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 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

❃Devant les portes du Dominion ❃


Des travées avaient été montées en toute discrétion durant la nuit. Elles entouraient l'entrée du Dominion en un large demi-cercle. La foule continuait de s'y masser pour assister à la troisième et dernière tâche du tournoi des Trois Sorciers. L'agitation était palpable.

Les champions furent les premiers à faire leur apparition au pied des travées sous un tonnerre d'applaudissements. Puis se fut au tour des directrices de Poudlard et de Beauxbâtons d'entrer en scène, rapidement suivies par le directeur de Durmstrang. Les quatre sommités s'approchèrent de leur représentant respectif pour offrir les derniers conseils, encouragements, qu'ils jugeaient nécessaires. En retrait, les deux derniers membres du jury, représentants du ministère de la Magie, échangeaient quelques mots.

Quand les conciliabules cessèrent, le jury s'en alla tranquillement vers sa table disposée au tout premier rang des travées. A l'exception d'un membre.

La première personne à s'en rendre compte fut Aude Luneau qui se stoppa net en remarquant que sa sœur jumelle, Constance Luneau, était restée près des trois champions pour leur parler. Sourcils froncés, elle lança un regard suspicieux à destination de Kristen Loewy qui s'était stoppée, elle aussi, pour observer l'étrange scène. Constance Luneau leur jeta un regard appuyé par-dessus son épaule avant de leur sourire en entraînant les trois champions vers l'entrée du Dominion.


« Professeur ? Hasarda Emily Fawkes, la sous-secrétaire d'état aux Affaires Extérieures et membre du jury. »

Constance Luneau ne lui répondit rien. Une main sur l'épaule de Marie Duval, l'autre sur celle d'Elina Montmort, elle conduisit le trio dans l'embrasure des portes.

C'est à cet endroit que le monde bascula.

A la surprise générale, une ombre gigantesque se dessina au cœur des ténèbres qui s'étendaient au-delà des portes. Deux immenses prunelles d'un bleu électrique s'ouvrirent à une dizaine de mètres du sol. L'instinct de Jonas Kirsanov lui fit dégainer sa baguette magique, mais trop tard. Une patte de lion gargantuesque le balaya lui et les deux autres championnes. Les prunelles et l'ombre s'évanouirent une fraction de seconde plus tard, laissant Constance Luneau seule devant les portes.

Des cris de panique retentirent dans les travées quand les ténèbres au-delà de la porte se désagrégèrent, laissant apparaître les corps inanimés des trois champions le long d'un escalier sculpté dans un seul et même bloc de marbre blanc monumental. L'escalier conduisait à un trône lui aussi taillé dans le même marbre blanc.

Aude Luneau s'élança la première, comprenant avant tout le monde la prise de pouvoir de sa sœur. Un éclair de lumière jaillit de nulle part mit fin à ses espoirs. Violemment repoussée vers l'arrière, Aude Luneau manqua de se briser la colonne vertébrale en s'écrasant lourdement contre la table du jury.

Enrik Tempelton et Emily Fawkes lancèrent le même sort d'entrave en direction de Constance Luneau mais leur tentative mourut au contact d'un mur magique jusque là invisible.

Le rire glaçant de Constance Luneau salua leur échec.

« Le Dominion ne me laissera pas sans défense, dit-elle en faisant usage du sortilège Sonorus pour se faire entendre de tous. Si vous voulez récupérer vos petits protégés, venez, entrez donc dans mon royaume. Alors nous verrons bien... »

Sans signe avant-coureurs, sa longue chevelure vira au noir et ses lèvres se teintèrent d'un rouge criard alors qu'une longue robe noire décorée de dorures se matérialisait sur ses épaules.

Deux femmes armées d'une baguette, qui auraient facilement pu passer pour les parfaites répliques d'Aude et Constance Luneau, contournèrent l'escalier de marbre blanc et se postèrent derrière cette dernière. L'une arborait une longue chevelure auburn et une robe d'épines. L'autre arborait une longue chevelure brune et une robe en fourrure.



❖ Commandante de la 1ère légion ❖ ❖ Commandante de la 2ème légion ❖
Sinistra
                                                        Mérope


« … nous verrons bien qui est l'illusion de qui, conclut Constance Luneau avant de s'engager dans l'escalier qui la séparait de son trône. »

Les portes du Dominion se refermèrent derrière elle.

I'm the light in the darkness and the shadow on the ground. I'm everything... everything you ever wanted to know about silence.

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées



Ce sujet est ouvert à tous les spectateurs désireux d'assister à la troisième tâche.
Soyez libres de réagir à tout ce qui sera écrit dans ce sujet, et bien évidemment,
surtout, au contexte particulier qui vous est présenté dans le post ci-dessus. Bon
final à toutes et à tous !


 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

La troisième tâche, tout le monde en parlait ; c'était l'événement de l'année, sans conteste ! Que valaient quelques pirouettes sur un balai volant, en comparaison à l'ultime tâche du Fameux Tournoi des Trois Grands Sorciers ? C'était devenu le sujet de conversation préféré des jeunes élèves, qui pariaient, baratinaient, discutaient, nasillaient, dialoguaient encore et toujours à propos de cet événement incontournable.

Joy, elle, préférait établir des plans pour quelques expériences vouées à l'échec (en ce moment, elle songeait à visiter la Forêt Interdite). Cependant, elle restait très impressionnable, et plus les jours passaient, plus elle s'impatientait et s'enthousiasmait. Après un Sombral et une Acromentule, qu'allaient devoir affronter les champions ? Joy avait pensé à toutes sortes de bêtes terrifiantes, avait imaginé des centaines d'épreuves, et s'était finalement résignée à attendre le jour J.

Et voilà ! Nous y étions ; elle allait assister à la dernière tâche. Les élèves avaient été conviés à se rendre à l'entrée du Dominion, ce qui était moins impressionnant que l'orée de la Forêt Interdite, mais ça restait un endroit empreint de mystère. Joy ne savait pas ce qui se passait vraiment dans le Dominion, et elle espérait le découvrir. Elle s'installa dans les Travées, au premier rang, pour pouvoir profiter d'une meilleure vue. Et l'attente commença. Les élèves affluaient, les travées se remplissaient, et Joy tressaillait de hâte. Ils avaient forcément préparé quelque chose de spectaculaire ; les organisateurs de ce Tournoi ne pouvaient pas leur offrir une épreuve décevante – pas après leur avoir servi deux tâches splendides.

Enfin, Elina, Marie Duval et Jonas Kirsanov firent leur entrée tels les héros des temps modernes. Ils furent accueillis par des applaudissements nourris, auxquels Joy apporta sa contribution. Elle ne pouvait nier qu'ils étaient tous les trois armés d'un courage qu'elle enviait et qu'elle admirait. Quelques secondes plus tard, le jury fit son apparition et les directeurs allèrent se poster près de leur champion, probablement pour leur prodiguer quelques derniers conseils. Ensuite, ils se dirigèrent tous vers leur table... à l'exception de l'une des deux dames qui dirigeaient l'école Française. Joy haussa un sourcil intrigué, mais elle n'y porta pas grande attention ; elle avait sûrement besoin d'un peu plus de temps pour conseiller Marie Duval.

Sa sœur, cependant, ne semblait pas être de cet avis puisqu'elle se retourna pour observer ce que trafiquait Madame Luneau. Miss Loewy fit de même, puis un membre du jury dont Joy ne connaissait pas l'identité tenta de rappeler Constance Luneau à l'ordre, et là... Le drame. Faisant fi des regards suspicieux qui s'étaient tournés vers elle, l'étrange directrice de Beauxbâtons emmena les champions à l'entrée du Dominion. Désormais un peu inquiète, la jeune Wedenjack ravala un cri de stupeur lorsqu'une ombre sortit de nulle part ; sans que l'Écossaise n'ait eu le temps de comprendre quoi que ce soit, l'ombre s'était évanouie, les champions étaient inconscients et Constance Luneau semblait diriger le monde. Elle semblait également être la seule à véritablement comprendre ce qui venait de se passer, par ailleurs.

