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 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

INTRODUCTION


« À la table des Professeurs »





Dernière modification par Arseni Stoyanov le 2 septembre 2016, 14 h 41, modifié 4 fois.

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

En ce soir de rentrée scolaire, la Grande Salle était noire de monde, comme de coutume. La répartition venait de se terminer sur les acclamations retentissantes des Gryffondor, qui célébraient, à leur manière si particulière, l’entrée d’une certaine Eva Young dans leur grande et joyeuse famille. Le choixpeau magique fut retiré de son tabouret, et le tabouret expédié aux oubliettes d’un coup de baguette magique. Enfin le volume sonore diminua ; on entendit plus que les craquements des bancs, puis quelques reniflements ici et là, avant qu’un silence pesant n’accompagne les nombreux regards qui se posèrent sur le siège vide du directeur.

Dans un monde normal, le professeur Stoyanov l’aurait occupé et sous ses airs froid et inaccessible se serait levé pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux pensionnaires de l’école et un bon retour aux anciens. Il se serait ensuite tourné vers le professeur MacQuillan pour la présenter. Mais le monde avait changé. Au début du mois de juin, Arseni Stoyanov avait fui les agents du ministère de la Magie venus initialement arrêter sa collègue, le professeur Loewy, pour une bien sombre histoire dont il ressortit finalement que c’était bel et bien lui qui avait eu recours à la magie noire. Depuis, son siège de directeur était demeuré vide ; bien que le professeur Grayce assurât cette fonction dans l’attente de jours meilleurs.

Tout le monde savait que l’ancien directeur avait fui, mais personne parmi les élèves ne savaient pour quelle raison, pas même ceux dont la vie avait profondément été marquée par le soulèvement des Aurors quelques mois plus tôt. Un homme et une femme étaient spécialement là pour leur apprendre la vérité ; ou tout du moins celle du ministère, dont ils étaient d’éminents représentants. L’homme se tenait bien droit et son visage était celui d’un homme habitué à mettre ses émotions de côté quand la situation le requérait ; un homme expérimenté qui avait encore quelques belles années devant lui avant de prendre une retraite durement méritée. La femme, plus petite, et beaucoup plus jeune, arborait une importante chevelure rousse qui contribuait à rendre plus flamboyant encore son regard d’ambre.

Leur nom se perd dans les mémoires, mais voici le discours qu’ils prononcèrent derrière le pupitre aménagé sur l’estrade des professeurs :

« Au nom du ministre de la Magie, nous remercions le professeur Grayce ici présente ainsi que tous les enseignants à ses côtés pour l’admirable travail qu’ils ont abattu depuis les évènements de mai dernier. Sans eux, sans leur acharnement, cette rentrée scolaire n’aurait certainement pas eu lieu dans les conditions mises à votre disposition aujourd’hui. »

Un tonnerre d’applaudissements et des sifflets enthousiastes inondèrent la Grande Salle pour saluer la table des professeurs.

« Comme vous le savez tous, un terrible drame a secoué cette école. Des individus sans foi ni loi se sont fait passer pour des Aurors, quand ils servaient en réalité d’autres intérêts que ceux du ministère de la Magie. Intérêts qui ont toujours attaché une importance primordiale à votre bonne éducation et votre totale sécurité en ces murs. »

« Plus surprenante et déroutante a été la défection d’Arseni Stoyanov, aujourd’hui activement recherché pour meurtre et usage de magie noire. A travers nous, ce soir, c’est tout le ministère qui vous présente ses plus sincères excuses pour vous avoir exposé pendant si longtemps à la menace que représentait un homme profondément dérangé et particuliè…  »

Un étrange bruit de détonation en provenance du hall captiva soudainement l’attention générale.

« … dangereux. C’est pourquoi, afin que plus jamais une telle chose ne se reproduise, le ministère a déci… »

Des élèves se levèrent, d’autres se contentèrent d’écarquiller les yeux, mais partout les murmures s’élevèrent en voyant surgir le somptueux phénix au plumage rouge grenat du professeur Stoyanov. Feuxnoyr ( c’était le nom auquel il répondait ) vola avec grâce jusqu’à la table des professeurs où il se trouva un perchoir de choix en se posant délicatement sur l’épaule du professeur Grayce.

I'm the light in the darkness and the shadow on the ground. I'm everything... everything you ever wanted to know about silence.

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

Dans un monde parfait, Erin Grayce aurait été tranquillement installée sur son siège de Sous-Directrice, écoutant le discours du professeur Stoyanov, détendue. Elle aurait pu profiter du banquet de début d'année, en profitant pour faire plus ample connaissance avec ses nouveaux collègues. Mais la perfection n'était pas de ce monde, elle le savait depuis bien longtemps. Au moins se rassurait-elle en songeant que ce soir devrait mettre un terme à cette ambiance particulière et électrique qu'elle ressentait. Car depuis le départ de son supérieur, elle savait avec la certitude que lui conférait ses années au département des Aurors, que le Ministère ne laisserait pas passer ça sans s'en mêler. C'était donc sans surprise qu'elle avait accueilli les deux représentants, sans prêter attention à leurs noms qui ne lui importaient guère. De toute façon, ils étaient là pour passer le message qu'ils avaient savamment appris et rien d'autre.

Et voilà. Ils étaient là. S'imposant comme les maîtres du château alors qu'ils n'en étaient que des invités. S'arrogeant même le droit de parler en premier alors que cette prérogative était le droit - ainsi que le devoir - du Directeur ! Certes, il n'était plus là mais Erin était néanmoins horripilée qu'ils ne se soient pas posés plus de questions avant de prendre la parole. Ou peut-être était-ce parce qu'elle pressentait ce qu'ils allaient dire ?

C'est l'homme qui débuta le discours. Il commençait en passant de la pommade sur les professeurs et la jeune femme se contenta de sourire vaguement. Du moins, dans un premier temps. Mais elle fût rapidement touchée par les applaudissements des élèves et son sourire se fit plus franc. Au moins pendant les quelques précieuses secondes que cela dura. Mais la suite du discours la ramena rapidement à la réalité de la situation. Elle bouillonnait intérieurement, serrant ses poings fermement pour s'empêcher de réagir sur un coup de tête. C'était typique du Ministère de rejeter la faute sur un bouc-émissaire, laissant loin derrière eux la vérité. Comment avait-elle pu se fourvoyer à ce point, dans son adolescence, alors que son rêve le plus cher était de travailler pour eux, pensant que la vérité leur était primordiale ?

Mais alors que l'homme reprenait de nouveau la parole, à la suite de sa collègue, une détonation détourna l'attention d'une bonne partie de l'auditoire, Erin incluse. Les yeux fixés sur la porte d'entrée de la grande salle, elle vit avec émotion le phénix d'Arseni s'avancer vers elle. Un instant, elle espéra que son maître allait suivre, un court moment seulement. Mais lorsqu'il se percha sur son épaule, elle comprit que c'était là le signal que son ancien supérieur lui envoyait. Ils en avaient discuté, ce soir là, dans les ruines du bureau du directeur. Il était temps pour elle d'ouvrir la lettre qu'il lui avait remise presque trois mois plus tôt. Mais avant, elle était décidée à profiter de l'interruption bénite que le phénix lui avait offerte pour ne pas laisser le Ministère empoisonner l'esprit des élèves de Poudlard. Elle passa sa main sur la tête du Feuxnoyr, lui ébouriffant tendrement les plumes et inspira profondément.

