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À vos souhaits !  PV 

      C'en était trop ; tout cela durait depuis bien trop longtemps : des jours, des semaines, voire des mois ou peut-être même des années.
      Un froid matin de décembre, Wilhelm dut faire face, en se réveillant, à une grosse quinte de toux, asséchant sa gorge déjà bien déshydratée par le rhume qu'il couvait depuis la fin-septembre. Il dut s'asseoir sur le bord de son lit et eut bien du mal à attraper l'inhalateur, sa main étant tremblante et son regard encore floue. Finalement, par miracle, il réussit à l'attraper. Une fois qu'il eût tenté de calmer ses pulsations cardiaques, il commença à se maudire : il avait attendu bien trop longtemps et cela empirerait s'il ne faisait rien.
      A treize ans, il avait passé près d'une semaine à l'infirmerie : son rhume avait pris de plus en plus d'ampleur, et avait fini par devenir une crève, sa crève était devenue une bronchopneumonie. Bien qu'il sût que son métabolisme était d'une dangereuse fragilité, il ne cessait de se leurrer qu'il guérirait tôt ou tard, qu'il suffirait juste d'attendre un petit peu et de se placer régulièrement devant la cheminée de la salle commune. Triste utopie. Jamais il ne passait plus de dix minutes – même lorsqu'il se forçait – devant la cheminée ! Pour la simple et bonne raison qu'il devait attendre sans rien faire ; glander, larver, perdre son temps. Perdre son temps ! impensable aux yeux du Polonais ! Il était, certes, patient, mais à la manière qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, il ne faut pas non plus mélanger temps d'exécution duratif et lenteur ; c'étaient deux des choses que le Directeur de Serpentard ne cessait de répéter, tant à lui-même qu'aux autres.


      « AAAAAaaaaaatchaaaaa ! fut la première expression qu'il fit en voulant saluer ses élèves, après avoir enfilé sa robe de sorcier émeraude, parsemée çà et là de tissu noir. Pardon et bonjour à vous, mes Serpentard, ajouta-t-il après s'être mouché discrètement et avoir rangé son mouchoir dans une poche à présent hermétiquement fermée.
      ▬ 'Devriez aller voir quelqu'un, professeur, lui fit un minuscule élève de première année, qui avait sérieusement l'air de s'inquiéter de l'état de santé de son Directeur de Maison.
      ▬ Vous avez raison, Kinton, lui répondit-il. Une idée brillante lui vînt à la tête. Le bal se rapprochait de jour en jour et il savait exactement qui il allait invité. Il espérerait faire d'une pierre deux coups. Je crois que je vais aller chez le professeur Grayce. »

      Le jeune élève afficha une mine très surprise. Probablement s'attendait-il à ce que le professeur Heltowni se dirigeât en direction de l'infirmerie. Mais, Wilhelm ne voulait également pas déranger Mme Pomfresh avec cela ; elle en avait déjà trop entendu parler durant sa scolarité. Était-ce de la noblesse de cœur ? Nenni. Même s'il n'avait pas eu une autre idée en tête, il serait tout de même passer chez le professeur Grayce. Ce qu'il fit. Sorti de la salle commune, il n'avait qu'à bifurquer à droite, et la première porte à droite serait celle de son bureau. Il posa son oreille contre la porte, mais seul un faible son se fit entendre. Il toqua à la porte, mais avant qu'il eût pu s'annoncer...

