Sainte-Mangouste

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Les faux facétieux  Pv 

Octavia soupira. Elle circulait dans Sainte-Mangouste sans trop savoir quel était d'esprit elle devait adopter. Devait-elle s'efforcer de ressentir de l'inquiétude, de l'appréhension, du soulagement ? Ses émotions brouillonnes lui vrillaient le cerveau ; elle aurait aimé ne plus savoir penser, au moins l'espace de quelques instants. Des dizaines de pensées s'insinuaient dans son esprit, entravant lentement Octavia dans une prison d'angoisse et de remords. Plus vite elle trouverait la chambre du patient qui l'intéressait, mieux elle se sentirait. Accélérant imperceptiblement le pas, elle se demanda s'il ne serait pas plus sage de faire demi-tour, mais elle chassa rapidement cette idée stupide de son esprit. Lorsqu'elle arriva devant la pièce où se trouvait Jack Taylor, Octavia expira un bon coup, puis elle entra sans prévenir.

La pièce était assez simple, peut-être même un peu trop ; Octavia la trouvait froide. La décoration d'un hôpital n'était jamais très joyeuse, ce que la jeune femme déplorait sincèrement ; les patients n'avaient-il pas le moral suffisamment bas ? Elle embrassa l'endroit du regard et constata que deux personnes se partageaient cette chambre. L'individu qu'était venue visiter Octavia était un homme aux cheveux noirs qui devait approcher de la trentaine. Son sourire était inexistant, son regard était las ; en huit ans, il n'avait pas tellement changé. Lorsque Octavia entra, le regard de Jack se tourna vers elle, et dans un premier temps, il ne la reconnut pas. Cependant, constatant qu'elle se dirigeait vers lui, il fronça les sourcils avant qu'un éclair de compréhension n'illumine ses yeux bleus.


« Octavia Peters, dit-il d'une voix faible mais remplie d'un amusement malsain. La bonne blague. Tire-toi. »

Sans grande surprise. La réaction de Jack était franchement compréhensible, quoiqu'elle fut un brin trop agressive. Après tout, Octavia venait soudainement refaire surface dans sa vie alors qu'elle l'avait abandonné des années auparavant ; quoi d'étonnant à ce qu'il souhaite la congédier dès son arrivée ? Jack n'était pas du genre à vouloir recoller les morceaux. Pour lui, quand c'était fini, c'était fini. Cependant, Octavia se fichait bien de ce qu'il pouvait penser ; elle n'avait pas fait le déplacement pour se faire expédier de cette chambre en dix secondes. Elle s'approcha du lit du jeune homme et s'assit là où il y avait un peu de place.

« On n'a plus quinze ans. Je ne suis pas venue ici pour me disputer avec toi. »

Jack eut un regard qui voulait dire quelque chose du genre « pourquoi t'es venue, alors ? », alors Octavia sortit de la poche de sa veste une bague en argent. La valeur monétaire de ce bijou était considérable. L'adulte aux cheveux bleu-gris tendit la bague à son ancien petit-ami, qui ne bougea pas d'un pouce.

« On m'a parlé de ce qui s'est passé à cette espèce de foire pour sorciers. Je me suis renseignée, et j'ai appris que tu faisais partie des gens qui devaient être examinés d'urgence à Sainte-Mangouste. C'est drôle...J'ai retrouvé cette bague il y a quelques semaines, et je n'arrivais pas à me résoudre à la jeter ou à la vendre. Je me serais sentie trop coupable. Alors, forcément, quand j'ai su que t'étais ici, j'ai accouru pour te la rendre. »

Toujours ce silence qui commençait à gêner Octavia. Elle manquait singulièrement de subtilité, mais elle n'avait jamais eu l'intention de tenir un discours larmoyant à Taylor. Leur histoire était terminée, inutile d'épiloguer sur leur rupture ; elle voulait simplement que cette bague d'une valeur conséquente revienne à son digne propriétaire. Elle savait qu'à l'époque où Jack s'était procuré cette bague, son compte en banque n'était pas glorieux. Comment aurait-elle pu se débarrasser ce bijou pour lequel il avait vidé ses poches ?


« Bon, prends-la. Si tu ne le fais pas, je la donnerai à quelqu'un d'autre. »

Enfin, il prit la bague et la mit dans sa poche. Sans l'ombre d'un sourire, il fixa longuement Octavia qui se sentit plus coupable que jamais. Si Jack était à Sainte-Mangouste, c'était parce qu'il avait participé à une espèce de fête de Noël qui avait mal tourné. Des fausses marchandises Weasley avaient été vendues à tort et à travers, et des effets néfastes s'étaient rapidement manifestés chez les consommateurs de ces friandises trafiquées. Taylor en faisait partie. Octavia l'avait appris, elle était venue pour lui rendre son bien, point final. Elle aurait du partir, mais le regard sévère de Jack l'en dissuada.


« Tu vas vraiment faire comme s'il ne s'était rien passé il y a huit ans, hein ? T'as peut-être oublié tout ce qu'on a vécu, mais je te rappelle qu'on a été ensemble pendant plus de quatre ans. Au lieu de faire la fille sympa et généreuse, tu pourrais peut-être enfin m'expliquer pourquoi t'as été aussi odieuse ? »

Octavia jeta un coup d'œil à l'autre occupante de la chambre, une dame qui devait avoir la quarantaine. Sans la moindre gêne, Jack était en train de dévoiler leur vie privée à une inconnue. Pour ça, elle le détesta encore un peu plus.