Sereinement, elle se leva, laissant simplement entendre le raclement de sa chaise dans le silence oppressant de la grande salle. Elle sentait les regards rivés sur elle et y puisait son courage. Quand enfin elle prit la parole, elle était calme et ne jeta pas même un regard vers les représentants du Ministère :


"Bonjour à tous. Bienvenus à nos nouveaux élèves et bon retour aux anciens. Il est intéressant de voir les rouages du Ministère quand il s'agit de faire la lumière sur la vérité. SI je savais depuis longtemps que nos représentants n'étaient pas des plus doués pour le soutien de leurs employés en cas de crise, j'ignorais qu'il pouvait à ce point les renier quand les actions qu'ils ont faites ne leur conviennent pas. Quitte donc à offenser nos invités, sachez que le contingent d'Aurors qui était présent l'année dernier en ces murs a bien été envoyé par notre Ministère. Et si certains d'entre eux se sont fourvoyés dans des actions peu louables, je ne laisserai pas salir la mémoire de Bethany Andrews ni celle de Leona Sampredo qui ont toujours eu à cœur la sécurité de chacun d'entre nous. Tout comme le professeur Stoyanov. Il a été le plus fervent défenseur de Poudlard et ce n'est pas grâce à notre acharnement que cette rentrée a lieu mais grâce à son sacrifice."

En proie à une émotion palpable, la jeune femme s'arrêta et prit un instant pour ouvrir la lettre qu'Arseni lui avait laissé. Les mots couchés sur le papier étaient touchants mais elle s'y attarderait plus tard, dans la solitude de son bureau. Une partie se devait néanmoins d'être lue à voix haute aussi, Erin reprit :

" À cet instant et à jamais, je relève le directeur Stoyanov de ses fonctions. Et qu'à sa place, un nouvel homme s'asseye. Que devant Sir Andrew Gardner, de nouveau Poudlard se réveille."

Aussitôt, un pop sonore se fit entendre, une fois de plus dans le hall d'entrée. Tous ceux qui prêtèrent alors attention au nouvel arrivant virent un elfe de maison à la silhouette courtaude remonter l'allée entre les tables jusqu'à celle des professeurs. Vêtu d'un rouge vif et d'un monocle au verre brisé, il rappelait un peu les diplomates de la renaissance italienne, pour toute personne qui en aurait étudié l'histoire. Arrivant au terme de sa marche, sans un mot, il s'inclina respectueusement devant le corps professoral de Poudlard...

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Dites à quelqu'un qu'il y a 300 milliards d'étoiles dans l'univers et il vous croira. Dites lui que la peinture n'est pas sèche et il aura besoin de toucher pour en être sûr.
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Ancien sorcier  

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

La première rentrée de Melynn à Poudlard s'inscrivait dans une ambiance particulière. Les derniers événements en date rendaient la soirée singulière dans l'Histoire de Poudlard, n'était-ce qu'à travers le siège vide du directeur.
Mais pour l'Américaine, qui était persuadée que tout rentrerait très vite dans l'ordre et que ce genre de petits soucis étaient certainement communs par ici, ce soir était un soir de fête avant tout ! Et elle n'avait pas oublié de s'habiller en conséquence. Une robe noire, longue derrière, courte devant, venait souligner ses courbes. Elle avait passé une bonne partie de son après-midi à s'occuper de ses cheveux et de son maquillage. Ses lèvres rouge vif s'associaient avec ses cils interminables et d'une noirceur absolue. Et elle n'avait pas oublié son accessoire indispensable : un grand sourire ! Qu'est-ce qu'elle était contente de son apparence ce soir ! Jamais elle n'avait aussi bien réussi sa coupe de cheveux. C'était vraiment très beau ! Tel Narcisse, elle n'avait pas cessé de s'admirer devant son miroir avant de se mettre en route pour les festivités.
Avant que les discours ne commencent réellement, elle s'occupait en faisant connaissance avec son charmant voisin de table, Jaxson Blackstorm, directeur de Poufsouffle et professeur de Sortilèges.

Mais l'attention de chacun fut vite reportée sur le devant de la table des professeurs avec l'intervention de deux membres du ministère. Franchement, Melynn s'ennuyait. Elle pensait bien que les mots arrivant à ses oreilles n'étaient pas porteurs de vérité. Ou peut-être que si finalement. Mais elle n'en avait cure. Elle ne connaissait peut-être pas Arseni Stoyanov mais elle lui accorderait sa confiance certainement plus facilement qu'à n'importe quel membre du ministère. Elle n'aimait pas ce genre d'institution autoritaire. Ça lui venait certainement de sa jeunesse, durant laquelle Melynn était souvent raccompagnée par la police moldue jusque chez ses parents après avoir fait le mur.
Ces deux personnes continuaient donc de parler tandis que Melynn faisait discrètement des grimaces vers les Serdaigles afin d'en faire rire deux ou trois pour les occuper et ne pas les laisser se faire endoctriner par ces deux invités.
Un bruit venant du hall attira ensuite l'attention de tous. Un phénix arriva dans la grande salle pour se poser sur Erin Grayce ! C'était pas banal. Mais se doutant qu'il ne s'agissait pas là d'un numéro prévu pour amuser la galerie, le nouveau professeur de Métamorphose se demandait bien ce qui pouvait se passer. Arseni Stoyanov était-il animagus ? Un nouveau retournement de situation ? Ce serait incroyable ! Ou alors, il appartenait simplement à sa collègue. En tout cas, Melynn ne pouvait détacher ses yeux de l'animal. C'était la première fois qu'elle voyait un phénix ! C'était magnifique !

Erin se leva ensuite pour prendre la parole. Elle avait réussi à attirer tous les regards en laissant le silence s'oppresser pour mieux faire résonner ses paroles. On ressentait forcément une certaine tension dans le discours de la sous-directrice, ainsi qu'une pointe d'émotion. Melynn avait du mal à se mettre à la place de sa collègue, elle n'était pas aussi impliquée qu'elle même si elle savait en gros ce qu'elle avait enduré. Mais l'Américaine oublia bien vite sa compassion lorsqu'Erin annonça la venue d'un nouveau directeur : Sir Andrew Gardner.
Une nouvelle fois, tous les regards se tournèrent vers le hall d'où un bruit s'était à nouveau fait entendre. Et quelle ne fut pas la surprise de chacun de voir apparaître un elfe de maison, tout de rouge vêtu. Un grand sourire apparut de nouveau sur le visage de Melynn Keating, imaginant la suite ! Était-ce réellement le nouveau directeur de l'école ? Elle espéra plus que tout que la réponse était oui ! Elle était ravie de voir arriver une telle personne à un poste si important ! Melynn aimait l'originalité ! Là, elle était donc servie ! D'autant plus qu'un homme avec un tel sens du style, aussi classe que peu banal, très italien, ne pouvait que bien assurer ses fonctions.
L'elfe arriva donc jusqu'à la table des professeurs et s'inclina devant eux. Melynn, toujours assise, lui adressa un sourire sincère avant de le saluer en retour en inclinant légèrement sa tête.
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Ancien sorcier  

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

La rentrée tant attendue était enfin là. Loin de effervescence qui régnait dans Poudlard, Keegan s'était isolé autant qu'il était possible quand vous ne vivez pas seul dans votre tête. Il ne pouvait se permettre de se laisser gagner par l'ambiance pesante au risque de perdre le fragile contrôle qu'il gardait encore sur ses diverses personnalités. Mais force lui était de constater que dans le cadre particulier d'une école de magie, il avait bien plus de mal que lors de ses expéditions au fin fond de la nature. Il avait donc passé une bonne partie de son été à observer les étoiles pour peaufiner son programme et il était fin prêt. Même impatient de rencontrer ses élèves et de leur proposer l'étude des astres avec son approche si particulière qui en déstabiliserait sûrement plus d'un. Il faut dire que les Maoris en avaient une approche bien à eux et que leur culture coulait en lui, fier représentant de son héritage paternel.