      « AAAAAAAaaaaaaatchaaaaaaaaaaa ! fit-il, bousculant le calme pourtant installé depuis plusieurs heures. Il se reprit, cependant, en parlant par le nez : Professeur Grayce ? C'est Wilhelm... Désolé de vous avoir signalé ma présence ainsi... vous n'auriez pas quelque chose contre le rhume, par hasard ? »

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Zarbi de l'année (Magic'Awards III)

À vos souhaits !  PV 

Une fois n'est pas coutume, aujourd'hui, Erin traînait des pieds. Il était encore tôt, elle n'avait son premier cours que dans plusieurs heures et elle avait fini ses tâches de sous directrice. Alors, qu'est-ce qui pouvait bien miner ainsi son moral ? Eh bien, il s'agissait du constat sans appel que son bureau avait besoin d'être rangé. Et la jeune femme avait beau être une adulte, elle voyait l'activité ménagère toujours avec les yeux de l'enfant bordélique qu'elle avait été et qu'elle était finalement toujours : comme un vrai calvaire. Elle avait reculé le moment jusqu'à l'instant critique où ses sortilèges de maintien des piles de livres allaient se rompre, au risque de l'ensevelir sous des tonnes de papier. Elle prit donc tout son temps pour arriver devant son bureau et, résignée, finit par en ouvrir la porte en soupirant. Un coup d’œil à gauche et à droite lui confirma qu'elle était même à jour dans la correction de ses copies. En bref, aucun moyen d'esquiver sa corvée du jour.

Elle s'empara de sa baguette, visa le coin du cachot où quelques fioles étaient entassées, déclencha son geste et...


"AAAAAAAaaaaaaatchaaaaaaaaaaa !"

DIIIIINNNNNNG, BAAAAAAMMM !


Le sortilège d'Erin avait dévié lorsque la jeune femme avait sursauté et plusieurs fioles s'étalaient à présent sur le sol, répandant leur substance sur la pierre froide. Une flaque verdâtre s'étendait à présent avec quelques bulles à sa surface. Laissant tout en plan, la potionniste se dirigea vers la porte et ouvrit la porte à son collègue, lui faisant signe d'entrée. Même si l'interruption avait accentué le capharnaüm ambiant, elle était ravie d'échapper encore quelques minutes de plus au rangement. Aussi afficha-t-elle un grand sourire en balayant d'un geste de la main les excuses du jeune homme quand elle se tourna vers lui :

"Depuis le temps que vous éternuez, Will, il était temps de penser à vous soigner. Poppy aurait sûrement pu vous aider mais je dois avoir de la Pimentine quelque part. Installez-vous, le temps que je retrouve le flacon."

Erin se mit donc à la recherche du flacon temps attendu par le Directeur des Serpentard. Il était à espérer pour lui qu'il n'était pas pressé. De toute évidence, il n'était pas sur l'étagère de gauche, ni sur celle du haut d'ailleurs. Peut être dans le placard du fond ? Arf, non. Bon, réfléchissons... où pouvait bien se trouver ce maudit flacon ? Sur le bureau, au milieu des échantillons des 4ème année ? Encore raté. Bon, certes, il y avait les œuvres des élèves mais la plupart de celles qui restaient n'étaient pas de grande réussite. Et le professeur Heltowni semblait déjà suffisamment mal en point pour en plus ne pas se servir de lui comme cobaye.

Bon, la sous directrice pouvait peut-être être patiente mais ce n'était pas le jour. Et puis, il aurait été inhumain de faire attendre inutilement le pauvre Will. Surtout qu'il risquait de mettre des postillons partout. Beurk !


"Accio Pimentine !"

Le flacon atterrit rapidement dans les mains de la jeune femme qui le posa sur son bureau. Elle regarda un moment le professeur d'Histoire de la Magie, réfléchit un instant et reprit alors :

"Depuis le temps que ça dure et vu la fréquence des éternuements, je pense que huit gouttes devraient faire l'affaire. Vous souhaitez les prendre dans du jus de citrouille, du thé, du chocolat chaud ? Ou une autre boisson peut-être ?"

Erin s'installa enfin à son bureau, tentant vainement de faire un peu de place au milieu de la préparation de ses cours. Bon, c'était peine perdue mais au moins, il y avait un espace suffisant pour poser les verres et la boisson.

