11 avr. 2020, 22:48
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
15 janvier 2045

Toilettes abandonnées

Si quelqu'un veut répondre allez y Henry mord pas, le type derrière c'est moins sûre. Je dirais que deux personnes en plus d'Henry c'est un grand maximum


Le sens légendaire de l’orientation d’Henry avait encore fait des ravages, et il avait fait fort cette fois genre un batteur contre un cognard… Il n’avait foutrement aucune idée de comment avait-il put se retrouver ici. Dans ce qui ressemble à première vue à des toilettes qui n’ont plus été utilisé depuis... À la louche un demi-siècle, il exagérait, c'était certain. La grande question qui lui taraudait l’esprit, c’était comment alors qu’il souhaitait aller aux toilettes des garçons qui dans ses souvenirs étaient à cet étage. Il faut dire que son esprit était perturbée cela faisait déjà presque trois mois qu’il avait découvert Poudlard, la magie en générale. Il avait eut du mal à digéré que son père, et même son oncle qu’il appréciait pourtant, lui ait caché leur véritable travail. Il avait vécu cela comme une véritable trahison, restant enfermé pendant près de deux jours dans sa chambre refusant de voir quiconque. Il avait fini par se faire à cette idée, mais il lui avait fallu du temps, d’autant qu’il avait reçu sa lettre peu de temps avant la rentrée. Il avait découvert le chemin de traverse avec émerveillement, les différentes boutiques qui pour lui semblait toute plus insolite que les autres…. Alors qu’il était accompagné de son père, il avait passé la journée à faire leurs achats et il en avait profité pour découvrir où travaillait son père… Il était revenu les bras chargés de divers livres, ustensiles, chaudrons, et friandises. Il était revenu les bras chargés de divers livres, ustensiles, chaudrons, et friandises. Il avait découvert l'école de sorciers il y a quatre mois environ. Désormais, il s'acclimate tant bien que mal à ce nouveau monde, ayant découvert le Quidditch, qu’il trouvait fascinant se promettant de tenter de rejoindre l’équipe de sa maison dès qu’il le pourrait. Il avait encore énormément de mal à se repérer dans le dédale de couloirs que constitue l’intérieur de Poudlard. Il se perdait de moins en moins, mais là, le seul mot qu’il trouvait pour décrire sa situation tenait en 5 lettres : perdu. Même complètement, il n’était déjà pas réputé pour son sens de l’orientation exceptionnelle, mais alors là, on touchait le fond. Il soupira longuement passant un regard circulaire, observant le lieu où il avait débouché… Ca ressemblait davantage à des toilettes qu’une salle de cours. Il gardait d’ailleurs une assez mauvaise expérience de la fois ou par inadvertance en allant en sortilège, il s’était retrouvé dans un cours de septième année d’Histoire de la Magie, bien que c’était sans doute fascinant, il ne savait pas où se mettre et à refermer la porte rapidement. Il observait la couche de poussière qui s’était accumulé, signifiant que les lieux avait été abandonné depuis un moment… Au minimum, quelques années, si ce n’est plus. Il soupira entrant dans la pièce, sa curiosité piqué au vif… On est un Aigle ou on ne l’est pas se disait il… Bon, il n’allait pas tomber sur un troll, mais qui sait… Un fantôme peut-être ? Il avançait lentement essayant de ne pas trop faire de bruit… Dans quel merdier s’était-il encore fourré, il progresse lentement et soupira se rendant compte qu’il était seul. Visiblement, il n’était pas le premier à venir ici, et ces toilettes abandonnées n’avaient d’abandonnées que le nom, sûrement le lieu parfait pour des discussions secrètes, ou des rendez-vous qui sait. Il haussa les épaules, ça serait un bon endroit pour venir réfléchir… Il en avait besoin de temps à autre, il avait pris l’habitude en début d’année d’allée dans la clairière, mais comment dire… Avec le temps actuel, le fait d’être transformée en glaçon vivant ne figurait à aucun endroit sur sa liste des choses à faire cette année. Ca serait un chouette endroit pour venir s’isoler et penser un peu, non pas qu’il ait une vie détestable, mais comme tout le monde, il avait quelques petits tracas, sur l’avenir de ses parents notamment. Il éluda bien vite cette pensée, il aurait tout le loisir d’y penser plus tard, dans son lit par exemple. En parlant de lit, cela faisait quelques nuits qu’il dormait assez mal, ne trouvant pas le sommeil. Il ne trouvait pas d’explication à cette soudaine insomnie, mais il se promit d’aller voir à l'infirmerie si jamais la situation venait à durer. Il n’avait jamais été une marmotte, mais à ce point-là, il ne put s’empêcher d’être un peu inquiet. Il continuait d’inspecter les murs, des petites inscriptions sur les pierres étaient visibles, sûrement des élèves ayant voulu laisser une trace de leur passage. Henry n’avait pas besoin de cela, sa trace se ferait d’elle-même sans qu’il n’ait à recourir à une inscription dans un coin du château pour qu’on se souvienne de lui. M’enfin, le temps n’était pas à l’ambition, il finit le tour de la pièce, marchant toujours lentement détaillant chaque recoin de la pièce baigné dans une petite obscurité. Il était pensif, réfléchissant au reste de l’année, il n’aurait pas trop de mal à passer en deuxième année, il suffisait de faire ce qu’on lui demandait de faire. Cependant, il n’avait aucune idée de ce qu’il ferait ensuite… Magizoologiste comme son oncle… Non, il aimait bien les animaux, dans les potions ? Pourquoi pas, après tout, il avait immédiatement bien aimé cette matière… Joueur de Quidditch…. Peut-être, il aimait le Quidditch, c’est certain, mais de là à faire carrière dedans, il était un assidu spectateur, mais il n’avait aucune idée de ce qu’il donnerait en tant que joueur… Il pouvait tout à fait se révéler très mauvais… Les idées se chevauchaient, s’imbriquaient, se déliaient, et s’effaçaient au fil de sa réflexion, éliminant les possibilités une à une… Dans la métamorphose… Impossible, il n’y comprenait rien, c’était comme demander à un enfant de 2 ans de résoudre la famine dans le monde… Sa réflexion était pour ainsi dire intense alors que ses pas le guidaient vers la sortie, avant qu’il ne manque de peu de rentrer en collision avec quelqu’un, il ne put cependant pas empêcher leurs épaules de s’entrechoquer. Cette collision scapulaire eut le mérite de le sortir de ses pensées, il détailla un bref instant la personne devant lui avant de s’excuser :

« Désolé, c’est moi qui n’est pas fait attention. »
Dernière modification par Henry Shoftshire le 25 mai 2020, 02:01, modifié 2 fois.

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

18 avr. 2020, 11:00
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
@Henry Shoftshire
comme ton message est assez long, si tu veux faire un RPG+ ou ++ dis-moi, je peux allonger le mien !

En longeant le couloir, j’arrivai vers une porte fendillée et chancie. *Comme dans un film d’aventure, un pirate moldu découvre une entrée aux gonds écaillés et à lui la découverte du trésor !* pensai-je, en n’hésitant pas une seconde à la pousser. Pas d’instruction égal pas d’interdiction me répétai-je en essayant de jeter un oeil à l’intérieur de cette pièce dont la porte opposait une résistance grinçante à mon entrée. Je tombai nez-à-nez avec un lavabo ébréché, qu’une cicatrice zébrée avait ouvert. Je touchai du bout du doigt la fissure, comme si je pouvais pénétrer dans cette faille temporelle et prendre ainsi connaissance du coup qu’avait dû recevoir ce lavabo. L’ennemi devait être en nombre et violent au vu de toutes les écailles qui émaillaient le carrelage bleuté. Pour un pirate aussi redoutable que moi, ce carrelage irrégulier avait l’air d’une mer, avec à la place du parfum des embruns l’odeur de ranci. Et à la place d’une fontaine de jouvence, un lavabo de décrépitude. J’aimais déjà cet endroit, mystérieux sous sa nappe de poussière que décollait mes mouvements.