Et voilà qu'il était maintenant tranquillement installé à la table des professeurs. Et il goutait à la cérémonie comme seul un étranger pouvait le faire. C'est qu'il en avait souvent entendu parler de cet étrange choixpeau magique qui répartissait les élèves dans leur maison respective. A Wellington, il n'y avait pas ce partage. Les élèves logeaient dans des dortoirs selon leur âge et suivaient les cours ensemble. Un peu, avait-il compris, comme dans les grandes écoles d'études supérieures moldues. Ainsi, étaient-ils répartis par promotion et non selon des qualités permettant de déterminer l'appartenance à une maison. Il était donc aussi excité et enthousiaste que les élèves de première année, prêtant bien évidemment un œil un peu plus attentif aux jeunes sorciers affiliés à la maison Serpentard.

Mais déjà la dernière élève courrait s'installer sur les bancs de la table des Gryffondor et les représentants du Ministère s'étaient avancés, résolus de toute évidence à prendre la parole. Sûrement voulaient-ils expliquer les évènements dont Keegan n'avait fait qu'entendre parler. Certes, Arseni Stoyanov l'avait quelque peu brieffé à son embauche mais il n'avait pris la mesure de l'attaque que bien plus tard, quand il avait senti l'électricité dans l'air du château. Et de façon parfaitement compréhensive, les professeurs qui avaient vécu les tragiques évènements n'avaient pas souhaité en parler ou n'en avaient pas eu le temps. Résultat, Keegan nageait dans une épaisse mélasse, ce que Andy, sa personnalité toujours avide de tout savoir et de tout maîtriser détestait au plus haut point ! Il écouta donc avec une grande attention mais le discours des deux représentants sonnait faux. On avait l'impression qu'ils récitaient un discours savamment appris mais sans en comprendre le sens. Pire, ça n'avait vraiment aucun sens. Arseni Stoyanov n'aurait jamais pris le temps d'embaucher de nouveaux professeurs s'il n'avait pas eu à cœur l'intérêt de l'école. Non vraiment, ça n'avait pas de sens.

Mais, alors que la cérémonie semblait se déroulait sur le scénario du ministère, un bruit sourd se fit entendre dans le hall d'entrée et un phénix vint se poser sur l'épaule d'Erin Grayce. Voilà qui était bien étrange mais qui semblait être le signal que la sous directrice attendait. Elle se redressa et sans même jeter un regard aux deux acolytes ministériels qui semblaient abasourdis par l'apparition, elle prit la parole. Chacun de ses mots semblaient les assommer un peu plus, comme un adversaire de tennis qui ne se prendrait que des aces. Gaël esquissa un sourire avant que Keegan reprenne le contrôle de son esprit et reprenne une allure la plus neutre possible. Un recoin de ses lèvres restait néanmoins légèrement relevé simplement parce que le discours de sa supérieure le satisfaisait bien plus. L'image qu'elle donnait d'Arseni Stoyanov convenait mieux à l'idée qu'il s'en était fait. Elle annonça ensuite le nom du nouveau directeur de Poudlard et un elfe fit son apparition. C'est ce moment-là qu'Amélia choisit pour faire de nouveau des siennes, comme à son habitude hélas :


"Oh, comme il est mignon. C'est le nouveau directeur ?" chuchota-t-elle.

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Cela faisait maintenant trois mois qu'Isabel Almeida était arrivée à Poudlard. A peine avait-elle posé les pieds dans l'école que ses supérieurs l'avaient rapidement briefée sur les événements passés, avant que le Directeur ne s'enfuit sous ses yeux et ceux du corps professoral ainsi que de quelques membres du Ministère. Puis les grandes vacances étaient arrivées, et la jeune femme avait pu calmement faire le point sur ce qui s'était déroulé à Poudlard. Un élève tué, des Aurors aux intentions plus que douteuses, et des morts. Trop de morts. Des professeurs qui quittent les lieux face à tout ce remue-ménage, et voilà comment Isabel s'était retrouvé à enseigner les Soins aux Créatures Magiques dans l'école de son enfance. Bref, un beau bordel.

Mais un nouveau jour était arrivé, et une nouvelle année scolaire débutait par la même occasion. Tous assemblés dans la Grande Salle, la répartition des premières années touchait à sa fin, sous le regard ému d'Isabel qui avait l'impression de revenir presque dix-sept ans en arrière, quand elle-même avait dû s'orner du Choixpeau avant d'être envoyée chez les Serdaigle.
A la table des professeurs, une place, et non des moindres, restait vide. C'est là qu'aurait dû siéger Arseni Stoyanov. Mais il n'était plus là, une page était tournée. Les yeux posés sur cet espace vide, la jeune femme regarda ensuite Erin Grayce, puis tour à tour ses nouveaux collègues qu'elle n'avait pas vraiment eu l'occasion de rencontrer depuis le retournement de situation de juin dernier. Seul un visage, celui d'une femme, lui était totalement inconnu. Sûrement un nouveau professeur. Encore.

Le brouhaha de la Grande Salle se calma soudainement, et Isabel chercha la raison de ce changement d'atmosphère. Deux membres du Ministère, qu'elle avait aperçu un peu plus tôt dans la soirée, s'avancèrent face aux élèves, là où le Directeur aurait dû tenir son habituel discours de bienvenue. S'en suivit quelques paroles qu'Isabel écouta attentivement. Dans un autre contexte, elle aurait souri, applaudi face à ce discours bienveillant, et aurait approuvé d'un mouvement de tête chaque mot prononcé. Mais suite à ce qu'elle avait vécu dans l'infirmerie, et à tout ce qu'elle avait appris sur l'année passée, un déclic s'était produit. Élevée dans le plus grand respect du Ministère par ses parents, Isabel savait désormais que cette institution n'était plus aussi blanche qu'elle le prétendait. Le professeur était devenue méfiante, et attendait de se faire sa propre opinion. Opinion qui ne tarda pas à virer d'un côté lorsque le sujet Arseni Stoyanov arriva sur le tapis. Dans leur bienveillance presque surfaite, les membres du Ministère s'excusèrent d'avoir laissé l'école entre des mains si dangereuses. Sceptique, il suffit à Isabel de tourner son regard vers la Sous-Directrice et ses poings étrangement serrés pour comprendre que ces belles paroles n'étaient pas le reflet de ce qui s'était réellement déroulé à Poudlard.

