morgane, cet entretien était vraiment la chose la plus effrayante de toute sa courte vie !

Reducio
Les mots en gras et soulignes sont pour l'animation du Chaudron Baveur

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La réaction physique de Kristen Loewy à la réponse de la jeune Sadhan dut indiquer à l’élève que la directrice n’était pas franchement satisfaite. Elle avait haussé les épaules en soupirant et avait sitôt rabaissé sa baguette avec résignation, l’air de dire que ce n’était pas faute d’avoir voulu laisser une chance à la petite Rouge et Or. Beaucoup de personnes voulaient apprendre l’art du duel, avoir le sentiment de pouvoir maîtriser n’importe quelle situation, de pouvoir battre n’importe quel sorcier en travers de son chemin, mais beaucoup se fichaient absolument des bases mêmes de cet art. Pour nombre de sorciers dont la capacité de réflexion effleurait à peine celle d’un troll, être bon en duel équivalait à maîtriser deux ou trois sortilèges d’attaque et de défense et d’envoyer la sauce. Une démonstration de force pure et sans intérêt. Ces sorciers-là, s’ils se retrouvaient en compétition, ne passaient pas le premier tour. La directrice de Poudlard, après son profond soupir, releva les yeux vers l’élève de Gryffondor.

« Je suis navrée, Mademoiselle Sadhan, mais je ne peux rien faire pour voir en l’état. Il est d’abord nécessaire, pour envisager de devenir bon en duels ou dans toute autre fâcheuse circonstance, de savoir analyser correctement une situation. »

Elle ramena sa baguette afin de la placer parallèlement au bord de la table, du bout de son index. Kristen, qui avait pourtant elle-même été envoyée à Gryffondor, regrettait sincèrement le manque de perspicacité général de ces élèves, qui, trop audacieux pour être réellement intelligents, préféraient la plupart du temps une magie puissante mais imprécise, et par conséquent dangereuse, à une magie plus discrète et efficace. Lors de sa scolarité à Gryffondor, Kristen ne s’était jamais sentie comme eux, et avait plus que tout méprisé leur équipe de Quidditch, qu’elle appelait « Les Trolls de Godric » : certes forts, musclés et prêts à faire fondre les plus superficielles des jeunes filles, ils n’avaient à la place du cerveau qu’une nouvelle série d’abdominaux. A l’âge adulte, devenue Directrice de cette Maison, Kristen avait joué son rôle de façon administrative et espérant que les héritiers spirituels de Godric seraient plus raffinés dans cette nouvelle génération, ce qui pouvait être le cas pour certains d’entre eux. Il valait mieux se dire que Kristen aimait son métier, et peu importe les garnements que ces jeunes pouvaient être.

Kristen repris néanmoins la parole, donnant quelques conseils à la jeune fille qui venait d’échouer à l’analyse d’une situation basique.


« Si j’avais voulu vous menacer de vous attaquer, en effet, vous auriez été en mauvaise position. Cependant, vous êtes allée un peu vite à cette conclusion. Je suis la directrice de cette école ; ainsi donc, vous attaquer ne m’aurait rien apporté de bon. »

La directrice adressa un sourire énigmatique à la jeune élève et retint un petit rire expiré.

« Vous apprendrez qu’il y a beaucoup de sorciers qui prétendent plus qu’ils ne font. Des menaces, et rien derrière. Dans une situation réelle, je dois vous avouer que je soupçonne un réel complexe d’infériorité caché derrière une fausse éloquence autoritaire et mal digérée. »

Kristen pensa fortement à son propre vécu, aux soi-disant sorciers qu’elle avait dû affronter, qui se pensaient invincibles et qui se retrouvaient par terre, lamentables, en un coup de baguette. Des grandes gueules qui viraient en gueules cassées en une demie seconde.