« Tu n'es pas fait pour moi, c'est tout, répondit-elle rapidement, espérant faire dévier le sujet de la conversation. »

Malheureusement, son ex petit-ami semblait fermement décidé à ne pas la laisser s'en tirer comme ça :


« Je veux juste que tu...  »

La porte s'ouvrit, et Octavia braqua son regard sur le nouvel arrivant, dans l'espoir de trouver une autre occupation que la conversation que Jack semblait vouloir lui imposer.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.
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Ancien sorcier  

Les faux facétieux  Pv 


      L'appartement 524A de la Ruelle des Roues finissait de voir ses dernières lumières s'éteindre, les unes après les autres. Des bruits de talons et de claquements de capes accompagnaient les crépitements du feu de cheminée, encore vif. Mary, pencha la tête pour observer sa tenue, vérifiant avec soucis de n'avoir rien oublié. L'hiver avait trouvé refuge sur l'île et ne paraissait pas vouloir être clément cette année encore. Cela n'inquiétait pas la jeune fille outre mesure car actuellement, elle était épargnée des vents glaciaux - ceux qui semblaient presque transformer ses joues en glace- en restant à Londres pour les vacances de Noël, un soulagement qu'elle n'allait pas se refuser de vivre. Ainsi donc, tournant un peu son pied, elle constata que ses lacets de bottines étaient correctement lacés et qu'il ne lui restait qu'à attendre le retour de sa mère dans le grand salon simplement mais baroquement décoré. Distraite, elle écouta les pas de sa mère tout en ajustant ses gants bruns. Lorsque ceux-ci s'approchèrent, la serpentarde ajusta son dos, se tenant droite. Une femme de taille moyenne pénétra dans la salon. Ses cheveux blonds étaient attachés en un chignon serré et sur son visage anguleux trônaient des lunettes rectangulaires dotées de fines barrettes noires. L'ensemble de la tenue était parfaitement sobre, seulement rehaussée par une broche argentée aux symboles étranges.

      « Prête ? », demanda calmement la mère.

      Mary acquiesça de la tête en réponse, un léger sourire aux lèvres. Observant sa mère s'approcher de la cheminée, Mary la regarde retirer de son épaisse cape un étrange objet noir qui sitôt en contact avec le pouce de sa mère émit une lumière étrangère. Récemment, sa mère s'était équipée de cet objet apparemment moldu qui, d'après ce qu'elle avait compris lui permettait d'être en contact avec les nouveaux clients, moldus qui s'intéressaient à ses produits esthétiques. Apparemment, cela était parfaitement utile pour organiser des réunions ou les annuler comme cela était le cas à l'instant même comme en avait déduis la verte et argent qui observait le manège avec une perplexité non dissimulée. Lorsque l'objet fut rangé, la mère de Mary s'empara d'une poignée de poudre de cheminette depuis un pot scellé à la cheminée et modifiant le feu disparut comme de coutume de l'appartement en énonçant clairement :

      « Sainte-Mangouste »

      Mary observa les flammes entourer sa mère puis, une fois le passage libre, prit la place de celle-ci pour répéter la procédure. Rares étaient les fois où elle devait utiliser ce moyen de transport, ainsi retrouva t-elle la sensation désagréable de tournoiement qui lui laissait toujours une légère envie de vomir. C'est donc en grimaçant, que Mary apparut dans une des cheminées dédiées aux visiteurs, s'en écartant avec des jambes mal assurées et une pâleur au visage. Elle prit une profonde bouffée d'air et chercha des yeux une distraction au malaise en observant le hall d'entrée, richement décoré par des décorations de Noël. Une fois le souffle retrouvé et le malaise dissipé, elle rejoignit sa mère qui patiemment l'attendait. Toutes deux se présentèrent devant les gardes comme l'exigeait la routine et une fois leur identité confirmée, on leur donna le numéro de chambre de la tante Margareth qu'elles étaient venues visiter. Sa mère, se tournant vers Mary, l'invita à rejoindre la chambre de la tante, située non loin de l'endroit où elles se trouvaient, devant saluer une collègue qui elle aussi était en visite, lui affirmant qu'elle la rejoindra rapidement. Haussant la tête suite à la consigne, Mary observa donc les signaux de l’hôpital, repérant le chemin qu'elle devait prendre. Rapidement, toutes les décorations ne se présentaient plus aux yeux de la fillette, exposant ainsi des murs nus et froids qui provoquaient rapidement chez la jeune fille une nouvelle sensation de malaise. Visiter Sainte-Mangouste n'était jamais une excursion folichonne, le nombre de malades et de douleurs accompagnés par cette odeur typique de l’hôpital n'encourageaient pas les visiteurs à rester plus longtemps que nécessaire. D'ailleurs, Mary ne savait précisément pourquoi elle se trouvait ici, les nouvelles de l'hospitalisation de sa tante restant une nouvelle fraîche. Elle savait seulement que ce n'était pas grave mais qu'une étude plus approfondie était obligatoire.

      Arrivant au numéro qu'on lui avait indique, la serpentarde entendit des voix s'élever de la chambre recherchée. La moitié de ce qui était échangé relevaient du domaine des marmonnements et Mary ne put saisir qu'un " Tu n'es pas fait pour moi" et un "je veux juste que tu..." alors qu'elle ouvrit la porte et pénétra dans la pièce. Il ne lui fallut pas longtemps pour repérer les protagonistes de la conversation qu'elle avait perçu, reconnaissant avec étonnement l'un d'entre eux alors que Mary vit la silhouette de sa directrice de maison. Elle s'immobilisa quelques instants, ne sachant pas comment réagir autant pour la présence du professeur que pour le souvenir des mots qu'elle avait entendu. Finalement, elle opta pour une attitude nonchalante alors qu'elle traversait la pièce d'un pas hésitant en direction du lit qui initialement l'intéressait; Elle hocha la tête une fois vers Madame Peters par respect, jetant un regard curieux vers l'homme allongé puis détourna le regard pour enfin apercevoir sa tante. Celle ci semblait être plongée dans un sommeil et Mary, voulant briser le lourd silence dit d'une voix haute et claire :

      « Bonjour Tatie ! Comment vas-tu ? »

      Celle ci se retrouva tirée brutalement de son sommeil et observa, une fraction de seconde sa nièce, l’œil ahuri avant de retrouver contenance. Avant de répondre à la Serpentarde, Margareth Shilver, se redressa avec un mécontentement indiscret, se massant les tempes tout en prenant une profonde bouffée d'air.