Le cœur de Joy sembla se tordre dans sa poitrine et elle se mit à espérer qu'elle était en train de nager en plein cauchemar. Aude Luneau, d'abord, tenta d'arrêter les manipulations de sa sœur ; ce fut ensuite au tour de deux autres membres du jury de se faire repousser par une barrière invisible que Constance Luneau semblait avoir invoqué.


« Le Dominion ne me laissera pas sans défense. Si vous voulez récupérer vos petits protégés, venez, entrez donc dans mon royaume. Alors nous verrons bien... nous verrons bien qui est l'illusion de qui, fit-elle avec un ton que Joy aurait sarcastiquement qualifié d'« exagéré », si elle n'avait pas été morte de peur. »

Sur ce, la directrice passa la porte, non sans avoir été rejointe par deux cornichons que Joy n'avait pas besoin de connaître pour détester.

Si elle ne voulait pas finir otage (on ne sait jamais, Merlin seul savait ce que cette folle furieuse avait en tête), Joy devait rester calme et tenter de ne pas se faire remarquer. À bien y réfléchir, les trois champions étaient déjà les otages de Constance Luneau, mais la jeune Serdaigle préférait tout de même éviter d'agir stupidement. Elle resta donc assise, le dos droit, paraissant presque imperturbable. Seul signe de la panique qui envahissait tout son être ; la larme salée qui coulait le long de sa joue.

Les gens du pays pensent que la vie est belle ici. La vie est belle, oui, mais quand on la rêve.

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Ce matin là à Poudlard il n'y avait guère d'autre sujet de conversation que la troisième et ultime épreuve du Tournoi des Trois Sorciers qu'allaient disputer les Champions. Wendy faisait partie des ferventes admiratrices de Marie Duval, la française qui, en raison de son étrange retard à la seconde tâche avait perdu beaucoup de points et occupait donc la troisième place de la compétition avec un total de 218 points. Le patriotisme n'étouffait pas la jeune verte, et elle n'avait aucun mal à assumer son support pour la Française, bien qu'elle encourageait également de bon coeur la championne de Poudlard qui faisait preuve de beaucoup de courage et d'efficacité depuis le début du Tournoi. Elle applaudissait poliment les exploits de Jonas Kirsanov, qu'elle admirait pour sa force mais qui manquait légèrement de style à son goût.

Quoiqu'il en soit elle avait descendu son petit déjeuner en trois cuillerées avant de se mêler à la foule d'élèves surexcités qui se pressait en direction du Dominion, lieu annoncé de l'épreuve. Elle avait pris place dans la partie droite des travées en forme de demi cercle qui avaient été montées la nuit et qui entouraient l'entrée du Dominion.

Les champions firent leur entrée. Cris, sifflements et foule en délire rappelèrent à Wendy l'excitation d'un match de Quidditch. En plus fort encore. Le vacarme était tel que même si les directeurs avaient crié leur conseil à leur protégé respectif personne n'aurait pu en entendre le moindre mot. L'échange fut bref, et tout le monde s'en retourna vers la table du jury. Tout le monde sauf Constance Luneau.

Wendy avait presque perdu la capacité de panique à force de comprendre que tout était possible dans le monde magique. Elle en avait presque perdu la notion du danger. Cet instant lui rappela l'effet que la peur faisait sur les foules. Elle ne comprit pas immédiatement ce qui s'était passé. Constance Luneau avait accompagné les trois champions près des portes, et quelques secondes après les champions avaient été avalés par une patte de lion gigantesque.

Les choses s'enchaînèrent devant les yeux effarés des élèves présents dans les travées. Wendy restait figée. Le corps d'Aude vola en éclat, ainsi que ceux de deux autres membres du jury. Une vision effarante apparut aux portes du Dominion. Constance Luneau se métamorphosa, Wendy poussa un juron et sauta sur ses deux pieds. Deux autres femmes se tenaient à présent aux côtés de la directrice de Beauxbâtons, silhouettes menaçante surplombant des escaliers de marbres blancs.

Derrière elles on pouvait distinguer les corps inanimés des trois champions, comme endormis sur les marches. Constance lança une menace que Wendy ne comprit pas, et les portes du Dominion se refermèrent sur les sourires carnassiers et déformés par la folie des trois femmes. La jeune verte avait les poings serrés, les yeux prêts à sortir de leurs orbites. D'un regard effrayé elle regarda la Directrice de Poudlard s'avancer d'un pas sûr vers les portes closes, talonnée par la sous Directrice. Wendy serra un peu plus les mâchoires. Si ces deux femmes ne pouvaient pas sauver les champions, personne le le pourrait, pensa-t-elle.

Elle se retourna à la recherche d'un regard amical, d'un visage connu avec qui elle pourrait échanger et déverser les sentiments contradictoires qui la traversaient à cet instant improbable où les cris se mêlaient aux larmes et aux regards effarés qui remplissaient les travées.

*TROISIEME ANNEE RPG* Poudlard 2040*
“- Is this real? Or has this been happening inside my head?
- Of course it’s happening inside your head, Harry, but why on earth should that mean that it is not real?”
Pas d’avatar
Ancien sorcier  

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

La Troisième Tâche. Rien n'avait été autant attendu par les élèves que cette épreuve qui mettrait fin au Tournoi des trois sorciers. Paul espérait de tout cœur qu'Elina gagne le tournoi, mais Kirzanov était en tête et il s'avérait un sorcier redoutable. Cependant, le deuxième année croyait en la championne de Poudlard, et c'est avec excitation qu'il s'installa au premier rang des travées qui avaient été installées, pour une raison inconnue, devant les portes du Dominion.

Pendant l'attente insoutenable de l'arrivée des champions, Paul fut surpris par une sensation particulière en lui. De l'appréhension... Mais il n'y avait aucune raison d'appréhender cette épreuve. Non seulement il n'y participerait pas mais les écoles avaient tout préparé. Ce n'était pas comme si cela pouvait mal se passer. Et pourtant... Le Dominion était un lieu si mystérieux. Plus mystérieux que la Salle sur Demande, à sa façon. Peut-être était-ce d'ailleurs le lieux le plus mystérieux du château. Paul sursauta en entendant une salve d'applaudissements qui l'arrêta net dans sa réflexion. Les champions venaient d'arriver : le Poufsouffle se leva pour les applaudir. Cependant, quelque chose clochait. Les spectateurs se rendirent compte que Constance Luneau était restée avec les champions devant la porte du Dominion, et d'après les murmures et les regards décontenancés, ce n'était pas prévu. Tout se passa ensuite très vite.

Les portes du Dominion s'ouvrirent devant les champions, ne laissant d'abord apparaître qu'un néant complet. Soudain, dans l'ombre, se dessinèrent les yeux bleus d'une énorme créature qui balaya d'un coup de patte (de... lion ?) les champions, qui tombèrent. Des cris retentissaient dans la salle. Sans s'en être rendu compte, Paul s'était levé, comme beaucoup de monde. Un escalier de marbre blanc était apparu dans le Dominion, et les champions évanouis reposaient sur les marches. La propre jumelle de Constance Luneau s'élança vers sa sœur avant qu'un sort ne la repousse violemment et la laisse évanouie sur la table du jury. La directrice de Beauxbâtons dit ensuite à l'assemblée :


« Le Dominion ne me laissera pas sans défense. Si vous voulez récupérer vos petits protégés, venez, entrez donc dans mon royaume. Alors nous verrons bien... nous verrons bien qui est l'illusion de qui

Abasourdi, Paul vit que Luneau avait maintenant à côté d'elle des clones parfait d'elle-même, mais avant qu'il puisse distinguer davantage la directrice de Beauxbâtons, elle descendit les marchés et la porte se ferma derrière elle.