Soudain, quelque chose vint me percuter. Je m’exclamai tout en me retournant : « Tu n’y vas pas de main morte, Mimie Geignarde, pour un esprit ! » avant de me souvenir que mon vaisseau hanté n’était pas les toilettes des filles mais les toilettes abandonnées et de trouver non pas un esprit mais un camarade. En un clin d’oeil, je l’avais reconnu : c’était Henry Shoftshire, de la maison bleue, et il avait très probablement surgi de derrière la cabine. Affichant un sourire amical, je lui dis : « Oh ! Salut Henry ! » avant de me rendre compte qu’un petit nuage traversait son regard acéré de Serdaigle et d’éclater de rire en me rendant compte que ses tracas se manifestaient par une ride du lion sur son visage. Ou peut-être son étonnement. Après tout, je n’avais pas l’acuité de l’oeil de l’aigle. Je riai de bon coeur de ce paradoxe, sans parvenir à articuler l’explication de mon rire pour Henry. Zut, il allait croire que je me moquais de lui alors même qu'il venait de s'excuser. Mais de minutes en minutes, rien à faire, mon rire devenait de plus en plus irrépressible.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

19 avr. 2020, 22:44
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
Henry sentait une légère douleur dans son épaule. Il avait percuté quelque chose, enfin le terme plus exact serait quelqu’un. Un rouge et or, il s’était excusé brièvement. Il avait fini de faire le tour de ces toilettes, il n'y avait rien de particulier dedans, juste quelques lavabos abîmés, des inscriptions sur les murs, mais rien de plus. Pas même un fantôme, il essayait de mémoriser l’aspect de la pièce, afin d’éviter de s’y reperdre à l’avenir. Le brun qu’il avait percuté le comparait à Mimi Geinarde. Sérieusement, il avait la tête d’une fille ? Il n’était pas non plus une boule de muscles, mais possède tout de même le début d’une carrure de sportif. Le Gryffondor en face lui paraissait un peu frêle. Mais pourquoi s’arrêtait-il sur ce genre de détail ? Il n’avait nullement l’intention d’en venir aux mains. À vrai dire, il détestait la bagarre. Il détestait le sang, et les bagarres. Enfin, des fois une droite devait permettre de remettre les idées en place, mais il ne préférait pas à arriver à de telle extrémité. Une cicatrice sur son pectoral droit lui ramène en tête de vieux souvenirs. Le genre de souvenirs qu’on préfère oublier, enfermer à double tour dans une haute tour d’ivoire. C’était de ceux qu’on voulait oublier, effacer, des moments qui n’avaient jamais eu lieu. C’était un de ces moments-là, noir fragment sorti de l’abîme de l’oublie.

Il tenta de refermer la porte qu’il avait laissée entrouverte, enchaînant au fond d’une geôle ce souvenir à oublier. Il dut fermer les yeux l’espace d’un instant, pour verrouiller cette petite porte qu’il avait laissée entrouverte dans son esprit. À quoi pensait-il avant ? Son orientation ? Savoir ce qu’il ferait dans les années qui suivirent. Il n’était pas plus avancé, tout était encore très flou. Mais après tout il avait le temps. Peut être qu’il finirait comme son père, patron d’un bar sorcier, où un haut poste dans l’administration ? Peut-être qu’il découvrirait un sortilège formidable, une nouvelle plante pour guérir ? Ou bien, une potion pour rendre les gens moins stupides. Il serait sûr de se faire beaucoup de galions avec cela, il commencerait surement par en offrir au garçon devant lui. Plus le temps passait, plus il l’agaçait. Il s’appelait comment déjà ce Lion ? Il n’en avait aucune idée. Il était incapable de mettre rapidement un nom sur un visage et il lui était particulièrement difficile de mémoriser un visage et de l’associer à un nom. Cela lui avait valu bien des problèmes, mais c’était un phénomène indépendant de sa volonté. Il avait beau faire tous les efforts du monde, il ne parvenait tout simplement pas à mémoriser un visage. C’était peut-être une maladie ? Est-ce que ça se soignait ? Il ne savait pas, voulait-il seulement l’admettre ?

Il rit, il rit, son rire est gras, insupportable, véritable cacophonie auditive. Il l’insupporte, se moque-t-il de lui ? Il n’avait fait que le percuté après tout, rien de plus. Pas de quoi se moquer, surement un Serpentard. Il fut étonné en remarquant que le jeune brun était de Gryffondor. Il riait toujours, de plus en plus fort. L’agacement d’Henry était palpable, il voulait passer et cet idiot de lion lui bloquait le passage. Légèrement agacé, il ne put s’empêcher de répliquer :

- C’est bon tu as finis de rire ? Ça arrive à tout le monde de ne pas faire attention.

Henry avait besoin de sortir de cet endroit exigu. De respirer l’air frais au-dehors pour chasser les mauvais souvenirs qui emplissaient son esprit au galop et qu’il peinait à refouler, bientôt ce tsunami le submergerait et il se noierait. Impuissant, il ne pourrait alors plus que se débattre, il avait besoin d’air, de penser a autre chose. Pour ne pas sombrer, se noyer. Il devait sortir, il le fallait. Le Gryffondor était une sacrée épine dans le pied. Ce rire, ce rire, il l’insupportait, quel gosse ! Il voulait passer, sortir de ce couloir, il s’agitait un peu trahissant son empressement :

- J’voudrais passer j’ai mal au crâne…

Il n’avait pas trouvé mieux comme excuse pour que le Gryffondor s’écarte et le laissa passer, il mit la main à la tête comme pour simuler plus efficacement. Il ne voulait pas qu’il pose de questions, c’était chiant les questions, il fallait toujours faire semblant d’y répondre pour qu’on vous fiche la paix. Cependant, dans un sens, ce n’était qu’un demi-mensonge, il sentait en effet la douce brûlure d’une migraine pointer son nez. Il n’en avait pas eu depuis plusieurs années. Et voilà qu’elle refaisait surface… Pourquoi maintenant ?

Il souffrait de migraines chroniques depuis ses cinq ans environ, elle s’était déclenchée pour une raison qu’il ignorait. Leur intensité était variable, fluctuante, parfois à peine gênante et des fois sa tête pouvait exploser. Il ne comprenait pas, mais la douleur était extrêmement vive quand elle le prenait. Il ressentait ses migraines lors des moments intenses en émotions, de toutes natures. Elle restait tapie dans l’ombre attendant leur heure pour lui déchiqueter le crâne de leurs longues dents acérées. Plus jeune, il avait le droit à une migraine tous les mois environ, rarement à lui arracher la cervelle, mais suffisamment pour le faire pleurer et l’indisposer grandement. Il n’était pas rare qu’il ressente des migraines lors des compétitions sportives, qui étaient pour Henry des moments de grande émotion. Il n’en avait pas subi depuis près d’un an et demi. Il avait cru en être définitivement débarrassé, qu’elles avaient disparu aussi vite qu’elles étaient venues. Mais non, elle était restée là toujours présente, juste dans un coin. Elle patientait et attendait son heure. Sa migraine semblait plus violente qu’à l’accoutumée, un tambour semblait battre frénétiquement le rythme dans son esprit. Ce tambour devenait de plus en plus fort, on aurait dit que c’était sa tête entière qui résonnait maintenant. On dirait qu’une cymbale s’était rajoutée à cet horrible orchestre qui prenait un malin plaisir à jouer dans son esprit. Il chancela légèrement et grimaça, sa tête était douloureuse. Il se retenait de se prendre la tête avec la main.

Le griffon n’avait pas bougé, qu’attendait-il ? Henry avait besoin d’air. De respirer. Maintenant, tout de suite, sans quoi il s’écroulerait surement de douleur.

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

20 avr. 2020, 22:24
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
Il me fallait absolument reprendre mes esprits. Faire converger toutes ces idées qui défilaient à toute vitesse dans ma tête en un trait droit, orienté vers un seul point d’arrivée. Être un i en somme, cette lettre que mon prénom et mon nom ne portent pas. Mais lutter contre les associations en forme de a, de o qui faisaient tanguer mon esprit d’une impression à l’autre n’était qu’un coup d’épée dans l’eau. Ou peut-être plus terrible, un coup d’épée dans le vide de cette salle d'eau sèche et inutilisée.

Des paroles sèches résonnèrent dans la pièce : « C’est bon tu as finis de rire ? Ça arrive à tout le monde de ne pas faire attention. » Pour aggraver la situation, Henry commençait visiblement à s'agacer. De fait, je lui avais donné sans le vouloir de quoi : à peine l’avais-je salué que j’avais déjà été emporté par mon rire. Mais il y avait encore bien pire que l’irritation d’Henry. Le fait qu'il avait l’air d’être un cool type avec ses remarques d’une franchise froide, directe, à l'image de son immobilité tenace, planté très droit au même endroit depuis le début, fermement appuyé sur ses pieds. Silencieux entre les harmonies irrégulières de mon rire qui tintait dans cette haute salle. D’aucuns pouvaient critiquer les Serdaigle à leur guise, mais il fallait de toute évidence reconnaître que leurs intentions n’étaient ni sinueuses, ni impétueuses. Il devait même sans doute être féru d’ordre. Je me mis à penser qu’il serait étonnant que ces toilettes dissymétriques correspondent à ses goûts et, naturellement, les notes saccadées de mon rire encore moins.

Mais ma cacchination semblait vivre d’une vie autonome, comme si une mécanique machinale nourrie continûment par ma nervosité la faisait marcher. « Une pile électrique ». Ces mots, griffonnés sur le papier lors de mon expérience malheureuse de convulsions au Chaudron Baveur revêtaient désormais un sens plus profond, beaucoup plus diabolique. Une pile qui ne peut pas s’éteindre, dont l’énergie se réactive sans cesse comme un ressort qui rebondit. Comme si j’étais vraiment ce « diablotin » à ressorts dont les mots couchés sur le papier m'affublaient le rôle.