      « Tu es là depuis longtemps ? Nom d'un corbeau, ces potions sont assommantes ! Sers-moi donc un verre d'eau, j'ai la bouche pâteuse. »

       Mary, soulagée de voir le développement de la situation aller selon sa volonté, ne tarda pas à se diriger vers une petite table où trônaient une carafe d'eau et un verre qu'elle remplit avec soin, ne manquant néanmoins pas de tendre l'oreille, essayant de distinguer ce qui pouvait se passer du côté de sa directrice.

Les faux facétieux  Pv 

Jack, en vérité, ne s'appelait pas vraiment Jack ; c'était un diminutif. Son vrai nom était Jacob Taylor. Mais, voyez-vous, ça ne faisait pas assez insoumis, pas assez révolutionnaire. Jack, c'était plus moderne, c'était un prénom qui correspondait davantage aux révoltés. À l'époque, Octavia avait été fascinée par ce Jack, à qui elle avait distribué des centaines de qualités, tels que le charisme et le courage. Elle l'avait longtemps admiré, parce qu'il paraissait difficile d'accès. Il avait semblé grandir plus tôt que les autres, il était indépendant, il prenait ses décisions seul, il avait un caractère de leader. Quand Octavia était avec lui, elle se sentait libre, elle se sentait mature, elle pensait qu'elle avait le monde à sa portée.

Elle avait été fière d'être sa petite-amie, d'embrasser ses lèvres inatteignables, de se pâmer aux côtés de ce garçon mystérieux. Puis, lentement, cette relation avait extirpé tout ce qu'il y avait de bon en elle. Octavia en avait été réduite au stade d'adolescente pseudo-rebelle égocentrique et prétentieuse. Sa vie avait été empoisonnée par un venin qu'elle propageait inconsciemment. Et, un jour, le déclic, la lueur d'espoir ; elle avait rompu. Pas seulement avec Jack ; elle avait rompu avec une autre personne et s'était isolée, comme pour se laver des erreurs qu'elle avait accumulées. La vie d'adulte frappait à sa porte depuis trop longtemps pour qu'elle continue à faire semblant.

Aujourd'hui, Octavia voyait en Jack une personne qui ne parvenait pas à faire table rase du passé et qui, pourtant, en avait bien besoin. Il prétendait être indifférent, mais c'était faux ; il avait besoin d'explications, il avait besoin de comprendre. C'était comme s'il avait mis sa vie en pause, comme s'il n'arrivait plus à évoluer et qu'il restait désespérément bloqué dans une histoire ancienne. Octavia, de son côté, restait insensible aux problèmes de son ancien petit-ami ; elle n'était pas sa baby-sitter et elle n'avait aucune raison de vouloir aider cet homme à se reconstruire.

Elle n'aurait pas dû aller à Sainte-Mangouste. Elle aurait mieux fait de revendre cette baguette, de la donner, de s'en débarrasser, mais pas de la rendre à Jack Taylor. Ce bijou n'avait, à l'évidence, aucune valeur à ses yeux. Elle avait fait l'erreur de le retrouver, et, désormais, Jack semblait décider à tisser un lien entre Octavia et son passé. Alors, durant la fraction de seconde qui précéda l'arrivée de ce deuxième visiteur, Octavia eut le temps de s'imaginer le scénario parfait ; ce fameux visiteur était une personne particulièrement joviale et bruyante, qui répandait la bonne humeur partout où elle passait. Cette arrivée divertirait Jack qui oublierait la présence d'Octavia, ce qui laisserait à celle-ci l'occasion de s'éclipser. À la place, ce fut une jeune adolescente blonde qui apparut, et Octavia crut halluciner lorsqu'elle pensa l'avoir reconnue. Pourtant, après une observation minutieuse du visage de cette jeune fille, Octavia fut contrainte de se rendre à l'évidence ; il s'agissait de Mary Grey.

Pour sa première année en tant qu'enseignante, s'il y avait bien une chose qu'Octavia ne désirait pas, c'était que certains de ses élèves découvrent cette partie de sa vie privée. Elle salua poliment son élève en gardant un visage impassible, et elle ne put s'empêcher de remarquer le froncement de sourcils de Jack. Tandis que Mary engageait la discussion avec l'autre patiente, qui était apparemment sa tante, Jack murmura :


« Tu la connais ? »

Octavia hésita. Elle ne pouvait décemment pas mentir, pas devant l'intéressée, qui risquait de très mal le prendre si elle entendait la conversation. Cependant, Octavia n'avait guère envie de s'étendre sur le sujet ; en fait, elle n'avait envie de s'étendre sur aucun sujet avec Jack. C'est pourquoi elle répondit très sobrement, dans un souffle :

« Oui. »

Heureusement, Jack ne sembla pas vouloir insister. Il préféra plutôt remettre sur le tapis le sujet que l'arrivée de la jeune Serpentard avait momentanément écarté de son esprit :

« Bon, écoute, continua-t-il dans un murmure. J'te demande pas la lune. J'ai juste besoin qu'tu m'expliques t... »

Excédée, Octavia, tout en continuant à parler bas, coupa son ex petit-ami :

« On en parlera plus tard. »

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Ancien sorcier  

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      Tandis que Mary tendait le verre d'eau à sa tante - qui aussi rapidement qu'elle s'autorisait à le faire s'en saisit pour en vider le contenu d'une traite -, elle accepta relativement rapidement qu'elle ne tirerait rien de bien concluant de ce qui pouvait se passer à côté d'elle car nul doute il y avait sur le fait que Mrs Peters l'avait sans grande difficulté reconnue dès qu'elle s'était glissée dans la salle. Mary afficha un faux sourire compatissant envers la dame aux cheveux gris pour lui répondre d'un ton calme et avec un débit mesuré :

      "Non tatie, je venais juste d'arriver. J'ai cru que tu étais déjà réveillée. Excuse-moi de t'avoir réveillée. Comment te sens-tu ? Ca a dû être affreux cette affaire."