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À vos souhaits !  PV 

      Il n'en était pas tout à fait sûr, mais, avant que le professeur Grayce ne vînt lui ouvrir la porte, un grand sourire aux lèvres, il lui sembla avoir entendu un bruit d'éclat de verre dans le bureau de la potionniste. Sans doute était-ce le fruit de son cerveau malade, s'était dit Wilhelm. La porte s'ouvrit dans un grincement caractéristique sur la Sous-Directrice, qui balaya d'un coup de main les excuses qu'il venait d'émettre, et le fit rentrer dans son humble bureau. Avant qu'il eût pu véritablement observer la pièce au parterre de pierre, sur lequel s'étirait une flaque d'une verdâtre viscosité, elle prit la parole :

      « Depuis le temps que vous éternuez, Will, il était temps de penser à vous soigner. Poppy aurait sûrement pu vous aider mais je dois avoir de la Pimentine quelque part. Installez-vous, le temps que je retrouve le flacon. »

      Le fameux Will se gratta l'oreille dans une gêne significative. Au fond, une partie de lui-même ne pouvait nier que la Sous-Directrice était dans le vrai, mais une seconde partie tête en l'air, tête dure et caractériel disait que la jeune femme en face n'avait à lui dicter sa conduite médicale, bien qu'elle fût sur le point de le guérir. La main qui grattait l'oreille se remit dans sa position initiale et son possesseur s'avança, à la suite d'Erin, dans le bureau froid et humide qu'était celui des potions. Le jeune homme remarqua, non sans une certaine ressemblance avec sa propre personne ; visiblement, elle avait quelques petits problèmes d'ordre, comme le Directeur des Serpentard. En balayant son regard sur la pièce, le Heltowni put remarquer que des fioles avaient été brisées – c'était probablement l'origine du bruit d'éclat qu'il avait entendu quelques instants auparavant – et qu'un liquide verdâtre se répandait sur les pierres glacées du cachot.
      En détaillant un peu plus la pièce, il put observer les nombreuses potions et ingrédients qui reposaient çà et là, tantôt sur des étagères, les probables échantillons des élèves reposaient sur le bureau et avaient des teintes de toutes les couleurs. Il semblait même que la viscosité des potions n'était pas les mêmes partout ; elles pouvaient tantôt ressembler à de la boue, de l'eau ou même du goudron et Wilhelm parut légèrement inquiet en voyant que l'un des flacons était empli d'un liquide bleuâtre qui faisait des petites bulles. Il lui semblait même l'avoir vu gigoté, mais sans doute était-ce un effet de son cerveau malade. Il finit par s'asseoir, non sans s'être remémoré certains souvenirs de sa propre scolarité, qui avait débuté près de vingt ans auparavant.
      Durant cette phase d'observation, la professeure des Potions recherchait avec ardeur le fameux flacon et dut user d'un sortilège d'Attraction pour faire venir le petit flacon dans les mains de la jeune femme, qui le posa sur le bureau et fixa le professeur d'Histoire de la Magie droit dans les yeux. Elle avait l'air de l'observer, de le jauger. Finalement, elle prononça son verdict :


      « Depuis le temps que ça dure et vu la fréquence des éternuements, je pense que huit gouttes devraient faire l'affaire. Vous souhaitez les prendre dans du jus de citrouille, du thé, du chocolat chaud ? Ou une autre boisson peut-être ?
      ▬ Sans doute un thé serait-il préférable, pour la saison. Mais je vous en prie, prenez donc également quelque chose pour vous : j'ai horreur qu'on me regarde boire sans que l'observateur ne fît rien d'autre. Et si je ne suis pas allé voir Mme Pomfresh, c'est pour la simple et bonne raison qu'elle m'a bien trop vu pendant ma scolarité... Merci pour votre bonhomie. »