Quelques mots supplémentaires prononcés par Henry « - J’voudrais passer j’ai mal au crâne… » me firent réagir. Dawn. Dawn. Dawn. Comme down en anglais : il me fallait ralentir le rythme de mon pouls. Pour ralentir le rythme du rire. J’usais et le vert et le sec pour me figurer la Somme. Me représenter une synthèse d’impressions de mon premier voyage à l’étranger, au bord de mer. Comme Dawn m’avait appris à le faire dans la volière. Mais laisser filer en pensée les grains de sable entre mes doigts ne faisait que me rappeler les longues minutes que mon rire durait et pendant lesquelles Henry vraisemblablement s’impatientait.

Dawn. Dawn. Dawn. L’aube. Elle représentait l’aube pour moi. Les couleurs dorées du levant à aller cueillir. L’or des plages blondes inondées de soleil où aller à la pêche aux étoiles de mer. Je me voyais me jeter à l’eau. Laisser tout tomber à l’eau pour être la goutte d’eau qui fait déborder l’océan. Saisir les reflets dorés des cerfs-volants aux couleurs trempées de lumière, l’oeil ébloui par les barbotements de l’immensité. Ma gorge se serra, noyée dans les souvenirs qui se rassemblaient dans l’objectif rond de mon appareil photo d’alors. J’avais concentré le flot de mes idées. Et aussi sec mon rire s’arrêta.

Emergeant, naufragé de mon rire baigné de lumière, je plongeais progressivement à nouveau dans la réalité. Mon esprit éclusait les quelques copeaux de lumière qui restaient dans le milieu calfeutré de la pièce, épongeait les dernières gouttes de ce rêve qui avait clapoté aux hoquets de mon rire. Alors je tendis ma main à Henry en espérant qu’il la serrerait à son tour et dis d’une voix caverneuse, privée de lumière, vibrant de ma gorge à sec d’avoir tant ri : « Je suis désolé, Henry : je suis arrivé ici, j’étais convaincu d’être seul. J’étais surpris et très content de te rencontrer. Mais la ride du lion que tu avais sur le front tout en étant un Serdaigle a été l’étincelle qui a ouvert la vanne libérant toute la pression de la semaine. C’était comme si mes idées et ma tête avaient été prêtes d'éclater avec mon rire. Ce n’était pas du tout, vraiment vraiment pas, pas du tout contre toi, crois-moi. Tu sais, je n’arrive jamais à pleurer. Quand je suis à bout de nerfs, je suis pris d'un fou rire et je sais combien c’est ridicule. Quelle occasion manquée. » Ce qu’avait dit Henry me revint subito en mémoire. J’étais devenu aveugle aux autres, le soleil de la plage avait berné mon esprit, j’ajoutai précipitamment, la main toujours tendue vers Henry, en fixant de mes yeux pleins de honte de ne pas l’avoir interrogé d'abord sur son état de santé fixés sur les siens : « Tu crois que t’accompagner à l’extérieur ou à l’infirmerie t’aiderait ? Tu préfèrerais peut-être être seul ? ». Après un court instant, j’ajoutai en chuchotant : « Pénombre, infusion et bruits ouatés, voilà quelques pistes de prompt rétablissement. »

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

22 avr. 2020, 03:17
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Sa tête lui faisait mal, même s’il simulait pour que le griffon le laisse passer. Il devait reconnaître que sa tête lui faisait mal. Il ne comprenait pas pourquoi, cet endroit était noir, assez petit. Claustrophobe, peut-être. Il n’avait pas souvenir de l’être, mais après tout, c’était peut-être le cas. Qu’en savait-il ? La douleur avait faiblit, et revenait pas piques réguliers, d’environ 1 à 2 minutes. Il se sentait à l’étroit ? Pourquoi le griffon lui barrait-il encore la route, c’est dingue ça ? Il semblait pourtant avoir été suffisamment sec et clair, trop peut-être, ce n’était pas son genre d’être aussi sec. Alors quoi ? Il ne voulait pas se décaler. Il prit le temps d’observer le lion d’or. Il riait toujours, mais son rire faiblissait, finissant par mourir dans un chuchotement silencieux, comme si l’on avait coupé la vanne d’une fontaine. Le garçon, qui devait faire sa taille, semblait avoir réussi à se maîtriser. Bien, première étape, maintenant pousse-toi. Sa migraine reprenait de plus belle, c’était sans doute lié à l’espace exigu… Ou à autre chose après tout.

Les secondes, les grains de sable s’écoulaient, sans qu’aucun des deux fît un geste, le griffon semblait se remettre de sa quinte de rire et Henry s’impatientait. Il avait besoin de quitter l’ombre pour revenir à la lumière. Il ne voulait pas qu’elle l’aspire, le siphonne. Il ne comprenait pas, ayant complètement occulté l’autre de son esprit. Il s’était perdu dans ses pensées. Des bribes du passé, il avait besoin d’air, d’ombre et de lumière. Il ne comprenait pas. Pourquoi était-il toujours là, il lui tendait la main. Il voulait quoi ? Qu’il lui brise les os, il en serait incapable. Et il ne le voulait pas de toute façon. La seule chose qu’il voulait. C’est qu’il me laisse passer. Qu’il me laisse respirer, je suffoque, j’étouffe, je m’asphyxie. Dégage ! Dégage !

Il commençait à parler, il parlait beaucoup, et pour rien dire, rien d’intéressant, il devait s’excuser, Henry n’écoutait qu’un mot sur deux. Tais-toi, parle-moi si tu veux, mais laisse-moi respirer ! Laisse-moi passer ! Henry devait se retenir de ne pas passer en lui donnant un coup d’épaule. Il a pas fini de parler ! Il l’énerve ! Il finit par écouter ce qu’il racontait, d’un air un peu distrait, son regard trahissant son impatience. Il voulait passer, respirer l’air pur au-dehors. Il voulait sentir le vent caresser sa peau, même passer la tête par une fenêtre et prendre un bon bol d’air lui suffirait. Il voulait respirer, inhaler à pleins poumons, sentir l’air frais emplir ses poumons. Et lui, ce petit griffon l’en empêchait. Plus le temps passait plus il l’agaçait, sa tête lui faisait mal. Il passa d’un bref mouvement sa main pour essuyer les quelques gouttes de sueur qui coulait sur son front et l’éponger un peu d’un revers de manche. Il attendait, encore trente secondes, ignorant la main tendue. Il finit par sortir des toilettes, peut-être en donnant un petit coup d’épaule il n’avait pas fait gaffe. Il lui semblait qu’il lui avait dit quelque chose à l’oreille. Il n’avait pas bien compris quoi, mais peu importe. Blasé et grimaçant légèrement à cause de la migraine, il débita :
  • Fais ce que tu veux, j’ai besoin d’air, accompagne-moi si tu n’as rien de mieux à faire, je m’en fiche.
Il avait fait attention à ne pas laisser transparaître son agacement et avait parlé de la voix la plus neutre possible ne souhaitant pas froisser le griffon. Il se dit que si le garçon voulait l’accompagner autant tenter d’établir une discussion. Il observa d’un bref regard circulaire le couloir, rien n’avait changé depuis tout à l’heure ; les pierres étaient toujours des pierres ; le sol toujours aussi dur sous les pieds ; le plafond toujours aussi haut et le Gryffondor toujours aussi pénible. Non, décidément rien n’avait changé. Même sa migraine se rappelait à son bon souvenir, les pics d’intensité s’étaient, semble-t-il, espacées, c’était déjà ça. Le tambour qui battait la mesure ralentissait le rythme. Il ne put s’empêcher de se demander ce que faisait le garçon ici, dans des toilettes perdues :
  • Sinon, pourquoi t’es arrivé ici, toi aussi t’es perdue ?
La réponse lui importait peu, il faisait simplement cela pourquoi occuper son esprit, avec des futilités, mais au moins son esprit se détournait de son mal de crâne, de ce tambour qui battait la mesure dans son esprit. Il poursuivait son dialogue solitaire, ignorant si le lion l'entendait ou même l'écoutait :
  • Ou alors un rendez-vous secret ? Ou p'têtre bien des repérages qui sait...
Il se dirigeait vers une fenêtre, il cherchait une fenêtre il avait besoin de sentir la brise lui caresser la peau, l’air froid pénètre ses poumons, de lumière. Il avait besoin d’air et de lumière pour apaiser son mal. Il n’avait absolument pas fait attention si le garçon l’avait suivi. Le couloir semblait assez désert, juste quelques élèves, des filles qui semblait plonger dans une grande discussion au fond. Bien trop loin pour qu’il n’entendre quelque chose de plus que des ricanements. Si ça se trouve, le griffon était parti et il parlait comme un idiot depuis tout à l’heure. Peu importe, il s’approcha d’une fenêtre et se fichait bien de savoir si le lion doré l’avait suivi. Comment il s’appelait déjà ? Jaboc… Oui, c’est ça, il s’appelait surement Jaboc, plutôt originale comme prénom…

Il aurait tout le temps d’épiloguer sur le prénom de son camarade une fois qu’il aurait pris un bon bol d’air frais. Il repéra alors une fenêtre ouverte à une dizaine de mètres de lui, tant mieux, il n’aurait pas à marcher trois kilomètres, il s’en approcha jetant un rapide regard derrière voir si Jaboc le suivait. Pourquoi est-ce qu’il se posait des questions à ce sujet après tous, ça l’aurait même arrangé qu’il lui fiche la paix. Il ne l’avait pas écouté depuis qu’il avait ouvert la bouche pour rire, un rire gras, un rire malvenu. Pourquoi avait-il ri ? C’était le même genre de question que pourquoi avait-il mal à la tête à cet instant précis. Henry ne croyait pas au destin, la vie était une page blanche qu’il fallait écrire, et la sienne possédait une tache d’encre dans la marge qu’on avait tenté d’effacer.