En plein milieu du discours, les portes de la salle s'ouvrèrent, et un imposant et magnifique oiseau rouge vola jusqu'à l'épaule d'Erin Grayce.


« Oh mon... » ne put s'empêcher de dire Isabel à voix basse.

Pour une passionnée de créature magique comme elle, cet oiseau n'avait presque aucun secret. Un phénix. Un vrai, là, à quelques mètres à peine d'elle, bien vivant ! En quasiment vingt-huit ans, Isabel n'avait encore jamais eu la chance de voir un phénix de ses propres yeux. Cet animal devenait de plus en plus rare, et si la rumeur selon laquelle le Directeur de Poudlard - ou plutôt l'ancien – en possédait un était parvenue à ses oreilles, jamais elle n'aurait cru pouvoir le rencontrer aussi vite. Fascinée par cette vision, la brésilienne suivit ce plumage rouge feu des yeux, en même temps que la Sous-Directrice se déplaçait afin de prendre la relève du discours.
Se forçant à détourner son attention, Isabel tenta d'écouter le plus attentivement le discours de sa supérieure. Un fin sourire en coin s'étendit discrètement sur son visage à l'entente de ces paroles qui rétablissaient quelques détails omis – volontairement ? - par les deux membres du Ministère. Les élèves devaient savoir.
Puis enfin vint l'annonce qu'Isabel attendait depuis maintenant quelques semaines. Qui donc allait prendre la tête de l'école maintenant que son ancien Directeur était parti ? Andrew Gardner, tel était son nom. Un pop retentit, attirant l'attention de toute les personnes présentes, et un petit elfe fort bien vêtu traversa l'allée et se rendit devant la table des professeurs, qu'il salua avec la plus grande politesse.
Hormis quelques chuchotements, un long silence s'installa. Isabel, confuse, regardait à tour de rôle ce petit Elfe de Maison et Erin Grayce, cherchant à comprendre le pourquoi du comment, et ce qui pouvait bien se cacher derrière la venu de cette créature.

[En congé maternité pour toute l'année scolaire 2043-2044]
Professeur de Soins aux Créatures Magiques.

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      Ce soir-là, l'atmosphère était lourde dans la grande salle de Poudlard. Toutes et tous avaient encore les événements de la fin mai en tête, événements qui avaient provoqué les départs précipités de plusieurs professeurs, dont le Directeur Stoyanov qui, après avoir révélé une partie de l'affaire, s'était enfuit en beauté, laissant derrière lui des membres du Ministère médusés et des professeurs satisfaits que leur collègue Kristen Loewy allait pouvoir profiter de sa convalescence, et qu'Arseni ne se fasse pas capturer alors qu'il avait sauvé l'école entière d'employés dont le Ministère avait perdu le contrôle. Car si un ou plusieurs sortilèges impardonnables avaient été utilisés cette nuit-là, tout du moins avaient-ils permis de ne faire aucune victime du côté des attaqués. Et c'est ce qui satisfaisait Wilhelm Heltowni ; il n'avait jamais supporté la paperasse administrative du Ministère de la Magie et, bizarrement, ce n'était jamais de la faute de ces derniers si leurs employés devenaient incontrôlables, non, Messieurs, Dames !
      Par ailleurs, deux hauts-placés du Ministère –– dont Wilhelm n'avait pas entendu le nom, ayant bâillé à ce moment-là pour signifier qu'ils n'étaient guère les bienvenus –– était spécialement venus à Poudlard ce 1er septembre pour expliquer aux élèves la vérité sur ce qu'il s'était passé lors de cette fameuse nuit. Tout du moins, était-ce la vérité diplomatique, car le Directeur des Serpentard tiqua lorsqu'ils parlèrent d'Arseni Stoyanov comme étant un homme dangereux et murmura à Keegan, assis à sa gauche :
« Ils l'auraient réprimandé s'il n'avait rien fait. Dans tous les cas, ils s'en sortent, mais leurs explications ne convainquent pas tout le monde... regardez la Sous-Direc...  ». Mais, il n'avait pas eu le temps de terminer sa phrase. En effet, une détonation se fit soudainement entendre, et le professeur Heltowni se leva pour regarder de quoi il s'agissait, n'écoutant pas le reste de l'hypocrite discours des représentants du Ministère.

      Ses yeux de lynx parvinrent à distinguer un plumage d'un rouge exquis, deux ailes majestueuses, une longue queue qui virevoltait au rythme du battement d'ailes et un fin bec légèrement recourbé. Plusieurs élèves s'étaient également levés pour mieux admirer l'oiseau fantastique qui approchait de la table des professeurs, et c'est en plein milieu d'une phrase d'un des deux représentants –– Wilhelm n'en avait cure de savoir que l'homme et la femme ne pourraient rapporter à leur travail qu'ils avaient réussi à entourlouper la jeune génération –– qu'il choisit son moment pour crier une magnifique évidence :


      « Par Merlin, c'est un phénix ! »

      Puis Wilhelm se rassit, l'oiseau étant à présent posé sur l'épaule du professeur Grayce, qui assurait l'intérimaire. Cette dernière caressa doucement la créature avant de se lever et de prononcer un discours que le professeur approuva en hochant régulièrement la tête. Elle confirmait ce qu'il avait murmuré à Keegan, c'était au moins un côté positif et les agents n'osaient même plus ouvrir leur grande bouche pour contredire la maîtresse des Potions, sachant parfaitement que ce qu'elle disait n'était outre que la pure et simple vérité. Puis, vint ensuite le moment solennel où le professeur Stoyanov fut relevé de sa fonction directoriale, immédiatement succédé, comme la tradition française de l'Ancien Régime l'eût voulu, par un certain Sir Andrew Gardner, un bon anglais bien de chez nous, ma p'tite dame !
      Cependant, ce ne fut pas l'homme grand et majestueux que le trentenaire s'imaginait qui apparu mais, à la suite d'un pop sonore, un Elfe de Maison qui fit bondir le brun, tant la créature semblait tout droit sorti du Quattrocento. C'est à ce moment-là qu'un grand moment de solitude surgit :


      « Oh, comme il est mignon. C'est le nouveau directeur ? »

      Le nouveau professeur de Serpentard, Keegan Shea, venait de se faire retourner Wilhelm en sa direction, lequel avait ses yeux gris écarquillés et avait essayé de poser son coude sur la table, qu'il manqua et failli basculer vers l'avant, se rattrapant in extremis en plantant ses ongles immaculés aux coussins d'émeraude des accotoirs de son siège.

      « Euh... vous êtes sûr d'aller bien, professeur Shea ? demande le Directeur de Serpentard, s'inquiétant véritablement de l'état de son collègue. Quoique... ajouta-t-il en se remettant en place dans son fauteuil, un sourire en coin, et regardant l'étrangeté s'incliner, un Elfe... Cela pourrait être aussi intéressant qu'original... »

Ami des Centaures de la Vieille Forêt
Zarbi de l'année (Magic'Awards III)
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Ancien sorcier  

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«Gryffondor» s’exclama le choixpeau magique aussitôt récupéré par la sous directrice. Il termina son travail annuel sous les acclamations des nombreux élèves de l’école qui célébraient l’arrivée de nouveaux jeunes dans leur maison. Jaxson vivait en ce premier septembre, sa première répartition en tant que professeur et directeur de Poufsouffle. Il avait regardé avec grande attention les élèves qui enlevaient le choixpeau pour se rendre à la table des Poufsouffle en essayant de mémoriser leur tête ce qui était dans son cas assez aisé du fait que sa mémoire eidétique lui permettait de se souvenir avec une précision plus ou moins importante de choses et d’autres. Tout en jetant des coups d’œil rapides aux élèves, Jaxson conversait avec sa ravissante voisine, directrice de Serdaigle. Contrairement à lui, elle avait opté pour une tenue de soirée plutôt qu’une robe de sorcier. Jaxson était, quant à lui, vêtu d’une robe de sorcier noire d’un bout à l’autre avec des boutons en couleur or.