      Au milieu du fatras qui recouvrait son bureau, la Sous-Directrice réussit à placer les tasses ainsi que le flacon de la miraculeuse potion en face du Directeur de Serpentard, qui apporta immédiatement le liquide à son gosier – chose qu'il regretta immédiatement, étant donné que le thé était brûlant. Cachant néanmoins de justesse une larme, il souffla sur la boisson brune afin qu'elle fût buvable et la goûta par gorgée. Elle n'avait pas mauvais goût, mais on sentait tout de même que de la Pimentine y avait été ajoutée.
      Soupirant d'aise en sentant son rhume se décomposer en même temps que le récipient se vidait, il repensa au second coup qu'il comptait faire. Le moment était venu de l'amener et il n'aurait sans doute pas d'autre occasion. Prenant son courage à deux mains, et ayant l'air plus assuré qu'il ne l'était réellement, il posa la fameuse question :


      « Dites-moi, professeur Grayce... Avez-vous déjà quelque chose de prévu le 21 décembre au soir ? si cela n'est pas trop indiscret bien sûr... Je vous avouerai que... eh bien, mes petits serpents m'en voudraient pendant quelques temps si je ne vais pas au bal de fin d'année. Bref, seriez-vous encore libre à cette date ? »

      Il avait, certes, détourné la question originelle, mais il n'avait pu s'en empêcher. Un je-ne-sais-quoi l'avait empêché de tout déballer d'entrée de jeu. Cela dit, il constata, une fois qu'il eut posé sa question, que sa subtilité était restée la même et qu'il ne l'avait pas améliorée d'un iota. Il avait été brusque, il le savait, et regrettait maintenant presque de lui avoir posé la question. Se ramasserait-il un immense vent ? Il sentait son cœur s'accélérer et espéra qu'il n'avait pas oublié son inhalateur dans ses appartements...

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Du thé donc pour le Directeur des Serpentard... Sans surprise, Erin opta pour le chocolat chaud et fit aussitôt venir le tout des cuisines d'un moulinet de baguette magique. Ainsi que des biscuits dont Will aurait sûrement besoin pour faire passer le goût de la Pimentine. Car certes, le thé en neutraliserait une bonne partie de l'amertume mais pas la totalité. Et rien à faire contre ça. Les médicaments, comme disait sa grand mère, c'était fait pour soigner, pas pour être bon sinon, ça se serait su ! Ceci étant, la jeune femme attendait la suite avec une légère impatience, intriguée par le fait de voir son bureau transformé en infirmerie de fortune. Non pas que cette visite inattendue la dérangeait, bien au contraire - surtout avec le capharnaüm environnant - mais son collègue avait piqué sa curiosité. L'excuse concernant Poppy était tout aussi peu crédible, pour qui la connaissait, que si le Professeur d'Histoire de la Magie avouait être robuste à toutes les maladies qui l'entouraient. Elle était tellement prévenante que peu lui importait de voir tous les jours les mêmes patients. Il y avait donc une autre raison à sa venue tardive...

Ne quittant pas des yeux son interlocuteur qui venait de se brûler et faisait stoïquement l'air de rien, Erin porta à ses lèvres la tasse de chocolat fumant et en huma l'arôme. Quelques secondes de bonheur alors que ses papilles anticipaient déjà la suite. C'était comme le matin de Noël quand on tient son cadeau dans les mains et qu'on en regarde le papier, se délectant à l'idée de l'ouvrir et de découvrir ce qu'il contient. Sauf qu'avec le chocolat, la jeune femme n'avait jamais été déçue ! Elle ferma les yeux un instant et prit enfin une gorgée. Décidément, le chocolat, c'était la vie ! Un instant de répit dans une vie bien chargée, voilà ce que cela représentait pour la jeune femme.

Mais très vite, une odeur plus persistante se fit bientôt sentir et la Professeur de Potions en chercha un moment la source avant de repenser aux fioles cassées donc le contenant s'étalait de plus en plus sur le sol du cachot. La substance visqueuse commençait même à s'attaquer à une pile de livres qui oscillait dangereusement. Erin se leva brusquement et sortit sa baguette afin de faire place nette rapidement, sans un mot puis se réinstalla à son bureau, toujours en silence.