Des murmures, des sanglots, des cris retentissaient dans le public. Horrifié, Paul se mit à fixer la porte, dans lequel entrèrent Kristen Loewy, Isabel Almeida, plusieurs autres personnes qui entrèrent trop vite pour être reconnues ainsi que...


"Ambre ?" appela Paul, en distinguant son ancienne capitaine de Quidditch, qui s'était engouffrée dans la porte en compagnie de Meilla Primard.

Le deuxième année ne savait pas quoi faire. Il chercha autour de lui, paniqué, à la recherche de quelqu'un, qui peut-être, par miracle, saurait quoi faire, connaîtrait une solution, mais rien. Il ne vit que Joy Wedenjack, une larme coulant doucement le long du visage, Wendy Stone, l'air paniquée et confuse, plusieurs autres élèves tout aussi terrifiés.

Paul se tordit les mains en se demandant quoi faire. Pouvait-il entrer dans le Dominion seul ? Il fit quelques pas vers la porte avant de se rendre à l'évidence. Il n'était pas un héros, il n'était pas un génie, il n'était qu'un deuxième année parmi tant d'autres. Il n'avait sûrement ni le courage d'Ambre, ni le talent d'Elina, ni la compétence et l'expérience des professeurs. Il resta immobile, fixant la porte, tandis qu'un mélange d'impuissance et de désespoir l'envahissait.

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Dakota avait tenu à arriver en avance au Dominion, lieu où se déroulait la troisième et ultime tâche du Tournoi des Trois Sorciers. La préfète était surexcitée : elle avait lu que la troisième épreuve était souvent la plus impressionnante, et qu'elle était celle qui révélait souvent la nature des participants au Tournoi. Elle avait donc hâte de voir quel spectacle allaient leur offrir aujourd'hui Jonas Kirsanov, Marie Duval et Elina Mormont. La jeune fille s'installa à une place qu'elle jugea convenable, au milieu d'une des travées installées pour l'occasion.

Le monde arriva, et, enfin, les champions se montrèrent. Marie Duval était bien présente, alors qu'elle avait été absente durant une bonne partie de la seconde épreuve. Dakota, prise dans l'ambiance, tapa dans ses mains, acclamant de vive voix les champions. Elle continua à les applaudir, puis ce fut au tour de Miss Loewy et de ses homologues de Beauxbâtons puis de Dumstrang d'apparaître. Les directeurs et directrices rejoignirent leur champion, et discutèrent, jusqu'à ce qu'ils se reculent, pour laisser les trois champions entrer dans l'arène et vivre leur troisième épreuve.

Cependant, quelque chose clochait. Dakota était trop enivrée par les cris et la joie qui l'entouraient pour s'en rendre compte, mais quelque chose ne tournait pas rond. Les cris cessèrent peu à peu, et la jeune Roth put enfin s'en rendre compte : l'une des directrices de Beauxbâtons n'était pas allée retrouver sa place auprès des autres directeurs. Elle avait, au contraire, les mains posées sur Marie et Elina, et, de la place de Dakota, elle avait une silhouette devenue soudainement terrifiante. La Serpentard se demanda si tout ceci était dans la mise en scène, et si c'était Miss Luneau qui devait conduire les champions à l'intérieur du Dominion.

Apparemment, non. Tout ceci ne semblait pas prévu, car des cris commencèrent à fuser dans les travées. Dakota ne comprenait pas pourquoi, mais elle tourna les yeux vers l'entrée du Dominion, qui laissait entrevoir une ombre hideuse et immense, avec ce qui semblait être des yeux. L'ombre se transforma en patte, qui frappa les champions, qui restaient inanimés au sol. Dakota sentait sa poitrine battre à un tel point que son coeur allait exploser. Le monde, autour d'elle, semblait déjà imploser. Des membres du jury tentèrent d'arrêter Miss Luneau, mais rien n'y faisait : elle était protégée par le Dominion. Puis, sa voix vint jusqu'aux oreilles de Dakota, dont le sang se glaça :


« Le Dominion ne me laissera pas sans défense. Si vous voulez récupérer vos petits protégés, venez, entrez donc dans mon royaume. Alors nous verrons bien… nous verrons bien qui est l'illusion de qui. »

La Serpentard ne comprenait pas le sens des mots de la directrice, mais elle savait pertinemment que cela sonnait comme une menace. Tandis qu'elle parlait, son aspect avait changé : ses cheveux noirs, mais aussi sa robe. Elle paraissait plus machiavélique. Dakota essaya de fermer les yeux, et de les rouvrir : c'était simplement un cauchemar, un mauvais cauchemar, rien de plus… Deux silhouettes vinrent se poster devant l'entrée du Dominion, telles des gardes du corps. Et Constance Luneau disparut. Tout comme les champions.

Les cris étaient maintenant forts, stridents, et angoissés. Ils n'avaient plus rien en commun avec ce qu'ils avaient pu être il y a à peine quelques minutes. Dakota regardait autour d'elle : les élèves ne savaient pas quoi faire, rester ici, mais est-ce que le reste du château était sûr, désormais ? La fillette brune n'eut pas à e poser la question. Déjà, Miss Loewy et Miss Almeida se précipitaient à l'intérieur du Dominion. Le coeur de Dakota se serra, à la pensée des champions prisonniers de cet enfer, et au courage de leur Directrice et Sous-Directrice. Puis, ce fut au tour des professeurs Heltowni et Ainsworth de s'élancer, cette fois-ci contre les gardes de Constance Luneau. Dakota vit ensuite, avec horreur, que deux élèves avaient réussi à rentrer dans le Dominion, sûrement pour sauver les champions. Les professeurs Kieffer et Holloway s'élancèrent alors, menaçant les élèves de les pétrifier si l'un d'eux approchait des portes.

Sans pouvoir bouger ne serait-ce les lèvres pour crier, Dakota regardait impuissante le monde autour d'elle s'effondrer. Elle ne savait absolument pas quoi faire, et le mieux, pour l'instant, était pour elle de rester à sa place, pour ne pas donner plus de travail à ses professeurs. Elle tourna la tête, reconnut des visages familiers, mais cela ne la réconfortait pas, parce qu'ils étaient aussi terrifiés qu'elle et qu'ils le savaient, ils ne pouvaient rien faire pour changer le cours des choses, désormais. Tremblante, la préfète déglutit, avant de fermer les yeux, espérant de tout son cœur qu'en les rouvrant, elle reverrait Poudlard tel qu'il était. Tel qu'il était, avant que le monde bascule.

Journaliste aux Chroniques du Sale Hasard ❋ Proud to be a Slytherin.
« On ne se méfie jamais trop de qui sait lire et écrire. »

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Emily Fawkes sentait son cœur se serrer à chaque fois qu'elle posait son doux regard sur Aude Luneau. Elle ne pouvait s'empêcher de partager une partie de la douleur qu'elle percevait dans ses traits crispés et les larmes qui coulaient inlassablement de ses yeux clos. Adossée au premier rang des travées, la tête d'Aude Luneau posée sur ses cuisses, Emily maintenait d'une main l'étrange appareil qui permettait à la directrice de Beauxbâtons de respirer. De l'autre, elle lui caressait les cheveux en lui murmurant de temps à autres que tout allait bientôt rentrer dans l'ordre. Mais elle en doutait. Enrik s'échinait à lancer des sorts contre les portes du Dominion, en vain. Personne ne pouvait les ouvrir. Même quand Enrik avait cru bon devoir prévenir le ministère de ce qu'il s'était produit, son patronus avait été réduit en poussière par un enchantement produit par le Dominion. Angoissée, elle essayait tout du moins de préserver les enfants qui l'entouraient en multipliant les regards tendres et compatissants. Très vite, trois élèves de Beauxbâtons, dont une devait être la fameuse nièce d'Aude Luneau, s'agenouillèrent à ses côtés pour prendre soin de leur directrice par de petites caresses et des paroles réconfortantes. Emily Fawkes saisit la gêne dans leurs yeux, celle qui n'avait plus quitté l'assistance depuis que la véritable apparence, l'apparence maladive d'Aude Luneau, leur avait été révélée au moment où elle s'était écrasée contre la table du jury. Oublié la femme gracieuse aux sourires chaleureux, Aude Luneau était en réalité une femme ravagée par la maladie. Une créature maigre et frêle qui n'était plus capable de se déplacer autrement que sur une chaise roulante. Seuls subsistaient de son illusion ses beaux yeux bleus. Des yeux dont l'expression anéantie avait irrémédiablement soulevé le coeur d'Emily.