      Des yeux levés au ciel lui répondirent et tandis que sa tante lui rendit le verre pour le remettre à sa place, elle s'essuya la bouche avec un petit mouchoir mis à disposition sur la petite table de chevet.

      " Quand je dis que le Ministère est horriblement tolérant envers ces criminels de bas étage !"

      Il fallait dire que Mary n'avait pas tous les faits en tête encore une fois. Bien que sa curiosité la tiraillait sur les évènements qui avaient amenés de si nombreuses personnes à Sainte Mangouste, elle n'avait pas non plus envie de poser une question qui l'obligerait à rester là à entendre l'aînée divaguer pendant une heure. Dilemne, dilemne. Néanmoins, comme la fortune pouvait aller dans le bon sens, la porte de la chambre s'ouvrit pour laisser apparaître la mère la Mary, toujours affublée d'un chapeau élégant malgré qu'il soit déplacé dans un lieu pareil aux yeux de la jeune fille. Meredith Grey marcha d'un pas lent et mesuré, adressant au passage un hochement sec à l'attention de sa directrice de maison et de cet étrange compagnon. Mary retint une grimace. Sa mère, bien qu'elle eut été au courant du changement dans la direction de la maison des Serpentards, ignorait bien outre le nom ce qui pouvait lui permettre de reconnaître Mrs. Peters. Mary jeta un coup d'oeil à l'une puis à l'autre, gardant le silence tandis que sa mère arrivait enfin à son niveau.

      " Ah Margareth. Je suis soulagée de te voir avec une si bonne mine... Si ça peut te consoler, beaucoup de familles de victimes comptent faire remonter l'affaire au Ministère."

      Un ricannement sortit de la bouche de Margareth.

      " Comme si cela allait changer quoi que ce soit. Le ministère est bien incompétent et cette affaire n'y changera rien. As-tu des nouvelles de ce qui s'est passé ? J'ai un trou de mémoire absolument abjecte que je n'arrive pas à débloquer".

      Mrs. Grey jeta un coup d'oeil à sa fille et jugeant celle ci digne de rester auprès d'elles pour le moment, poursuivit la conversation comme si elle n'était pas là.

      " Apparement des contrefaiteurs. Ils ont arrêté sept suspects potentiels, dont McLiggan d'ailleurs. J'ai discuté dans les couloirs avec une connaissance. D'après ce que j'ai compris, les intentions ne sont pas très claires : cherchaient-ils à avoir leur propre buisness en revendant les contrefaçons ou cherchaient-ils autre chose ?
      - Uh. En tout cas, Sainte Mangouste ne veut pas me lâcher la grappe et je n'en peux plus de leurs potions douteuses !, se révolta la tante.
      - Tu préfèrerais avoir des effets secondaires deux jours après ta sortie ?", répliqua froidement Mrs.Grey

      Un souffle d'agaçement suffit à répondre. Pour Mary, l'affaire était très intriguante, quoiqu'encore bien floue à ses yeux. Son imagination enfantine et exacerbée imaginait des scénarios plus gotesques les uns que les autres, imaginant les coupables mangancer leur oeuvre pour des raisons elles aussi tirées par les cheveux. Elle s'était si profondement plongée dans ses pensées qu'elle avait cessé de faire attention à sa mère, sa tante, même à ces deux adultes non loin d'elle. Finalement un râclement de gorge discret la ramener parmi les vivants et Mary remarqua que sa mère ainsi que sa tante l'observaient avec une certaine distance. Recevant le message, elle leur adressa un hochement de tête. L'heure était de laisser les adultes entre eux et d'ailler vaquer à autre chose durant quelques minutes. Elle rebroussa donc chemin pour rejoindre la porte d'entrée. Il n'avait rien d'étonnant à la voir marcher plus lentement qu'à son habitude. Après tout, elle pouvait encore entendre des bribes des deux conversations avant de quitter les lieux.

Les faux facétieux  Pv 

Probablement vexé par le ton sans appel employé par Octavia, Jack Taylor se rembrunit et lui lança un regard lourd de reproches. Ce regard ne fut cependant pas intercepté par l'enseignante, qui était déjà emprisonnée dans ses divagations. Elle repensait à l'adolescente qu'elle avait été, à l'époque où tout semblait noir sans que ça ne la dérangeât ; elle repensait au temps où elle croyait que le monde s'était ligué contre elle ; elle repensait à l'hypocrisie, aux manipulations sans intérêt, aux larmes d'alors, à la nuit, aux moqueries dont elle avait été l'auteure, aux mensonges, à l'invisible, aux rires qui sonnaient faux, à la tristesse oubliée ; elle repensait aux autres, ceux d'avant, ceux de l'autre monde, qui se mentent et s'oublient, qui cherchent l'amour là où il n'y en a pas.

De l'autre côté de la chambre, la deuxième patiente discutait avec une dame, qui était probablement la mère de Mary Grey. Elles parlaient de choses banales dont Octavia se désintéressa bien vite ; la vie privée des inconnus lui semblait très rarement digne d'intérêt. Pourquoi aurait-elle cherché à connaître les autres, alors qu'elle n'était même pas certaine de se connaître elle-même ? Les deux femmes semblaient vouloir entretenir une conversation privée ; autrement dit, elles souhaitaient que la jeune Serpentard ne traîne plus dans leurs pattes. Le message était assez brutal, mais la jeune fille ne se plaignit pas et quitta les lieux en silence, en prenant bien soin de ralentir le pas lorsqu'elle arriva à proximité de Jake et Octavia. Cette dernière sourit légèrement, presque attendrie par la curiosité de son élève. Lorsque le professeur de Sortilèges s'adressa de nouveau à son ancien compagnon, d'une voix basse, celui-ci avait les yeux dans le vague.