C'est à ce moment-là que Will se décida enfin à expliquer la réelle motivation de sa venue et, s'il fallait bien reconnaître une chose, c'est qu'il avait réussi à surprendre la jeune femme. Le bal, c'était bien une chose à laquelle elle ne s'était pas attendue. Elle n'avait d'ailleurs même pas prévu d'y aller jusqu'à cette curieuse demande. Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai. Bien sûr, elle comptait y faire un rapide tour mais c'était pour s'assurer que tout se passait bien, pas pour y manger ou bien encore danser. Mais après tout, pourquoi pas ? Un peu de divertissement ne lui ferait pas de mal et Will était sympathique. Elle aimait sa franchise et au moins ne tournait-il pas autour du pot comme certains. Les sujets de conversation ne manqueraient pas et une pause dans les soucis ne serait pas du luxe.

Erin planta donc son regard dans celui du Directeur des Serpentard, le jaugea un moment et finit par répondre d'une voix entraînante :

"Je n'avais pas prévu d'aller au bal, ni même prévu quoique ce soit d'ailleurs pour le 21 décembre mais cela me semble une excellente idée."

Restait maintenant à éviter toute ambiguïté pour ne pas se retrouver dans la situation qu'elle avait vécu lors du dernier bal auquel elle avait été à Poudlard. Elle réfléchit un moment à l'organisation dont elle avait entendu parler par les préfets et une idée surgit rapidement dans sa tête. Un sourire aux lèvres, elle ajouta donc :

"Et que diriez-vous de partager notre table avec les Professeurs Keating et Blackstorm ? J'ai cru comprendre qu'ils y allaient ensemble."

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      Un silence à peine gênant vint s'installer une foi que Wilhelm eût – d'une manière, certes, très peu gracieuse – révélé à la professeure de Potions le second but de sa visite. Notons ici l'utilisation du terme « second » en lieu et place de son terme pratiquement synonyme « deuxième ». Voyant sa supérieure cligner des yeux, il s'arracha un sourire intérieur – bien que restant aussi stoïque que lorsqu'il s'était brûlé – en se disant qu'il avait au moins réussi à l'étonner. Et par tous les caleçons les moins lavés de Merlin, cela se voyait sans peine ! A la manière de leur première rencontre à la Tête de Sanglier, des semaines auparavant, il eut à nouveau l'impression d'être analysé aux rayons X. Il serait utile de mentionner que le Polonais n'aimait guère se sentir analysé. Si cette réaction n'allait pas à l'encontre des sentiments et sensations humains habituels, elle était en revanche plus poussée chez le professeur que chez l'humain moyen. Comme bien d'autres de ses caractéristiques, par ailleurs.
      Il savait qu'il s'exposait à un risque assez élevé de se prendre un vent de la part de la Sous-Directrice, car, d'après les rumeurs qui avaient circulé, le Directeur lui-même aurait demandé à sa collègue de l'accompagner au bal. Pourtant, les rumeurs s'étaient estompées depuis un petit bout de temps, ce qui avait fait pensé à Wilhelm que tout cela ne restaient que fades ragots et murmures de couloirs intempestifs. Enfin, les lèvres du professeur Grayce se séparèrent pour que cette dernière puisse donner son verdict :


      « Je n'avais pas prévu d'aller au bal, ni même prévu quoique ce soit d'ailleurs pour le 21 décembre mais cela me semble une excellente idée. »