@Jacob Tramontane

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

27 avr. 2020, 11:14
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
« Fais ce que tu veux, j’ai besoin d’air, accompagne-moi si tu n’as rien de mieux à faire, je m’en fiche. » articula-t-il d’un air bourru. D’air, il n’en manquait pas, c’était certain. Je n’étais pas son lion de compagnie, non mais ! Les emblèmes de nos maisons portaient tous deux des griffes, mais ce n’était pas pour les utiliser contre les autres ! De telles paroles incisives dans une autre bouche que la sienne m’auraient promptement pompé l’air, j’en étais plus que certain. Mais d’une part c’était Henry et d’autre part il avait l’air souffrant, et le fait qu’il ne s’étende pas plus sur son mal de tête m’inquiétait plutôt que ne m’embêtait. Aussi ne m’appesantis-je pas. Je le regardai attentivement, comme si je pouvais parvenir à percer l’énigme du mal qu’il subissait et qu’il tenait secret. Décidément, il éveillait en moi des réflexes d’observation de Serdaigle, la situation était cocasse mais je me mordis les lèvres pour ne pas ni réagir à sa provocation ni replonger dans un éclat de rire.

Je me fixai une énigme pour me détourner de toute envie de ce genre : quel rôle avaient bien pu jouer ces toilettes dans le mal de tête d’Henry ? Je cherchais les facettes déplaisantes qu’il pouvait leur trouver : peut-être le Bleu foncé ne s’était-il simplement pas senti à sa place entre ce carrelage bleu clair, légèrement gris de poussière et la pénombre, engoncé à la façon de l’oiseau de l’écusson de sa maison coincé entre le ciel bleu clair oppressant et le plumage noir de l’oiseau. Je comprenais tout à fait sa conquête de l’espace : après avoir été limité toute la journée à un cocon d’un mètre qui entourait la table, la première envie de tout enfant était de papillonner, et les aigles devaient souffrir de cette situation d’engourdissement plus que les autres. Peut-être qu’après tout, les membres de cette maison trouvaient aussi nécessaire, non vital, le mouvement mais un mouvement d’un autre type que celui des Gryffondor : l’activité acharnée sur un papier, avec la plume comme objet de travail plutôt que de jeu comme chez les Gryffondor.

Je souris sous l’effet de la dernière bataille d’oreillers pleine de panache de mon dortoir qui me revenait à l’esprit, doucement à la manière de la plume pelucheuse d’un oreiller qui aurait chatouillé mon visage et mes sens. Se sentir vivre dans les quatre dimensions des jeux plutôt qu’observer pendant des heures des vignettes en deux dimensions, on ne pouvait que le préférer dans mon esprit et je faisais effort pour comprendre ces drôles d’oiseaux qu’étaient les Serdaigle, avec leurs habitudes studieuses. Après tout, ce serait peut-être une découverte de ma maison, aussi, les Gryffons, animaux mi-oiseau mi-lion. Peut-être que les Lions étaient aussi de grands lecteurs après tout, même si c’était du livre du monde.

Henry avança vers la sortie et je lui emboîtai le pas lestement. Comme si l’appel d’air lui avait tout à coup rappelé ma présence : « Sinon, pourquoi t’es arrivé ici, toi aussi t’es perdu ? », même si il ne daigna pas me jeter un regard. Il était décidément semblable aux emblèmes de sa maison, alternant entre le regard pénétrant de l’aigle comme pour me rendre aussi transparent et insignifiant que l’air, et traverser pour sortir, et les yeux fermés du corbeau de son écusson sur tout ce qui pouvait se passer, force de paroles en l’air et sans attention.

Je n’avais pas l’esprit de l’escalier. L’expression moldue qui m’était venue spontanément me fit sourire au vu de la facétie des escaliers de Poudlard qui en accroissaient la force. Aussi m’apprêtai-je à répondre que même aspiré par ma soif de découverte, je n’avais pas encore eu la chance de me perdre et d’oublier tous mes repères, occidentalo-centré que j’étais, en bon Anglais, sur la volière, lieu de la Tour Ouest pour envoyer des nouvelles à l’Ouest, que deux nouvelles phrases vinrent s’entrechoquer à la première : « Ou alors un rendez-vous secret ? Ou p'têtre bien des repérages qui sait… ». Alors qu’un instant plus tôt, je le croyais presque intéressé par un échange, je remarquai que sa question était destinée davantage à recevoir une réponse de lui-même, comme s’il s’était posé lui-même une énigme à relever. Peut-être était-ce l’un des secrets de la réussite des Serdaigle, songeai-je, rêveur : se poser toujours les questions dans leur tête avant la professeur pour pouvoir toujours y répondre. Ce n’était pas mon cas, tout s’enchaînait naturellement, parfois impétueusement ; mes capacités d’anticipation étaient souvent égales à celles d’une mouche - ou plutôt d’une coccinelle pensai-je pour accorder la couleur avec celle du dortoir des Lions et me porter chance.

Tandis qu’il s’était placé devant une fenêtre ouverte qui laissait entrer l’air frais de janvier, je lui répondis : « C’est vrai, la deuxième réponse est la bonne, je cherche à perdre mes repères dans le château pour y vagabonder en action et en pensée, sans but, pour oublier le reste. ». Découvrir les recoins recouverts de poussière, comme en découvrant les lits du dortoir de leurs couvertures pour s’armer lors d’une bataille de polochons ou un plat de son couvercle pour faire apparaître les mystérieuses volutes de la vapeur d’eau. Actuellement, ce qui était dans l’air, ce n’était pas de la vapeur d’eau mais la vapeur de nos haleines dans le froid hivernal qui s’insinuait dans le couloir et la froideur du contact balbutiant entre nous. Je sortis mon écharpe rouge et or de mon sac et la replaçais autour de mon cour tout en refermant ma veste pour ne pas grelotter. C’aurait été vraiment le comble, moi qui appartenais à la maison d’un animal de sang chaud.

La première hypothèse d’Henry, celle du rendez-vous secret, en me revenant à l’esprit, me fit sourire. Le dernier que j’avais eu avec ma petite amie n’était certes pas dans des toilettes… J’avais beau ne pas avoir l’oeil de l’aigle, la poussière des toilettes abandonnées n’était pas entrée tout entière dans mon oeil non plus ! Je préférais les endroits plus lumineux : la salle d’astronomie les nuits où la lune et les étoiles scintillaient, le parc et le lac le jour. En ce sens, je comprenais encore une fois pourquoi Henry était sorti. Mais comme je le trouvai pâle et que l’évocation de son mal me revint comme un boomerang oublié, mes inquiétudes affluant à nouveau, je lui demandai : « Comment tu te sens ? Tu as retrouvé le bien-être à défaut d’avoir retrouvé ton chemin ? ». L’interrogation était plus que banale, mais j’espérais sincèrement obtenir une réponse, ne serait-ce que pour pouvoir agir vite, et l’appréhender ne serait-ce qu’un peu sans tournoyer comme un rapace autour de son identité avec les attributs de sa maison comme compagnons d’un dialogue en pensée.


Reducio
Pour l'écusson, je me fonde sur celui-ci :
Image


Avec toutes mes excuses Henry pour ce retard :sweatingbullets: :sweatingbullets: :sweatingbullets: ! En espérant que l'anémone pulsatille fera un jour effet sur tes migraines :/

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

1 mai 2020, 04:04
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
De l’air, c’était tout ce qu’il voulait, la seule chose qu’il réclamait à ce moment. Alors il s’approchait, de plus en plus de cette fichue fenêtre ouverte pour prendre un bol d’air, un air frais, qui vous remplit les poumons, vous fait vous sentir vivant. C’était de cet air qu’avait besoin Henry. Alors franchement, il avait quelque peu oublié son camarade, qu’il soit partie, mort ou disparu n’était pas son problème, il s’en occuperait une fois qu’il aurait atteint cette fenêtre. Il avait l’impression que plus il en approchait, plus elle s’éloignait, c’était sans nul doute un jeu de son esprit, mais il dut reconnaître que c’était frustrant. Il avait l’impression de faire du surplace alors qu’il ne lui restait que quelques pas à faire pour arriver au niveau de la fenêtre. Il esquiva de justesse un élève plus âgé qui ne l’avait pas remarqué et manqua de le percuter. Il pesta silencieusement contre ce brun dans la lune.