« J'y vais. S'il est vraiment important pour toi que je te fournisse de longues et ennuyeuses explications, envoie-moi un hibou. Pendant l'année scolaire, je réside à Poudlard. Prends-soin de ta bague ; je n'aime pas me déplacer pour rien. »

Jack eut un petit rire moqueur, discret, presque caché, mais infiniment las. Dans un sourire nourri de sarcasme et d'accablement, il ferma les yeux, peut-être pour éteindre la lumière du monde, pour retrouver les ténèbres familiers, pour oublier tous les non-dits. Plus de remords, plus de regrets, plus de questions ; juste la nuit. Ces paupières closes, c'était comme pour envoyer un message à Octavia, comme pour lui dire « c'est bon, va-t-en, je suis fatigué » ; et, alors, sans la moindre peine, Octavia quitta les lieux.

Lorsqu'elle referma la porte de la chambre et se retrouva dans le couloir, la jeune femme l'air frais envahir ses poumons. Le soulagement de quitter la pièce où était Jack s'était fait plus important qu'elle ne l'avait imaginé. Ce garçon, décidément, répandait des nuées toxiques partout où il passait. À quelques mètres de là, la jeune Mary Grey avançait, et Octavia, qui marchait d'un pas rapide, la rattrapa en quelques secondes. Elle avait l'intention de quitter l'hôpital, mais c'était sans compter sur la voix de son élève qui s'éleva dans le couloir.

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Ancien sorcier  

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      Une fois la porte de la chambre close derrière elle, Mary avisa le couloir dans lequel elle se trouvait. Seule ainsi, tout lui paraissait une nouvelle fois intimidant voire désagréable. Après tout, St.Mango n'était pas le lieu idéal pour se détendre et les murs autour d'elle, vides de vie comparés à ceux de Poudlard renforçaient cette impression. Elle soupira. Elle avait devant elle une bonne vingtaine de minutes à tuer et Mary n'avait pas vraiment la moindre idée de quoi faire. Hors de question de rester planter là comme une cruche à attendre un quelconque signal de la part de sa mère. Autant se trouver une occupation et revenir d'ici peu de temps pour ne pas alerter ses proches. Si ses souvenirs étaient bons, l’hôpital proposait un accueil dans une sorte de salon de thé. Il était à espérer que ce dernier ne soit pas à l'autre bout du complexe.

      Elle prit la voie de droite, au pif et marcha à un rythme relativement soutenu. La Serpentard espérait croiser quelqu'un, n'importe qui pouvant lui indiquer le bon chemin. Malheureusement, pas une âme qui vive ne se manifesta sur sa route, probablement à cause de la période de festivité qui poussait les familles à finir leurs préparatifs de Noël avant de pouvoir s'offrir le luxe de visiter leurs proches séjournant ici. C'était bien sa veine.

      Quand elle s'arrêta à un croisement, s'apprêtant à faire un "Amstramgram", elle entendit des pas rapides derrière elle. Se retournant, intriguée, elle reconnut sa Directrice de Maison filer à travers le couloir qu'elle venait elle-même de parcourir. Celle ci, de part son pas pressé et les bribes des conversation que l'élève avait entendues n'avait pas l'air d'être au mieux de sa forme. Une once d'hésitation flottait dans son esprit : devait-elle l'interpeler pour obtenir l'aide qu'elle désirait ou devait-elle garder le silence et la laisser en paix ? Jugeant que sa question pouvait être un bon prétexte pour faire en sorte que Mrs. Peters se change les idées le temps de quelques secondes, elle emboîta le pas de l'adulte et d'une voix suffisamment forte pour être entendue prit à partie sa DDM :


      « Excusez-moi, Miss ? Pardonnez-moi mais sauriez-vous où je pourrais trouver le salon de thé ? C'est ma première fois ici alors...», demanda t-elle avec rapidité.

      Mary ne pensait pas un seul instant que sa directrice soit le genre de personne capable d'envoyer balader une de ses élèves, qui plus est une de ceux gardés sous ses ailes mais on était jamais trop prudent, d'où la rapidité avec laquelle elle avait posé sa question. Outre cela, la Serpentard espérait passer un moment, même court en compagnie de la jeune femme qu'elle respectait et appréciait pour le travail qu'elle fournissait pour le bien de sa maison chérie. Cela relevait du privilège bien sûr mais Mary était quelqu'un qui n'avait pas peur d'oser vouloir en profiter et peut-être que cette situation était l'occasion parfaite, tout en n'oubliant pas où se trouvaient les limites, bien sûr. Enfin, presque.


      "... et pardonnez-moi d'avoir interrompu, avec mon arrivée, votre conversation avec votre... mari.", ajouta t-elle d'une voix modulée.

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Tout le monde ment. Tout le monde, tout le temps, et partout. On ment à nos rencontres éphémères, à nos vieux amis, à notre famille. On enjolive la réalité, ou on l'assombrit, en fonction du besoin. Parfois, on ment pour se sentir mieux, pour faire croire qu'on est ce qu'on voudrait être ; et d'autres fois, on ment pour se protéger, ou même pour protéger ceux qu'on aime. Il y a mille façons et mille raisons de mentir. Octavia, elle, se mentait à elle-même. La vérité était trop brutale pour qu'elle puisse la supporter.