      Au moins, il était sauvé de devoir se lever précipitamment de sa chaise, s'excusant platement du dérangement et des dégâts causés, pour ensuite s'enfuir tout rouge dans ses appartements de Serpentard – ce qui serait une ironie absolument parfaite et vaguement poilante.
      Soupirant d'aise de la manière la plus digne et silencieuse que son origine imposait, il prit un biscuit qu'il goûta pour faire passer la Pimentine, et qu'il trouva ma foi, sinon absolument délicieux, au moins bon et très comestible. Il but une nouvelle gorgée de la potion et sentit que le goût s'était pratiquement atténué, ne résistant cependant qu'aux longues gorgées qu'il s'empêchait de faire. Toujours était-il qu'il sentait son rhume s'en allait au fur et à mesure qu'il prenait des gorgées.
      Avec un nouveau regard sur la professeure de Potions, il put remarquer qu'elle lui souriait et qu'elle s'apprêtait à briser le silence, ce qu'elle fit après avoir une énième fois jaugé de son regard marron son collègue :


      « Et que diriez-vous de partager notre table avec les Professeurs Keating et Blackstorm ? J'ai cru comprendre qu'ils y allaient ensemble. »

      Depuis quand partageait-on les tables entre les invités ? Mais, maintenant que le Directeur de Serpentard y repensait, il était vrai que la possibilité de pouvoir venir au bal à deux couples existait. Il avait par ailleurs trouvé cela assez brillant, étant donné que certains couples n'y allait pas que pour se détendre.
      A la manière dont elle l'avait jaugé quelques instants plus tôt, il planta à son tour son regard grisé dans ses yeux noisette, qui, fortuitement, pouvaient se révéler couleur chocolat suivant la luminosité de la pièce. Et à ce moment-là, les pupilles de la Sous-Directrice semblaient être composées de chocogrenouilles. Après avoir réfléchi quelques secondes, il rendit sa réponse, tout en gardant ses yeux fixés sur sa supérieure, comme un air de défi :


      « Je vous avouerai que cette caractéristique du bal m'était momentanément sortie de la tête – sans doute ma formation d'Astronomie qui me darde la tête dans la lune, ajouta-t-il dans un sourire espiègle. Néanmoins, je pense qu'il serait une bonne idée d'agir ainsi. Au moins ne serons-nous pas dérangés par nos petits ragoteurs en herbe... enfin, nous aurons sans doute moins d'yeux braqués sur nous, étant donné les rumeurs qui planent... Bref, je pense que nous ferions mieux de procéder ainsi, sans compter que je connais personnellement Jaxson depuis que nous avons euh... trois ans, me semble-t-il, détailla-t-il en comptant de tête, et que nous n'avons eu que peu de temps pour nous reparler depuis son arrivée icelieu. »

      Voici encore deux autres caractéristiques de Wilhelm assez étranges : la possibilité de faire des monologues d'une certaine longueur et l'utilisation soudaine d'expressions dont l'origine remonte probablement à l'Antiquité et qui n'avaient plus cours depuis la première moitié du dix-neuvième siècle. Sa maîtrise des langues latines, notamment le français, avait provoqué en lui une richesse de vocabulaire dont lui-même s'étonnait de temps à autres.

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L'affaire était donc faite : Erin irait au bal avec le Directeur des Serpentard ! Elle ne put s'empêcher de sourire à l'évocation des ragots. Ça oui, ils allaient sans nul doute y avoir le droit. Surtout avec les élèves les plus âgés qui l'avaient connu en temps que Directrice de la maison Gryffondor. Rien de tel que deux professeurs issus des deux maisons concurrentes allant danser pour attiser les conversations pour des semaines entières. Elle était même certaine de lire au moins un article dans l'une des gazettes de Poudlard mais peu lui importait. Depuis le temps, elle avait appris à s'y faire et même à en s'amuser. Elle se demandait même jusqu'où cela irait cette fois-ci ? Jusqu'à l'annonce d'une relation secrète entre eux ? Ou bien jusqu'à un hypothétique mariage, date à la clé ? Il faut dire que les jeunes sorciers étaient très forts pour se construire leur monde à eux, persuadés de voir dans le moindre geste des adultes la confirmation de leurs idées les plus loufoques. Et n'était-ce pas là un des plaisirs de professeur que de pouvoir assister à ce genre de rocambolesques histoires ?