En retrait, assaillis de questions par ses élèves, Evgeniy Kowalczyk observait les portes du Dominion d'un oeil sévère sans écouter le moindre mot prononcé à son intention. Il se savait en mesure de les ouvrir, comme le pouvaient les dirigeants des sept écoles fondatrices, mais hésitait à le faire. Pour la première fois depuis bien longtemps, il avait la sensation que les évènements échappaient totalement à son contrôle. Pire encore, il s'interrogeait sur la nature du danger auquel il risquait d'exposer toute l'assistance s'il venait à rouvrir les portes alors que celles-ci refusaient de le faire d'elles-mêmes. D'un autre côté, avait-il seulement le choix ? Kristen Loewy et la totalité de son corps professoral n'avaient montré la moindre hésitation en plongeant corps et âme dans l'inconnu. Pouvait-il, lui le dirigeant de Durmstrang, rester les bras croisés tandis que le représentant de son école était menacé de mort ? Il savait pertinemment que non. Il hasarda un coup d'oeil de côté et ne put empêché son coeur de sursauter à la vue de la véritable directrice de Beauxbâtons. Tout était de sa faute mais à la voir ainsi, Evgeniy ne trouvait pas la force de lui en vouloir. Il ne le pouvait tout simplement pas. Son coeur était bien trop tendre pour ça. Evgeniy cessa les bavardages autour de lui d'un mouvement de la main. Il ne donna pas la moindre consigne. Au lieu de ça, il se dirigea vers les portes du Dominion et s'arrêta à hauteur du représentant du ministère de la Magie britannique pour stoper net ses efforts d'une main sur l'épaule et d'un regard appuyé qui devait en dire long sur ses intentions.

Enrik Tempelton s'écarta, à bout de souffle. La froide détermination qui se dégageait en cet instant d'Evgeniy Kowalczyk l'avait piqué à vif. Ses pieds en avaient presque bougé tout seuls. Ses yeux, eux, s'écarquillèrent légèrement en voyant les portes du Dominion s'ouvrir à l'invitation du directeur de Durmstrang avant de se froncer à la vue de ce qui l'attendait derrière. Une rangée bien nette de cerfs noirs fixaient attentivement Evgeniy qui dégainait sa baguette magique. Leurs yeux étaient rouge sang et leur pelage noir comme une nuit de nouvelle lune. De sa position, Enrik pouvait remarquer le léger tremblement le long du bras droit d'Evgeniy. Qu'est-ce que cela signifiait ? Il l'ignorait. Mais au moment où il trouva le second souffle pour agir à la place du directeur de Durmstrang, Enrik s'immobilisa en entendant la foule s'agiter derrière lui. En se retournant, il fut frapper par l'aura qui émanait du nouvel entrant en scène. Vêtu d'une robe noire aux mille et uns détails cousus de fils d'or et d'argent, Arseni Stoyanov tenait un petit coffret en bois dans sa main gauche et sa baguette magique dans l'autre main. Une large capuche gardait une partie de ses traits plongés dans la pénombre pour l'ensemble des spectateurs, mais pour Enrik, qui lui faisait face, ce que le ministre de la Magie tentait de dissimuler ne lui sautait que trop aux yeux.


« Les renforts seront bientôt là, déclara Arseni Stoyanov en s'arrêtant près d'Enrik Tempelton. Mais en attendant, il serait judicieux que tout le monde se tienne prêt à se défendre par ses propres moyens. Le Dominion est une entité susceptible. »

Enrik Tempelton acquiesça. Arseni le gratifia d'un sourire, aussi léger qu'à l'accoutumée, avant de rejoindre son père spirituel. Evgeniy sembla surprit par son arrivée.

« Le temps est passé mais ce souvenir vous hante encore, commenta Arseni en fixant les treize patronus noirs qui se tenaient à l'entrée du Dominion. Je sais ce que vous êtes venu chercher et vous savez désormais que je ne vous laisserai pas l'obtenir, malgré toute la dévotion que je vous porte. Diedouschka, il est temps pour vous de vous retirer. Mais si l'amour que vous me portez mérite encore d'être éprouvé, il y a encore une chose que j'aimerais que vous fassiez. »

« Tu es comme un fils, alors parle-moi comme à un père, répondit Evgeniy, les yeux perdus dans le vague, le dos voûté par une accablante impuissance. »

Arseni lui tendit le coffret en bois de cèdre.

« Protégez cette école et personne n'entendra jamais parler du mal que vous auriez pu y faire naître. »

Evgeniy Kowalcyk prit le coffret que lui tendait son ancien élève et ressentit à son contact une grande concentration de magie qui l'émut aux larmes. L'enchantement qui recouvrait l'objet était le plus beau qu'Evgeniy ait jamais inventé, à vrai dire le seul qui eut jamais servi aux forces du bien : un portail, qui sur le même modèle qu'un portoloin, reliait une âme à un lieu qu'elle aimait par dessus tout. Evgeniy comprit dès lors comment Arseni était arrivé aussi vite sur place. Il avait très certainement confié ce coffret à quelqu'un, ici, à Poudlard, pour qu'une partie de son âme y reste liée. Parce qu'il aimait Poudlard par dessus tout.

Arseni Stoyanov disparut à son tour dans le Dominion, escorté par l'armée de patronus noirs. Le reste de l'assistance, sur les consignes d'Enrik Tempelton, se prépara au pire. Le danger approchait.

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Aujourd'hui troisième tâche. On allait savoir des trois champions qui allait gagner le tournoi. Wilson n'était pas particulièrement emballés, il avait vu lors des deux premières épreuves à quel point c'était compliqué d'être champion, en voyant Elina et les deux autres effectué leurs épreuves. Mais cette fois-ci tout allait être différent, et ça il allait s'en rendre compte quelques minutes plus tard. Montant dans les travées, il s'installa à côté des élèves de Poudlard principalement. De là, il avait une bonne vision sur le dominion et il allait pouvoir tout observer, ou presque. Puis les champions sont arrivés.

Tout le monde a applaudit, Wilson y comprit, et les membres du jury ont rejoint leur place au premier. Pas tous, l'une des deux directrices de Beauxbâtons étaient restés pour parler aux champions et les entraîna vers la porte du dominion. A ce moment tous ce passa très vite et Wilson n'en comprit que la moitié. Les champions kidnappé par le dominion, l'une des deux directrices qui semblait s'être transformé en monstre et des cris de terreurs dans les travées donnant un mal de crâne pas possible à Wilson. Lui, ce qu'il en pensait ? Rien. Il avait un peu peur de ce qu'il se passait, même carrément terrifié. Mais il resta à trembler dans les travées en fixant la porte du Dominion. Il ne comprenait pas tout ce qu'il se passait et se demandait si ça faisait partit de la troisième tâche ou pas. C'est seulement quand il entendit les lourdes paroles de Constance Luneau qui comprit que tout ne tournait pas rond.