La bague n'était qu'un prétexte. Ssi elle avait juste voulu rendre ce bijou à Jack, elle s'y serait prise autrement. Elle n'avait pas besoin de rencontrer son ancien petit-ami pour cela. Si elle était venue à Sainte-Mangouste, si elle avait fait tant d'efforts pour le rencontrer, c'était parce que la dernière fois qu'elle avait vu Jack, il n'était encore que son petit-ami. Désormais, et depuis huit ans, Jack était le père de son enfant. Elle avait voulu rencontrer ce Jack-là, celui qui aurait du élever Valentine. Elle avait voulu le voir et pouvoir se dire « ah, tiens, c'est à lui que j'ai menti, c'est lui qui a une petite fille et qui n'est même pas au courant, c'est lui qui devrait avoir des responsabilités parentales et qui n'en a aucune, c'est lui qui devrait aimer Valentine comme un père, c'est lui qui aurait du me soutenir pendant ma grossesse, c'est lui qui devrait souffrir autant que moi !  » Mais non, Octavia ne s'était rien dit de tout cela, car elle n'avait pas la force d'y penser. Elle n'avait pas la force d'accepter l'horreur de la réalité. Alors, elle lui avait juste rendu sa stupide bague, et maintenant que cette action était accomplie, elle faisait semblant d'être satisfaite. Bientôt, elle transplanerait à Pré-au-Lard, puis elle retournerait à Poudlard, car elle n'avait aucune envie de passer ses vacances de Noël seule.

La question de Mary Grey la tira de ses pensées. La jeune fille lui demandait simplement où se trouvait le salon de thé. Octavia, qui vit là l'alibi idéal pour ne penser à rien d'important, s'apprêtait à lui proposer de la guider. Sauf que l'élève de Serpentard ajouta quelque chose, qui pouvait sembler n'être qu'une marque de politesse, mais qui s'apparentait davantage à une question détournée. Hypocrite, l'enseignante sourit à la jeune fille, comme pour lui certifier que la remarque ne la dérangeait pas, qu'elle n'était pas mal à l'aise, que Jack Taylor n'était pas une personne qu'elle considérait comme novice.


« En fait, nous ne sommes pas mariés, dit-elle simplement.  »

Elle n'ajouta rien à ce propos, car Mary Grey, si bonne élève qu'elle fut, n'avait pas la moindre raison d'en connaître davantage sur la vie intime du professeur de Sortilèges.

« Le salon de thé est au cinquième étage. Je peux vous y accompagner, si vous voulez. J'avais l'intention de m'y rendre aussi, de toute façon.  »

Octavia avait toujours trouvé cette Serpentard assez particulière. Elle semblait un peu plus mature que la plupart de ses camarades, et on sentait qu'elle nourrissait déjà de grands projets. Mary Grey, en fait, était une de ces élèves sur lesquelles l'enseignante s'interrogeait réellement. Elle se demandait quel genre de sorcière elle deviendrait, plus tard. Mais c'était une question à laquelle seul le temps pouvait répondre. En fait, énormément de questions ne trouvaient leur réponse qu'avec le temps.

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Ancien sorcier  

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A la réponse de sa Directrice de Maison, la Serpentard se tut. Quelque chose d'étrange persistait, la logique restait incomplète. L'homme allongé sur le lit ne partageait aucun trait physique avec l'enseignante et donc ne paraissait pas être de la famille. Qui était-il donc si non son mari ? Alors que Mrs. Peters l'invitait à suivre le chemin en direction de thé, Mary jeta un très rapide coup d’œil discret sur la main gauche de la jeune femme. Effectivement, aucune bague n'y trônait. Elle releva la tête pour ne pas la perdre de vue. Mieux valait lâcher l'affaire, elle ne tirerait rien d'autre de la situation. Un silence particulier s'était installé entre les deux Serpentard. Pas un silence gêné ou quoi que ce soit de ce genre. Plutôt un silence qui trahissait les réflexions que chacune entretenaient dans leur tête. Au bout de quelques minutes et après avoir monté les marches jusqu'au cinquième étage, elles arrivèrent dans un espace où une pancarte "Salon de Thé, espace visiteurs" annonça leur arrivée. Mary espérait s'y retrouver durant le chemin du retour.

Entrant dans la salle, elle l'observa avec attention. Des tables accueillant un nombre relatif de visiteurs occupaient l'espace. Des décorations assez simples mais élégantes montraient des portraits de magicomages célèbres mais aussi des peintures d'art de plusieurs courants esthétiques. Le tout paraissait assez simpliste mais Mary trouvait que c'était assez accueillant pour ne pas faire fuir ceux souhaitant s'y réfugier. A sa gauche, elle remarqua un comptoir. Fronçant les sourcils, elle tenta de se rappeler si elle avait encore de la monnaie dans une des poches de sa cape d'hiver. Elle glissa une main dans une de celle ci et récupéra ainsi quelques noises qu'elle avait oublié avoir.

« Ouff. J'ai cru avoir oublié ma monnaie..», marmonna t-elle plutôt à elle-même qu'en direction de sa Directrice. «Merci de m'avoir guidé jusqu'ici».D'ailleurs, elle tourna son regard vers celle ci pour voir où elle en était.

Les faux facétieux  Pv 

Le trajet d'Octavia et de Mary fut accompagné par un silence qu'aucune d'elle ne tenta de le briser. De toute façon, qu'auraient-elles bien pu se dire ? Rien de foncièrement intéressant. Il y avait de ces situations où le mutisme n'était pas vraiment dérangeant ; on sentait que ce n'était pas un de ces silences que l'on cherchait à combler à tout prix par des paroles banales. C'était un silence qui semblait fourmiller de pensées et de réflexions. Un peu comme si toutes deux marchaient en ayant oublié la présence de l'autre. Pourtant, Octavia n'avait pas oublié la présence de Mary, et lorsqu'elles arrivèrent au cinquième étage, elle se tourna vers l'élève de Serpentard et la laissa entrer en première.