« Je ne puis vous donner d’autre conseil que de réfléchir avant d’agir. Sans cela, vous finirez au mieux ridicule, au pire en danger. »

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Shanti Sadhan  

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« Je suis navrée, Mademoiselle Sadhan, mais je ne peux rien faire pour voir en l’état. Il est d’abord nécessaire, pour envisager de devenir bon en duels ou dans toute autre fâcheuse circonstance, de savoir analyser correctement une situation. »

Shanti déglutit. Ce n’était pas bon signe. Que voulait dire Miss Loewy par la ? Elle avait bien compris qu’elle avait eu faux mais… Pourquoi ? Peut-être s’était-elle mal exprimée ? Peut-être qu’elle s’était tout simplement trompée ? La fillette de douze ans n’en savait rien. Elle se mit même à douter… Etait-ce une bonne idée, ce qu’elle faisait ? Vouloir s’améliorer en duel, oui, ça l’était. Mais vouloir avoir sa directrice pour professeur… Etait-ce approprie ? Avait-elle la maturité nécessaire pour pouvoir faire ce que Miss Loewy attendait d’elle ? Shanti ne savait pas.

« Si j’avais voulu vous menacer de vous attaquer, en effet, vous auriez été en mauvaise position. Cependant, vous êtes allée un peu vite à cette conclusion. Je suis la directrice de cette école ; ainsi donc, vous attaquer ne m’aurait rien apporté de bon. »

Shanti eut envie de se taper le front contre le mur. Evidemment, elle ne le fit pas, car non seulement elle aurait été prise pour une folle, mais en plus, elle se serait fait très mal. C’était bien ce qu’elle pensait, elle s’était mal exprimée. Elle savait bien que Miss Loewy n’allait pas l’attaquer, cela aurait été tellement absurde… Mais lorsqu’elle avait parlé, elle s’était placée dans un contexte plus général. Ce n’était pas ce qu’attendait sa directrice, malheureusement et il était trop tard pour se justifier.

« Vous apprendrez qu’il y a beaucoup de sorciers qui prétendent plus qu’ils ne font. Des menaces, et rien derrière. Dans une situation réelle, je dois vous avouer que je soupçonne un réel complexe d’infériorité caché derrière une fausse éloquence autoritaire et mal digérée. »

Pardon ? Devait-elle se sentir visée ? Elle ne put y réfléchir davantage que Miss Loewy poursuivait :

« Je ne puis vous donner d’autre conseil que de réfléchir avant d’agir. Sans cela, vous finirez au mieux ridicule, au pire en danger. »

Elle comprenait parfaitement ce que sa directrice voulait dire mais ne voyait pas le rapport avec elle-même. D’ordinaire, Shanti était plutôt posée bien qu’il lui arrivait d’être impulsive et rancunière. Cependant, la conversation tournait absolument en sa défaveur et bien que Shanti n’aimait pas spécialement se justifier, elle se dit que c’était peut-être nécessaire dans ce cas-là.

« Professeur… Je ne sais pas si va changer grande chose mais… Je me suis complètement mal exprimée. Lorsque j’ai dit que vous me menaciez de m’attaquer, je parlais d’une situation en générale. »

Elle soupira discrètement, se disant qu’au fond, ça ne changerait probablement pas grand-chose. Mais elle ne pouvait pas abandonner comme cela, sans se battre encore un peu. Ce n’était tout simplement pas dans son caractère et c’était qu’elle y tenait, a ces cours, la petite Gryffondor.

« Et du coup… Ça veut dire que vous refusez ou que j’ai encore une chance ? »

Reducio
Vraiment desolee pour le retard :sweatingbullets:

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La directrice supporta mal les soupirs pourtant très discrets et presque complètement dissimulés de l’élève de Gryffondor, car il sembla qu’elle avait pour cela un sens supplémentaire. Toutes les mimiques d’élèves : soupirs, yeux en l’air et j’en passe, étaient des choses plutôt fort désagréables pour elle. Par conséquent, elle possédait comme un radar pour les percevoir tout à fait. Le professeur serra la mâchoire, ressentant effectivement une légère exaspération. Elle offrit malgré tout un petit sourire à l’élève et posa son menton sur sa paume, l’observant de manière presque attendrie – ce qui aurait pu faire davantage penser à une sorte de dédain compassionnel. Elle déclara calmement, hochant imperceptiblement la tête :

« Mais… C’est bien là le problème, Mademoiselle Sadhan. Il n’y a pas de situation générale dans un duel de sorciers. Il n’y a que des particularités, et l’identité de votre adversaire est l’une des plus importantes. C’est ce que j’essaie de vous faire comprendre. »