« Le Dominion ne me laissera pas sans défense, si vous voulez récupérer vos petits protégés, venez, entrez donc dans mon royaume. Alors nous verrons bien qui est l'illusion de qui »

A ce moment, il vit des professeurs s'enfoncer dans le Dominion et à sa grande surprise, Meilla Primard et Ambre Baxrendhel, courir droit dessus également. Maintenant, il avait peur pour ses camarades et ses professeurs aussi. Cela ne faisait pas partit de la troisième tâche, c'était certains. Mais si c'était le cas, et dans le but d'effrayer le public en même temps, c'était réussi. Wilson regarda les personnes dans les travées avec affolement : certains élèves étaient paniqué. Presque tous pour résumer la situation. Le Serpentard avait peur et n'avait qu'une envie que tout se termine. Son cœur battait à cent à l'heure et il essaya de se calmer en tenant sa tête et en regardant ses pieds. Assis dans les travées, il tremblait de tous son corps, remontant la tête d'un coup sec au moindre bruit venant du Dominion. La magie est puissante, et Wilson ne sait pas très bien encore à quel point, cela ne fait qu'un an qu'il est à Poudlard et connait la magie.

Ayant conscience que leur survie était important, le première année, se souvenant de son cours de Défense contre les forces du mal, se leva et se dirigea vers une élève qu'il connaissait, une préfète, Joy Wedenjack. Elle était installés pas très loin. Se faufilant entre les gens qui criait, Wilson arriva à sa hauteur. Il tremblait encore un peu de peur, mais garda confiance. En arrivant, il vit des larmes sur le visage de son amie, elle avait pleuré. Essayant de la rassurer, tout en proposant son idée, Wilson lui dit dans l'oreille, pour tenter de couvrir les cris des autres gens :


« T'inquiète, les profs gèrent... Dit, on devrait peut-être lancer tous ensemble un sortilège de protection sur les travées, non ? Juste au cas où. »

Wilson sortit sa baguette de sa poche, prêt à intervenir mais en même temps il avait un peu peur de rater. C'est la première fois qu'il allait lancer ce sortilège dans une situation réel, pour vraiment se protéger et pas dans une mise en situation inventé par Miss Holloway pour s'exercer. De plus, il avait apprit aussi en cours que les émotions pouvait interférer la magie des sorciers et en ce moment, beaucoup de monde dans les travées n'étaient pas en mesure de lancer le moindre sortilège. Il doutait également du faite que lui, soit en condition de le faire. Mais si personne ne réagissait, la situation n'allait pas évolué et actuellement, la directrice de Beauxbâtons (bien qu'elle soit déjà occupé avec les professeurs et les champions à l'intérieur du Dominion) pouvait faire des élèves ce qu'elle voulait. Et Wilson ne voulait pas être un jouet de cette femme.

« Non parce que là, si la folle revient, on est tous des cibles de premières choix »

Évidement, l'état de Joy n'était pas cool, et Wilson sentait très bien son amie fragile. Il lui sourit pour lui faire comprendre que tout allait s'arranger, peut-être, enfin l'espérait-il et après avoir souffler plusieurs fois pour tenter de se calmer et ne pas avoir d'arrière penser pouvant rater le sortilège, il regarda les autres élèves des travées et leva sa baguette. Il n'est pas du genre à jouer les héros, mais dans son fond égoïste, il ne pouvait pas lancer un sortilège de protection que sur lui-même, autant que cela profite à tous le monde. Espérant qu'il sera imité par d'autres, afin de l'aider, il lança le sortilège désiré :

« Protego Maxima ! »

5ème année RP - seagreen
"En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j’atteins."

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Lorsque les portes du Dominion s'ouvrirent pour laisser entrer Kristen Loewy et Isabel Almeida, Joy ne fut pas grandement surprise. Ces deux femmes étaient incontestablement puissantes. Elles se devaient de protéger Poudlard et ses élèves. Qu'auraient-elles pu faire d'autre que s'élancer pour aller neutraliser Constance Luneau, qui était devenue une menace imminente ? Lorsqu'elles s'engouffrèrent et disparurent dans le Dominion, Joy sentit un élan de frayeur l'envahir à nouveau. On disait des tas de choses à propos de Miss Loewy, qui recelaient rarement d'une once de vérité. La jeune Serdaigle s'amusait parfois à écouter et répéter ces ragots, mais elle ne s'était jamais intéressée à ces cancans que par divertissement. Joy en savait très peu sur sa directrice, mais il y avait une chose dont elle était sûre ; Kristen Loewy, tout comme Isabel Almeida, avait une présence rassurante. Voir sa directrice et sa sous-directrice s'éloignant des élèves n'arrangeait pas l'état de panique de l'Écossaise.

Par la suite, la plupart des professeurs quittèrent également les environs des Travées, probablement pour partir à la recherche de la « Méchante Sorcière ». Joy n'avait pas trouvé de meilleurs termes que ça pour désigner Constance Luneau. Lorsque Meilla et Ambre s'élancèrent à leur tour, le cœur de la préfète se serra et elle ferma les yeux quelques secondes, pour reprendre son calme et ses esprits. Il avait fallu que ce soit ces deux élèves-là, deux des personnes qu'elle appréciait le plus, qui décident de quitter le peu de sécurité que leur offraient les Travées. Joy ne se faisait pas trop de souci pour Meilla ; elle avait toujours pensé que les capacités de la septième année étaient exceptionnelles. Ambre était probablement destinée à devenir une grande sorcière également, mais elle était beaucoup plus jeune et moins expérimentée. Joy fut parcourue d'un large frisson lorsqu'elle songea qu'elle n'allait peut-être plus jamais revoir ses amies.

Et comme si ça ne suffisait pas, les deux professeurs qui étaient restées pour veiller sur les élèves s'engagèrent à la poursuite de Meilla et d'Ambre. Désormais, seuls les deux représentants du Ministère, Aude Luneau et Evgeniy Kowalczyk étaient là. Après une rapide analyse de la situation, Joy en conclut que les employés du Ministère étaient les seuls adultes présents en qui elle avait confiance. Le directeur de Durmstrang ne lui avait jamais rien inspiré de bon ; la Serdaigle avait peut-être tort, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir méfiante à son égard. Aude Luneau, quant à elle, était... changée. Cette femme à la carrure froide et imposante était devenue frêle. Aussi innocente et impuissante qu'un enfant. À la vue de la Directrice de Beauxbâtons métamorphosée, Joy n'était ni choquée, ni gênée, ni prise de pitié. Rien. C'était comme si elle n'avait pas conscience de ce qu'elle voyait. Trop de choses invraisemblables se produisaient en même temps. La seule émotion qu'elle pouvait ressentir, pour l'instant, c'était l'effroi.

Les paupières de Joy étaient closes tandis que la jeune fille tentait, vainement, de reprendre le contrôle de ses émotions. L'agitation qu'elle ressentait autour d'elle lui paraissait maintenant si lointaine, comme un écho qui ne s'arrêterait jamais de ricocher... La jeune fille poussa un cri strident lorsqu'elle sentit un souffle dans son oreille. Elle ouvrit les yeux, le souffle court, et croisa les prunelles rassurantes de Wilson Kingson, qui venait de lui faire une belle frayeur.


« Wilson, je... Dé... désolée. J'avais pas remarqué que... que tu t'étais approché. »

Son ami, qui ne semblait pas lui en vouloir pour ce hurlement aigüe, tenta de la rassurer. Joy n'écoutait pas vraiment les paroles du Serpentard ; c'étaient des mots dans le vent. La jeune fille agrippa la main de son camarade qu'elle serra de toutes ses forces. Elle savait que Wilson ne se ferait pas d'illusions, qu'il ne penserait pas que ce geste trahissait de quelconques sentiments amoureux ridicules. Dans une situation comme celle-ci, les histoires d'amour dérisoires d'étudiants n'avaient plus la moindre importance. Tout ce qui comptait, c'était que la présence de son ami l'apaisait un peu, et que lui serrer la main l'aidait davantage à se calmer.