Alors que le tabouret disparut, Jaxson remarqua deux personnes qui ne pouvaient être que du ministère se rapprocher du centre de l’estrade pour commencer leur discours que Jaxson savait entièrement faux. Il n’eut pas besoin d’en entendre beaucoup pour comprendre que le ministère voulait que les élèves pensent qu’ils étaient les bienfaiteurs de leur éducation. Mais il n’avait plus confiance en eux depuis plusieurs années et ne prit même pas la peine de faire semblant d’être poli et s’aperçut rapidement qu’il n’était pas le seul. Devant lui, il aperçut quelques Serdaigle retenir des rires et en suivant leurs regards, il découvrit la source de tout cela. Sa collègue de métamorphose s’amusait à faire des grimaces aux élèves et il ne put s’empêcher de sourire à son tour. Mais c’est alors qu’un bruit se fit entendre dans le hall accaparant l’attention du plus grand nombre. Quelques secondes plus tard, un élégant et majestueux oiseau fit son entrée dans la salle et Jaxson reconnut aussitôt cet oiseau, ce n’était autre qu’un magnifique phénix. Il ne savait pas à qui il appartenait mais il avait toujours été fasciné par ces créatures qui avaient un pouvoir extraordinaire. Rapidement, il alla se poser sur l’épaule d’Erin qui, après quelques secondes, se leva pour se placer en face des élèves.

En la voyant agir ainsi, la conscience de Jaxson ne pu s’empêcher d’exprimer sa joie, les membres du ministère étaient ainsi contraints de la laisser parler. Malgré tout, Erin restait la même et la rancœur de Jaxson envers elle était n’avait pas changé. Il lui en voulait encore pour beaucoup de choses mais en revenant à Poudlard, il savait à quoi s’attendre avec elle et s’était promis d’éviter les conflits même si cette promesse était loin d’être la plus simple. Elle prit alors la parole et commença un discours de bienvenue des plus déplorables pour les employés du ministère. Malgré lui, Jaxson se mit à sourire de toutes ses dents mais là encore, son sourire disparu, remplacé par un hoquet d’étonnement. Après qu’Erin ait ouvert une lettre annonçant le nouveau directeur de Poudlard, une personne transplana dans la Grande salle.

Jaxson fut, dans un premier temps, surpris que quelqu’un puisse transplaner dans l’enceinte du château mais il comprit pourquoi en découvrant un elfe de maison. Il fut donc, après cette découverte, surpris de voir un elfe de maison s’avancer vers eux après l’annonce de la sous-directrice. Il savait pertinemment que les elfes de maison étaient, pour la majorité, libres mais ne s’était, en aucun cas, attendu à en voir un occuper un tel poste. Personne n’avait confirmé qu’il était bien ce M. Gardner mais Jaxson n’était sûrement pas le seul à se poser des questions. En le voyant s’approcher, Jaxson se rappela alors l’elfe de maison que ses parents avaient eu pendant quelques années. Ils avaient tous les deux cet air savant bien que celui de ses parents portait un vieux drap en guise de vêtement. Arrivé devant eux, l’elfe s’inclina et Jaxson lui répondit d’un signe de tête attendant les réponses à ses nombreuses questions.
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Ancien sorcier  

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

Cela faisait à peine quelques heures qu’Alexis MacQuillan était arrivée à Poudlard et l’excitation qu’elle avait connu il y a de ça plusieurs années était de nouveau au rendez-vous. Certes elle n’allait pas l’exprimer comme lorsqu’elle était encore une enfant, mais l’envie y était quand même et le fait de garder son calme était, disons, assez difficile. A peine avait-elle mit un pied dans le château qu’elle s’était revue en première année, courant comme une folle furieuse dans les couloirs avec le peu d’amis qu’elle avait réussi à se faire… Chassant les souvenirs de son époque au château de ses pensées, elle s’était dirigée vers le bureau de celle qui devait lui faire signer son contrat, plus communément appelée Erin Grayce, sous-directrice de Poudlard et, accessoirement, professeure de Potion. Tout de même, Alexis avait été étonnée de devoir aller chez cette femme pour cela, plutôt que chez le directeur.

Une fois le contrat signé, la nouvelle professeure de Botanique se permit de questionner la sous-directrice à propos du directeur et quelle ne fût pas sa surprise quand elle apprit que le directeur du château avait été contraint de fuir Poudlard pour échapper au ministère car il avait défendu le château et ses habitants. Bon, d’accord, elle ne l’avait pas vraiment dit comme ça, c’était un peu plus compliqué, mais le principal était là. Poudlard se retrouvait désormais sans directeur.


La nouvelle professeure de Botanique se trouvait maintenant assise à la table des Professeurs, regardant avec attention la fin de la répartition des premières années. Elle avait été affilé à la maison de Gryffondor, la même que lorsqu’elle avait été élève, et c’était donc de son devoir, d’après elle, de regarder et de mémoriser les visages qu’elle allait croiser quasiment tous les jours. Une fois la répartition terminée, le Choixpeau fût rangé ainsi que le tabouret où il se tenait, et deux personnes s’avancèrent, prenant la parole. D’ordinaire, d’après les souvenirs d’Alexis, c’était le directeur qui prenait la parole à la fin de la répartition, et elle aurait mit sa main à couper que cela aurait dû être le travail de la sous-directrice, au vue de la situation où se trouvait en ce moment-même le château. A peine commencèrent-ils leur discours que la jeune femme cessa directement de les écouter. Ils parlaient, évidement, de l’ancien directeur de Poudlard et de ce qu’il s’y était passé quelques mois plus tôt. Alexis n’avait rien à voir avec cela, et d’après ce qu’elle avait retenu de ce qu’Erin Grayce lui avait dit à propos de l’ancien directeur, il ne valait mieux pas écouter ce que ces deux personnes avaient à dire dessus. Ils contredisaient forcément ce que la sous-directrice lui avait dit. Elle continua donc de mémoriser quelques visages de Gryffondor. Mais d’un coup elle fut interrompue, ainsi que les membres du ministère, par une détonation provenant du hall d’entrée.