Mais lorsqu’il sentit la pierre entre ses mains, il en fut grandement soulagé, cela signifiait qu’il avait atteint son but et qu’il se trouvait au niveau de la fenêtre. Son regard jusqu’alors dirigé vers le sol se releva et il put contempler au loin l’horizon montagneux entourant l’école. Mais il aurait tout le temps d’apprécier la vue quand il se sentirait mieux. L’air frais des hauteurs écossaises lui caressait le visage, doucement, pas plus fort qu’une légère brise. Cette douce caresse lui permit de s’arracher à ses réflexions, et il profitait juste, inspirant un grand bol d’air, emplissant ses poumons d’un air pur. Que c’était bon le grand air, il se sentait par moment opprimé, oppressé entre ces murs. Parfois, il les sentait se rapprocher, comme pour l’étouffer dans des couloirs parfois exigus, étroits. Le genre de couloir, où circuler à plus de deux relèves d’un sursaut d’ingéniosité. Alors on jouait des coudes, on se poussait, on forçait le passage, on s’entassait comme du bétail dans ces goulots d’étranglement. Puis de nouveau on pouvait respirer, se déplacer plus aisément dans de plus vastes couloirs. Henry détestait ce sentiment qui l’assaillait parfois, alors il se réfugiait dehors. Le dehors où il fait bon, où on est libre, où l’on peut respirer sans étouffer. Où l’on entend le bruit du vent entre les feuilles, et non celui de l’encre et des feuilles. Où l’on était bercé par le clapotis de l’eau du lac noir et non bercer par la voix d’un professeur. Tout était plus agréable dehors. Tout, absolument tous.

Il inspirait, expirait de grandes bouffées d’air, comme un asphyxié en quête d’un oxygène lointain. Il se remplissait et se vidait les poumons à un rythme régulier. La douleur sourde qui emplissait son crâne plus tôt diminua et ne devenait plus au fil du temps qu’une lointaine et très faible douleur, histoire de se rappeler à son bon souvenir si l’envie lui en prenait. Il espérait que cela ne serait pas le cas, que cet inconfort était parti, avait fui lâchement. Son esprit ne s’en porterait que mieux. Oui, beaucoup mieux même, c’était certain. Ses mains étaient toujours agrippées au rebord, par peur de tomber ? Aucun risque il était à l’intérieur et à moins que Jaboc ne décide de le faire passer par-dessus le rebord il ne craignait pas de tomber. Mais cela était hautement improbable. Les envies de meurtres n’étaient pas chose courante, hormis peut être chez les Serpentard, mais Henry se refusa de juger une maison sur sa réputation, faîtes de on dit, de racontards, de piaillement de basse-cour. Henry mettait toujours un point d’honneur à se forger son propre avis et à ne pas se baser sur celui des commères et des colporteurs de mauvais augure.

Jaboc, il n’était vraiment pas sûr de son nom, maintenant qu’il y repensait, est-ce que le lion doré était parti ? Avait-il foutu le camp comme il se souvenait lui avoir suggéré quelques minutes auparavant ? Il l’avait bombardé de questions, enfin même si exception faite de la première elle était plutôt destinée à lui-même. Pourquoi s’embêtait-il à rester avec lui ? Se moquer de lui ? L’embêter ? Où bien n’avait-il rien de mieux à faire, les griffons n’étant pas forcément les premiers à qui l’ont pensaient quand on pensait à studieux. M’enfin, il devait bien y avoir de tout, du bon et du moins bon. Comme dans chaque dortoir en somme.

Comme pour se rappeler à son bon souvenir, c’est le moment que l’autre choisit pour répondre à ses questions. Il l’écoute d’une oreille distrait, davantage occupé à observer l’horizon un peu lointain, parfois caché par les petits nuages de vapeur produits pas sa lente respiration :

– C’est vrai, la deuxième réponse est la bonne, je cherche à perdre mes repères dans le château pour y vagabonder en action et en pensée, sans but, pour oublier le reste.


Intéressant, ainsi Mister Griffon souhaitait oublier, mais oublier quoi ? Une amitié brisée ? Un amour perdu ? Ou alors il délirait simplement d’un manque de sommeil ? Il n’avait aucune idée de ses vraies motivations à s’être retrouvé dans ces toilettes ? Curieuse rencontre après tout. Curieux endroit pour faire une rencontre après tout pensa-t-il. Ou alors il faisait des repérages pour un rendez-vous secret, il ne put s’empêcher de dire, d’une voix la plus amicale possible, maintenant que son mal était apaisé et qu'il se sentait en bien meilleur forme :

– Vue l’état de certains recoins de ces toilettes et les inscriptions dessus, je suis certain que ça fait longtemps qu’ils ne servent plus de toilettes. Mais de lieu de réunion, y’a mieux pour un rendez-vous, mais bon.

Il soupirait à la fin de sa phrase, laissant s’échapper une volute de fine vapeur, qu’il regarda s’élever puis peu à disparaître les instants d’après emportez dans le vent de l’oubli. C’était ainsi que toute chose finissait : lui, la vapeur, le Gryffondor, l’air qu’il inspirait à grande bouffée. Tout, absolument tout. Le tout était de laisser une marque, une marque pour que l’on se souvienne. De quoi ? De lui, de ses actes, de ses erreurs, de ses doutes, de ses échecs, de ses réussites, de ses découvertes. Henry avait peur, peur de l’oubli. Ce sentiment qui vous ronge jusqu’au plus profond de l’être et vous pousse à vous surpasser pour que non, on ne vous oublie pas. C’était dur d’être oubliée, effacer, balayer comme s’il l’on n’avait jamais existé. Comment pouvait-on effacé des années d’une vie de dur labeur, d’un simple battement de cil, le temps est quelque chose de bien étrange et le traverser n’est pas chose facile. Alors oui, quand on s’appelle Serdaigle, Potter, Black ou n’importe quel nom de ce genre, c’est facile, on part avec des avantages. Mais Henry, lui n’était parti de rien, il était parti du néant, de la poussière. Il aurait sans doute fait un bon Serpentard, il n’était pas si ambitieux, mais avait une grande crainte celle du délaissement. Et celui qu’il subissait de la part de sa mère, l’avait rongé jour après jour, morceau après morceau, jusqu’à remplacer ce qu’il avait vécu plus jeune. Quelque chose qu’il voulait purement oublier, effacer comme si cela n’avait jamais existé, et il y était parvenu. À enfermer ces mauvais souvenirs dans cette tour d’ivoire qu’il pensait indestructible. Une seconde phrase du jeune lion, l’arracha, l’interrompit, l’extirpa de ses pensées :

– Comment tu te sens ? Tu as retrouvé le bien-être à défaut d’avoir retrouvé ton chemin ?

Il était intrigué, pourquoi le jeune lion se préoccupait-il de l’état de sa migraine, la réponse se lisait sur son visage qu’il allait mieux, enfin il pensait que c’était visible. Il ne put s’empêcher de rire nerveusement à sa question, un petit rire nerveux, qui ne se voulait pas méchant après tout. Mais il riait.

– Aussi bien qu’un hippogriffe ayant avalé dix bœufs.


Il ne put s’empêcher pour ne pas paraître rude, impoli ou bien méchant d'enchaîner et de tenter de faire la conversation avec son, il devait bien l’avouer, camarade d’infortune :

– J’me demande un truc... Si t’était pas là en repérage, ou perdu ? Qu’est-ce que tu fichais dans ces toilettes alors ? T’es bizarre quand même.

Il s’était tourné vers son camarade resté en arrière afin de discuter avec lui, maintenant que son mal était passé, autant faire connaissance. Et peut-être savoir comment il s’appelait, doutant de plus en plus qu’il s'appelait Jaboc. Il lui sourit alors, et réfléchissait à une manière d’aborder la discussion. En effet, il n’avait pas pour ainsi dire été, et il s’en apercevait désormais très correct avec lui les minutes précédentes. Alors il tentait de rattraper cela d’un ton léger :

– Au fait Jaboc ? Enfin je crois que c’est comme ça que tu t’appelles nan ? Moi c’est Henry.

Il avait parlé d’un ton amical, l’invitant d’un geste de la main à s’approcher du rebord, sur lequel il s’appuyait désormais, une légère brise lui caressant sa crinière blonde. Le vent dans le dos était quelque chose d’agréable, il fixait le jeune homme attendant une quelconque approbation ou non de son invitation à le rejoindre. Il détourna brièvement le regard afin d’ouvrir son sac qu’il avait emporté avec lui et qui contenait ; au milieu de diverses affaires nécessaires pour les cours comme ses livres ou son encrier ; son écharpe ainsi que deux pommes. Il en prit une tout d’abord, et allait sortir le nez de son sac avant de se raviser et de prendre la deuxième à l’as où le lion soit friand de pomme. Il prit donc son écharpe, posant les deux pommes sur le rebord et la noua d’un geste fluide autour de son cou cette écharpe était bien entendue bleu et argent comme sa maison. L’emblème de cette dernière étant par ailleurs brodée à chacune des extrémités. Il prit alors une pomme en main, et commença à croquer dedans. L’autre pomme dans sa main fut tendue en direction du jeune homme ; et alors que sa bouche s’emplissait du jus de celle qu’il croquait, il interrogea du regard le jeune griffon avant de lui préciser, pour éviter toute incompréhension :

– Tu en veux une ?