La révélation de Wilhelm sur son amitié avec le professeur Blackstorm était, par contre, bien plus embêtante. La jeune femme appréciait son interlocuteur mais, concernant son ami d'enfance, c'était un autre son de cloche. Sans s'en rendre compte, son visage se ferma l'espace d'un court instant alors qu'elle se remémorait les raisons de l'inimitié entre elle et le Directeur des Poufsouffle. Elle se reprit cependant rapidement et sourit de nouveau. Après tout, c'est bien elle qui venait de faire cette proposition et c'était bien mieux que les deux hommes s'entendent bien. Au moins n'aurait-elle peut être pas à lui adresser la parole ou, du moins, le strict minimum. Après tout, elle pourrait bien donner le change l'espace d'une soirée !


"Je pense que c'est illusoire de penser faire taire nos avides de potins mais au moins, nous aurons un semblant de tranquillité pendant la soirée. Et je dois aussi reconnaître que je n'ai pas encore eu le temps de discuter avec le professeur Keating depuis sa prise de fonction chez les Gryffondor. Et vous comprenez que cette maison me tienne à cœur."

Elle avait à présent un regard espiègle, un brin provocateur. Peut être ainsi, Wilhelm ne focaliserait pas trop sur le fait qu'elle avait uniquement parlé de Melynn. Car, si elle était certaine de pouvoir tolérer la présence de Jaxson à la même table qu'elle, elle ne pourrait pas pour autant être hypocrite. Ce n'était pas dans son caractère et le professeur d'histoire de la magie comprendrait bien assez tôt de quoi il en retournait. Pour peu que son ami ne lui en parle pas avant la fameuse soirée !

"Je vois que la Pimentine commence à faire effet. Quelle merveilleuse invention que cette potion. Je plains sincèrement les moldus qui doivent affronter leur rhume sans. Ils se mouchent pendant des jours, parfois même des semaines, sans pouvoir faire autre chose qu'attendre que cela passe. Je crois que c'est une des raisons qui fait que je suis tant fascinée par les potions. Mais bon, je crois que je pourrais en parler aussi longtemps que vous des étoiles. Sauf que vous avez pour vous le fait que les étoiles intriguent tout le monde alors qu'il y a bien longtemps que je me suis faite une raison concernant les potions. Je ne vais donc pas vous embêter plus d'autant que, pour être totalement remis, il vous faut du repos."

Comprendrait-il son allusion un brin moqueuse aux moldus ? Non pas qu'elle veuille se moquer d'eux, bien au contraire. Ayant été élevée au milieu d'eux, elle faisait partie des sorciers qui avaient, pour eux, un profond respect. Mais il fallait quand même reconnaître qu'à attendre comme le faisait Wilhelm pour se soigner, il se comportait comme s'il n'avait pas de pouvoir magique et donc, aucun moyen de venir à bout de ses microbes. C'était fort dommage et un peu bête de s'imposer une telle torture. Enfin, c'était son choix et c'est pour cela que la jeune femme se permettait de se moquer gentiment de lui.

Elle termina d'une seule traite son chocolat chaud et attendit simplement que son interlocuteur en fasse de même avec son thé. Elle n'était pas pressée et ne comptait pas le mettre dehors mais la Pimentine pouvait épuiser le plus costaud des bien portants. Elle agissait comme si, en quelques minutes, toutes les phases du rhume défilaient dans le corps du malade. Et il fallait bien reconnaître que le Directeur des Serpentard n'avait pas une constitution à toute épreuve. Il allait bientôt avoir l'impression d'être passé sous le Magicobus puis le PoudlardExpress et mieux valait qu'à ce moment-là, il soit bien au chaud dans son lit.