Joy fronça les sourcils lorsque Wilson évoqua le sortilège de protection. Elle s'apprêtait à répondre dans un bredouillement hésitant lorsqu'il ajouta :


« Non parce que là, si la folle revient, on est tous des cibles de premier choix. »

À l'entente de ces paroles, qui se voulaient peut-être drôles mais qui étaient simplement inquiétantes, Joy resserra sa poigne sur la main de son ami. Il avait raison, bien sûr, mais elle aurait préféré qu'il taise cette vérité. Sa baguette en main, Wilson avait probablement l'intention d'exécuter son sortilège. Joy était impressionnée par la prise d'initiative du Serpentard ; tandis qu'il prenait les devants pour tenter de protéger les élèves, elle se terrait dans le silence et la crainte. Habituellement si bavarde, elle gardait ses lèvres scellées et attendait qu'un miracle se produise. Que quelqu'un vienne les sauver. Le Ministre de la Magie avait fait son entrée, discutant brièvement avec le directeur de Durmstrang, puis il avait imité les professeurs de Poudlard et s'était engouffré dans le Dominion. Si même le Ministre avait fait le déplacement, c'était évident que Poudlard courait un grand danger...

« Protego Maxima, dit son ami. »

Le sortilège, que Joy trouva très gracieux, fila de la baguette magique de Wilson. Elle devait faire pareil. Elle devait espérer que les autres élèves les imiteraient. Elle devait continuer à croire que s'ils réunissaient leurs forces, ils pourraient servir à quelque chose. Elle repensa aux belles paroles du Choixpeau à propos de la solidarité. Elle se leva, lâcha enfin la main de Wilson, prit sa baguette magique qui était dans la poche de son jean et murmura :

« Protego Maxima. »

Les gens du pays pensent que la vie est belle ici. La vie est belle, oui, mais quand on la rêve.
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Ancien sorcier  

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Paul était resté paralysé d'inquiétude devant les portes fermées, terrifié à l'idée qu'il puisse arriver quoi que ce soit aux nombreuses personnes qui s'y trouvaient. Pendant ce temps, un murmure d'inquiétude constant emplissait le couloir. L'ambiance était en effet abominable : en se retournant, le Poufsouffle pouvait voir tant de visages connus... Et tant d'entre eux étaient en larmes, paniqués, ébahis, terrifiés, ou morts d'inquiétude... La situation était désespérée. Personne ne savait ce qui pouvait attendre les professeurs et les champions dans le Dominion. Personne ne savait ce qui arriverait à Elina, qui avait lutté tout le long du tournoi... À Kristen Loewy et Isabel Almeida, qui n'avaient pas hésité à se précipiter dans le Dominion... À Ambre, aussi... Elle voulait sauver son amie, et peut importe les dangers qui l'attendait. La loyauté des Poufsouffles... Pâle, au bord des larmes, le deuxième année restait là, voulant tellement pouvoir faire quelque chose, tandis qu'il regardait sans les voir Arseni Stoyanov parler avec le directeur de Durmstrang dont il n'avait jamais retenu le nom.

Il vit également Aude Luneau, et se demanda soudain quel était son état d'esprit. Que ressentait-elle à la seule pensée que sa soeur tenait en otage des élèves, dont une de sa propre école, et plusieurs professeurs ? C'était probablement une sensation terrible... Et qu'est ce qui avait poussé Constance Luneau à faire ça aux champions ? En voulait-elle aux trois champions, ou l'avait-elle fait en sachant que Kristen Loewy se précipiterait dans le Dominion ? Et que contenait le Dominion ? Était-ce comme une salle sur demande maléfique, puisque Luneau semblait le contrôler ? Qu'arriverait-il aux gens coincés dans le Dominion ? Paul trembla en voyant une pensée abominable apparaitre dans son esprit : peut-être étaient-ils... morts. Tremblant de nouveau, redoutant l'idée pourtant possible, il se détourna de la porte dans l'espoir de trouver une figure rassurante. N'importe-qui, même Melpomène Minos, aurait été un réconfort, mais les personnes qu'il aperçut semblaient aussi désespérées que lui. C'est alors qu'il entendit une voix derrière lui, une voix connue qu'il prit cependant un moment à reconnaitre :


« ...si la folle revient, on est tous des cibles de premier choix. »

Paul se retourna et vit Wilson Kingson, à quelques mètres de lui, avec Joy Wedenjack. Le Poufsouffle vit le Serpentard sortir sa baguette et dire :

« Protego Maxima »

La préfète de Serdaigle, qui avait pourtant l'air terriblement inquiète, imita son camarade. Paul avait peu fréquenté Wilson, et encore moins Joy, mais il sentit une bouffée d'affection pour eux en les voyants accomplir ce geste d'une grande intelligence et d'un grand courage.

« Protego Maxima. »

C'est alors que Paul comprit une chose, c'est qu'ils avaient raison. L'école n'était pas hors de danger, et ils ne pouvaient rien pour les personnes piégées dans le Dominion. Mais ils pouvaient aider à arrêter ou ralentir les dégâts. Peut-être n'étaient-ils que des deuxièmes années, mais il valait mieux prendre des initiatives. Peut-être des clones de Luneau comme il en était apparus quand la directrice de Beauxbâtons était entrée dans le Dominion sortiraient pour les attaquer. Et à ce moment là, à un moment de panique et de confusion, ce serait sans aucun doute un massacre complet. Ayant prit sa décision, il releva la tête, puis il s'approcha lentement de ses camarades de classe, et sortit sa baguette.

"Vous avez raison. Il faut empêcher cette folle de faire plus de dégâts." leur dit-il. "Protego Maxima" fit-il en pointant sa baguette sur la porte. Le bout de la baguette émit une lueur qui lui indiqua qu'il avait réussi son sort. Il pensa alors au professeur Holloway. C'était elle qui leur avait appris ce sort... Il serra les dents. Ce n'était pas le moment d'être aussi sentimental. La situation était grave, et il fixa la porte.

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Cela faisait plus d'une dizaine de minutes que Theodorus se trouvait dans le bureau de la directrice de Poudlard. Fraichement débarqué avec le ministre de la Magie, il avait préféré rester en arrière au lieu de suivre la course folle d'Arseni vers les étages inférieurs du château. L'urgence de la situation ne pouvait rivaliser avec sa curiosité naturelle.

Allant d'une étagère à une autre, Theodorus contemplait les objets qui s'y trouvaient placés avec un grand intérêt. Mais un objet captiva son attention plus longtemps que les autres : le Choixpeau magique.

Le cœur de Theodorus fit un bond quand il toucha le tissu rapiécé du bout de sa baguette magique. Une fente semblable à une bouche se dessina à la base du célèbre chapeau. Plus haut, le tissu se ratatina pour former l'équivalent de deux yeux cernés.

Bien le bonjour, dit Theodorus. ”

Theodorus Lynch, répondit le Choixpeau en prenant un air suspicieux. Quelle étrange apparence vous avez-là. Dans mes souvenirs, vous étiez plus...

Durant toutes ces années, je me suis demandé pourquoi, l'interrompit Theodorus en lui tournant volontairement le dos. Pourquoi m'avoir envoyé à Serdaigle quand tous les Lynch étaient voués à faire étalage de leur talent à Serpentard ?

Vous n'étiez pas comme vos sœurs, répondit le Choixpeau d'un ton égal. La gloire ne vous intéressait pas. Vous étiez habité par une soif de connaissances bien trop rare pour qu'elle fût gâchée à Serpentard, là où votre talent vous aurait détourné de votre destin exceptionnel. Nourrissez-vous quelque amertume à l'égard de ce choix ?