La salle était sobrement décorée ; elle n'avait rien d'exceptionnel, mais des efforts avaient été faits pour donner un côté esthétique à l'endroit. Octavia s'attarda un instant sur les portraits des guérisseurs célèbres, s'interrogeant sur ce métier. Elle savait que c'était une fonction qui requérait beaucoup de qualités de la part de ceux qui l’exerçaient, telles que la patience, la rigueur et l'amabilité, et elle n'était pas sûre d'être capable de tenir deux jours en tant que guérisseuse. De toute façon, la jeune femme n'avait jamais été très tentée par ce genre d'étude, bien qu'elle vouât un profond respect pour ceux qui avaient choisi cette voie. Elle se demandait si le métier de guérisseur était plus facile à appliquer chez les moldus ou chez les sorciers ; d'un côté, les blessures superficielles étaient aisément soignables avec une potion ou un sort efficace ; mais parfois, les guérisseurs se trouvaient confrontés à des meurtrissures causées par la magie noire, qui étaient bien plus complexes à traiter.

Les deux sorcières se dirigèrent vers le comptoir et Octavia laissa son élève payer, la surveillant du coin de l’œil presque inconsciemment. Depuis qu'elle était professeur, elle avait pris l'habitude de guetter de loin ce que faisaient les étudiants de Poudlard – et particulièrement les Serpentard. Elle les gardait à l’œil pour s'assurer qu'ils ne transgressaient aucune règle, bien sûr, mais également pour être certaine qu'ils n'étaient pas dans une posture inconfortable. C'était un comportement protecteur qu'elle avait en permanence, et elle en avait à peine conscience.


« De rien, répondit simplement le professeur de Sortilèges lorsque son élève la remercia pour l'avoir aidée à s'orienter. »

Elles commandèrent – Octavia prit un thé – et s'installèrent une table. L'enseignante n'avait pas l'intention de traîner ; l'endroit ne lui plaisait pas. Elle ne laissa cependant pas transparaître son envie de quitter les lieux, et décida d'entamer une discussion courtoise avec Mary. Elles parlèrent de Poudlard, des notes de la jeune étudiante, et un peu de Serpentard. Octavia prit garde à ce qu'elles ne s'engagent pas sur un terrain glissant, et lorsqu'elle eut terminé sa boisson, elle se leva doucement en annonçant :

« Je dois y aller, Mademoiselle Grey. Je suis ravie d'avoir pu discuter avec vous. »

Elle sourit, remit sa chaise convenablement, et conclut :

« Bonne journée. »

Puis, Octavia s'éloigna d'un pas qu'elle ne put s'empêcher de rendre pressé. Elle espérait qu'en s'éloignant de Sainte-Mangouste, elle s'éloignerait de Jake et des souvenirs qui lui étaient associés. Une fois à l'abri des regards indiscrets, elle transplana.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.
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Après avoir payé sa tasse de chocolat chaud, Mary attendit que Mrs Peters reçoive sa commande. Un fois toutes deux armées, elle se trouvèrent une table et s'installèrent confortablement. Il était très étrange pour la Serpentard de se retrouver dans une telle situation : après tout, elle était encore à arpenter les couloirs de l'école pour suivre ses derniers cours du semestre, dont celui de sa Directrice de Maison. Maintenant, elles partageaient un souvenir commun, inconnu des autres poudlariens et sirotaient calmement leur boisson en discutant de tout et de rien. Ce n'était pas non plus si informel que cela, les mesures de distance restaient là et jamais Mary ne s'avançait dans des eaux troubles. L'ambiance du salon de thé n'était pas exceptionnel, sûrement dû au fait qu'il n'était pas fait pour égayer les gens. Cela expliqua peut-être pourquoi le temps passé dans ce recoin de Sainte-Mangouste était assez court. La jeune femme s'excusa auprès de la cadette, des obligations quelconques poussant Mrs.Peters à quitter les lieux en toute hâte. Mary la remercia une nouvelle fois pour la compagnie et lui adressa ses salutations. Elles se reverraient pendant les vacances qui s’annonçaient prometteuses vu que le Bal de Noël allait très vite être préparé dans la Salle de Bal.

Se retrouvant seule, elle laissa sa tasse sur la table et quitta le salon. Elle avait mémorisé le trajet en venant ici, ce qui lui permettait de ne pas trop s'inquiéter des couloirs tous terriblement identiques. Son pas n'était pas pressé même si elle se demandait si elle n'avait pas trop traîné hors de la chambre. Il ne manquerait plus qu'elle se fasse traquer par une mère furibonde. Regardant les numéros de chambre défiler, elle repéra sans trop de difficulté celui qui gardait le repos de sa tante. Personne dans le couloir. Soit sa mère était toujours prise par sa conversation avec sa sœur, soit elle était partie à sa recherche, lassée d'attendre. Mary osa espérer que la première hypothèse soit la vraie. Elle entrouvrit la porte avec précaution. Des voix féminines atteignirent ses oreilles, provoquant chez la jeune fille un léger soupir de soulagement.

Elle pénétra dans la chambre. Elle pouvait distinguer la silhouette de sa mère, derrière le fin rideau. Elle paraissait occupée à récupérer ses affaires. Bientôt elles quitteraient l'hopital pour retourner chez Mrs.Grey. Quelque chose néanmoins attira l'attention de la Serpentard, interrompant ses pas sensés l'amener auprès des membres de sa famille. La distraction provenait du lit de celui avec qui Mrs.Peters avait "conversé" tantôt. Intriguée, Mary tourna son attention vers l'homme en question.

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Jack fermait les yeux mais ne dormait pas. Il n'arrivait pas à croire que Octavia Peters était venue lui rendre visite le plus naturellement du monde, après tant d'années. Elle avait changé ; physiquement, elle faisait bien moins adolescente rebelle, contrairement à lui, qui avait gardé ce côté indomptable. Mais Jack avait également l'impression qu'à l'intérieur, tout s'était bousculé en elle ; Octavia semblait moins provocatrice, plus posée. Pourtant, elle gardait ce petit trait indescriptible, celui qui avait attiré Jack à l'époque. Vous savez, elle vous donnait l'impression de tout contrôler, mais quand on y faisait un peu attention, elle avait également l'air de patauger. Impossible de savoir si elle savait ce qu'elle faisait, si elle était maître d'elle-même, si elle avait tout planifié, ou si elle était désorientée, prête à craquer. Elle avait une assurance intimidante et la fragilité d'une branche d'arbre. En même temps.