Un magnifique phœnix entra dans la grande salle et se posa délicatement sur l’épaule de la sous-directrice qui se leva et entama un discours, dévoilant le nom du nouveau directeur de Poudlard. A peine eut-elle terminée son discours, qui nouveau bruit se fit entendre, laissant place à un elfe de maison aux vêtements rouges vifs et arborant un magnifique monocle brisé. L’elfe avança jusqu’à la table des professeurs et, une fois devant, s’inclina. Etait-ce le nouveau directeur de Poudlard ? Serait-ce une première dans le château ? Inclinant légèrement la tête en guise de réponse, elle laissa échapper ces quelques mots :


« Ca c’est le Poudlard que j’aime…»

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

La rentrée des classes à Poudlard allait, cette année, s'avérer très particulière. Rien ne semblait être à sa place, et le professeur Loewy se trouvait très mal à l'aise. La Grande Salle accueillait comme tous les ans de nouveaux élèves, impatients de passer sous le Choixpeau, qui décidait à lui tout seul plus ou moins de l'avenir scolaire de chacun. Au fond de la salle, perpendiculaire aux tables de chaque maison, se dressait la table des professeurs. Le grand siège du milieu, c'est-à-dire celui où aurait dû se trouver Arseni Stoyanov, était vide. Logique, finalement, puisqu'il n'y avait plus de directeur depuis la fuite du dernier. Pendant que les agents du ministère faisaient leurs discours, Kristen ne pouvait que fixer sa fourchette et passer ses doigts dessus, les faisant aller et venir tristement. Elle écoutait les mensonges de ces gens avec un certain dégoût. Son attention migra définitivement de sa passionnante fourchette aux agents du ministère une fois que ceux-ci parlèrent de l'ancien directeur.

« Plus surprenante et déroutante a été la défection d’Arseni Stoyanov, aujourd’hui activement recherché pour meurtre et usage de magie noire. A travers nous, ce soir, c’est tout le ministère qui vous présente ses plus sincères excuses pour vous avoir exposé pendant si longtemps à la menace que représentait un homme profondément dérangé et particuliè… »

Un ''boum'' provenant du hall coupa la parole de ce très cher détenteur de la vérité absolue sur les tragiques "événements" qui s'étaient déroulés à Poudlard. Kristen ouvrit de grands yeux en direction de l'endroit d'où semblait venir, tandis que déterminé à achever son discours, l'agent du ministère poursuivait :

« … dangereux. C’est pourquoi, afin que plus jamais une telle chose ne se reproduise, le ministère a déci… »

Le ministère de la magie devenait de plus en plus, pour Kristen, une institution tout à fait scandaleuse et remplie de fausseté immonde, vouant un culte aux bonnes apparences et au politiquement correct, crachant ainsi sur la vérité telle qu'elle était et accordant une plus grande importances aux vraisemblables méfaits d'autrui, tentant ainsi de masquer maladroitement ses propres défaillances. Il ne leur manquait plus que des affiches de propagande : "Le Ministère n'y est pour rien, vivez heureux et en sécurité" et la blague aurait eu la meilleure chute de tous les temps. Le professeur Loewy ne daigna pas accorder le moindre regard à ces représentants sacrés de l'Institution suprême des sorciers d'Angleterre.

C'est alors que Feuxnoyr apparut dans la pièce. Cette image ne manqua pas de rappeler au professeur la scène de la bataille qu'elle avait vécue aux côtés du professeur Field, dans la salle de bal, quelques mois plus tôt. Kristen esquissa un léger sourire, alors que le phénix du professeur Stoyanov se posait sur l'épaule de la sous-directrice, Erin Grayce. Comme si le phénix lui avait lui-même accordé la parole, Erin se leva et prit la parole. La pièce, jusqu'alors plongée dans la sottise profonde des agents du ministère, parut s'illuminer d'une formidable intelligence. Le professeur de potions s'empressa de rétablir la vérité sur les ''événements'' qui avaient plongé l'école dans le chaos quelques mois plus tôt. Kristen admirait beaucoup sa collègue. C'était quelqu'un de courageux qui ne laisserait pas salir la mémoire de ceux qui ne le méritaient pas.


« À cet instant et à jamais, je relève le directeur Stoyanov de ses fonctions. Et qu'à sa place, un nouvel homme s'asseye. Que devant Sir Andrew Gardner, de nouveau Poudlard se réveille. »

Ainsi, ils allaient enfin découvrir le visage du nouveau directeur. Un ''pop'' se fit entendre dans le hall, et quelques secondes plus tard, un elfe de maison vêtu comme un lord se tenait devant les professeurs. Il s'inclina devant eux. Kristen sourit poliment et baissa un peu la tête, ne pouvant s'empêcher d'interroger tout de même du regard ce nouveau venu. Elle entendait certains de ses collègues chuchoter, mais elle se contenta, quant à elle, d'attendre la suite des événements.

Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au cœur.

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

Grimmey n’était pas n’importe quel elfe de maison. Son niveau d’instruction dépassait de très loin la normale, même chez les sorciers. Il devait cette éducation à un homme, un seul. L’homme qu’il était justement venu introduire aux yeux de tous et qu’il comptait bien épauler dans sa difficile tâche. Aussi, avec un soin tout particulier, marqua-t-il une légère inclinaison du buste et baissa la tête en s’arrêtant au pied de l’estrade.

« Grimmey salue les seuls et véritables défenseurs de Poudlard, déclara-t-il à l’intention de la table des professeurs, avant de se redresser et de sourire aux professeurs rattachés à la maison Serpentard. Grimmey est désolé de vous décevoir messieurs Shea et Heltowni, si ses yeux ne l’abusent pas ; Grimmey n’est que le messager du professeur Gardner. Ce dernier m’envoie vous dire qu’il vous présente ses plus sincères excuses, pour ne pas s’être encore présenté à vous. Il ne tardera pas trop, il vous le promet. »

Son regard dévia ensuite vers les porte-parole du ministère de la Magie à qui il adressa des salutations plus sommaires : un simple et très léger hochement de tête à chacun, quand bien même il ne les jugeait en rien responsable de ce qu’ils étaient venus proférés en mensonges et en bêtises.

« Grimmey est navré, mais le professeur Gardner m’envoie vous dire que la parole du ministère de la Magie n’est plus tolérée entre ces murs, leur signifia-t-il en sortant un parchemin de son petit manteau. Poudlard n’est plus placé sous la protection du ministère. Le ministre Vanberg l’a signé il y a quelques secondes de sa propre main, tenez… »

Il se hissa sur l’estrade à la seule force de ses petits bras, se remit debout en époussetant ses vêtements et en ajustant son monocle, puis tendit le parchemin aux porte-parole du ministère.

« Le domaine de Poudlard a été rattaché aux terres de la Couronne. La princesse Elizabeth d’York, le professeur Gardner, et son corps professoral, sont désormais les seules personnes autorisées à statuer sur l’avenir de cette école. »

Une nouvelle agitation parcourut les quatre tables derrière lui. Grimmey sourit encore une fois, devinant que sa déclaration n’était pas la seule raison de tous ces murmures.

« Mesdames, et messieurs, voici Sir Andrew Gardner. Nouveau directeur de Poudlard et professeur de divination. »

I'm the light in the darkness and the shadow on the ground. I'm everything... everything you ever wanted to know about silence.