Les bras croisés dans son dos, Theodorus pivota sur ses talons et jeta un regard en coin au Choixpeau.

Un jour, peut-être, il me sera permis de vous étudier d'un peu plus près. Ce jour, je découvrirai certainement de quel droit vous vous êtes permis de ruiner ma jeunesse en faisant ce choix. En attendant cette revanche, je me fais une raison de vous remercier pour le service que vous m'avez rendu. Je ne serais pas l'homme que je suis sans votre lamentable erreur. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, ajouta-t-il en se dirigeant vers la sortie au-dessus de laquelle il ne manqua pas de remarquer la silhouette royale d'un aigle en argent massif. ”

Un autre détail qui n'a pas sa place dans cet endroit, commenta-t-il en riant pour lui-même. ”

La foule présente dans les travées était fébrile. Theodorus n'eut aucun mal à le constater par la présence de plusieurs sortilèges de protection malgré l'absence de menaces déclarées. Emily était là. Enrik aussi. Aude Luneau avait pris un sérieux coup de vieux et Evgeniy Kowalczyk paressait noyé dans ses pensées. Un spectacle que Theodorus qualifia très vite de morose.

Bien décidé à ne pas y assister plus longtemps — le sentiment d'angoisse le révulsait — Theodorus se dirigea vers les portes du Dominion sans répondre aux appels désespérés de ses collègues. Là, il donna quatre coups de baguette magique sur les battants et attendit que ceux-ci lui ouvrent un passage assez large pour s'engouffrer à l'intérieur du mythique Dominion.

Peu après la disparition du sous-secrétaire d'état aux Mystères dans le Dominion, le public présent dans les travées vit des rubans de fumée noire en ressortir. Les portes de l'édifice se refermèrent d'elles-mêmes. Les rubans se posèrent alors sur le sol puis ils se métamorphosèrent en d'impressionnants loups au pelage noir et aux yeux injectés de sang. La meute en comptait douze au total. Autant de créatures de la nuit qui s'élancèrent vers les travées avec la ferme intention de provoquer un carnage.

I'm the light in the darkness and the shadow on the ground. I'm everything... everything you ever wanted to know about silence.
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Ancien sorcier  

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Le couloir avait maintenant retrouvé un certain calme. Aussi calme que puisse être une foule amassée devant un lieu inconnu dans lequel il était probable qu'une dizaine de personnes risquaient leurs vies, mais les murmures inquiets avaient commencés à être de moins en moins nombreux, et maintenant la tension s'ajoutait au silence. Paul commençait à avoir la nausée : inquiet, anxieux, et pourtant obligé d'attendre, il restait debout, à quelques mètres des portes, la baguette prête en cas de besoin... besoin qui semblait ne pas avoir à arriver. Ce n'était pas non plus un bon signe. Cela faisait déjà longtemps que les professeurs et les champions se trouvaient dans le Dominion, et rien n'avait changé depuis que le ministre y était entré. Était-il possible que l'un des professeurs ou des élèves ne soit déjà plus de ce monde ? Il n'y avait aucun moyen de le savoir, il n'y avait qu'une seule solution, une seule maigre consolation : attendre, encore et toujours.

Un seul événement vint briser le calme apparent de la porte du Dominion : l'arrivée d'un homme, assez âgé, inconnu. Paul supposa que c'était un membre du ministère, puisqu'il ne l'avait jamais vu dans l'enceinte du château et que des gens du ministère l'interpellaient. Ignorant ses collègues, le sorciers s'approcha des portes (les appels des gens dans la foule étaient devenus des cris), puis les ouvrit avec sa baguette et pénétra dans le lieu si mystérieux, disparaissant lentement dans les ténèbres. Hébété, Paul sursauta en voyant un phénomène étrange à l'entrée des portes. Les sortilèges de protection conjugués semblèrent vaciller tandis qu'une sorte de fumée noire s'échappait lentement des portes, qui se refermèrent soudain d'un bruit sourd. Cette fumée... était faite d'ombres, pensa Paul. Les ombres dessinèrent des formes aux sols, formant comme des silhouettes. Des silhouettes... animales. Silhouettes qui soudain se consolidèrent. Était-ce de la magie noire ? Cela ressemblait en tout cas à l'idée que Paul s'en faisait... Soudain, les ombres prirent une forme distincte.

Ébahi et terrifié, le deuxième année contempla les douze loups qui étaient apparus devant lui. Douze créatures monstrueuses, irréelles. Douze créatures noires comme la nuit, à seulement quelques mètres de lui. Le Poufsouffle recula, la mains tremblante tenant sa baguette pointée vers la horde qui s'avançait vers la foule. Il entendait les hurlements des élèves, et tout lui sembla n'être qu'un cauchemar. C'était trop horrible pour être vrai. Lorsque les monstres se jetèrent vers lui et vers les travées, la foule poussa un cri, et Paul fit de même.


"-Protego !" cria-t-il en secouant fébrilement sa baguette.

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Son sortilège de protection illumina le plafond de la salle au dessus des travées. Il fut rapidement suivit par les sortilèges de Joy et Paul qui profita du mouvement. Wilson fut satisfait que d'autres le suivirent comme il le voulait. Le Serpentard fut un petit peu rassuré, et au moins si quelque chose de dangereux apparaissait, les trois élèves-ci seraient protégés... peut-être même ceux qui sont à côté. Pour les autres... bah ils ont qu'à suivre le mouvement.

Wilson n'avait aucune idée de se qui se tramait dans le Dominion, plusieurs personnes y étaient rentrés mais personne n'y était ressortit, étaient-ils encore vivant ? Ou Mort ? Est-ce que Constance Luneau avait été neutralisé ? Ou était-elle encore en liberté ou jouissant de ses pouvoirs d'une très mauvaise façon ? Le Serpentard, dont la peur envahissait tout son corps, maintenu le sortilège de protection, c'était dur. Dur, parce que cette fois-ci, ce n'était pas un exercice, ou un examen pour voir s'il savait le faire. Dur, parce que cette fois-ci c'était vraiment utile, et bien qu'il n'y ait pas de menaces à l'heure actuelle, il savait que son idée allait certainement servir... au moins pour rassurer les gens se trouvant à l'intérieur de la protection. Mais il était loin encore de se douter, que son idée allait servir plus encore.

Un homme du ministère entra dans la salle, Wilson le regarda lancer un sortilège sur les battants de la porte du Dominion et s'y engouffré. C'est alors que se passa quelque chose de terrible. De la fumée noire se forma. Ce n'était pas l’œuvre du sous-secrétaire d'état, Wilson en était persuadé, mais il s'inquiéta un peu plus. Les portes du Dominion se refermèrent et des rubans qui touchèrent le sol se métamorphosa en loup. Douze loups au total fit face au travées.

Wilson avait de plus en plus peur, et son sortilège s'arrêta à cause de cette peur. Il y avait encore le sortilège de Joy pour le protéger, heureusement. Il vit les loups s'élancer vers la foule dans les travées. Wilson voulait aider les autres, mais il ne savait pas quoi faire, il ne savait pas comment s'y prendre... et puis il n'est pas assez courageux pour se jeter au centre des loups et les attaquer. Il chercha après les Gryffondor dans les travées, mais aucun ne semblait être assez courageux pour attaquer les loups. A moins que Wilson les ait confondu avec des Poufsouffle, son regard balaye tellement vite les travées qu'il se peut qu'il ait fait des confusions.

Restant à sa place, il souffla plusieurs fois pour essayer de se calmer et d’apaiser la peur, malgré la machoir des loups qui montraient de belles paires de dents parfaitement aiguisés. Puis il relança le sortilège de protection, le Protego Maxima, avec la meilleure volonté du monde, la volonté de protéger des loups, le maximum de gens. En se tournant vers Joy, il dit :


« On peut pas rêver mieux comme exercice pratique ! Miss Holloway va être contente de nous ! »

L’atmosphère était tendu et Wilson essaya de faire voir cette scène sous un angle différent. Oui, il était en danger, oui, ce n'était pas le moment de plaisanter, mais s'il doit mourir aujourd'hui, autant mourir heureux que peureux.