Dans tous les cas, cette pomme n’était pas perdue, il la mangerait tôt ou tard.

@Jacob Tramontane désolé pour l'attente

PS : le code couleur d'Henry c'est #3d85c6, non pas que j'en fasse grand cas, mais je vois que ça fait plusieurs post que tu hésite :)

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

10 mai 2020, 00:25
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
J’aurais voulu étendre les bras et me laisser porter dans d’amples mouvements aériens pour me réchauffer, comme Nils Holgersson sur ses oies dans les pays du Nord ou un Gryffon, cet animal auquel ma maison s’identifiait. Déployer mes bras pour apprendre à voler de mes propres ailes encore plus loin, plus haut, pour suivre le cours tout entier de la brise qui s’engouffrait par la fenêtre. Pour partager mon souffle avec l’haleine douce de ce vent libérateur. Être aussi léger que ces avions de papier froissé qui planaient majestueusement dans l'air des classes avant d’atterrir plus loin, non sans avoir connu une trajectoire palpitante, toute de déviations et d’embûches.

Mais je me réfrénai comme j’avais appris à le faire depuis septembre, et adoptais la position d’Henry, droit comme un i, même si la stabilité n’était qu’une façade et que mes idées divaguaient, portées au gré des courants de cet air dont je portais le nom. Ces petites risées piquaient légèrement mon visage, comme pour l’aiguillonner, l’aiguiller vers d’autres trajectoires. Je fixai mon regard sur l’encadrement de la fenêtre, sur laquelle s’appuyait Henry, placé au coeur du carcan de l’embrasure. Peut-être que ce cadre géométrique correspondait au fil droit de ces pensées, songeai-je, emporté de nouveau l'instant après par les vagues impétueuses de mes pensées aventureuses : je m’imaginais avec les bras tendus, en T, face à ce paysage de glace dont la neige âgée de quelques jours avait la fermeté d’Henry.

J’aimais beaucoup ces arbres, dont les branches nues semblaient autant de doigts qui faisaient signe pour nous appeler à les rejoindre. Ce signe chaleureux que j'avais tenté de tendre vers Henry tout à l'heure. Le haut bois de ces branches courbées m’attirait terriblement. Mais à tout choisir, ce paysage brumeux était finalement peut-être moins énigmatique que mon camarade. Le mystère Henry, aussi imperturbable que le paysage hivernal. Je me souvenais même d’un roman moldu qui y ressemblait… le Mystère Henry Pick il me semblait. Mister Henry. Mystère Henry. L’association me fit sourire et chercher les yeux de mon camarade dont le regard se perdait au loin.

C’est le moment qu’Henry choisit pour se retourner vers moi, éclater de rire et répondre à ma question : « Aussi bien qu’un hippogriffe ayant avalé dix bœufs. ». Je soupirai de soulagement, créant un petit nuage d’air chaud autour de mon visage. Quelques instants plus tard, je riai à mon tour de sa réponse. Moi qui le pensai flegmatique impassible, j’étais bien détrompé, il était drôle également. L’harmonie fut très jolie : ma question - son rire - sa réponse - mon rire, comme un écho. Aussi lui répondis-je : « Ouf ! » et rajoutai, amusé : « J’aime beaucoup les hippogriffes, pas tant parce qu’ils sont proches des Gryffons de ma maison - ou des aigles de la tienne, rajoutai-je alors que je réfléchissais tout en parlant, surtout parce qu’ils peuvent se déplacer sur terre comme dans les airs. Ce doit être génial de découvrir ce à quoi cela rassemble, là-haut, d’où vient le vent. Être près de cette fenêtre, c'est pour moi un peu comme la frustration de faire voler un cerf-volant : c’est joli mais alors que toi, tu es concentré sur ton petit losange de couleur, lui, il a une vue sur toute la côte et se laisse porter librement par le vent. C’est pour ça que j’adore les cours de vol.» concluai-je simplement. « Et toi, qu’est-ce qui t’attire ? qu’est-ce que tu aimerais découvrir ? »

Peut-être qu’Henry n’aimait pas trop l’aventure et préférais les plans organisés par avance. Je le supposais en entendant sa nouvelle interrogation : « J’me demande un truc... Si t’étais pas là en repérage, ou perdu ? Qu’est-ce que tu fichais dans ces toilettes alors ? T’es bizarre quand même. » Il ne pouvait pas viser plus juste : « Totalement bizarre oui, je le revendiquerai presque ! Les normes et moi ne sommes pas amies. En repérage et perdu, oui, les deux, mon capitaine. » souriai-je « je partais à la recherche de nouveaux endroits pour m’y perdre. ». « Je déteste rester enfermé dans le gris des salles de classe et croupir à un seul endroit. J'y perds pied dans mes pensées. Ma joie de vivre est dans le mouvement, le nouveau, l’original, comme tu as dit, ce qui est bizarre, qui attise la curiosité et que je ne comprends pas d’emblée. ». « Et toi, tu préfères un chemin tout tracé avant de te lancer ? »

Le mugissement lointain du vent comme appel du grand large. Les oscillations du terrain neigeux où le vent balayait la neige en crêtes et en creux. Les déferlements de tons de blanc dans la réverbération de la neige où poser une à une ses empreintes pour avancer. La connaissance du ressac de la vie, qui enroule une expérience pour la recommencer, où l'enfant bondit comme sur un immense trampoline avec le corps cambré et des réceptions plus ou moins ratées. Se briser contre les filets de la réalité pour mieux s’en évader le temps de se faire rappeler par elle. L’assaut de l’enfant dont le cou tendu mime la course curieuse qui le conduit, avant que l’âge ne le cambre. Autant de touches du tableau en mouvement qu'était Jacob.

Il continua à me regarder : « Au fait Jaboc ? Enfin je crois que c’est comme ça que tu t’appelles nan ? Moi c’est Henry. ». Roh, c’était drôle comme surnom. Il fit jaillir un sourire franc sur mon visage. « Quasiment, oui ! Jacob, enchanté Henry ! Mais à la réflexion je préfère presque Jaboc, il y a quelque chose de maladroit dans le mot qui va bien avec mon caractère un peu… désordonné… et plaisantin, aussi, parfois. » ajoutai-je. « Ca fait très aventureux je trouve Jaboc, on entend le choc de la coque d’un navire contre le roc, dans un toc-toc répété. Alors que Jacob ça sonne plutôt comme aventurophobe ou plaisantophobe… », avançai-je. « Hum… Henry… ça me fait plutôt penser aux mousquetaires, les deux rois Henri de La Reine Margot ; oui, aussi à Henri VIII bien sûr mais comme il était gros et cruel *je n’avais que moyennement écouter les cours d'histoire dans mon école moldue, il allait s'en rendre compte*, je préfère les rois des mousquetaires… ».

Je l’interrogeai, dans mon élan d'intérêt pour les mousquetaires : « Tu es à Serdaigle, tu lis un peu aussi ou pas du tout ? ». « Bon, j’avoue que je n’y connais pas grand chose mais j’aime bien les dessins animés et les bandes dessinées alors je serai complémentaire, si jamais tu lis beaucoup de romans ! ». Ma concession était enthousiaste. Peut-être que mon compagnon pourrait me partager des expériences incroyables ou de nouvelles idées, qui sait. J'étais très curieux de connaître ses goûts, et d'en apprendre plus sur les Serdaigle, qu'on disait si férus de lectures longues.

Il tendit à ce moment le bras devant lui, comme je l’avais tendu tout à l’heure dans les toilettes, mais non pas pour m’atteindre mais pour atteindre son sac dont il sortit une pomme, puis deux et même me proposer la deuxième. Comme une pomme de la concorde. Je le remerciai chaleureusement : "Merci Henry, c'est hypra gentil !", avec plein de i dans ma réponse pour marquer l'enthousiiiasme. J'en croquai un petit morceau, une petite sphère acidulée qui roula sur ma langue et que j’avalai goulûment.

Elle acheva de reléguer dans le passé l’odeur rancie des toilettes et l’amertume vive de ma douleur qui s’écoulait aussi difficilement dans mes veines que l’eau du robinet des toilettes abandonnées dans les canalisations. Cette pomme à la peau lisse couvrait un moment les « pourquoi » qui zébraient mon esprit comme les glouglous par à-coups de l’eau du robinet ébréché des toilettes abandonnées, pas de ces robinets standardisés stérilisés des services publics moldus aseptisés. La petite sphère libéra un moment ce noeud que j’avais dans la gorge. Avec ce surplus de jus, il me semblait que je pourrais extraire de moi toutes ces fibres empoisonnées qui me rattachaient à Cambridge. Illusion douce-amère. Mais l'euphorie de ce moment de partage inattendu agissait comme un pansement pour les pensées trop âpres.

Aussi après ces quelques brefs instants d'introspection, je le regardai avec vif intérêt : « Tu aimes aussi les gourmandises ? J’ai des quasi-fruits dans ma besace, si ça te tente : des patacitrouilles ! ».