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

Les chuchotements étaient si nombreux que la Grande Salle se couvrit finalement d’un joyeux brouhaha au moment où Andrew Gardner apparut enfin dans la vaste entrée. Il s’agissait d’un grand homme, habillé à la mode moldue (en attestait son beau costume bleu nuit) dont le visage d’un naturel souriant exprimait quelque chose de rassurant. Andrew Gardner arborait une barbe brune fournie mais rigoureusement taillée, et une chevelure toute aussi entretenue. Plus surprenants étaient ses yeux d’un bleu étincelant et son regard, intense et protecteur, qu’il posait en chaque chose, comme s’il ne pouvait que souhaiter la bonne fortune de chacun. Une panthère des neiges aux yeux gris clair lui effleura la jambe avant de se faufiler dans la Grande Salle d’une démarche gracile et féline, précédant les pas du nouveau directeur de Poudlard.

Les bras croisés dans son dos, Andrew avança d’un pas mesuré en jetant des regards à droite et à gauche ; souriant à certains élèves qui le regardaient d’un air hébété, inclinant respectueusement la tête devant ceux qui avaient le courage de lui souhaiter la bienvenue, décroisant même parfois ses bras pour agiter sa main à un élève d’une table éloignée qui lui faisait de grands mouvements de bras. Arrivé devant l’estrade, il croisa le regard de chacun de ses nouveaux collègues et s’inclina respectueusement en plaçant une main sur sa poitrine. Il monta ensuite la seule marche qui le séparait des protagonistes de cette étonnante scène et tapota au passage l’épaule de l’elfe Grimmey en lui souriant.

Celui-ci s’agita aussitôt de soubresauts nerveux.

« Veuillez m’excuser, Grimmey avait la tête ailleurs ! Hm v-voilà voilà ! puis se précipitant vers la table des professeurs, il se dressa sur la pointe de ses longs pieds pour leur murmurer discrètement. Le professeur Gardner ne peut pas vous parler de vive voix. Mais si vous le laissez effleurer votre esprit, il se fera un plaisir de vous communiquer ses pensées. C’est ainsi qu’il communique avec Grimmey. Grimmey peut vous assurer que ce n’est pas douloureux. »

Pendant ce temps-là, les bras de nouveau croisés dans son dos, Andrew souriait aux employés du ministère qui semblaient effarés et quelque peu paralysés par le contenu du parchemin que l’elfe leur avait remis. Ou peut-être était-ce la vue de cette panthère des neiges qui leur tournait autour en les fixant intensément du regard ?

* Salama. Tu effrayes nos invités. *

La panthère des neiges regarda son maître avec douceur après avoir été la seule à percevoir ses pensées et se détourna des porte-parole du ministère pour se pelotonner dans un coin de l’estrade.

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

L'apparition de l'elfe avait eu un effet assez surprenant sur l'assemblée de la Grande Salle, comme si bon nombre pensait avoir à faire au nouveau Directeur de Poudlard. Erin, quant à elle, n'y avait même pas songé un seul instant. Non pas qu'elle méprisait les elfes de maison, bien au contraire, mais elle imaginait mal l'un d'entre eux soucieux de l'éducation des jeunes sorciers. Peut être à tort, certes... Elle s'inclina respectueusement en réponse à son inclinaison de buste qui lui rappelait étrangement le salut des maîtres d'arts martiaux entrant sur un tatami, qu'elle avait parfois vu durant son enfance.

Avec une élocution parfaite, l'elfe prit la parole et rétablit la vérité. Il n'était que le messager du professeur Gardner. Étrange comme entrée en matière mais cela ne déplaisait pas à Erin. Elle prenait enfin toute la mesure de la phrase qu'elle avait lu à voix haute et était en proie à un mélange de sentiments contradictoires : la tristesse, car l'arrivée du nouveau directeur ne faisait que rendre plus réel le départ d'Arseni Stoyanov ; la gratitude, pour les lignes écrites dans la lettre de son ancien supérieur qui avait parfaitement compris qu'elle ne souhaitait pas endosser cette responsabilité ; le soulagement surtout d'être enfin relevé de la lourde charge qui pesait sur ses épaules ; la curiosité, enfin, de rencontrer celui avec qui elle allait devoir apprendre à travailler.

Grimmey, après avoir salué les professeurs, fit ensuite une annonce pour le moins surprenante. Non seulement il congédia sans ménagement les membres du Ministère, pour le plus grand plaisir d'Erin, mais il signifia aussi que Poudlard serait désormais rattaché à la couronne d'Angleterre. Une première dans l'histoire de l'école, si la jeune femme ne se trompait pas mais elle n'était pas spécialiste de l'histoire. Elle avait du mal à voir tous les impacts d'un tel chamboulement mais pressentait que cela présageait des heures sombres. Sinon, pourquoi la couronne s'intéressait-elle à Poudlard, si ce n'est qu'une guerre encore jamais vue se profilait à l'horizon ? L'annonce suivant de Grimmey stoppa net les pensées d'Erin qui, comme tout le monde, porta son regard vers le Hall d'Entrée pour voir arriver le nouveau Directeur, le professeur Gardner !

Habillé d'un costume bleu nuit élégant, le visage souriant, une barbe, des yeux bienveillants... il semblait presque l'exact contraire de son prédécesseur. Plus surprenant encore, il était accompagné d'une magnifique panthère des neiges. La première qu'Erin voyait en dehors des livres. Sa démarche avait quelque chose d'apaisant, presque hypnotique. Un peu comme les flammes d'un feu de cheminée dont il est difficile de détourner le regard tant on en est fasciné.

Elle reporta néanmoins, après quelques secondes, son regard sur le professeur Gardner et le vit s'incliner devant eux, un peu comme Grimmey l'avait fait avant lui. Comme s'il s'agissait là d'un signal, Erin réalisa qu'elle était toujours debout et se rassit à sa place. Elle avait fini son rôle et pouvait enfin se laisser porter par l'ambiance du banquet de rentrée scolaire. Détendue, elle vit le directeur monter sur l'estrade et tapoter sur l'épaule de l'elfe qui reprit aussitôt la parole pour une annonce une nouvelle fois surprenante. Non seulement, le professeur Gardner ne pouvait pas parler mais qui plus est, il s'avérait être Legilimens. Un électrochoc n'aurait pas eu plus d'effets sur Erin. Toujours souriante mais surtout méfiante, elle ferma aussitôt son esprit. Arseni l'avait une fois de plus mis dans une situation bien particulière, et le voyait presque s'amuser de voir sa réaction. Peu importe, elle ne pouvait changer ce qu'elle était et il était hors de question qu'un inconnu pénètre dans sa tête.

Un silence s'installa et après un rapide coup d’œil dans la salle, Erin reprit la parole, avenante :


"Je pense pouvoir parler au nom de nous tous ici présents. Nous vous souhaitons la bienvenue à Poudlard, professeur Gardner, ainsi qu'à vous Grimmey !"

~ Connexions principalement le weekend~
Dites à quelqu'un qu'il y a 300 milliards d'étoiles dans l'univers et il vous croira. Dites lui que la peinture n'est pas sèche et il aura besoin de toucher pour en être sûr.
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Ancien sorcier  

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

Dans les paroles que venait de prononcer l'Elfe, Melynn avait principalement retenu :

« -Grimmey n’est que le messager du professeur Gardner. »

Elle ne put alors s'empêcher d'esquisser un sourire en coin. Elle se sentait bien bête sur ce coup-là. Croire que Poudlard pouvait compter un Elfe de maison parmi sa lignée de directeur ! Enfin voyons, c'était le Royaume-Uni ici ! Évidemment que ses habitants n'allaient pas bouleverser leurs traditions à ce point ! Melynn avait parfois du mal à se rappeler qu'elle se trouvait loin des Etats-Unis...Mais ils étaient mignons quand même, ces Écossais.
Elle attendait donc la suite avec impatience, prise néanmoins d'une pointe de déception. Ça aurait pu être sympa ! Mais il fallait voir le bon côté des choses : Grimmey, de son prénom, ne partirait pas. Il resterait ici, avec monsieur Gardner. D'ailleurs, qui était donc monsieur Gardner ?
La réponse fit son apparition au fond de la salle : un homme barbu et en costume.