Diplômée de la Grande école de l’Art du Duel d’Ecosse parmi la tête de sa promotion, avec d’excellents résultats dans toutes les matières enseignées, et depuis toute jeune intéressée par les mystères de la magie – plus encore que par le côté très pratique des duels seuls, qui étaient plus un moyen de s’exercer à la magie qu’autre chose – Kristen avait tout de même quelques « tuyaux » sur ce que devait être un duel dans l’esprit des duellistes. Plusieurs fois, lors de ses études, elle avait fait des duels, mais avait refusé toute la mise en scène associée : elle ne recherchait pas dans les duels la gloire que la plupart de ses camarades visaient, mais avait une approche bien plus scientifique de la magie utilisée pour la défense et l’attaque. Ce qu’il y avait de particulièrement fascinant, c’était de constater à quel point un seul coup de baguette, bien placé, pouvait anéantir un adversaire. Le florilège de sortilèges tels que le sortilège de stupéfaction, de désarmement, bien connus des duellistes et apparemment très prisés, était inutile dans certains cas. La magie offrait un éventail de possibilités incroyable, et il fallait savoir analyser les possibilités offertes par une situation pour en tirer le maximum de profit. L’acharnement était inutile, manquait de raffinement, et constituait surtout une terrible perte de temps. Kristen, elle, était une Sherlock des duels. Réfléchir avant d’agir, pour agir bien. Parce qu’elle n’avait pas le temps de s’épuiser à agiter le bras en tous sens pour espérer avoir son adversaire à l’usure. Les explosions, les sortilèges flamboyants et grandiloquents, très peu pour elle. Elle aurait pu renommer cette pratique : « la magie beaucoup-de-bruit-pour-rien », pour reprendre l'expression de son cher compatriote.

« Si vous compreniez au moins cette base, peut-être pourrais-je envisager de vous donner quelques indications supplémentaires sur les duels. »

Kristen haussa un sourcil et replaça quelques éléments sur son bureau, visiblement peu convaincue par les prétentions de la demoiselle.

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Shanti Sadhan  

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Shanti écoutait silencieusement les commentaires de son professeur, ayant l’impression d’être toute petite face à elle. Elle se remettait constamment en question… Pourquoi tout était si complique ? Elle n’avait jamais eu de difficultés réelles auparavant, que ce soit pendant ses études ou tout simplement lorsqu’elle voulait quelque chose. Elle connaissait parfaitement ses cours, répondait toujours avec pertinence et assurance a une question, même si elle n’y était pas préparée. Elle ne laissait jamais voir qu’elle ne connaissait pas la réponse, improvisait si besoin était et si elle n’avait pas juste, demandait une seconde chance et apprenait de ses erreurs. C’était comme que ça avait toujours fonctionne et lorsqu’elle était arrivée dans ce bureau, elle savait tout au fond que ce serait diffèrent. Parce qu’elle se lançait dans l’inconnu et que ce n’était absolument pas ce qu’on lui avait appris… La préfète se demanda comment elle allait faire pour se sortir de là. Elle ignorait quoi répondre, comment faire pour convaincre Miss Loewy que ça en valait la peine. Elle ne savait même plus si ça en valait véritablement la peine… Elle haïssait ce sentiment de doute. Mais peut-être que la chose à faire, pour une fois, c’était de reculer ? Elle savait qu’elle avait tout son temps pour se perfectionner mais elle avait toujours eu cette envie de se surpasser, d’être meilleure que les autres. C’était en elle, c’était dans cet esprit qu’elle avait été élevée. Elle résista à l’envie de fuir à toutes jambes. Que devait-elle faire ? La deuxième année déglutit.

« Oh, je vois… C’est sûr que c’est plus logique, dit-elle d’une voix mal assurée. Professeur, je sais que je n’ai pas été vraiment convaincante pour l’instant, mais je veux vraiment m’améliorer. »

Shanti ne comprenait plus ou elle était. Elle ne comprenait pas grand-chose aux suppositions de sa directrice, ne pouvait-elle pas être plus précise ? Acceptait-elle de lui donner ces cours, ou non ?