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 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Elly regardait la troisième tâche avec anxiété. Lors du kidnapping des trois champions du tournoi, la jeune fille n'avait pu réprimer un son de frayeur qui rassemblait un hurlement et un étranglement. Puis, lorsque professeurs, directeurs et même élèves entrèrent dans le Dominion pour tenter de les sauver, la jeune fille faillit s'évanouir. Où était passé son courage ? Cela était bien beau de pouvoir repousser des strangulots lors d'une animation de Défense contre les Forces du Mal, bien beau de gonfler des lutins de Cornouailles comme des ballons, bien beau d'utiliser un alohomora sur une porte, mais en situation réelle, où était donc passé son courage ? Elly pouvait presque le voir, ratatiné dans un coin de son cerveau, englobé, enfermé dans cette bulle difficilement cassable qu'était la peur. Une larme de la taille d'une olive roula sur sa joue pâle. Que pouvait-elle faire ? Si même avant avoir tenté quoi que ce soit elle n'en avait pas la force ? Elle aurait voulu avoir le choixpeau sous les mains, et la taper, encore et encore, comme pour l'épousseter, mais en lui hurlant des horreurs, en lui hurlant, lui demandant par quels dieux, ce stupide objet, avait pu l'envoyer à Gryffondor ? La maison des courageux. Il était où ce courage hein ? Cette supposée adrénaline qu'ont les super héros avant de sauver le monde ? Mais alors qu'elle songeait à tout cela, toutes les horreurs de sa vie refirent surface : ses parents divorçant, cette stupide lettre d'abandon, cette idiote, inutile et blessante visite à Singapour, dans le haut monde, le nouvel environnement de sa mère, et cette dernière, suitant de méchanceté, "Brent et Malika, eux, sont doués, ont un avenir tout tracé, celui des gens qui changent le monde". Elly pleurait littéralement de rage, de rage de ne penser qu'à elle alors qu'en ce moment même, une dizaine de personnes dont des Poufsouffles et des Serdaigles tentant au péril de leur vie de sauver celle d'un autre, de rage de ne pas avoir d'appartenance, de ne pas savoir pourquoi ce fichu choixpeau l'avait envoyé dans la maison des vaillants. Alors, lorsque le sous-secrétaire d'état, au milieu de toute cette pagaille entra dans le dominion, Elly sentait que la rage l'aidait mieux à visualiser son courage. Il enflait, enflait, comme si on lui avait jeté un Gonflus. Et puis elle vit Joy, Wilson et Paul, un Serdaigle, un Serpentard et un Poufsouffle lancer des Protego Maxima, pour sauver des vies. Alors, elle se dégouta elle-même, qui ne bougeait pas, restait immobile au milieu de ce brouhaha terrifié. Mais soudainement, un sifflement bas mais distinct retentit, faisant taire la foule, puis des lambeaux de fumée, noirs, sortirent du dessous de la porte du dominion pour se reformer en douze gigantesques et effrayants loups, assoiffés de sang, de chair humaine. Et là, Elly pensa aux premières années assis au premier rang, à son frère, exposé, assis, les yeux clos de terreur, devant un des loups qui se rapprochaient. Et ce fut le comble. Pendant que de nombreux sortilèges de protection retentissaient de partout, la jeune fille descendit les marches de l'estrade jusqu'au premier rang. Là, elle vit le loup qui se rapprochait de son frère, sa gueule révélant une rangée de crocs sales et pointus comme des rasoirs, et une langue râpeuse et avide. Elly, affolée, se concentra un maximum au milieu de toute la cohue et hurla, sa baguette pointée sur le loup, visant la gorge :

"- Incarcerem !"

Sans réellement regarder si son maléfice avait fait effet, la jeune fille visa un autre loup qui se rapprochait dangereusement d'elle, la gueule sanguinolente. S'interdisant de penser d'où venait ce sang, la jeune fille le pointa de sa baguette et cria :

"- Lashlabask !"

Alors, elle courut jusque devant son frère et le couvrit, lui et ses amis de ses bras, essayant d'en protéger le plus possible, en hurlant de l'aide, un sauvetage, une initiative, une évacuation de n'importe qui, élève, adulte du ministère ou professeur. Tentant de relativiser, elle adressa un coup d'œil flamboyant au choixpeau, sachant enfin avoir trouvé sa place chez les rouges, songeant que si jamais Josh survivait, il raconterai l'histoire à sa mère et qu'elle serait enfin fière d'elle.

Elly Sparkle • 2ème année
Rédactrice-en-Chef de la Petite Mornille
Code couleur : maroon
"I seem heartless because my heart died with my love" - Snape

 05/2041  La troisième tâche ~ vue par les travées

Elina n'eut pas le temps de se réjouir de l'apparition du trophée du tournoi des Trois Sorciers car le chaos qui s'offrit devant ses yeux accaparait toute son attention. Sous le coup de la poussée d'adrénaline que provoqua chez elle cette vision, la scène lui parue presque figée, une myriade de détails se frayant un chemin jusqu'à son cerveau qui avait bien du mal à gérer toutes ces nouvelles informations. L'apparence maladive d'Aude Luneau réduite à l'impuissance, l'absence des professeurs de Poudlard, les cris de panique venant des travées, les sortilèges de protection qui naissaient ça et là et par dessus tout, ces énormes loups qui se jetaient sur les élèves. Des créatures monstrueuses et sanguinaires d'un noir de jais et aux yeux écarlates, leur gueule écumante probablement à l'idée du festin que représentait pour eux les élèves dans les travées. Les paroles des deux autres champions lui parvinrent presque étouffées et elle ne chercha pas même a en saisir le sens. Elle n'avait pas la moindre idée de ce qui avait pu se produire alors qu'elle était dans le Dominion avec Marie et Jonas, mais pour l'instant, cela n'avait pas d'importance. Seule comptait l'urgence de la situation. Il y avait une douzaine de ces redoutables bêtes et les élèves peinaient à contenir leurs assauts. Sans plus attendre, elle descendit à la volée les marches de marbre qui menaient au trône pour se porter en renfort. Espérant le concours le Marie et de Jonas si ce dernier parvenait à se trouver une baguette.
Sortie du Dominion, elle avisa Paul qui, pour une raison ou pour une autre, s'était davantage rapproché du Dominion que les autres élèves et se trouvait maintenant aux prises de l'une des créatures. Levant sa baguette, Elina visa le loup menaçant le Poufsouffle avant de lancer :


« Salcifis ! »

Prenant tout juste le temps de voir quel effet son sort a sur la créature, elle reporte son attention sur d'autres loups et tente de les repousser loin d'un groupe de jeunes élèves.

« Rejecta. »

De toutes les émotions qu'Elina aurait pu ressentir face au chaos qui s'était abattu sur l'école, c'était la colère qui primait. Pas un instant face aux Acromentules elle n'avait éprouvé cela. Elle n'avait alors fait que se protéger de l'agressivité des créatures. C'était totalement différent de l'instant présent. En cet instant, son désir le plus cher était de faire disparaître ces loups, ces choses faites d'obscurité dont on aurait pu se demander à juste titre si elle pouvait vraiment être qualifiées de vivantes. Cette fois, elle n'était pas la seule menacée. L'idée même que l'une de ces bêtes pose une griffe ou même un croc sur ces gens qu'elle côtoyait chaque jour lui était insupportable.

¤ Responsable de la Cabane de Cristal ¤
~En glissant je viens, en rusant je vaincs, le sommet j’atteins.~
~Ne sous estimez pas les griffes du blaireau parce que sa fourrure vous semble douce~
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