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)

13 mai 2020, 22:40
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
L’horizon danse devant ses yeux. Les hautes cimes de la forêt interdite lui dissimulent l’horizon. Il n’en perçoit que des fragments infimes. Pièces d’un plus vaste puzzle. L’air frais caresse son visage, ravive ses sens. Une délicate caresse sur son visage. Il aime. Il aime cette sensation de fraicheur sur sa peau. Le froid qui lui picore la peau. Son regard est perdu dans le lointain. En direction de contrées inconnues. Il n’était pas prisonnier dans une haute tour, mais il aimait contempler l’horizon. Un jour il ferait le tour du monde. Le tour des horizons, des couchers et des levers de Soleil. Ils vivraient millions d’aventures, découvrirait tout ce qu’il reste à découvrir. Mais pour l'heure, son unique camarade, c’était cet horizon. Dissimulés par les noires cimes des arbres courbées de la forêt interdite. Il aimerait entendre le bruissement du ventre entre ses feuilles. Sentir l’odeur des feuilles mortes lui emplirent les narines. Le bruit des feuilles qui craquent sous le poids des âges. L’écorce silencieuse des arbres qui ont tous vécu.

Il voulait sentir l’odeur de cette forêt, celle de l’interdit, du défendu, du prohibé. Quel secret renfermait-elle ? Pourquoi était-elle interdite ? Quelle créature y vivait ? Tant de questions sans réponse ? L’envie de s’y aventurer était palpable, mais il n’oserait surement jamais. Ne voulant pas risquer d’être renvoyé.

Le vent s’engouffrait par la fenêtre, douce caresse, il rejetait les cheveux désordonnés du blond en arrière. Celui-ci ferma les yeux, profitant de l’air frais. Il raffermit sa prise et sentant le vent contre sa peau, il fut tenté d’écarter les bras façon Titanic, mais se retint. Il aurait eu l’air ridicule de surcroît. Il n’avait pas l’air de Rose, et bien que cela serait amusant Jaboc n’allait pas jouer les Jack. Il se frappa la tête mentalement pour cette idée stupide et écoutait le vent au loin passer dans les feuillages denses et noirs de la forêt interdite. Le soleil déclinait lentement à l’ouest, signalant la fin de la journée. Il était tellement absorbé par le vent qu’il en avait justement mis un à son camarade. Il n’entendit que la fin de la phrase. Bonne question, de quoi avait-il envie ? De voyage ? De savoir ? Ou tout ça à la fois.

- J’en sais rien à vrai dire, je suis assez terre à terre. Mais j’adore le Quidditch on doit tellement se sentir libre sur un balai à chatouiller les cieux, titiller les étoiles. C’est la part de folie qu’on a tous, je crois. Après j’dois reconnaître que je préfère les potions. C’est fascinant comment des trucs parfois dégueulasses à boire peuvent te donner de gros avantages. Tu te rends compte ? On peut forcer quelqu’un à dire la vérité ? C’est ouf nan !

Le griffon était parti dans une des ces tirades dont il avait visiblement le secret. Henry l’écoutait d’une oreille et écoutait les bruits de la nature qui s’épanouissait en contrebas, celui de l’herbe qui plie sous le vent, le lointain hululement d’une chouette. Tous ces bruits qui apaise et rassure. Lui il aimait se poser quelque part et écouter. Ressentir. Vivre d’une certaine façon. Il n’avait pas forcément besoin de bouger et pouvait rester une heure sous la pluie pour ressentir. Sentir l’eau lui ruisseler sur le visage. Restez allongé dans l’herbe et écoutez le vent.

Mais c’était aussi quelqu’un d’énergique à la fois. Il avait besoin de contact, de se défouler l’esprit et les jambes. Il n’était pas fin, une carrure de sportif en herbe. Il avait besoin de se défouler de temps à autre. Il s’adossa contre le rebord de la fenêtre laissant pendre une jambe contre le mur tout en fixant le lointain.

- Les deux à vrai dire je suis du genre à rester assis des heures pour écouter ce qui m’entoure. Entendre les nuances dans le hululement lointain d’un hibou. Mais des fois j’ai aussi besoin de cogner un ballon, de me défouler pour ne plus penser à vrai dire. J’essaie de trouver un juste équilibre entre les deux, avec plus ou moins de succès. Les chemins tout tracés ont forcément déjà été foulés, et je veux créer mon propre chemin.


Il devait reconnaître qu’il s’était peut-être trompé sur le rouge et or. C’était quelqu’un d’original. Un de ceux qui parlent beaucoup, mais qu’on écoute, car ils ont ce petit quelque chose qui les rend particuliers, agréable à discuter. Visiblement Jaboc ou peut importe son nom était de ceux-là. Et ça plaisait à Henry.

Il semblerait qu’Henry se soit trompée, c’était Jacob, quelque chose de beaucoup plus classique que Jaboc. Pourquoi était-il certain auparavant qu’il s’appelait ainsi ? Aucune idée en toute franchise. Visiblement son lapsus l’amusait, tant mieux, il avait eu pendant un bref instant peur que Jacob/Jaboc prenne la mouche à cause de son lapsus qui aurait pu paraître pour un jeu de mots de mauvais gout. Visiblement c’était un aventurier, un de ceux qui partiraient courir le monde en quête d’un idéal perdu. C’était drôle, il allait vite déchanter selon lui. Il parlait de la Reine Margot… Henry avait déjà lu cette pièce, il n’en avait pas compris grand-chose, mais avait tout de même retenu un passage, il ne put s’empêcher d’ajouter :

- L'Écriture nous apprend : il y a trois choses qui ne laissent pas de traces : l'oiseau dans l'air, le poisson dans l'eau, et la femme… J’suis pas vraiment d’accord avec cette phrase, il y a d’autres choses qui ne laissent pas de traces, les illustres inconnus par exemple. C’est un peu réducteur selon moi…

Henry était plongée en pleine réflexion, il ne voulait pas être invisible, ne pas laisser son empreinte quelque part. Il ne cherchait pas non plus la richesse, la célébrité, mais juste l’estime, la reconnaissance. L’envie d’être utile, pas de finir futile. Henry était reparti dans les méandres sinueux de la réflexion et désormais il n’écoutait plus Jacob, en proie à des doutes internes faisant plisser son front. Cette ride devait avoir l’air disgracieuse, mais peu lui importait. Il fut interrompu dans ses pensées par le jeune griffon qui lui proposait des patacitrouilles. Tout en croquant dans sa pomme qu’il n’avait pas alors entamée, ce qui n’était pas le cas de Jacob, il lui répondit entre deux bouchées.

- Je ne suis pas un amateur de patacitrouilles, trop collant au palet pour moi. Je préfère largement l’acidulé d’une pomme, la fraicheur de ses arômes. Mais merci quand même.


Henry se mit à penser à ses parents, et au vu des récents événements, il se demandait ce que ces parents faisaient. Il avait entendu parler des cadavres de sorciers découverts dans des ruelles sombres. Il s’inquiétait pour son paternel. Il pourrait bien être le prochain après tout :

- T’as entendu parler des meurtres de sorciers par les Moldus, c’est dégueulasse je trouve.


@Jacob Tramontane désolé pour l'attente

2e année RP/ Code coleur : #3d85c6

22 mai 2020, 16:48
 Libre   RPG++  Orientation déplorable
J’admirais ce que mon camarade disait. Décidément, je n’étais pas au bout de mes surprises ! Je me concentrai très fort pour mémoriser sa parole de toute beauté et la noter dans mon carnet orange dès que je le quitterai : « se sentir libre sur un balai à chatouiller les cieux, titiller les étoiles ». C’était magnifique. Bien plus beau encore que la réalité qu’il aimait obtenir grâce au serum de Veritas. Peut-être qu’arracher la vérité à l’autre était grisant, mais trouver la vérité au fond de ses paroles l’était à mes yeux encore davantage… surtout d’une façon aussi poétique.

Quand il continua en évoquant le fait de « cogner un ballon », je haussai un sourcil tant parce que je ne m’attendais pas à cette réponse d’un Serdaigle (les préjugés des maisons étaient décidément destinés à me jouer plus d’un tour…) que parce que j’essayais de deviner ce qu’elle révélait : est-ce qu’il avait lui aussi grandi dans le monde moldu ? Etait-il un Sang-Mêlé comme Lily ? Ou un né-moldu ? Le rouge de ma maison colora mes joues, un rouge de honte. Je voyais bien que ces catégorisations retentissaient en écho avec les A de la langue de mon père, ces A de dégoût et de mépris : *Un miséraable taas de sang-de-bourbes*…

Jamais, jamais auparavant je n’avais associé cette catégorie -« Sang-Mêlé »- à Lily, je savais bien sûr que sa mère qu’elle chérissait tellement n’était pas une sorcière… Mais... mes pensées s’emmêlaient dans ce mystère de « sang-mêlé ». Comme un fil rouge qui se serait enchevêtré dans la trame labyrinthique d'une bobine bien plus grande que lui, la bobine du film de l’Histoire sur lequel j’avais tellement peu d’impact. Un film sombre, cousu d'un fil qui n'était pas du tout blanc et ne menait pas à la sortie du labyrinthe comme celui d'Ariane.