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Kristen soupira avec lassitude en se levant de sa chaise. Elle avait l’impression – voire la certitude – que la petite Shanti Sadhan était loin d’être très vive, pour ne pas dire complètement à la masse. Elle manquait en tout cas de réactivité et de pertinence, et ne semblait pas comprendre grand-chose de ce que Kristen pouvait bien lui dire, avec pourtant tout le bon sens du monde. En vérité, il sembla surtout à la directrice de Poudlard que la petite Gryffondor approuvait ses dires sans les intégrer réellement, uniquement pour faire plaisir au professeur de duels qu’elle voulait s’improviser, et ainsi pouvoir enfin faire ce pourquoi elle était venue. Or, ce que mademoiselle Sadhan ne comprenait de toute évidence pas, c’était que les conseils que Kristen venait de lui donner constituaient déjà des « cours de duels ». Cela ne manqua évidemment pas d’agacer le professeur Loewy, qui avait la nette impression de ramer dans la mélasse pour se faire comprendre. Elle contourna son bureau pour se positionner juste à côté de la petite élève. Kristen, qui la dominait de plusieurs bons centimètres et par son allure plutôt naturellement imposante, lui adressa un regard exaspéré, levant un sourcil.

« Très bien… Je crois qu’il n’y aurait rien de mieux pour vous que d’observer un vrai duel, histoire de mettre des images sur ce que je viens de vous dire. »

Puisque l’élève semblait avoir beaucoup de mal à visualiser ce qu’était un véritable duel de sorciers, il sembla à la directrice de Poudlard qu’il pourrait être bon de confronter la petite fille à la réalité de ce genre d’activités. Avoir les yeux plus gros que le ventre à cet âge – ou les yeux plus que gros que la cervelle, en l’occurrence – était un mal à éradiquer rapidement. Kristen avait volontairement appuyé sur le mot « vrai », marquant ainsi le contraste avec ce que la Gryffondor avait pu voir à Poudlard, des duels d’enfants parfois intéressants, mais qui restaient, justement, des duels d’enfants : plus mignons à regarder que réellement impressionnants – et les duels comme Kristen l’entendait. Puisque la petite fille y tenait tellement, alors, pourquoi lui refuser le privilège d’en savoir un peu plus sur cet art des duels ?

« Voudriez-vous me suivre, si je vous emmenais en voir un ? »

Kristen observa vaguement sa montre et constata l'heure. Normalement, elle aurait le temps de l'emmener avant que la petite Sadhan ne se retrouve coincée par quelques occupations propres aux élèves de deuxième année.

Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au cœur.
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Shanti Sadhan  

Une demande très peu banale  PV 

Shanti, du haut de ses douze ans, était plutôt facilement impressionnable. Oh, elle y travaillait, mais lorsqu’on mesure 1m50, ce n’était pas forcement évident. Inutile de vous dire que lorsqu’elle remarqua l’air agace de sa directrice, et que celle-ci se leva pour se placer a cote d’elle, la jeune préfète ne put que déglutir intérieurement.

« Très bien… Je crois qu’il n’y aurait rien de mieux pour vous que d’observer un vrai duel, histoire de mettre des images sur ce que je viens de vous dire. Voudriez-vous me suivre, si je vous emmenais en voir un ? »

En entendant la proposition de Miss Loewy, la jeune Sadhan dut faire appel à toutes ses réserves de self-control qui lui restaient pour ne pas sauter dans toute la pièce en criant oui. Doux merlin. Elle allait voir un vrai duel. Morgane. C’était une chance absolue. Par tous les dieux de la terre. Shanti ne pouvait même pas décrire ce qui se passait en elle, à ce moment-là. C’était tout simplement dingue ! Dingue, fou, incroyable et encore plein de synonymes de ce genre ! Elle avait l’impression qu’un volcan venait de se réveiller en elle, et qu’il était en train de rugir, crachant de la lave, partout, et remplissant les réserves d’énergie de son corps au maximum. A l’intérieur, elle était presqu’en train d’exploser et elle en vint même à se demander si ça ne se voyait pas. Elle qui d’habitude était parfaitement capable de contrôler ses émotions, cette fois-ci, elle irradiait carrément de bonheur et d’excitation ! Apres tout, un duel de sorcier, ce n’était pas rien ! Même pour elle, qui avait l’habitude de grandes sorties !

Elle inspira longuement, et d’une voix qu’elle espérait parfaitement limpide et assurée, répondit :

« Ce sera avec joie professeur ! Merci beaucoup ! »

Miss Loewy ouvrit alors un petit tiroir, en retira une sorte de bonbon blanc et tendit la… friandise, a Shanti. Un peu confuse, celle-ci la prit et la directrice lui demanda de l’avaler, précisant que ce n’était qu’un anti-vomitif. Comprenant qu’elles allaient transplaner, Shanti se calma légèrement. Enfin quelque chose auquel elle était habituée ! Un petit sourire aux lèvres, elle avala alors le bonbon, attendant avec impatience la suite des évènements.