Reducio
Fin du RPG pour moi ;)

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      « Je pense que c'est illusoire de penser faire taire nos avides de potins mais au moins, nous aurons un semblant de tranquillité pendant la soirée. Et je dois aussi reconnaître que je n'ai pas encore eu le temps de discuter avec le professeur Keating depuis sa prise de fonction chez les Gryffondor. Et vous comprenez que cette maison me tienne à cœur. »

      Vu l'état dans lequel il était, Wilhelm mit du temps à comprendre la dernière phrase de sa supérieure. Comment cela se pouvait-il qu'elle tienne plus particulièrement à une maison qu'à une autre ? Elle était pourtant Sous-Directrice et impartiale, n'était-il pas ? Les yeux à présent à moité clos, il put à peine voir le regard espiègle d'Erin Grayce. Comment cela se faisait-il qu'il fût tout d'un coup si fatigué ? Il avait pourtant dormis assez de temps pour être en forme et n'avait pas exagéré ses heures d'insomnie, bien au contraire, vu son état. Soudainement, une réponse lui vint. Si Erin avait toujours été attachée à Gryffondor, c'est parce qu'elle en avait été la Directrice pendant un petit moment. Bien sûr, c'était évident. Et la réponse à la fatigue de Wilhelm arrivait à grands pas :

      « Je vois que la Pimentine commence à faire effet. Quelle merveilleuse invention que cette potion. Je plains sincèrement les moldus qui doivent affronter leur rhume sans. Ils se mouchent pendant des jours, parfois même des semaines, sans pouvoir faire autre chose qu'attendre que cela passe. Je crois que c'est une des raisons qui fait que je suis tant fascinée par les potions. Mais bon, je crois que je pourrais en parler aussi longtemps que vous des étoiles. Sauf que vous avez pour vous le fait que les étoiles intriguent tout le monde alors qu'il y a bien longtemps que je me suis faite une raison concernant les potions. Je ne vais donc pas vous embêter plus d'autant que, pour être totalement remis, il vous faut du repos. »

      Ah bon, ça se voyait tant que ça qu'il était à bout de fatigue ? Le polonais ne l'aurait pas pensé, mais la dernière phrase de la professeure des Potions contredisait sa volonté de cacher son immense fatigue. Il se demanda s'il n'y avait pas un brin de moquerie dans les paroles de son interlocutrice, mais il n'était guère en état de comprendre s'il y en avait ou pas. Lui qui avait pourtant l'habitude d'utiliser ce langage, il fallait croire que le rhume ne l'était vraiment pas.

      « Tout le monde s'intéresse aux étoiles ? Je n'ai guère rencontré de personnes qui s'y intéressent véritablement. Après tout, vous avez bien plus d'élèves en potions après la Troisième Année que je n'en ai eu en Astronomie, n'est-ce pas ? Et puis, je ne crois pas que vous ayez déjà essayé d'engager la conversation sur les Potions avec moi. De plus, ce serait plutôt moi qui vous embête... »

      Il vida le reste de son thé d'un coup et se releva difficilement. Ses jambes semblaient prêtes à le lâcher soudainement et ses mouvements n'étaient plus correctement coordonnés. Il se dirigea vers la porte en essayant de cacher le mal qui le rongeait, posa la main sur la poignée, mais avant qu'il ne parte, se retourna vers la Sous-Directrice et termina leur conversation.

      « Merci, professeur Grayce. Pour tout. Et à très vite. »

      Il y avait dans ce merci toute la sincérité du monde. C'est elle qui lui avait ouvert les portes de son avenir en l'acceptant, avec le professeur Stoyanov de son temps, au sein de l'école. Et c'était à présent elle qui l'avait soignée, alors qu'elle aurait tout aussi bien pu l'envoyer à l'infirmerie sans se soucier de rien d'autre. Il ouvrit la porte, doucement, et la referma tout aussi discrètement pour se diriger vers ses appartements de Serpentard. Quelques heures de repos ferme s'imposaient...

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