Je fis l'expérience de la honte. La honte d'avoir enfanté ce monstre de jugement selon les maisons des élèves, comme si une Verte était forcément une traître, un Bleu forcément un studieux. Ma confiance s'effilochait, à mesure que des éclats de vision surgissaient. L'une d'entre elles : Lily, sa main et la mienne mêlées dans le même sang à la volière une semaine plus tôt... Je serrai les poings. Je le sentais, nous étions du même sang. Mais vacillant dans le vent, rien n'était évident.

Henry semblait être pourtant parvenu lui aussi aux mêmes idées, pesantes même dans le souffle léger du vent : « - T’as entendu parler des meurtres de sorciers par les Moldus, c’est dégueulasse je trouve. » Des meurtres. M-e-u-r-t-r-e-s. M. E. U. R. T. R. E. S. Le mot m’atteignit terriblement. Disparition réelle, totale de la Vie, comme ces sortilèges qui faisaient s’évaporer un être vivant en un nuage de fumée. Être ou NE PAS être. Par-delà toutes les représentations de mes dessins animés. Un écran noir, sans étoiles. Pour rendre son dernier souffle. Le vent pour seul relais sépulcral des soupirs.

Un homme privé du souffle, privé du mouvement. Gisant, perdant haleine.

Une vision d’horreur mi-noire, couleur tenue de sorcier, mi-blanche comme cette armée de fantômes qu'étaient les Moldus si éloignés à présent… Je n'étais qu'un point de cet immense tableau, un point de feutre noir sorcier dans le tableau blanc du monde moldu de mon enfance, un point de craie blanche, intrus, moldu, dans cette école de sorciers.
Le gris de Poudlard rendit cette vision d’horreur plus vive encore, un gris glissant de la monotonie à la menace, dansant dans l’espace blanc et noir que traçait la danse macabre de ces deux couleurs qui marbraient les cheveux de la directrice… un lieu monocorde qui servait d'écrin à cette gamme de magie noire monstrueuse qui striait la page blanche de l'avenir.

Les lèvres. C'était d'elles qu'éclateraient les mots que les assassins devaient prononcer pour tuer. Rouge. Rouge piquant. Rouge comme la cicatrice dans la chair si blanche d'Alice gravée par Carry aux cheveux sombres couleur noir Sombral. Rouge-noir-blanc. Cruella n’était rien. Dracula n’était que peu. La guerre arborait ses étendards noir-rouge-blanc plus violemment que ces deux terreurs de mon enfance.
« mon enfance » : comme si l’arrivée à Poudlard m’en avait déraciné. Tôt. Très, trop tôt. Moi qui avais toujours été dans le camp brun des chocogrenouilles, celui de mes cheveux bruns, ni noirs, ni blancs. Je n’aimais pas les échecs. Pas du tout. Beaucoup trop de réflexion. Mais je me sentais pris dans une partie à taille réelle, à devoir m’installer sur une case blanche ou noire. Déchiré. Avec mon coeur en damier.

Avec l’impossibilité de ne pas considérer toutes ces ombres aussi forte que l’impossibilité de ne les considérer que comme des ombres. Très distinctement, l’image mouvante d’Erin Grayce s’emparait de moi, sa chevelure rousse rougie par l’incendie et la douleur. Très distinctement, je me remémorai la peau blanche et les cheveux noirs de Mister Penwyn, le professeur disparu de Poudlard. P-o-u-d-l-a-r-d. P. O. U. D. L. A. R. D. Impossible de faire SEMBLANT qu’il ne s'y passe rien, que cette cicatrice tracée sur la face d’Alice SANGBLANC n’ait pas existé, comme une faille dans le colosse de ma confiance aveugle d'enfant, transpercée par une baguette plus aiguisée que ma dent de requin (dent de requin : objet RP dans ma malle). Œil pour œil, dent pour dent plantée profondément, plus que Dracula, jusqu'à la carie.

Je serrai les dents comme si cela pouvait m’éviter de penser à l’engloutissement dans une bouche immense, rouge, sanglante, de ma naïveté. Je m’enfonçai dans mes visions, jusqu’aux dents, jusqu’aux cheveux, jusqu’à m’y perdre, avec cette mine sombre qui devait marquer mon teint blême. Les poches noires sous mes yeux me faisaient terriblement mal. Comme si j’allais pleurer de rage. Mais les larmes ne me venaient pas. Elles ne venaient pas. Elles n'était pas là pour apaiser le blanc de mes yeux écarquillés étrangement secs.

Mes yeux. Je regarde. HENRY. Je m’étais refusé de l’associer à un roi sanglant qui tua une à une toutes ses femmes. HENRY. Je parlais de la disparition d’un manuscrit. Mais cette fois, ce n’était pas le mystère d'Henri Pick mais une certitude qui piquait jusqu’à la moelle. HENRY. Pas la disparition d'un livre, celle de centaines d'hommes. HENRY. Ils étaient loin, le ciel bleu et l’herbe verte de la petite BD « Charlotte et Henri ». HENRY. Humpf. Je toussai en m’étouffant sous l’effet secondaire de mon nouveau bout de pomme et l’effet premier de mes pensées. HENRY. HENRY. Son mal de tête : était-ce celui du contexte qui le cognait de plein fouet ? Est-ce que cela lui faisait l’effet d’un ballon en pleine poire comme ces ballons qu’il aimait frapper ? HENRY. Est-ce qu’il voulait de l’air pour laisser filer derrière lui le moment présent ? HENRY « Le vent de l’histoire est terrible » répondait comme en écho à sa citation. HENRY. Un hippogriffe sorcier qui avale dix boeufs animaux moldus. Etait-ce une représentation du conflit ? HENRY. Jaboc, cet équilibre impossible, était-ce celui d’un monde de croyances qui s’éboulent autour de nous ? HENRY. La trace des illustres inconnus, était-ce la trace des m-o-r-t-s, de ceux à qui on avait a-r-r-a-c-h-é l-a v-i-e ? HENRY. Mon Dieu. Mais lequel, dans cette situation ? HENRY. C’était bien pire que dégueulasse, la situation. Je m’accrochai à la bordure de la fenêtre devant moi, les yeux exorbités, les pensées à feu et à sang. HENRY. HENRY. HENRY. HENRY. HENRY. Faire converger mes pensées sur un seul point. Mais mes yeux devaient être comme des lames de poignard à ce moment, je n’avais plus qu’à baisser la tête pour ne pas inspirer la terreur : Henry, Henry, henryhenryhenr…

Mais mes pensées s’emportaient, je le sentais à l’empressement palpitant des pulsations précipitées de mon pouls. Baisser la tête, fixer le sol, en l'absence du soleil. Fermer les yeux, comme pour éteindre ce moteur parti à cent à l’heure. Sang dans l’heure. Un moment d’obscurité, yeux et espoirs d'avenir fermés. Flash de lumière blanche entre mes paupières battantes, battues. Soleil noir. Rouvrir les yeux sur la douleur, impossible à effacer, d'une prise de conscience plus coupante que le fer-blanc. Comme une grille tranchante incrustée dans mon coeur, ce damier noir et blanc, qui avait tout d’une grille de ventilateur qui ne laisserait pas passer d’air. Ma respiration se bloquait.

Ouvrir la bouche. Parler. Décrisper ce visage transi par le froid de la stupeur. J’entendis mes lèvres rouges articuler, quelque part entre ce paysage tout blanc et l’uniforme noir d’Henry : « C’est… c’est… ». Allez, parle. Mais mon balbutiement restait bloqué comme un bloc de glace. C’était innommable. Inqualifiable. Inavouable. Injustifiable. Inexprimable. « a-t-r-o-c-e. » Ma langue, chargée de ce poids de plomb, s’était déliée, en un rugissement terrible autour de ce « r ». Comme le Fourchelang et les tirs sifflaient, ma langue roulait en r. R. Air. Réconfort. Confort. Fort. Je rassemblai mon courage. Il n’était plus question de drapeau noir de pirate. Il était question de cendres. Des cendres de cette boutique qui venait de brûler sur le Chemin de Traverse.

« Tous ces morts me cognent contre le coeur. Oui. C’est terrible. Je suis contre Ursula Parkinson. » Une pause. « Et toi ? » Continuer. « Hum… en fait, j’ai grandi dans une ville moldue. » Petit silence « Et toi ?» Ajouter un ingrédient. « J’ai mon meilleur ami hors de Poudlard, alors… eh bien… ». Se forcer à parler. Pour contenir le bouillonnement de la douleur en touillant des mots. « Je… j’ai mal pour eux. » Une potion piquante de vérité. La profondeur de la définition des potions d'Henry formulée plus tôt me saisit dans un frisson.

Mais il partit, évoquant un cours oublié, me laissant abasourdi avec mes doutes.

Pour la couleur, j'en prends une plus nette cette fois normalement :)


RP terminé.

Jacob, Jafini, MMG, Allez les Griffes ! (5ème année RP)

(présence fantôme)