Reducio
Encore desolee pour ce retard impardonable :/

Une demande très peu banale  PV 

Kristen s’amusa de l’impatience palpable et rassurée de la jeune demoiselle. Elle haussa un sourcil et afficha un petit sourire en coin en tendant son bras droit à la Gryffondor, qui venait d’avaler, par précaution, l’anti-vomitif que lui avait donné Kristen. La directrice regarda à nouveau sa montre, sur son poignet gauche, et se jura de ne pas s’absenter trop longtemps. Elle n’aimait pas quitter l’école par des temps si troublés, et avait toujours le sentiment que quelque chose de mal arriverait juste au moment où elle avait décidé de s’éclipser, fut-ce pour quelques heures seulement. Kristen tint la jeune fille de son bras libre, la serrant suffisamment pour lui éviter de mauvaises surprises à l’arrivée. Enfin, elles transplanèrent.

Après de nombreux tourbillons dans ce qui semblait être la quatrième dimension, elles atterrirent sans problèmes devant une imposante grille de fer peint en noir et surmonté de petits pics dorés. Derrière celle-ci s’étendait une grande allée de graviers autour de laquelle de grands arbres en tous genres se dressaient, certains menaçant de s’écrouler sur le chemin. A travers ces branchages rebelles, on pouvait clairement distinguer la silhouette d’un grand manoir. Aucun doute, elles étaient devant la grille de la Grande École de l’Art du Duel, en Écosse, abrégée G.E.A.D, que certains appelaient encore plus simplement Gead, prononcez « Djeed ». L’école avait autrefois été la demeure d’un puissant aristocrate écossais et n’avait rien perdu de son aspect pompeux aujourd’hui.

Kristen souffla un petit rire dans ses narines et mit ses mains dans les poches de son vêtement.


« Nous sommes devant ce qui est peut-être la meilleure école d’enseignement de l’art du duel de Grande-Bretagne. Puisque vous êtes apparemment intéressée par cette… discipline, vous devriez le savoir. »

Elle prend un air faussement pensif, fixant au loin le grand manoir et esquissant un sourire. En vérité, il y avait dans son esprit une grande vague d'ironie glaçante qui menaçait de détruire la réputation de cette très fameuse école, mais Kristen s'engagea à édulcorer autant qu'elle le pouvait ses pensées à travers le filtre de la parole :

« En fait, je dirais surtout que cette école donne d’assez bonnes bases en la matière, mais un diplôme, aussi pimpant soit-il, ne fournit pas le talent. »

Là, elle eut un bref élan de véritable nostalgie. Elle se revit dans cette école, qui était alors extrêmement réputée – peut-être plus encore qu’aujourd’hui – qui disait former l’élite, où se bousculaient les fils et les filles de grands noms de la sorcellerie, bref, la meilleure école ; mais « la meilleure école » n’avait pas encore été assez bien pour la jeune Kristen Loewy. Elle s’était sentie cernée par la médiocrité, par une fausse élite tapageuse qui n’avait finalement rien dans le crâne ; alors, elle s’était contentée de partir avec son diplôme au bout de trois années, sans rien attendre de plus. Pourtant, les duels qui se donnaient ici avaient tout de même plus l’air de vrais duels que ceux qui se jouaient à Poudlard, entre enfants. Dans tous les cas, Kristen serait là pour commenter ces affrontements et les corriger dans l’esprit de la jeune Sadhan, et c'était bien tout ce qu'elle pouvait lui proposer à l'heure actuelle. Car il n'y a en effet pas de "vrais duels" dans ces écoles où l'on apprend à se battre. En fait, les vrais duels ne se jouent même pas dans les compétitions de haut niveau. Les vrais duels sont ceux où la mise est sa propre survie ou celle des autres ; mais les vrais duels ne sont pas des jeux. Enfin, montrer des duels plus mature à une jeune élève avide d'en savoir plus serait mieux que rien. En sortant de ses pensées, Kristen conclut :

« J’y ai étudié durant trois ans. »

Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au cœur.