En huit ans, Jack avait eu bien d'autres amours, et Octavia n'était plus qu'un souvenir particulièrement mauvais. Il repensait au goût amer du jour où elle l'avait laissé sans explications, juste parce qu'elle n'avait plus envie d'être avec lui. Comme si, pour elle, quatre ans ne signifiaient rien de plus qu'une amourette de vacances. Jack savait que leur relation avait été un peu immature, parfois bornée, et même insolente, mais tout n'avait pas toujours été noir. Au-delà de leurs disputes virulentes, de leurs négligences, de tout ce qui aurait séparé un couple normal, ils s'étaient aimés. Alors oui, lorsque Octavia Peters était partie sans justification, Jack avait été blessé, et avait laissé grandir une rancœur à son égard.

Il repensa à ce qu'elle lui avait dit, à propos de sa résidence actuelle ; Poudlard. Il n'arrivait pas à y croire. Avait-elle changé à ce point qu'elle avait décidé de revenir en ces lieux qu'elle avait haïs ? Jack savait à quel point Octavia avait pu détester cet endroit, et apprendre qu'elle vivait désormais là-bas l'enfermait dans un état de colère assez étrange. Il repensa également à la petite blonde, qui était venue visiter l'autre geignarde du coin. Cette gosse était-elle sous la tutelle de son ancienne petite-amie ? C'était possible.

Alors que Jack se perdait dans ses pensées, la jeune adolescente poussa la porte de sa chambre d'hôpital. Il tourna sa tête vers elle, hésita quelques secondes, puis il toussota pour attirer son attention. Apparemment pas complètement idiote, la jeune fille comprit ce qu'il essayait de faire, et elle fit demi-tour, le regardant. Jack lui fit un signe de tête, lui demandant silencieusement de s'approcher, et lorsque ce fut fait, il lui dit :


« Petite, j'ai un truc pour toi. »

Il fouilla dans sa poche et en sortit le bijou que Peters lui avait rendu. Il la tendit à l'adolescente aux cheveux blonds, s'expliquant :

« J'ai pas besoin de cette bague affreuse. J'en ferai rien. Elle t'ira mieux qu'à moi. »

Il ne pouvait s'empêcher de se dire que Peters serait probablement effarée si elle voyait ce bijou au doigt d'une de ses élèves. C'était peut-être pour ça, d'ailleurs, que Jack avait décidé de la donner à la gamine.

Sur le ciel de nos blessures je te peindrai un idéal,
Et si nous sommes cernés de murs, moi j'en ferai des cathédrales.
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Maintenant que l'occasion se présentait à elle, la verte et argent scruta, avec un regard analytique, la figure allongée. Il fallait dire que celle ci n'était pas à son meilleur état mais contrairement à d'autres hospitalisés, il ne lui manquait pas un bras. L'homme en question devait tâter la trentaine, ses cheveux bruns ne trahissant aucune trace de cheveux blancs. Son teint pâle, sûrement aggravé par les circonstances, était tiré par un air de fatigue. Mrs.Peters en était peut-être la source, mais cela n'était que pure supposition de la part de la Serpentard. Un signe de la tête insistant encouragea Mary à s'approcher un peu plus. D'ordinaire elle ignorait les inconnus, en particulier ceux qu'elle jugeait douteux. Néanmoins, le fait qu'il soit une connaissance de sa Directrice de Maison supposait qu'elle n'avait pas grand chose à craindre de l'inconnu. Elle tourna légèrement la tête en direction du lit caché de sa tante, où les voix féminines se faisait entendre puis, assurée d'être tranquille encore quelques courtes minutes, rejoignit le chevet de l'homme.

Elle écouta très attentivement l'homme, ignorant le surnom qu'il venait de lui donner. Mary était particulièrement intriguée par la démarche de l'inconnu dont elle ne saisissait pas encore l'intention. Ses yeux aciers glissèrent le long du bras de l'homme. Il cherchait quelque chose. Mary patienta, en silence. Trouvant ce qu'il cherchait, il leva lentement son poing vers la verte qui, maintenant sincèrement curieuse, attendait de découvrir la surprise. Et quelle surprise ! Une main maintenant ouverte laissait trôner, sur la paume, une bague simple mais d'une grande élégance. L'adjectif "affreuse" était bien absurde face à un objet d'une telle qualité. Cela n'avait même aucun sens. Enfin, les adultes, souvent, ne faisaient aucun sens.

Elle approcha sa propre main de celle de l'homme et l'observa y déposer le bijou. Franchement stupéfaite, elle leva sa main vers son visage, afin d'étudier le bijou de plus près. Toute cette situation était étrange. Allait-elle refuser un objet d'une telle valeur, qui pouvait être lié à sa Directrice ? Certainement pas. Elle était une Serpentard, après tout.

" Merci, Monsieur. Je prendrai soin d'y accorder l'attention qu'elle mérite. ", dit-elle d'une voix très basse, de sorte à ce que ni sa mère, ni sa tante, n'aient à entendre l'échange.

Le regard acier de Mary reposait sur celui, éreinté de l'homme encore quelques secondes puis finalement, lui adressa un signe d'adieu, sa tête penchée comme le respect l'exigeait. Des mouvements du côté de sa tante lui fit hâter son départ du chevet. S'assurant de ranger la bague dans une de ses poches, elle se détourna en silence puis rejoignit sa mère. Il était l'heure de quitter Sainte-Mangouste.