*Il a plutôt belle allure.* Ne put s'empêcher de penser Melynn Keating. Mais ses yeux ne restèrent pas très longtemps fixés sur le nouveau directeur. En effet, une panthère blanche présente dans la Grande Salle était un fait qui attirait davantage le regard. Elle était sublime. Impressionnante, mais tellement belle. Si Melynn ne pouvait pas saquer les animaux en temps normal, elle n'en éprouvait pas moins une certaine fascination pour les félins. Bon, ce n'est pas pour cette raison qu'elle s'approcherait de la bête pour autant. Ça devait sûrement mettre des poils partout ça.

Une fois que le professeur Gardner eut atteint la table des professeurs, il les salua tous respectueusement ; ce à quoi Melynn répondit une inclination de la tête, avec un grand sourire. Grimmey, après avoir eu une réaction des plus bizarres (comment pouvait-on avoir la tête ailleurs en pareille soirée?), chuchota quelques paroles aux adultes. Pourquoi chuchotait-il ? Il ne voulait pas que les élèves entendent ? Ces derniers finiraient bien par savoir la façon de communiquer de leur directeur !
Mais sans plus s'attarder sur ces questions sans importance, Melynn se concentra sur ce que venait de dire l'Elfe de maison le mieux habillé de tout Poudlard. Communication par la pensée...Voilà qui venait de froncer les sourcils de la directrice de Serdaigle. Sa première réaction fut d'être réfractaire à cette idée. N'importe qui dirait qu'elle est stupide de se montrer si réticente ; et ils auraient sûrement raison ! Mais elle avait toujours détester ce qui pouvait approcher de près ou de loin à son cerveau. Jamais par exemple, elle n'avait accepté de se rendre chez un de ces Moldus de psychologues comme ses parents lui avaient demandé lors de son adolescence. Elle avait peur de se faire trifouiller les neurones avec ces machins-là. Il en allait de même avec cette façon de communiquer : la légilimancie. La confiance n'était pas encore là, un puissant sorcier comme l'était certainement Andrew Gardner pouvait sûrement faire plus que parler dans la tête des autres. Donc pour le moment, l'esprit de Melynn resterait fermé. Mais cela suffirait-il à ce que le nouveau directeur ne puisse y pénétrer ?

Jetant un coup d'oeil à ses collègues, Melynn reprit conscience que deux membres du ministère étaient parmi eux. Avec tout ça, elle les avait oublié, les pauvres ! Ces derniers semblaient d'ailleurs intimidés par la panthère. On pouvait aisément les comprendre...Qui ne le serait pas ?

Melynn resta silencieuse lorsqu'Erin Grayce souhaita la bienvenue aux nouveaux résidents du château. Elle attendait la suite, se demandant si vraiment, monsieur Gardner n'ouvrirait pas la bouche pour prononcer un discours.

 09/2039  Arrivée d'Andrew Gardner : table des professeurs

L'elfe de maison, nommé Grimmey, était le messager du nouveau directeur, le professeur Gardner. La venue de ce dernier était accompagnée de bonnes nouvelles, aux yeux de Kristen : Poudlard n'était désormais plus placé sous la protection du ministère. Quelle protection, direz-vous. Cette séparation du ministère ne pouvait être qu'une bonne chose, particulièrement censée. Cependant, l'école n'en était pas pour autant indépendante, évidemment : elle était désormais rattachée directement à la Couronne. Seul le temps dirait ce que ce rattachement allait donner.

Apparut enfin le fameux Sir Andrew Gardner, officiellement directeur de Poudlard et professeur de divination. Inutile de préciser que la directrice de Gryffondor analysait d'ores et déjà tous les mouvements de son nouveau supérieur. Elle essayait mentalement de récolter un maximum d'informations sur cet homme. Parfois, un regard, une démarche, un sourire ou l'absence de sourire, pouvaient en dire long. Étrangement, ce nouveau professeur n'avait pas l'air si mauvais. En effet, Kristen s'était préparée au pire : un espion de quelque organisation voulant la destruction de Poudlard et aux airs foncièrement mauvais, un type au regard sévère et fort peu aimable ; cependant, le professeur Gardner ne semblait pas être ce genre d'homme. Au contraire, il était presque rassurant. Kristen s'en méfierait sans doute beaucoup tout de même, car après tout, peut-être que sous son air doux, il cachait de mauvaises intentions.

Une entrée théâtrale ne se fait pas sans une panthère des neiges, n'est-ce pas ? Le professeur Gardner était accompagné de cet animal très gracieux et néanmoins dangereux. Et si cette panthère s'attaquait aux élèves ? Le directeur savait sans aucun doute ce qu'il faisait, et devait avoir dressé son animal à la perfection, mais Kristen n'était tout de même pas tout à fait rassurée. Elle n'avait pas peur de se faire attaquer elle-même, mais il y avait sans doute bon nombre d'âmes sensibles parmi les élèves, d'autant plus que certains d'entre eux étaient encore sous le coup de l'émotion de leur première rentrée à Poudlard. Si personne ne se faisait attaquer, rien n'empêchait que l'un d'entre eux fasse un malaise et se retrouve par terre en moins de deux.

Sir Andrew Gardner était indéniablement quelqu'un ayant beaucoup de prestance. Ceci se confirma lorsqu'il salua les professeurs. S'ensuivit une déclaration de Grimmey des plus surprenantes : le nouveau professeur de divination ne pouvait pas parler de vive voix. Son seul moyen de communication était d'insinuer ses pensées dans l'esprit des autres. La directrice de Gryffondor, à cette déclaration, ne put s'empêcher de reculer un peu plus au fond de sa chaise. Fronçant les sourcils, elle lança un regard sondeur à son nouveau collègue, comme si elle cherchait à déterminer ses intentions. À cet instant, elle se demanda même si le professeur Gardner n'était pas en train d' « effleurer l'esprit » de l'un deux. Si la volonté de fermer son esprit était là, cela ne suffisait pas pour y parvenir. N'est pas occlumens qui veut, et Kristen avait toujours eu un mal fou à fermer son esprit. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé.

La sous-directrice prit la parole, accueillant le nouveau membre du corps professoral de Poudlard. Alors qu'il aurait été poli d'appuyer les mots de sa collègue par un sourire ou un hochement de tête chaleureux, le professeur Loewy ne pouvait s'empêcher d'observer son nouveau collègue, d'une telle façon qu'elle n'avait presque plus conscience de ce qu'il se passait autour. Cet homme l'intriguait beaucoup, et son moyen de communication ne lui permettait que de se méfier un peu plus.

Il en est du romantisme fiévreux comme de la moule pas fraîche : quand on en abuse, ça fait mal au cœur.
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